Le burn-out

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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Pier Kirool
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Le burn-out

Message par Pier Kirool » jeu. 14 mars 2013 09:55

Suite à des suggestions multiples à un membre qui n'a pas répondu, je prends sur moi de citer son post très bien structuré et analysé sur le burn-out pour lancer un topic spécifique sur le sujet (les caractères en gras, le grassoiement quoi, sont de moi).
andrex65 a écrit : Comment te parler de mon expérience? La chronologie peut-être? L'avant, le pendant et l'après.

Les points importants de l'avant sont les causes et les signaux précurseurs.
Je diviserais les causes en deux catégories. Les causes extérieures, l'environnement professionnel principalement, et les causes intrinsèques, celles liées à la personnalité du sujet, sa sensibilité et les tensions plus ou moins grandes qui l'habitent, sa capacité d'apporter des réponses satisfaisantes à certaines situations.

Les signaux précurseurs sont importants, leurs détections permettraient d'anticiper une réaction avant qu'il ne soit trop tard, avant que l'on soit engagé trop loin dans la spirale destructrice qu'est le burn-out, car alors la logique de ces étapes est très difficile à contrer.
Ils sont nombreux, Mise sous pression accrue qui rend la réalisation de son travail plus difficile, accroissement du temps qu'on y consacre, diminution progressive des capacités intellectuelles d'où difficulté de réaction, perte de l'équilibre entre vie privée et activité professionnelle, rejet et blocage progressif des émotions, refus des échappatoires que sont les moments de bien-être.
Ce point est important car il est, à mon sens, un des signaux les plus clairs qui signale que s'il n'est pas trop tard, il est temps de réagir. Pratiquement, on refuse de manière répétée les invitations à faire ce qui d'habitude nous plaît et nous détend. J'adore lire, suis passionné de cinéma, apprécie les longues ballades en forêt, les bons restaurants, plein de choses en fait. Dans les mois qui ont précédé le crash, je n'ai plus pris un livre en main, mis les pieds dans une salle, terminé un film à la maison... malgré les sollicitations de ma compagne et de mon entourage.
Ensuite viennent l'irritabilité et les colères, la fatigue, les troubles du sommeil, l'épuisement.

Je me rappelle avoir dit à mon compagne sept mois avant la rupture que je n'en pouvais plus, que j'allais imploser. Elle m'a proposé des solutions, des plus simples-, se faire plaisir, renouer avec nos moments de détente,- aux plus radicales, arrêter ce travail qui "me dévorait". Je les ai toutes rejetées. Ce refus des solutions et des alternatives semble être une constante dans les symptômes "avancés".


Le pendant.
Pour qualifier le burn-out, j'ai parlé de crash et de rupture. Cela traduit je pense la brutalité soudaine des premiers moments, qui envoient littéralement au tapis, et la violence de ceux qui suivent.

Le "pendant" est très dur à vivre, à la limite du soutenable par moment. De toutes les pathologies mentales, le burn-out est celle qui a le taux de morbidité le plus élevé, je peux comprendre pourquoi. Elle est aussi celle qui provoque le plus d'incapacité permanente, plus de 30% des cas,

Il y a la fatigue intense, l'absence presque totale de sommeil, la perte des capacités intellectuelles. Je parlerais de "zombification" de l'individu. Lorsqu'on arrive à se lever, on traîne les pieds, abruti. Et on espère alors qu'il n'y ait pas un fan de "The Walking Dead" ou un joueur d'Evil Dead qui passe par là, pendant que l'on se rend au café du commerce discuter longuement et passionnément de la rupture entre Garou et Lorie (c'est pas bien ce qu'il a fait) :D1
Surtout, il y a la douleur. Terrible et intense par moment, lancinante, inexplicable.

Là où je vis, une clinique universitaire dispose d'un département pluridisciplinaire spécialisé dans la diagnostic et le traitement du burn-out.
Après deux entretiens avec un psychiatre, j'y ai passé une batterie de test. Nombreux et divers questionnaires psychologiques bien sur, examens physiologiques aussi. EEG, prise de sang, l'état de burn-out est caractérisé par des marqueurs spécifiques (important car ils le distinguent de la dépression), stress musculaire, quelques autres encore.

Le verdict est tombé, sans appel. Burn-out très sévère, 7 sur 8 sur l'échelle X (je ne me rappelle plus le nom, le rapport est dans une caisse,, je suis en plein déménagement), j'ai basculé à 8 sur 8 ensuite, souffrance ressentie très importante, pas d'état dépressif. C'est déjà ça... :-)

Cela peut paraître étonnant, mais ce diagnostic a eu, dans un premier temps, des aspects rassurants. La maladie était définie, et je savais dès lors contre quoi je devrais me battre.

La chronologie.
La rupture date de décembre 2010, le premier contact avec cette clinique a eu lieu à la mi-janvier pour un rendez-vous à la mi-février. Suite à cet entretien, le psychiatre a rapidement retenu le burn-out comme cause probable de mon état, s'est inquiété de quelques points, suicide et risque d'AVC, J'ai passé les tests fin avril, reçu le diagnostic début mai. Rencontre avec un psychologue ensuite qui m'informe que les solutions thérapeutiques intensives, un ou deux modules de thérapies cognitivo-comportementales en petit groupe, 8 ou 12 heures par semaines pendant 4 mois, débuteraient fin septembre. Plusieurs personnes me vantent leurs qualités et leurs résultats, j'en espère beaucoup et attends avec impatience la fin de l'été.

Entre temps, on me propose des entretiens individuels auxquels je me rends sagement.
Première désillusion, il s'agit de séances de psychanalyse. Bien avant la lecture de Onfray ou du "Black Book de la psychanalyse", je n'ai pas encore lu Bénesteau, j'ai toujours considéré cette discipline comme l'une des plus grandes supercheries intellectuelles du 20ième siècle. Ces lectures ont renforcé mon opinion... Malgré le désappointement, je continue ces séances quelques semaines, jusqu'à ce que mon psychologue/psychanalyste, également responsable des thérapies de groupe, m'annonce que le nombre de places est très limité, 14 à 16 places en deux groupes, que le nombre de demandes est très important, une centaine, et enfin, que mon profil ne correspond pas et sera un obstacle à l'homogénéité du groupe...
Deuxième désillusion. L'espoir d'une solution s'envole, et je me retrouve un peu seul et un peu con, huit mois après, toujours à l'état de zombie.

J'ai fait alors la seule chose qui restait possible. Me secouer et me prendre en main. Avec une certaine urgence liée à ma situation professionnelle, mes clients n'attendraient pas éternellement mon retour, et une urgence plus criante encore, je ne me sentais pas capable de continuer ainsi longtemps encore.

J'ai dans un premier temps retrouvé le sommeil. Pour y parvenir, un léger somnifère pendant trois mois.
J'ai également, honte sur moi, pratiqué des exercices de relaxation à base de plantes vertes prohibées. Je ne le conseille dès lors pas, même si cela m'a temporairement aidé à lâcher prise. Enfin, ce n'est pas mon truc, et j'ai arrêté ces exercices assez rapidement (trois mois environ).
Parallèlement, j'ai lu et relu toute la littérature scientifique que j'avais accumulée (je conseille les publications du Docteur Philippe Corten).
J'ai confronté les causes et les effets du burn-out à mon histoire générale et à ma situation professionnelle, sans complaisance ou culpabilité, afin de mieux comprendre comment j'en étais arrivé là, et surtout essayer de dégager quelques solutions.
La première a été de m'obliger à reprendre très progressivement les activités que j'appréciais, afin de réactiver des mécanismes de bien-être, et de retrouver ainsi un minimum d'équilibre. Au départ, cela fut un vrai "forçage".
J'ai abandonné l'idée d'urgence professionnelle, et la pression qu'elle induisait, et accepter l'idée que "cela prendrait le temps qu'il faudrait". Choix difficile mais indispensable et logique.
Enfin, j'ai laissé revivre mes émotions, une petite engueulade avec Madame par exemple (humour) afin de combattre "l'appétence émotionnelle" qui est une des caractéristiques du burn-out (Corten parle de "communication grillée" des émotions).


L'après.

Une certitude, il vient très progressivement, et il ne faut surtout pas le brusquer.

Petit à petit, la douleur s'est effacée, mon neurone a recommencé à fonctionner, lentement d'abord mais cela rassure quand même, et j'ai retrouvé un certain équilibre dans ma vie et mes émotions.

Mon travail se décompose en deux grandes étapes.
La première est analytique, et repose sur l'observation, la déduction, une certaine expérience et parfois l'intuition.
La seconde est principalement décisionnelle et stratégique. Des décision rapides plusieurs fois par jour, dont l'appréciation de la justesse est immédiate. La pression liée à cette partie lui est donc inhérente et assez forte. Enfin, certaines émotions, principalement la peur et l'espoir, doivent impérativement être exclues.

Dans un premier temps, 13 mois après le crash, je me suis donc concentré sur la partie analytique.
Dur... je ne "lisais" et ne comprenais plus rien. Terrible constat, avec un "est-ce définitif" un poil angoissant. Surtout, après quelques heures, les symptômes réapparaissaient, alors que je travaillais sans aucune pression. Trop tôt.
Un oeil distant pendant deux mois, et je m'y suis remis. Et cette fois cela a fonctionné. Quelques jours de travail, et j'ai senti que j'étais dans le bon. Une fois terminée, j'ai pris le risque d'envoyer mon analyse à mes clients, et en publication. Elle s'est avérée juste. Cela m'a fait un bien fou. Je n'étais pas cuit, j'avais retrouvé mon "ciboulot", j'avais réussi.

Le retour au décisionnel a demandé plusieurs mois encore, la pression devenant très vite trop forte. Cela s'est donc fait très doucement, étape par étape.
Aujourd'hui, j'ai adapté mon travail, modifié mon approche afin de réduire la pression, que je n'encaisse plus aussi bien qu'avant.
Je ménage ma monture avec rigueur. Horaires stricts, finis les marathons; séparation vie privée/professionnelle avec coupure obligatoire du courant lorsque je quitte mon bureau (plus facile à dire qu'à faire parfois, mais je m'y oblige). Réactivation de mes loisirs, au point que je m'expatrie bientôt afin de retrouver mon éternel amour de jeunesse, la Méditérranée.

La résilience et la douance dans tout cela?
La résilience, "cette capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative (Boris Cyrulnik)", résultant d'une enfance chahutée, donne au résilient la croyance qu'il peut surmonter n'importe quel obstacle. Ce "Merveilleux Malheur", livre que je conseille, m'a beaucoup aidé dans cette situation.
La douance est à la base de mon travail, et m'a aidé, je pense, dans des conditions difficiles à une introspection "constructive" qui a conduit à la mise en place de solutions efficaces.

Voilà LuluPoudre... une réponse bien longue à laquelle j'espère tu trouveras quelques intérêts.

Je te souhaite une très bonne journée.
Que dire de plus ? J'ai repris le post et essayé d'en tirer quelques têtes de chapitre, pistes d'envol pour vos posts... à titre stimulatif, indicatif et non du tout limitatif, bien sûr
  • Avant : causes extérieures à repérer et à essayer d’éliminer pour éviter que ça arrive/s’aggrave ; facteurs intrinsèques (associés à ou) favorisant la survenue de BO (ça veut pas dire Biarritz Olympique !) ; signes précurseurs (prenez vous en charge, si…)
  • Pendant : brutalité, manifestations à la phase « d’état », échelle d’intensité, risques, prise en charge (comment, par qui)
  • Après : comment on se rend compte qu’on est vraiment « après », le retour à la vie, les « solutions durables » (non chimiques par exemple)
  • mediagraphie (?) : lectures & videos conseillées
  • douance et burn-out : quelles caractéristiques fréquentes/absentes chez les HP favorisent le BO ; quelles caractéristiques fréquentes/absentes chez les HP devraient aider à prévenir ou traiter le BO...
à vos doigts et claviers !

J'ai fait un peu de teasing en signalant ce post aux membres retrouvés par la recherche du terme... héhéhé... :devil:
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Re: Le burn-out

Message par Aïnoa » jeu. 14 mars 2013 23:41

Bah, je ne vois pas trop quoi rajouter à ce post très intéressant et très synthétique.

On m'a dit, durant l'hiver 2011, que je faisais un BO. Mais a posteriori, je n'en suis pas sûre. Enfin si, c'en était pas un, pas un comme décrit par Andrex. Mais j'étais à la limite, un peu plus et je basculais...

Normalement le BO se met en place progressivement, insidieusement, sur plusieurs années.
Pour mon "expérience", ça a été plus rapide, en quelques mois puis quelques semaines qui ont précipité les choses...

J'avais commencé à faire du 3615 MV, mais ce n'est pas intéressant du tout...

Je trouve, Andrex, que tu as été vraiment fort pour surmonter ça tout seul! Parce que ce n'est vraiment pas simple, quand on est au fond du trou, plus de goût à rien, plus aucune motivation pour rien, anhédonie, voire athymorhmie...
Parce pour moi, je pense que ça a été moins fort que ce que tu décris (quoique, si j'avais pas eu... à ce moment-là, je ne serais plus là...), mais je comment tout doucement à en sortir... (ça date de l'hiver 2010), et je ne suis pas complètement sûre de ne pas retomber... (je n'ai pas arrêté de travailler complètement...)

Je pleurais tous les jours, toute la journée. Je pleurais sur mon vélo en allant bosser, je pleurais au travail, d'abord seule dans mon bureau, puis devant des collègues, heureusement jamais devant des patients, mais ils me regardaient bizarrement quand j'arrivais en consultation avec les yeux tout rouges... :-?
J'étais super nerveuse, et irritable. Un rien pouvait déclencher une colère très importante, ou une crise de larmes...
Je pleurais tout le temps, je pleurais en me couchant le soir, parce que je savais que les quelques heures de répit (= de sommeil, très difficilement trouvées...) seraient trop courtes, que le lendemain je devrais retourner en "enfer"...

Ce qui est difficile aussi, c'est de ne pas être reconnu par l'entourage.
J'ai essayé, au bout d'un moment, d'expliquer que je me sentais vraiment pas bien, seule (expatriée, sans amis, sans connaissance, sans famille, sans mon copain de l'époque, sans personne) à mon entourage. Personne ne m'écoutait, personne ne m'entendait... Aïe, encore plus mal... Comme si j'étais muette, essayant de hurler mais personne ne voit rien, n'entend rien.

Je suis tout à fait d'accord avec toi Andrex, qu'il y a le contexte professionnel et le contexte privé qui "agissent" en synergie pour faire un terrain "favorable" au BO...
Je pense aussi, si je prends mon cas ( :oops: ) qu'il y a la personnalité qui joue un rôle également.
Surtout pour la résilience, pour s'en sortir. Il faut un minimum de confiance en soi, d'estime de soi pour y arriver. Et quand on en a pas, vraiment difficile.

Pour faire un lien avec la douance, ce serait intéressant de voir si cette population est plus fréquemment touchée que la population générale...
Peut-être que le fait d'être perfectionniste, hypersensible, ... peut être un terrain propice au BO.

Je sais pas PKR, si j'ai apporté quelque chose à ton topic.
Je ne voulais pas raconter ma vie car totalement inintéressante, mais si "mon expérience" intéresse...
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Re: Le burn-out

Message par alicesmartise » ven. 15 mars 2013 12:14

Aïnoa a écrit :On m'a dit, durant l'hiver 2011, que je faisais un BO. Mais a posteriori, je n'en suis pas sûre. Enfin si, c'en était pas un, pas un comme décrit par Andrex. Mais j'étais à la limite, un peu plus et je basculais...
Moi aussi on m'a dit ça l’année dernière, mais ce ne sont peut-être, comme vous le dites, que des approches de la limite ?
J'ai l'impression que nos expériences ont beaucoup points communs... Est-ce que ça tient vraiment du BO, ou d'autre chose, je ne sais pas...

Le parcours d'Andrex est impressionnant, il a toute mon admiration (bon elle vaut pas grand-chose) s'il passe, et je remercie PK pour avoir créé un sujet avec ; il le méritait !

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Re: Le burn-out

Message par Aïnoa » ven. 15 mars 2013 13:10

Oui, vraiment j'étais à la limite.
En plus je ne peux pas arrêter mon travail car je suis encore en formation. Si j'arrête avant la fin, je n'ai que le bac, et mes plus de 12 ans d'étude auront été pour du vent...
Donc difficile de pousuivre...

Mes collègues ont vu que j'allais vraiment vraiment pas bien, comme un zombi... Elles en ont parlé à mon chef, qui m'a pris un jour dans son bureau
"ca va?"
Question fatale qu'il ne fallait pas poser. Et hop un flot de larmes incontrôlé qui coule... Quoi? Encore? Mais je vais me déséchée tellement je pleure ces derniers mois et surtout dernières semaines... :-o

Il m'a donné une semaine de récup (j'avais pas mal d'heures sup) pour arriver directement à mes 2 semaines de vancances (je comptais les jours avant d'y arriver à mes congés...).
Puis quand je suis revenue il m'a changé de "poste". Je n'étais plus en contact avec mes 2 chefs qui me... bref... Donc plus de rapports avec ces chefs (surtout 1), et moins de stress.
Ca a été un tout petit mieux, mais toujours au fond du trou, sentiment de me sentir une vraie M*****, une moins-que-rien (bah oui, mes collègues y arrivent bien eux, et pas moi, je ne vaux rien, ...).

A ce moment-là je voulais tout arrêter, ne pas finir ma formation, laisser tomber.
Mais que pouvais-je faire d'autre?? Je ne "sais faire" que ça. Je ne peux pas me recycler, il faut que je refasse un autre cursus. Et puis, qu'est-ce que j'aime à part ça???
Grose grosse remise en question...
Et je ne pouvais en parler à personne...

Je voulais donc tout arrêter, mais j'avais déjà un contrat pour la suite, dans une autre structure. Et je tiens toujours mes engagements, donc je ne voulais pas me désister quelques mois avant la prise de fonction.
Et aussi, je DETESTE laisser gagner le Système ou les Autres, surtout quand ils n'en valent pas la peine (pour moi hein :wink: ).
Je me suis dit que ces 6 mois-là me laissaient le temps de de réfléchir à la suite (et accessoirement j'avais de quoi payer loyer/factures/et autres dépenses).

Ca c'était beaucoup plus calme, plus tranquille...
Je ne pleurais plus en allant bosser, mais j'y allais en trainant les pieds. Bien qu'en soi le boulot me plaisait...
Dans ce service je fais ce que j'aime (dans le 1er service j'étais partie pour faire autre chose au départ, mais j'ai été "rattrappée" par mes 1ères amours...).
Je me dis que j'aimerais quand même faire ça, surtout après tous les sacrifices que j'ai fait pour arriver jusque là...
Mais j'ai peur. Peur de redescendre aussi bas. Dans une structure plus grande avec plus de travail, plus de responsabilités, structure ou je suis obligée de passer si je veux finir ma formation... Sentiment de déchirement entre "je veux faire ça, j'aime ça" et "je n'en suis pas capable, je suis trop faible pour supporter les contraintes, le stress, ...". Sans compter qu'on est jamais sûr de finir sa formation ici, c'est vraiment très aléatoire. Plein de critères à remplir mais difficiles à remplir et pas que dépendants de nous... :-?

Là ou je suis actuellement, un peu plus de travail que le poste précédent. On ne nous laisse pas faire grand chose.
Depuis décembre, j'ai un peu plus de responsabilités et je suis une "ancienne". Du coup j'ai plus de place, un peu plus d'importance. Ca fait du bien.
Je reprends que depuis peu, quelques mois, une envie d'avancer dans ce domaine-là. Je ne suis pas contente de me lever si tôt tous les matins, mais j'aime mon travail quand même...

Le problème reste cependant toujours le même, obtenir un poste dans une grande structure et peur du stress et des horaires qui en découlent... Serai-je à la hauteur? Suis-je définitivement trop faible?

Désolée pour ce 3615 MV...
Juste que ce topic me fait réagir, il réveille des sentiments douloureux en moi...
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Re: Le burn-out

Message par sanders » ven. 15 mars 2013 13:20

Hors-sujet
3615MV ??? je ne sais pas ce que ça veut dire.
Soit on s'en sort et on invente nous-mêmes un destin, soit on continue dans la spirale du déclin.Thanh Nghiem

Je n'aurais jamais cru que ça se débloquerait tout d'un coup comme ça ! - Avr 2017, Napirisha (avec son autorisation)

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Re: Le burn-out

Message par Aïnoa » ven. 15 mars 2013 14:01

Hors-sujet
sanders a écrit : 3615MV ??? je ne sais pas ce que ça veut dire.
3615 Ma Vie
Mais il existe aussi le 3615 ML (My Life)
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ExplosiOn

Re: Le burn-out

Message par ExplosiOn » ven. 15 mars 2013 15:26

Aïnoa,

Ton post me parle tellement... :shock:
Cela rassure de voir que quelqu'un pense comme moi, ressens comme moi, que cette "faiblesse" que je m'attribue et qui me paraît inexistante chez les autres, est en fait une sorte de "trop plein" bel et bien ressenti par certains.

Je viens d'arrêter une formation (inf') en pleurs (tout le temps) pour tout et rien. Je voulais vraiment continuer (pas pour le métier) pour l'environnement, parce que j'avais mon petit cocon (appart rien qu'à moi), une amie (avec qui je parlais de tout et rien). Oui, sauf que j'étais vraiment trop stressée (je l'ai toujours été à haut niveau mais là, c'était quelque chose), que la formation se passe, côté cours, via énormément de travaux de groupe, groupe qui ne m'écoutait pas, ne me comprenait pas... ou m'écoutait avec admiration prononcer des paroles qui leurs paraît hors d'atteinte alors que, bien que plus recherché, cela me semble facilement compréhensible... et puis, du coup, lancé sur tel ou tel sujet, avec qui en parler (car y'a ce besoin qui se fait sentir) si on voit qu'on est pas sur la même longueur d'onde que les autres?
Mais, y'a aussi, par exemple, les problèmes de maths très simples que je n'arrive à faire (alors que vu mon parcours scolaire, c'est honteux), je n'arrivais pas non plus à réfléchir je crois. Du genre, on me pose une question simple et je n'ai aucune réponse, rien de rien... comme si je bloquais mon cerveau!
Il y a aussi ma mémoire qui était très bonne étant plus jeune, et qui est misérable depuis environ le bac! J'oublie ce que j'ai fait hier, le matin même, je peine à me souvenir de ça et ça...
Mais paradoxalement, moi qui ne pouvais plus ouvrir un cours pendant la formation (et oui, vraiment, je ne pouvais plus), je répondais aux questions de ladite amie (qui, elle, avait appris) sans problème aucun... si ce n'est qu'au contrôle, c'était parfois bien autre chose (quand il faut "lister", ça devient plus compliqué quand on n'a pas ouvert les cours).
A côté de ça, en pratique, je suis malhabile, incapable de faire un geste correct, physiquement, je ne sais pas comment faire, comment me servir de mes dix doigts... Ce qui se ressentait au stage (pas plus que ça selon les personnes qui m'encadraient mais moi, je me sentais juste cruche). De plus, je ressentais tout ce que je ne savais pas, ce que je ne savais pas faire encore et qu'il me fallait apprendre, que j'avais le désir de savoir faire, là, tout de suite... Et que ça m'était impossible...

Je crois bien que j'ai fait un burn-out (qui a commencé, selon moi, bien avant la formation).
Je ne sais pas si je suis "surdouée" mais je peux vous dire ceci:
- Il me semble que mon burn-out est venu déjà, du fait que les différents milieux dans lesquels on vit (scolaire, professionnel, familial, etc...) enferme, pose des limites, "normalise" et je sais une chose, ce carcan dans lequel on veut nous mettre m'angoisse, me paralyse et je sais, pour une raison que j'ignore, que je suis incapable d'y rentrer (déjà, j'en ai pas l'envie). Ce carcan est trop "rigoureux", "ennuyeux" et j'ai besoin de sortir des limites et je ne sais pas être rigoureuse, pas comme ça en tout cas... De manière générale, ce que l'on m'oblige à faire, je n'y arrive pas... bien souvent.
- Paradoxalement, je suis perfectionniste et si je travaille seule sur un dossier (qui me plaît) et que j'ai le temps que je veux ou un temps suffisant, je suis capable de rendre quelque chose d'extrêmement fouillé, pointu, élaboré. Mais si on me dit que je dois le faire comme ceci, comme cela, normé donc, il se peut fortement que je bâcle... Bref, j'observe là une inadéquation entre le fait que je veuille donner le meilleur tout en étant quasi incapable de le faire si trop de limites sont imposées (ou que les limites ne me plaisent pas). Je sais que ça fait très enfant capricieuse mais j'ai toujours mis de la bonne volonté à faire ceci ou cela sauf que je peux parfois bâcler, sans m'en rendre compte... Ce qui soit, donne un résultat catastrophique avec remontrances à la clé (qui vous fait vous sentir encore plus nul que vous le pensiez déjà), ou, soit on vous félicite presque de votre travail et là, c'est encore pire, vous trouvez votre travail nul et on vous dit que c'est bien :-o . Et ça n'a rien de plaisant! Et si vous osez dire que vous en êtes mécontent, ben c'est que vous êtes pessimiste...
- J'ai l'impression que le burn-out vient à la contrée du réalisable et de l'obligationnel. Faire ça mais le faire comme ça... Ce qui fait que je bâcle ou que je bloque... Il me faudrait le champs libre pour faire de mon mieux... quoique, parfois, aucune limite, ça fait qu'on ne sait pas par où commencer? Bref, pas super facile...

De manière générale, je sens que je ne suis pas très claire dans mes propos (du mal à digérer mon abandon d'études qui n'est même pas le premier) mais je vais essayer de résumer.
- Je me suis sentie étouffer, étouffée par quoi? Le stress? C'est ce que j'ai crû car je me suis également sentie dépassée par ce stress (qui m'a toujours un peu dépassée mais là... je n'avais même plus la volonté/la force de le combattre). J'ai l'impression que j'étouffe dans les limites, dans ce qu'on nous impose... J'étouffe aussi sous le regard des autres... Et j'étais incapable de faire mon travail comme tout un chacun... Les trucs simples ici et là, je m'en "tapais" (désolée mais bon...) et je n'y pensais même pas (alors que c'était pourtant demandé) et les trucs compliqués, recherchés, c'est ce que je visais (naturellement, sans m'en rendre compte) sauf que je m'éparpillais, sans trouver le moyen de rentrer dans les cases imposées, et je finissais par bâcler... (faut prendre en compte aussi le facteur temps et tout les autres dossiers/ travaux qui restent à faire).
- Et puis, de manière générale, je faisais des efforts là où les autres n'en faisaient absolument pas (c'est très dur à vivre) et n'en faisais pas là où les autres n'allaient même pas voir... (d'où un "mais tu pinailles", mais t'es "trop perfectionniste!" ,"mais ce sont les mêmes termes là" (euh non, pas vrt!)). A partir de là, le vide, le: "mais qu'est-ce que je fous là?" (ce qui m'est déjà arrivé par le passé à chaque fois...).
- Le fait aussi, comme certains l'ont dit, de ne pas sortir, de ne pas pratiquer ses passions, on ne peut plus travailler, mais on cherche quand à le faire... Je ne lisais plus, je n'écrivais plus, je ne sortais pas, etc... Je ne faisais rien à part me poster devant la tv comme une zombie (impossible d'ouvrir mes cours malgré que j'essayais de toute mon âme).

J'aurais tendance à dire que c'est typiquement "surdoué" (si j'étais diagnostiquée lol) dans le sens où il s'agit toujours de rentrer de jolies cases bien proprettes, que ce soit au travail ou ailleurs, et le "surdoué" y arrive plus ou moins bien jusqu'à un certain jour où il s'est tellement épuisé que tout lui paraît incommensurable, irréalisable (même la plus petite chose)...
Cela ne veut pas dire que le burn-out du "###mornopensant###" ne me semble pas exister, cela veut juste dire, pour moi, que le "surdoué" a tout en sa défaveur pour y sauter à pieds joints!
NB: il a aussi toutes les cartes en main pour s'en sortir d'autant mieux que le "###mornopensant###" même si, d'un autre côté, ça peut aussi être plus dur...

Bon... j'ai écrit un pâté et je suis frustrée, je sens que j'ai encore plein d'idées et que j'ai juste tourné autour du pot, ça m'énerrrrrve! :coleredefeu:
Bref, je voulais juste dire que je ressens tout comme Aïnoa et que je ressens sa détresse. Je voudrais lui apporter une solution miracle sur un plateau d'argent mais je n'y arrive pas, en plus, je vois, je pense, dans quelle formation elle est et je comprends d'autant mieux son trouble...
Peut-être s'arrêter un an pour reprendre ensuite après avoir réellement soufflé? Plutôt que continuer coûte que coûte et s'épuiser une bonne fois pour toute pour finir par être incapable de continuer?
Arrêter deux semaines, un mois, deux mois, ... lol. Cela ne fait rien du tout ou presque rien, n'est-ce pas?

Allez, j'arrête là...

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Pier Kirool
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Re: Le burn-out

Message par Pier Kirool » ven. 15 mars 2013 16:47

Le burn-out est un syndrome médical dont les critères diagnostiques sont encore imprécis. Ici, ou on parle des internes en médecine, on se base sur trois critères principaux : épuisement émotionnel, une dépersonnalisation de la relation à l'autre et une sensation de faible accomplissement personnel. C'est nettement moins précis que dans le lien ci-dessus.
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Re: Le burn-out

Message par amalia » ven. 15 mars 2013 17:49

disons que dans le récit de Explosioon, il me semble que les composantes psychologiques (facteurs de risque) propres à chacun sont exposées, si Explosion est d'accord bien sur, et si ça aide, je pourrais peut etre les dégager ; ce qui répondrait à une des questions : quels facteurs intrinsèques ? suis je "candidat" au BO ?

ainsi qu'une petite piste sur comment gérer ...
en remettant à jour mon profil l'autre jour, je réfléchissais justement aux 10 dernières années...j'ai aussi frolé un BO mais je ne m'en srends compte (et 'en paie toujours les reliquats) maintenant, 2 ans après la fin de ce travail intense...
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Re: Le burn-out

Message par ExplosiOn » ven. 15 mars 2013 18:33

Pierre Kirool, je suis un peu choquée par ton message (merci pour ce "comment dire" très sournois et critique), certes, je suis un peu trop partie dans mon "délire", je l'avoue... Mais je me rends aussi compte que tu n'as pas du tout saisi l'essence de mon message... d'autant que les trois critères dont tu parles me correspondent tout à fait.
Autre chose, le burn-out, il a beau être défini de telle manière, qu'est-ce qui empêche d'aller voir plus loin, ou ailleurs? :shock:

C'est interdit de s'exprimer?

Je l'ai peut-être fait maladroitement, sûrement même... Maintenant, si tu attends quelque chose de froid,distancié, avec des chiffres, etc... okay, je ne suis peut-être pas au bon endroit. Mais quel intérêt alors de ce forum? J'ai tendance à penser que ça permet d'échanger, de voir un peu "ailleurs", de sortir des limites... Et as-tu déjà réfléchis au pourquoi du burn-out?
Tes critères sont beaux, ok, mais ce sont des conséquences... Eviter le burn-out, ça peut être bien aussi.

Moi, j'aurais tendance à penser (mais c'est un avis personnel) que le "carcan" dont je parle nous étouffe et nous fait rentrer dans une routine (on bosse, on bosse, on bosse... alors qu'on en peut plus - au lieu de sortir, de s'aérer l'esprit), routine inadaptée, qui provoque (mais ce n'est pas le seul initiateur) le burn-out.

Après, j'ai la flemme et je suis bien trop énervée pour vouloir aller plus loin.

En plus, j'aime bien... Tu as lu mais pas jusqu'au bout, ah ben, t'aurais peut-être du! :coleredefeu:

Le "j'hésite à aller un peu plus loin" me paraît vraiment très condescendant, j'apprécie vraiment pas, merci bien... Je suis nouille peut-être?
Pour répondre quand même à une des tes questions (nan, pas les autres, après tout, tu n'as même pas tout lu): mes formations, comme tu dis, quoique peut-être chiantes pour toi (et peut-être pour d'autres) expliquent ce burn-out ( mes formations incluant un côté professionnel (apprentissage, stages, etc...) que je pense vivre (oui, je n'en suis pas sûre^^, pas consulté à ce propos).

Je ne comprends pas non plus ton point de vue, j'essaie d'expliquer le pourquoi du burn-out et pas en des termes généralistes. Tu ne te poses pas cette question??? Je sais pas... on ne fait pas un burn-out sans raison, ni parce que, d'un jour à l'autre, on a décidé qu'on en pouvait plus, c'est quelque chose qui s'impose à nous: on n'en peut réellement plus. C'est bien qu'il a une pression et un malaise quelque part... Bref...

D'autre part, il s'agissait de dire à Aïnoa que je comprenais son vécu et donc d'apporter un quelconque réconfort (on n'est pas des animaux!)...

Désolée à tous pour cet éclat, d'habitude, je suis pas comme ça, mais là...

Amalia, pas de soucis, je crois que tu as compris que j'ai été maladroite, suis partie à droite à gauche mais que, oui, je réponds bien au sujet!

Ah, juste pour clarifier, qu'on ne comprenne pas mes propos, aucun soucis, mais les expressions condescendantes, non merci... j'aurais pensé qu'on pouvait se respecter un peu plus que ça ici!

D'autre part, l'affectif joue un rôle non négligeable dans nos vies, alors je l'ai peut-être laissé prendre un peu de place dans mon post et je m'en excuse alors, mais n'est-ce pas humain? J'accepte toute critique tant qu'elle est formulée intelligemment, pas entre les lignes, respectueusement et surtout, qu'on se soit au moins donné la peine de lire mon post jusqu'à la fin!

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Re: Le burn-out

Message par Garrett » ven. 15 mars 2013 21:04

Bonjour tous,
J'aimerais réagir à ce topic intéressant lancé par Pierre, mais... pour ma part, les choses me paraissent très très floues, pour le moins. Je ne vais pas parler de mon vécu, parce que je ne sais pas s'il serait pertinent par rapport à la question du BO (même si, d'après le test d'auto-évaluation que Pierre a "linké", je suis en plein dedans).

Mais je vais plutôt commencer en faisant le chieur: c'est quoi le burn-out ? :smile:

Pour faire court: y a-t-il un toubib/psy/autre dans la salle qui puisse dire clairement quelles sont les différences (ou pas) entre BO/dépression/et la drôle de chose qui s'apparente à la dépression, mais n'en est pas une (d'après JSF) ? Parce que je suis un peu perdu (et sans doute pas le seul).

En effet (là, je suis ptet moins court), on peut être tenté de mettre en relation (au moins) deux des critères dont tu parles avec le bouquin de JSF (TIPEH):
  • épuisement émotionnel vs le paragraphe la douleur de vivre:
    (p 309) "Mais la difficulté de vivre est insurmontable. (...) Non pas parce qu'elle n'en ressent pas le courage, comme cela arrive dans les états dépressifs et que la médecine appelle apathie ou aboulie. Mais à cause de l'énergie qu'il faudra mobiliser pour: 1. se protéger 2. trouver de l'intérêt aux choses 3. ne pas tout trouver inutile 4. donner du sens à son existence 5. arriver à donner le change aux autres, qui devient une épreuve insupportable et intensément douloureuse"
  • la sensation de faible accomplissement personnel:
    il me semble que cette sensation est traité de long en large dans le bouquin. On peut être tenté de la rattacher à:
    • l'insatisfaction chronique (p.185),
    • le sentiment d'incomplétude (p.184: "(...) rien n'est jamais acquis. Le sentiment de manque, d'inaccomplissement, est permanent. Il atténue la joie d'avoir réussi la moindre chose, d'avoir remporté la plus petite victoire")
    • L'autocritique: le regard sur soi (p.222: "Quel que soit le domaine. Il a du mal à s'aimer et à s'apprécier. Fragilité de l'image de soi, encore, manque de confiance en soi permanent, peur de décevoir lancinante.. Peu de répit pour cet adulte inquiet en quête de reconnaissance et de valorisation.(...)" )
    • etc.
Donc, en lisant ces passages du bouquin, on a envie de répondre à ta question "douance et burn-out" en disant que les "doués" sont clairement prédisposés au BO...??? Mais c'est sûrement un raccourci grossier...!? D'où: retour à la question soulignée ci-dessus...

PS: j'ai pas d'actions chez JSF, et je ne considère pas son ouvrage comme la bible non plus. C'est juste que c'est le seul bon bouquin sur la douance que j'aie sous la main.

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Re: Le burn-out

Message par amalia » ven. 15 mars 2013 21:09

ExplosiOn a écrit :
Moi, j'aurais tendance à penser (mais c'est un avis personnel) que le "carcan" dont je parle nous étouffe et nous fait rentrer dans une routine (on bosse, on bosse, on bosse... alors qu'on en peut plus - au lieu de sortir, de s'aérer l'esprit), routine inadaptée, qui provoque (mais ce n'est pas le seul initiateur) le burn-out.
en réalité, c'est l'un des facteurs intrisèques de risque : la pression, les exigences qu'on se met soi-même, les intentions supposées des autres "si je ne fais pas ça, ils vont penser que je suis faible..." tout un tas de petites pensées parasites qui viennent s'ajouter à des difficultés réelles (ex : des demandes de rendement exhorbitant de l'entreprise) : le carcan dont tu parles et qui peuvent générer un stress chronique conduisant à terme au BO ;

l'exemple qui me vient en tete est une patiente infertile (donc en grande souffrance) qui devait recevoir les enfants de sa soeur : "je dois les recevoir, ils adorent venir, et je vais tout préparer pour que ce soit une fête pour eux, ils ne doivent pas pâtir de ma situation" ; cette patiente, fragilisée en ce moment, va s'imposer cette épreuve alors qu'elle n'est pas en situation psychologique de le faire.

les personnes les + à risque de burn-out sont elles qui auront plus tendance à croire qu'on attend qqchose d'elles, qui ne s'autorisent pas à dire "non, je ne veux pas" ou "non je ne peux pas"

cela me fait penser à un autre patient, en burn-out domestique, à qui je demandais "qu'est ce que vous voudriez faire pour vous faire plaisir?" et qui s'est rendu compte qu'il ne savait pas répondre, car depuis sa jeunesse, on ne lui avait pas appris à formuler des souhaits/désirs ; il ne se demandait jamais si ça ou ça lui convenait, se trouvait régulièrement épuisé et frustré, donc en colère.

donc, pour éviter le burn-out :
*apprendre à s'écouter, écouter ses besoins, sa fatigue
*ses émotions sont des messagers extraordinaires : apprenez à les écouter
*apprendre à dire non, à dire je veux, je ne veux pas : parce que vous le valez bien :P
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Re: Le burn-out

Message par Pier Kirool » ven. 15 mars 2013 21:16

Garrett a écrit : y a-t-il un toubib/psy/autre dans la salle qui puisse dire clairement quelles sont les différences (ou pas) entre BO/dépression/et la drôle de chose qui s'apparente à la dépression, mais n'en est pas une (d'après JSF) ?
Non, certainement pas. A partir du moment ou les critères diagnostiques sont imprécis, ceux du diagnostic différentiel le sont aussi.
Garrett a écrit : on a envie de répondre à ta question "douance et burn-out" en disant que les "doués" sont clairement prédisposés au BO...???
Je ne sais pas, mais d'une part, les 3 critères du Figaro ne suffisent certainement pas à faire le diagnostic (cf lien), et d'autre part, toutes les personnes diagnostiquées HP n'ont pas toutes les caractéristiques dont parle JSF. Raison pour laquelle, avant de se dire HP et/ou BO, il faut un peu de prudence, me semble-t-il.
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Re: Le burn-out

Message par sanders » ven. 15 mars 2013 21:46

andrex65 a écrit : Parallèlement, j'ai lu et relu toute la littérature scientifique que j'avais accumulée (je conseille les publications du Docteur Philippe Corten).
powepoint du dr Philippe Corten (je le mets aussi en fichiers joints)

un cahier co écrit par différents professionnels que je trouve très complet (je n'ai pas fini de le lire, je le mets aussi en pièce jointe).
Burn-Out.ppt
burn out.pdf
sanders a écrit :
andrex65 a écrit : Après deux entretiens avec un psychiatre, j'y ai passé une batterie de test. Nombreux et divers questionnaires psychologiques bien sur, examens physiologiques aussi. EEG, prise de sang, l'état de burn-out est caractérisé par des marqueurs spécifiques (important car ils le distinguent de la dépression), stress musculaire, quelques autres encore.
Je ne connaissais pas cette possibilité de pouvoir distinguer dépression et burn out, tu as d'autres précisions : quels marqueurs? Y a t'il des signes observables qui permettent de distinguer les deux? ... Il me semble que ce que tu décris des symptômes quelques temps avant le burn out ressemble à la dépression. Je pensais que le burn out était une forme de dépression en fait.
et en réponse andrex65 a écrit : le principal marqueur qui diffère est le cortisol. Dans un cas, il est nettement trop faible, et très présent dans l'autre. Il existe des différence sur d'autres marqueurs. Sur ce point, je t'invite à consulter la littérature que j'ai citée dans mon post. Elle est facilement accessible sur le web en tapant "Philippe Corten" dans ton moteur de recherche. Ce docteur est une référence sur cette matière et ces écrits des sources de qualité.
De même, le stress musculaire (on stresse un muscle, et on observe les réactions cérébrales lors du relâchement) donne des résultats opposés.

Cette pathologie est parfois vulgarisée par les médias, et alors assimilée à un gros surmenage ou à la dépression. Même si certains symptômes peuvent, par moment, apparaître identiques, les causes et les conséquences du burn-out sont différentes de celles de la dépression. Son traitement aussi.
Malgré des similitudes apparentes, on ne trouve pas chez le patient atteint d'un burn-out certaines caractéristiques présentes chez un dépressif. Pas d'humeur triste, d'idées noires-, tout n'est pas moche, sans espoir,- de sentiment de dévalorisation, etc... La diminution de l'intérêt ne concerne que le récréatif, car au niveau professionnel, l'implication est plus forte que jamais.
Enfin, le burn-out s'installe lentement, en général sur plusieurs années pour se résoudre dans une grande brutalité, alors qu'une dépression peut apparaître en quelques mois, Son évolution est, je pense, très différentes aussi.
Il affecte principalement les émotions, et sur ce point, je te renvoie une fois encore aux publications du Docteur Corten. Elles sont plus complètes et précises que je ne pourrais l'être.
Soit on s'en sort et on invente nous-mêmes un destin, soit on continue dans la spirale du déclin.Thanh Nghiem

Je n'aurais jamais cru que ça se débloquerait tout d'un coup comme ça ! - Avr 2017, Napirisha (avec son autorisation)

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Re: Le burn-out

Message par Pier Kirool » sam. 16 mars 2013 09:36

ExplosiOn a écrit : (merci pour ce "comment dire" très sournois et critique) (...) Le "j'hésite à aller un peu plus loin" me paraît vraiment très condescendant (...) J'aurais pensé qu'on pouvait se respecter un peu plus que ça ici!
Non, ça voulait juste dire que je ne savais pas trop comment te dire les choses, vu la forme "explosive" de ton post. La suite prouve que j'avais raison de prendre des gants (oui... là, j'ai pris des gants, et tu le sais très bien). Pas de procès d'intention s'il te plaît.
ExplosiOn a écrit : si tu attends quelque chose de froid,distancié, avec des chiffres, etc... okay, je ne suis peut-être pas au bon endroit. Mais quel intérêt alors de ce forum? J'ai tendance à penser que ça permet d'échanger, de voir un peu "ailleurs", de sortir des limites...
Je ne fais qu'essayer de mettre en exergue les règles du forum quand je pense que c'est nécessaire.
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Re: Le burn-out

Message par Mlle Rose » sam. 16 mars 2013 11:56

 ! Message de : Mlle Rose
Explosion,
PKR a simplement tenté il me semble de recadrer un topic qui à peine démarré commence déjà à partir dans des dérives que nous ne souhaitons pas voir ici. C'est son taf, c'est aussi lui qui a lancé le topic et il sait donc exactement quels objectifs il met derrière.
Il me semble qu'il est assez clair que ce topic se veut un lieu de réflexion et d'analyse du sujet et non une accumulation de récits de cas personnels qui ressemblent de plus ou moins près à la description du burn out.

Bien entendu, on peut étayer ses réflexions de son expérience (si celle-ci ne prend pas toute la place), mais dans ton cas, qui parle de burn-out à part toi-même? Quelqu'un l'a-t-il diagnostiqué ? Du coup est-ce bien pertinent ici exprimé de cette manière ? Tu fais des liens qui reposent sur des bases plus qu'incertaines, dans un très long post centré sur toi qui est quasi hors sujet dans sa totalité du coup, et cela altère la lisibilité globale de l'info qui se trouve noyée.

Bref, merci tous d'essayer de vous décentrer un peu.
Nous allons réfléchir du côté de la modération pour faire un peu de nettoyage et clarifier ce fil
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: Le burn-out

Message par Papagena » ven. 22 mars 2013 01:08

Le numéro de philosophie magazine d’avril, dans son dossier s’intitulant « Votre travail a-t-il encore un sens ? », consacre plusieurs pages au burn-out.http://www.philomag.com/les-idees/atten ... brule-7126

(L'accès étant réservé aux abonnés, je vous retranscris quelques passages.)


Pascal Chabot, philosophe belge, vient de signer Global Burn-out, PUF
« Les victimes de burn-out ne sont ni des paresseux ni des inadaptés. Ce sont les bons élèves, ceux qui s’investissent les plus, les idéalistes. (…)
Le bun-out actuel peut être interprété comme une maladie de l’adaptation. Notre société demande en permanence à ses membres de s’adapter. Et, certes, l’être humain possède une grande capacité plastique. Mais le problème est qu’on lui demande de s’adapter pour s’adapter. La finalité peut alors s’estomper et ne pas s’inscrire dans une perspective plus large, où la personne pourrait se réaliser. D’où l’impression de perte de sens.
La victime de burn-out est prise en étau entre des contraintes professionnelles de plus en plus grandes, et des exigences morales qui vont dans un sens contraire. Il y a un sentiment de double bind, d’injonction contradictoire. Cela tient au fait que notre société ne privilégie que le progrès utile et non subtil.
Le progrès utile est quantifiable, il connait une progression multilinéaire, permanente.
Le progrès subtil, beaucoup plus fragile, renvoie à tous ces domaines de la vie humaine qui ne sont pas mesurables : l’éducation, le soin, la création. Ils reposent sur une matière par définition défaillante : l’être humain. Pourtant, ils sont essentiels. C’est pourquoi les premières professions touchées par le burn-out ont été ont été celles des soignants, des enseignants, des éducateurs, tous ceux qui font métier d’aider l’autre.
Le déséquilibre entre progrès utile et subtil doit être pensé. Il faut rééquilibrer les deux progrès, définir un nouveau pacte face à l’évolution de la société machinique, comme il y en a eu un au XVIIIe siècle pour faire face à la brutalité de l’état de nature. »

S’ensuivent des témoignages, notamment d’un professeur et auteur à la retraite, d'une ancienne interne, et d'une maman au foyer maintenant chef d’entreprise. (Puis tout le reste du dossier sur le travail, bien sûr.)

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Re: Le burn-out

Message par Pier Kirool » ven. 5 avr. 2013 07:14

Un papier de Libération du jour.
Le burn-out n'est plus réservé aux soignants qui ont été la première population victime. "Beaucoup de gens travaillent pour être aimés et se trompent de cible".
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Re: Le burn-out

Message par le nange » ven. 5 avr. 2013 23:13

Je confirme que la dépression et l'épuisement professionnel (burn-out) sont souvent confondus.

La fiche complète de l'épuisement professionnel vous présentera en détails la maladie.
Le burnout (ou épuisement professionnel) est nécessairement lié au travail. Dans la dépression, le travail n’est pas la cause première, mais peut être un facteur aggravant.
Mais les deux maladies peuvent être liées, dans mon cas l'épuisement professionnel a débouché sur une dépression. Je vous renvoie aux sites d'intérêt et aux références contenus dans la fiche précédemment citée.
Hors-sujet
(je ne suis pas venue depuis un bout je sais, paresse intellectuelle :1cache: )
Je m'empresse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. (Beaumarchais)

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Re: Le burn-out

Message par Zyghna » sam. 6 avr. 2013 08:55

Le burn-out est une forme de dépression, mais qui tombe d'un seul coup, quand la dernière résistance cède. Je trouve que l'article de philomag décrit très bien le phénomène, notamment dans le décalage entre l'idéal et la réalité, dans ce problème d'adaptation constante.
"Il est inutile d'être parfait, il faut seulement s'engager et mettre ses actions en cohérence avec ses valeurs" Brené Brown

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Re: Le burn-out

Message par adparadis » mer. 12 juin 2013 15:02

Je vais me permettre d'enrichir humblement ce post avec mon expérience personnelle.

Dans mon cas, le burn out que j'ai vécu n'a pas débouché sur une dépression.

Le contexte :
Automne 2010, je commence un travail de design électronique dans une petite entreprise d'ingénierie et de fabrication de 25 employé. Le patron a le profil du TDAH, ce qui est complètement opposé de mon obsession de conceptualiser le travail à coup de processus et de procédures. Fidèle à moi même, je me mets lentement à me mêler de tout dans cette quête d'optimiser l'entreprise. Ce qui a fait la différence cette fois-ci est que j'y ai mis une implication plus que personnelle. Je me savais capable de "sauver" cette entreprise en perdition à cause de ce chaotique patron et je voulais le prouver. On m'a ouvert une porte que j'avais moi même construite.

Après tant de coups d'épée dans l'eau, je me suis retrouvé du jour au lendemain tel un zombie devant mon écran d'ordi, étant incapable de faire la moindre tâche. J'étais littéralement au bout du rouleau. Je suis arrivé chez le médecin qui a bien vu que je m'étais déjà auto-diagnostiqué.

Quatre rencontres avec une psychologue m'ont fait comprendre que j'ai tout simplement fait fit de ce que je vivais intérieurement, que je disais "oui patron" quand j'avais envie de lui dire que ses décisions étaient la source même des problèmes qu'il tentaient de régler. Surtout, que j'ai voulu prendre le sort de l'entreprise sur mon dos, à tord évidemment.

Ça s'est soldé par une réduction de personnels, due aux déboires financiers, dont j'ai appris que j'en faisais parti la journée où je faisais part que j'étais prêt à retourner au boulot. Je n'en étais pas forcément déçu.

Aujourd'hui, mon nouvel emploi, quoi que tout à fait correct en soit, me fait vivre une démotivation qui, je le sens, me pousse vers une certaine déprime et surtout, me met dans un état léthargique où je suis zéro productif. C'est d'ailleurs ce qui m'a poussé à faire des recherches sur Internet pour aboutir sur ce site.

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Re: Le burn-out

Message par Mlle Rose » mer. 2 oct. 2013 16:03

Un lien refilé par une amie :
http://scitechconnect.elsevier.com/burn ... gn=Burnout
Psychology
Burnout
By: Juni Daalmans, Posted on: September 30, 2013 Comments: 0
The most dedicated workers are particularly prone to this and it can appear to be depression. But what actually is a burnout, how does it develop and what can we do about it? Those are the subjects of this blog.

We have a whole lexicon to describe what happens when somebody collapses at work, like strained, overworked, exhausted, extinguished, depressed or suffering from burnout. Behind these words, there lies a dichotomy of symptoms. On the one hand we can see symptoms of a depressive nature and on the other side a burnout. Although they appear to be alike, they differ both in cause and in treatment.

Breakdown due to depression is the result of alienation between what you do and what you would like to do. Work no longer brings you satisfaction and energy. You tire easily and over time you even lack the motivation to change your life. The reward center in the brain is hardly ever activated anymore. You want to do something about it, but you can’t get it done. Then your world collapses and the only thing you want is to have a long sleep.

In case of burnout, work has been nourishing. You bare responsibility and don’t want to disappoint anyone. It’s all just too much and there seems to be no end to it. You work longer and wake up earlier. Once awake, you get up because you might just as well finish that report. One day you meet the man with the hammer. You can’t find the keys of your car and you even don’t know what day it is. You feel totally shattered and you do not understand what’s going on.

The previous blog was about varying the state of readiness in response to the challenges from the environment. In the period prior to a burnout you experience a permanent high state of readiness. The stress system is running at full speed. Adrenaline is high and extra cortisol is added during peaks. Under normal circumstances cortisol breaks down within a few hours, but in that period, cortisol keeps on being produced.

Within the brain the hippocampus in particular is sensitive to cortisol. This area monitors all the risk signals and plays the role of gatekeeper in increasing states of readiness. In addition, the hippocampus also sends information back to the system that produces cortisol. It is part of the feedback mechanism.



Unfortunately, the hippocampus cannot tolerate high levels of cortisol. The receptors become over-stimulated and infected. This leads to an inflammatory response, leading to the death of local brain cells. The hippocampus starts to malfunction and too many stress inducing signals slip through beyond the control of the hippocampus, leading to a further increase in the state of readiness. Besides that less and less inhibitory information is sent to the cortisol producer. This creates a vicious circle in which more and more cortisol is released. Ultimately this leads to so much cell death that holes appear in our brain. These are visible on a MRI scan.

A burnout is thus the result of brain damage. This explains why a few weeks of rest have no improving effect. Although the cortisol level reduces due to the complete absence of pressure, the hippocampus does not recover solely from resting. Fortunately, in this area of the brain there are stem cells that can foster the growth of new brain cells. The hippocampus can therefore be rehabilitated, but only at a slow pace. This recovery process can take years and there is no guarantee that it ever completely succeeds. A burnout can lead to lifelong health problems.

A slow recovery is one of the major differences between burnout and breakdown due to depression. In the latter case it is good to take a break, but within a few weeks you need to start working again. Learning to discover what suits you best is like finding the pot of gold. You have to dig; otherwise you will never find anything. In case of burnout, in the first few months you cannot even thínk about work. Recovery begins with a period of relaxation and then you must re-learn how to recognize and handle stress signals. Once you can master them, the sacred fire is allowed to reignite, but only in moderation.

Juni is author of ”Human Behavior in Hazardous Situations” and works for the Daalmans Organizational Development Office. He regularly posts to his blog Brain Based Safety and can be found on twitter @BrainBasedSafet.

>>> en gros le burn out ça se voit même dans ton cerveau : en phase pré burn-out trop de cortisol sécrété (+adré) déglingue l'hippocampe qui fait de la merde et déclenche une réaction inflammatoire qui bute les neurones environnants (+ augmente la production de cortisol -cercle vicelard, toussa) >>>> "trous" induits visibles à l'IRM >>> burn-out constitué (causé par lésions cérébrales réelles).

Comme je suis un peu nulle en anglais, il se peut que je n'aie pas tout pigé bien comme il faut, mais ça rejoint ce qui a été dit plus haut ; j'encourage donc nos meilleurs anglicistes à nous en faire une vraie traduction :lire2:
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: Le burn-out

Message par Aïnoa » mar. 8 oct. 2013 23:43

Juste pour info (je ne sais pas ce que ça vaut), une soirée spéciale sur le burn-out sur France 2 demain soir...
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Re: Le burn-out

Message par K'tset » ven. 11 oct. 2013 12:51

Pour moi qui ai eu "la chance" d'expérimenter le burnout par deux fois (je suis d'ailleurs toujours en arrêt suite au 2e), j'ai trouvé la soirée de France 2 très bien. Le film était très touchant, très bien interprété. Tout le mécanisme qui mène au burnout était bien abordé. Au passage on dénonçait la facilité qu'ont certains psys en hôpital psy à mettre les patients sous camisole chimique (ça aussi je connais, la psy me répète en boucle qu'il faut que j'arrête de penser). Le débat était superbe, tout en pudeur, bourré d'informations. Et tellement effrayant de voir que la France est si touchée par le phénomène. Bref une très bonne soirée, que l'on peut voir en replay.
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Re: Le burn-out

Message par sanders » sam. 12 oct. 2013 12:33

mercredi 9 oct Aïnoa a écrit :Juste pour info (je ne sais pas ce que ça vaut), une soirée spéciale sur le burn-out sur France 2 demain soir...
Alors ... j'ai regardé cette émission mais n'ai pas le film qui la précédait, quelqu'un peut en parler?
(je pense que c'est encore visible en replay France 2 jusqu'au 15 octobre. Si jamais cette émission est partagée sur un site web d’hébergement je mettrais le lien).



J'y ai vu du partage d'expérience, des récits de vie et quelques signes cliniques rapportés et propositions de prévention.

J'ai pu saisir encore une fois toute la complexité de ce problème au-delà des souffrances (parfois fatales) que le burn-out génère.

Il n'y a pas selon moi un coupable : le travail / son contexte et une victime : la personne en burn-out mais bel et bien une intrication de plusieurs facteurs.

Cela m'a fait réfléchir à l'équation : caractère + besoin de reconnaissance + degré d'implication + niveau de motivation + vie personnelle + travail + vie sociale + facilité et rapidité de la communication + fluctuation des périodes de crise économique + culture = un équilibre fragile et toujours à construire et qui peut aussi se casser la binette parfois.

Je me suis également dit que face à un certain degré de souffrance, il y a la solitude, le " tu ne peux pas comprendre " si pénible à vivre pour les proches est à mon avis bien réel. Il est impossible de comprendre parfois. Cela n’empêche pas, il me semble, de continuer de soutenir et d'être présent ... même si on ne comprend pas.

Je voulais aussi remettre le lien d'un excellent film que Cyrano avait conseillé : de bon matin qui permet de saisir cette idée de complexité dont Cyrano parle très bien dans son post.
Soit on s'en sort et on invente nous-mêmes un destin, soit on continue dans la spirale du déclin.Thanh Nghiem

Je n'aurais jamais cru que ça se débloquerait tout d'un coup comme ça ! - Avr 2017, Napirisha (avec son autorisation)

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