L'annonce de nos doutes aux proches

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Finrod
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Finrod » dim. 6 nov. 2016 15:40

C'est clair que j'en ai parlé qu'à quelques personnes dans lesquels j'avais confiance. Ou pas le choix (comme pour mes parents).

Mais tout le monde n'y croit pas. Tout comme moi. :lol: Mais je ne me fais plus de projection. Je me dis qu'on verra bien après les tests. Je suis plutôt du genre à me dire qu'il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions. Je pars du principe que si on se focalise sur le problème, on passe à côté de la solution. Dès lors, je me focalise sur les solutions possibles. Comme dans mon cas, même si je n'y crois pas, je garde en tête que c'est une des possibilités. Mais que ce soit positif ou négatif, ça va pas changer la personne que je suis. Ça me donnera juste des pistes pour mieux me connaître.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Turambar » mer. 9 nov. 2016 08:47

De toute façon, quand c'est aussi énorme, il faut procéder par étapes sinon tu t'en sors pas. Tu as déjà un gros chemin à faire avant de les passer, un chemin pendant, et un autre après qui est bien plus long. Donc, qui veut voyager loin ménage sa monture, et surtout : pingouins dans les champs, hiver méchant.

Et ça va forcément changer la personne que tu es : le fait de se tromper ou pas n'a pas d'importance, mais le fait d'avoir eu le courage de faire la démarche, c'est sacrément libérateur, et c'est vraiment déjà une victoire.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Dromadaire » dim. 15 janv. 2017 21:49

Bonjour,

J'ai lu ce topic avant de m'inscrire, me demandant si je devais annoncer cette fameuse douance, et à qui.

J'ai fait des erreurs.

Spontanément, en rentrant de chez la psychologue qui m'a donné mes premiers murmures, j'en ai parlé à mon copain. Il était un peu dubitatif mais une fois plus renseignée, on a un peu parlé du sujet.
Il a globalement compris que c'était important pour moi, mais ca ne semble pas important pour lui. Ce qui me rassure, en fait : il considère que si j'ai besoin de ca pour être plus sereine et me connaître mieux c'est tant mieux, mais ca ne changera pas la vision qu'il a de moi.

Ma meilleure amie, psychologue, a pris la nouvelle avec... Sa réponse de psychologue :D . Ouverte et même positive ("oui, j'y ai déjà pensé pour toi"), mais sans plus, me disant juste "seul le test te parlera".

Mes autres amis... Les deux à qui j'ai lâché le morceau (dont un HP, ce dont je me doutais très très fort et qu'il m'a confirmé au cours de notre conversation) étaient plus sceptiques, du type "mais non, les surdoués ce sont les gens comme Sheldon Cooper dans TBBT, toi tu es sociable, etc".


Sinon, je brûle de crier autour de moi que je vais passer les tests, tout en sachant que je vais gagner à la fermer et à attendre :
1) d'avoir les résultats
2) d'avoir pris du recul après les avoir passés
3) de savoir pourquoi je souhaite en parler.


Maintenant, j'en ai aussi parlé à un oncle dont le fils vient d'être diagnostiqué HP, et à mon père... qui, égal à lui même, m'a dit "les psy, je m'en méfie, c'est pas de la science", et "ne rentre pas dans une secte".
Sachant que je le soupconne très fortement d'être HP +++.
Bref, on en a parlé au téléphone, j'ai l'impression de l'avoir incité à se renseigner sur le sujet et à s'ouvrir un peu sur le sujet. Je lui ai déjà expliqué le fonctionnement "global" du test (le peu que je connais), parce que je sentais arriver le "oui mais toi tu as étudié les maths, normal que tu ai un bon score !".

Bref, je lui en ai parlé surtout parce que je pense que si le test est positif pour moi (et même s'il ne l'est pas d'ailleurs), il est fort probable que mon petit frère (mineur) "en soit" également. Et pour le coup, lui, je me demande si ca ne l'aiderai pas de le savoir...
Il a 16 ans, à cet âge, ca casse tout ou ca aide à se construire ? Je ne sais pas trop. Je lui en parlerai la prochaine fois que l'on se verra (nous ne sommes pas très proches...).

J'ai du mal à savoir où j'en suis. J'aurais aimé qu'on me valorise davantage petite. HP ou pas HP, j'ai le souvenir d'une grande frustration devant l'absurdité et la lenteur de l'école. Devant la bêtise des autres élèves. Devant l'incompréhension de la maitresse quand je lui demandais des devoirs en plus alors que je n'avais pas fini mon exercice ("t'es gentille maitresse, mais on a déjà fait le même exercice hier et avant hier, t'as juste changé les chiffres, je vais quand même pas le faire une troisième fois ?").

J'ai appris plus tard qu'on avait voulu me faire sauter une classe mais mon père avait refusé, il trouvait ca inutile...

Du coup, j'ai cette espèce de frustration un peu colérique au fond de moi, j'aurais envie qu'il reconnaisse que, peut être, il y "avait quelque chose" à faire de moi... Je sais qu'il le sait, il est très fier de moi, mais penser à l'école, au collège et au lycée fait toujours remonter cette espèce de frustration en moi.

Ceci dit, je ne sais pas si faire un "coming-out douance" me permettra de "régler" ca.


Bref, quelles sont finalement les bonnes raisons de l'annoncer à sa famille, à ses collègues, à ses amis ?
Est-ce que vouloir "guérir" ou régler quelque chose en est une ?
Est-ce qu'on peut vouloir juste être "reconnu à sa juste valeur" ?
Est ce qu'on doit juste chercher à en parler comme on parlerait d'une maladie ?

C'est encore un peu le bazar sous mes cheveux là !

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par carine » lun. 16 janv. 2017 00:02

Dromadaire a écrit : Bref, quelles sont finalement les bonnes raisons de l'annoncer à sa famille, à ses collègues, à ses amis ?
Est-ce que vouloir "guérir" ou régler quelque chose en est une ?
Est-ce qu'on peut vouloir juste être "reconnu à sa juste valeur" ?
Est ce qu'on doit juste chercher à en parler comme on parlerait d'une maladie ?

C'est encore un peu le bazar sous mes cheveux là !
Bonsoir,


Je ne viens pas apporter de réponses, juste également des interrogations. Je passe le test dans 15j et je n'en ai parlé à personne (j'attends les résultats même si ma psy ne semble pas avoir de doutes...). Et la question de l'annoncer aux proches, comme beaucoup, me poursuit jour et nuit...
D'un côté, avoir envie de le dire à mes proches pour avoir le droit de m'exprimer, de dire qui je suis réellement et expliquer mon fonctionnement et pouvoir en parler...
De l'autre, la peur de perdre des amis s'ils le prennent mal...
Pour mes parents, je me demande si, à leur âge, ça ne risque pas de leur faire regretter leur vie... comme le sentiment d'être passé à côté de qqch... Je pense que mon père est HP mais pas ma mère qui s'est toujours un peu sentie incomprise dans la famille, ou idiote... ce qui lui ferait comprendre beaucoup de choses, mais la connaissant, elle va culpabiliser de ne pas l'avoir compris... et ça risquerait d'être dramatique... :/
Ceci-dit, on sera obligé d'aborder le sujet à un moment ou un autre, car je pense que mon grand frère est HP et son fils, de 2 ans 1/2 également (il y a déjà beaucoup de signes!).. Ce sera d'ailleurs certainement la 1ère personne à qui je vais en parler...

Je vais suivre les conseils lus sur le forum : prendre mon temps après les résultats et pas me précipiter...
J'avais déjà fait une amorce en parlant de mes élèves surdoués et en parlant des livres lus.... peut-être qu'ils se seront interrogés...

Comme tu l'évoques, le fait de vouloir être reconnu pour ce qu'on est est mon interrogation du moment...
Quand passes-tu les tests?

Bonne soirée

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Dromadaire » lun. 16 janv. 2017 07:48

Bonjour,

Je me retrouve dans tes mots !

Avec la différence que j'en ai "un peu" parlé...

Ma demi-soeur étant enseignante (toute jeune, encore stagiaire !) racontait entre autres anecdotes que parmi ses élèves, elle en avait un Haut Potentiel, qui s'ennuyait en classe... J'ai lâché "ha, je passe le test bientôt".

Parfois, ça sort. D'autant plus qu'en ce moment, j'ai l'impression que tout le monde autour de moi ne parle que de ça, grâce au diagnostic de mon cousin (8 ans). Donc difficile de ne pas trépigner en criant "et moi, et moi !". Je me contentais aux fêtes de Noël de donner quelques explications sur son comportement à lui, sans parler de moi.
Histoire déjà de l'aider lui en expliquant à ma grand mère que non, ça ne marchera pas de lui dire sans arrêt "tu as un gros QI, tu dois donc réussir à faire ça/tu devrais y arriver", en expliquant à la ronde que haut potentiel ne voulait pas dire réussite scolaire ni "réussite dans la vie", etc.
Pour le coup ça m'a permis de déconstruire quelques préjugés tout en "préparant le terrain".


Je le passe samedi ! J'ai parfois du mal à penser à autre chose (puis mes schémas d'anxiété classiques et tous mes petits soucis reprennent le dessus et j'oublie pour quelques heures :D ).

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par carine » lun. 16 janv. 2017 11:47

Bonjour,

Je me retrouve également dans tes messages ;)

J'ai également préparé un peu le terrain mais sans du tout parler de moi. J'ai passé mes vacances chez mes parents et j'avais amené un livre "l'enfant surdoué" que j'ai laissé traîner volontairement dans le salon... au cas où qqn voudrait regarder... J'ai abordé le sujet en parlant de mes élèves mais je n'ai pas osé en parler davantage... alors que j'en ai eu l'occasion. Lorsque j'ai dit que nous manquions de formations sur le sujet et que pr bcp enfant surdoué = plus intelligent alors que ce n'est pas du tout le cas, ma mère a juste répondu "à notre époque c'était pareil" (sous-entendu = pas de formation et j'ai interprété qu'elle avait qqs connaissances sur le sujet mais je n'ai pas osé approfondir... ). Et puis, j'ai demandé à revoir mes bulletins scolaires pour comparer avec ce que j'avais lu... Mon père a dû faire des liens, je suis certains qu'il a dû faire des recherches sur le sujet depuis... ;) (j'espère!)

Je pense essayer de parler des comportements de mon neveu petit à petit mais pour le moment, tout le monde peut "rigoler" (rien de péjoratif) de ses phrases (à 2 ans 1/2 il fait de l'humour!) mais personne ne dit qu'il semble "plus avancé" que d'autres enfants de son âge (il parle très bien, il connaît de longues chansons par coeur, les étiquettes l'empêchent de dormir, il fait de l'humour...). Peut-être que je me trompe mais mon intuition me dit le contraire... Je vais essayer de lancer un peu de remarques pour que les parents prennent conscience, même s'ils doivent déjà avoir repéré certaines choses vu que mon frère a déjà répondu "ah! ton fils aussi fait ça, nous qui avions l'impression qu'il était très doué par moment, en fait non" (je modifie un peu mais c'était le sens relevé spontanément! de toute façon, rien d'étonnant à ce qu'il cherche à le trouver comme tout le monde pr le moment... mais ils doivent se questionner...). Pour mes parents, je me dis que soit il se sont déjà posés la question, soit nous sommes normaux pour eux vu que nous sommes pareils mon frère et moi :)

Je ne pense qu'à ça également... au point de très mal dormir et à hésiter à me mettre en arrêt pour pouvoir lire...
bonne semaine!

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Dromadaire » mar. 17 janv. 2017 09:30

carine a écrit :soit nous sommes normaux pour eux vu que nous sommes pareils mon frère et moi :)
Je pense que mon père pense un peu de la même façon.
Je suis moins "bizarre" et décalée que mon père et mon frère je pense (on se ressemble, mais je trouve qu'ils se ressemblent un peu plus que je ne leur ressemble). Et comme nous sommes les deux enfants qu'il a élevé, je ne pense pas qu'il nous considère comme étant "différents".
En revanche, quand je lui en ai parlé au téléphone, il m'a dit "par contre si tu me dis que tu penses que ton frère est dans les 2% plus intelligents de sa tranche d'âge oui ça c'est certain ! Un peu comme toi tu l'étais sûrement aussi. Mais voilà, je ne vois pourquoi en faire un foin". Euh mais... C'est à peu près de ça que je parle là non ?
Disons que j'ai du mal à aborder les autres aspects de la douance.
L'hypersensibilité, le côté "éponge", etc... Ca me renvoie à une image de fragilité et de faiblesse, et, dans mes relations avec ma famille, on a pris l'habitude de ne pas trop montrer ce que l'on ressent : j'ai toujours vu ça comme une faiblesse aussi.
Dans le monde "extérieur" (avec mes amis, mon compagnon...) ça a été un long travail sur moi d'accepter de montrer cette "faiblesse". Ce n'est d'ailleurs toujours pas gagné (j'ai du mal à trouver "la bonne distance"). Donc assumer ce côté avec ma famille est une lourde problématique pour moi.
L'ennui c'est que, si je ne l'aborde pas du tout, mon père (et ma belle mère, à qui je n'en ai pas parlé) risquent de voir surtout le côté "intelligent".

D'ailleurs ma belle mère, c'est un autre problème. Je ne sais pas si je vais lui dire ou pas si le diagnostic est positif. Si elle en entend parler par quelqu'un d'autre elle le prendra sûrement mal, et si je lui en parle... Et bien, malgré toute la tendresse que je lui porte, j'ai peur qu'elle le prenne mal également. Elle m'a souvent fait comprendre qu'elle me trouvait condescendante, froide, méprisante et j'en passe durant mon adolescence, et j'ai peur qu'elle prenne cette "révélation" comme une déclaration de supériorité par rapport à elle, à ses filles ? D'un autre côté, ça pourrait aussi lui faire "comprendre", l'aider à capter que le décalage profond entre elle et moi n'est pas de sa faute.

Voilà, je reste dans le flou de ce côté.
Par contre j'ai une réaction extrêmement bienveillante par mail de mon oncle, à qui j'en parle de manière assez ouverte : le fait que son fils ai été diagnostiqué l'a, je pense, poussé à se renseigner pas mal sur le sujet et le lire m'apaise beaucoup. Il perçoit l'enjeu du test pour moi, a l'air de trouver pertinent le fait que j'aille le passer et n'a pas besoin de longues explications ni d'être "convaincu".

Me voilà, je débite des logorrhées en racontant ma vie. Je sais que ce n'est pas le but du forum, mais au fond tout ça joue aussi beaucoup dans la façon d'appréhender le test...

Bon courage pour l'attente du test ! Je compte les jours. Me connaissant, la veille je n'aurais plus du tout envie d'y aller :D .

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Finrod » mar. 17 janv. 2017 12:06

Bonjour Carine et Dromadaire.

Je suis un peu dans le même questionnement pour le moment.

J'en avais un peu parlé à mes parents lorsqu'on avait commencé à douter pour la petite. Pas trop le choix puisque vu mes horaires de travail, ce sont eux qui s'occupent des enfants dans ces moments-là. Lorsque j'ai évoqué la possibilité pour moi, ma mère n'a pas spécialement bien réagi. Les stéréotypes sur la douance ont la vie dure... Mais elle a dû se rendre à l'évidence lorsque je lui ai montré les rapports.

Le problème se pose pour le reste de la famille. Le dire ou non, telle est la question. Je ne vais pas rentrer dans les détails pour ne pas polluer le post avec du personnel mais c'est compliqué. Une réponse tranchée ne peut être donnée rapidement. Trop de facteurs. Trop de susceptibilités à ménager. Dès lors, je pense pouvoir comprendre ton questionnement, Dromadaire, avec ta belle-mère et ses filles.

Aussi étonnent que ça puisse paraître, cet aspect là me pose plus de problèmes que la digestion des résultats...
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par carine » mar. 17 janv. 2017 15:58

Bonjour Dromadaire et Finrod

Peut-être pourrions-nous continuer cette discussion en message privé pour ne pas trop nous épancher sur le forum...?

Comme tu le dis Finrod, parfois c'est le fait de devoir le dire ou au contraire le cacher aux autres qui m'angoissent et non pas le résultat par lui-même qui personnellement m'apporte des réponses, ce qui me soulage d'un côté... Mais l'impression de ne plus faire partie de la majorité des personnes m'angoisse beaucoup... :tmi:
Vivre sans le savoir, c'était finalement assez facile.... Vivre en le cachant me paraît beaucoup plus complexe, surtout que je suis on ne peut plus honnête et que pour moi, ne pas dire, revient à mentir aux autres.... J'aurais toujours l'impression que mes amis ne me connaissent pas réellement... Ceci-dit déjà aujourd'hui mes amis ne me connaissent pas tous de la même façon... :think:
Et pourtant, je ressens bien qu'il y a des amis à qui vaut mieux ne pas en parler, entre ceux qui ne comprendront pas, ceux qui risquent de me claquer la porte et ceux qui risquent de faire de l'humour sur ça à toute occasion... et ceux qui je pense peuvent comprendre mais dont j'appréhenderai énormément de perdre leur amitié ou que cela change qqch...

Les témoignages de ceux qui l'ont annoncé pourraient nous aider.... ;)


Quelques pistes dans ma façon d'annoncer :
Je vais me laisser le temps de digérer (et déjà de passer le test :lol: ) et je pense que la 1ère personne à qui j'en parlerai sera mon frère vu que je suis sûre que son fils est concerné...(il rentre à l'école en septembre donc je me fixe de leur dire d'ici là pour qu'il soit tout de suite aidé dans son appréhension de l'école...).
Je prépare gentiment le terrain : j'ai abordé le sujet de l'enfant surdoué en parlant de mes élèves, je fais remarquer qu'il parle déjà super bien et que c'est impressionnant la logique qu'il a, qu'il fait de l'humour, qu'il est sensible... Je leur ai proposé de lui montrer le dessin animé "les petits einstein" et mon frère m'a dit qu'il adorait! bref, je sème les petites graines.... certains mots doivent déjà raisonner chez mon frère :lol:

Le plus dur sera certainement pour ma belle-soeur.... et pour mes parents, pour le moment ma psy m'a dit de ne pas leur en parler vu le peu raconté sur ma mère, elle m'a expliqué qu'elle s'est construite toute sa vie sans cette info, et que l'annonce serait certainement un gd chamboulement... mais je me dis qu'avec son petit-fils reconnu comme tel, elle le saura forcément un jour.... bref, beaucoup de questions en suspend!


Sinon, vous aussi vous avez le cerveau en ébullition en attendant les résultats? J'ai l'impression qu'il fonctionne sans arrêt, la nuit je me réveille et je ne pense qu'à ça (en supposant que j'arrive à m'endormir!)... En général, à chaque fois que j'ai consulté un thérapeute c'est justement car je n'arrivais pas à endormir mon cerveau.... |-) J'en arrive à regarder des films pour arrêter un peu de penser...

Bonne journée!

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Turambar » mer. 18 janv. 2017 10:02

Quelqu'un disait sur ce forum : "quand je n'arrive pas à dormir, tant pis je fais autre chose : j'écris, je regarde des trucs".
C'est normal d'avoir le cerveau qui surcarbure dans ces moments-là. Avant de passer les tests, je carburais à fond, après aussi, ça commence à se calmer.
Pour les annonces, c'est clairement important de ne pas se précipiter, même si on a une petite voix qui hurle et qui urge. A l'annonce des résultats, j'avais envie de hurler à tout le monde que j'étais "normal dans mon anormalité", je pense qu'il faut juste vivre ces moments, et identifier d'abord les personnes en qui on a une confiance absolue pour en parler. Il y avait je crois un billet des tribulations d'un petit ###Charcutier-zingueur en reprise d’études ### qui était très bien là-dessus.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par carine » mer. 18 janv. 2017 16:26

Turambar a écrit :Quelqu'un disait sur ce forum : "quand je n'arrive pas à dormir, tant pis je fais autre chose : j'écris, je regarde des trucs".
C'est normal d'avoir le cerveau qui surcarbure dans ces moments-là. Avant de passer les tests, je carburais à fond, après aussi, ça commence à se calmer.
Pour les annonces, c'est clairement important de ne pas se précipiter, même si on a une petite voix qui hurle et qui urge. A l'annonce des résultats, j'avais envie de hurler à tout le monde que j'étais "normal dans mon anormalité", je pense qu'il faut juste vivre ces moments, et identifier d'abord les personnes en qui on a une confiance absolue pour en parler. Il y avait je crois un billet des tribulations d'un petit ###bipède asthmatique à poils laineux### qui était très bien là-dessus.

Merci pour ta réponse.
Pour les annonces, j'ai décidé d'en parler en 1er soit à mon ex, qui m'a avoué il y a qqs temps qu'il pensait être HP, ce sera donc facile d'aborder le sujet, soit à mon frère qui est certainement HP également mais bien refoulé...

Je vais aller voir le blog...

Bonne journée

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par mirliton » sam. 23 mars 2019 13:49

Bonjour à tou(te)s,

Désolé de déterrer ce topic qui commence à dater un peu...
J'ai décidé après lecture de ce forum et intense réflexion d'annoncer hier soir mes doutes à ma femme et éventuellement la possibilité de passer un test.
Ne sachant trop comment elle prendrait la chose, j'ai mis les formes, ou, du moins, essayé.
Au final, un sourcil relevé, après un instant de silence, elle me répond "j'en étais sûre, tu gagnes toujours au Scrabble!" :D .
A ce jour, je ne sais pas si je suis intelligent + ou -, mais je sais que ma moitié est une génie de la dédramatisation! :inlove:
Ou alors on se fait peut être des montagnes avec des collines...
Bien à vous
Quand le sage montre les étoiles, le sot regarde le doigt et le surdoué se demande si on ne verrais pas mieux avec un télescope.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Mikirabelle » dim. 24 mars 2019 15:35

Ne soit pas désolé, au contraire, c'est sympa de faire remonter un fil et de l'enrichir de sa propre expérience :clin:
Le meilleur moment de la journée, c’est quand on va se coucher (Chanson Plus Bifluorée)

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Olympe » mar. 26 mars 2019 13:17

Après lecture de tous les messages postés ici, je me permets également de poster mes doutes

Alors non je ne suis pas testé même si j’y pense sincèrement. J’hésite à en parler à ma compagne, ça fait un moment que le soir notamment je suis dans ma tête et qu’elle voit bien qu’un truc deconne. Mais disons que j’ai la fâcheuse tendance à être agacé quand on comprend pas ce que je dis. Dans ma tête ça va vite et j’ai horreur de me répéter en prenant bien le temps d’expliquer ce qui va si vite dans ma tête. Hier soir, j’en oensais lui en toucher un mot, savoir si ça la dérangeait que je passe un test. Et dans une conversation quelconque, j’ai parlé de quelque chose qu’elle n’a pas compris de suite. En même temps, pas facile de me suivre des fois.

Bref, elle m’a sorti « tu me soules j’ai toujours l’impression que tu prends les autres pour des cons quand ils comprennent pas tout de suite ce que tu dis ». Alors dans ce contexte, que j’ai créé depar mes attitudes Jvais pas me le cacher, j’me vois mal lui dire « tiens au fait ma psy m’oriente vers le faite que je sois surdoué ». Je vois d’ici les discussions qui vont suivre du genre « ouais bah désolé Jsuis pas surdoué moi ». Alors que si je veux faire ce test c’est plus pour me comprendre moi que pour me jauger vis à vis des autres.

Intérieurement j’me dis que si jamais le test se révèle positif, j’aurais plus de facilité à prendre sur moi, à me dire « calmos dans ta tête, prend le temps d’expliquer les choses »

J’ai un peu peur de sa réaction, d’autant que je me suis coupé de beaucoup de personne et qu’il me reste plus grand monde dans mon entourage.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Rianne » mar. 26 mars 2019 16:44

Olympe a écrit :
mar. 26 mars 2019 13:17
Après lecture de tous les messages postés ici, je me permets également de poster mes doutes

Alors non je ne suis pas testé même si j’y pense sincèrement. J’hésite à en parler à ma compagne, ça fait un moment que le soir notamment je suis dans ma tête et qu’elle voit bien qu’un truc deconne. Mais disons que j’ai la fâcheuse tendance à être agacé quand on comprend pas ce que je dis. Dans ma tête ça va vite et j’ai horreur de me répéter en prenant bien le temps d’expliquer ce qui va si vite dans ma tête. Hier soir, j’en oensais lui en toucher un mot, savoir si ça la dérangeait que je passe un test. Et dans une conversation quelconque, j’ai parlé de quelque chose qu’elle n’a pas compris de suite. En même temps, pas facile de me suivre des fois.

Bref, elle m’a sorti « tu me soules j’ai toujours l’impression que tu prends les autres pour des cons quand ils comprennent pas tout de suite ce que tu dis ». Alors dans ce contexte, que j’ai créé depar mes attitudes Jvais pas me le cacher, j’me vois mal lui dire « tiens au fait ma psy m’oriente vers le faite que je sois surdoué ». Je vois d’ici les discussions qui vont suivre du genre « ouais bah désolé Jsuis pas surdoué moi ». Alors que si je veux faire ce test c’est plus pour me comprendre moi que pour me jauger vis à vis des autres.

Intérieurement j’me dis que si jamais le test se révèle positif, j’aurais plus de facilité à prendre sur moi, à me dire « calmos dans ta tête, prend le temps d’expliquer les choses »

J’ai un peu peur de sa réaction, d’autant que je me suis coupé de beaucoup de personne et qu’il me reste plus grand monde dans mon entourage.
j'ai eu les mêmes pb et oui c'est énervant parfois. Je n'ai parlé du test a personne avant les résultats. Après j'en ai parlé à ma femme et mes parents uniquement. Bon bah ca loupe pas les réflexions de ma femme de temps en temps, des que tu fais un truc un peu concon ou pas normal (genre stress pour un truc banal). Mais c'est le jeu :) Après ca passe avec le temps mais ca a rien changé sur les pb de com parfois.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Titouff » mer. 27 mars 2019 06:56

Bonjour, je vous partage mon expérience de couple, si ça peut aider. J'ai démarré une psychothérapie durant une relation toxique au travail où j'ai fini par passer le test. Durant tout ce temps, j'échangeais de mes avancées avec ma femme. Une fois le test passé (WAIS 4, QI à 126, vous avez des traits mais vous n'en êtes pas), ma femme a eu peur que je la quitte pour aller réaliser ma vie. C'est une peur récurrente, que je démens à chaque fois même si en tout honnêteté intellectuelle, on ne sait pas de quoi demain sera fait. Elle me sait indépendant, chose qu'elle n'imagine pas de son côté. Je pense aussi qu'elle a un complexe d'infériorité par rapport à moi, bien que j'essaye de relativiser et que je la traite avec respect et bienveillance.
Aujourd'hui, je l'aide à décrypter ses relations familiales (parents/fratrie). C'était involontaire jusqu'à ce que je fasse le lien avec la douance et que je lève le pied. Il y a quelques pots cassés du fait que sa famille n'est pas prête à évoluer si vite voire à entendre ce qui nous dérange.
Pour conclure, ça me fait penser à la communication de crise (si vous souhaitez creuser le sujet). Plus on en parle tôt, mieux les choses sont acceptées car on délivre un peu d'information dans la durée plutôt qu'un gros lot d'un coup. Laisser le temps faire son œuvre. Surtout surtout, si la personne en face est fermée, laisser tomber. Elle n'est pas prête.
Enfin, par rapport à ma femme. Aujourd'hui (1,5 an après le test) elle est rassurée et comprend mieux mes réactions. Ce qui l'aide dans le sens où elle ne cherche pas quelque chose qui clocherait chez elle, mais qui fait partie de mon fonctionnement.
La solution se trouve entre le clavier et le fauteuil.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Scrat » jeu. 2 mai 2019 11:05

Ici, le dialogue a été timidement entamé avec mon compagnon lorsque j'ai terminé le livre qui m'a bouleversée en profondeur. Je ne sais même plus en quels termes j'ai évoqué la chose avec lui, j'ai du être super confuse et brouillonne, comme toujours dès que le sujet a de l'importance à mes yeux. Le sachant HP diagnostiqué, je me disais que c'était quitte ou double: soit il comprenait, soit il trouverait l'idée ridicule.

Résultat: il a parfaitement compris et ne s'en est en fait pas montré surpris. Pour lui, on fonctionne un peu pareil, c'est d'ailleurs pour ça qu'on se sent si complémentaires alors qu'on est tous les deux décalés par rapport au reste du monde. Seulement lui est un homme et son éducation lui a permis de prendre confiance en lui et d'exploiter son potentiel. Moi je suis une femme et mon éducation m'a entretenue dans mon auto-dévalorisation et l'inhibition de qui je suis. Il pense que je devrais passer le test, que cela me libérerait d'un poids énorme comme ça l'avait fait pour lui. Il ne doute pas du résultat, contrairement à moi...

Pour le reste du monde (parents, amis), hors de question d'en parler. Je ne suis absolument pas prête et me dis que la douance est bien souvent vue de façon erronée quand on n'y est pas confronté de près. Et je n'ai pas envie de me répandre en explications. Si je passe le test, si le diagnostic confirme (beaucoup de si, j'en conviens), peut-être que j'en parlerai, notamment à mon frère, lui-même HP.
"Je suis fatigué patron, fatigué de devoir courir les routes et d'être seul comme un moineau sous la pluie.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Tyflore » jeu. 2 mai 2019 20:18

Scrat a écrit :
jeu. 2 mai 2019 11:05
Pour le reste du monde (parents, amis), hors de question d'en parler. Je ne suis absolument pas prête et me dis que la douance est bien souvent vue de façon erronée quand on n'y est pas confronté de près. Et je n'ai pas envie de me répandre en explications. Si je passe le test, si le diagnostic confirme (beaucoup de si, j'en conviens), peut-être que j'en parlerai, notamment à mon frère, lui-même HP.
Ça, c'est bien vrai. Par méconnaissance, certaines personnes peuvent tenir des propos régulièrement erronés voire caricaturaux sur la situation, qui ne contribuent pas (loin s'en faut !) à se défaire des poncifs éculés que l'on entend régulièrement à propos des HP. C'est vraiment dans cette optique que je n'en parle pas autour de moi, pour éviter les idées fantasmées, les réflexions déplacées ou même l'hostilité de principe à mon égard...

Après tout, cela ne regarde pas grand monde si ce n'est la famille proche. Je me suis toujours demandé : Quel besoin de dévoiler ce genre de détail ? Mais vraiment, qu'est-ce que cela apporte ?
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Scrat » jeu. 2 mai 2019 21:13

Je me pose la même question, s'il s'avérait que j'en étais, en quoi cela concerne-t-il les autres? Je ne souhaite pas que leur regard sur moi change, surtout que ça risquerait, justement, d'être sur des bases absurdes. Aucun intérêt.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Youpla » jeu. 2 mai 2019 22:25

Après mon diagnostic, je n'en ai parlé qu'à ma famille proche (mes parents et 2 sœurs) et aussi à deux amis. Un ami que je ne côtoie plus depuis des années, qui habite loin, et qui a une fille HP, je tentais d'obtenir des infos et conseils pour ma propre fille :P , et une amie très chère (que je soupçonne HP) qui fut la seule (en dehors de ma famille) à qui j'ai parlé de mes questionnements avant de me faire tester... mais qui habite loin de chez moi.

L'annonce de mes doutes à ma famille était directement liée à mes doutes sur les enfants de mes frère et sœurs et de ma propre fille. Doit-on les faire tester etc ?...
Je me suis dit, à l'époque, que si je l'étais, alors toute ma famille l'était.
Ça paraît idiot mais c'est plus parce qu'on est super proche et tellement ressemblants... Je ne sais pas comment l'expliquer, j'ai l'impression qu'on est des déclinaisons d'une même personne (je sais, c'est louche).

Mais après le diagnostic, j'ai encore envie d'en parler. Ça ne stoppe pas mes questionnements.

Le problème, c'est que j'ai régulièrement envie de m'ouvrir à d'autres amis que je vois régulièrement car j'éprouve ce besoin d'en parler, je me pose trop de questions et je crois que je cherche aussi à excuser tous mes dysfonctionnements à leurs yeux. "Vous voyez, c'est pas ma faute si j'ai tant de mal à faire ceci ou cela !"
Ça pour le coup, c'est vraiment idiot. Le fait d'être HP n'excuse pas ses propres faiblesses...

Je me musèle pour l'instant, en me disant qu'effectivement, ils ne connaissent rien aux HP, et au moins dans les premiers temps, ce serait moi qui donnerais le peu d'éclairage sur ce que j'ai retenu du sujet, donc bof. Mais je suis aussi une personne très spontanée, qui se livre facilement (trop sans doute ?), j'ai un besoin viscéral d'extérioriser, je ne sais pas (peux pas) cacher grand chose à personne... J'ai l'impression de mentir, je n'aime pas mentir et ne sais pas bien mentir. Ou si, mais pas longtemps car ça me ronge.
Bref ça m'emm... un peu mais je me dis qu'avec le temps, ça me passera peut-être.
C'est déjà moins obsessionnel qu'au début.
A voir.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Tyflore » ven. 3 mai 2019 00:53

Tu pointes précisément les limites d'une telle démarche : tu cherches des réponses à des questions que tu te poses. Mais il est peu probable que tu les trouves auprès de personnes, qui dans le meilleur des cas, n'auront pas d'idées préconçues sur la situation.

En "extériorisant" tout cela et en parlant à tes amis, au fond qu'espères-tu de ces révélations ? Quelles réactions attends-tu de leur part ?

C'est à mon sens, le principal objectif de ce forum : offrir un espace de communication à des personnes dans la même situation pour mieux centraliser et mutualiser les questionnements et ressentis.
C'est d'ailleurs ce que je cherchais en m'inscrivant sur ce forum, et il est très probable que ton besoin d'extérioriser diminue grâce à ce forum qui te permettra de trouver des échos favorables à tes questionnements et d'étancher ta soif !
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Scrat » ven. 3 mai 2019 12:47

J'ai cru comprendre, au fil de mes lectures, que ça peut être un des pièges en découvrant sa douance: croire que tout le monde autour de soi l'est également. Bien que j'aie pu constater, tout de même, qu'on trouve plusieurs spécimens dans une même famille, la génétique ne semble pas étrangère à tout ça...

Je reprends la question de Tyflore: qu'espères-tu en abordant le sujet avec d'autres? Cherches-tu à te légitimer? A obtenir leur approbation concernant ta douance? A mes yeux, seules des personnes diagnostiquées HP (ou concernées de très près par la chose) ou des spécialistes peuvent vraiment cerner tout ce que la douance implique. Je suis peut-être terriblement négative en voyant les choses ainsi mais je pense que Monsieur et Madame Toutlemonde ne peuvent amener que jugements biaisés ou, au mieux, une nette incompréhension.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Youpla » ven. 3 mai 2019 15:07

@Tyflore et @Scrat , je vais essayer d'être plus claire mais c'est pas gagné ! :P
Il y a 2 choses différentes.

La 1ère, une reconnaissance dans mes difficultés.
Mais ça c'était au début, quand j'imaginais le "package HP" comme un truc "hyper-ceci, hyper-cela", donc explication/excuses pour certaines de mes difficultés, justification de mes bizarreries, donc être considérée comme plus "normale" finalement car "c'est pas ma faute, je suis HP !" (oui je sais, super ironique et tordu !)
Comme je ne pense plus qu'il y ait un "package prédéfini HP", cette 1ère raison est donc désormais caduque.

La 2ème raison est que je suis juste quelqu'un qui se confie facilement et qui en a besoin.
Je ne cherche rien de plus que ce que je partage d'habitude avec mes amis. Se raconter nos vies, parler et échanger avec eux sur nos difficultés, joies, peines, expériences diverses et variées, la vie quoi.
J'ai lu un bout de fil, il y a peu, sur les liens d'amitié sur le forum. Beaucoup semblaient avoir peu d'amis à qui ils se confiaient et peu souvent. Ce n'est juste pas mon cas.
Dans l'échange avec des amis, de la famille, des gens qu'on aime, je ne crois pas qu'on soit forcément en attente de quelque chose, je n'espère rien !
Je n'attends pas de réaction prédéfinie de leur part, sinon, je ne vois pas vraiment où serait l'échange.
C'est quelque chose d'assez omniprésent en ce moment dans ma vie, j'ai juste envie de le partager.
En plus, je ne crois pas qu'il n'y ait que les psys avec qui parler de ça ou connaissances "spécialisées".
Rien qu'ici sur le forum, beaucoup arrivent avec pas mal d'idées préconçues et on passe du temps à expliquer (pas forcément moi, je parle des membres en général) ce que c'est qu'être HP, ou plus souvent ce que ce n'est pas nécessairement.
Je ne comprends pas le raisonnement qui consiste à dire que ce serait plus légitime donc d'en parler avec des inconnus sur ce forum plutôt qu'à des gens proches de moi. Et en plus en décidant d'avance qu'ils ne pourraient pas comprendre, ça me semble hyper condescendant !

Mais effectivement, ce qui me freine plus qu'autre chose, c'est que les amis que je côtoie très régulièrement à qui j'ai envie d'en parler ne connaissent a priori rien au sujet (comme moi, il y a encore quelques mois somme toute).
Il faudrait que j'ai le courage d'en parler "bien", c'est-à-dire avec patience, à démonter toutes les images fausses ancrées dans l'imaginaire collectif, histoire de ne pas juste me faire coller une étiquette, qui serait de surcroît erronée !
(Edit : je dis en parler "bien"... il faudrait que j'ai le courage et en plus, je ne suis pas sûre de savoir/pouvoir le faire !)

Une 3ème raison peut-être : j'ai l'impression de leur mentir (en tous cas de cacher beaucoup) et je n'aime pas cela, ce n'est pas habituel pour moi et source de stress en général, donc pas très confortable au jour le jour.
M... je me dis que c'est comme si c'était honteux en plus. Je suis là, en train de surfer sur le forum, mais je prends garde qu'on ne voit pas le nom du forum, des fois j'ai envie de partager quelque chose que j'ai lu sur le forum et je ne le fais pas de peur d'être démasquée !...
Très bizarre pour moi donc.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Scrat » ven. 3 mai 2019 15:31

Tu es très claire, je comprends très bien maintenant.
Si j'ai donné une impression de condescendance envers ceux qui ne sont pas concernés, ce n'était vraiment pas mon intention. Je me suis basée sur ma propre expérience en réalité. Il n'y a guère plus d'un mois, je voyais la douance comme un intellect remarquable et remarqué, une magnifique polyvalence, une belle confiance en soi, tout ça tout ça... Un quidam serait venu me murmurer que je pouvais en être, je lui aurais ri au nez et conseillé une bonne thérapie afin d'acquérir un peu de lucidité.
Un mois plus tard, je n'ai plus la même vision de la douance car j'ai eu des doutes, me suis beaucoup documentée (j'ai bouloté JSF, écumé les sites, et là j'ai le nez dans Bost), j'ai fait un certain boulot introspectif qui m'a ouverte réellement au sujet. Il m'a donc fallu un déclencheur pour que je puisse me défaire de mes préconçus et adopter une vision plus claire de la question. C'est en cela que je crains qu'en parler à quelqu'un qui n'a pas eu l'occasion de vraiment se renseigner sur le sujet demande que la personne soit ouverte d'esprit, prête à se départir de ses préjugés et qu'on soit enclin à l'y aider.

Ceci dit, je comprends que tu sois sociable et aies besoin d'en parler pour te sentir honnête envers tes amis, surtout si la chose occupe une grande place dans ton esprit actuellement. Je ne peux que le comprendre, c'est le chemin que j'ai fait avec mon compagnon, je ne me voyais pas lui cacher mes doutes et questionnements très longtemps car cela m'occupe beaucoup l'esprit et pourrait mener à ce que j'entame des démarches sérieuses de diagnostic. (Ceci dit, le fait qu'il soit HP m'a largement aidée à franchir le pas.)
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Loupdessteppes » ven. 3 mai 2019 21:20

C'est un sujet intéressant.

J'ai eu une énorme surprise il y a quelques temps. Ma mère, 93 ans, avec un sourire attendri (pas du tout son habitude) me fait au détour d'une conversation « Finalement tu n'es pas tout à fait normal, toi ! ». Sur le cul j'étais, car je me souviens trop bien de ses sarcasmes méchants pour être allé voir un médecin pour les fous... parce que j'étais en analyse ! Je ne lui ai encore rien dit de mes intentions, j'attends le moment propice, s'il arrive... :clin:

Je me suis ouvert à mon fils et son compagnon il y a deux jours, réaction plus que positive voire enthousiaste quand je leur ai annoncé mes intentions : WAIS et licence en philo.

Par contre deux ou trois « amies » à qui je me suis confié sont... perplexes ! Je vais choisir la prudence, je crois...

Puis-je me répéter ? Qu'est-ce que je suis heureux d'avoir atterri parmi vous ! :favorite: :favorite:
Penser est un sport de combat

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