La misophonie: bruits de bouche et compagnie

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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Toscane
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Re: La misophonie: bruits de bouche et compagnie

Message par Toscane » jeu. 14 déc. 2017 23:22

Merci Sann, d'avoir ouvert ce sujet, et tous les autres de vos témoignages.

J'apprends en le lisant que j'ai souffert de misophonie toute ma vie. Je vous passe la culpabilité d'une gamine de quatre ou cinq ans qui se croyait "méchante" ou "mauvaise" parce que détestant son père quand, à chaque repas, il faisait crisser les biscottes sous ses dents - alors que je l'aimais tout le reste du temps. Sans doute me suis-je (un peu) adaptée, mais les bruits de mastication et de bouche me restent insupportables, au point de tourner les talons devant quelqu'un qui m'attirerait dans tous les autres domaines.
Un autre bruit me fait souffrir - au sens propre du terme, il me déclenche chaque fois une douleur bien réelle dans les dents : le crissement d'un couvert sur une assiette, ou certains contacts de métaux.
Pour info complémentaire, au cas où tu établirais des statistiques croisées : synesthésie associée dans mon cas.

C'est toujours bon d'apprendre qu'on est pas tout seul à souffrir de ces particularités "inavouables" en société...

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Alysse
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Re: La misophonie: bruits de bouche et compagnie

Message par Alysse » mer. 27 déc. 2017 12:02

Incroyable ... c'était donc ça.... la "Misophonie"
Je suis sans voix prenant conscience de notre bizarrerie... :drunk:

Vos récits m'ont laissé d'abord un goût de culpabilité : mono-maniaque-des-petits-sons-et-de-la-bienséance mission impossible de ne pas reprendre la/les personnes concernées par tous bruits répétitifs de bouche, de mastications, de tapotages, de bruits de fer/papier/carton frottés ..... (d'abord poliment, puis cassante voir cynique ....fusillade du regard à l'appui) ... calvaire pour moi, enfer pour mon entourage. :tronco:

Puis cette acidité a évolué rapidement en amertume : mais pourquoi le plus grand nombre possède ce filtre naturel qui l'empêche de faire attention aux autres ? est ce que cela ne serait pas plus agréable si, ce filtre ne fonctionnant pas, cela lui permet, par exemple, de prendre conscience de l'incongruité de manger bouche ouverte (visuellement et sonorement pour la personne en face) ?

Pour finir sur une note suave et historique : est ce que les inventeurs des "règles de bonne tenue" étaient des misophones excessifs ? :rock:

Cerise sur le gâteau, pouvoir enfin se justifier :
"C'est pas ma faute : c'est ma misophonie ; donc merci d'arrêter !"
"L'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eue"(*)
:diabloo:

Blague à part .... au vue des témoignages, et de mon expérience, est ce que synesthésie et misophonie ne seraient pas un peu liées ?
Est ce que des statistiques ont déjà été établies ? Ne serait ce pas la même partie du cerveau qui serait sollicitée dans les 2 cas ?
Devons nous appréhender ces capacités comme des problèmes ? Si cela peut être compliqué à vivre au quotidien, est ce vraiment une tare ?
La sensibilité n'étant pas une maladie, ne devrions nous pas aborder leur point de vue comme des capacités positives ?

(*) G. Brassens - Mourir pour des idées

Chat-Ours
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Re: La misophonie: bruits de bouche et compagnie

Message par Chat-Ours » jeu. 28 déc. 2017 12:23

je suis TRES heureuse de pouvoir mettre un nom et une réalité sur ce phénomène qui me touche depuis toujours... chaque repas où mon père (qui fait des bruits de mastication ET de respiration particulièrement forts, mais ce peut être d'autres personnes aussi) était/est présent, et ou je me trouve à moins de deux mètres de lui, a été/ est une torture... jusqu'à lui en vouloir pour un motif que personne ne trouverait raisonnable. A m'en rendre malade/ appréhender chaque repas. Quant aux bruits de respirations, ils perturbent complètement ma propre respiration, mon propre rythme (je "perds" mon rythme instinctif) au point d'avoir l'impression d'étouffer / suffoquer. Je me suis toujours trouvée ridicule, handicapée et même crue "folle sur les bords" puis qu’apparemment, seule à éprouver ce genre de difficultés.
j'ai toujours mis ça sur le compte de mon anxiété/sensibilité exacerbée (mais inacceptable du point de vue des autres/ socialement inacceptables "Mais fais un effort !!!", donc j'ai évité d'en parler), le développement d'une certaine phobie, cristallisée par la répétition et qui donc ne voulait pas se soigner. Lors de ma restitution du WAIS, la psy a suggéré que je vivais dans une sorte d’hyper vigilance (similaire à certains aspects du choc post traumatique), alalnt de pair avec une "hyperconscience", et du coup, j'avais émis l'hypothèse en mon fort intérieur que ces réactions étaient directement liées à ces états...
Comme décrit plus haut, ce phénomène se produit avec de nombreux bruits répétitifs mais pas tous, sauf ceux qui ont contraire "me bercent", comme la pluie la mer... si je suis plongée dans un activité demandant de la concentration, j'en fais abstraction, mais une fois que j'en ai pris conscience, cela ne m'est plus possible, je dois fuir. Si je les perçois quand je tente de m'endormir ou s'ils me réveillent, il m'est impossible de retrouver le sommeil... (qu'est ce que j'apprécie de ne plus vivre en appartement, ou le moindre bruit me réveillait et je ne parvenais plus à m'endormir... j'ai toujours des problèmes de sommeil mais au moins, les sons, que je perçois comme des agressions, ne me rendent plus folle).

merci vraiment d'avoir ouvert ce sujet, j'en éprouve un soulagement immense... même si cela ne règle en rien la situation ^^

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Nots
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Re: La misophonie: bruits de bouche et compagnie

Message par Nots » jeu. 11 janv. 2018 13:48

Très étrange...

Effectivement, les bruits de mastications, bouche humide, et autre me dégoûtent au point de me rendre agressive, et je me barre.
Ceci dit, j'ai pu lire ici > Lien sur la misophonie - il semblerait que ce n'est pas valable quand le bruit vient d'un enfant ou d'un animal, or, les moments où je deviens complètement dingue et hyper agressive c'est quand mon chien se lèche les babines pendant des plombes (juré, il peut le faire parfois 20 minutes, ou plus, sans s'arrêter !!!! :colere5: ) ou qu'il lèche le sol, ou ses pattes, lentement, slurp... slurp... slurp... Rien que de l'imaginer... :tronco: hum !).

Le truc, c'est que les gens de mon entourage ne font pas se genre de sons, ou volontairement, pour m'énerver, et ils y arrivent très bien, mais ils ne le font que quelques secondes, donc j'arrive à m'en remettre...

Mais oui, ce bruit me rend complètement folle. Mais ce bruit uniquement.

Du coup, ce ne serait pas de la misophonie car trop spécifique et concernant un animal (?).......
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Re: La misophonie: bruits de bouche et compagnie

Message par sann » sam. 13 janv. 2018 15:48

Tous les bruits de mastication m'insupportent, indifféremment de la provenance. Mais je crois que ça a commencé avec les humains :)
Si ça vient d'un animal, je le tolère un peu plus cependant, car mon mental est plus indulgent à leur égard.
D'ailleurs, je pense vraiment que la méditation, bien maîtrisée, serait d'une aide formidable pour gérer ce problème.
:music: I just can't get me out of my beeed :music:

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Re: La misophonie: bruits de bouche et compagnie

Message par La louve » sam. 13 janv. 2018 18:26

Ma synesthésie, je l'aime ! Je vois souvent défiler les mots que j'entends, je personnifie des notions et des objets (exemples : je prête des caractères différents à certains objets si leurs couleurs diffèrent, pour moi juin est masculin et août est féminin).
J'en tire une grande satisfaction, une conscience d'avoir plus de gaieté, un complément de fantaisie. :rofl:

Par contre, la misophonie, c'est vraiment moche. Pas du tout le genre de bruits qui embellissent mon imaginaire et mes autres sens, c'est clair !
Qu'est-ce que j'ai détesté faire sentir ces réactions de rejet incontrôlables ! Mon pauvre grand-père, handicapé mais si fin intellectuellement, si drôle, qui me voyait devenir agressive et finalement partir à chaque repas de famille :(
Ce super mec, qui me faisait tant craquer à l'apéro, et qui m'était devenu insupportable dès les premières bouchées :violent:

C'est culpabilisant. J'explique, je passe pour une capricieuse, je me barre ou je cherche une diversion : je lance exprès des sujets sur lesquels tout le monde va monter au créneau, et où je peux me lâcher verbalement (mes nerfs étant déjà en pelote, y'a plus qu'à dérouler :devil: )


Pourtant, je n'entends pas mieux que d'autres (voire moins, une perte d'audition due au travail), aucun autre son ne me met dans cet état (les paquets de pop-corn au ciné, maintenant que j'y pense...).
Et non, les cronch cronch slurps de chiens ne me dérangent absolument pas, à mon grand étonnement. Les imitations de mastication m'agacent ++, mais pas au point de non retour des vrais bruits de bouche. Le bruit de certains bisous :$ ... ça, ça va :ensoleillé:


Alors Sann (et les autres ci-dessus), merci pour ce topic ! Je pars lire de ce pas les liens que tu as donnés.
Que les petites filles "surdouées" adviennent (...) que l'autorisation leur soit donnée de prendre place, sans attendre d'être parfaites pour se sentir le droit d'exister. Gianola, Les "surdoués" & les autres-Penser l'écart

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Re: La misophonie: bruits de bouche et compagnie

Message par Nej » sam. 13 janv. 2018 22:34

Je ne sais pas si ça vous arrive aussi, mais au delà du fait de m'énerver, ça m'écoeure... Quand je suis obligée de subir les bruits de mastications, j'ai une envie de vomir incroyable doublé d'un mal de ventre d'angoisse...

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Re: La misophonie: bruits de bouche et compagnie

Message par La louve » dim. 14 janv. 2018 10:34

Ah non, c'est juste une soudaine "colère", perso.
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Re: La misophonie: bruits de bouche et compagnie

Message par Neige » sam. 16 juin 2018 09:28

Merci pour ce topic ! Je voulais en ouvrir un sur le sujet, je suis contente qu’il existe déjà et de voir autant de témoignages.

Je pense être misophone depuis que j’ai découvert le terme il y a plusieurs années, mais je ne m’y suis intéressée de nouveau que récemment. Les bruits corporels sont insupportables pour moi à table, ils me donnent des envies de meurtre en plus de me couper l’appétit. Cela fait plusieurs années que je tiens à jour une liste mentale de voisins de table à éviter à tout prix, parmi lesquels figurent par défaut les enfants et les personnes âgées... Je m’en veux énormément, mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas manger à côté de quelqu’un qui ne mâche pas silencieusement, la bouche fermée ; il faut aussi qu’il se soit mouché avant le repas et se tienne correctement - pour le coup, oui, je pense que les règles de bonne conduite à table sont le fait de misophones ;)

Ces bruits provoquent immédiatement un sentiment de dégoût, puis de colère croissante à mesure qu’ils se répètent, jusqu’à la haine (qui je pense est bien attisée par le sentiment d’impuissance, l’impossibilité de fuir ou de faire cesser le bruit par une remarque, socialement peu acceptable).

C’est un vrai problème pour la vie de couple. :(
Je quitte la pièce dès que mon conjoint se dirige vers le placard où se trouvent les céréales, il est impossible de manger avec lui sans Youtube ou Netflix (et j’adorerais manger loin des écrans !).

Dans les transports en commun, je ne sais pas si c’est de la misophonie lorsque je suis dégoûtée par quelqu’un qui mange, parce que c’est un tout : le son, l’odeur, le fait que cette personne salisse le lieu, sa manière de se tenir, la possibilité qu’il fasse tomber des miettes sur moi ou me postillonne dessus...

Je me demande si d’autres sont dans mon cas : je suis violemment révulsée par tous les bruits corporels du matin. Les grognements, la toux, les raclements de gorge et tous les bruits que quelqu’un produit au réveil me provoquent un mouvement de mépris et de dégoût incontrôlable. J’ai lu le témoignage d’une personne qui disait ne pas pouvoir supporter les bruits d’origine humaine le soir (conversations, mouvements...), mais ça me semble assez différent.

Un point que j’ai vu revenir dans plusieurs articles et vidéos c’est que la misophonie est plus prononcée lorsque les bruits sont émis par un proche. Je pense que la déshumanisation est plus douloureuse et la culpabilité plus grande dans ce cas, d’où la difficulté des repas de famille ou en amoureux... Ça paraît logique pour tout les bruits « corporels » : mastication, respiration, tapotements, jambe qui sautille, je ne sais pas ce qu’il en est pour les bruits de stylos, de clavier ou de couverts par exemple. Pour moi, les bruits de bouche sont particulièrement insupportables lorsqu’ils proviennent de mon conjoint, mais tout ce qui est crissements ou claquements mécaniques m’énerve au même degré quelle que soit sa provenance.

J’ai toujours du mal à me placer entre la misophonie et la simple personne sensible aux sons et que tout énerve, mais il existerait bien des niveaux de misophonie, mesurés par un test : l’A-MISO-S1 ; je vous mets le lien de l’article où je l’ai vu apparaître, il y est aussi question d’une potentielle efficacité des thérapies cognitivo-comportementales.

https://www.revmed.ch/RMS/2015/RMS-N-46 ... s-clinique

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