l'EMDR

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
Eric

Re: l'EMDR

Message par Eric » jeu. 27 déc. 2012 21:28

shinoune a écrit :
La Leibthérapie a effectivement été conçue par Karlfried Graf Dürkheim qui, grand connaisseur du bouddhisme Zen a cherché a créer un pont entre les psychothérapies occidentales et l'approche méditative des spirtualités orientales. C'est un travail intérieur de développement de l'Etre qui s'appuie sur la conscience du corps, tendant à la libération de l'homme de ses pulsions et représentations qui lui occultent la vérité profonde de son Essence.
C'est une approche de guérison spirituelle s'appuyant sur une discipline de posture et de conscience.
Si vous désirez en savoir plus, lisez directemen les écrits de Durckeim ou adressez-vous au Centre Dürckeim à Mirmande (site en ligne ... je vous le cherche aussi)

Rien à voir avec une guérison des traumatismes et des souffrances qui en découlent. Il s'agit plus d'une recherche de transcendance que d'une thérapie.
"Quand un soignant expérimenté et sensible rencontre une blessure psychique, il peut accompagner la blessure de l'âme éphémère sans jamais perdre le contact avec la dimension de l'âme éternelle." toucher l'âme par le corps - p141

on peut écrire des choses tout en nuance afin d'éviter de nommer un chat un chat, mais pourquoi ne faudrait-il pas dépoiler le félin et le nommer par sa famille comme il se doit ?! L'entente à un mieux-aller par le biais d'un accord soignant -soigné implique une thérapie (au sens éthymologique du terme) et tout ce qui va avec (transfert, contre-transfert, résistance, pulsion (tien !), etc.); elle me parait sous-entendu ici, qu'on nomme cette entente soignant-soigné par le mot ##rencontre avec soi dans la pénombre et sur un divan##, ##assistance divine avec saint GlingGlin qui vous veut que du bien### ou encore ##beuverie au pilier du comptoirs tous les vendredi soir avec jean guy à la clarinette## ! La thérapie du lever de coude en guise de décompresseur... mais je m'égare... donc...

Comme je l'ai précisé, j'adhère plutôt à cette méthode, mais l'emploi d'un mot pour un autre ne remplace en rien l'idée "basique" d'une psychothérapeutique (qu'on préfère appeler transcendantale et tout le tint-soin pour ne froisser personne, et surtout pas les diplômes universitaires qui je le rappelle, rame au moins 5 ans pour avoir leur diplôme, alors qu'il faut en moyenne 6 mois pour obtenir celui en PNL et pas beaucoup plus pour l'EMDR - les méthodes différent mais le consommateur n'est pas forcément au courant des condition d'obtention du diplôme) ; quelque part, il faut considérer la pratique dans son aspect mercantile pour comprendre que de toute manière toutes ces thérapies sont généralement "inventés" pour se démarqué de leur concurrence... Ce n'est pas pour rien que des lois sont votées pour en réduire le nombre avec de petits arrangements entre amis (autre débat dirons nous) ! s'il manque vraiment beaucoup de transparence sur ces méthodes, le demandeur de soin est réellement en fin de process avec son porte monnaie... Et quelque soit la méthode, même la meilleur, ce n'est pas pour autant qu'elle sera adapté pour monsieur Jean Guy (un autre qui joue du tambour). Enfin, je pense qu'un débat doit vérifier tous les arguments et étudier aussi ceux qui dérangent. Dire que telle chose est bonne sans aller chercher d'autres avis, c'être juge et parti il me semble. Je trouve que ça manque ici au débat sur l'EMDR, c'est la raison de mon intervention mais je n'avais aucune intention de froisser quelqu'un. juste de proposer de regarder à droite et à gauche et pas seulement au milieu.

Pour rester dans le sujet, je propose un autre lien sur l'EMDR, c'est un témoignage...

http://hafetz.canalblog.com/archives/20 ... 18532.html

:ensoleillé:

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shinoune
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Re: l'EMDR

Message par shinoune » jeu. 27 déc. 2012 22:27

@ Eric
Merci pour ta réaction.

Je pense juste qu'il ne faut pas tout mélanger et savoir de quoi on parle pour ne pas induire les autres en erreur.
Que l'on fasse preuve de discernement est essentiel et que l'on fasse appel à son esprit critique également. Mais dans ce cas, il me semble important et cohérent d'avoir également un esprit critique sur son scepticisme.

Sur le net, tu trouveras toujours des personnes qui érigent en système la remise en question de toutes nouvelles découvertes voire même d'anciennes :smile: . Là aussi, il s'agit de faire preuve de discernement.
Et la meilleure manière de faire la part des choses n'est-elle pas:
1) de savoir sur quoi on prend position, en allant chercher l'information à la source et en l'appréhendant dans toute sa complexité
2) en expérimentant personnellement ce que l'on évalue ainsi et en pouvant dès lors se positionner à titre individuel sans en faire une généralisation et sans amalgames approximatifs
3) en laissant à ce qu'on évalue une chance d'être pertinent.

Ce qui ne me parait pas être le cas dans ton propos ni dans ceux que tu cites. Je ne porte pas de jugement sur ton opinion mais j'exprime la mienne, non pas pour te convaincre mais pour information vis-à-vis de ceux qui n'ont pas de connaissances sur ce sujet.
Maintenant, à chacun d'élaborer son propre avis.

Ceci n'est pas dirigé contre toi, je ne te connais pas, mais contre ce que tu exprimes ici que je trouve confus et que, en conscience, je ne peux ratifier.
A part ça je ne désire pas entrer dans une polémique.


Je suis suivie en EMDR et mon expérience est totalement positive, voir ce que j'en dis dans ma présentation

presentations/dame-petite-fille-etoile-t2778-50.html



Shine :chat:
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Re: l'EMDR

Message par shunbabyx » jeu. 27 déc. 2012 22:31

Eric a écrit : qu'on nomme cette entente soignant-soigné par le mot ##rencontre avec soi dans la pénombre et sur un divan##, ##assistance divine avec saint GlingGlin qui vous veut que du bien### ou encore ##beuverie au pilier du comptoirs tous les vendredi soir avec jean guy à la clarinette## ! La thérapie du lever de coude en guise de décompresseur... mais je m'égare... donc...

Heu oui je crois que tu t'égares effectivement, cela n'a proprement rien à voir avec le sujet, ça serait sympa de faire un effort et de ne pas faire d'amalgames déplacés.
Eric a écrit :Comme je l'ai précisé, j'adhère plutôt à cette méthode, mais l'emploi d'un mot pour un autre ne remplace en rien l'idée "basique" d'une psychothérapeutique (qu'on préfère appeler transcendantale et tout le tint-soin pour ne froisser personne, et surtout pas les diplômes universitaires qui je le rappelle, rame au moins 5 ans pour avoir leur diplôme, alors qu'il faut en moyenne 6 mois pour obtenir celui en PNL et pas beaucoup plus pour l'EMDR -

Je voudrais pas paraître impolie, mais la PNL et l'EMDR ça n'a strictement rien à voir ...

Eric a écrit :les méthodes différent mais le consommateur n'est pas forcément au courant des condition d'obtention du diplôme) ;

A titre personnel, je préfère parler de patient plutôt que de consommateur. Quand on va en thérapie, ce n'est pas de la consommation pure, le patient a un rôle actif à jouer, je trouve que ce terme de consommateur est très réducteur, mais bon peut-être que je pinaille sur les mots.
Eric a écrit :il faut considérer la pratique dans son aspect mercantile pour comprendre que de toute manière toutes ces thérapies sont généralement "inventés" pour se démarqué de leur concurrence...

La dessus je ne suis pas d'accord. Il y a des gens sérieux, et qui pratiquent leur métier de manière désinterressée, dans le sens ou leurs motivations ne sont pas uniquement pécunières. Heureusement d'ailleurs.

Après des dérives existent, je ne le nie pas, mais ce n'est pas le cas de tous les praticiens, et beaucoup sont sérieux. Après que la méthode marche ou pas, il y a une part de variable en fonction des praticiens et des individus. Ce n'est pas une science exacte, c'est une science humaine.
Eric a écrit :Et quelque soit la méthode, même la meilleur, ce n'est pas pour autant qu'elle sera adapté pour monsieur Jean Guy (un autre qui joue du tambour).

Personne n'a jamais dit qu'il n'y avait qu'une seule méthode valable. Ce fil est consacré à l'EMDR, donc en toute logique on y parle d'EMDR, mais nul part nous n'avons dit que nous n'étions pas ouverts aux autres méthodes ! Certains d'entre nous ont expérimenté l'EMDR et relatent leur vécu, et il se trouve que pour certains ça a été positif. Je ne vois pas en quoi c'est renier ce qui dérange.
Ici il n'y a pas de débat, ni d'argument, seulement des points de vue subjectifs de personnes qui ont tenté une expérience et en tirent leurs propres conclusions. Nous ne vendons pas de miracle, et aucun d'entre nous n'a d'action EMDR lol.

Eric a écrit :Enfin, je pense qu'un débat doit vérifier tous les arguments et étudier aussi ceux qui dérangent. Dire que telle chose est bonne sans aller chercher d'autres avis, c'être juge et parti il me semble. Je trouve que ça manque ici au débat sur l'EMDR, c'est la raison de mon intervention mais je n'avais aucune intention de froisser quelqu'un. juste de proposer de regarder à droite et à gauche et pas seulement au milieu.

Personne ne se pose en juge, ni en partie, pour la bonne et simple raison, que ce n'est pas le lieu d'un jugement d'une pratique. Simplement un lieu où l'on essaye de partager des expériences, des questionnements communs. C'est tout. Par ailleurs si tu prends le fil depuis le début, tu verras que quasiment tous ceux qui parlent de leurs expériences font également des mises en garde sur les risques thérapeutiques, et sur le fait que ce n'est pas une thérapie magique, mais que comme toutes les formes de thérapie elle comporte aussi des limites.
Notre but dans ce fil, n'est pas de collecter un maximum d'infos glanées sur la toile, ça tout le monde peut le faire dans son coin et c'est sans intérêt (ou du moins modéré). Nous cherchons un échange qui puisse permettre une plus-value, pas des témoignages racoleurs (que ce soit dans un sens ou dans l'autre).
Dans cette optique, la participation de shinoune est précieuse, car c'est une praticienne, et nous n'avons que peu l'occasion d'avoir des témoignages vus du côté professionnel. Justement elle dispose des compétences nécessaires pour éviter des amalgames foireux, ou des confusions et pour nous signaler d'éventuelles dérives.

Les interventions sur le sujet sont les bienvenues, mais à condition qu'elles restent constructives. Ce qui ne veut pas dire consensuelles, tu notera bien la différence.
Pas de problème pour recevoir une critique de l'EMDR, ce fil est fait pour ça, mais effectivement avec des arguments qui se tiennent, donc des raisonnements, et des explications. Pas juste quelques éléments éparses jetés à la volée, sans effort pour les inscrire dans une logique.

Pour ce qui est de l'expérimentation ou des témoignages, pour que le topique reste clair et qu'on puisse accorder une valeur aux sources, ça serait bien de relater uniquement son expérience à soi, et pas celle de toute la toile, afin que les témoignages puissent conserver leur crédibilité.
Après, évidemment les questions peuvent être posées, mêmes celles qui dérangent, y a pas de problème la dessus.

C'est Coccinelle qui est à l'origine de la création de ce topique, et je lui laisserai donc le soin de corriger mon intervention, si je venais à outre passer les règles de la modération. Mais il me semble, à mon humble avis, que c'est dans cet esprit qu'a été crée ce fil.

Edit shinoune a posté avant moi ...

Eric

Re: l'EMDR

Message par Eric » jeu. 27 déc. 2012 23:17

en tout cas, je vois mieux dans quoi j'ai mis les pieds...

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Re: l'EMDR

Message par shinoune » jeu. 27 déc. 2012 23:35

Gigi a écrit :Dans la controverse autour de l'EMDR, on trouve le fait que les mouvements oculaires seraient une composante sans effet de cette technique. La composante efficace serait commune avec les autres formes de thérapies d'exposition, notamment l'exposition pratiquée en TCC. L'EMDR n'a pas démontré d'efficacité supérieure aux TCC basées sur l'exposition, qui restent le traitement de référence de l'état de stress post-traumatique.

D'autres arguments avancés en défaveur de l'EMDR tournent autour de sa commercialisation agressive et de son côté pseudoscientifique. Voir notamment Herbert, J. D., Lilienfeld, S. O., Lohr, J. M., Montgomery, R. W., O’Donohue, W. T., Rosen, G. M., & Tolin, D. F. (2000). Science and pseudoscience in the development of eye movement desensitization and reprocessing: implications for clinical psychology. Clinical psychology review, 20(8), 945-971.
Sans doute que la polémique autour de l'EMDR va encore continuer jusqu'à ce que son action soit neurologiquement expliquée, ce qui n'est pas encore le cas.
C'est Nadine Shapiro qui alors qu'elle travaillait sur sa thèse en thérapie brève, à Palo Alto en Californie (le siège des recherches sur les thérapies brèves et systémiques) a découvert, par hasard et expérimentation personnelle, qu'en bougeant les yeux de droite à gauche, dans un mouvement de va et vient, une inquiètude qui la tracassait s'était apaisée. Elle a été interpelée par ce phénomène et a réuni une équipe de recherche autour de ce processus qui s'est révélé, après de longs et nombreux protocoles de recherche, être effectivement source d'apaisement.
Depuis, il est apparu que ce n'est pas seulement le mouvement alternatif des yeux qui a cet effet mais toute stimulation alternative et symétrique du corps, à des rythmes variables selon l'intensité de l'émotion travaillée.
A ce jour, ce qui se passe à ce moment-là au niveau neurologique a été compris (par observation en IRM), manque le dernier "chaînon", le "comment" ces mouvements alternatifs ont une incidence sur ce processus (j'expliqe comme je peux, je ne suis pas neuro-spécialiste)

C'est en fait, comme beaucoup de découvertes scientifiques, une observation, une intuition d'un chercheur qui amène à une hypothèse, qui se révèle reproductible par expérimentation mais dont on n'explique le principe qu'après coup.
Après tout, les pommes tombaient, une fois mûres, bien avant que Newton ne s'en prenne une sur la tête et ne se pose la question du pourquoi, comment. Le fait de ne pas tout comprendre n'empêchait pas nos ancêtres de secouer l'arbre pour que les plus haut perchées aterrissent dans leurs paniers.
Ne mettons pas à mort Galilée une xème fois. :geek1:

Ce qui dérange principalement avec l'EMDR, c'est qu'un outil aussi efficace sonne le déclin de toutes les thérapies plus longues pour un certains nombre de patients et de pathologies traumatiques et qu'il y aura peut-être encore d'autres découvertes ... Et ça, c'est mal vu par tous les lobbies des psychothérapies traditionnelles.
En même temps, l'indication actuelle de l'EMDR n'est que le SPT (syndrome post traumatique) donc les autres psy ont encore une bonne marge de manoeuvre.

Et comme dit Gigi, l'introduction (en France, le problème n'est pas le même dans le reste du monde) de la technique s'est faite de façon très médiatisée, vu la personnalité de David Servan-Schreiber et par le côté "miraculeux" de la méthode répandu par les média.

Voilà pour la petite histoire de "l'invention" de l'EMDR. :-)
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Re: l'EMDR

Message par Zyghna » jeu. 27 déc. 2012 23:44

Eric a écrit :en tout cas, je vois mieux dans quoi j'ai mis les pieds...
Il ne s'agit pas ici de mettre les pieds dans quelque chose. Ce topic a été créé afin de faire découvrir une technique.
Comme toute technique, il ne s'agit que d'un outil. Tout dépend qui s'en sert, comment et pourquoi. Peut-être est-ce un placebo, mais si le placebo fonctionne, c'est le principal non?
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Re: l'EMDR

Message par lebereli » ven. 28 déc. 2012 01:43

Merci pour ces informations Shinoune, je vais me pencher davantage sur ces autres thérapies.

L'avantage de cette thérapie est qu'elle peut agir sur tout type de traumatisme (du léger au complexe) et que le patient garde un contrôle relatif sur ce qu'il se passe. Il est acteur, actif lors de l'exercice et il peut arrêter lorsqu'il le souhaite (à l'inverse de l'hypnose, par exemple, au cours de laquelle le patient est dans un état de semi-conscience).

Je suis également suivie en EMDR (et TCC). C'est ma psy, qui pratique cette méthode, qui m'en a parlé. J'étais très septique au début mais aujourd'hui les effets sont là et c'est très positif. A l'heure d'aujourd'hui, on ne connait pas les mécanismes d'action neurophysiologique de cette méthode. Toutefois, durant les séances je sens comme une pression (je ne sais pas bien décrire cette sensation, l'image mentale qui me vient est comme une activation de molécules qui s'activent et s'entrechoquent) au niveau des lobes temporaux. On utilise le taping au niveau des genoux (avec les yeux, j'avais tendance à être vite dissiper et déconcentrer par des pensées totalement extérieures :/)

Ma psy me disait également que cette thérapie fonctionne particulièrement bien chez les personnes à haut potentiel ou avec une déficience intellectuelle légère et modérée.

Je suis suivie pour un traumatisme complexe issue de mon enfance, adolescence et jusqu'à il y a peu de temps.
Ce qui est vraiment super, c'est que je sens que les choses bouges et rapidement (au regard du temps qu'à besoin le psychisme pour fonctionner). C'est un gros avantage des thérapies "brèves".
Par ailleurs, si l'on travail sur un traumatisme léger, celui- ci à des répercussions sur les traumatismes plus complexes. C'est ce que je constate aussi lors de mes séances. Certains traumatismes vécues sont encore trop fort et mon esprit n'est pas prêt à les traiter. Cependant, le fait de travailler sur des épisodes plus légers (mais avec des schémas similaires au gros traumatisme que je n'identifie pas encore très bien) à des effets sur le gros traumatisme et le rend ainsi plus supportable (ce qui donne la sensation de dénouer des petits noeuds du gros sac de noeud).

Mes traumatismes sont pour la plus part bien refoulés et méconnus de ma conscience. Ce qui est formidable avec l'EMDR, c'est qu'il y a plein de souvenirs qui refont surfaces. De cette manière, le fait qu'ils deviennent conscients permet de travailler activement dessus pour les dépasser. Les souvenirs qui remontent sont à la fois des souvenirs négatifs, mais il y a aussi des souvenirs positifs.

Le fait de travailler sur des traumatismes réactive aussi des souvenirs douloureux et donne lieu à ces fameux effets secondaires (cauchemars, anxiétés, symptômes dépressifs,...) mais ce n'est que passager. Au début de mes séances, j'ai eu plusieurs de ces signes secondaires, c'étaient vraiment désagréables, mais ils s'estompaient jusqu'à la séance suivante où ils apparaissaient de nouveau. Aujourd'hui, je n'ai plus ces signes et les terreurs nocturnes disparaissent. Dans mes cauchemars, j'arrive enfin à mettre en places des ressources pour ne plus les subir et pour ensuite les dépasser (par exemple la présence d'amis ou de +chéri qui sont là en soutien).

Les émotions vécues peuvent vraiment être forte. Un jour où l'on a débloqué un gros noeud, j'ai pleuré, pleuré avec des sanglots qui venaient du fond du coeur, mais il s'agissait aussi des premières fois où je pleurais et où je sentais après un gros soulagement et un sentiment de libération.

J'ai eu besoin d'une pause aussi (de trois mois), j'avais besoin de pauser et de digérer les neufs mois de travail passé. Maintenant, je fais une séance tous les mois. A l'heure d'aujourd'hui, je suis vraiment contente de cette thérapie EMDR. Cela a été salvateur et libérateur. Je sais que j'ai encore du travail, mais les progrès réalisés m'encouragent à poursuivre.
"Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons."Jules Renard

Eric

Re: l'EMDR

Message par Eric » ven. 28 déc. 2012 04:35

Permettez moi quand même d'insister, parce que la façon qu'ont eu shunbabyx et shinoune (ouai je balance) de massacrer mes arguments avec autant de conviction que leur intelligence leur permettait, en ayant pour cet argument vs moi-même des propos limites insultants, je me dois quand même de préciser qu'il y avait surtout un intérêt à regarder dans mon texte le fond plutôt que la forme, même si mon humour et ma syntaxe les éloignait de leurs habitudes linguistiques uniformisée. Je trouve que vous avez surtout cherché à me faire taire sans me demander de préciser le fond de ma pensée. C'est mon ressenti !

Avant de commencer, vous remarquerez que j'ai aussi changé dans mon profil, le truc qui dit que j'ai en ma possession un papier disant que je suis aussi surdoué que vous l'êtes (ce qui est surement vrai). (en réalité) Vous ignorez si c'est vrai, (c'est ça la magie d'internet) et je crois que l'humain a cette tendance naturelle à croire que ce qui est visible aux yeux de tous, le place forcément quelque part par rapport aux autres (pour moi, c'est ni plus ni moins que la branlette d'égo si vous me permettez l'expression et vos réactions tend à encourager cet argument (en dehors du fait, bien sur, que ça ouvre des portes sur le forum aux (heureux ?) élus). De cette façon, nous sommes maintenant au même niveau, du moins, sans étiquette, puisqu'à ce qu'il parait les surdoués n'aiment pas les étiquettes...arff.

Dans le fond, donc, je souligne que l'EMDR est surement efficace, mais je pense qu'il y aurait plutôt un intérêt à parler de l'EMDR de MMe Bidule, ou de l'EMDR de M.Truc, parce que la qualité dans la pratique de l'EMDR va dépendre nécessairement de Mme Bidule ou M. Truc, c'est à dire à travers leur personnalité, leur expérience personnelle et professionnelle, et non à travers la technique seule. Je m'imagine pas une pratique s'exprimer sans un individu aux commandes, et vous ? Donc si vous voulez être cohérent dans votre approche explicite de l'EMDR, il ne faut pas seulement parler de l'EMDR comme d'une entité vivante, mais comme un contenu vide que saura utiliser avec brio ou non, Mme Bidule ou M. Truc. Bien sûr, implicitement, vous parlez des thérapeutes, mais en généralisant l'EMDR à travers sa technique, vous occultez le fait que Mme Bidule ET/OU M.truc font que les patients plébicitent l'EMDR.

A partir du moment où vous nommerez les choses par leur nom, en l'occurence, en critiquant (du grec κριτικός (qui discerne)) la pratique de Mme Bidule ou M.Truc, vous serez capable de comprendre vraiment pourquoi l'EMDR est une technique efficace. Tant que vous en resterez à contempler la technique comme des enfants dans un cirque, vos paroles seront vides de sens et sans intérêt pour le questionneur, qui attend, lui et moi, une réponse précise, bien sur, sur la technique, mais surtout sur la personne qui la pratique. Rester vague, c'est joli pour les yeux. Il y a en effet un phénomène bien plus complexe que le transfert qui unie le soignant et le soigné, ou si vous préférez, le pratiquant et son client/patient. étudiez donc le le témoignage dans le lien que j'ai indiqué...

Donc, à mon sens, il ne faut pas craindre de parler des thérapeutes du moment qu'ils en sont averti et capable de se défendre au besoin (comme cette thérapeute sur un autre post qui est intervenu ... suite à une (legère ?) diffammation sur sa pratique). En l'occurrence, parler des thérapeutes, chose dont on a encore moins l'habitude que de se parler sur un forum, peut aider ces thérapeutes à s'améliorer sur des points critiqués, à se poser des questions et enrichir les autres par toute cette expérience et le cas échéant, à compléter leur formation... Enfin, c'est ce que j'en dis, si vous regarder bien le fond sans massacrer la forme... :2deg

j'espère avoir été plus clair cette fois-ci... :mrgreen:

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Re: l'EMDR

Message par Mlle Rose » ven. 28 déc. 2012 09:20

 ! Message de : Mlle Rose
Ce qui est surtout clair, Eric, c'est que tu n'as absolument pas saisi qu'il n'y a ici aucune différence de crédit accordé aux gens qui ont ou n'ont pas passé de test.

Ce qui est clair aussi c'est que tu te fous carrément de la gueule du monde avec ce changement de profil. Tu me demandes une adresse avant-hier pour le passage d'un test, y'a quand même des limites....
Ici, les petits malins qui provoquent se voient généralement montrer la porte, quel que soit l'intérêt de ce qu'ils racontent, je te déconseille très vivement de poursuivre dans cette voie.
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: l'EMDR

Message par Coccinelle » ven. 28 déc. 2012 09:47

Eric, il me semble que ta susceptibilité t'a fait lire une attaque contre toi, ce n'est pourtant pas du tout ce que j'ai lu.
Shun et Shinoune, défendait simplement leur point de vue, comme toi le tien, ton intervention qui les a fait réagir avec conviction n'était pour le coup pas très bien argumenté, même si j'ai bien compris où tu voulais en venir.

Ce topic que j'ai créé a pour vocation de parler d'une technique, qui n'est possible que si avant de l'utiliser la relation soigné/soignant a pu s'établir de façon correcte (tu parles de transfert, contre transfert and co), c'est une condition préalable à l'utilisation de l'EMDR.

Comme partout il y a des bons psychologues psychothérapeutes et des mauvais, nous ne pouvons pas parler ici de chaque relation à son psychothérapeute, d'abord parce qu'ici nous ne pouvons pas nommer de personne, et que cela partirait dans tous les sens.....biensûr qu'utiliser par de mauvaises mains elle ne parchera pas ou pire peut être néfaste, mais ce n'est pas réserver qu'à l'EMDR, si le soignant est mauvais il est mauvais, s'il est malhonnête la technique s'avérera néfaste. Nous ne pouvons juger de l'EMDR que si le thérapeute est psychologue, psychothérapeute et formé à l'EMDR, cela va de soi. Dans plusieurs postes de ce sujet, il est bien expliqué qu'il faut attention au cursus du soignant, de vérifier ses diplomes et son numéro de praticien habilité.

Maintenant, je n'ai pas créé ce topic pour voir une gueguerre d'égo, et de susceptibilité mal placée comme tu as fait preuve (notamment sur le fait que tu sois surdoué et tout le laius que tu as fait à ce sujet), personne ne t'a pris pour un idiot, j'ai observé de loin avant d'intervenir, alors tu ravales ta susceptibilité et ensuite il sera possible de débattre calmement. Tu veux à juste titre "éclairer" nos propos pour nous dire de nous méfier, chose que moi j'ai fait et continue de faire. L'EMDR n'est qu'une technique parmis d'autre dont on ne connais pas encore tout, qui peut être mal utilisé (je l'ai bien dit à l'ouverture du topic), elle a ses limites et n'est pas magique, mais elle marche bien dans son ensemble utilisée par des soignants diplomés et expérimentés.

Edit Rose est venu faire un avertissement, mais je poste quand même

shunbabyx

Re: l'EMDR

Message par shunbabyx » ven. 28 déc. 2012 10:32

lebereli a écrit : On utilise le taping au niveau des genoux (avec les yeux, j'avais tendance à être vite dissiper et déconcentrer par des pensées totalement extérieures :/)
Ma psy me disait également que cette thérapie fonctionne particulièrement bien chez les personnes à haut potentiel ou avec une déficience intellectuelle légère et modérée.

Moi aussi c'est avec le taping des genoux que ça a fonctionné, avec les yeux quand je devais suivre un petit bâton, je n'arrivais pas à me " concentrer " (je sais pas si c'est vraiment le terme adéquat). Par contre avec les genoux ça a fonctionné tout de suite, le contact physique joue surement un rôle aussi, mais à quel niveau je ne sais pas exactement.

Je pensais retourner en thérapie EMDR, mais pour résoudre des choses plus light, et dont j'ai déjà conscience (dans le sens où je n'ai pas de perte de mémoire dessus), mais où je fais quand même des blocages. Dans le lot de casseroles à récurer ça fera toujours ça de nettoyé lol.

Je pensais travailler autour de l'affectif (bon y en a toujours en trauma et dans les émotions), autour de la notion de famille, d'abandon, et aussi autour des problèmes de santé. Si déjà j'arrive à aller régler 2 ou 3 choses par là, j'aurai beaucoup avancé.

Mon but, ce n'est pas seulement d'améliorer mon existence à moi (même si c'est quand même 'achement bien aussi ^^), c'est plus d'alléger le fardeau que je porte et qui pèse malgré moi sur mes proches, en particulier mon conjoint et mes enfants. Je me rends compte que si j'allège pour moi, et que je fais l'effort d'aller mettre un coup de pied dans la fourmilière, ça sera bénéfique pour tout le monde.

Je pense que je reprendrai ça quand j'aurai fini ma grossesse, et que je serai lancée dans mon nouveau travail, pour avoir la disponibilité nécessaire.

C'est vrai aussi que quand mon psy m'a parlé de cette technique, j'étais plus que sceptique, mais comme il me suivait depuis longtemps, que nous avions un bon rapport de confiance et qu'il ne pratiquait pas cette méthode, je me suis dit que si il me le recommandait, sans y avoir d'intérêt personnel, c'est que c'était une vraie piste. J'ai exprimé mon scepticisme au début de l'entretien avec la psy EMDR, et elle ne l'a pas mal pris, au contraire. Elle m'a dit que si ça ne me convenait pas, elle me rembourserait les séances de " découverte ", du coup, je me suis dit que j'étais en face de quelqu'un d'honnête, et je me suis décrispée.

Ce qui m'a séduite dans cette pratique, comme Lebereli, c'est le fait de pouvoir faire du sur-mesure, d'être acteur, de choisir la vitesse de progression, de pouvoir exprimer des demandes précises, par exemple : " depuis la dernière séance, je me rends compte que j'ai un problème de confiance en moi, est-ce que vous auriez une technique pour ça ? " et d'avoir effectivement une réponse à ma demande que je peux mettre en œuvre pendant la séance, mais aussi réutiliser après chez moi. En fait c'est l'ensemble de la pratique et pas seulement l'EMDR, c'est aussi toutes les petites thérapies brèves qui encadrent les séances d'EMDR à proprement parler. J'ai trouvé que vraiment, permettre au patient d'acquérir une liste de petites méthodes simples à mettre en place, et qu'on peut utiliser seul, c'est lui redonner aussi une grande part d'autonomie, et pour les gens comme moi qui craignent les relations de domination (même inconscientes), du fait du décalage médecin/patient, c'est extrêmement rassurant. Et pour moi donner cette liberté à un patient qui souffre d'un enfermement comportemental c'est extrêmement bienveillant.

Après ce qui m'a le plus étonnée, au titre de mon expérience, c'est la réponse physique à la stimulation EMDR. Je ne sais pas quels ont été vos réactions physiques en cours de séance, mais pour ma part, ça a totalement échappé à mon contrôle. Je ne sais pas combien de temps dure habituellement une séance EMDR à proprement parler, mais je sais qu'au bout de 10 min de prise de contact, j'ai fait une crise de tétanie très forte. Je ne pouvais littéralement plus bouger du tout. Je suis devenue dure comme de la pierre. Pourtant je n'ai évoqué aucun souvenir traumatique à proprement parlé. J'ai juste évoqué un appartement (sans personne dedans), où j'ai habité étant petite. La thérapeute m'avait demandé d'évoquer un endroit que je n'aimais pas trop, mais pas non plus un endroit traumatisant. J'avais choisi cet endroit parce que je le trouvais moche. C'était mon seul critère conscient dans mon choix.

Il a fallu interrompre la séance, car j'allais me péter les dents tellement je tétanisais. Même après, après être revenue, j'arrivais pas à bouger. J'avais perdu toutes mes sensations physiques. Je n'ai aucune explication.
Est-ce que certains d'entre vous ont eu des réactions surprenantes comme ça ?
Sinon pour Eric : inutile polémique, je ne souhaite pas discuter avec toi.

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Re: l'EMDR

Message par Cyrano » ven. 28 déc. 2012 10:38

Une petite recherche, et en trois clics je me rends compte que cette EMDR est épinglée par la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

http://www.miviludes.gouv.fr/quest-ce-q ... 3%A9/quell
E.M.D.R (eye movement desensitization and reprossessing)

Il s’agit d’une méthode thérapeutique censée permettre par les mouvements oculaires la remise en route d’un traitement adaptatif naturel d’informations douloureuses bloquées (par exemple après un choc traumatique), la mobilisation de ressources psychiques et la restauration d’une estime de soi déficiente. Mise en oeuvre par des non-médecins hors de tout protocole de soins scientifiquement validé, cette méthode peut conduire à un risque d'emprise mentale.
[...]
Soyez vigilants

La Miviludes souhaite appeler l’attention de chacun sur les risques inhérents aux techniques décrites ci-dessus. Elles sont non éprouvées et ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale. De surcroît, l’absence de formation reconnue sur le plan légal peut induire un amateurisme de la part de certains pseudos praticiens.
Juste un appel à la vigilance.
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Re: l'EMDR

Message par Pier Kirool » ven. 28 déc. 2012 10:49

C’est marrant comme je trouve qu’il y en a à prendre et à laisser ici et là. Non, en fait, ce n’est pas marrant du tout. Je risque de me faire taper dessus de partout, c’est tout…
Il y a manifestement des personnes qui utilisent en tant que soignant, et qui bénéficient en tant que soigné de l’EMDR. Rien ne permet de remettre en cause le témoignage de ces personnes, et on ne peut que se féliciter des améliorations qu’elles ont ressenties en utilisant l’EMDR. Mais rien n’empêche non plus de questionner les convictions que l’on peut se faire sur telle ou telle technique de soin, qu’elle soit à ressorts psychologiques ou physiques.
Quelques remarques glanées ici et là sur ce topic (c'est plus simple comme ça qu'avec les "quotes" multiples, j'espère que c'est lisible...), sachant que je ne suis ni convaincu, ni croyant ni pratiquant…
Le fait qu’il y ait des risques à la technique et qu’ils soient connus est plutôt positif, pas le risque mais sa reconnaissance. Qu’il y ait des niveaux et des degrés de formation questionne surtout sur « qui les délivre et les valide ? ». Qu’il y ait des cliniques spécialisées pour gérer les risques en hospitalisation, c’est bien, mais pose aussi la question du financement.
Qu’il y ait des bons et des mauvais thérapeutes ne dit que leur nature humaine, et que les résultats de la technique dépendent du praticien, c’est vrai aussi pour la chirurgie… Point de révolution ici, donc. Sur les pratiques mercantiles de certains praticiens non plus d’ailleurs, nulle exclusivité car en médecine « autre », cela existe aussi. C’est une des raisons pour lesquels je suis arc-bouté sur les preuves d’efficacité. Pour éviter la publicité mensongère...
Sur la validation de la technique, les études semblent exister (DSS les cite dans son papier). Il mentionne des effets équivalents mais plus rapides que les TCC (thérapies congnitivo-comportementales). Il faudrait aller voir ces études, savoir qui sont exactement l’APA et l’AHCPR…

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Il faut mettre en avant la lucidité de gec (26/4/12) « Pendant cette thérapie, j'ai également eu un traitement médicamenteux (anxiolytique et antidépresseur), donc il est difficile de connaître l'impact de la thérapie EMDR et celui de la thérapie médicamenteuse dans la disparition des angoisses, cauchemars et dépression. », ainsi que les questionnements sur l’effet réel des mouvements oculaires (Gigi & le témoignage de Mayumi, 14/8).

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[tab=30]
Je me pose des questions sur : «L'EMDR a été empiriquement reconnu » : cette expression est rapportée par DSS dans son papier. Ca veut dire quoi ? Y-a-t-il des études qui démontrent vraiment quelque chose ? C'est bizarre quand même qu'il utilise ça comme expression.

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«Après que la méthode marche ou pas, il y a une part de variable en fonction des praticiens et des individus. Ce n'est pas une science exacte, c'est une science humaine. » (Shunbabyx, 27/12, 23h31) : Je ne suis pas sûr d’accepter, comme une fatalité, qu’en sciences humaines, les effets soient indémontrables. Que ce soit plus compliqué de mettre en place des études, et de contrôler les paramètres, de faire la part de l’effet placebo, oui, mais je ne me résigne pas à ce que les effets de telles techniques soient indémontrables scientifiquement.

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A mon sens, même si on montre une action de la stimulation alternative et symétrique du corps sur des zones cérébrales, cela ne fera pas faire l’économie d’une démonstration de l’efficacité de la technique sur le trouble (post-traumatique par exemple).
Sur la méthode de discussion : «quand on ne connait pas, on ne se positionne pas et on n'en parle pas, surtout pour induire des doutes et du scepticisme tiré de sources assez peu claires » : Je ne suis pas d’accord (rien de personnel, shinoune, ton post de 23h30 est un modèle de patience et de calme). Seul le doute est fécond. Surtout quand il repose sur des bases solides. Je pense qu’« ici » le questionnement est indispensable. Qu’il se fasse de façon raisonnée et polie, oui, mais il doit exister. Je pense que cette phrase s'appliquait en fait à un cas particulier...
@ Eric,
► Afficher le texte
[edit] Pour la MIVILUDES, c'est pas comme la chirurgie, par contre... :o [endedit]
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Re: l'EMDR

Message par Kayeza » ven. 28 déc. 2012 11:46

Hors-sujet
Je ne vais pas me lâcher sur le sujet, parce que ça pourrait faire mal, mais je tiens quand même à préciser que la Miviludes a tendance à crier au loup pour tout et n'importe quoi et à mettre tout le monde dans le même panier - attitude aussi typiquement française que déplorable, à mon avis, qui consiste à taxer de secte tout ce qui ne rentre pas dans le moule du sacro-saint ordre des médecins. Dans le guide santé qu'elle publie sur son site internet, elle cite pêle-mêle l'EMDR, la PNL, la médecine anthroposophique, l'ayurveda et la naturopathie, sous prétexte que toutes ces "médecines" sortent du cadre légal. Je m'arrête là sinon :coleredefeu:
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Re: l'EMDR

Message par Cyrano » ven. 28 déc. 2012 11:51

Kayeza : C'est juste de la vigilance c'est tout. Si ce n'est pas encadré, c'est la porte ouverte à toutes les dérives. La MIVILUDES appelle juste chacun à faire attention. Tout le monde n'est pas bienveillant, ni compétent loin s'en faut.

Il ne s'agit pas de tout jeter aux orties. Mais la réaction inverse qui consisterait à dire "amen" sans le moindre esprit critique n'en est pas moins dangereuse.
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Re: l'EMDR

Message par Kayeza » ven. 28 déc. 2012 12:01

J'entends bien. Ce que je ressens, c'est juste que la Miviludes a tendance à faire virer une saine vigilance en paranoïa généralisée et c'est ça qui me dérange. Surtout que, comme je l'ai dit, c'est une attitude qu'on ne trouve pas à ma connaissance dans d'autres pays européens (comme la Suisse et l'Allemagne, que je connais bien) : ils n'ont pas de Miviludes et ne s'en portent pas plus mal, selon moi.
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Re: l'EMDR

Message par Cyrano » ven. 28 déc. 2012 12:11

Moi je trouve au contraire que c'est important de maintenir les gens en éveil. Tout le monde n'est pas capable de séparer le bon grain de l'ivraie (moi le premier). Je pense juste qu'il faut garder l'esprit très critique s'agissant de ces courants. On peut en parler, se renseigner, creuser, mais sans oublier que ce n'est que théorie, et que des gens peuvent être victimes d'individus douteux qui se proclament thérapeutes d'autant plus facilement que rien n'est encadré. Demain je paye 5000€ pour un stage de trois jours, je repars avec mon petit diplôme, et j'ouvre un cabinet (Je ne dis pas que c'est le cas présentement, juste que ça existe). Ça ne fait pas de moi quelqu'un de compétent, ni de bienveillant.
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Re: l'EMDR

Message par shunbabyx » ven. 28 déc. 2012 12:35

Pierre Kirool a écrit : Le fait qu’il y ait des risques à la technique et qu’ils soient connus est plutôt positif, pas le risque mais sa reconnaissance. Qu’il y ait des niveaux et des degrés de formation questionne surtout sur « qui les délivre et les valide ? ». Qu’il y ait des cliniques spécialisées pour gérer les risques en hospitalisation, c’est bien, mais pose aussi la question du financement.

Pour ça en effet, c'est un des aspects négatifs de l'EMDR et de la prise en charge psychologique en général sur le territoire français. Dans les thérapies seuls les psychiatres sont remboursés par la sécu, et souvent quand ils sont spécialisés dans un type de thérapie particulier (comme l'EMDR ou les TCC) ils pratiquent des dépassements d'honoraires...
D'autre part en ce qui concerne les hospitalisations, pour le moment le seul choix qui existe en matière de soins psychiatrique est :
- l'HP
- la clinique
En France les méthodes TCC sont extrêmement peu développées, et quasiment absentes des HP, du coup celui qui souhaite être hospitalisé et avoir recours à ce type de pratiques est cantonné à la clinique, et effectivement son cout peut s'avérer décourageant. Mais ça c'est propre à la psychiatrie d'une manière générale en France. Pour faire un parallèle, les parents qui veulent faire soigner un enfant autiste ont intérêt à envisager un déménagement, et d'avoir de la thune d'avance, si ils veulent une prise en charge autre que psychanalytique ...
:(



Pierre Kirool a écrit :

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«Après que la méthode marche ou pas, il y a une part de variable en fonction des praticiens et des individus. Ce n'est pas une science exacte, c'est une science humaine. » (Shunbabyx, 27/12, 23h31) : Je ne suis pas sûr d’accepter, comme une fatalité, qu’en sciences humaines, les effets soient indémontrables.
J'ai pas dit qu'il fallait tout prendre comme ça sans rien démontrer, sans étude comme ça plouf tombé du ciel ... Ce que j'ai voulu dire c'est qu'en sciences humaines (comme la philo, le droit, l'histoire, la psy etc) par opposition aux sciences dures (comme les maths, la physique, la chimie, ou la bio), il n'existe pas de loi universellement démontrable. Et que la variable humaine est une composante même de la science.
Ca ne veut en aucun cas dire qu'il ne faille faire aucune étude ou aucun essai. Juste qu'on ne peut pas en tirer de vérité absolue ni dans l'espace (individus), ni dans le temps (société).
Les techniques de recherches scientifiques ne sont juste pas les mêmes en sciences humaines et en sciences exactes. C'est tout, il n'y a ni jugement de valeur dans cette affirmation, ni rejet des tentatives d'explications scientifiques des différentes techniques utilisées en psycho. Mais j'ai peut-être pas assez développé ce que je sous entendais. Je m'en excuse.

Pierre Kirool a écrit :Sur la méthode de discussion : «quand on ne connait pas, on ne se positionne pas et on n'en parle pas, surtout pour induire des doutes et du scepticisme tiré de sources assez peu claires » : Je ne suis pas d’accord (rien de personnel, shinoune, ton post de 23h30 est un modèle de patience et de calme). Seul le doute est fécond. Surtout quand il repose sur des bases solides. Je pense qu’« ici » le questionnement est indispensable. Qu’il se fasse de façon raisonnée et polie, oui, mais il doit exister. Je pense que cette phrase s'appliquait en fait à un cas particulier...
Évidemment, le doute est le fondement même de la recherche scientifique (quelle soit faite dans le cadre des sciences humaines, ou dans le cadre des sciences dures. La remise en question est le moteur des avancées et des découvertes. Donc les questionnements sur le pourquoi, le comment sont le coeur même du topique.
Mais de moi même je donne tout de suite les limites de ce que je peux apporter comme contribution : je ne suis pas un médecin, je ne suis pas un chercheur, et je ne m'inscris dans mes témoignages qu'entant que patiente. Je n'aurais pas la prétention de dire comment fonctionne cette thérapie biologiquement, ou psychiquement : je n'en sais rien. Je constate simplement, que sur moi, ça a eu des effets positifs.
Et si certains, par leurs questions, peuvent apporter des réponses aux pourquoi et au comment ça marche, je crois qu'on serait tous ravis de l'entendre !!!
Donc Pierre Kirool je crois qu'on est totalement d'accord !

@ Cyr : dans toutes les pratiques de psy, y a plus ou moins des dérives. Et dès qu'une pratique connait un essor particulier, évidemment y a plein de " gourous " qui surfent dessus. Mais merci quand même de ton avertissement, ça ne peut confirmer l'idée que, quand on cherche un thérapeute sérieux, il ne faut pas hésiter à vérifier son parcours, y compris auprès des autorités compétentes, et des confrères.

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Re: l'EMDR

Message par Pier Kirool » ven. 28 déc. 2012 13:32

shunbabyx a écrit : c'est un des aspects négatifs de l'EMDR et de la prise en charge psychologique en général sur le territoire français. Dans les thérapies seuls les psychiatres sont remboursés par la sécu (...) D'autre part en ce qui concerne les hospitalisations, pour le moment le seul choix qui existe en matière de soins psychiatrique est :
- l'HP
- la clinique
Il faudrait savoir pourquoi. Si c'est un truc du genre "chasse gardée" des psys, c'est nul. Si c'est une difficulté à mettre en évidence un effet, c'est plus audible déjà. Pour moi , si l'effet bénéfique est démontré, il faut que ce soit à portée de tous, donc Sécu, donc pratique dans le public etc etc... Donc aussi limiter les abus et encadrer les pratiques pour assainir tout ça le plus possible...
shunbabyx a écrit : Souvent quand ils sont spécialisés dans un type de thérapie particulier (comme l'EMDR ou les TCC) ils pratiquent des dépassements d'honoraires...
Ca c'est nul. Surtout que ce soit le même dépassement quelque soit les revenus... Faire payer les consultations des pauvres avec l'argent des riches... Niark niark, my name is Hood, Dr Robin Hood...
shunbabyx a écrit : il n'existe pas de loi universellement démontrable. (...) on ne peut pas en tirer de vérité absolue ni dans l'espace (individus), ni dans le temps (société).
Je suis d'accord, c'est valable aussi en sciences "dures", la vérité est démontrée à un instant, dans certaines conditions... Le "terreau" humain en est une. Parfois c'est simple à caractériser, comme la génétique par exemple, dans d'autres cas, c'est plus difficile, comme l'éducation, les conditions de vie etc etc... Mais en y travaillant, je suis sûr qu'on progressera dans ce domaine aussi. On l'aura un jour, on l'aura....
shunbabyx a écrit :Les techniques de recherches scientifiques ne sont juste pas les mêmes en sciences humaines et en sciences exactes.
Certes, mais je pense que les deux auraient à gagner de se laisser coloniser par le meilleur de l'autre... (un aspect positif de la colonisation... hé hé hé :rock: ).
Hors-sujet
Et pour la terminologie, "sciences dures", je ne trouve pas ça génial parce que ça oblige les autres à trouver un nom pour remplacer "sciences molles" (et on a trouvé "sciences souples"), mais ça me paraît un tout petit peu mieux (jusqu'ici) que "sciences exactes", qui laisse supposer en creux que les autres ne le sont pas... non ? :tmi:
shunbabyx a écrit : Quand on cherche un thérapeute sérieux, il ne faut pas hésiter à vérifier son parcours, y compris auprès des autorités compétentes, et des confrères.
D'ailleurs, c'est exactement ce qui est pratiqué ici au sujet de la douance.
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Re: l'EMDR

Message par shunbabyx » ven. 28 déc. 2012 14:02

Pierre Kirool a écrit : Il faudrait savoir pourquoi. Si c'est un truc du genre "chasse gardée" des psys, c'est nul. Si c'est une difficulté à mettre en évidence un effet, c'est plus audible déjà. Pour moi , si l'effet bénéfique est démontré, il faut que ce soit à portée de tous, donc Sécu, donc pratique dans le public etc etc... Donc aussi limiter les abus et encadrer les pratiques pour assainir tout ça le plus possible...
shunbabyx a écrit : Souvent quand ils sont spécialisés dans un type de thérapie particulier (comme l'EMDR ou les TCC) ils pratiquent des dépassements d'honoraires...
Ca c'est nul. Surtout que ce soit le même dépassement quelque soit les revenus... Faire payer les consultations des pauvres avec l'argent des riches... Niark niark, my name is Hood, Dr Robin Hood...
Hors-sujet
En fait c'est un peu hors sujet, mais je suis d'accord avec toi sur le fond. Aujourd'hui la France fait figure de parent pauvre dans le domaine de la prise en charge psychiatrique. Surtout par rapport aux pays du Nord, à l'Allemagne ou encore à la Suisse. Il n'est pas rare que les gens qui en ont les moyens partent se faire soigner (et hospitaliser) à l'étranger, parce que la France ne dispose pas de structure adaptée récente.
La France est un des derniers grand bastion de la psychanalyse, et les thérapies modernes, notamment les TCC y sont encore très méconnues. La France est vraiment en retard dans ce domaine, c'est un des pays européens les plus prescripteur de médicaments, alors que justement ces nouvelles thérapies permettent de diminuer le recours à la pharmacie (je ne dis pas qu'elle n'y on jamais recours, mais moins).
Régulièrement ce sujet fait l'objet de débat, notamment politique, et on veut dresser " un état des lieux de la psychiatrie en France " mais au final, cet état des lieux reste très parcellaire, et malheureusement, il est dicté, la plus part du temps, par l'urgence des fais divers (" un schizophrène commet 3 meurtres après s'être échappé d'un asile "...).

Pour connaître les hôpitaux psychiatriques, pour y avoir été internée, et pour y avoir eu recours de mon plein gré, je sais à quel point ils sont délabrés, obsolètes, tant dans leur pratique thérapeutique, que dans leurs locaux ou moyens humains. Il y a beaucoup de dérives aussi dans ces institutions, et le respect des personnes n'est malheureusement pas respecté dans la majorité des cas.

Les études des méthodes TCC existent, elles viennent pour la plus part de l'étranger (je pense notamment à Van Der Hart, mais aussi à Rosenthal), leur efficacité est démontrée, et d'ailleurs les thérapies qui en découlent sont prises en charge dans les systèmes de sécurité sociale étranger... Mais pas en France ... Pourquoi cette résistance ? Je ne sais pas :nesaitpas:

Quant aux dépassements d'honoraire, je dirais que ça rejoint la grande problématique de la médecine à 2 vitesses. Rares sont les médecins avec beaucoup de spécialités ou de qualifications relativement rares qui ne font pas passer ces compétences sur leurs honoraires...
Quand tu veux avoir ce qui est rare, ben tu banques ... Il y a déjà eu des lois, etc ... des encadrements sur les dépassements d'honoraire, mais comme d'habitude, la psychiatrie, elle n'était pas concernée par ces gardes fous ! Comme si c'était une médecine de seconde zone, qui ne méritait pas qu'on se penche sur le problème de son accessibilité pour tous.

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Re: l'EMDR

Message par shinoune » ven. 28 déc. 2012 17:50

Edit : je poste sans avoir le temps de lire les messages entre celui de Pierre Kirool que je cite et le mien.

Pierre Kirool a écrit :Sur la méthode de discussion : «quand on ne connait pas, on ne se positionne pas et on n'en parle pas, surtout pour induire des doutes et du scepticisme tiré de sources assez peu claires » : Je ne suis pas d’accord (rien de personnel, shinoune, ton post de 23h30 est un modèle de patience et de calme). Seul le doute est fécond. Surtout quand il repose sur des bases solides. Je pense qu’« ici » le questionnement est indispensable. Qu’il se fasse de façon raisonnée et polie, oui, mais il doit exister. Je pense que cette phrase s'appliquait en fait à un cas particulier...
Oui, ça a été une réaction face à une confusion dans le propos et les sources qui, à mon avis, n'apportaient rien à personne mais, bien au contraire, introduisaient des notions et des approches qui n'avaient rien à voir avec le sujet du topic.
Mais ça a juste été un coup de gueule, ce dont je ne suis pas familière et dont je vous prie de m'excuser, je n'ai cherché à mettre personne en cause, juste le propos. Et il est vrai que j'aurais pu l'exprimer différemment dans les formes. Mais bon, dans un coup de gueule, on ne châtie pas son langage et je crois que j'ai été encore assez modérée.

Bien sûr que le questionnement est nécessaire (et pas seulement "ici" ) mais, comme je crois l'avoir exprimé, en s'appuyant sur des sources directes ainsi que sur une expérimentation personnelle.
Et le questionnement se devrait d'être le plus neutre possible (pour autant qu'il soit possible de l'être) et non pas une construction pour valider une intuition, une méfiance ou une peur.


J'ai, de ce fait, aussi beaucoup de peine avec le scepticisme de principe, la remise en question de tout, la méfiance partout.
Notre monde actuel se nourrit de cette attitude, alimentée à gogo par les médias, et j'en suis un peu lasse.
S'interroger sur la pertinence de quelque chose pour soi est sain.
Par contre toujours mettre en doute, me semble aussi peu justifié que de croire en tout sans se poser de questions.

Mais c'est un autre débat (qu'on pourrait d'ailleurs soulever).
Ici, le but est de partager sur nos connaissances et expériences concernant l'EMDR et de le faire connaître.


Ceci posé, j'ajoute, à titre totalement personnel, que je suis plutôt d'un naturel ouvert avec un a priori de confiance, je vais voir, m'informer, puis je me fais une opinion.
Ce qui a été le cas, en l'occurrence.
Et mon opinion est favorable.


Témoignage sur mon expérience:

J'ai, grâce à l'EMDR, pu sortir d'une angoisse et d'une souffrance permanente, vécue pendant plus de 50 ans, soit depuis mes 5 ans,
avec cauchemars récurrents,
crises d'angoisse, de tétanie,
paralysies temporaires,
peur sourde en filigrame de toute ma vie sans arriver à comprendre de quoi j'avais peur,
douleurs chroniques invalidantes sans causes organiques,
évanouissements inexpliqués,
tremblemnts et vertiges,
vomissements face à certaines situations
(désolée pour la liste, je n'avais pas l'intention d'apporter un témoignage aussi personnel mais là, ça me semble nécessaire).

Les médecins m'ont toujours trouvée en bonne santé, disant que je "faisais des histoires" que "c'était dans la tête" (alors oui, effectivement, ce n'est cependant pas une raison pour ne pas chercher à aider et à balayer d'un air méprisant la personne qui vient demander un soutien ).

Ces symptômes, je savais en grande partie d'où ils venaient, dans quelle histoire familiale et de mon enfance, ils puisaient leurs racines.

J'ai travaillé pendant 30 ans en diverses psychothérapies et approches médicales ou médicamenteuses pour comprendre et essayer de me libérer de cet espèce de cancer de l'âme qui foutait ma vie en l'air (professionnellement, sentimentalement et personnellement), j'ai dénoué tous les fils, j'ai pu en faire une belle pelote d'explications, de causes, d'émotions, de ressentis, j'ai compris... mais je n'allais pas mieux, rien ne s'était apaisé.

Après m'avoir droguée jusqu'à l'inconscience pour "me soigner",
puis m'avoir sevrée à me rouler par terre de "manque" (je ne parle pas de drogues illégales là mais de médicaments, administrés par des médecins tout ce qu'il y a de plus reconnus par l'Académie)
et m'avoir ensuite laissée froidement tombée "parce qu'avec vous on ne peut arriver à rien, il y a des malades comme ça dont l'intra-psychisme fait obstacle à toute intervention",
après m'avoir bien culpabilisée et jetée comme un vieux chiffon dérangeant pour leur égo, pour leur besoin de maîtriser qui les rendaient incapables de faire face à leurs limites, aux limites de la médecine, des connaissance d'alors ( il y a 5 ans, pas au 19ème siècle),
ils (la médecine officielle, sérieuse, scientifiquement reconnue, les psychiatres et psychologues adoubés par la fac et les grands mandarins) m'ont laissée seule avec le sentiment d'être dans une impasse et de devoir porter ma "folie" dont je ne pouvais qu'être responsable et ceci pour le reste de mes jours.

J'ai refusé de m'enfermer dans ce déterminisme, refusé de baisser les bras et de subir. Je savais tout au fond de moi que je n'étais pas folle et qu'il y avait une partie de moi qui hurlait qu'elle pouvait vivre, qu'elle voulait vivre.

Il n'y avait que deux approches que je n'avais jamais tentées, c'était l'hypnose et l'EMDR, j'ai choisi de me diriger vers l'EMDR.
Je savais que je ne risquais rien, rien de pire que ce que je vivais, si ce n'est que rien ne change.
J'étais un peu comme quelqu'un qui a un cancer et qui préfère traverser les effets secondaires lourds d'une chimio ou d'une radiothérapie plutôt que de laisser l'ineluctable le ronger.

Je me suis renseignée (pas sur internet où, dans ces domaines, on trouve tout et son contraire) auprès de patients soignés par cette technique, auprès de praticiens, j'ai lu des bouquins de ceux qui ont travaillé sur ces recherches , puis j'ai trouvé une thérapeute, je l'ai interrogée par rapport à mon parcours pour savoir si c'était une bonne indication et je me suis lancée, il y a de cela 2 ans.
Je suis dans le domaine psy, peut-être que les sources étaient un peu plus accessible pour moi de ce fait et la "nébuleuse psy" un peu moins inquiètante que pour des personnes qui n'ont pas cette expérience ? Peut-être ...

Cela a mis une année pour commencer à aller un peu mieux.
Mais je savais qu'il ne fallait pas attendre de miracle. Que le processus peut prendre du temps (même en EMDR )
et aussi que je faisais partie des "cas" les plus longs et difficiles à traiter parce que ayant souffert de multi-micro (ou moins micro)-traumatismes récurrents et cristallisés dans la souffrance, comme une ligne continue de la mémoire, qu'il fallait fractionner avant de pouvoir les atteindre.

Au début la psy n'a pas pratiqué d'EMDR à proprement parlé, elle m'a aidée à me créer un cadre de sécurité auquel je pourrais revenir si je partais en live émotionnel, elle m'a fait retoucher très en douceur mes souvenirs et les ressentis que j'en avais.

Peu à peu cela a fait remonter infiniment de tristesse ce qui m'a rendue terriblement vulnérable (par exemple, j'ai pu me mettre à pleurer à gros sanglots, dans le bus, parce que quelqu'un avait marché sur le bout de la queue d'un petit chien, complètement perdu entre les jambes des passagers et que personne n'avait remarqué, ni lui, ni sa douleur d'être écrasé.
Je m'identifiais à ce petit chien. Je revivais une souffrance vécue étant enfant, dans la plus parfaite indifférence de mon entourage.
Je pleurais sur moi, je pleurais les larmes qui à l'époque n'avaient pas été vues et qui s'étaient gelées.

C'est à partir de ce moment que ma psy a commencé les séances en EMDR, en dosant les interventions, maximum une série toutes les deux, trois semaines.

Entre temps, lors de nos rendez-vous, on explorait ce que je ressentais, elle rétabilissait mes forces et mes ressources qui se sont renforcées, elle a aussi travaillé sur ma confiance en moi (en ma capacité de m'occuper moi-même de ce qui souffre au fond de moi) et sur mon sentiment d'avoir le droit d'exister et de ressentir mes émotions, alors que je ne m'accordais pas cette possibilité, tout en la revendiquant pour les autres, comme si moi, non, je n'avais pas ma place ou pas le droit de l'occuper.
Là, il y a un lien avec la douance, celle-ci ayant sans doute renforcé ces sentiments d'inadéquation, de transparence, d'illégitimité, (elle a pris tout le paquet ensemble)

Petit à petit, nous descendions de plus en plus profondément dans des lieux de souffrance que j'ignorais et dont j'ignore toujours le lien exacte avec un événement précis. Chez moi, c'est plutôt l'accumulation d'un climat traumatique que des faits précis qui est à dénouer. Des événements, il y en auraient trop, plus ou moins graves, qui m'ont fait vivre dans un qui-vive permanent, une inscurité et une peur constante.
Et à chaque strate où l'émotion me submergeait, elle (la psy) intervenait avec le mouvement alternatif de l'EMDR, jusqu'à ce que je m'apaise, que je ne ressente plus du tout son emprise.
Et, c'est très étrange à vivre, je me sens, à ces moments, comme dans un espace de moi inconnu, comme s'il me manquait quelque chose d'habituel, comme si je faisais un geste automatique pour prendre un objet et que l'objet ait été déplacé, je sentais un manque, une absence.
La douleur se manifestait par son absence.
Je ne sais pas bien exprimer cette sensation ...

Alors, dans la même séance, elle me faisait me souvenir d'une image de joie ou de plaisir vécu à cette même époque, un souvenir qui, lui aussi, avait été occulté. Il y en a toujours, même minime.

Pour moi, la première fois, cela a été le souvenir d'un jour de début d'été où les cerises étaient mûres tout en haut de l'arbre alors qu'elles étaient encore acides dans les branches du bas. Mes parents m'interdisaient de monter dans l'arbre en leur absence, ce qui ne m'a pas retenue, et j'ai grimpé tout en haut, à la cime des branches, là où les merles viennent piquer les cerises bien mûres. Je m'étais assise sur une bonne branche, ma tête dépassait hors de l'arbre, c'était en fin de matinée, le soleil me chauffait, j'entendais les oiseaux chanter à la même hauteur que moi, les cerises toutes chaudes à l'extérieur étaient fraîches et croquantes sous mes dents, j'étais heureuse.
Mais mon père est descendu au jardin, il m'a vue et j'ai eu peur de me faire gronder, d'autant plus que je n'avais aucune idée de comment j'allais bien pouvoir redescendre...
Il a pris la grande échelle et est monté me tendre la main et me guider de branche en branche pour rejoindre la terre ferme. Quand je suis arrivée sur la branche la plus basse, il m'a prise dans ses bras et m'a fait tournoyer dans l'espace (j'étais petite, je devais avoir 4 ans) puis en me reposant au sol, il m'a dit:
"Tu es bien ma fille, casse-cou et pleine de bêtises dans la tête mais je suis fière de toi, seulement, je peux te le dire maintenant, j'ai eu très peur que tu tombes, que tu te casses, parce que s'il t'arrivait quelque chose, ça serait terrible pour moi"
J'avais mis ma main dans sa très grande main et il a ajouté:
"On dit rien à maman pour ne pas l'inquièter, ce sera notre secret, mais tu promets de ne plus recommencer."
J'avais mon petit coeur qui explosait, j'avais un secret avec papa, je lui ressemblais, il était fier de moi, il s'était inquièté pour moi et, ensemble, on protégeait maman !!!

Voilà mon joli souvenir que j'avais complètement oublié et qui par l'EMDR est remonté, instantanément, beaucoup plus rapidement que je n'ai mis de temps à vous le raconter, juste une image et la poitrine qui explosait de joie.

La psy l'a inscrit en moi, dans le trou laissé par la souffrance effacée (enfin c'est une façon de parler, je n'ai aucune idée de comment cela fonctionne mais c'est comme ça que je l'ai vécu).
Le principe étant de remplacer, voire d'équilibrer la trace mnésique laissée par le choc du traumatisme, par des souvenirs plus constructifs qui avaient été enfouis sous la charge trop lourde de la peur et de la souffrance dans une situation d'impuissance (ce qui est, en très grande ligne, la définition d'un trauma).

Et ainsi de suite, d'émotions en émotions.
C'est un chemin que l'on parcourt à deux, ma psy et moi, allant vers le même but, dans la confiance et la complicité.

Cela fait maintenant deux ans qu'on travaille en EMDR, je vais beaucoup mieux:
  • j'ai de moins en moins de douleurs, j'ai retrouvé ma mobilité
  • je n'ai presque plus de migraines alors que je me réveillais tous les matins avec un mal de crâne insistant qui ne me lâchait pas avant midi ou pas du tout pendant 3-4 jours
  • j'ai pu arrêter les antidépresseurs et les anxiolitiques (qui dans la mesure du possible sont à éviter dans une démarche EMDR parce que cela établit un filtre devant les émotions, donc si ils sont indispensables au début, ils sont à baisser progressivement le plus vite possible, dès que les premiers effets de la thérapie se font sentir, dès qu'on sent que c'est possible sans eux)
  • je dors sans cauchemars et sans somnifères
  • je suis beaucoup moins triste
  • je n'ai plus de crises d'angoisse
  • plus de crise de tremblements, de vomissements, de pertes de connaissance
  • j'ai beaucoup plus confiance en moi, je connais mes forces et j'y crois, j'arrive à les mobiliser
  • je n'ai plus peur, j'ai acquis une sorte de sécurité intérieure
  • je m'affirme beaucoup plus, j'ose mes opinions et je suis beaucoup moins réactive aux remarques des autres à mon sujet
  • j'ai aussi acquis une liberté intérieure, une indépendance d'esprit et d'action
Et le travail n'est pas terminé, il faut encore intervenir sur plein de blessures périphériques et sur celles liées aux conséquences, tout au long de ma vie, de ces traumatismes de base.


Et si tous ces bénéfices ont demandé de traverser des périodes où mes symptômes ont été accentués avant de lâcher, où je faisais des rêves pénibles, des cauchemars, où j'étais triste ou fragilissime, je sais que ça vallait la peine.
J'ai toujours été bien accompagnée, j'ai toujours pu voir ma psy entre deux rendez-vous si j'en ressentais le besoin, je ne me suis jamais sentie abandonnée, seule avec ce que je vivais (et pourtant, je suis seule dans la vie, sans proches pour me tenir la main ou me prendre dans les bras)

Et aucun des "effets secondaires" que j'ai pu ressentir ont été plus douloureux ou plus destructeurs que ce que je vivais avant et qui m'a fait consulter.
Et les autres thérapies que j'ai suivies ne m'ont pas non plus laissée indemme, elles m'on toutes secouée, perturbée.
J'ai vécu des effets secondaires beaucoup plus lourds suite à certains médicaments ou lors d' interventions chirurgicales .


Mon opinion perso (certainement pas neutre mais avec beaucoup d'informations et d'expérimentation)

L'important est de savoir pourquoi on se lance dans ce genre de démarche.
On n'y va pas en touriste, pour voir, on y va parce qu'on en a besoin, parce qu'on souffre, parce qu'on en peut plus.
C'est un choix personnel.

Et quand on sait le nombre de miliers de soldats de par le monde qui peuvent à nouveau vivre à peu près convenablement après des traumatismes de guerre gràce à cette découverte.
Le nombres de civils traumatisés, déplacés, lors de génocides ou de guerre... de rescapés de catastrophes naturelles, de victimes d'agressions, de personnes violées, de victimes d'incestes, d' accidentés de la route, de chemins de fer, de vol aériens, celles d'attentats ... les enfants et les femmes battus, maltraités, les violences psychologiques en famille, à l'école, au travail, les enfants abandonnés ou utilisés .... et la liste peut continuer ... tous ces gens qui vont mieux après un tel travail avec l'EMDR.
Tous ces gens qui peuvent recommencer à vivre, à exister, à espérer pouvoir (re)construire une vie, à faire à nouveau des projets, à refaire confiance, à oser se mettre en couple, à oser créer une famille, ... oser sortir dans la rue ... à peu près comme "avant".

Et ces gens, ce ne sont pas des rassemblements de personnes victimes et abusées, estampillées comme telles, ce sont peut-être notre conjoint, un de nos parents, ce sera peut-être un de nos enfants, ce sont peut-être le facteur, la boulangère, notre médecin lui-même ou un de nos ministres.

Les traumatismes ne sont pas des exceptions, ils sont beaucoup plus fréquents qu'il n'y parait, il s'en cache dans toutes les familles, dans tous les niveaux sociaux, dans tous les pays, mais ils sont en général tabous, masqués,
tenus secrets.
Parce qu'on a honte de sa cause, il y a toujours un rapport étrange à une forme de culpabilité de l'avoir subi, et parce que la souffrance qui en découle n'est pas reconnue, généralement niée ou occultée, par la société mais aussi par la grande majorité du monde médical voire même, surtout, et c'est le plus douloureux, par la famille et les proches.
Ceux qui en vivent les conséquences sont, la plupart du temps, dans une totale solitude face à leurs souffrances, seuls au milieu de tant de gens qu'ils côtoient chaque jour.

C'est une souffrance qui se tait mais qui suinte dans tous les cabinets médicaux, sous toutes sortes d'abus de pouvoir, sous l'escalade de la drogue, de l'alcoolisme, sous multiples addictions, sous les accidents petits ou grands qui arrivent par "malchance", sous toutes sortes de maux inexpliqués, sous les échecs scolaires, professionnels, sous la plupart des suicides ...

Alors, moi je m'en fiche de ne pas savoir encore exactement comment et pourquoi ça fonctionne si cela peut rendre à ces personnes leur vie, leur dignité et une part de bonheur possible

Bien sûr, cela n'efface pas tout et le souvenir restera, la connaissance de la souufrance restera, une partie de leur vie aura été escamotée que la thérapie ne leur rendra pas.
Bien sûr, ça ne va pas fonctionner sur tous, bien sûr il y a de bons et de moins bon thérapeutes.
Bien sûr ça ne guérit pas tout, ce n'est pas la panacée universelle
Bien sûr qu'il existe d'autres thérapies, mais celle-là est juste efficace et plus rapide que les autres
Bien sûr que .... mais ça aide ceux qui choisissent d'y avoir recours

Il existe des programmes nationaux de prise en charge par l'EMDR , dans presque tous les pays qui en ont les moyens. La Croix-Rouge et bien d'autres organismes mettent sur pied des aides gouvernementales en l'utilisant auprès de victimes dans le monde entier.
Dans la plupart des pays occidentaux où le système social est efficace, c'est une des thérapies prise en charge par les systèmes de sécurité sociale ou équivalent pour autant qu'elle soit justifiée par un médecin .


Alors, oui c'est essentiel de s'interroger sur la pertinence de cette démarche pour soi, chacun étant responsable de sa vie.
Mais quand le questionnement, au nom d'une démarche intellectuelle indéniablement saine, ne se fait que dans une perspective limitée, sans tenir compte de toutes les données et surtout de celles qui sont favprables à la chose questionnée, moi je me pose des questions sur cette mise en perspective.

Le problème avec ce genre d'évaluation c'est que, malgré notre souci d'objectivité et même avec toutes les informations que l'on peut avoir en notre possession, nous aurons toujours le filtre de notre subjectivité, de notre positionnement par le vécu face à "la chose" à évaluer.
Et quand on a souffert ou été proche de ce genre de souffrance, notre regard sera indéniablement différent de celui qui n'en a qu'une approche théorique et intellectuelle.


Pour plus d'informations non raccoleuses, vous pouvez vous référez :

aux chapitres 5 et 6 du livre de Servan-Schreiber "Guérir le stress, l'anxiété et la dépression" (éd. Poche Pocket) une simple présentation de la méthode, des ses indications et de ses limites.

au livre de Francine Shapiro elle-même
http://www.amazon.fr/yeux-pour-gu%C3%A9 ... 508&sr=1-1
Il existe aussi en anglais.

aux livres de Jacques Roques, entre autres le plus accessible (sans les méthodes et protocoles adressés aux psy)
http://www.amazon.fr/D%C3%A9couvrir-lEM ... 104&sr=1-1


NB :
L'EMDR a été conçu par l'équipe de Francine Shapiro en 1987, il existe donc 25 de recul pour avoir pu l'évaluer.
Il a été introduit en France par D. Servan-Schreiber en 1994.

En 2002 Francine Shapiro a reçu la plus haute distinction pour une découverte en psychothérapie, le prix Sigmund Freud, décerné par l'Association mondiale de psychotérapie.



Voilà toutes les informations que je peux vous donner et mon avis totalement personnel.


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Re: l'EMDR

Message par shinoune » ven. 28 déc. 2012 18:19

Cyrano a écrit :Demain je paye 5000€ pour un stage de trois jours, je repars avec mon petit diplôme, et j'ouvre un cabinet (Je ne dis pas que c'est le cas présentement, juste que ça existe).
Et si tu fais ça (ce qui m'étonnerait, vu ta position présente :wink: ), tu serais un bel idiot (z'excuses) comme tous les gens qui se font arnaquer par plein de produit "nouveaux" "en action", etc.....

Au lieu d'infantiliser les gens en leur faisant peur, en leur évitant de réfléchir par eux-même, les associations de mise en garde comme celle que tu cites (je connais pas), ne font que créer des psychoses collectives et une perte d'autonomie du public. Ca ressemble fortement à la mise sous tutelle de la population non instruite que la religion a opérée dans le passé pour la maintenir sans libre arbitre.

Comme dit Kayeza, en Suisse rien de tel n'existe et je ne crois pas que l'on fasse plus de bêtises que les autres.

Quant à diaboliser l'EMDR qui est une technique tout à fait reconnue par les milieux scientifiques, je ne sais pas trop quels intérêts cela sert si ce n'est la très influente Société de Psychanalyse qui, en France, a encore la main mise sur tout l'enseignement supérieur.

A ce sujet, il existe une chaire de TCC à l'université de Lyon, une autre à Dijon, et peut-être d'autres, l'EMDR est enseigné à l'université de Louvain en Belgique et dans toutes les Fac de médecine et psychologie en Suisse, en formation post-grade, au même titre que d'autres thérapies non Freudiennes qui, elles, sont encore le cursus classique de base. Je ne parle pas du Canada, du Japon, de l'Allemagne et des pays scandinaves.
Je suis désolée, je suis à moitié française, mais la France devrait un peu s'ouvrir sur monde. Elle n'est plus la référence qu'elle a eu été (je le regrette d'ailleurs, parce que la culture française me tient à coeur).

Bon là-dessus, j'arrête, je suis fatiguée de ce genre de discussion.
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Re: l'EMDR

Message par Pier Kirool » ven. 28 déc. 2012 18:46

shinoune a écrit : Mais ça a juste été un coup de gueule, ce dont je ne suis pas familière et dont je vous prie de m'excuser, je n'ai cherché à mettre personne en cause, juste le propos.
Y pas à s'excuser, je ne disais pas qu'il y avait faute, hein, juste je disais que n'étais pas très d'accord. Juste mon opinion. Discutable. Et bien discutée, et en fait, on est d'accord et plus riches.
shinoune a écrit : je crois que j'ai été encore assez modérée. (...) Par contre toujours mettre en doute, me semble aussi peu justifié que de croire en tout sans se poser de questions.
Oui !
shinoune a écrit : Et le questionnement se devrait d'être le plus neutre possible (pour autant qu'il soit possible de l'être) et non pas une construction pour valider une intuition, une méfiance ou une peur.
Ce serait mieux si c'était tout le temps comme ça, certes. Mais ce n'est pas toujours possible, y compris pour moi. On est de temps en temps désinformé ou mal parti sur un sujet...
shinoune a écrit : je n'avais pas l'intention d'apporter un témoignage aussi personnel mais là, ça me semble nécessaire
J'espère que tu n'es pas allée trop loin à ton goût. Il est émouvant, complet, touchant, éclairant, bref, un des messages qui me remercient d'être parmi vous... Je dirais même que ça donne envie de connaître mieux la technique.

Les médecins se sont encore magnifiquement comportés face à leurs limites... J'ai un peu honte, parfois, d'en être...
shinoune a écrit :Et, c'est très étrange à vivre, je me sens, à ces moments, comme dans un espace de moi inconnu, comme s'il me manquait quelque chose d'habituel, comme si je faisais un geste automatique pour prendre un objet et que l'objet ait été déplacé, je sentais un manque, une absence.
La douleur se manifestait par son absence.
Je ne sais pas bien exprimer cette sensation ...
Si, c'est tout bien, notamment avec ça :
shinoune a écrit : La psy l'a inscrit en moi, dans le trou laissé par la souffrance effacée. (...) Le principe étant de remplacer, voire d'équilibrer la trace mnésique laissée par le choc du traumatisme, par des souvenirs plus constructifs qui avaient été enfouis
shinoune a écrit : Le problème avec ce genre d'évaluation c'est que, malgré notre souci d'objectivité et même avec toutes les informations que l'on peut avoir en notre possession, nous aurons toujours le filtre de notre subjectivité, de notre positionnement par le vécu face à "la chose" à évaluer. Et quand on a souffert ou été proche de ce genre de souffrance, notre regard sera indéniablement différent de celui qui n'en a qu'une approche théorique et intellectuelle.
Certes, c'est en plus le lot de toutes les nouveautés, en particulier en sciences "dures" ou on nous apprend la démonstration, la répétabilité, la confirmation... Il faut des années pour que les traitements "descendent" jusqu'au praticien et/ou remontent jusqu'au politique.

J'allais écrire que tu étais une publicité vivante pour cette approche, mais certainement pas racoleuse : digne, attachante et belle, oui.
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Re: l'EMDR

Message par axolotl » ven. 28 déc. 2012 19:13

Pierre Kirool a écrit :J'allais écrire que tu étais une publicité vivante pour cette approche, mais certainement pas racoleuse : digne, attachante et belle, oui.
+1 (j'ajouterais "généreuse" à tes qualités)
shinoune a écrit :Bon là-dessus, j'arrête, je suis fatiguée de ce genre de discussion.
A chacun de se faire son opinion et de faire ses choix fonction de ses besoins et croyances.
Il y a de quoi être fatiguée... :-) Je voulais juste te dire un grand merci pour tout le temps que tu as passé à nous donner des éléments de choix. Tu as donné beaucoup de toi-même, ainsi que Shunbabyx. Je pense ne pas être la seule à me sentir vulnérable face à de nouvelles thérapies et je ressens tes explications éclairées comme rassurantes. A terme je vais devoir entreprendre une nouvelle thérapie et là, j'ai vraiment de quoi me faire une opinion et surtout comprendre sur quelles bases repose cette méthode. C'est essentiel.
« J’aimerais pouvoir m’exprimer avec mes sens. Les mots sont parfois très handicapants. »
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Re: l'EMDR

Message par shinoune » ven. 28 déc. 2012 19:44

Merci pour vos retours, je suis contente si ma participation a pu vous éclairer un peu. :-)

gec a écrit :Pendant cette thérapie, j'ai également eu un traitement médicamenteux (anxiolytique et antidépresseur), donc il est difficile de connaître l'impact de la thérapie EMDR et celui de la thérapie médicamenteuse dans la disparition des angoisses, cauchemars et dépression.
C'est assez facile à savoir, ce sont des médicament qui ne soignent pas mais aident à vivre ou à supporter les difficultés traversées.
Si on les arrête, les symptômes referont surface avec, selon le temps de consommation, des symptômes plus forts à cause du sevrage. C'est pourquoi, il s'agit de les arrêter très progressivement, sous avis médical.

En gros, selon les organismes individuels (le corps) les anxiolitiques cessent de faire de l'effet 4 à 5 heures après leur prise et le temps de sevrage (c.à.dire plus de malaises dûs à un arrêt rapide) environ une semaine.
Les antidépresseurs, eux, font encore de l'effet entre 1 à 3 semaines après l'arrêt (progressif, lui aussi).
Ce ne sont là que des approximation et il est exclu de faire cette démarche sans suivi médical, les conséqences peuvent être de très sérieuses décompensations, selon les individus.

Au delà de ces temps de sevrage, si les symptômes d'angoisse ou autres ne réapparaissent pas, ce n'est plus dû à l'effet des médicaments mais, sans doute, à celui de la thérapie, ce qui se confirmera dans le temps. Et si de nouveaux symptômes reviennent, il serait bon de refaire quelques séances d'EMDR pour finir de nettoyer ce qui n'était pas apparu sous la couverture médicamenteuse.


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PS : j'ai perdu la suite de mon message .... si vous le voyez passer, vous l'attrapez svp
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