Et si le test disait oui ?...

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.
jaqi
Messages : 64
Enregistré le : mer. 24 août 2016 21:51
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t7741.html
Profil : Diagnostic +
Test : CATTELL

Et si le test disait oui ?...

Message par jaqi » ven. 2 sept. 2016 02:21

Après le topic "Et SI le test disait non...", je pense qu'il serait intéressant d'avoir le questionnement inverse, "Et SI le test disait oui...".

Le topic "Et SI le test disait non..." illustre bien que nous sommes tous plus ou moins obsédés par un résultat que l'on voudrait positif, comme s'il n'y aurait que du bon à cela, et que du mauvais dans le cas contraire.

Personnellement je n'en suis pas si sûr, et je me pose la question de savoir si devenir surdoué serait une libération ou un boulet .


Quand je vois que des personnes âgées d'une vingtaine d'année ont été diagnostiquées surdouées, qu'elles aient eu un passé correct où se sont développées leurs qualités, ou pas, ne posera pas trop de problèmes, elles auront tout le temps devant elle pour travailler, rattraper le temps perdu, revenir sur ce qu'elles devraient être et débuter une vie d'adulte correcte.
Libération.

Quand des personnes le sont beaucoup plus tard, que leur vie est engagée (travail, famille, maison), mais qu'elles ont toujours plus ou moins tenu une ligne de conduite proche de ce qu'elles étaient, même sans savoir qu'elles étaient surdouées, pareil, même s'il y aura du boulot, ce sera surtout un agréable bonus.
Libération.

Mais quand on est dans ce même âge avancé, que l'on découvre que l'on pourrait l'être, alors que le parcours aura été plus chaotique, ce qui voudrait dire que l'on serait passé à côté de sa vie, que ses capacités auraient été anéanties, est-ce que finalement il ne vaudrait pas mieux espérer que le résultat soit négatif ?
Il y aurait beaucoup moins de boulot pour remonter la pente, mais aussi beaucoup moins de regrets, de sentiment de gâchis...puis de rancoeur aussi...
Libération ou boulet ?

Personnellement, je n'ai rien développé de ma scolarité, ai redoublé plusieurs fois, n'ai aucun diplôme, et à l'heure actuelle même si socialement j'ai réussi à remonter la pente et à avoir une vie correcte, basique on va dire, je suis frustré car me sentant trop loin de ce que je devrais être.
Alors, est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux mettre cet ego de côté afin d'être objectif sur la situation ?
Oui, pour la connaissance de soit ce serait mieux de passer le test, mais non il ne vaudrait peut-être pas mieux qu'il soit positif !
Car le problème n'est pas de le passer, pour se connaître, mais surtout de se mettre la pression en pensant qu'être surdoué " ce serait trop bon" !

Je pense que dans ce cas-là être surdoué donnerait la sensation d'une vie ratée, ne pas l'être donnerait la sensation d'une vie réussie.
Boulet...

Qu'en pensez-vous ?

Pour ceux qui n'ont pas fait le test, et si le test disait oui ?

Pour ceux qui ne sont pas diag+, votre position là-dessus, avec le recul ?

Pour ceux qui sont diag+, quels ont été par la suite les aspects positifs, mais aussi les aspects négatifs, notamment ceux que vous ne soupçonniez pas ?
Dernière édition par 1 le Za ; édité 0 fois
Raison : Topic renommé et modifié le 09/09 à la demande de jaqi pour y apporter des précisions ; les passages ajoutés sont en gras.
Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison
Michel Colucci

Avatar du membre
Grabote
Messages : 3522
Enregistré le : mar. 16 sept. 2014 20:08
Présentation : *
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : dans un village
Âge : 49

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par Grabote » ven. 2 sept. 2016 08:36

salut jaqi
c'est à partir de quel âge, "âge avancé" ?
jaqi a écrit :être surdoué donnerait la sensation d'une vie ratée, ne pas l'être donnerait la sensation d'une vie réussie.
Tu veux dire être diagnostiqué.e donnerait la sensation....
Un détail de formulation qui a son importance à mes yeux, car ce test ne changera rien à "qui tu es" et il me semble important de le souligner.
Après, je comprends ton questionnement d'autant que j'ai été diagnostiquée sur le tard et oui, il m'arrive régulièrement d'avoir cette sensation d'être passée à coté de ma vie, mais pas seulement à cause de la tarditude de mon étiquetage, il y'a bien d'autres facteurs en jeux.
Il ne me semble pas avoir jamais lu un témoignage exprimant le regret d'avoir passé le test pour cet effet pervers, mais bon, je n'ai pas tout lu ;)
Ah et je voulais te dire aussi, on en a un peu discuté par ici et il semblerait que personne ne soit diagnostiqué "surdoué.e", en général on parle de "haut potentiel", "haut quotient intellectuel "... des fois que ça changerait ta façon de voir les choses ...
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

Avatar du membre
Korrigan
Messages : 455
Enregistré le : mar. 8 sept. 2015 17:21
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : En attente d'un signal GPS valide...

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par Korrigan » ven. 2 sept. 2016 10:39

Grabote a écrit : Ah et je voulais te dire aussi, on en a un peu discuté par ici et il semblerait que personne ne soit diagnostiqué "surdoué.e", en général on parle de "haut potentiel", "haut quotient intellectuel "... des fois que ça changerait ta façon de voir les choses ...
Je plussoie, dans le terme surdoué, je trouve qu'il y a un côté "trop" doué pour être heureux...
Korrigan

"Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu'on en possède." Gustave Flaubert

"Là où règne force intérieure et confiance en soi disparaissent méfiance, peur et doute." Dalaï-Lama

Avatar du membre
Bradeck
Sèche-serviette
Messages : 1845
Enregistré le : sam. 28 juin 2014 00:25
Présentation : Houba houba hop!
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Brocéliande
Âge : 48

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par Bradeck » ven. 2 sept. 2016 11:42

Hello,

Alors oui, plusieurs personnes ont du mal avec le terme de surdoué, surtout à cause de ce qu'il véhicule comme clichés, de ce que nous-même nous projetons dessus.
Mais s'il n'est peut-être pas le terme le mieux adapté, il reste celui qui est le plus répandu, on peut donc aussi se demander pourquoi il gratte, au hasard supériorité/égalité - le faux débat, et faire la paix avec.

En passant, à propos du vocabulaire, un petit lien vers les règles du forum concernant ce point de sémantique en particulier.
En raison du manque d’intérêt suscité, la journée de demain est annulée (Ministère du nihilisme)
Pour raison d'économies, la lumière du bout du tunnel va être éteinte (Ministère du budget)

Avatar du membre
W4x
Le modo le plus gentil
Messages : 3694
Enregistré le : lun. 21 nov. 2011 23:19
Présentation : c'était là
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 36
Contact :

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par W4x » ven. 2 sept. 2016 12:13

Je vois dans ton message beaucoup de regrets, et le "devraient/devrais être" notamment m'interpelle. Le diagnostic offre une grille de lecture du comportement, des ressentis de la personne mais il faut faire la part des choses et se garder d'appliquer complaisamment ce filtre à chaque événement de vie, surtout rétrospectivement (je ne dis pas que c'est ce que tu fais, mais il faut faire attention ;) ).
Se savoir surdoué est effectivement positif pour la connaissance de soi, mais que mettre réellement "sur le dos" de ça, c'est autre chose. Donc de là à en nourrir des regrets c'est dommage. Le fait d'être surdoué n'oblige personne à "réussir", "s'accomplir" ou "réaliser son potentiel" dans la vie, pas plus que les autres en tous cas.
La scolarité est souvent ce qui cristallise le plus de regrets, mais à y bien regarder la reconnaissance du phénomène et surtout les solutions proposées ne sont finalement qu'assez récents. Donc oui on peut regretter une scolarité et un passé cahotiques, mais dans quelle mesure le diagnostic y aurait changé quelque chose, c'est peu évident. Pour le reste je ne vois pas bien en quoi le fait de se savoir surdoué change quelque chose dans ce que l'on est profondément, et par extension dans ce que l'on fait, et dans les interactions avec les autres. Chacun mène sa barque suivant sa nature, et peut suivant son parcours, regretter de ne pas avoir agi contre celle-ci*.

A toutes fins utiles, le sujet me rappelle celui-ci (merci Bradeck pour les autres), un peu tombé dans les abysses (un jour on fera du rangement, promis :P *).
Grabote a écrit : Ah et je voulais te dire aussi, on en a un peu discuté par ici et il semblerait que personne ne soit diagnostiqué "surdoué.e", en général on parle de "haut potentiel", "haut quotient intellectuel "... des fois que ça changerait ta façon de voir les choses ...
Hum, je ne suis pas sûr d'avoir bien saisi, on en a discuté où ? (passque c'est le titre du forum quand même :P ). Ceci dit la question du vocabulaire est effectivement assez fluctuante selon les préférences de chacun, le tout est de se comprendre (pour ma part j'aime bien "surdouay" 8) ). De même, la terminologie "diagnostic" est discutée, quoique sémantiquement correcte. [Maître Capello /OFF]

*
► Afficher le texte
Mathematics is a game played according to certain simple rules with meaningless marks on paper. D.Hilbert

Avatar du membre
Grabote
Messages : 3522
Enregistré le : mar. 16 sept. 2014 20:08
Présentation : *
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : dans un village
Âge : 49

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par Grabote » ven. 2 sept. 2016 12:51

J'avoue qu'on en a vaguement discuté et que le nombre de personnes ayant participé ne permet pas d'affirmer que ce terme n'est pas du tout utilisé dans les compte-rendu de test. Je voulais juste, tu l'auras compris W4x, enlever un peu de pression ...
Et certainement pas remettre en question le titre de ce forum qui ma paraît tout à fait pertinent quand on a l'intention de proposer des informations sérieuses et un espace de partage au plus grand nombre de personnes concernées par le sujet . ;)
W4x a écrit :
► Afficher le texte
:D j'avoue que ça fait pareil pour moi :1cache:
Mais ... bénéfice secondaire ? ... je procrastine moins :o !
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

Avatar du membre
Korrigan
Messages : 455
Enregistré le : mar. 8 sept. 2015 17:21
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : En attente d'un signal GPS valide...

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par Korrigan » ven. 2 sept. 2016 13:12

Contenu caché
Vous devez être inscrit et connecté sur ce forum pour voir le contenu caché.
Korrigan

"Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu'on en possède." Gustave Flaubert

"Là où règne force intérieure et confiance en soi disparaissent méfiance, peur et doute." Dalaï-Lama

Avatar du membre
W4x
Le modo le plus gentil
Messages : 3694
Enregistré le : lun. 21 nov. 2011 23:19
Présentation : c'était là
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 36
Contact :

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par W4x » ven. 2 sept. 2016 16:58

Tout à fait Grabote, j'ai réagi sans penser à l'échange que nous avions eu (merci !). Effectivement c'est une façon de s'enlever un peu de pression ;)
Mathematics is a game played according to certain simple rules with meaningless marks on paper. D.Hilbert

Avatar du membre
lady space
Messages : 2096
Enregistré le : ven. 18 févr. 2011 17:41
Présentation : vers mon orbite
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Alsace
Âge : 55

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par lady space » ven. 2 sept. 2016 17:45

Sinon (mode auto-promotion on) il y a aussi le topic sur la terminologie http://adulte-surdoue.fr/pose-des-quest ... rminologie (mode auto-promotion off) et l'excellent discours de Nadine Kirchgessner sur la terminologie dans son dernier livre "Les surdoués atteints de haut potentiel"...

Au niveau du fond de ton questionnement, je pense que cette impression de regret de ce qui aurait pu/dû être avec son corollaire de culpabilité et aussi de colère envers ceux qui n'ont pas su voir est une phase normale après la découverte de son propre surdon et de ce que ça implique. C'est aussi ce qui arrive à ceux qui ont été testés jeunes mais à qui on n'a pas expliqué ce que cette douance veut dire.

Mais cette phase cède progressivement - après analyse du pourquoi du comment ça se fait qu'on est passé à côté avant - sa place à un autre questionnement, bien plus constructif celui-là : "Et maintenant, j'en fais quoi ?"

En gros, je dirais donc que le boulet se transforme petit à petit en libération - question de changement d'optique.
Jeder ist ein Ausländer - fast überall.
(Slogan allemand des années 70/80 qui rappelle que nous sommes tous des étrangers quasiment partout dans le monde, sauf dans notre pays d'origine.)

jaqi
Messages : 64
Enregistré le : mer. 24 août 2016 21:51
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t7741.html
Profil : Diagnostic +
Test : CATTELL

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par jaqi » mar. 6 sept. 2016 04:09

Désolé pour le retard.

@Grabote
c'est à partir de quel âge, "âge avancé" ?
Je voulais parler de la quarantaine.
Quand je dis "avancé", je veux dire qu'à ce moment-là (en général) la vie est déjà bien rodée : famille, travail, maison etc...
Tu veux dire être diagnostiqué.e donnerait la sensation....
Plutôt
Un détail de formulation qui a son importance à mes yeux
Tout à fait
Ah et je voulais te dire aussi, on en a un peu discuté par ici et il semblerait que personne ne soit diagnostiqué "surdoué.e", en général on parle de "haut potentiel", "haut quotient intellectuel "... des fois que ça changerait ta façon de voir les choses ...
Non, mais merci de prendre la peine de m'aider à décompresser :$

@Bradeck
Alors oui, plusieurs personnes ont du mal avec le terme de surdoué, surtout à cause de ce qu'il véhicule comme clichés, de ce que nous-même nous projetons dessus.
Mais s'il n'est peut-être pas le terme le mieux adapté, il reste celui qui est le plus répandu, on peut donc aussi se demander pourquoi il gratte, au hasard supériorité/égalité - le faux débat, et faire la paix avec.
Oui, un peu comme un agent d'entretien que l'on renomme "technicien de surface"(que j'ai été)...je vois...
J'irai d'ailleurs voir ce qu'il y a là-dessus sur le forum un de ces jours, car vu mon opinion sur le sujet, si éventuellement je devais être diagnostiqué...heu...comment dire..."plus", je ne pourrais pas me prononcer de la même manière sans que ce soit sûrement mal interprété.
Alors que là, pas de craintes, car jusqu'à preuve du contraire je ne suis pas surdoué, ni HP, ni quoi que ce soit d'autre du même genre...
(bon, je crois que l'orientation de mon opinion est déjà bien claire)
En passant, à propos du vocabulaire, un petit lien vers les règles du forum concernant ce point de sémantique en particulier.
Merci, je l'avais déjà lu.
Mais tu aurais vu quelque chose de gênant de ma part, ou c'est juste pour profiter du contexte pour me le présenter ?

@W4x et lady space

Je comprends, mais quand même.

Si pendant des années quelqu'un fait du handball, en amateur, que cette personne s'est reconvertie plus tard en entraîneur pour enfants, que la majorité de ses relations sont dans ce milieu, que tout tourne autour, et qu'elle passe un test qui lui apprend que sa vocation aurait pu/dû être professionnel dans le football, pensez-vous qu'elle aurait souhaité ce verdict avant ? Qu'elle serait heureuse de l'apprendre ?

Alors pourquoi VOULOIR être "diag+" dans le même cas de figure ?

Car mon sujet porte aussi sur l'ego...ce traître qui ne pense qu'à lui...
"Ouiii, un petit diag+ , c'est très bon pour "moi" :devil: ", alors que pour "moi", il ne serait pas si bon...

Ca c'est bon pour celui qui aurait fait du foot en amateur, ou même du beach soccer, ce serait un plus, et là un ego valorisé ne ferait pas de mal, mais pour celui qui aurait fait du hand amateur ?

Oui, trouver son chemin par ce test, c'est bien, et d'ailleurs, de ce que j'en comprends, je me demande même s'il ne devrait pas être plus connu et généralisé à tout le monde pour cette raison.
Mais vouloir être "diag+" dans ces conditions ?

Donc je pense que pour cette catégorie de personnes(comme moi), elles devraient faire le test pour savoir, surtout et uniquement, l'ego se taire, et la raison s'exprimer.

Après, il en ressort ce qu'il en ressort et le boulot se ferait d'une manière ou d'une autre, mais le problème serait d'après moi de le vouloir à tout prix.

Je trouve que si l'on y regarde de plus près ça n'a pas de sens, ce n'est pas logique...c'est l'ego quoi...

Et vous savez quoi, pour être honnête, j'ai beau le dire et le penser, celui-là >>> :devil: , est toujours aussi présent...
Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison
Michel Colucci

Bodji
Messages : 117
Enregistré le : jeu. 14 juil. 2016 09:51
Présentation : par là
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 54

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par Bodji » mar. 6 sept. 2016 10:33

Bonjour Jaqi,

Ce qui nous gêne dans la vie, ce qui nous empêche de réaliser nos rêves, ce sont souvent d'autre problèmes que l'intelligence. La "super intelligence" peut être à la source de certaines difficultés qui auront des conséquences sur le chemin de vie, mais en soi elle est "neutre". Elle peut faciliter la réussite de nos projets, mais n'est pas indispensable. Une intelligence bien exploitée (même celle qui ne dépasse pas les normes), un tempérament affectivement stable mais audacieux aussi, de l'assurance en soi, des rêves, de la ténacité, du courage, de la curiosité, de la patience, de l'humour et de l'auto-dérision, un entourage social encourageant et bienveillant etc...... sont, je pense, des atouts plus importants. Et tout le monde peut choisir de les "créer" si il ne les a pas (ça prend du temps parfois, c'est vrai).

Il n'y a donc pas besoin de "super intelligence" pour atteindre nos objectifs, sauf bien sûr si l'on a des problèmes de "fonctionnement cognitif" qui n'ont pas été décelés et qui peuvent, très souvent, être traités et/ou amener la personne à développer des stratégies constructives d'adaptation qui la rendront parfois même particulièrement intéressante pour une entreprise par exemple (ici un article intéressant sur les succès des dyslexiques et des aspergers https://www.letemps.ch/economie/2015/04 ... ntreprises .. et ce sont juste des exemples).

Donc, si tu as eu des échecs, si tu as des regrets etc... (et là je parle de moi aussi, hein, je sais ce que l'on ressent à cet âge quand on regarde en arrière ...) il est utile d'en comprendre les raisons (et là le résultat du test va t'aider dans ce sens, c'est sûr !), mais elle vont probablement aller au delà de ce qui concerne l'intelligence. Et peut-être pleurer un bon coup dessus... car ces années ne reviendront pas c'est vrai. Mais tu pourrais aussi avoir 78 ans... (je pense à ma mère qui "se réveille" maintenant....et qui panique un peu car elle voit bien qu'elle est vraiment très âgée. Et pourtant elle se bat et fonce.... ). Donc relativise...

Puis tu mettras en place ce qu'il faut pour réaliser tes rêves du moment, surdoué ou pas, et chercher à trouver/développer tes forces intérieures pour les atteindre. Et l'ego, tu le feras de toute façon rôtir dans la cheminée :devil: (je rigole, il est parfois bien utile.. mais je te suggère de décider, vraiment, de ne pas lui laisser prendre toute la place)

EDIT : quand je regarde le titre du fil je suis peut-être hors sujet en fait... mais je voulais souligner que quand on commence une démarche de développement personnel (et pour moi aller faire un test QI en est une), on se retrouve très souvent je crois face à des regrets....et aux boulets que nous avons traînés.... après on peut porter un autre regard dessus, mais ça prend un peu de temps en effet :wasntme:

jaqi
Messages : 64
Enregistré le : mer. 24 août 2016 21:51
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t7741.html
Profil : Diagnostic +
Test : CATTELL

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par jaqi » mer. 7 sept. 2016 15:01

Salut Bodji,

J'ai bien conscience qu'une éventuelle douance ne serait pas la cause de tous les maux, et qu'il ne faudrait pas s'appuyer que sur celle-ci pour expliquer sa vie.

Et justement, ce que je dis, c'est que selon le degré de décalage entre son chemin et celui qui aurait pu/dû être emprunté, est-ce qu'il ne serait pas mal placé de laisser parler son ego, et de l'écouter, ce dernier prétendant qu'être surdoué serait le top ?

Sur le coup, apprendre que l'on serait surdoué donnerait beaucoup de réponses à certains problèmes rencontrés, certes, mais le revers de la médaille ne serait-il peut-être pas que plus il y aurait eu de décalage, plus serait difficile à vivre le verdict ?

Car il y a ceux qui ont été détectés tard, mais qui ont plus ou moins pu s'épanouir car leur milieu ou leur environnement s'y prêtait, et il y a ceux pour qui ce n'était pas le cas.
Pour les premiers ce serait la cerise sur le gâteau, mais pour les seconds ?

Je précise encore que je parle d'espérance d'un résultat qui serait mal placé, dirigé par l'ego plus que par la raison.
Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison
Michel Colucci

Bodji
Messages : 117
Enregistré le : jeu. 14 juil. 2016 09:51
Présentation : par là
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 54

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par Bodji » mer. 7 sept. 2016 15:43

jaqi a écrit : Sur le coup, apprendre que l'on serait surdoué donnerait beaucoup de réponses à certains problèmes rencontrés, certes, mais le revers de la médaille ne serait-il peut-être pas que plus il y aurait eu de décalage, plus serait difficile à vivre le verdict ?

Car il y a ceux qui ont été détectés tard, mais qui ont plus ou moins pu s'épanouir car leur milieu ou leur environnement s'y prêtait, et il y a ceux pour qui ce n'était pas le cas.
Pour les premiers ce serait la cerise sur le gâteau, mais pour les seconds ?

Je précise encore que je parle d'espérance d'un résultat qui serait mal placé, dirigé par l'ego plus que par la raison.
Je crois que j'avais compris tes nuances, mais en fait je sens en arrière fond pas mal d'inquiétudes quand même sur le résultat de ton futur test QI (et peut-être que je suis juste dans une projection, j'en suis consciente). Alors que, très subjectivement, je sens chez toi beaucoup de force de vie, de curiosité, d'envie d'avancer. Et ça, pour moi c'est tellement plus essentiel que le résultat du test, quel qu'il soit.

Sincèrement, je pense que le "choc" du décalage, si on se découvre HP sur le tard avec un parcours qui ne correspond pas à ce qui aurait pu être, et dans un contexte qui ne se prête pas tellement à intégrer de nouveaux projets, n'est pas si terrible que cela. C'est plutôt, je pense, un soulagement de mieux comprendre certains comportements, mécanismes. Je me répète un peu, mais "de toute façon", maintenant que tu avances, il y aura des regrets sur ce qui aurait pu être (et ce, même sans douance, car si ce n'est pas ça la cause de tes vécus compliqués ce sera autre chose que tu vas aussi découvrir). Mais libérer cet inconnu devrait, je l'espère, te donner de toute façon encore plus d'élan, de dynamisme pour la suite. Après, oui, le contexte est plus ou moins favorable à des changements c'est bien vrai. Mais si l'envie est là tu trouveras de toute façon une voie. Notre échange me fait penser à ceux avec ma coiffeuse. Je lui avais suggéré certaines lectures sur les HP, dans lesquelles elle s'est reconnue. Sans aller jusqu'à faire le test, et suite à nos discussions, un peu comme nous avons ici, elle s'est peu à peu autorisée à des projets personnels, à des rencontres avec des personnes hors de son milieu social qui l'ont épanouie. Elle aime son métier, et avoir quelques piliers de connivence et de discussion "vraies" autour d'elle lui suffisent à se sentir heureuse je crois. En fait, il n'y a pas besoin de tout changer dans sa vie. Rencontrer des personnes en irl qui nous comprennent, avec qui il y a une connivence c'est déjà un gros pas je pense. J'avais lu une étude sur le "bonheur". En fait, dans une étude longitudinale (75 ans quand même !) réalisée auprès de deux groupes d'hommes blancs venant de milieux très différents (article vulgarisé en français, faut que je retrouve la source originale) article en français , on découvre que le secret d'une vie réussie réside, pour les deux groupes.... dans la qualité des relations établies. Et ça, c'est accessible à tous. (on ne va pas s'arrêter ici sur les limites de l'étude qui ne porte que sur des hommes).

Sinon, je pense que tes réflexions sont très très légitimes et tu est très honnête face à toi-même . C''est vrai que c'est tellement, sur le moment, plus "gratifiant" d'être diagnostiqué HP que "normal". Tout le monde le vit je pense. Et en écrivant mon post, je m'adressais à toi, mais surtout, surtout à tous ces yeux qui nous lisent, qui doutent, ou qui ont été "déçus" et n'en parlent pas. Mais c'est vrai que j'y ai été un peu à la louche :lol: .

Plus j'avance, plus je découvre que "l'Humain" est merveilleux, imprévisible, touchant, incroyable de ressources. J'ai de plus en plus de peine aussi avec ces "classifications" HP ou non HP, et je suis un peu triste d'imaginer que certains soient "déçus" de leur résultat si ils ne sont pas HP. Mais c'est inévitable je pense, avant de se reprendre, dépasser ce sentiment et avancer.

(pff.. et je vais essayer de travailler un peu.. procrastination quand tu nous tiens... !)

EDIT : en fait les sources originales sont des livres (on peut cliquer sur le lien en français qui permet de les retrouver) et ci-joint un article dans un journal anglais de qualité (pour ceux qui ont des doutes :) ) article vulgarisé en anglais du livre original

Avatar du membre
Za
Messages : 2944
Enregistré le : lun. 15 avr. 2013 12:25
Présentation : C'était moi...
Profil : Diagnostic +
Test : WISC

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par Za » mer. 7 sept. 2016 15:47

Jaqi, ce "verdict", comme tu l'appelles, tu peux aussi choisir de le voir comme un prisme inédit pour l'avenir, pour ce que tu pourrais faire à partir de maintenant, non forcément le passer à la moulinette de ce qui est fait...

"Voilà, je suis comme ça, qu'est-ce que ça va changer à partir de maintenant ?"
Bien sûr, ça reste en partie conditionné par le chemin qu'a pris ta vie, mais après tout, l'être humain s'est toujours accommodé de multiples contraintes. Quel que soit le résultat, je pense qu'il y a toujours de nouvelles portes qui s'ouvrent...

Pour moi, à la "redécouverte" du diagnostic, malgré ma jeunesse ça n'a pas été bien loin : maintenant, je m'autorise à faire ceci ; je me dis que peut-être, un jour, je pourrai peut-être faire ça - je sais que j'en suis capable.
Et c'est avant tout un élément nouveau pour comprendre certaines situations, passées ou présentes, pour faire la paix avec aussi, et pour peut-être réagir différemment, pas forcément pour tout faire péter et repartir de zéro. Je n'y tiens pas - pourtant je pourrais me dire que j'en ai largement le temps.
Je me demande d'ailleurs si des personnes ici ont opté pour cette solution extrême, mais en tout cas je ne vois pas en quoi il faudrait forcément l'envisager, quel que soit notre âge.
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête...
J. Prévert

jaqi
Messages : 64
Enregistré le : mer. 24 août 2016 21:51
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t7741.html
Profil : Diagnostic +
Test : CATTELL

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par jaqi » mer. 7 sept. 2016 20:51

Merci Bodji et *Za*

Je pense arriver à voir ce que vous voulez dire.
Je dis "arriver à voir" car malheureusement je ne peux pas me projeter plus loin dans la pensée, la limite étant que je ne sais pour le moment pas dans quelle direction l'orienter.
Bodji a écrit : Sinon, je pense que tes réflexions sont très très légitimes et tu est très honnête face à toi-même .
Merci, mais en fait pas tant que ça :
jaqi a écrit : Et vous savez quoi, pour être honnête, j'ai beau le dire et le penser, celui-là >>> :devil: , est toujours aussi présent...

Sinon,
Bodji a écrit :Et en écrivant mon post, je m'adressais à toi, mais surtout, surtout à tous ces yeux qui nous lisent, qui doutent, ou qui ont été "déçus" et n'en parlent pas. Mais c'est vrai que j'y ai été un peu à la louche :lol: .
*Za* a écrit : Et c'est avant tout un élément nouveau pour comprendre certaines situations, passées ou présentes, pour faire la paix avec aussi, et pour peut-être réagir différemment, pas forcément pour tout faire péter et repartir de zéro. Je n'y tiens pas - pourtant je pourrais me dire que j'en ai largement le temps.
Je me demande d'ailleurs si des personnes ici ont opté pour cette solution extrême, mais en tout cas je ne vois pas en quoi il faudrait forcément l'envisager, quel que soit notre âge.
Il serait justement intéressant que les surdoués et non surdoués, diagnostiqués ou pas, donnent leurs ressentis, projections, avis ou expériences comme vous venez de le faire.

D'ailleurs, je me demande si je ne devrais pas renommer ce sujet, ou en ouvrir un nouveau, il en a été ouvert un pour le questionnement inverse, avec pour titre :
"Et si le test disait oui..."

Edit : topic modifié !
Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison
Michel Colucci

Avatar du membre
Finrod
Messages : 125
Enregistré le : mer. 14 sept. 2016 03:25
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS

Re: Et si le test disait oui ?...

Message par Finrod » mar. 20 sept. 2016 11:06

Je viens de lire ce topic et je ne peux empêcher les mots de Jaqi faire écho en moi et entrer en résonance...

Pour diverses raisons, j'étais plus enclin à souhaiter un résultat négatif plutôt que positif au début de ma lecture. Je suis coincé dans une vie pas vraiment choisie mais plutôt subie. Mais bref, je ne vais pas m'appesantir sur mon cas perso.

Le fait est que la douance ne se limite pas à la seule intelligence supérieure. Donc c'est vrai que le résultat ne va rien changer fondamentalement. Pour moi, ça ne sera qu'un chiffre qui n'aura pas vraiment de valeur. Par contre, le fait d'avoir la confirmation ou non d'une douance, dans le mode de fonctionnement, m'inquiète plus. Pourquoi ? Parce que je me dis que si j'avais été détecté plus tôt, j'aurais pu être accompagné plus tôt. Comprendre les choses plus tôt et apprendre à les gérer plus tôt. De ce fait, ma vie serait plus que probablement différente aujourd'hui.

Fabrice Bak parle de la recherche d'un guide dans sa conférence sur la douance adulte au Mensa Rhône-Alpes. Il parle de l'effet déstructurant en l'absence de celui-ci. Je m'y retrouve assez. J'ai toujours tout gardé, enfouis au fond de moi, mis dans un coffre. Et cette possibilité a été comme un tsunami qui a tout ravagé. Nouvelle introspection, remise en question... Mais je ne m'en fais pas. Avec le caractère que j'ai, je vais me relever et continuer à avancer.

En cela, je suis en accord avec les propos de Bodji et de Za. Quand j'aurais les résultats des tests, je devrais voir comment faire pour rebondir et avancer avec ces nouvelles informations en main. Refaire le passé ne servirait à rien. Merci à elles de m'avoir ouvert les yeux par leurs arguments.

Un autre point que Za a abordé m'a ouvert les yeux aussi. Même si j'avais été détecté à dix-huit ou vingt ans, ça n'aurait rien changé dans mes études. Pourquoi ? Parce que je n'avais pas le recul nécessaire à cette époque et que c'est des années plus tard que j'ai envisagé une autre orientation professionnelle. Mais impossible à concrétiser vu mon âge. Et c'est vrai que je disais toujours, avec le recul et SI j'avais les connaissances de maintenant, j'aurais fait autre chose. Mais c'est pas la détection qui m'aurait donné ces informations. Ça n'aurait donc rien changé au final.
"J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine" Stendhal

"Pour vivre heureux, vivons caché" disent certain(e)s. Pas trop d'accord. Vivons surtout libre ! Libre d'être soi-même !

Avatar du membre
Cadi56
Messages : 76
Enregistré le : ven. 9 sept. 2016 14:07
Présentation : C'est par là!
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 29

Re: "Devenir" surdoué, libération ou boulet ?

Message par Cadi56 » mar. 20 sept. 2016 12:10

Coucou à tous,

Jaqi, je trouve ce topic, et les réponses qui y ont été apportées, très intéressants. Je relève une partie de ton dernier post:
jaqi a écrit :Il serait justement intéressant que les surdoués et non surdoués, diagnostiqués ou pas, donnent leurs ressentis, projections, avis ou expériences comme vous venez de le faire.
Pour ma part, en tant que future testée, j'ai beaucoup de choses à exprimer sur ce que je ressentirais face à un diag +. Il est "dangereux" pour moi de le faire car cela rajoute l'espérance d'avoir ces fameuses pistes sur moi-même tant attendues. Or, je ressortirai peut-être de là bredouille. Quoique, suite à mon entretien préalable, je pense qu'il y aura forcément des choses à en retirer malgré tout. Bref...

Je tente quand même de donner mes suppositions quant à l'éventuelle découverte d'un diag + (résultats le 21 octobre)

Je commence à bien me connaître, et je ressens déjà tellement de modifications en moi, alors que je vis uniquement dans cette supposition et seulement depuis 3 semaines, qu'un véritable tsunami s'annonce en cas de diag +.

J'ai été rabaissée des années parce que considérée comme "trop rêveuse, trop utopique, trop sensible" et donc "trop immature", voire "nunuche". J'avais de nombreuses aspirations dans lesquelles je m'épanouissais totalement et auxquelles on m'a poussée à renoncer à force de dénigrements.
Face à mon émotivité, à mes "pétages de plombs" face à ce que je trouvais trop injuste, trop violent, trop trop trop... mon père m'a fait entendre que je n'y arriverai jamais dans la vie si je n'acceptais pas la société telle qu'elle est, ce que je m'évertue à faire contre mes propres valeurs. Tout cela car je serais trop "fragile" et qu'il me faut "m'endurcir".
De même, ayant souffert d'angoisses et phobies depuis ma plus tendre enfance, mes parents et ma sœur ont très vite pris le parti de m'abandonner dans mes démons considérant que je ne faisais juste aucun effort et que de toute façon ils n'avaient plus envie de chercher à me comprendre.
Ma fatigue constante a engendré cette fabuleuse étiquette sur mon front de "personne qui s'écoute vraiment trop".
Je me suis moi-même exclue parfois, ou mise dans la position d'une idiote parce que j'ai perdu toute confiance en moi, et j'imagine toujours que, étant "bizarre", "spéciale", je serai mal jugée.

Sauf que, sans prétention aucune, au plus profond de moi-même, j'ai toujours eu la certitude que tout ceci n'était pas une question d'immaturité car je me suis toujours sentie plus mature que les autres. J'ai toujours considéré que mes phobies, qui revenaient sans cesse et à tout moment, étaient un mécanisme spécifique de mon cerveau que j'ai justement eu le courage de supporter sans en finir avec mes jours, et ce n'est donc pas un "manque d'effort" ou du "gagatisme". Je sais également de quoi je suis capable dans un contexte où je peux pleinement utiliser mes atouts et m'épanouir, en étant un minimum valorisée. J'ai l'impression que je me suis perdue, abandonnée moi-même en route, et décrétée simplement "bête", "folle" et "immature" en grande partie à cause de l'incompréhension des autres, des gens que j'aime en particulier.

Alors, après toutes ces années à être jugée complètement de travers, à avoir souffert de cette confrontation entre mon analyse profonde de moi-même plutôt positive et l'analyse terriblement négative que les autres m'ont imposée, me plongeant dans un doute permanent sur "qui suis-je", ce serait une revanche considérable. Si il s'avère que tout ce que j'ai pensé de moi-même était juste, je vais sortir de ma prison intérieure, je vais exploser, j'ai bien peur que cela soit douloureux pour mes proches car j'aurai énormément de souffrances et de rancœur à exprimer.

Ce test, qu'il y ait diag+ ou d'autres révélations intéressantes, je le fais pour moi pour vérifier si j'avais raison et m'autoriser enfin à être moi, mais aussi pour que les autres entendent enfin toute la souffrance que j'ai endurée sans que personne ne la prenne au sérieux.

Si le diag est moins, de fait, je vous laisse imaginer la catastrophe inverse. Mais ça, c'est un autre topic!
Comme un arbre dont les branches poussent et s'entremêlent indéfiniment, à moins de lui couper les racines...

jaqi
Messages : 64
Enregistré le : mer. 24 août 2016 21:51
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t7741.html
Profil : Diagnostic +
Test : CATTELL

Re: Et si le test disait oui ?...

Message par jaqi » mar. 20 sept. 2016 22:48

Salut Finrod,

Je ne suis pas d'accord avec tous tes raisonnements, mais j'en arrive au même type de conclusion.

Coucou Cadi56,
Alors, après toutes ces années à être jugée complètement de travers, à avoir souffert de cette confrontation entre mon analyse profonde de moi-même plutôt positive et l'analyse terriblement négative que les autres m'ont imposée, me plongeant dans un doute permanent sur "qui suis-je", ce serait une revanche considérable. Si il s'avère que tout ce que j'ai pensé de moi-même était juste, je vais sortir de ma prison intérieure, je vais exploser, j'ai bien peur que cela soit douloureux pour mes proches car j'aurai énormément de souffrances et de rancœur à exprimer.
Oui, c'est un aspect qui pourrait ressortir aussi chez moi, bien que je pense pouvoir relativiser un peu plus vis-à-vis de mes proches. Tu sais, si tu apprenais que tu étais surdouée, tes proches seraient peut-être les premiers à "prendre", mais ce serait peut-être injuste, non ?

Comment pouvaient-ils savoir ce que toi-même tu ignorais ?
Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison
Michel Colucci

Avatar du membre
Cadi56
Messages : 76
Enregistré le : ven. 9 sept. 2016 14:07
Présentation : C'est par là!
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 29

Re: Et si le test disait oui ?...

Message par Cadi56 » mer. 21 sept. 2016 06:24

Finrod,

Ce serait injuste dans un sens c'est pourquoi j'écris tout ceci mais mon éternelle peur de faire du mal aux autres me pousserait probablement à me contenir, encore.

Cependant, une partie de ma colère serait justifiée. Elle l'est de toute façon, que je soi HP ou non. Ma mère a fait de son mieux, mais mon père ne m'a jamais écoutée, m'a toujours rabaissée, rejetant tout explication à tout cela autre que "c'est di gagatisme, qu'elle apprenne à s'endurcir"... Cette absebce de recherche, cette facilité à exclure toute "complication", n'a pas permis d'avoir des pistes plus tot. Mes premieres veritables explications sur mes phobies je les ai eu il y a 6 mois, apres des annees de recherche en solitaire.

Alors, dans un sens, j'en voudrais profondémment à mon père, comme pour beaucoup d'autres choses, d'avoir cru que ses propres réponses suffisaient, et de s'être enfermé dans ses rejets instinctifs de tout ce qui touche à la depression, au psy et à ce qu'il considère être de la faiblesse. Bref je m'égare, on n'est pas sur ma présentation.

De toute façon je suis en phase "je suis pathétique de penser être HP, alors que je n'ai pas de capacité particulièrement flagrantes". Donc mon topic d'hier matin me semble ridicule du coup lol

Je suis curieuse de lire d'autres témoignages sur la révélation de cette hypothétique, ou avérée, douance!
Comme un arbre dont les branches poussent et s'entremêlent indéfiniment, à moins de lui couper les racines...

Bodji
Messages : 117
Enregistré le : jeu. 14 juil. 2016 09:51
Présentation : par là
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 54

Re: Et si le test disait oui ?...

Message par Bodji » mer. 21 sept. 2016 06:39

@Finrod et @Cadi 56

Vos mots et vos réflexions me touchent et, Jaqi, tu as tellement raison
jaqi a écrit : Comment pouvaient-ils savoir ce que toi-même tu ignorais ?
L'hypersensibilité d'un enfant, son fonctionnement surprenant, différent des autres enfants n'aurait JAMAIS à être dénigré par des parents, quelles qu'en soient les raisons, HP ou pas. Mais c'est facile à dire, tellement difficile à faire comme parent quand on est si démuni face à cela, que l'on se sent incapable de répondre aux besoins profonds de son enfant et qu'il nous fait peut-être aussi douloureusement écho sur des points que l'on ne veut pas voir en soi-même (@Cadi59 que je viens de lire... je te comprends bien pour ton père, le mien idem... il lui a fallu des douleurs atroces en fin de vie - il y a à peine 2 ans, il avait 77 ans - pour oser montrer sa sensibilité qui était aussi vive que la mienne finalement. Mais parfois ça n'arrive jamais, et faudra faire avec, tu peux vivre sans ça, je t'assure. Mais c'est du boulot de développement perso, c'est sûr !)

Les prises de conscience sur le fait que l'on aurait eu le droit, comme enfant, de recevoir autre chose est douloureux, vraiment, c'est très fort. C'est aussi une belle énergie pour avancer. Mais c'est mieux, je pense, de libérer sa colère auprès d'un pro qui comprend tous ces mécanismes et qui nous aide à la tourner vers quelque chose de positif pour l'avenir. Qui nous aide aussi à nous libérer du regard faussé de nos proches sur nous, qui leur appartient, et qui n'a rien à voir avec qui on est vraiment. Cette conviction profonde que l'on est quelqu'un de bien, de très bien, qui aurait mérité que l'on s'en occupe et en prenne soin, c'est là où est la vérité. Il n'est pas nécessaire d'avoir l'étiquette HP pour avoir le droit d'être qui l'on est. Et ce qui sauve, ce de retrouver cette liberté, c'est un soulagement énorme. Et parfois, quand il faut trop changer son regard sur soi, l'aide extérieure est à prendre.

Avatar du membre
Cadi56
Messages : 76
Enregistré le : ven. 9 sept. 2016 14:07
Présentation : C'est par là!
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 29

Re: Et si le test disait oui ?...

Message par Cadi56 » mer. 21 sept. 2016 08:13

Bodji je trouve ton message clair, concis et très positif.

Effectivement, tout comme toi, je sais depuis fort longtemps que l'attitude de mon père n'est autre qu'une réaction à ses propres démons qu'on lui a appris à snober, et non appris à apaiser. C'est pour cette raison que j'ai, pour mon père, une haine très forte mêlé à une compassion et une peine terrible. C'est ainsi que je n'ai jamais été fichue de lui dire le fond de ma pensée, par peur d'éveiller en lui toute cette douleur qu'il s'évertue à masquer et à dompter.

Cependant, j'ai moi-même un petit garçon de 2,5 ans, et depuis sa naissance, je dépense une énergie folle dans la prise en compte de ses besoins, en étant très attentive à son tempérament propre qui, bien sûr, est encore à l'état de germe. je me remets perpétuellement en question et, par-dessus tout, je travaille encore plus que durant ces 20 dernières années, à trouver un apaisement intérieur pour l'accompagner au mieux dans ses propres difficultés.

Mon père a fait le choix, je dis bien le choix car il le revendique et l'impose aux autres, de ne pas s'écouter et de mettre sa douleur dans un tiroir qui manque d'exploser à tout moment. Tout ceci pour rester dans son rôle de père de famille qui maîtrise tout. C'est SON choix. Moi j'estime que nous sommes des humains, avons des sentiments et qu'avoir des émotions et des passages difficiles à surmonter fait partie de la vie. C'est en les confiant, en les exprimant, en cherchant à se comprendre, que l'on avance, que l'on fait face et que l'on évite de renvoyer nos névroses sur les autres.
Moi j'ai été inconsciemment sa poubelle à douleur. Merci le padre!

Je sais, je parais intolérante dans mes propos, mais comme je vous le disais, dans la réalité je suis bien plus mesurée, et ma vision très lucide de son enfance, de son éducation, de son blindage finalement, me pousse toujours vers la gentillesse et le pardon à son égard. Sauf que ma mère et ma sœur font pareil, ce qui ne l'a jamais poussé vers la remise en question. Tout le monde souffre, de fait. Quel intérêt?

Pour info, tout ceci peut-être développé dans d'autres parties du forum = ici et

Tu as raison Bodji, l'important et de trouver soi-même comment s'accepter, loin de ceux et celles qui ne comprennent pas, et de leur pardonner progressivement cette incompréhension. J'y travaille depuis des années, mais depuis que je suis devenue maman, je vois qu'il est possible, malgré notre propre passé, d'être bienveillant et à l'écoute avec son enfant. Et si une partie de lui reste un mystère, c'est à nous de l'aider à se comprendre lui-même, et non à se renier...
Sinon, autant ne pas en faire...ce n'est que mon avis bien entendu, absolument pas une vérité absolue. (là, il s'agit d'un autre sujet du forum = ici)
Comme un arbre dont les branches poussent et s'entremêlent indéfiniment, à moins de lui couper les racines...

Avatar du membre
Finrod
Messages : 125
Enregistré le : mer. 14 sept. 2016 03:25
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS

Re: Et si le test disait oui ?...

Message par Finrod » mer. 21 sept. 2016 08:37

Bonjour Jaqi,

C'est ton droit de ne pas être d'accord :) Et je le comprends. J'ai pris des raccourcis dans mes explications pour ne pas m’appesantir sur mon histoire. Mon parcours est plutôt.... chaotique, dirons-nous ? Mais comme énormément de personnes et certaines bien pire que moi. Je n'ai donc pas à me plaindre.

Cadi56, je pense qu'il y a méprise sur la personne. C'est Jaqi qui pose la question de l'injustice ;)
Vu que j'ai vécu dans une moindre mesure la même chose que toi, je peux comprendre ta réaction.

Je suis entièrement d'accord avec toi, Bodji. Mais ça va pas être facile à mettre en application. Raison pour laquelle je vais à l'encontre de mes habitudes et que j'ai accepté l'aide de personnes qualifiées à la douance.
"J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine" Stendhal

"Pour vivre heureux, vivons caché" disent certain(e)s. Pas trop d'accord. Vivons surtout libre ! Libre d'être soi-même !

Avatar du membre
Cadi56
Messages : 76
Enregistré le : ven. 9 sept. 2016 14:07
Présentation : C'est par là!
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 29

Re: Et si le test disait oui ?...

Message par Cadi56 » mer. 21 sept. 2016 11:12

LOL oui Finrod, tu as raison c'est bien Jaqi qui évoquait l'injustice, autant pour moi.

Pour le coup moi je me suis appesantie sur ma vie et au final je me suis plantée de destinataire LOL. Bien fait pour moi je n'avais qu'à pas m'emballer. Bon, dans les faits vous êtes tous destinataires de mes propos (je me rattrape comme je peux haha)

Par contre Finrod, ce n'est pas parce que d'autres personnes ont vécu des choses plus "dures" que toi que tu n'es pas en droit de te plaindre! Tout est relatif, et toute souffrance à le droit d'être exprimée. Je radote mais c'est important. Par contre, que toi, pour toi-même,tu ne souhaites pas te plaindre mais plutôt aller de l'avant en cherchant le positif, ça c'est une autre histoire! Moi personnellement j'ai besoin de pousser un cri de ras le bol pour me donner l'envie et le courage de casser les barrières.
Comme un arbre dont les branches poussent et s'entremêlent indéfiniment, à moins de lui couper les racines...

Avatar du membre
Finrod
Messages : 125
Enregistré le : mer. 14 sept. 2016 03:25
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS

Re: Et si le test disait oui ?...

Message par Finrod » mer. 21 sept. 2016 11:39

L'erreur est humaine, Casi. Ne te met pas martel en tête. Moi, ça m'a fait rire (clin d’œil).

Pour l'expression, je ne suis pas encore arrivé m'octroyer ce droit.
"J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine" Stendhal

"Pour vivre heureux, vivons caché" disent certain(e)s. Pas trop d'accord. Vivons surtout libre ! Libre d'être soi-même !

Avatar du membre
Gilles
Messages : 79
Enregistré le : dim. 16 oct. 2016 22:27
Présentation : http://adulte-surdoue.fr/presentations/ ... t7882.html
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Normandie
Âge : 38

Re: Et si le test disait oui ?...

Message par Gilles » mar. 15 nov. 2016 21:20

Au début, je me suis dit :"OK scolarité pourrie, mais vie pro et privée me vont bien", 10 ans dans la même entreprise et 14 ans avec la même personne. J'aime la stabilité, c'est très confortable. Si le test dit oui se sera donc la cerise sur le gâteau, je reprends cette expression lu sur le forum qui colle bien, je trouve.

Puis .... la prise de conscience (merci le forum et mon psy) du faux self, de l'imposteur, de résilience, de l'hypersensibilité, d'un peut-être trouble DYS. Déjà rien que là, la recherche du diag+ n'est plus si c00l.
Je me redécouvre, je regarde les choses autrement, je ressens surtout les choses autrement et c'est là que je commence à regretter. Il y a quoi encore dans le package ? Je suis plus vraiment sûr de vouloir savoir ... Vivre comme depuis toujours, au fond même s'il y a des moments difficiles, je me trouve assez chanceux dans l'ensemble
Ah oui ! Mon côté curieux va forcement prendre le dessus, enfin j'espère ah ah.

Quoiqu'il en soit, avant le test, j'ai le bilan orthophoniste à faire. Ça reste tout de même dans l'esprit de mon but premier à savoir, me connaître mieux et essayer de devenir meilleur ou tout du moins un peu moins mauvais ;-).
Désolé pour les fautes d'orthographe, je suis un artiste graphiste qui exprime comme ça son art.
Be happy, Be crazy, Be yourself.

Répondre