Le burn-out

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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K'tset
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Re: Le burn-out

Message par K'tset » dim. 13 oct. 2013 12:11

Pour répondre à Sanders, le film 15 jours ailleurs était tout simplement bouleversant. Les acteurs sont époustouflants dans leur interprétation.
Vincent (Didier Bourdon) est commercial dans une entreprise de négoce pour la grande distribution. Il joue son rôle à fond, n'hésite pas à mettre à genoux ses fournisseurs mais la pression qu'il subit est insoutenable. Il se rend compte que son nom disparait des listes de diffusion de mails et déboule en pleine réunion. Là il craque complètement et s'automutile devant ses collègues médusés. Direction les Urgences, prise de médicaments qu'il refuse, il veut rentrer à la maison, mais finalement sa femme Florence (Agathe Dronne), bouleversé en le voyant dans cet état, donne son accord pour qu'il soit placé en hôpital psychiatrique. Là commence une belle histoire entre Vincent et Hélène (Judith Chemla). Elle est psychotique, on lui a retiré la garde de son enfant, mais son côté léger aide beaucoup Vincent à avancer. Au passage l'auteur dépeint la facilité qu'ont certains psys à utiliser la chambre d'isolement et la camisole chimique pour faire taire les patients agités (les commentaires de l'infirmière sont succulents, "ce n'est pas soigner que de céder trop facilement à ça"). Vincent pourra sortir au bout de 15 jours (alors qu'il fait remarquer au psy que celui-ci de ne l'a vu qu'une fois pdt son séjour...). Hélène doit rester enfermée, mais elle veut absolument revoir son fils. Une autre scène "succulente": Vincent allume son portable pro qu'il récupère avec ses affaires, et on entend les mails arriver: un, deux, trois, quatre.... Il jette le portable de rage en hurlant de douleur.
En dire plus trahirait la fin du film, mais ce drame psychologique est vraiment un petit bijou de télé (ça change de ce qu'on nous sert habituellement)

J'ai oublié:
Lien du film: http://pluzz.francetv.fr/videos/15_jour ... 27302.html
Lien de l'émission: http://pluzz.francetv.fr/videos/burn_ou ... 27387.html
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Re: Le burn-out

Message par Coccinelle » mer. 13 nov. 2013 11:22

J'avais quelques questions, j'ai bien compris qu'à la base le BO était professionnel, j'ai compris le mécanisme et tout, mais ce même stress chronique avec des buts impossibles, cette dépersonnalisation ne serait pas possible en tant que mère avec les mêmes mécanismes que ceux du BO professionnel?

Ma psy affirme que le BO maternel existe même s'il est très mal connu et pas encore reconnu comme un BO.....

Je dois dire que sur ce coup je suis un peu paumée, qu'en penser?

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Re: Le burn-out

Message par Hoppy » mer. 13 nov. 2013 11:35

J'aurais tendance à dire "Cela me parait presque logique" cette histoire de burn-out maternel.
Le fait de tirer sur la brèche, de consumer à petit feu les ressources pour finir par les épuiser totalement, d'avoir la sensation de vide à l'intérieur, tout cela me semble très probable. Les mécanismes semble étroitement similaires au burn-out professionnel, d'autant que le BO est un syndrome et donc un ensemble de symptômes qui semblent les mêmes dans les deux cas.

Les deux sont des épuisements des ressources, l'objet n'est pas le même mais le mécanisme m'en a tout l'air lui!
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Re: Le burn-out

Message par altima » mer. 13 nov. 2013 12:04

A titre personnel et donc pas du tout fiable, ça me paraît tout à fait possible hélas. :(

Sinon pour t'aider, peut-être connais-tu ce livre déjà sorti il y a quelques années?
http://so-nantes.com/wordpress/?p=724

Avoir conscience d'un souci est déjà le plus gros du travail. ;)

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Re: Le burn-out

Message par sanders » ven. 17 janv. 2014 00:09

Parce que je trouve intéressant de replacer ce syndrome dans un contexte plus large, j'ai regardé cet entretien qui donne un éclairage (et juste un éclairage, il y en a d'autres) sur le sens travail et sa possible perte, je le propose à votre réflexion.
C'est une vidéo qui selon moi parle de l'avant du burn-out, pour peut-être repérer en plus des signes personnels un environnement qui peut faciliter son apparition.

Il n'y est pas question précisément du burn-out donc, mais d'une analyse sur le sens que nous, notre culture occidentale, notre société moderne, donnons au travail, sur la complexité des liens entre une entreprise et un système plus vaste et sur certaines raisons qui peuvent amener du mal être au travail.

Je trouve intéressant de tenter de comprendre un mécanisme dans ses liens avec d'autres, de mesurer un peu qu'il ne s'agit pas de cause ---> conséquence mais plutôt d'un ensemble de facteurs. Cela peut alors mener à un autre niveau de réflexion, à des ouvertures pour agir lorsque cela devient nécessaire pour soi.


[BBvideo 425,350]http://www.youtube.com/watch?v=tNjLS_1tXG4[/BBvideo]

Un mécanisme m'a frappé ici :
Le principe d'individualisation des travailleurs conduit les entreprises à répondre de manière personnelle à des problématiques collectives. En gros, on propose des séminaires de bien être POUR La personne, des méthodes de gestion du stress idem, ... afin que chacun puisse s'adapter au mieux aux exigences de son travail alors même que c'est cette individualisation qui au départ est peut-être une des raisons de la souffrance.
Et plus, les groupes collectifs (comme les syndicats par exemple) sont obligés de gérer de plus en plus de situations où il prennent le temps d'écouter les personnes en détresse au travail de manière individuelle (alors qu'ils ne sont pas formés pour ça) parce que les lieux d'écoute ne sont pas assez nombreux et par là-même il me semble que ce mécanisme d'individualisation est encore augmenté par ceux-là qui justement le refusent et cherchent à le combattre.

Par ailleurs, je me questionne sur les marges d'action lorsque les causes et les conséquences se diluent, lorsque l'entreprise n'est qu'un maillon d'une chaîne plus vaste. Que peut alors faire une personne ou même un groupe ?
Soit on s'en sort et on invente nous-mêmes un destin, soit on continue dans la spirale du déclin.Thanh Nghiem

Je n'aurais jamais cru que ça se débloquerait tout d'un coup comme ça ! - Avr 2017, Napirisha (avec son autorisation)

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Re: Le burn-out

Message par altima » sam. 18 janv. 2014 09:41

Merci pour le lien sanders, je me garde ça en favori youtube pour le regarder à tête reposée.

Je pense comme toi que ce syndrome fait partie d'un tout déréglé (du moins c'est ce que j'ai synthétisé après lecture de ton message). Soigner le burn-out tel qu'on le fait actuellement, c'est cautère sur jambe de bois; évidemment que c'est toute la conception du travail telle qu'elle existe en Occident qui fait qu'on en arrive là. Je blablate mais ça me rappelle le fait qu'en Afrique ben y'a pas d'obésité alors qu'en Occident on meurt de malbouffe. Je ferais un parallèle maladroit et certes pas très étayé entre les deux...mais pour moi ça rejoint un peu la même idée que c'est la base du système qui est à revoir. :^)
Y'aurait sûrement des tas de bouquins de socio pour éclairer ça, j'aimerais creuser l'idée et tu m'en as donné l'envie, bon...si j'ai le temps déjà de survoler un peu ce qu'on trouve sur le net, des résumés de publis, ça serait bien.

En ce moment la notion de travail, sa valeur etc me...travaillent pas mal justement. :whew:
Sur le point de laisser tomber mon labeur d'équarrisseur du Mammouth, je remets en question le sens que j'accorderai à un futur boulot rémunéré, quelle valeur y mettre, est-ce que je continuerai à tout faire tourner autour du travail...?

(HS: est-ce que tu vas mieux professionnellement parlant?)

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Re: Le burn-out

Message par Pier Kirool » ven. 28 mars 2014 16:09

Le nombre estimé d'actifs en risque élevé de burn out à 3,2 millions ???
Un appel pour la reconnaissance de deux nouveaux tableaux de maladie professionnelle : la dépression d'épuisement et l'état de stress répété conduisant à une situation traumatique ??
Un débat et nous n'étions pas au courant ? Quoiiiiiii ?

Trois raisons de faire remonter ce sujet à l'occasion de ma tombance sur cet article du HuffPost qui traite en particulier de trois questions :
- Le rôle des acteurs privés dans les débats de citoyenneté.
- La notion même de burn out et ce qu'elle cache de la réalité sociale (avec un terme qui souligne à la fois la cause et l'effet, le burn out masquerait la réalité de la souffrance au travail)
- La judiciarisation et les contentieux.
"La vraie science est une ignorance qui se sait" (Voltaire)

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Re: Le burn-out

Message par Tipiak » lun. 28 avr. 2014 22:40

Après vérification des différents documents partagés ici, voici ce que j'ai trouvé :

http://www.technologia.fr/blog/wp-conte ... t-2012.pdf

http://www.actif-online.com/fichiers/ar ... 64_265.pdf

Le premier est très généraliste et axé sur la prévention côté employeur ainsi que sur la nécessité de faire reconnaitre le burn out comme maladie professionnelle (en 2014 en France, ça n'est pas le cas!)

Le second est un article plutôt complet et facile à lire qui permet de comprendre la notion de burn out.

Bonne lecture.
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
Mais ma signature est toujours 20% plus cool, d'ailleurs je retourne sur mon bateau pêcher des colins, signé ton papa le Captain Igloo.

un pas de coté

Re: Le burn-out

Message par un pas de coté » ven. 13 mars 2015 13:27

C'est qu'il sentirait un peu la poussière ce fils :lol:, il est pourtant bien structuré et reste complètement d'actualité. Pour info l'émission En quête d'actualité ce soir sur D8 traitera du sujet.

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Re: Le burn-out

Message par Cyrielle » mer. 22 avr. 2015 14:25

Sur France-inter, l'émission La tête au carré de ce jour était consacrée au burn-out TAC : La société du burn-out.
Le site recommandé par les psy présents : Souffrance et travail
Un numéro spécial du magazine Le cercle psy : La société en burn-out ?

Rien de très nouveau bien sûr, au contraire l'amer constat des psy présents que, malgré la reconnaissance de l'existence du problème, le management français continue à aggraver les risques.
Et aussi le fait que les français ont une relation au travail différente des anglo-saxons, ce qui nous amène à sous-estimer les signes d'alerte (inefficacité des périodes de repos, fatigue permanente, sentiment d'être débordé et inefficace...)
Pier Kirool a écrit :Un appel pour la reconnaissance de deux nouveaux tableaux de maladie professionnelle : la dépression d'épuisement et l'état de stress répété conduisant à une situation traumatique ?
Les invités ne sont pas favorables à la reconnaissance en "maladie professionnelle" car cela reviendrait à un constat d'échec et met en cause le salarié concerné ; pour eux il vaut mieux traiter chaque cas en "accident du travail", ce qui permet la mise en question de l'entreprise. J'ai trouvé cette approche intéressante...

J'en suis perturbée et accablée, tant il est évident que cela concerne ma collègue, virée récemment pour avoir "pété un plomb" (dixit le président de la commission qui l'a jugée).
Je me demande vraiment pourquoi, alors que tout le monde a reconnu qu'elle était elle-même en danger, elle a été jugée comme une mauvaise professionnelle, et qu'aucune aide ni deuxième chance ne lui a été proposée par l'institution.

Elle réfléchit actuellement à un appel... et je ne sais pas si je dois lui envoyer les références de cette émission et les coordonnées de la consultation spécialisée de la zone.
Car je vis très mal moi-même cette injustice commise par mon institution, suis-je légitime pour "jeter de l'huile sur le feu" et ajouter un motif supplémentaire à son amertume actuelle ?
Avez-vous des avis, une expérience à partager ?
Y'a trop de monde sur les gradins... Le spectacle du monde nous appartient !

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Re: Le burn-out

Message par Dindon » ven. 10 juil. 2015 11:38

Bonjour à tous,

J'aimerais y ajouter le "contraire" du burn-out, le bore-out. Nettement moins connu et moins à la mode, il est tout aussi dévastateur.
Je présume, qu'en plus, si la personne est HP, il n'est pas impossible que ce syndrome surgisse encore plus vite.

J'en parle car je me suspecte d'être passé par un bore-out avant le burn-out.
Je faisais partie d'une grande équipe informatique pour un projet fédéral (en Belgique - pour l'état), quand le gouvernement a décidé de le mettre en stand-by pour diverses raisons.
Pendant près de 3 ans, je me suis trouvé dans une organisation qui n'avait pour but que de s'occuper de la survie de ce qui avait été déjà mis en place. Des journées de travail de 8 heures, avec parfois quand tout allait bien, du travail réel pour une seule petite heure.
Je me suis habitué à ce rythme de travail, je me suis habitué à m'ennuyer. Pendant un temps, j'ai réussi à occuper mon temps "intelligemment", mais j'ai fini pour passer mes journées sur le web, sur des forums, etc.
Je me sentais inutile, passif, à ne plus connaître réellement mon rôle dans cette organisation. Il n'y avait plus aucune satisfaction à aller travailler, enfin, à faire acte de présence au travail.
Sans réellement être déprimé, sans savoir l'expliquer clairement, ça m'a transformé.

Puis, après 3 ans, le projet peut enfin redémarrer. L'équipe est entre-temps devenue beaucoup plus petite et de nouveaux managers sont engagés. On a 6 mois pour tout remettre en place, faire une grosse mise à jour, un projet de dingue compte tenu du petit nombre de personnes encore sur le projet.
Je subis une pression énorme, une quantité de travail dont je n'ai plus l'habitude.
Mon nouveau responsable me parachute dans une fonction pour laquelle je ne me sentais pas prêt. Je l'accepte car je pense que c'est une bonne opportunité d'évoluer (après réflexion, je ne suis pas certain que je voulais évoluer, j'étais très bien à ma place). De nouvelles responsabilités trop pesantes, des nouvelles tâches qui ne conviennent pas du tout à ma personnalité, et pour ne rien arranger, un responsable avec un double discours : Il me pousse dans ma fonction, mais d'un autre côté prend ma place dans les réunions, les décision, etc).

Et là, je craque.
La seule protection que j'ai été capable de mettre en place m'a complètement desservi. Je me suis désintéressé, je ne me suis pas battu pour m'affirmer face à mon responsable et je l'ai laissé faire. Je lui ai même fait comprendre indirectement par mes non-actions que si il voulait faire une partie de mon travail, il allait devoir faire l'autre partie aussi...
Au final, ma situation au travail s'arrange d'elle-même. Les 6 mois intenses sont derrière moi, le calme est revenu (attention au bore-out) et mon responsable a été placé sur un autre projet.
J'essaie de me reconstruire, de comprendre ce qu'il s'est passé, de me comprendre (car je crois qu'une part de moi, lié ou non à une possible douance pour laquelle j'attends mon diagnostique, y a participé).

Je crois fermement, à tard ou à raison, que mon bore-out a participé grandement à mon burn-out. Sans ce bore-out, mon burn-out aurait été beaucoup moins fort, ou ne serait pas inscrit en moi si rapidement. J'aurais pu y faire face avec plus de facilité.
J'aurais même pu sans doute mettre à profit ces 6 mois de stress et de défis pour avancer professionnellement, me distinguer et prouver ma valeur.
Tout ce que je viens de dire, n'est bien sûr que mon ressenti.

Lymouss

Re: Le burn-out

Message par Lymouss » lun. 28 déc. 2015 19:15

Intéressant ce concept du bore-out...

Avant toute chose, merci à tous ceux qui ont partagé, liens et documentation. Je ne savais pas non plus qu'on pouvait se faire diagnostiquer un BO ... je vais de ce pas chez mon généraliste.

A titre personnel, je pense m'écarter des grands schémas couramment décrits et je me reconnais un peu dans le concept du bore-out (@Dindon, j'espère avoir bien compris ce dont tu parles, cf les passages soulignés dans mon témoignage, sinon, c'est avec plaisir que je lirais tes corrections et ton nuançage).


Mon témoignage :

Actuellement, je suis en 2ème année de thèse en sciences de gestion.

En quelques années je suis passée :
- d'une vie trépidante d'élève-ingénieur surmenée par ses études et par une vie associative intense (avec des craquages de temps en temps, mais rien de bien méchant)
► Afficher le texte
- un Master 2 recherche dans une discipline nouvelle pour moi (Sciences de Gestion, Management Public), où j'ai dû apprendre une nouvelle culture, comprendre de nouvelles attentes, où je devais acquérir un nouveau vocabulaire, apprendre à formuler mes idées de manière intelligible pour la discipline. Niveau adrénaline, vide intersidéral. Je n'ai jamais eu autant de temps pour étudier, lire des choses et en même temps je ne me suis jamais sentie aussi seule, perdue et inutile. Pour survivre, j'ai du me remettre à l'associatif étudiant.

- à présent, en deuxième année de thèse, je viens de vivre (ou je vis actuellement) le craquage le plus intense qui soit.

Un an de travail pour n'avoir rien réussi à formuler d'intelligible (à l'écrit) pour ma directrice.
► Afficher le texte
Echecs et espoirs sur échecs et espoirs. Un an et demi de doute sur mes capacités à produire quoi que ce soit d'utile pour la société, à m'insérer dans la vie active, à savoir vendre mes compétences. Le sentiment que ma thèse ne servira finalement à personne, alors que c'est mon vœu le plus cher.L'ennui profond de ne travailler que sur sa thèse, et toujours qu'en théorie sans confrontation au terrain. L'ennui profond d'être la seule personne de mon âge à travailler dans ce bureau, et de devoir me conformer à l'étiquette du savoir vivre en corps professoral d'école de management entre collèges de 30-35-40-50 ans, sans que ça puisse être naturel de ma part.

Alors, encore une fois, je me suis remise à l'associatif. Cette fois-ci avec beaucoup de regrets. :pale: Quand les réunions s'enchaînent, j'envie ma colocataire qui profite du canapé en lisant, fabricant ses cosplays ou regardant des films. Je ne suis plus aussi motivée que ça.

Lors de l'envoi par mail de mon dernier essai de problématique de thèse, je me suis moi-même aperçue en cliquant sur "envoyer" du fait que tous mes efforts étaient vains. C'était encore inintelligible pour autrui. J'en ai pleuré le soir-même, le lendemain, le sur-lendemain. L'envie de tout arrêter car je n'étais pas faite pour "ça". L'envie de me reconvertir dans autre chose, mais quoi ? Impossible de me sentir d'attaque pendant mes séances de kiné, impossible d'avoir plus d'interactions sociales plus poussées que pour l'achat d'une baguette de pain. :blond:

Alors je viens de m'accorder une semaine de vacances "vidange d'esprit". Interdiction de penser à quoi que ce soit de complexe ou d'absorber trop de détails. :ensoleillé: De toute façon c'était le mal de tête assuré.
► Afficher le texte
Si je devais donner des signes précurseurs selon moi ? Dans l'ordre d'apparition :
► Afficher le texte
Pardon. C'est un peu long. Mais j'espère que ça pourra contribuer à alimenter certains moulins.

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Re: Le burn-out

Message par Benoît » lun. 9 mai 2016 13:56

Je peux apporter mon témoignage car je me remets tranquillou d'un pernicieux burn-out:

Pendant 2 ans j'ai bossé 70 à 120 heures semaine, sans prendre de vacances et ceci à flux tendu, avec:
-une personne cherchant à me faire fiche dehors de façon obsessionnelle
-un informaticien croyant qu'on pouvait livrer les outils en kit à charge pour moi de les coder (j'ai une license de droit, précédée d'un bac L)
-devant expliquer à distance à des gens confondant droite et gauche où placer le curseur de leur souris pour trouver le bouton permettant de trouver la fonction "fermer" ou l'onglet "ceci ou celà" sur le logiciel et ceci par partage d'écran (zen pendants les formations ^_^)
-etc etc...
Après atteinte de l'objectif (je me suis tellement concentré que ça m'a collé une ride du côté gauche o_0) j'ai senti que je n'étais plus du tout proactif, mais juste capable de réagir face aux urgences immédiates (réactif).
Conséquences, une procrastination démultipliée (pas propre chez soi, phobie administrative), et ce sentiment d'être comme un zombie (d'où baisse d'estime de soi car pas propre chez soi, angoisses car phobie administrative = sonnette du facteur, et la turbine qui broie du noir plus souvent qu'elle ne réfléchit (une forme d'éclipse de l'intelligence).

Je m'en remets tranquillement mais j'ai intégré ceci: "dans la vie, tu travaillera dur" ----> on a mis 20 ans à m'en persuader, alors que c'est moi qui avait raison, comme d'hab' :)
Qu'est-ce qu'un poussin? o_0

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Re: Le burn-out

Message par Napirisha » ven. 2 déc. 2016 00:43

http://journalmetro.com/plus/carrieres/ ... -burn-out/

"Une recherche récente met en lumière une cause insoupçonnée d’épuisement professionnel: l’incongruence de motivation."
"Publiée en août dans la revue spécialisée Frontiers in Psychology, cette étude conclut que l’écart entre les besoins affectifs d’un travailleur et des conditions de travail qui ne le comblent pas toujours est source d’épuisement professionnel"

Il faudrait lire l'article initial, celui-là est vraiment très synthétique, mais ça recoupe assez bien ce que j'ai pu voir dans mon entourage...


voilà l'article d'origine, en anglais.
http://journal.frontiersin.org/article/ ... 01153/full
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Re: Le burn-out

Message par Lectrix » sam. 3 déc. 2016 20:58

Je viens tout juste de découvrir ce post qui me paraît particulièrement intéressant. Je ne sais pas si je peux légitimement poster ce message parce ce que je qualifie de "burn out" n'a jamais été désigné comme tel par les médecins que j'ai pu rencontrer à l'époque. Mais avec le recul, il me semble que cela s'en rapproche... Alors j'aimerais, si vous le permettez, apporter ma contribution, aussi maigre soit-elle.


Bref aperçu de mon expérience pour contextualiser mon propos :
► Afficher le texte

Pourquoi ? C'est la question que je me suis longtemps posée. De nombreux facteurs me semblent à l'origine de ce que j'ai vécu :
- ma personnalité : perfectionniste, très sensible au regard que l'on porte sur moi, je m'implique toujours à 100% dans ce que je fais. Cela doit quand même créer quelques dispositions...
- le poids des "on dit" : je n'ai jamais pu vraiment me défaire de toutes les images que l'on m'avait mises en tête. "Tu n'auras plus le temps de rien faire, plus de vie personnelle, du moins si tu veux réussir." Ce n'était pas la réalité mais c'est devenu ma réalité. Je m'en serai aussi bien sortie si je m'étais permis quelques loisirs ou quelques pauses. Mais j'ai recréé cette situation parce que si je ne vivais pas l'enfer, c'était que je ne vivais l'expérience correctement et que je n'en tirais pas tous les bénéfices possibles. (Je mesure à présent toute l'absurdité du raisonnement :D )
- la confrontation à un système qui n'est pas adapté à mon fonctionnement : une pression supplémentaire dont je n'avais pas besoin pour travailler, un système relativement fermé qui tient plus compte de ma performance que de la personne que je suis vraiment, une administration qui ne m'aide pas à reprendre mon souffle au moment où j'en ai le plus besoin...
- la société : si je me suis lancée à corps perdu dans les études, c'était pour optimiser mes chances de voir mon projet professionnel se réaliser un jour. Je vis dans la crainte de ne pas pouvoir faire ce qui me plaît parce qu'il me faut passer par un concours et que rien ne peut me garantir que je l'aurai...

Il me semble donc que pour en arriver à un burn-out, il faut que certains traits particuliers de la personne entrent en corrélation avec des facteurs extérieurs, que le contexte dans lequel évolue l'individu favorise son investissement personnel et psychologique jusqu'à le mener à l'excès et le faire prisonnier de ce mode de fonctionnement.


Pour finir, en me basant sur mon expérience, je dirais effectivement qu'il s'agit d'un phénomène aussi bien physiologique que psychologique. Cela ne tient peut-être moins à ce que j'ai vécu qu'à ce qui en a résulté, à savoir mes angoisses, mais depuis, je fonctionne différemment. Pas seulement moi, mon corps aussi. Si je suis beaucoup plus sensible à la pression, il me semble aussi que mes nerfs sont beaucoup plus réactifs qu'avant.


Mon message est finalement plus long que je ne l'aurais cru. Je suis désolée si je ne m'exprime pas très clairement, je n'ai pas l'habitude d'évoquer ce sujet qui, il faut l'avouer, est un peu tabou et suscite un mur d'incompréhension. Peut-être mon intervention est-elle d'ailleurs un peu trop centrée sur ma personne ? Je souhaitais surtout mettre mon expérience et mes réflexions au service de conclusions plus générales. Ce n'est peut-être pas une franche réussite et si mon message n'a pas sa place ici, je comprendrais parfaitement que vous souhaitiez le supprimer. :)

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Re: Le burn-out

Message par soazic » ven. 13 janv. 2017 22:41

Un excellent telefilm passé ce soir sur Arte
http://www.arte.tv/guide/fr/069838-000- ... e-a-ma-vie
Subtil et qui aborde le chemin d'introspection qui peut suivre le burn out.
(Et ENFIN, une image authentique de la psychiatrie, loin des clichés et du sensationnalisme, comme cela fait du bien)
J'ai beaucoup aimé et le conseille vraiment.

chrissieb63

Re: Le burn-out

Message par chrissieb63 » lun. 26 mars 2018 20:39

Tiens je réanime le sujet.
Toujours d'actualité, le burn out, et plus que jamais, plus encore qu'en 2013.

J'y ai également succombé, enfin je suis encore en vie mais "il m'a eu" (septembre 2016)
Je reprends un extrait de l'article :
https://www.passeportsante.net/fr/Maux/ ... sionnel_pm

"Déséquilibre entre les efforts fournis et la reconnaissance obtenue de la part de l’employeur ou du supérieur immédiat (salaire, estime, respect, etc.)"

Ma foi c'est bien de cela dont il s'agit.

Mais je pose la question ici bas à vous mes "collègues HPI" qui auraient un vécu similaire ou tout simplement une opinion sur la question :

Est-ce que le stress qui nous conduit au burn out peut venir DE L INTERIEUR?? L'univers intérieur si singulier du HPI (qui est toujours en ++++).

Je m'explique : mon corps a littéralement lâché après une période difficile, où j'ai fourni beaucoup d'efforts pour atteindre mes objectifs de vente (j'avais une prime sur les ventes, une Part Variable Vendeur) et dans un contexte minable, tout y était pour me faire souffrir grave.

Mais rétrospectivement je me dis que la SURADAPTATION (mot valise?) y est également pour beaucoup.

Cela fait 30 ans que je m'adapte: aux demandes de mon employeur, aux ambiances mesquines, à la lenteur chronique de mes collègues, à leur façon de ne pas me "capter", à la sottise ou la perversité du management,que sais-je...
Car il faut bien s'intégrer, se "tenir" pour tenir son poste, fournir le travail pour lequel on est payé.
Bref faire son boulot "no matter what"

Mais ce qui devait arriver arriva : "ça a lâché"
Terminé- GAME OVER-en peux plus-tombe malade, arrêt de longue durée

Et cette réflexion : "tu t'es fait du mal Christine"

A ce jour je cherche comment éviter à tout prix que cela ne se reproduise

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Re: Le burn-out

Message par Napirisha » lun. 26 mars 2018 21:28

Il me semble effectivement que les gens sont plus ou moins sensibles à ce type de risque : à situation équivalente, l'un réussira à se préserver et pas l'autre. Mais honnêtement, je ne suis pas sûre que les HPI soient vraiment plus mal lotis que le reste de l'humanité quand il s'agit de faire face, comme tu le dis "aux demandes de [l'] employeur, aux ambiances mesquines, à la lenteur chronique [des] collègues, à leur façon de ne pas me "capter", à la sottise ou la perversité du management,que sais-je..."
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Re: Le burn-out

Message par soazic » lun. 26 mars 2018 22:20

je me pose aussi la question actuellement, ce malaise vient il de mon usure due à cette suradaptation (tout le versant relationnel me coûte) ou du système pour lequel je travaille (la santé des autres et ses non sens). Je ne suis pas en burn out mais j'arrive déjà épuisée au travail et suis contrainte de me ménager. Un cumul, pb somatique (dos), travail solitaire (je gère sans retour et d'un autre côté j'ai la paix)+ suicide d'une collègue il y a quelques mois. ça fait beaucoup. Je me sens confrontée à une perte de sens. C'est en tombant sur ce topic que cela fait tilt.

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Re: Le burn-out

Message par altima » dim. 20 mai 2018 16:09

chrissieb63 a écrit :
lun. 26 mars 2018 20:39
Mais je pose la question ici bas à vous mes "collègues HPI" qui auraient un vécu similaire ou tout simplement une opinion sur la question :

Est-ce que le stress qui nous conduit au burn out peut venir DE L INTERIEUR?? L'univers intérieur si singulier du HPI (qui est toujours en ++++).

Pour ce qui me concerne, je pense que j'avais bien sûr un terrain propice au déclenchement du burn out.
Je me suis mis la pression à une période particulière, sans que rien de vraiment valable ne le justifiât.
Donc ça a vraiment consisté en une combustion interne des réserves, sans recharge puisque justement le système, l'extérieur, ne venait pas compenser le manque de reconnaissance ressenti (mais objectivement manquant), le manque de sens, la surcharge.
Je me suis fichue toute seule dedans contrairement à certaines personnes qui font un burn out en lien avec du harcèlement moral par exemple - je marche sur des oeufs car j'avoue que les liens de causalité sont très ténus et pas toujours objectivables.
Les personnes HPI que je connais ont presque toutes fait un burn out - vous allez me dire, mais qu'est-ce que t'appelles un burn out?
Disons un pétage de plomb professionnelle suffisant pour entraîner un arrêt maladie conséquent, consultation et/ou médication psy ainsi que changement d'orientation professionnelle.
Evidemment ça ne prouve rien.
Le fait est que les professions en lien avec la prise en charge, le soin, l'accompagnement sont particulièrement exposées, et que bon nombre de HPI occupent de telles professions (statistiquement, observation non concluante, je sais).
Ce qui compte HPI ou pas est de remettre le travail à sa place.

@soazic si tu te considérais en burn out, quels autres signes que ceux que tu mentionnes présenterais-tu? Ta situation a-t-elle évolué depuis?
A quand enfin un programme pour "aider à aider" en se préservant... quand prendra-t-on enfin soin des soignants? :(

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Re: Le burn-out

Message par sandrinef » lun. 21 mai 2018 05:01

Je pense qu'il faut tout de même rester très prudents avec cette tendance à mettre la douance à toutes les sauces. Le burn out touche les personnes qui vivent dans nos sociétés où on a perdu le sens de beaucoup de choses, où les valeurs se diluent dans une course à la consommation à outrance, dans le superficiel , où on presse les actifs comme des citrons, surdoué, pas surdoués, là-dedans je ne suis pas certaine que cela ait une grande importance. Pour jouer les avocats du diable, je dirais que le surdoué est aussi quelqu'un de résilient et qu'il sait faire face à tout ça: mais ce serait aussi peu fiable que son contraire.
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Re: Le burn-out

Message par Fish » lun. 21 mai 2018 09:20

Je suis totalement d'accord avec sadrinef. On peut penser que le besoin de "faire quelque chose qui ait du sens" est accru chez les surdoués, et que la chute face au monde réel est d'autant plus vertigineuse. Mais on peut aussi penser que les surdoués ont plus de ressources pour s'accomplir par eux-même, pour lancer des projets. Ce sont deux théories logiques, et sans expérience ces deux théories ne restent que des théories.
D'ailleurs, quand vous parlez de vous mettre la pression, que ça vient de l'intérieur, est-ce si négatif ? Ou est-ce simplement le fait que vous lanciez des projets, que vous cherchez à vous occuper, à faire les choses bien, et que c'est à la base une réaction assez saine pour trouver un sens à sa vie ?

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Re: Le burn-out

Message par altima » lun. 21 mai 2018 12:07

Je suis d'accord avec vous deux Fish et sandrinef, en tout cas j'ai essayé de nuancer mon message pour montrer que les constats sont loin d'être des corrélations.
Ce qui importe c'est de prendre en compte le bien être des gens en général, au travail en particulier parce que tout va de pire en pire.

Se mettre la pression de l'intérieur, je n'ai pas écrit que c'était négatif. Ca m'a porté préjudice cette fois-là.
Le reste du temps je peux me mettre la pression de façon bénéfique si je puis dire.
La pression n'est ni bonne ni mauvaise en soi.
C'est toujours une question d'équilibre et de ressenti interne, bref on ne pourra jamais se mettre totalement à la place des autres.
Ce qui est sûr pour moi, c'est que le travail m'a rendu malade ou que je me suis rendue malade au travail (la nuance n'a pas d'importance pour moi car ce qui comptait était plutôt de prendre conscience d'autres aspects). Savoir distinguer les déclencheurs aide à ne pas retomber dans le même piège. Mais bon, là j'enchaîne platitude sur platitude alors je vais m'arrêter là. ;)

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Re: Le burn-out

Message par soazic » lun. 21 mai 2018 20:16

Le burn out est un terme qui a d'abord été associé aux professions du soin, il répondait à des conditions précises en lien avec des contraintes impossibles face à des situations impactant l'autre. Il s'est étendu par la suite à d'autres professions et répond toujours à des conditions précises. Je ressens également ce que tu écris Altima, en lien avec des observations, constats et même sans se mettre la pression (je ne le fais plus), on vit dans une sorte de discordance soignante. Il est difficile de travailler dans un système quel qu'il soit et d'en percevoir les non-sens et le caractère vain, les impasses, et constater que non tout n'est pas "bienveillant" (ce mot...). Heureusement, il y a toutes ces rencontres qui donnent du sens et remettent l'humanité à sa juste place.
Le terme est aujourd'hui beaucoup utilisé à la place de la dépression, car mieux connoté. Alors qu'on s'en fout au final.

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Re: Le burn-out

Message par Zéphyr » lun. 21 mai 2018 20:17

Je ne suis pas allé jusqu'au burn-out, mais d'après mon médecin (et mon ostéo, et ma mère, et.... plein d'autres plus ou moins experts) ça fait 2 ans que je suis en surmenage. Je commence à les croire.
Les causes identifiées dans mon cas, sont :
  • Les soucis de santé, qui ont commencé à la naissance de ma fille puis qui se sont enchaînés
  • La nouvelle mission que j'ai commencée où les collègues débordés m'ont très vite fait confiance, alors que moi, je ne me faisais pas confiance (au passage, je ne suis pas du tout dans le monde du soin, mais ingénieur),
  • et le chantier personnel que j'avais commencé il y a quelques années qui demande beaucoup d'énergie. Ce chantier, c'est la reconquête d'un peu de confiance en moi suite au passage du WAIS qui avait mis en lumière son absence et l'impact que ça a sur mon fonctionnement. Ce n'est pas facile du tout, et ça demande beaucoup d'énergie, il y a des haut et beaucoup de bas.
Au cours d'un repas avec mes collègues, le sujet du burn-out avait été abordé, une remarque du chef de service avait fait mouche. Il expliquait que notre équilibre repose sur 3 pieds. Le travail, le social et le personnel. Si deux de ses pieds ne vont pas bien, le bonhomme ne peut plus tenir debout. Dans mon cas, le personnel et le travail ont clairement lâché... Heureusement que j'avais mon mari qui a géré beaucoup de choses tout seul...

Quand j'ai demandé à ma mère comment elle avait fait pour gérer 3 enfants alors que moi, avec deux, je n'y arrive pas, la réponse qu'elle a eu à été qu'on demande beaucoup plus aux femmes de ma génération (par rapport à la sienne). Je suis à temps plein, loin du support de nos familles (2h de route pour les beaux-parents, 6h pour mes parents). Ma mère est prof avec mon père qui bossait en 2x8 quand on était petits (donc plus facile au niveau organisationnel) et les papis mamies étaient proches pour pouvoir garder leurs petits enfants. Pourtant, je ne suis pas la seule maman qui travailles à temps plein, et oui, je m'en veux de faire faire des journées de 10h à mes filles, 5 jours par semaine, et je culpabilise de les récupérer crevées en fin de semaine. Et je fais déjà des "petits" horaires par rapport à mes collègues.

Bon, aujourd'hui, ma deuxième commence à être grande, j'ai fini par être embauchée là où je faisais ma mission (oui, là où ça n'allait pas, mais où, suite à mon craquage, j'ai été écouté et surtout, j'ai appris à dire "stop, chef je peux pas tout faire, gère les priorités", et je crois que j'ai la chance d'avoir un chef qui gère).
Pour rejoindre le sujet de la douance, je ne pense pas qu'elle soit à l'origine du problème (le perfectionnisme et le manque de confiance en soi ne me semble pas l'apanage des surdoués, encore moins les soucis de santé ;) ). Par contre, je pense que mon cerveau qui tourne vite et beaucoup m'a bien aidé à tenir le coup et à remonter la pente. Cogiter m'a permis de trouver l'origine des problèmes, puis d'imaginer des solutions (qui ne marche pas toute, mais en expérimentant, on trouve des ajustements). Je pense que ma capacité, à faire un gros travail sur moi pour m'adapter vient aussi de la douance (augmenter la confiance en soi pour soulager le stress, apprendre à dire stop au boulot, relâcher la pression à la maison (tant pis, les surgelés, c'est bon aussi), accepter les arrêts maladie, poser des congés juste pour moi, demander de l'aide, écouter mon corps qui est un bon indicateur de quand trop, c'est trop...).

Bon, je suis encore fragile, mais maintenant, j'y crois :rock:
La preuve, j'ai de nouveau le temps d'écrire ici !

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