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Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...

Modérateur: W4x

Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Grabote » Jeu 22 Oct 2015 17:26

Compte rendu d'une conférence du Dr Salmona,
psychiatre spécialisée en psychotraumatologie et victimologie, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie
à destination de professionnel.les susceptibles d'accueillir des victimes : assistantes sociales, gendarmes, policiers, membres d'associations etc... (une très grande majorité de femmes).
Le Docteur étant arrivée avec une demi heure de retard, elle est entrée directement dans le vif du sujet :

Pour commencer, voici quelques chiffres pour la France issus des dernières recherches en la matière.
Pour la biblio, se référer au site « Mémoire traumatique et victimologie ».

(ces chiffres sont sur les violences sexuelles, mais la conférence portait bien sur les violences.)
86 000 viols par an de femmes adultes
16 000 viols d'hommes adultes
Par croisement des données de plusieurs enquêtes, on estime à
124 000 viols par an de filles mineures
et de 30 000 garçons.

On estime que 83% des victimes ne sont pas identifiées, donc ni protégées, ni prises en charge ce qui implique aussi que les agresseurs peuvent continuer leur pratique en toute impunité . On parle même de « carrière d'agresseur ».

Les violences sont véritablement un problème de santé publique par le nombre de personnes concernées et par l'impact qu'elles ont sur la santé mentale et physique des victimes. En effet, des recherches récentes ont démontré qu'elles étaient un déterminant majeur dans de nombreuses pathologies : troubles cardio-vasculaires, pulmonaires, immunitaires, cancer, diabète, hyper-tension...
Donc c'est un sujet qui concerne TOUT le monde médical.
Le Dr Salmona insiste sur l'importance de poser systématiquement la question aux patient.e.s : « avez-vous subi des violences ? »

Et bien sûr, sur l'urgence à prodiguer une formation en psycho-traumatologie aux psychiatres (qui n'en reçoivent pas à l'heure actuelle ) et surtout aux médecins généralistes.
Une formation d'autant plus nécessaire que les violences entraînent un comportement inhabituel, mal compris, qui est souvent reproché aux victimes, voire mènent à une mise en doute de leur parole et à des procédures parfois très maltraitantes.
Dans les cas de violences sexuelles, le taux de tentative de suicide est estimé entre 40 et 50 % et augmente fortement en cas de procédures.
Etat de fait qui a donné lieu à de nouvelles directives dans la récente « convention d'Istanbul ».

Quelques généralités sur les troubles psycho-traumatiques.

Les violences entraînent des troubles psycho-traumatiques, c'est normal.
Les femmes sont beaucoup plus exposées à des violences traumatisantes, donc elles sont beaucoup plus sujettes aux troubles psycho-traumatiques.
(une petite précision juste pour expliquer qu'elles ne sont pas plus fragiles ou plus sensibles ou hystériques etc… Elles sont justes plus souvent agressées, par ceux-là même qui les étiquettent)
Bref, les observations ont commencé avec les « vétérans », puis un parallèle a été fait avec les victimes « civiles ».
On estime aujourd'hui que 70% des troubles psy viennent de violences et que celles subies dans l'enfance accroissent significativement les risques de problèmes cardio-vasculaires, diabète, etc... et bien sûr d'addiction et de conduites à risque.

Enfant, notre cerveau n'est pas préparé à subir des violences, et encore moins en provenance de personnes proches censées prendre soin de nous . Quand cela arrive, on a pu observer des atteintes neurologiques sérieuses et jusqu'à une modification génétique et notamment du gêne dédié à la gestion du stress.
Modification qui accroît encore la vulnérabilité de la personne.
Toutefois, quand la victime est protégée et prise en charge, ces atteintes sont réversibles, même tardivement.

On observe une répétition de la violence à partir de la 1ère violence, car les conséquences p-t provoquent une plus grande vulnérabilité et une incapacité à réagir de façon adaptée aux nouvelles situations d'agressions qui se présentent.
C'est ainsi qu'un très grand nombre de victimes de violences au travail a subi des violences auparavant et notamment dans l'enfance.
C'est ainsi qu'on estime à 20 ans d’espérance de vie en moins pour les enfants victimes.

L’intentionnalité de la violence augmentent de 80% les troubles p-t.

Ce qui se passe dans le cerveau

En cas de danger, c'est le système limbique qui réagit.
Les zones concernées particulièrement sont l'amygdale cérébrale et l'hippocampe.
Nous possédons un système d'alerte au danger automatique et inconscient.
L' amygdale s'allume, provoque l'état d'hypervigilance et :
sollicite le cortex pour analyser la situation
prépare l'organisme à fournir un effort extrême en lançant la production d'hormones de stress : l'adrénaline (oxygénation) et cortisol (mobilise le glucose dans le sang)
sollicite l'hippocampe (zone impliquée dans la mémoire, l'apprentissage et le repérage tempero-spatial)
Si le cortex considère que c'est une fausse alerte, il envoie un signal pour faire cesser l'état d'alarme.
S'il considère qu'il y a véritablement un danger, il provoque l'action après laquelle les hormones de stress baissent et tout s'enregistre dans l'hippocampe dans la « mémoire photographique » qui fait que dans quelques jours, nous pourrons reparler de cet événement sans le revivre émotionnellement.

En cas d'agression, l'amygdale s'allume, mais si la situation est terrorisante ou incompréhensible ou incohérente ( elle vient d'un proche par ex.) ou qu'il n'y a pas de porte de sortie :
le cortex se paralyse, créant une incapacité à réagir : c'est la SIDÉRATION.
Incohérence, menace, folie = sidération neurologique, le cortex est dépassé par la situation.
Les réactions en chaîne de cette sidération :
(elles sont multiples et peuvent durer dans le temps bien après que l'état de sidération ait cessé.)

Incapacité à réagir
Le cortex ne peut pas moduler la sécrétion d'adrénaline et de cortisol ni à fortiori les faire cesser, alors que ce sont des hormones qui ne doivent intervenir que ponctuellement en cas de crise.
Elles deviennent toxiques, l'adrénaline attaque le cœur et le cortisol le cerveau.
Comme il est impossible d'éteindre l'amygdale, le seul moyen est de la « disjoncter » c'est à dire de l'isoler en coupant les liens entre elle et le reste du cerveau et le corps.
Cette disjonction se produit avec un cocktail de morphine et de kétamine pour anesthésier les émotions et la douleur.
C'est la DISSOCIATION, la déconnexion des émotions.
On n'a plus d'outils pour interpréter ce qu'il se passe.
On ne peut pas avoir de réactions adaptées.
Ce qui permet à l'agresseur de prendre totalement le pouvoir sur sa victime.

Une victime dissociée n'a pas les réactions qu'on attend d'une victime, elle a l'air indifférente, ce qui provoque une difficulté de prise en charge puisqu'elle ne provoque pas l'empathie.
Les neurones miroirs permettent de ressentir la détresse de l'autre, ce qui réveille l'empathie qui sert à nous mobiliser pour venir en aide.
Mais si la personne en face de nous ne ressent rien, nous ne ressentons rien non plus et n'avons pas particulièrement le désir de l'aider.
De plus, cette absence d'émotion et de réaction augmente le risque de maltraitance par la suite.

La sidération dure le temps de la confrontation avec l'agresseur.
La dissociation peut durer dans le temps, retardant le réveil de la mémoire traumatique et de la violence ressentie au moment des faits.

La disjonction, en isolant l'amygdale de l'hippocampe, ne permet pas le traitement des évènements dans la mémoire photographique, ils vont rester dans « une petite boîte noire » dans l'amygdale cérébrale et ne seront pas différenciés du moment présent.
Cette perturbation des mécanismes de repérage tempero-spatial empêche la construction chronologique et peut provoquer des pertes de mémoire, voire de véritables amnésies.
Les personnes ont souvent du mal à s'inscrire dans le temps et quand une situation présente
rappelle les événements violents, la victime bascule dans le passé. L'événement premier prend le pas sur la réalité présente, c'est l'attaque de panique ou le réveil de symptômes post-traumatiques (pensées obsédantes, angoisses, cauchemars, etc...)

C'est une véritable machine à remonter le temps qui s'active, pouvant provoquer des hallucinations visuelles, auditives, olfactives, tactiles … faire ressortir la haine, le mépris, l'excitation perverse venant de l'agresseur et intériorisés par la victime, amplifiant les sentiments de culpabilité, de honte, le manque d'estime de soi, une grande peur de la folie...

La mémoire traumatique peut aussi se réveiller à mesure qu'on est, et qu'on se sent en sécurité. De façon incompréhensible, on va plus mal. Il arrive que même des dizaines d'années plus tard, on ressente les émotions qu'on n'a pas pu ressentir au moment des faits ni pendant tout le temps de la dissociation.

Le Dr Salmona donne l'exemple d'un de ses petits patients gravement maltraité dans sa petite enfance. Il était plutôt calme au moment de la procédure de placement. Puis quelques temps après avoir été accueilli dans une famille sécurisante, il a commencé de façon complètement incompréhensible pour la famille à devenir extrêmement agité, à avoir un comportement violent, de soudaines terreurs nocturnes…
Elle cite aussi le cas d'un petit enfant qui avait assisté à l'âge de 3 ans à la tentative de meurtre de sa mère par son père. Celui-ci avait essayé de la poignarder avant de tenter de la défenestrer. Deux ans plus tard, l'enfant ne se souvient absolument pas des faits, mais a développé une phobie des couteaux et un besoin compulsif de vérifier la fermeture des fenêtres. Pas de souvenirs, mais une mémoire traumatique.
Pour illustrer comment la victime peut intérioriser le comportement de l'agresseur, elle raconte avec humour comment un petit garçon s'est campé, jambes écartées au fond son fauteuil pour lui répondre d'une voix grave, yeux dans les yeux « je m'en bats les couilles », avant de reprendre quelques minutes plus tard sa voix d'enfant en mangeant un bonbon.

Afin d'éviter le réveil douloureux de la mémoire traumatique, les personnes vont développer des comportements d'évitement, d'hyper-contrôle, d'hyper-vigilance provoquant à leur tour un épuisement physique et psychique.
L'environnement est vécu comme un véritable champ de mines (les mines étant les odeurs, les sons, les textures, les mots, les situations susceptibles de réactiver la mémoire t.)
Le seul moyen de traverser un champ de mines, c'est d'être « déconnecté ».
On va donc développer des pratiques dissociantes (c'est à dire qui font monter suffisamment le stress pour relancer le mécanisme de dissociation) :
- l'alcool et la drogue
- auto-mutilation, scarification
- anorexie / boulimie
- conduite à risque, jeux
- sports extrêmes

Pour conclure, Le Dr Salmona projette des photos d'irm de 2 vétérans à qui l'on fait un récit de guerre.
Pour le premier qui ne souffre pas de symptômes post-traumatiques, plusieurs zones du cerveau sont activées.
Pour le second souffrant de s.p.t., seule l'amygdale est « allumée », presque « explosive ».

Toutes les récentes découvertes en neuro-biologie montrent une grande plasticité du cerveau, une grande capacité de résilience, l'enjeu thérapeutique est de transformer la mémoire traumatique en mémoire photographique.
Muriel Salmona n'a malheureusement pas le temps de développer l'aspect thérapeutique et ce n'était d'ailleurs pas le sujet.
Je lui ai cependant demandé ce qu'elle pensait de l'EMDR très souvent citée comme technique particulièrement efficace pour traiter les s.p.t.
Elle répond qu'on ne peut pas faire l'économie de l'analyse et de la verbalisation, de la compréhension de ce qui s'est passé, des responsabilités réelles de chacun.e, des conséquences psychiques et physiques... L'EMDR peut favoriser ce travail de reconstruction par son léger effet dissociatif qui permet à la victime de se calmer. S'il n'est pas au service du travail psycho-thérapeutique, il peut avoir des effets pervers en alimentant la dissociation de la personne.Et il est même contre-indiqué dans les cas de « poly-psycho-traumatismes ».

Elle termine en rappelant l'urgence d'une formation adéquate des professionnel.le.s de santé
et plus largement d'une diffusion de la réalité de la violence en France et de ses conséquences psycho-traumatiques.
Afin que cesse l'impunité des agresseurs. Et que les victimes puissent bénéficier d'une meilleure compréhension et de soins adaptés.
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar soazic » Jeu 22 Oct 2015 19:18

Merci Grabote; c'est très très instructif.
Je trouve que l'on est au final assez démuni quand il s'agit d'aider tant les séquelles sont importantes.
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar PointBlanc » Jeu 22 Oct 2015 19:38

Excellente synthèse. Merci ! (Il n'y a pas moyen d'attribuer des étoiles dans cette section ?)
Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar uzu » Ven 23 Oct 2015 19:43

Merci pour le résumé Grabote !
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Grabote » Mar 27 Oct 2015 15:38

soazic a écrit:Je trouve que l'on est au final assez démuni quand il s'agit d'aider tant les séquelles sont importantes.

Oui, ça doit être parfois assez décourageant...
Pourtant cette conférence m'a plutôt fait l'effet inverse, et en ce qui me concerne, comprendre ces mécanismes participe à ma "réunification" ...
D'ailleurs, je crois ne pas avoir assez insisté sur ce point dans mon compte rendu, mais M.Salmona a répété plusieurs fois l'importance de diffuser cette connaissance aux soignant.e.s. afin qu'ils puissent à leur tour la transmettre aux victimes. D'abord parce que celles-ci se trouvent soulagé.e.s de savoir que ..."c'est normal", puis parce que la compréhension de ces "conséquences" est très importante pour se reconnecter à soi-même.
Donc, soignants, soignantes, ami.e.s, amant.e.s, famille ... transmettez, même si ça a l'air complexe, la personne qui les vit dans sa chair les comprendra certainement plus facilement que vous ne le pensez !

Merci pour vos retours, ils me font penser que mon texte est clair et ça me fait du bien de le partager,
merci au forum de m'en donner la possibilité. :respect:
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Chocolat » Jeu 29 Oct 2015 13:42

Merci Grabote pour ce compte rendu !

Grabote a écrit:En cas d'agression, l'amygdale s'allume, mais si la situation est terrorisante ou incompréhensible ou incohérente ( elle vient d'un proche par ex.) ou qu'il n'y a pas de porte de sortie :
le cortex se paralyse, créant une incapacité à réagir : c'est la SIDÉRATION.
Incohérence, menace, folie = sidération neurologique, le cortex est dépassé par la situation.
Les réactions en chaîne de cette sidération :
(elles sont multiples et peuvent durer dans le temps bien après que l'état de sidération ait cessé.)

C'est précisément, je crois, ce sentiment de sidération que je ressens dans un certains nombre de situations... Ce qui me valide encore une fois le droit de me sentir légitime d'avoir vécu un (des ?) traumatismes. J'ai tout nié en bloc la première fois, vu que les faits étaient relativement subtils (pas de viol, de violence physique dans mon cas mais plutôt de la violence psychologique assez perverse à mon goût) mais plus je repense à mon enfance et plus je me donne le droit d'avoir subi un ou des traumatismes.
Ils ont dit : Tu es devenu fou à cause de Celui que tu aimes."
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Grabote » Jeu 29 Oct 2015 17:39

Sans être spécialiste, il me paraît tout à fait plausible qu'un comportement violent psychologiquement provenant d'une personne censée prendre soin de nous, subit de façon répétitive dans l'enfance puisse provoquer cet état de sidération.
D'autant plus que l'état de dépendance enlève toute porte de sortie.
Ce n'est pas "spectaculaire" comme agression mais la "subtilité" peut être tout autant destructrice.
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar lady space » Ven 30 Oct 2015 08:33

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il y a un excellent livre d'Alice Miller, "C'est pour ton bien", qui explique très bien les mécanismes des techniques éducatives classiques, courantes, mais néanmoins perverses, et leurs effets dévastateurs sur le psychisme d'un enfant. On y comprend pourquoi une enfance qui paraît, somme toute, assez "normale" (normal dans le sens où il n'y a pas eu de faits de violence majeure, bien palpable) peut quand même faire des dégâts.

Il parle justement de cette absence de porte de sortie due au fait que ce sont les personnes censées protéger l'enfant et savoir ce dont il a besoin qui se livrent à une série d'actes irrespectueux, manipulateurs, voire agressifs.
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Chocolat » Sam 31 Oct 2015 14:50

Je confirme que le livre d'Alice Miller est très instructif !
Ils ont dit : Tu es devenu fou à cause de Celui que tu aimes."
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar TourneLune » Ven 6 Nov 2015 06:49

Merci Grabote. Il me semble que c3 sujet aurait sa place quelque part dans le jardin et du coup, on pourrait l'étoiler ;)
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Grabote » Lun 21 Déc 2015 12:38

@ caprice, alors tu l'as lu finalement ;)
Est ce que c'était désagréable ?
Personnellement, ça m'a plutôt procuré une sorte de ... soulagement.

@ Tournelune, merci pour ton retour, pour le déplacement, c'est comme vous voulez.
Le principal pour moi, c'est de pouvoir le partager.

Edit : après réflexion, je trouve que ça a vraiment du sens que ce soit dans "la Société, les Autres, et ... Vous".
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar sophielagirafe » Lun 21 Déc 2015 14:10

Grabote a écrit:@ caprice, alors tu l'as lu finalement ;)
Est ce que c'était désagréable ?
Personnellement, ça m'a plutôt procuré une sorte de ... soulagement.


un soulagement, oui :ventilo
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Grabote » Lun 21 Déc 2015 14:55

coul :)
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Grabote » Mar 10 Jan 2017 23:05

Je ne sais pas trop où poster cette information entendue ce soir sur France Culture,
et finalement je me dis qu'ici c'est pas trop mal.
Bref, Le docteur Amine Benyamina, addictologue, Président de la fédération française d’addictologie était invité dans l'émission "Les discussions du soir avec René Frydman" pour parler du cannabis.
Il a évoqué les études en cours sur le cannabis thérapeutique, déjà utilisé par certains malades du Sida ou du cancer,
et qui serait aussi éfficace pour les symptômes de stress post-traumatique.
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Adena » Mer 11 Jan 2017 11:23

Ton message récent me permet de découvrir ce fil qui ne m'était pas encore connu, merci Grabote pour ton compte-rendu, c'est en effet un savoir essentiel et trop peu diffusé.
J'ai voyagé il y a un peu en covoiturage avec un médecin qui me parlait de ces patientes atteintes de fibromyalgie (patientEs oui, le sex ratio est de 8 femmes pour 1 homme). Ces femmes qui passent par un parcours de soin éreintant et souvent humiliant et maltraitant. On ne le leur dit pas vraiment mais on pense un peu que ce sont des simulatrices, les nouvelles hystériques au sens de Charcot, on leur fait la faveur de donner un nom à leur maladie qui n'existe pas, presque pour couper court à la discussion. Pourtant, pourtant ces femmes ont presque toute une histoire de maltraitance dans leur vie, souvent quand elles étaient jeunes.
Un argument de plus pour l'hypothèse de la simulation ? Pas vraiment, puisqu'une des hypothèses étiologiques les plus crédibles est celle d'une sur-sollicitation de l'axe hormonal du stress, avec toute les conséquences que l'on connait (maladies auto-immunes, fatigue, hypervigilance, etc.). Alors grâce à ta présentation, je recolle un morceau.

Je fais le lien aussi avec l’agressivité détournée d'Henri Laborit, biologiste philosophe de son état, qui mène une réflexion d'une clarté et d'une pertinence rare sur le mal que le corps peut se faire à lui-même dans une situation ou la violence subie qu'elle soit sociale, psychologique ou physique, "ne peut trouver dans la lutte ou la fuite sa solution".
Le corps parle une seule et même syntaxe chimique, entre le système immunitaire, hormonal et nerveux. Tout ce beau monde à des choses à se dire et quand la souffrance reste en boucle fermée, ça fait des dégats.

Ce médecin, donc, soulevait une question pertinente qui est la manière dont on considère le symptôme et le patient. J'espère que comme lui, beaucoup sortiront de l'approche classique, qui veut que le symptôme doit disparaitre si possible rapidement et à coup de molécule, sous peine d'être classé dans les simulations d'empêcheurs de prescrire en rond, pour enfin voir l'humain dans toutes ses dimensions et écouter un peu son histoire, une approche bio-psychosociale.
Parce que personne n'avait abordé avec ces femmes la question de la maltraitance ni n'avait essayé d'écouter et d'apaiser CETTE souffrance, celle qui avait besoin d'être entendue. Et que bien souvent, comme cela est dit plus haut, ces situations de maltraitance se prolongent.
S'il y a autant de neurones dans un cerveau que d'étoiles dans la galaxie, on a pas fini d'avoir des idées brillantes !
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar *Za* » Mer 11 Jan 2017 15:34

Merci pour ce sujet, c'est vraiment passionnant ce que vous expliquez, Grabote et Adena.
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête... J. Prévert
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Livingstone » Mer 11 Jan 2017 19:51

Bonjour,

la relation au corps et par le corps étant le centre de l'émission que j'indique, j'ai largement hésité avec le sujet sur le corps car, s'il s'agit ici d'un centre pour réfugiés politiques, il y est aussi question d'être coupé de son corps et de se retrouver en le retrouvant, et cela peut aussi intéresser, au-delà, tout ce qui est de survivre à une destruction. A déplacer sans hésiter si meilleur endroit.

La dimension de témoignages de soignants, d'approches du centre Primo Levi, et le hiatus avec la perception des magistrats sont le cœur de l'émission, mais quelques passages illustratifs sont douloureux : ils ne sont toutefois qu'une petite partie du temps http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10177-08.12.2016-ITEMA_21159228-0.mp3 ;
jeudi 8 décembre 2016
durée : 00:55:08 - LSD, La série documentaire - par : Perrine Kervran - Soigner les âmes et les corps torturés. Paroles de thérapeutes.

AVERTISSEMENT : certains passages sont descriptifs de vécus, la majorité concerne le centre. Il y a entre autres un passage qui me semble pouvoir être écouté même par les oreilles les plus emmitouflées, entre 22:15 et 28:30, qui est simplement l'analyse d'une doctoresse, qui évoque entre autres choses la reconnexion au corps et via le corps par la somato-psycho-pédagogie.
L'utilité de pouvoir communiquer via des interprètes professionnels, comme l'utilité d'une communication qui passe, précisément, à défaut de verbal, sont également abordées.
Il y a d'autres passages "sans descriptions directes" plus loin (comme d'ailleurs avant), je n'ai pas eu le courage de reprendre l'écoute et le chrono à chaque fois pour les autres que celui indiqué, mais peut-être que d'autres auditeurs pourront ajouter les passages les plus tout-confort ; je crois de toute façon ça vaut la peine d'être un peu ému, qui est toute relative, les choses sont nommées, pas détaillées avec complaisance, à part un bref passage qui théâtralise ou essaie de rendre l'envahissement par les flashbacks.
Les interventions sont intéressantes dans leur dimension humaine, singulière, et enrichies de mises en perspective sur l'incompréhension au niveau judiciaire, sur le différentiel chiffré entre le nombre de personnes estimées avoir besoin de secours et celles les recevant effectivement, et sur les paradoxes du trauma qui fait que, souvent, ils ne sont pas perçus correctement par les hôpitaux car la honte les bâillonne ; et que les cas les plus légitimes sont, et très souvent, déboutés de leur demande d'asile politique, parce que la pensée étant mutilée, ils sont moins cohérents, moins explicites, moins capables que d'autres d'être pris au sérieux devant un magistrat quand cela même qui est symptôme peut passer pour faille logique révélatrice de tentative d'usurpation - et les conséquences de ce déni, observées alors, par les médecins du centre.
« Nous croyons fermement que c'est une grave erreur d'avoir des croyances fermes.» Principia Discordia
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Nono » Mer 11 Jan 2017 21:30

Je l'ai écouté. Je n'ai pas appris grand-chose de nouveau, mais je le recommande moi aussi, car on a tendance à oublier les traumatismes, qui sont presque portés au tabou, qu'ils soient liés à la torture ou pas d'ailleurs, comme vous l'avez dit plus haut. Je ne pense pas que ce soit un problème spécifique à la France, même si la relative sécurité participe probablement à camoufler les victimes. Lorsqu'on y est nous-mêmes confrontés, en tant que victime ou via nos proches, l'incompréhension et le manque de préparation en sont d'autant plus fréquents et dangereux - le souci médical est un problème de société...

La partie citée par Living est sans doute la plus intéressante. A partir de 40 : 30, à peu près, on évoque les enfants, un peu trop succinctement sans doute, puis sont abordées les problématiques sociales et judiciaires. Attention, tout cela fait directement suite à un témoignage particulièrement poignant.
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Grabote » Jeu 12 Jan 2017 10:55

Adena, tu soulèves un point crucial, à savoir que les médecins qui sont pourtant les mieux placés pour reconnaitre et accueillir les victimes de violence sont le plus souvent dans l'évitement, voir le déni, comme les enseignant-e-s d'ailleurs.
Il est notable de remarquer qu'il y' a très peu de signalements venant de ses deux professions.

Pour les médecins, c'est en partie du fait qu'ils ne sont pas formés sur le sujet et qu'ils ne savent pas quoi faire avec ces révélations, ils ne savent pas vers qui diriger leurs patient-e-s concerné-e-s. Par ailleurs, le temps moyen d'une consultation ne favorise pas non plus la parole des victimes. Il n'est pas rare qu'un médecin accepte sans broncher le "chuis tombée dans l'escalier" devant des traces qu'il est bien placé pour savoir qu'une chute dans l'escalier ne peut pas laisser. Et c'est comme ça que le silence s'installe, au profit des agresseurs, et que des pathologies de plus en plus lourdes se développent.
Le message à faire passer, c'est qu'en détournant le regard, on est complice de l'agresseur. Ce n'est pas parce qu'on accueille ou favorise le " dévoilement" des faits qu'on est responsable de la suite. Chaque médecin devrait avoir les numéros des structures d'accueil des victimes qui existent sur son territoire.

La violence n'est pas anecdotique dans notre société, elle ne se limite pas aux faits divers, les chiffres sont sans appel : nous avons tous dans notre entourage une personne qui a été victime à un moment de sa vie.
Moins on en parle, moins on ose en parler, moins on sait quoi faire avec ça, plus les victimes s'enferment dans le mutisme persuadé-e-s avec raison le plus souvent que personne n'a envie de les entendre, plus les agresseurs se sentent à l'aise pour continuer. :(

Quant aux enseignant-e-s, combien ont le courage de se préoccuper de ces enfants qu'il-le-s voient tous les jours et qui présentent des symptômes évidents ? La plupart du temps, on regarde ailleurs, parce qu'on vit sur le même territoire et qu'on ne veut pas d'histoire. J'ai même reçu le témoignage d'une mère dont l'enfant avait été agressé sexuellement par ces petits camarades de classe me raconter que quand elle avait essayé d'en parler avec l'instit (oui c'était en primaire :( )
celle-ci lui avait mis la pression pour ne plus en parler, lui disant même de ne pas l'envoyer voir un psy "laissez le tranquille avec cette histoire, vous allez aggraver les choses".

Et c'est pareil entre ami-e-s, on se raconte nos petites histoires, mais pas celle-là. Qui raconte qu'elle a été agressée sexuellement par son petit copain, son patron ou son voisin ? Qui raconte qu'il a été agressé sexuellement par un membre de sa famille ou un ami de la famille ou ... ?

Bref, il n'y a pas de place pour la parole des victimes il y'a même plutôt une pression implicite pour "la fermer" ce qui est la meilleure façon de garantir l'impunité des agresseurs et la reproduction des faits.

C'est triste à dire, mais s'il y a beaucoup de victimes, c'est bien qu'il y a beaucoup d'agresseurs et on en parle encore moins (il y aurait bien des choses à dire sur notre système judiciaire).
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar *Za* » Jeu 12 Jan 2017 11:31

Grabote a écrit:La plupart du temps, on regarde ailleurs, parce qu'on vit sur le même territoire et qu'on ne veut pas d'histoire. J'ai même reçu le témoignage d'une mère dont l'enfant avait été agressé sexuellement par ces petits camarades de classe me raconter que quand elle avait essayé d'en parler avec l'instit (oui c'était en primaire :( )
celle-ci lui avait mis la pression pour ne plus en parler, lui disant même de ne pas l'envoyer voir un psy "laissez le tranquille avec cette histoire, vous allez aggraver les choses".

Ca ne m'étonne pas... une collègue s'est fait mettre au placard dans un institut pour handicapés, qu'elle a depuis quitté, parce que plusieurs agressions sexuelles entre patients de l'institut avaient été "maquillées" voire complètement tues par l'équipe. Elle a vendu la mèche au médecin du travail, et ça a commencé à devenir l'horreur pour elle :( alors qu'en plus, cela faisait plusieurs années qu'elle réclamait des cours d'éducation sexuelle au sein de l'établissement...
Mais non, quand tu es sourd, un viol se transforme facilement en relation consentie, et un viol en réunion en "expérience d'adolescents", c'est comme ça ma bonne dame.

Par contre, il faut savoir que faire un signalement, ça peut prendre des proportions dramatiques parfois. Dans ma profession paramédicale, il en est souvent question - on connaît les numéros, mais les questions reviennent toujours sur les forums pro : et si j'appelais plutôt le généraliste ?... et que va-t-il se passer ensuite ?... et "je ne dors plus depuis 15 jours, depuis que j'ai fait le signalement", etc.
Il faut savoir que dans mon département, par exemple, il est absolument impossible de faire un signalement au procureur de manière anonyme pour violence familiale. Les agresseurs seront forcément au courant. Et ça, dans certains cas, je peux t'assurer ça rend la prise de décision vraiment très difficile.
Pour ma part, je vais sans doute faire prochainement un signalement pour défaut de soins. J'aurais peut-être dû le faire plus tôt, mais j'ai préféré prendre le temps d'en discuter avec la mère en question, afin qu'elle-même en vienne à la conclusion qu'elle avait besoin d'une aide extérieure. Ça fait longtemps que je la connais et j'aurais eu l'impression de la "trahir". Pourtant, si ça avait mal tourné pendant les vacances de Noël, je n'ose pas imaginer dans quel état je serais maintenant... :(
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Re: Comprendre les conséquences psycho-traumatiques des violences

Messagepar Grabote » Jeu 12 Jan 2017 11:59

Oui, c'est un sujet très délicat auquel j'ai aussi été confronté. Faire un signalement ok mais quelles en seront les conséquences ? Quand on sait le peu de moyens alloués aux services de prise en charge ? Quand on sait que les professionnel-le-s n'ont pas de formation spécifique ? Quand on sait comment ça se passe dans les institutions ou les familles d'accueil ? Perso, après avoir pesé le pour et le contre pendant des mois, m'être renseignée sur les différentes options et leurs conséquences, je ne l'ai finalement pas fait car je ne pouvais pas assumer de prendre le risque que ça soit pire après pour les enfants concernés. Par contre, j'ai continué à tisser des liens avec eux et j'ai envoyé des messages clairs aux parents. Tout est une question de contexte et de gravités des faits.
Attention à ne pas se donner bonne conscience à bon compte en faisant un signalement sans se préoccuper des suites.
Comme pour le viol, aujourd'hui, dans l'état actuel des services de polices et de justice, je ne conseillerai pas de porter plainte. J'ai eu de trop nombreux témoignages de prise en charge catastrophique pour la victime. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire. Comme on le voit ci-dessus, écouter et transmettre des informations, c'est déjà beaucoup.
Je conseille plutôt de participer à un groupe de parole entre pairs, ce sont des outil thérapeutique très pertinents qui ont fait leurs preuves.
Ça, c'est ma position de citoyenne lambda.
Après, quand on est un.e professionnel-le de "santé", c'est encore autre chose ...
Bon courage :(
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