Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

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korosion
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Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par korosion » ven. 9 mars 2018 10:38

L'an passé moi et mes collègues avons participé à une formation Process Communication.
Il s'agit d'un modèle théorique d'adaptation de la communication destiné à faciliter les échanges professionnels comme personnels.
Etant donné que c'est un modèle qui fait pas mal d'adepte dans le monde pro, je pense que certains d'entre vous ont du suivre la formation, du coup je vous invite à partager votre expérience, sur ce qu'il vous a appris ou non sur vous.
Image
Pour ceux qui ne connaissent pas, vous pouvez lire ce petit résumé :
► Afficher le texte
Autrement, il y a cette page bien mieux écrite et bien illustrée, surtout assez exhaustive : http://bloculus.com/process-communicati ... damentaux/
Selon la Process Com, environs un tiers des personnes n'ont jamais eu de phase : leur caractère se définit essentiellement par un seul des 6 traits, les autres étant minoritaires.
Les phases, selon PCM, correspondent à un changement de "paradigme psychologique" consécutivement à un stress appuyé ou suite à un traumatisme. La plupart des gens ne développeraient qu'une phase en plus de leur base. Plus rarement, plusieurs phases se succèdent, on parle alors de phase vécue.
Voilà comment un profil type se dresse suite au test :
Image


Les (T)HPI invalident-il le modèle ?
Quand j'ai passé le test, j'étais convaincu que je serais de type rêveur et travaillomane. En effet, je suis de nature introvertie au travail, mais doté d’un esprit très cartésien et ordonné.
Lorsque j’ai reçu les résultats, le test m’attribue une base empathique et une phase rebelle. Il est aussi vrai que je suis très sensible au bien-être des autres et que je recherche du ludique partout.
Mais au global, quand je reçois le graphique, je constate que toutes mes barres sont remplies à 100% , sauf une (Promoteur, seulement aux trois quarts).
Le modèle affirme qu’on ne peut pas avoir plus d’une base et phase active, or je ressent mes phases définies comme "vécues" comme aussi importantes que ma base ou ma phase.

Serait-ce un trait propre aux personnes à HPI ? Avez-vous eu un ressenti similaire ?


Effet barnum ou bonne grille de lecture ?
Selon PCM, les besoin psychologique des différentes personnalités sont propres. Par exemple le travaillomane trouverait du plaisir à organiser un évènement, l’empathique se ressourcera avec le plaisir des sens et le rêveur aura besoin d’une retraite dans le calme absolu.
De ce que j’ai pu observer de mes collègues, la PCM tape plutôt juste. Bien entendu, ce type de théorie favorise fortement l’effet barnum d’autant plus qu’il semble globalement cohérent, mais certains traits étaient assez gras et soulignés.
Néanmoins, il m’a permis de mettre le doigt sur un de mes problèmes existentiels : il peut m’arriver d’avoir à la fois besoin d’être seul et de voir du monde, d’être libre mais de tout organiser, de détente mais aussi d’excitation. Cela peut-être une des clés de mon insatisfaction/déprime chronique.

Pour ceux qui ont suivi la formation ; quels ont été vos résultats ? Votre impression face au modèle ?

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Fu » ven. 9 mars 2018 19:37

Salut Korosion !

J'ai eu une journée de formation là-dessus, c'était il y a cinq ans alors je ne suis plus sûr des scores. Je me rappelle la question existentielle principale me concernant : « suis-je voulu ? », donc j'étais rêveur. Mais un deuxième score était très proche, peut-être avec la question « suis-je aimable ? », qui correspond à empathique. Les autres scores ne dépassaient pas 30 ou 40 %, de mémoire. Cela invaliderait ta théorie que les surdoués remplissent toutes les phases. Il faudrait que je fasse le test à nouveau pour retrouver mes scores.

À part ça, je n'ai pas trouvé la formation intéressante pour ce qui est de la communication, je ne m'en suis jamais servi par la suite. Mais c'est peut-être simplement parce que la formation était trop succincte. En revanche, je l'ai appréciée pour la connaissance de soi.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par korosion » ven. 9 mars 2018 23:35

Merci pour ton retour !

C'était juste une hypothèse, étant donné que la douance est souvent associée à des traits fort développés comme la sensibilité ou le goût pour le jeu en plus de la logique, qui ont des résonance dans des types différents selon la PCM.

Je n'ai pas donné d'avis sir ce modèle mais j'ai eu la même observation que toi. C'est un modèle assez peu évident à mettre en pratique dans la communication, peut-être qu'avec de l'entraînement et un métier qui amène à gérer des personnes sous stress cela peut servir. Cela dit, ça donne une trame de lecture de soi-même qui est intéressante, et l'expérience a fait du bien au groupe ce qui en soi était le but.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Za » sam. 10 mars 2018 03:59

Mais pourquoi serait-ce la douance qui remettrait ce modèle en question ? N'est-il pas tout simplement extrêmement réducteur, probablement basé sur les simples observations de son/ses créateur(s) ? Limité comme la plupart des classifications en "cases", qui font souvent illusion et très jolis, mais qui seraient bien en peine de rendre la complexité des comportements humains dans un groupe ? Bref n'est-il pas caduc pour la quasi-totalité des gens, dès qu'on creuse un peu ?

Après tout c'est un modèle de management... la volonté même du management, ça ne serait pas de simplifier à outrance ? voire d'écraser un peu les individualités, dans l'idée de les faire rentrer dans le moule rassurant du sacro-saint marché ?

(c'est rigolo de se dire que rentrer dans une case ferait sortir des autres... on peut peut-être se poser la question des cases elles-mêmes !)
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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Fu » sam. 10 mars 2018 09:54

Salut Za, je vois que tu as décroché les étoiles ! :lol:

Ce modèle n'est pas plus réducteur que différencier normal et surdoué avec un seuil de QI autour de cent trente, ou différencier l'infinité des directions sur un plan avec quatre cardinales. Comme beaucoup de modèles, il utilise une certaine simplification pour restreindre le nombre de catégories, sans quoi il ne pourrait tout simplement pas exister. Par ailleurs, il essaye d'identifier une base, un comportement par défaut chez une personne, mais reconnaît que l'on peut avec plus ou moins d'efforts agir temporairement selon une des six autres catégories. Enfin dans sa définition même il indique qu'une personne peut avoir différentes phases, pouvant durer des années chacune, dans lesquelles le comportement de la personne correspond à une autre des six catégories. Bref, la simplification est nécessaire et le modèle est relativement souple, je trouve que tu lui fais un procès d'intention.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Chacoucas » sam. 10 mars 2018 12:11

La nature d'un modèle est de se rendre efficace en fonction d'un but. Za soulignait bien la question du but. Et pour catégoriser ou comprendre les gens et la communication il y a de bien plus efficaces buts. (un but aussi se choisit en fonction de valeurs: refléter le réel ou l'efficacité de production n'amènent pas les mêmes modèles. ET ne sont pas dictés par les mêmes valeurs. Soit on cherche un profit, soit on cherche à comprendre...)
Ca a d'ailleurs deux noms bien différents: management et psychologie sociale. L'une étant la science, l'autre l'application économico-idéologique.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Louise » sam. 10 mars 2018 17:38

Chacoucas a écrit :
sam. 10 mars 2018 12:11
Ca a d'ailleurs deux noms bien différents: management et psychologie sociale. L'une étant la science, l'autre l'application économico-idéologique.
J'allais le dire mais ça a dégainé plus vite. C'est un peu comme dire que catégoriser en signes astrologiques c'est pareil que catégoriser en fonction du sexe, ou de la taille.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Fu » sam. 10 mars 2018 18:11

Je comprends. En revanche je ne sais pas comment vous identifiez la process communication (que je ne cherche pas à défendre, hein) comme de la psychologie sociale plutôt que comme du management. Pouvez-vous m'éclairer svp ?

PS : sommes-nous hors sujet ? Balises ou pas balises ?

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Louise » sam. 10 mars 2018 18:31

Non, je ne crois pas (?).
J'ai été regarder de plus près. Alors en effet, ce modèle a été développé par un docteur en psycho sociale, en collaboration avec la NASA, dans les années 1970. J'ai retrouvé la publi scientifique du modèle en 1985. On est là, en effet, au temps pour moi, dans le champ de la science/recherche.
Là où on en sort, c'est dans la finalité de cet outil (le chercheur observe, et donne l'information, c'est ensuite la société qui s'en saisit), sa non-réfutabilité (le modèle a cessé d'être objet d'étude et remis en cause), et qu'il a été déposé comme marque, et récupéré par une société commerciale dans un but lucratif.

Il y a des branches des sciences qui étudient ce qu'on appelle "la personnalité", sachant que d'ailleurs, on l'appelle de moins en moins comme cela, avec deux grandes écoles qui s'affrontaient et commencent à trouver la voie du milieu... d'ailleurs j'ai l'impression que ça se passe souvent comme ça...
Bref l'une des écoles s'attache à trouver des "traits" de personnalité, c'est à dire une variabilité inter-individuelle permanente, des traits qu'on pourrait attribuer à une personne dans toutes les situations, l'autre école s'attache plutôt à la variabilité intraindividuelle : ce sont les situations et uniquement elles qui dictent nos actes, réfutant quasiment l'existence de marqueurs permanents de la personnalité.
Il s'avère que les modèles du moment (avez vous noté à quels points j'aime les modélisations? :D) ont une approche contextuelle et dynamique : nous avons une forme de signature comportementale, un registre de comportements possibles, qui évolue au cours du temps, de nos apprentissages, et dans lequel nous allons piocher en fonction du contexte et des événements.

Alors les modèles qui prétendent réduire la communication d'un individu à 6 types semblent oui, extrêmement simplistes face à la complexité et la richesse de la personnalité humaine. Maintenant, dans un cadre "outil de management", cela peut peut-être suffire, en première approche, à aider les personnes en situation d'interaction sociale à appréhender des notions de différences de comportement, de croyances, de canaux de communication, et à repérer quelques invariants chez les personnes et améliorer eux mêmes leur communication (de toute façon déjà faire observer et réfléchir les gens, hein, ça devrait logiquement aider un peu...) Une sorte de grille de lecture grossière.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Chacoucas » sam. 10 mars 2018 21:32

Je rajouterais à ce qu'a dit Louise qu'en fait il est grandement question pour se repérer dans les modélisations d'échelle de temps. L'outil simplifié managerial peut très bien être utilisé comme elle le précise dans une entreprise à court terme pour tenter de rapprocher des collaborateurs qui se rejettent mutuellement et remettre en place une forme d'estime réciproque et de communication. En revanche ça reste une formule de situation très ciblée et ne représente rien de l'individu ni même des interactions hors de ce cadre pour lequel ça a été conçu.
Il s'avère que les modèles du moment (avez vous noté à quels points j'aime les modélisations? :D) ont une approche contextuelle et dynamique : nous avons une forme de signature comportementale, un registre de comportements possibles, qui évolue au cours du temps, de nos apprentissages, et dans lequel nous allons piocher en fonction du contexte et des événements.
de la même manière, là c'est vrai dans un cadre où l'on considère des adultes ou des identités "formées". Mais à l'échelle de la formation de l'individu je pense que les "traits" disparaitront grandement pour laisser la place à une conception dynamique.

Encore une fois tout dépend du but et du cadre donné à la question. Plus on prend large et de facteurs multiples plus on "change" les "vérités". Sur Terre la gravité est empirique. A plus grande échelle on commence à la penser de manière différente.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par korosion » sam. 10 mars 2018 21:54

Juste pour rétablir les choses, la PCM n'est pas en soi une méthode managériale bien que ce soit dans ce but que les entreprises paient des formations.

Dans notre cas, la formation a été donnée à un groupe de collègue à l'horizontal afin de donner des clés pour éviter ou désamorcer des moments de tension.

Pour une personne très intuitive dans les relations humaines ça sera inutile, mais il y a pas mal de gens qui ont beaucoup de mal à imaginer qu'il puisse y avoir des types de personnalités très différentes de la leur.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Chacoucas » dim. 11 mars 2018 11:02

Oui, mais avec ce modèle là comme avec des choses bien plus complexes et pourtant pas beaucoup plus appropriées pour décrire une personnalité diachroniquement et hors de son environnement de référence le plus stable (mbti, ennéagramme, tests de valeurs et orientations politiques etc.) il n'est pas vraiment possible de rattacher à un ou plusieurs profils quelque chose comme "HQI". Déjà à ma connaissance et à écouter Gauvrit il n'y a pas de profil clinique type du HQI. Pour le mbti on a bien quelques tendances majoritaires avec deux profils majoritairement privilégiés par les HQI, mais là encore ça ne signifie pas nécessairement la réciproque ni aucune exclusivité du profil ni du HQI.
Ces tests sont faits pour modéliser à un instant t une situation de communication problématique et proposer des solutions ou perceptions alternatives. Pas grand chose de plus. ET pour faire ça on a pas besoin en fait d'avoir une vue précise de comment est une personne, mais vaguement de quelle représentation d'elle même sera plus facile à intégrer pour elle parmi un petit échantillon de "types différents".
Ca reste par nature fortement subjectif et orienté sur un but qui n'est pas tant la connaissance de soi que la gestion non conflictuelle de relations dans un système humain orienté vers la productivité.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par korosion » dim. 11 mars 2018 21:37

Bien entendu, ça n'était pas mon propos. Je me demandais simplement si les HPI n'avaient pas une plus forte versatilité au sein de ce modèle, ce qui n'empêche pas d'avoir un caractère propre.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Za » lun. 12 mars 2018 07:50

J'arrive un peu tard, d'autres ont répondu beaucoup mieux que je ne l'aurais fait !
Mon but n'était pas le procès d'intention, simplement de pointer qu'il est périlleux de chercher les spécificités d'un groupe de personnes déterminé selon un modèle avec ses approximations, au sein d'un autre modèle totalement différent et sans doute encore plus approximatif.
Bref, puisque la douance n'est à l'heure actuelle pas corrélée à des traits de caractère particuliers, ça risque d'être très difficile de répondre à cette question !

Je reste dubitative quant à l'idée sous-jacente, qui reste quand même un peu que, comparativement aux autres, les surdoués "sortiraient plus des cases". Mis à part sur le plan cognitif, puisque c'est la définition du haut potentiel, je ne sais pas ce qui pourrait nous permettre de penser ça.
Et pour être honnête j'imagine que la majorité des personnes pourraient être "rangées" dans différentes cases et peuvent avoir ce ressenti que le modèle ne leur correspond pas tout à fait. Lorsque tu dis que les résultats étaient plutôt justes pour tes collègues, est-ce selon ton point de vue ou selon le leur ? Et qu'ont-ils pensé de tes résultats ? De l'intérieur on est toujours plus complexe que ce que les gens perçoivent de nous... Par exemple le fait d'avoir des besoins radicalement opposés selon les moments, une personnalité "paradoxale", est manifestement un ressenti très répandu, vu les résultats de l'expérience de Forer (http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/forer.html, j'imagine que tu connais, puisque tu parles de l'effet barnum).

Par contre c'est sûr que ça peut être utile dans la gestion des conflits : dans une situation précise, à un moment précis, ça doit permettre d'avoir une modélisation approximative qui peut effectivement aider à comprendre les autres. Surdoués ou non, du coup.

Juste une petite précision :
Fu a écrit :
sam. 10 mars 2018 09:54
Ce modèle n'est pas plus réducteur que différencier normal et surdoué avec un seuil de QI autour de cent trente,
... c'est exactement mon propos :)
Hors-sujet
ou différencier l'infinité des directions sur un plan avec quatre cardinales.

Euh là par contre non :huhu: parce que deux dimensions suffisent effectivement à décrire précisément toutes les positions, directions, déplacements sur un plan.

... Et pour les étoiles, tu as raison, et c'est bien grâce à toi ^^
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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par korosion » lun. 12 mars 2018 10:33

Za a écrit :
lun. 12 mars 2018 07:50
Je reste dubitative quant à l'idée sous-jacente, qui reste quand même un peu que, comparativement aux autres, les surdoués "sortiraient plus des cases". Mis à part sur le plan cognitif, puisque c'est la définition du haut potentiel, je ne sais pas ce qui pourrait nous permettre de penser ça.
C'était une simple hypothèse. Je suis HPI, j'ai eu un résultats très différents de mes collègues, je me suis demandé si un lien pouvait exister.

De plus, on attribue aux HPI des traits qui sont dans des cases différentes : il tient du travaillomane une forte capacité de réflexion et d'organisation, il partage avec l'empathique une forte sensibilité, il a en commun avec le rebelle le goût du ludique, ou bien encore l'intuitivité du promoteur.
Lorsque tu dis que les résultats étaient plutôt justes pour tes collègues, est-ce selon ton point de vue ou selon le leur ?
L'échantillon est trop faible pour être généralisé et il y a beaucoup de subjectivité en jeu, mais j'ai peut-être oublié de préciser quelque-chose : avant de recevoir nos résultats on a demandé à chacun dans quelles "cases" il se placerait lui-même (base et phase), et certains ont même tenté de classer les collègues. Sur cet exercice, les 3 étaient généralement d'accord, le trait principalement identifié par chaque moyen (soi, l'autre, le test) était dans le top 3 et dans tous les cas bien développé.
Et qu'ont-ils pensé de tes résultats ? De l'intérieur on est toujours plus complexe que ce que les gens perçoivent de nous...
La réaction a été "faut toujours que tu sois pas comme les autres, toi :wasntme:". J'ai été celui qui a été le plus difficile à cerner, que ce soit par moi, le test ou les autres.

Et pour cause :
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Même le formateur n'était pas parfaitement à l'aise à propos de mon cas...
Pour ce qui est de ma connaissance de moi, je reste un peu sur ma faim, et j'essaye de comprendre pourquoi je suis aussi développé sur chacun de ces traits, et comment les faire cohabiter.
Par contre c'est sûr que ça peut être utile dans la gestion des conflits : dans une situation précise, à un moment précis, ça doit permettre d'avoir une modélisation approximative qui peut effectivement aider à comprendre les autres. Surdoués ou non, du coup.
C'est l'aspect le plus intéressant de la méthode : quand des échanges naturels ne fonctionnement plus, en crise ou conflit, on sait sur quel mode communiquer pour être à peu près bien compris et faire redescendre la température.

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Chacoucas » lun. 12 mars 2018 12:35

Ca n'est pas supposé t'apporter une connaissance de toi. :) Ni diachronique, ni précise, ni générale. Du coup le dernier aspect mentionné n'est pas tant "le plus intéressant" mais plutôt "le seul".
Pour la connaissance de soi y'a plein d'autres outils bien plus précis, certains mentionnés plus haut, et tous ces tests sont basés sur la subjectivité. Donc en soi aucun n'est valable diachroniquement ni même en terme d'objectivité. De plus les conceptions identitaires les moins critiquables sont dynamiques, pas statiques: ce qui en d'autres termes veut dire que tu ne peux pas te connaitre sans intégrer un "toi" dans un "environnement" qui le forme. En interaction avec ce que tu y envoies. Tu vois un peu?
Et pour "le surdoué est" ben comme dit plus haut faut vraiment y aller avec des pincettes, il y a quelques traits souvent observés, aucun qui soit exclusif, et "les surdoués" ne se ressemblent pas. En MBTI on trouve "N" (intuitif) a priori significativement représenté autant chez les HQI que dans l'intelligence émotionnelle (et la validité de ce test reflète pas grand chose). Au delà de ce genre d'indice très vague et complexe à interpréter, on va aussi voir que le surdoué est bordélique et procrastinateur: ce qui ne colle pas au travaillomane et à l'organisation etc.
Ca déjà parce qu'une identité se fait sur plusieurs niveaux et qu'interpréter un comportement comme "organisé" ou "bordélique" en soi déjà ne reflète pas grand chose d'un fonctionnement.

En gros à ce jour y'a pas grand chose à fouiller vers "le surdoué est..." il n'est pas grand chose à part un score symbolique à la WAIS (la fameuse "barre" des 130 QIT qui repose moins sur un chiffre en soi que le concept de "2 écarts-types par rapport à la moyenne" (30 points...)) et tests considérés équivalents ou approchants (aux états unis on utilise des choses plus simples en général, pour les tests à grande échelle dans le monde du travail, et qui en soi sont considérés "révéler le potentiel intelligent" sans approcher la construction de la WAIS).

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Re: Douance et Process Communication : un modèle invalide ?

Message par Riffifi » lun. 12 mars 2018 16:41

Je rejoins Chacoucas et il me semble qu'un des biais les plus délicats à appréhender est le fait qu'on répond soi-même à ces tests qui portent... sur soi. Ce qui implique qu'on réponde :
- avec la connaissance qu'on a de soi ;
- avec la vision qu'on a de soi ;
- avec la compréhension toute relative qu'on a de ces questions (voire de ce qu'elles impliquent) ;
- avec des repères de comportement et d'expression qui sont très personnels (y compris quand ils sont fondés sur l'observation de ce que font "les autres") ;
- avec ce qu'on y met comme enjeu (exemple : j'y mets comme enjeu de comprendre ma personnalité, je vais donc essayer d'en traduire les moindres nuances ^^ je taquine).
De ce fait, il me semble assez logique qu'une perception de différence déjà présente se traduise dans ces tests. De même, le refus de privilégier un canal ou un autre (= d'être dans une seule case ?), ou la volonté de tout mobiliser, doit se traduire dans le résultat donné.

Je ne sais pas si les surdoués sortent plus des cases, et quand bien même ce serait le cas statistiquement, le biais reste et interroge sur ce que cela montrerait réellement : une différence de fond ou une différence d'expression, ou une différence de perception, de connaissance de soi, ou une différence de compréhension des mots, etc.
Où que tu sois, creuse profond. En bas, c’est la source.
Laisse les hommes noirs crier : « En bas, c’est toujours l’enfer".

(merci Friedrich)

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