Douance et reconversion professionnelle

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.
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Idem
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Douance et reconversion professionnelle

Message par Idem » mer. 30 janv. 2019 21:44

Salut, salut,

Bon, déjà, je ne sais pas si je suis dans la bonne partie du forum. Prévenez-moi, le cas échéant, et je reposterais ce topic dans une section plus appropriée.
(Idem, je n'ai pas trouvé de sujet traitant de cette question, mais peut-être ai-je mal cherché !)

Je me demandais si certains avaient eu dû faire face à des changements dans leur vie professionnelle après l'annonce de leur douance.

Je me retrouve dans le cas qui suit :
J'ai 25 ans, ça fait un peu plus de 2 ans que je suis sur Paris (j'y suis venu pour le taf), et j'en suis à ma 5ème entreprise différente. Je bosse dans le domaine du web, donc j'ai pas vraiment de soucis à trouver du travail.
Là où ça pose problème, c'est qu'il arrive toujours un moment (en général au bout de 3 mois, en moyenne, le temps de prendre mes marques) où je me lasse, et quand je me lasse, je pars (c'est quelque chose d'assez récurent dans ma vie).


La psy qui m'a fait passer le WAIS a émis l'idée que je m'étais potentiellement mal orienté. Et depuis, c'est comme si ça coulait de source. Je me suis toujours dis que je ne me voyais pas passer 5ans de plus dans le développement web, pourtant je n'envisageais aucune reconversion professionnelle (étrange comme idée, quand on y pense).

Maintenant, et c'est très probablement lié aux résultats du WAIS, je me dis qu'en effet, j'ai toujours été comme ça (à naviguer entre mes centaines de centres d'intérêt différents), et qu'il faudrait peut-être que je commence à me l'admettre.

En l'occurrence, je commence à songer à me réorienter dans la psycho, et plus particulièrement la neuropsycho/psycho cognitive. Jadis, j'eus tenté d'intégrer une formation en sciences cognitives (à Lyon, si ma mémoire est bonne), mais mon dossier de l'époque pouvait être considéré comme un boulet, m'empêchant de faire ce que je voulais (mais là n'est pas la question).



Il y a pas mal de data sur les vies professionnelles des personnes (T)HQI, mais je préfère avoir des témoignages, c'est plus parlant et sûrement plus raccord avec la réalité.
Si vous avez été dans mon cas (déclic + reconversion, suite, ou non, aux résultats du WAIS), ou si vous y pensez aussi, j'aimerais bien avoir vos points de vues sur la question.
Et ce serait encore MIEUX, si des gens avaient été dans mon cas, c'est-à-dire avaient envisagé une reprise d'étude en psycho (depuis la première année), et l'avait réussie (j'ai cru comprendre que c'était le cas pour certaines personnes du forum). :cheers:

Est-ce que vous avez déjà songé à une reconversion professionnelle ?
Qu'est-ce qui ne vous plaît pas dans votre métier/carrière actuelle, et qu'est-ce que vous rechercheriez, idéalement ?
Comment gérez-vous le switch permanent de centres d'intérêt ?
Comment gérez-vous l'ennuie au travail, ou l'installation d'une routine, ou de process répétitifs, quand c'est pas ce que vous cherchez ?


Merci par avance pour vos réponse :cheers: :cheers: :cheers:

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Bulle d'o » mer. 30 janv. 2019 23:14

Coucou,

J'ai longtemps été dans le social (j'ai commencé jeune, à 19 ans) et ca me passionnait mais j'ai su assez tôt que je ne ferais pas que cela (vers 25 ans). Et les fleurs ont pointé leur nez. Et puis la vie a fait que non...

Et 10 ans, plus tard, après avoir, pendant 16 ans, navigué dans une bonne dizaine de boite, rompu moultes contrats cdi et cdd aussi d'ailleurs, m'être stabilisée durant 7 ans dans la même boite (pour donner un semblant de "longueur de temps" en faisant au sein de la boite 4 services différents); j'ai fait une reconversion professionnelle et je suis devenue fleuriste.

J'ai bossé chez quelqu'un puis tenu ma boutique, puis re bossé chez quelqu'un puis... (ca, je le dirais à la fin).

Mais la douance n'a pas été le déclencheur. La reconversion a été en partie le déclencheur de mes questionnements sur la douance.

Maintenant, je bosse dans le social et je bosse également dans les fleurs.

La proportion serait de : 3/4, 1/4 environ, le social est ma base, les fleurs ma nécessité. Mais la réflexion du social est aussi ma nécessité sur l'épuisement du côté manuel exclusivement parfois de la vente des fleurs. Et? Ben, c'est comme ca que je me sens le mieux: je suis et fais les deux.

Voilà pour mon expérience.

Et je viens tout juste de vérifier que je suis HP. Y'a til un lien? Je ne sais pas. Un caractère, ca c'est sur, qui n'arrive pas à être qu'une tête d'analyse de situation ou qu'une manuelle manœuvrière.

(bon, les choix et l'équilibre se font aussi sur base de : vie concrète/besoins concrets, temps qui a fait son oeuvre, entêtement certain et une bonne dose d'énergie physique quand même...)
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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Fish » mer. 30 janv. 2019 23:17


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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par enufsed » mer. 30 janv. 2019 23:48

Alors je ne sais pas si mes changements de cap professionnels et personnels sont liés stricto sensu à la douance mais il est évident que j'ai toujours éprouvé rapidement de l'ennui souvent lié à un sentiment d'en avoir "terminé avec ça", pas nécessairement par manque de challenge (qu'on peut aussi s'inventer parfois au besoin) mais un peu comme si mon doigt avait passé sur toutes les coutures, ou comme si j'avais surpris le magicien en train de soulever la trappe.

J'ai connu pas mal de virages professionnels dont deux années par la case informatique où j'ai ressenti un ennui sans borne, jamais confronté au moindre défi intellectuel. J'en ai développé un paquet d'intranets et sites internets, et c'était l'éternel retour du même schéma et des mêmes structures SGBD. J'étais d'ailleurs devenu un mauvais élément car une fois on m'avait demandé de développer 3 modèles d'impression pour QuarkXPress...et j'avais produit une usine à gaz : un générateur universel...mais en une semaine j'avais fait un truc hardcore qui exigeait de la part des utilisateurs de potasser mon manuel de 50 pages pour sortir une page A4 :huhu: J'étais minot et je savais pas ce que signifiait gérer une boîte et des demandes clients...(le truc avec un banquier à la fin)
C'est un truc qui revient sans arrêt et je sais qu'il est illusoire de le fuir : l'ennui. J'ai repris des études l'année dernière, mon esprit était ultra stimulé, j'ai eu l'impression de revivre, et puis je retrouve la même université qu'il y a 25 ans, des étudiants qui chouinent pour tout et sucent encore le sein de leur mère à 40 piges, des profs blasés (pas tous heureusement) qui débitent leur thèse (tiens Beauvoir se foutait déjà de leur gueule), un environnement où on ne te tire jamais vers le haut. Deuxième année, je cherche parmi mes camarades de classe un vis-à-vis une émulation...mais non...pas pour l'instant.
L'impression d'un univers dans le formol, d'un jeu de dupe où tout le monde fait son blabla en sachant que la nouveauté pousse ailleurs. J'avais envie de partir sur une thèse mais je crains déjà (et ça me fait peur par rapport à cette lassitude récurrente) d'être confronté à la poussière des cerveaux qui ronronnent.

L'éternel récidive de l'ennui me ronge alors autant te dire que je le gère pas du tout. Après je te dirais volontiers : vas-y mords dedans, tant que t'as les dents pour, quitte à en avoir marre des oreillers qui endorment, autant les déchiqueter dans la joie. Mon cas n'est pas une généralité et je sais que des personnes trouvent leur "voie".
Par contre le WAIS m'a permis certainement de donner un nom (peut-être, parce que c'est quand même réducteur et facile comme procédé) à cet ennui et ce besoin de stimulation.

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Louise » jeu. 31 janv. 2019 08:49

2012 passation du test (tain, 7 ans déjà!!!)
2013 nouveau job
2014 sentiment d'étouffer dans nouveau job mais un peu coincée dedans (CDI public)
2015 Reprise d'études en psycho à distance, sans autre arrière pensée que "au secours, de l'air!!!". La reprise d'études me faisait un appel du pied depuis longtemps, parce que bon, le tampon HP ne m'a pas ouvert les yeux sur mes possibilités, j'ai toujours eu une confiance débordante en mes capacités intellectuelles :emo: , et puis y'avait pas d'enjeu, si j'y était pas arrivée, bin c'était tout, je laissais tomber, j'en aurais de toute façon sorti des trucs intéressants. Donc même sans test, je pense que j'y serais allée. En revanche, le choix de la discipline me semble être en effet directement liée à mon intérêt nouveau pour le HP (ou plus précisément à mon intérêt pour les particularités cognitives qui pouvaient expliquer le fonctionnement de mon fils aîné, il s'avère que depuis j'ai fait du chemin, et je pense que l'option HP n'était pas forcément la bonne, sauf qu'à l'époque je n'avais lu que JSF donc je pensais que HP = inadapté et hypersensible voire = troubles du comportement)
Today : Finalement ça se transforme en reconversion pro. J'y vais mais j'ai peur, mes jobs jusque maintenant étaient chiants mais ne risquaient pas de me confronter à l'échec, et là, bin si échec il y a, il y a de l'humain et des gens en jeu, donc ça met un peu la press' et fait ressortir un joli syndrome de l'imposteur qui avait été parfaitement planqué jusque maintenant.
Je finis actuellement ma seconde L3, à la rentrée de Septembre, si je suis prise (il y a une sélectivité de dingue dans la filière psycho), je rentre en master, en congé de formation professionnelle et adieu le bullshit job. (gniiiiii, joie, exultation)

Ah oui, et donc, c'est que du bonheur. A distance, ça fait disparaitre tous les trucs relous du présentiel, tu vas à ta vitesse, tu creuses si tu veux, tu poses autant de questions que tu veux (y'a des forums). A chaque nouveau semestre, je trépigne en attendant que les cours soient en ligne pour découvrir ce que je vais découvrir :cheers: . Les gens me disent "oh bin dis donc t'as du courage", et je crois que je perçois une lueur d'incompréhension dans leurs yeux quand je leur dis que c'était une question de survie.

Et en effet, je ne suis pas la seule ici :clin: . N'hésite pas si tu as des questions, sur ce fil ou en MP.

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Holi » jeu. 31 janv. 2019 12:04

Idem a écrit :
mer. 30 janv. 2019 21:44

Il y a pas mal de data sur les vies professionnelles des personnes (T)HQI, mais je préfère avoir des témoignages, c'est plus parlant et sûrement plus raccord avec la réalité.
Si vous avez été dans mon cas (déclic + reconversion, suite, ou non, aux résultats du WAIS), ou si vous y pensez aussi, j'aimerais bien avoir vos points de vues sur la question.
Le déclic pour moi n'est pas venu avec la découverte des résultats du test, en tout cas pas directement... Le déclic ça a été un burn-out qui a tout fait exploser en vol et qui m'a conduite chez une psy avec des questions et un mal être qui réclamaient des réponses.
Sur le moment je ne pouvais juste pas continuer comme avant, je ne rentrais plus dans le costume.
Le travail que j'ai fait depuis et la découverte de la douance m'ont permis de réaliser que je faisais depuis très longtemps un job (gestion et direction d'entreprises, de structures) qui ne me convenait pas.
Pourtant pendant de nombreuses années je m'y suis donnée à fond et là patatrac le grand vide et la nécessité d'une reconversion.
Reconversion, reconstruction, révolution... je tourne... Je cherche des pistes, je tire des fils. C'est long et difficile.
La question au delà du point de vue professionnel et de, beaucoup plus largement, trouver ma place, et de le faire à 55 ans !
Hors-sujet
je suis actuellement en recherche d'infos fiables sur le métier de médiateur professionnel. Si quelqu'un connait et peut me donner des éléments en MP :clin:
La vie n’est facile pour aucun de nous. Mais quoi, il faut avoir de la persévérance, et surtout de la confiance en soi. Il faut croire que l’on est doué pour quelque chose, et que, cette chose, il faut l'atteindre coûte que coûte.
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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par TourneLune » jeu. 31 janv. 2019 13:29

Je me pose aussi beaucoup de questions. Pas le moment pour l'instant de changer franchement de boulot mais je pense vraiment à développer une activité agricole sérieuse en parallèle de mon boulot. Mais il semble assez difficile de s'y retrouver dans ce milieu. Même si j'en suis quelque part issue, c'était y a 2 générations et entre les paysans autonomes qu'étaient mes grand(parents et l'agriculture actuelle, ce n'est plus du tout le même monde.
Pour l'instant je bugge sur des trucs aussi simples que quelques coups de fil... :cry: :cry:
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Louise » jeu. 31 janv. 2019 13:54

Les coups de fil c'est perso le truc qui me demande le plus de ressources cognitives, jamais je dirai que c'est "si simple"!!! (mais en effet, ça non plus la majorité des gens ne comprend pas :D)

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Holi » jeu. 31 janv. 2019 14:00

Moi non plus je n'arrive pas à m'expliquer pourquoi certains coups de fil sont si difficiles à passer, pourquoi je bloque bêtement, pourquoi ça demande un tel effort...
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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par nemo » jeu. 31 janv. 2019 14:11

Je suis en pleine problématique de reconversion également et notamment au milieu d'un bilan de compétence auto-financé (c'est dire la motivation). J'ai fait deux tentatives de sortie qui ont pris des allures de faux départs. La première dans un domaine artistique, la deuxième dans l'agriculture. Les deux fois, j'ai pas mal avancé dans le projet sans aller au bout pour tout un tas de raisons. La principale si je suis honnête, c'est que je flippais et que je me servais des obstacles les plus sérieux pour lâcher l'affaire. Sans doute que leur radicalité était également porteuse d'échec. Disons que j'ai bien intériorisé la peur de manquer d'argent inculquée très tôt par des parents qui ont galéré. Mais à chaque fois, je me reprends un coup au moral à l'idée de passer encore des années vissé à la même chaise.
Et pour répondre à la question du post initial, je gère très mal la pluralité des centres d’intérêt. Dans l'idéal, j'aimerais faire plusieurs métiers en même temps, mais j'ai l'impression (peut-être à tort) que le monde du travail est hyper spécialisé et que pour avoir la valeur ajoutée (quel vilain mot) nécessaire à la pérennité d'une activité, il faut être pointu dans son domaine. D’où la difficulté de choisir et pour moi la décision de passer par un bilan de compétence. Je sous-traite en quelque sorte le tri que je suis incapable de faire tout seul.
À plus ou moins mi-parcours, la tendance est aux métiers manuels à tendance artistique (seul dans un atelier en gros). Il semblerait que je doive passer par l'acceptation d'une baisse significative de mes revenus :D
Mais là, comme toi Tournelune (Edit: et les autres), je bloque sur les coups de fil à passer....

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Louise » jeu. 31 janv. 2019 15:02

@nemo , j'ai eu à ce jour (41 ans, dont 21 de vie professionnelle), à peu près 5 vrais projets de création d'entreprise, plus ou moins avancés. Ils ont tous avorté pour les raisons que tu cites (trouille), ayant elles mêmes à peu près les mêmes causes (parents galériens restant à vie dans un job de merde pour nourrir leurs gosses). Et pourtant l'objectif depuis qqs année,s c'est avoir besoin de moins pour bosser moins pour gagner moins.

Le truc que j'ai réalisé à force de suivre des MOOC de créativité et de créa d'entreprise, et qui m'a énormément soulagée et déculpabilisée, c'est que se dire : "hey j'ai une idée, allons y larguons tout, investissons notre peu d'épargne et gooooo, banco on vend la caravane!!!" (puisque de toute façon les banques te laissent peu le choix) bin ça marche pas, et que si on étudie de manière rationnelle et scientifique les créateurs d'entreprise qui réussissent : ils ne font pas ça!! du tout!!!, et que c'est complètement normal d'avoir trouille et de laisser tomber parce que c'est un risque énorme. En fait.. c'est sain.
A voir absolument : les travaux de la chercheuse indienne Saras Sarasvathy sur ce qu'elle appelle l'effectuation : https://www.youtube.com/watch?v=t5HZW4NqZ-E
Et un résumé en français : https://philippesilberzahn.com/2011/02/ ... ectuation/

Le truc, et qui marche aussi pour la reprise d'études, je crois, c'est pas de lister ce qu'on peut y gagner et au bout de combien de temps. C'est d'estimer ce qu'on est prêt à PERDRE, perdre comme temps, comme énergie, et comme argent. Quelle serait la perte minimum acceptable? Qu'est ce qu'on peut oser, et si on se plante ma foi c'est pas grave?
Et ça ça veut dire faire des petits pas. Imaginer ce qui peut se rapprocher du métier qu'on veut faire, et tester à moindre frais : bénévolat en asso, lancement d'un tout petit truc pour les potes, tentative sur notre temps perso, MOOCs, rencontres de gens. Et la vitesse à laquelle le réseau t'amène les trucs sur un plateau d'argent, c'est inimaginable. Je suis passée à 80%, financièrement, ça l'a fait (j'ai déménagé pour plus petit, aussi, mais comme je suis en pleine démarche minimaliste, ça collait :D).
Ça veut dire moduler le projet en fonction des opportunités et de comment on avance. En 4 ans de licence, j'ai dévié considérablement le plan de départ. Et c'est pas grave, c'est pour que ça colle mieux à la fin. A la fois à moi, mais aussi à la demande et à la réalité des choses!

Moi aussi je déteste l'idée d'un seul métier. Le libéral me parait vital pour la liberté et l'autonomie, mais je meurs de peur. Alors j'ai accepté l'idée de morceler, et le métier de psy s'y prête assez, vu qu'l y a peu de postes à temps plein, et d'au final être un peu salarié pour la sécurité, un peu libéral pour faire "ce que je veux", et un peu bénévole pour coller à mes valeurs (encore une fois c'est le plan ACTUEL :D amené à changer). L'autre avantage c'est que je suis déjà tamponnée, pas besoin de me vendre, ni de prouver ma valeur et de l'EXPLIQUER, c'est même moyennement déontologique (c'était aussi un gros frein pour la créa d'entreprise, mon incapacité à susciter l'enthousiasme avec mes projets géniaux pour moi mais inexplicables tellement je suis incapable de spontanéité orale).

Bref il faut lister avec honnêteté nos VRAIS freins, et après construire (ou laisser se construire...) son projet en gardant cela en tête. C'était moins inaccessible/difficile pour moi de reprendre 6 ans d'études et de déménager que la perspective d'un métier où il faut à chaque fois ré-expliquer ce qu'on fait et dire pourquoi on est meilleur que les autres, et (sueurs froides) donner un tarif, ou encore que la perspective du salariat mortifère dans une grosse structure jusque la fin de ma vie.

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par sandrinef » jeu. 31 janv. 2019 15:10

Bon, moi aussi je m’emmerde au boulot. Avant d’être maman pour la seconde fois, j’avais entrepris des études de psycho à distance, c’était vraiment cool et j’étais à fond. Mon objectif était de conserver mon activité libérale actuelle mais progressivement de la diminuer en contrebalançant avec une activité de psychologue. Bon, ma grossesse m’a fait choisir un autre chemin. J’ai fini par quitter ma liberté d’infirmière libérale remplaçante ( pas trop de papiers à faire et pas d’appels téléphoniques pendant mes jours de repos) , pour m’associer avec une chouette collègue comme je n’en attendais plus. Sauf que…
Je m’ennuie. Les mêmes patients à longueur de temps, les mêmes phrases, à la virgule près, le même prout de la même mamie à 7h, le même combat pour dégrafer le soutif de Mme X à 17h30, etc etc…
Ajouté à cela le fait que ça fait des années que je m’ennuie mais que je me dis que c’est pô grave…
Voilà, la coupe est pleine et je prépare ma sortie du monde de la santé, univers que je ne supporte plus. Je me suis reconnectée à mes désirs les plus profonds : les enfants et l’écriture.
Donc je prévois de passer la jurada de juin 2020( c’est loiiiin….), pour entrer en école calandrette et devenir regenta. Du coup, je bouquine, je m’avance, et je commence l’apprentissage de l’occitan. Mes jours de repos sont exaltants. Mes jours de travail me demandent une énergie psychique considérable.
Alors le lien avec la douance ? Je ne sais pas trop, car comme Louise, je n’ai jamais douté de mes compétences intellectuelles. Je ne sais pas quelle est la part d’ennui lié à la douance (mais je pense vraiment qu’il y en a une me concernant), et celle liée au fait que cette profession d’infirmière m’a demandé beaucoup, que je lui ai donné beaucoup, et qu’aujourd’hui il est temps pour moi de penser à rendre ma blouse blanche avant de mettre ma propre santé en danger.
"Le Monde ne te doit rien. Il était là avant toi" M.Twain

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par enufsed » ven. 1 févr. 2019 09:45

@Louise C'est très intéressant ce que tu dis sur le rapport trouille/risque/niveau de vie, et effectivement tu modères ce propos avec justesse à partir des conditionnements et freins propres à chacun.
De mon côté les choses fonctionnent d'une manière contradictoire : à la fois j'ai intimement besoin de moins qu'autrefois (quand je regarde mes dépenses courantes aujourd'hui ce sont essentiellement les livres qui me coûtent en dehors du nécessaire de vie, avant j'avais des goûts de luxe mais qui au fond ne parlaient pas de moi mais du rapport que j'entretenais, à tort, à la personne qui partageait ma vie) et d'un autre côté je suis issu d'une famille où le risque financier dans l'entreprise à toujours été présent et gagnant (financièrement et "patrimonialement", je ne parle pas du temps restant pour vivre proche de zéro). J'ai toujours vu mes parents investir, construire, et ensuite dire "bon il faut inventer l'argent qui va avec maintenant". Ce qui d'ailleurs reprend le fil de cette discussion, je pense que mon père a fabriqué de la réussite sociale en partie par ennui.
Dès lors je suis à la fois dans un dédain de la matérialité et en même temps devant un projet de construction pharaonique qui m'écrase sous l'emprunt suffisamment pour générer une urgence de rentabilité permanente à vie. Le frein est clairement celui d'une perte de confort et, j'ai honte de le dire parce que j'y vois une véritable faiblesse, une peur de perdre la face devant une attente que j'imagine des "autres" avec tout ce que "autres" a de nébuleux, c'est-à-dire à peu près personne d'autre qu'une construction fantasmée. Mais c'est inconsciemment que la chose travaille, comme si je devais m'inscrire dans une lignée de gens qui construisent des gros trucs en parpaings alors que c'est pas moi intimement. D'ailleurs c'est amusant parce que sans m'en apercevoir, tout en exerçant une activité souvent et facilement considérée comme écolo-décroissante, je me suis vu déjà traiter d'industriel et d'intensif (les mêmes critiques furent adressées à mes parents artisans, mêmes critiques qui sur le coup m'ont fait plaisir parce que précisément elle m'enchâssaient dans cette lignée décrite plus haut).
Au final reste dans les décisions de vie un subtil équilibre dont la frontière est difficile à percevoir entre prudence et lâcheté, et un tri réel à faire entre aspirations intimes et réponses aux conditionnements de toutes sortes. Ma soif permanente d'absolu me conduit facilement à un état de déception car là où beaucoup verraient de la prudence et un choix adulte, moi j'ai tendance à me regarder comme un lâche qui n'a pas osé se jeter dans le vide. Je pense que ce qui nous tiraille tous c'est vraiment ce sentiment d'être écartelés entre des désirs profond de liberté et d'accomplissement et des injonctions ou attentes, réelles ou imaginaires, formulées ou supposées. La problématique argent vient peut-être seulement en deuxième intention (À creuser et contredire peut-être)

*edit-complétion* j'ajouterai pour recentrer sur le sujet que si une étude devait être faite sur cette histoire de reconversion, il serait intéressant d'observer si cette question de l'accomplissement / inassouvissement et le déclenchement d'un projet de vie neuf sont plus présents chez des populations surdouées qu'ailleurs (et si cela est significatif). Forcément sur ce fil nous ne pouvons apporter que des témoignages. Pour l'instant j'ai le sentiment que le test n'est pas souvent déclencheur (malgré de nombreuses déclarations qu'on lit sur les présentations évoquant un "je vais devoir réinventer ma vie maintenant que je sais") mais que les virages ou les envies de coups de volant sont déjà présents depuis un moment. Donc oui ce serait intéressant de voir si cela est suffisamment présent dans la population HP pour constituer un "petit" marqueur.

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Louise » ven. 1 févr. 2019 10:21

Oui, j'avoue que je suis assez peu sensible aux injonctions et normes sociales, ce qui est une réelle chance.
Mais ce que tu écris me fait réaliser que ce n'est pas forcément constitutif de ma personnalité depuis toujours, et que c'est peut-être bien aussi parce que ma filiation, et même ma famille au sens large va complètement dans ce sens. Chacun a vécu sa vie selon ses choix, il n'y a pas eu de tradition familiale autre que celle d'aller explorer librement ce qu'on a envie d'explorer et de ne se laisser limiter par rien, ni par notre genre, ni par notre âge, ni par les thunes, même si on croulait pas sous l'or (je n'ai jamais, jamais entendu "c'est pas de ton âge" ou "c'est pas pour les filles)". Du coup, c'est plus simple de ne pas se sentir matérialiste, quand ça ne rejette/remet rien en cause de là où on vient, au contraire. Ma grand mère s'est mariée en pantalon et sans mariage religieux, ce qui ne parait pas forcément foufou, mais en Bretagne y'a 60 ans, quand même, c'était assez hors normes :D (et pourtant ne s'est jamais revendiquée rebelle, juste elle n'a jamais fait ce qu'elle n'avait pas envie de faire)
L'écologie par exemple n'est pas une valeur particulièrement forte chez mes parents, et je l'ai découverte et cultivée chez moi bien après d'autres qui m'ont plus probablement été transmises (pas forcément intentionnellement, puisque j'avais beaucoup de liberté sur mes opinions et valeurs). Et effectivement, même sans injonction ou pression, il n'est pas simple de mettre le doigt et de savoir quoi faire de cette histoire de "s'inscrire dans une lignée", ou d'en sortir.

*Je complète pour répondre à ta complétion*
Alors, je pense que faire des études, et a fortiori, reprendre des études quand tu as déjà une vie, demande clairement des ressources cognitives. Je ne sais pas si l'envie de la reconversion concerne plus les HP, mais la relation entre réussite (et aussi sentiment qu'on va pouvoir le faire), réussite simplement académique des études entreprises va forcément être reliée au QI.

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Armie
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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Armie » ven. 1 févr. 2019 14:20

Vu le thème, je me sens un peu obligée de sortir du bois :huhu:
Janvier 2015, je passe la WAIS. Psychothérapie dans la foulée. 6 mois plus tard j’étais inscrite à la fac.
Juillet 2018: je sors diplômée de la filière qui te tente, Idem. (en clinique)

Le test a-t-il joué dans cette reconversion?
Oui : par effet pygmalion. (Ego boost : je PEUX le faire !)
Non : car j’étais déjà dans une démarche désespérée de recherche de solutions à la crise professionnelle qui me tenaillait depuis le début de ma carrière, et la WAIS était une tentative parmi d'autres. Cela faisait déjà 6 ans que j’avais essayé toutes les combinaisons pour exercer mon premier métier sans trop souffrir. Fonctionnaire ; consultante ; petite association ; grosse administration ; en ville ; à la campagne ; un seul job à temps plein ; plusieurs jobs à temps partiels ; vie de bureau ; terrain ; télétravail ; beaucoup de collèges ; peu de collègues ; travail en équipe ; travail solo. Bref, je pense que j’avais fait varier tous les paramètres possibles avec plus ou moins de succès, certaines combinaisons se révélant moins pires que d’autres. Restait le problème de fond : ce n’était pas ma vocation. Or, impossible de ne pas en être malheureuse. L’ennui, pour moi, ce n’était pas juste inconfortable : c’était la MORT psychique. Le bullshit job me donnait envie de défenestrer en pleine réunion. Je ne saurais faire la part des choses dans cette intolérance entre ce qui vient de moi, ma personnalité, mes vulnérabilités et mes valeurs, et les modèles familiaux autour desquels j’ai grandi, de personnes passionnées de leur travail que j'ai toujours vues bosser soirs et weekends. Le tout m'a en tout cas rendue incapable de me contenter d’une vie qui ne commence qu'à 18h, accompagnée de l'insupportable blues du dimanche soir...

Voilà comment j’ai interprété mes résultats à la WAIS à l'époque : OK, tu as le droit d’arrêter d’essayer de correspondre à des fiches de poste rédigées pour 98% des gens dont tu n’es pas. Tu as aussi le droit d’aller vers tes points forts. Cerise sur le gâteau : tu en es capable.
La première année j’ai fait mes études par correspondance tout en bossant à 80% (et en cumulant une partie de la L2 et la L3, en vertu du dossier d’équivalence épais jusqu’au plafond qui m’a permis de sauter la L1 et d’échapper à quelques UE de L2). Le risque social et financier était nul : la reprise d’étude à distance est une activité para-taf comme une autre. Bon, mise à part le fait que tous les congés passent dans les regroupements, les révisions et les partiels, et que je passais tous mes vendredi et samedi en bibliothèque. Mais hé, certaines personnes écrivent bien des romans sur leur temps libre, nan ? Donc pourquoi pas une licence. La reprise d’étude a été à la fois une formidable bouffée d’oxygène (enfin remettre en route le cerveau ! Que de savoirs nouveaux et merveilleux à découvrir, apprendre, maîtriser ! ) et l’obligation de se montrer extrêmement humble et besogneuse face à la tâche (car qui dit remise en route du cerveau… dit rouille ! En l’occurrence je me souviens parfaitement du moment où j’ai ouvert le premier poly dont je ne comprenais pas une ligne, que je n’arrivais pas à bosser efficacement plus d’une heure d’affilée, que je débarquais dans un domaine où les autres avaient déjà 2 ans d'études au compteur... ). Il faut se montrer endurant, très endurant même. Mais quelle excitation… Cette étincelle qui revient dans le ventre, c’était ma coke. Le retour de la Joie… Et surtout, de l'envie d'excellence. Pour la première fois, une authentique envie d'excellence. Une fois la licence en poche, impossible de faire marche arrière...

Le master a été immensément difficile par contre. Le présentiel c’est tout ce qui m’était insupportable : la lenteur, l’inefficacité, la perte de temps, le décalage avec les vingtenaires, le statut étudiant, les grèves (argh), les angoisses financières, l’institution malade et dysfonctionnelle, le bulletin de notes qui devient plus important que le fond, la sensation d'être une parmi une multitude, l'affreuse pression de la sélection (je fais partie de la dernière promo à avoir été sélectionnée en fin de M1), sans compter les premiers pas dans ce nouveau métier : redevenir une professionnelle débutante, redevenir stagiaire ! (rien que trouver un stage: l'enfer sur terre), et j’arrête là parce que la liste est potentiellement infinie.
Heureusement que ma lucidité était voilée par mon enthousiasme : si j’avais su ce que j’allais endurer, je ne me serai jamais lancée. D’autant que je m’étais juré de ne plus jamais me retrouver dans une filière sélective ! Mais cela m'a toujours aidée de me souvenir que je ne choisissais pas comme nouveau métier "étudiante". Ne pas confondre les moyens et le but. Cette reprise d'étude n'est pas amenée à durer, et n'est pas représentative de la carrière qui va se dérouler derrière. Par ailleurs, l'escalade de l'engagement a du bon, quand il s'agit de nous aider à entrer dans un tunnel et à donner le meilleur de soi pour que ça marche. Et puis, le gros avantage du master, c'est qu'on se spécialise dans le domaine qui nous passionne le plus. Donc c'est de plus en plus difficile, mais aussi de plus en plus intéressant, nourrissant, décoiffant, super enthousiasmant.

Est-ce que ça m’a coûté ? Bien sûr. En efforts, en temps, en argent, en stress, en prise de risque, en épuisement. Énormément. Je crois que je suis à peine en train de m’en remettre. Ralentir son train de vie ? Ouais, le mien est stationné en gare depuis un bout de temps ^^. Et oui ça a des conséquences, sur plein d’autres domaines de vie.
Est-ce que ça valait le coup ? Immensément. Plus que ça: cela m’a littéralement sauvée. Aujourd’hui, je panache mon nouveau métier avec le meilleur de mon ancien métier, et je suis tellement passionnée que ça me fait peur, parfois :ensoleillé:
Moi qui pensais être de celles, de ceux, qui doivent se résigner à gagner leur vie sans ferveur… Mais fois qu’on a trouvé sa voie… Ce sont des milliers de portes qui s’ouvrent d’un coup. Je suis à l’aube d’une aventure merveilleuse qui se déroule chaque matin dans la normalité du quotidien.
Ma transition n’est pas encore totalement terminée (oui car la reprise d’étude n’est qu’une chose, vivre de sa nouvelle activité en est une autre, et alors que revoilà une montagne à gravir!), mais je ne regrette pas une seconde ma décision. Par contre je n’irais pas clamer sur tous les toits qu’il suffit de se lancer, de vaincre ses peurs et d'avoir un peu d'audace pour que l’univers s’aligne et que tout se passe pour le mieux. Oui, des choses dingues arrivent lorsqu’on commence à marcher dans la bonne direction, qu’on n’aurait pas crues possibles. Mais oui aussi, le bon chemin n’est pas nécessairement confortable : en l’occurrence j’ai eu l’impression d’escalader l'Everest en tongs tout en courant un sprint-marathon improbable. :huhu:

En résumé : des montagnes russes de l’extrême. Et la vie retrouvée.

PS : je déteste les coups de fil.

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par TourneLune » ven. 1 févr. 2019 14:34

En fait, c'est peut-être ça qui fait la différence à plein de niveau, dont celui-là: " Le bullshit job me donnait envie de défenestrer en pleine réunion. ".... La résistance à la frustration en quelque sorte...
J'ai quand même l'impression qu'elle est moindre dans les populations concernée par la doucance et qu'on trouve sur internet . Ca n'en dit pas tellement plus sur la population globale des surdoués par contre.

Et sinon je rejoins en effet Louise que si l'envie est potentiellement universelle et répartie dans la population, la capacité à le faire demande des moyens intellectuels particuliers.
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par So Hap » mer. 13 févr. 2019 11:28

Je trouve très intéressantes toutes vos réflexions. J'ai passé ma vie à ne rien construire par peur de ne pas y arriver. J'ai commencé même par choisir des études que ma mère me conseillait alors que ça ne m’intéressait pas (ça aussi, c'est un sujet que j'aimerais aborder, cette docilité face aux injonctions, l'obéissance à ce qu'on sait dénué de sens mais pas assez de force, de confiance en soi pour s'imposer). J'ai pris le l'énorme prétexte de devenir mère pour ne pas chercher à m'accomplir professionnellement. Mes enfants grandissant, je n'ai fait que des petits boulots plus ou moins satisfaisants mais jamais, je n'ai réussi à me projeter concrètement ( Dans ma tronche, c'était l'inverse) dans une profession, une carrière. Lorsque j'ai été testée, j'étais AVS (le job le plus frustrant qu'il m'ait été donné de subir). Je m'occupais d'un enfant handicapé moteur et HP. Il pétait les plombs tous les jours. Je pleurais ou hurlais tous les jours dans ma voiture en rentrant chez moi. J'ai été testée en décembre, en février, j'étais en maladie pour Burn-out, arrêt maladie prolongé jusqu'à la fin de mon contrat. Un an plus tard, je me barrai de chez moi. Il fallait tout recommencer, toute seule, la trouille au bide et je vous assure que c'est trouille est un euphémisme. RSA, dépression, nouvel amour chaotique, le package classique. Avec l'aide d'un organisme lié au conseil général, j'ai passé des mois à monter un projet de création d'une micro-entreprise en tant que rédactrice et animatrice d'atelier d'écriture (j'avais suivi une formation quelques années auparavant mais n'avais pas osé me lancer, si peu encouragée par ailleurs par mon conjoint)
Durant ces longs mois, je sentais que quelque chose n'allait pas mais avais-je le choix? Il me semblait que l'indépendance était la seule façon envisageable de m'accomplir professionnellement et de toute façon, il fallait que je gagne ma vie. J'ai œuvré à l'élaboration de ce projet tout en ruminant et ne sachant que faire de mon intuition.
Et puis un jour, une amie libraire chez laquelle j'aimais de temps à autre aider à ranger les bouquins, gérer les livraisons, me convie au restaurant. "Je ne m'en sors pas toute seule. j'ai besoin de quelqu'un et ce quelqu'un, j'aimerais que ce soit toi."
MAIS POURQUOI MOI??? JE NE SUIS PAS LIBRAIRE, JE SUIS UNE INADAPTÉE NOTOIRE, DEPRESSIVE QUI PLUS EST. TU VAS LE REGRETTER, J'AI PEUT-ETRE L'AIR VAGUEMENT DE FAIRE L'AFFAIRE MAIS TU VAS VITE TE RENDRE COMPTE DE MON INCOMPETENCE, JE SUIS UN LEURRE .
Je ne lui ai pas dit tel quel ce qu'"intra-muros" il était en train de se passer. Je lui ai seulement dit "ah bon tu crois? Tu es sûre? J'adorerais mais...bon... "
Elle a su ne pas ne pas faire cas de cette parfaite manifestation du syndrome de l'imposteur et depuis, c'est un ravissement absolu de travailler avec elle dans sa librairie. Et finalement, à ma grande surprise, j'ai assez vite senti que je n'étais peut-être pas un imposteur et qu'elle avait certainement eu raison de m'embaucher. J'aurais sans doute répugné à éprouver cette légitimité (toute relative) si j'étais restée dans l'ignorance de mon HP. J'avais tant lu et réfléchi sur les problématiques HP (le syndrome de l'imposteur étant très très très présent chez moi depuis toujours) que même si je n'étais pas totalement convaincue de mes compétences, j'accordais néanmoins le bénéfice du doute à mes doutes.
Ce fut l'occasion de jeter à la corbeille mon projet de micro-entreprise avec un indicible plaisir. Libraire avait longtemps été le métier de mes rêves mais comme mes rêves ne m'avaient toujours servi qu'à rêver, je ne l'étais bien sûr pas devenue.
J'ai eu du bol sur ce coup-là ou peut-être pas.
Quoi qu'il en soit, je mesure le degré d'importance d'exercer une profession qui fasse non seulement sens mais dans laquelle nous pouvons nous éprouver dans les multiples aptitudes sans l'exercice desquelles nous vivotons dans une frustration insupportable. En ce qui me concerne, ce boulot est la première pierre à l'édifice que je n'ai jamais construit.
Je souhaite à chacun et à chacune d'entre vous d'avoir cette chance que quelqu'un vous la donne.

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Re: Douance et reconversion professionnelle

Message par Traum » lun. 22 avr. 2019 15:18

Bonjour Idem,

J'ignore si tu passes régulièrement sur le forum, mais je vais tâcher de répondre à tes questions.
Pour situer : j'en suis à ma première reconversion professionnelle proprement dire, mais j'ai eu plusieurs réorientations durant mes études. Je suis psychologue, ce n'était pas mon premier cursus après le bac (je me destinais initialement à l'enseignement). Je suis en cours de reconversion vers la médecine. (Paradoxalement, je ne regrette pourtant pas mon métier actuel.)
Je n'ai pas repris d'études suite aux résultats de la WAIS-IV (sauf en philosophie, mais ça, c'est plus pour stimuler mes neurones que pour avoir un métier, ça ne compte pas vraiment comme une reprise d'études). (Et pour reprendre des études, il faudrait déjà que je termine les miennes.) :tmi:
Je n'ai pas non plus repris en psychologie depuis la première année. J'ai eu la chance d'obtenir une équivalence pour rentrer directement en deuxième année.
Idem a écrit :
mer. 30 janv. 2019 21:44
Est-ce que vous avez déjà songé à une reconversion professionnelle ?
Oui, à plusieurs, même. Parfois, je me dis que si les conditions de travail en tant que médecin ou psychologue deviennent trop insupportables, je me tournerai peut-être vers l'enseignement. Reste à voir si je tâcherai de me tourner vers l'enseignement universitaire (et dans quelle discipline ? mais j'ai un très bon souvenir de mon expérience d'enseignement universitaire), ou si ce sera pour les plus petits, et auquel cas, je fuirai volontiers l'Éducation Nationale (à mon grand dam idéologiquement, mais j'ai envie de pouvoir travailler autrement qu'en subissant son carcan).
Idem a écrit :
mer. 30 janv. 2019 21:44
Qu'est-ce qui ne vous plaît pas dans votre métier/carrière actuelle, et qu'est-ce que vous rechercheriez, idéalement ?
Je manque d'adrénaline, pour commencer. Et en tant que psychologue, on est rarement dans l'urgence absolue.
C'est ce qui m'a poussée vers médecine. De surcroît, être psychologue peut s'apparenter, en France, dans certaines conditions d'exercice, à être le larbin du médecin (alors même que les formations ne sont pas équivalentes et que les psychologues sont totalement responsables de leurs actes). Je n'en ai pas envie.
Idem a écrit :
mer. 30 janv. 2019 21:44
Comment gérez-vous le switch permanent de centres d'intérêt ?
Pas mal, en tout cas. Je suis habituée, c'est ma manière de fonctionner.
Idem a écrit :
mer. 30 janv. 2019 21:44
Comment gérez-vous l'ennuie au travail, ou l'installation d'une routine, ou de process répétitifs, quand c'est pas ce que vous cherchez ?
J'ai la chance d'avoir dans tous les cas une activité suffisamment variée pour parvenir à supporter les processus plus ennuyeux (rédaction de compte-rendus). J'ai aussi tâché d'automatiser certaines tâches pénibles et rébarbatives, histoire d'éviter de trop en souffrir.
Cela ne fait pas tout, mais ça aide quand même.
« Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. » Mark Twain

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