L'annonce de nos doutes aux proches

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Dok
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Dok » lun. 2 déc. 2013 09:58

Comment (re-)communiquer honnêtement avec ses proches quand on s'est érigé des fortifications intérieures imperméables à tout sentiment depuis des dizaines d'années?
Les stéréotypes ont la vie dure : un surdoué ne devrait pas connaître de problèmes puisque la nature lui a fait cadeau d'un don extraordinaire. Le surdoué sait plus, voit plus, réussit plus, est plus...
Tout au long de mon existence, je me suis efforcé de donner l'image d'un homme qui réussit ... pour les autres. Pour satisfaire mon entourage, je n'ai jamais montré le moindre signe de "faiblesse", de faille dans cette mécanique si bien huilée. La conséquence de tout cela, c'est que je suis aujourd'hui incapable d'exprimer mon ressenti. Qu'il s'agisse des parents, des frères ou de ma compagne, personne ne sait que sous la croute d'orgueil, il n'y a qu'un chantier à l'abandon. J'ai toujours pris soin de protéger ceux que j'aime et d'être un pilier pour eux. Leur avouer que durant toutes ces années, je n'ai cessé d'être en proie au doute? Ils ne pourraient l'entendre car dans leur esprit, cela est impossible : le surhumain ne peut être humain.
Dès lors, personne hormis ceux et celles d'entre vous qui auront parcouru ma présentation n'est au courant de la passation du bilan. J'ai pris congé en prenant le soin de ne pas avertir ma compagne. Cela me permettra d'y aller plus léger, sans cette angoisse de devoir répondre aux questions pre- et post-bilan. Pourquoi fais-tu cela? Alors, qu'en est-il? HP or not HP?
Je me suis fait tout seul, sans amour mais je précise aussi, sans haine. Pourquoi changer? Pour se dévêtir de ce costume de faux-self qui par la force des choses s'est mué en seconde peau? Et finalement, est-ce si faux que cela le laisse entendre?
La crainte du jugement de mes proches me paralyse alors que vos mots et vos pensées, chers anonymes présents sur ce forum, participent à ma construction. Je ne l'aurais jamais cru possible mais écrire à des inconnus sur un sujet aussi intime m'apporte bien plus que les 30 années passées aux côtés de mes proches.

A titre expérimental et parce que certains d'entre vous ont foi dans l'échange entre proches, j'ai filé le bouquin TIPEH de JSF à ma mère sans aucune explication. Je lui ai simplement confié que ce livre était intéressant. On verra. Peut-être qu'elle en est. Je l'ignore. J'ai pris un tel soin à éradiquer mon passé qu'il en est devenu opaque. Encore une fois, on verra.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Zyghna » lun. 2 déc. 2013 11:10

Tu sais Cad, je découvre depuis quelques temps que le monde ne s'écroule pas quand on montre ses sentiments: c'est extrêmement difficile à faire, une lutte intérieure assez titanesque, mais qui vaut le coup. Parce que les proches n'arrivent pas à accéder à ce surhumain, parce qu'il est inaccessible, intimidant. Montrer ses sentiments, c'est montrer des failles dans cette armure, c'est une porte d'accès pour les autres, une porte qu'ils apprécient grandement de voir s'ouvrir.

C'est normal que ce soit plus simple de nous en parler, tu n'es pas engoncé dans un schéma de fonctionnement avec nous. C'est le souci avec les proches: réussir à devenir autre que l'image que les autres ont de nous, ou que l'on pense qu'ils ont de nous. Cela nécessite autant de bienveillance envers soi-même qu'envers nos proches. Et il ne faut jamais oublié que l'annonce peut provoquer des réactions violentes quand les propos tenus sur la douance font écho en l'autre, un écho que la personne en face n'est pas toujours prête à entendre. Toujours y aller avec beaucoup de douceur et d'écoute.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Dok » lun. 2 déc. 2013 12:03

Zyghna a écrit :Montrer ses sentiments, c'est montrer des failles dans cette armure, c'est une porte d'accès pour les autres, une porte qu'ils apprécient grandement de voir s'ouvrir.
La bonté n'est malheureusement pas monnaie courante sur ce caillou. S'offrir aux autres, c'est leur autoriser l'accès à nos faiblesses, c'est leur donner les armes pour mieux nous détruire. Je ne souhaite pas que mes proches s'aperçoivent que les fortifications si solides en apparence, reposent sur des fondations chancelantes. Ma naïveté dans les relations sociales et mon incompréhension des implicites comportementaux m'empêchent de distinguer les bonnes des mauvaises intentions et me rendent une proie facile pour le loup pernicieux.

J'apprécie ton regard sur mes questionnements. La position instable que j'occupe actuellement ne me permet pas d'ouvrir la porte, comme tu dis. Toutefois, c'est un aspect que j'aimerais discuter lors du bilan. Pourquoi? Parce que malgré mon refus immédiat d'ouverture aux proches, une certaine lucidité me fait dire qu'il est illusoire d'y déroger si je souhaite véritablement comprendre qui je suis. Autrement dit, bien que la porte est à ce jour verrouillée, la clé n'a pas été égarée.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Sphax » lun. 2 déc. 2013 16:13

Il ne faut pas non plus sous-estimer tes proches... Il est possible de leurrer des gens que tu ne connais pas vraiment, mais tes proches qui te voient tous les jours ne sont probablement pas complètement dupes. Même si c'est inconsciemment, ils ont vu tes failles, ils ont vu que tu n'étais pas parfait, mais ils ont accepté que ce soit l'image que voulait donner donc ils ne te contredisent pas. Après ils peuvent aimer cette image qu'ils savent inexacte ou ils peuvent ne pas être conscients de ces failles qu'ils connaissent, donc ils pourraient avoir du mal à accepter directement ce que tu vas leur dire, mais au final tu pourrais bien avoir des réactions du genre "je m'en doutais" ou "j'ai toujours su que...".
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Mockinbird » ven. 20 déc. 2013 12:18

Cad a écrit :Je ne souhaite pas que mes proches s'aperçoivent que les fortifications si solides en apparence, reposent sur des fondations chancelantes.
Ma maman partage certains traits de caractère que tu sembles présenter, ainsi que d'autre qui je n'en doute pas vont avec, et je ne peux que plussoyer aux propos de Sphax. Ne sous-estimes pas tes proches.
Le mal-être et les tourments "savamment" revêtus d'une bonne couche bien couvrante de solidité et d’orgueil ne tient que facee à ceux qui te voient mais ne te regardent pas. Pour les autres, pour les proches, nous sentons, nous devinons. Et le flou dans lequel nous sommes jeté peut être d'un désarroi immense (et je modère mes propos car je ne souhaite absolument pas te culpabiliser. Juste, à ma modeste mesure, te montrer que ce que tu envoies n'est pas forcément fidèle à ce qui est reçu).
Je reconnais ma mère dans chacun de tes propos, c'est pourquoi je me permets d'intervenir.
Elle a passé 50 ans, et je devine que ce qui a été pour elle pendant de longues années son "soi profond" ne puisse être changé facilement (ce qu'elle transforme d'ailleurs en "ne peut être changer tout court, il faut m'accepter comme je suis. Point.") surtout en lien avec son histoire de famille. Mais la souffrance est là, elle exsude d'une certaine manière. Et d'autres la ressentent.
Nous avons voté. Et à sept voix contre cinq, nous avons décidé que nous ne sommes pas schizophrène.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Nathanaelle » dim. 28 déc. 2014 14:30

Alors de mon côté, je l'ai annoncé à mes parents (séparés), car j'estimais leur devoir cette "explication" de moi (et, évidemment, je soupçonne l'un des deux d'être concerné), à mon conjoint (qui a suivi toute la "procédure"), et à quelques amis. Ce qui donne :
- du côté de mon père : incrédulité ("un test ? mais quel test ?"), suivie d'une confidence assez touchante : "je ne te comprenais pas..." (Que ma famille ne m'ait jamais comprise, en effet, j'étais bien au courant...)
- du côté de ma mère : une pointe d'agressivité et d'incompréhension. "Tu es surdouée ? Et bien sublime ce potentiel et arrête de saouler ton entourage avec" (je précise que je vis à 10 000 km de chez ma mère, que je n'appelle quasiment jamais, et que j'ai du lui adresser en tout et pour tout trois mails sur le sujet au cours du mois passé. Du coup j'imagine, au regard de cette réaction, que cela gêne ou blesse quelque chose chez elle, peut-être que l'admettre générerait des remises en question dans la façon dont elle m'a éduquée (comme une enfant toujours "compliquée" et qui ne répondait pas à ses attentes, alors que les "enfants des autres" étaient si simples et si aimants - bon, évidemment, certains parmi les enfants chéris qu'elle érigeait en modèles ont mal tourné depuis, mais c'est une autre histoire...) Ou bien, autre hypothèse qui expliquerait cette attitude hostile, il s'agit de quelque chose qu'elle entrevoyait chez mon père, son ex-mari, et elle est blessée de me voir porter ce trait identitaire. Enfin bref, je suppute, je suppose, mais je ne sais guère. En tout cas, cela ne va pas de soi, et cela ne provoque ni sa joie et ses encouragements.
- du côté de mon conjoint : il est passé par différentes étapes à mesure que j'avançais dans ma découverte. Avant : nous avions énormément de problèmes de communication, sans savoir d'où cela venait. J'en étais arrivée à me dire que non, décidément, cette histoire ne fonctionnait pas. Pendant : une pointe d'hostilité, le temps d'un week-end, quand je dévorais toute la littérature consacrée aux HPI. C'était une telle révélation pour moi, j'avais besoin d'en parler, de citer, d'expliquer. Je me suis entendue dire "tu prends le melon" (alors que bon, avoir moins confiance en soi que moi, tu meurs...). Depuis l'officialisation du test, je le sens plus compréhensif et détendu. Il m'a confié être décomplexé et soulagé. Je cite ses termes : "C'est pas moi qui suis moins intelligent, c'est toi qui est plus intelligente" (disons qu'on est différemment intelligents). Désormais nous savons que les incompréhensions entre nous ont des raisons d'être structurelles, et nous tachons d'expliciter davantage les choses et les ressentis. C'est un travail de chaque instant. Affaire à suivre.
Du côté des amis : certains me confient ne pas être surpris... Au final, ils me connaissaient mieux que moi :think:
Tout ça pour dire que l'annonce ne va pas sans heurts, ni sans une modification des perceptions et des équilibres en place. En espérant que cela aille dans le sens d'un mieux-être de tous en général (et de moi en particulier, hein, parce qu'après 36 ans à m'acharner à rentrer dans le moule étriqué et douloureux des attentes des autres, j'ai bien mérité d'aller mieux ;) )
Il vaut mieux faire n'importe quoi plutôt que rien du tout.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Daysofwonder » mar. 30 déc. 2014 10:41

Ce topic est intéressant.

Pour ma part j'en suis donc aux questionnements, et j'aimerais passer le test. Aux personnes à qui je me suis confiées (mes parents, ma copine et 2 amies proches), j'ai entendu le plus souvent "Mais à quoi ça va te servir de savoir que tu as plus que 130 à ce test??? Ca va t'avancer à quoi? Tu vas juste perdre de l'argent pour rien au final!". Et j'avoue que je ne sais pas trop quoi leur répondre :( . Ma copine m'a même dit que ses parents avaient évité de lui faire passer le WISC enfant (car elle semblait clairement HP....) car ils ne voulaient pas lui mettre une étiquette, qu'elle prenne le melon justement, et elle leur en est reconnaissante.... (sous-entendu: "si toi tu le passes, te seras étiquetée surdouée et tu vas avoir la grosse tête").

Bon sinon mes parents sont plutôt fiers de mon 131 à Mensa :D même si j'ai beau leur dire que ça n'a pas de valeur. Par contre ils ont la même réaction que mes amis en ce qui concerne de passer la WAIS (et de perdre de l'argent).

Ça me donne très envie de lire en profondeur tous les autres topics de cette partie de forum car j'aimerais quand même trouver une réponse intelligente à la question susmentionnée.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Mockinbird » mar. 30 déc. 2014 10:55

Bonjour bonjour !
Tu peux leur répondre qu'en passant le test tu ne vivras plus dans le doute ^^ (Et le doute ronge, n'est-ce pas ?!).
J'ai passé le test à 27 ans, il y a un an donc, et depuis ma tête n'a pas spécialement enflée. Il est assez rassurant de pouvoir mieux se définir :-)
Bonne journée
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Medely » ven. 2 janv. 2015 09:56

Bonjour tout le monde, et meilleurs voeux au passage!

Pour moi c'est encore tout récent et je dois dire que je suis déjà très déçue de la réaction de mes proches!

- D'abord un ami à qui j'avais parlé de mes doutes avant le test et qui l'avait plutôt bien pris, je lui ai annoncé il y a deux jours que le résultat est finalement positif, et là il est resté très dubitatif, genre: "mais t'es sure qu'elle est vraiment professionnelle celle qui t'as fait passé le test?". Enfin je sens qu'il a du mal à l'accepter malgré le fait que j'ai passé un moment à lui expliquer ce qu'impliquait d'être surdouée au niveau émotionnel et les difficultés que ça me cause au quotidien.

- Deux autres amis qui me sortent qu'eux ont été testés enfants et qu'ils ont tous les deux 180 de QI (!!). Donc je me retrouve dans une conversation hallucinante: "nan mais t'inquiètes pas à 140 t'es quand même un peu au-dessus de la moyenne". Bien sûr aucun d'entre eux ne peut me donner le nom du test qu'ils ont "passé" ni-même en parler plus que ça, et puis c'est un sujet que l'on avait jamais abordé avant. J'ai juste eu l'impression qu'ils ne prenaient pas du tout le truc au sérieux et qu'ils ne croyaient pas possible que je puisse être intelligente (bon c'est vrai que j'ai toujours tout fait pour qu'on croit le contraire...)

- Et enfin ma mère, qui me sort juste: "oui bah on s'en doutait", et qui ensuite évite complètement le sujet et zappe sur autre chose dès que je commence à en parler.

Finalement il n'y a que mon conjoint (qui a suivi mes démarches depuis le début) qui comprend ce résultat. C'est peut-être déjà une chance d'avoir au-moins une personne à qui en parler, mais je réalise depuis quelques jours que ça dérange vraiment les gens d'aborder le sujet, sûrement parce qu'ils ne le connaissent pas bien évidemment, mais du coup je regrette d'en avoir parler et je pense qu'à l'avenir je garderai ça pour moi!

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Zyghna » ven. 2 janv. 2015 10:43

S'ils ont été mesurés à 180 ce n'est pas la WAIS/WISC qu'ils ont du passer.
Après, c'est un sujet assez délicat: certains ne voit pas en quoi cela est important, d'autre y voient une cristallisation de leur imperfection (sous entendu je suis moins intelligent que lui, honte à moi donc je rejette tout en bloc). Documente toi davantage sur la douance, tu verras que la réaction des personnes à qui tu en parles dépend aussi grandement de ta manière d'en parler. Quand on vient juste de découvrir le sujet, on s'emballe et on manque certaines réactions permettant d'ajuster son discours.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Medely » ven. 2 janv. 2015 11:03

Oui je comprends bien de quoi tu parles. Je suis déjà pas mal documentée, ça faisait plus d'un an que j'étudiais activement la question avant de me lancer dans le test. En réalité quand le premier m'a dit ça je n'avais même pas l'intention d'évoquer mon cas, j'étais en train de dire que le sujet des élèves surdoués m'intéresse depuis quelques temps (je suis prof et on parlait psycho) et il m'a annoncé que lui avait 180 de QI, donc je me suis lancée pour parler de moi, et là le deuxième me dit que lui aussi à 180.

Bref, leur QI n'est pas le problème, c'est juste qu'égoïstement j'aurais aimé une sorte de reconnaissance du fait que je puisse être moi aussi intelligente. D'ailleurs j'ai montré de l'admiration face à leurs déclarations, même sans être convaincue de leur véracité, alors qu'eux m'ont plutôt rabaissée avec mon "petit 140".

Ce qui me déçoit vraiment c'est que j'esperais que ces gens qui me connaissent soient capables de voir qu'effectivement il y a quelque chose chez moi qui puisse s'expliquer par un QI élevé, finalement non... Mais ce n'est pas le plus important, je sais bien que c'est surtout moi qui doit travailler sur moi-même et apprendre à mieux me connaitre, ce qui m'aidera ensuite j'espère à être acceptée comme je suis auprès des autres.

Et puis heureusement il y a ce forum pour s'exprimer librement sur sa douance et profiter de vos contributions :)

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Gumboldt » ven. 2 janv. 2015 13:40

@Daysofwonder : est-ce qu'il ne faudrait pas répondre à tes proches pour ta défense en expliquant qu'un test de QI comprend différentes sous-parties qui permettent de situer différentes capacités intellectuelles par rapport à la norme ? Je pense que les gens qui ne connaissent pas le sujet sont intimidés par le chiffre du QI total, comme s'il s'agissait d'une valeur définitive qui hiérarchise notre intelligence. Je pense que ça peut être une bonne idée de présenter le WAIS comme une carte de ton fonctionnement intellectuel à un moment donné de ta vie, qui permet de relativiser ses forces et ses faiblesses, de s'en rendre compte. Par exemple, je pensais avoir une mémoire misérable et qu'en revanche j'étais rapide, mais mon bilan tend plutôt à montrer le contraire... C'est l'occasion d'être surpris !
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Daysofwonder » mer. 7 janv. 2015 12:18

Merci à tous ceux qui ont pris la peine de me donner des conseils! Je retiens le coup de "arrêter de douter" (même si je ne suis pas sûre que cela doit bien pris) et également le coup de "j'ai besoin de connaître mes points forts et mes faiblesses"!

Pour le moment, j'ai d'autres choses en tête car je vais commencer une nouvelle formation et c'est un grand changement dans ma vie, mes discussions sérieuses se focalisent à présent là-dessus. Du coup je ne pense ni avoir le temps ni l'argent pour passer le test avant au moins un an :( même si je brûle d'envie de demander déjà maintenant des adresses à Mlle Rose car les suisses avec qui j'ai un peu discuté n'ont pas eu d'excellentes expériences.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Loups56 » ven. 23 janv. 2015 22:55

L'annonce du résultat m'ayant été dévoilé qu'avant-hier soir c'est encore un peu trop frais sûrement mais j'étais tellement tourneboulé dans ma tête que j'ai eu le besoin d'en parler à mes parents et puis je sais que je n'aurais pas su caché à 100 % le fait que j'étais perdu dans mes réflexions.

Ils n'ont pas été informés de ma démarche, j'ai été faire le test sans en parler à personne, enfin je leur avais dit que j'allais voir une psy mais comme ce n'est pas la première fois que je vais en voir une et suite à ma "rupture", ils n'ont pas posé plus de questions et j'étais resté très évasive.

Donc effectivement démarrer la discussion en expliquant que j'ai été voir cette personne pour passer un test de QI a été un peu laborieux, j'ai vu leurs yeux grands ouvert et est venu la question "mais pourquoi avoir passé un test de QI ?". Est venu le temps des explications mais ayant moi même du mal à l'intégrer ça a été un poil pas évident.

Mais mon père ayant dans son cursus sauté 2 classe et demi cela ne l'a pas étonné plus que ça. Ils m'ont même dit "mais on a toujours su que tu étais doué et que tu pouvais tout réussir". Ah oui mais pas moi :^)

Et est venu la question "et maintenant ?" - :wait: Euh maintenant, faut déjà que je comprenne tout ça, laisser moi le temps d'en faire quelque chose.

Je leur ai laissé le livre de Monique de Kermadec en leur disant d'y jeter un oeil et qu'on en reparlerais. Que c'était plus complexe que ça...

A voir au fil du temps mais pour l'instant avant d'en parler au reste de la fatrie et à mes amies je vais prendre le temps de mieux intégrer tout ça et de me documenter encore plus. ;)

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Napirisha » mar. 7 juil. 2015 19:01

J'aurais dû lire ce post plus tôt, ou mieux lire celui sur les pièges pour les débutants...

Je ne revois pas la psy avant la rentrée, et même si je garde en tête l'idée de passer les tests pour être un peu plus au clair, je ne suis pas capable de mettre la question entre parenthèses pendant deux mois. Je creuse donc à droite à gauche, en lisant les tréfonds du forum, entre autres. Et comme il ressort pas mal de schémas familiaux (de gens sur le forum dont les enfants, parents, fratrie sont concernés), et que j'ai passé hier une soirée seule avec mon père, ce qui nous arrive très rarement, je n'ai pas pu m'empêcher de mettre la question sur le tapis.
Pas de but en blanc naturellement, mais avec une tentative de discrète subtilité... Et une efficacité proche de l'éléphant dans le magasin de porcelaine, ou du môme de maternelle qui prépare une surprise...

Bref, j'ai demandé s'il ne savait pas par hasard s'il y aurait des gens diagnostiqués HP dans la famille. Si ça avait été le cas, je crois que je me serais sentie plus "légitime" dans mon questionnement sur une éventuelle douance....
Il est remonté à un arrière grand père, qui était de ce que j'en sais un personnage extraordinaire (haut niveau d'études dans plusieurs domaines très éloignés les uns des autres+extrême générosité confinant à l’héroïsme ou à la stupidité, pour faire bref), largement embelli qui plus est par la dévotion familiale. Donc pour mon père, vu que personne ne peut atteindre ce niveau, personne d'autre n'est concerné.
J'ai un peu détaillé ce que je commence à saisir des caractéristiques des surdoués pour expliquer pourquoi je me posais la question. Et je n'avais égoïstement pas anticipé, prise dans mes propres questions, l'écho que ça pouvait avoir chez lui. Car nous avons beaucoup de points commun, et dans notre fonctionnement intellectuel, et dans nos expériences sociales dans l'enfance et l'adolescence... Et mes questions ont un peu ouvert la boîte de Pandore, je l'ai senti assez bouleversé devant ce prisme de lecture qu'il n'avait jamais vraiment envisagé. Je lui ai montré la liste de Terrassier sur les caractéristiques qui peuvent évoquer un haut potentiel chez l'enfant, il m'a répondu que "tous les enfants sont comme ça, non?". Lui et ses propres enfants, peut-être, mais ce n'est sans doute pas si systématique que ça?
En résumé, il ne voit pas pourquoi j'ai besoin de rentrer dans une petite case, a peur que je m'y enferme, mais m'encourage à continuer à chercher dans cette direction si j'en ressens le besoin.

Simplement, je n'ai pas vraiment les infos que j'espérais, et je l'ai entraîné sur un chemin qui est le mien, pas le sien... D'un côté, je suis contente d'avoir pu parler avec lui, c'est l'occasion d'évoquer certaines choses dont on n'avait jamais vraiment discuté (mais qui n'ont pas leur place ici). En même temps, j'ai réagi comme une petite fille certaine que papa a réponse à tout, surtout aux questions compliquées. Sauf que là, c'est loin d'être le cas, et je regrette de lui avoir imposé ce sujet de réflexion, dont je sais qu'il ne pourra pas faire vraiment abstraction. J'aurais mieux fait de fermer ma grande bouche quelques mois de plus et d'attendre d'y voir plus clair.
Ça me servira de leçon et je serai plus prudente avec les autres personnes de mon entourage, au moins tant que je n'ai pas passé le test...
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Melkoa » ven. 10 juil. 2015 19:26

Napirisha, si je puis me permettre, je te trouve un peu dure avec toi-même, même si je comprends ta réflexion. Je ne sais pas s'il faut le prendre tant comme une leçon, ou alors peut-être qu'au final ton père va apprécier cette discussion, se poser les bonnes questions, et finira par te remercier de lui avoir ouvert de nouvelles perspectives ? Et si ça le tourneboule tant, c'est peut-être justement qu'il y aurait des choses à creuser ?
Enfin quoiqu'il en soit, c'est fort compréhensible que tu aies souhaité en parler avec lui, partager tes doutes, et vouloir avoir son avis...
En as-tu reparlé depuis cette discussion, sais-tu le "retour" qu'il a sur tout ça ?

En tous cas ton récit me parle particulièrement car je viens d'être diagnostiquée, et j'hésite encore à en parler à mes parents... Là je suis en vacances seule avec eux, j'ai emmené même des bouquins sur le sujet dans l'idée de leur prêter, mais... J'ai peur de leur incompréhension...
Depuis toujours ils m'ont souvent répété "tu gâches ton potentiel" (quand je n'étudiais pas à fond, mais juste assez pour avancer dans les études, quand je n'ai pas fait la top haute école dont ils rêvaient pour moi, etc...)... Du coup si je leur annonce, j'ai peur du retour de bâton, en mode "bah on t'a toujours dit que tu gâchais ton potentiel, non mais quel dommage!!". Bref j'ai l'impression de n'être jamais assez bien pour eux, donc là je suis très perplexe...
Est-ce que d'autres ont eu le cas ici, et si oui comment s'est passée l'éventuelle annonce ?

Et pour revenir (désolée je pars un peu dans tous les sens) sur le sujet du père, au vu de mes lectures et de ce que je sais sur la douance à présent, je pense que mon père doit l'être aussi probablement... Mais, dois-je lui parler de mes doutes ? Il a 65 ans, est-ce que ça ne risque pas de faire un choc (si toutefois il trouverait ça pertinent pour lui)... Ai-je le droit de faire ça ?
Mais en même temps, si je leur en parle, logiquement il devrait se poser la question...
Bref, ça tourne en boucle ! :roll:
Et vice versa.

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JiBus
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par JiBus » mer. 29 juil. 2015 18:16

Voilà plusieurs jours que je me demande si je dois en parler à certains membres de ma famille, et je dois dire que ce topic ne m'y encourage pas vraiment.
Les témoignages présentés ici sont cependant passionnants (même s'il m'a fallu plusieurs jours, en dilettante, pour venir à bout des 6 pages!) et je note l'effort de chacun de faire le bilan de sa tentative d'ouverture à ses proches sur le sujet.

Chaque cas est particulier, n'est-ce pas, et le mien ne déroge pas à la règle:

- des parents que j'aime, qui m'aiment, mais avec lesquels on ne s'épanche pas. Comme d'autres sur ce fil, le principal est de montrer que l'on a pas de faille majeure, que tout va bien. C'est comme ça dans toute la famille, il faut montrer un bon côté. (Le problème, c'est que quand ça pète, c'est sans retour :@ ) Et toute explication doit être classique, traditionnelle, "quand on veut on peut", "tout est une question de volonté", etc.
Alors, leur dire de but en blanc que je ne supporte plus ma vie, que depuis des années, je suis à la recherche de ce qui ne va pas pour y remédier, que j'ai fini par apprendre que je suis pas exactement le modèle de machine que tout le monde pensait et que donc le mode d'emploi et le programme d'entretien sont légèrement différents pour rester en bon état de marche, j'ai du mal à penser que ça va passer.
Et puis annoncer être "surdoué" alors qu'à la différence de mon grand frère, je n'ai pas appris à lire tout seul, je n'ai pas sauté le CP, je n'ai pas fait l'école d'ingénieur la plus prestigieuse de France, je n'ai pas été boutonneux à lunettes (bon ok, ça c'est cool), etc., alors que lui n'a pas eu à recevoir ce type de diagnostics pour arriver à fonctionner, et n'a jamais été défini comme surdoué... bah, je sais pas, je le sens vraiment pas.
Comment est-ce que je peux essayer de préparer le terrain?

- une grande soeur, avec laquelle je suis finalement devenu assez proche avec les années, assez cartésienne, mais voilà, j'hésite beaucoup : elle est psychiatre, mais j'ai compris que les psy-chiatres sont BEAUCOUP moins au fait du sujet que les psy-chologues, alors même que parmi les psy-chologues, il y a ceux qui connaissent le sujet et ceux qui le rejettent (pour caricaturer un peu)... J'ai peur qu'elle me prenne pour un fou(non, ça encore, elle sait gérer! :lol: ) interprète mal d'autant plus que vu son métier, elle doit penser avoir une bonne connaissance de ce qui peut altérer le fonctionnement de chacun et de ce qui va avec, donc si je lui parle d'une notion qui pour elle est inadaptée, voire erronée, "effet de mode", toussa, bah j'ai peur qu'elle rejette en bloc ce qui commence à faire sens pour moi.

- mes amis / collègues : c'est finalement à eux que j'aurais le plus de raison d'en parler, pour leur expliquer pourquoi je m'en veux de certains de mes comportements, que j'ai vraiment envie de mieux faire, mais que je n'arrive plus à faire semblant. Envie de satisfaire ce besoin que, même s'ils ne comprennent pas, ils voient que je ne me satisfais pas de ce que je suis au jour le jour, que je voudrais leur montrer un meilleur visage, et que je me suis mis dans le cheminement pour y parvenir. Beaucoup pour moi, mais aussi un peu pour eux.

Bref, au plaisir de continuer à lire vos avis sur la question.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Kelisia » mer. 29 juil. 2015 18:32

Avant de faire le test, je n'en ai pas parlé à part à mon conjoint "A quoi ça va te servir ? Même si tu l'es que vas tu en faire? Mais je te soutiens vas y si tu penses que ça peux te faire du bien." Après... Je ne sais pas trop ce qu'il en pense. J'ai voulu lui lire des extraits du livre de JSF pour qu'il m'y retrouve ça l'a rapidement saoulé. J'ai voulu qu'il le lise et j'attends toujours... Bref je n'en parle plus qu'en plaisantant...

Je n'osais pas trop en parler à d'autres car je trouvais ça prétentieux...

Il y a ceux que je pense un peu comme moi, avec qui j'avais déjà un peu abordé le sujet et qui n'en voyaient pas l'intérêt "Mais oui tu es intelligente on le sait, on voit bien comment tu évolues." Donc je ne l'ai pas dit. Au final, j'en ai parlé une fois le test passé et une de ces amies a trouvé écho dans tous les exemples de surdouance dont je lui parlais. Elle hésite maintenant à passer le test à son tour.

J'en ai aussi parlé à quelques très bons amis, mais avec qui je me sens en décalage à ce niveau là. Mélange d'un peu de surprise (vexant je dois le dire mais bon...) et de "ah oui on connait quelqu'un qui..." "je me suis toujours demandé si mon fils/ ma fille..."... Drôle comment toutes les connaissances ont des surdoués autour d'eux qui ont toujours un score au-dessus du notre (en général dépassant le 160 dont on se demande sur quelles bases ils partent...)

Pour ma maman c'était une évidence, elle a quelques regrets de ne pas m'avoir poussé à le faire quand j'étais jeune pensant que ça m'aurait aidée. Je demanderais bien dans la famille de mon papa s'il y a des surdoués, car je le pense. Je les ai toujours pensés supérieurs à moi de par leur intelligence et leur réussite alors par curiosité j'aurais aimé savoir. Mais bon on est un peu en froid alors je pense que je n'aurais pas de réponse.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Loefen » jeu. 30 juil. 2015 08:38

En parler à mes parents me turlupine un peu.
J'ai très envie de le faire .
Ils comprendraient alors (tout comme j'ai enfin pu le réaliser) que si ça n'allait pas à l'école dès le début, ce n'est pas parce que j'étais nulle. Que tous les reproches des profs : "elle est absente dans sa tête, elle ne réussira jamais dans la vie, on ne peut rien en tirer..." étaient fondés sur une imposture.
Seulement ils m'ont confié, lorsque j'ai commencé à vouloir me pencher un peu mon passé, qu'il ne fallait pas chercher à en savoir trop sur soi.
De plus, ils n'aiment pas vraiment que j’amène sur le tapis la condition HPI de ma fille pour expliquer telle ou telle attitude qui les dépasse.

J'ai passé le test dans le plus grand des secrets. J'ai parlé du résultat à mon conjoint qui était persuadé que j'étais quelqu'un n'ayant pas toute son intégrité mentale ! L'effet positif est, qu'au moins, il ne me considère plus comme quelqu'un d'anormal lorsque je fais montre de trop de sensibilité par exemple ou lorsque surviennent quelques "défauts" répertoriés avec humour dans le topic du même nom.

J'en ai parlé à ma soeur, ma plus grande confidente, qui est contente de savoir que je me suis enfin trouvée mais qui persiste à penser qu'être HPI c'est seulement avoir des traits de caractères plus marqués que d'autre et basta... pas la peine d'épiloguer. Les problèmes que l'on peut rencontrer sont dus à notre manque de volonté de "faire comme tout le monde."

Enfin, je l'ai annoncé à mon meilleur ami pour qui les surdoués ça n'existe pas... du moins, ce sont des personnes comme les autres, elles se prennent juste la tête plus qu'il ne le faudrait.

Tout cela est un peu réducteur, mais au final, ça ne change pas grand chose à nos rapports.

Je n'aborde plus le sujet avec eux. Je leur ai filé de la doc, ils l'ont lue et ça en restera là.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par JiBus » jeu. 30 juil. 2015 09:43

Hors-sujet
Loefen a écrit :Les problèmes que l'on peut rencontrer sont dus à notre manque de volonté de "faire comme tout le monde."
C'est également ce que j'exprimais un peu plus haut... alors qu'au final, en tout cas c'est mon cas, il apparait que c'est justement trop de volonté et d'efforts à "faire comme tout le monde" qui peut nous couper de ce dont on a réellement besoin et nous faire aller mal.
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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Judas Bricot » jeu. 30 juil. 2015 10:00

De mon côté quand les doutes ont commencé à émerger j'en ai parlé à ma femme, qui m'a encouragé à passer le test et j'ai questionné ma mère pour obtenir des éléments sur mon enfance. Chez ces 2 personnes j'ai eu un bon retour.
J'en ai parlé à 2-3 amis très proches qui m'ont encouragé aussi et qui sont d'accord avec mon ressenti. A aucun moment je n'ai senti de rejet. Par contre, je n'irai pas plus loin dans l'énoncé de mes doutes car je veux me préserver. Je sais que mon père, par exemple, aurait tendance à balayer ça d'un revers de main et d'autres rentrer dans le jugement.
Pas de discussion non plus avec ma fratrie car cela pourrait alimenter une certaine forme de "rivalité".
Sinon JiBus je te rejoins complètement dans ton analyse.

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par madeleine » sam. 14 mai 2016 10:17

La nouvelle chronique d'Arielle Adda me semble apporter un éclairage intéressant, pour ceux qui ont encore leurs parents, mais également pour ceux qui découvrent leur particularité à travers celle d'un enfant.
A découvrir ici
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par Traum » sam. 14 mai 2016 15:09

Merci Madeleine pour cet article très intéressant.

La seule différence est qu'Arielle Adda évoque l'annonce d'un adulte déjà diagnostiqué à ses parents. (Cela me fait penser que cela aurait aussi sa place ici aussi.)
C'est la situation que je rencontre un peu avec mon père, d'ailleurs…

J'en profite aussi pour répondre un peu à ce fil…
Pour ma part, je n'ai que peu mentionné mes interrogations à mes proches. J'en avais fait part à une amie qui s'était déjà enflammée pour elle et a persisté à se croire surdouée sur la seule base du livre de JSF (malheureusement) et qui n'a eu aucune difficulté à venir un jour signer un contrat de bail avec un parapluie ###Endimanché pour la fête à neuneu### et à annoncer clairement devant notre bailleur commun que c'était parce que « c'[était] l'emblème des surdoués »… Image (J'ai eu bien honte pour ce que j'ai pris pour un manque de modestie totale de sa part.)
Ceci dit, cette amie (avec qui depuis je suis entrée sévèrement en conflits pour des raisons qui n'ont rien à voir) a été la première, je crois, à savoir que je suis effectivement surdouée. (C'était pendant le WEAAS, d'ailleurs.)

J'avais fait une fois part de mes questions, suite à ma rencontre avec la psychologue qui m'a testée, un an avant, à mon père. Lui qui m'avait clairement signifié que « [j'étais] la plus intelligente de la famille » (en ajoutant, pour ne pas risquer que mes chevilles enflent, que l'intelligence ne faisait pas tout, et gnagnagna), m'a alors semblé botté en touche : non, mais quand même, peut-être pas… j'y croyais un peu trop… etc., etc. Curieusement, lorsque je lui ai annoncé le résultat, il m'a dit n'être pas surpris, même s'il ne pensait pas que c'était à ce point-là.

Mais j'avais honte de parler de mes doutes… Il m'a fallu dix ans pour me décider à aller vérifier, donc bon…
Et puis, pourquoi aller parler de mes doutes alors même personne ne semblait en avoir émis me concernant ? C'est donc que je devais me fourvoyer en pensant qu'hypothétiquement je pouvais être surdouée…

Pour le reste, j'ai passé le test sans le dire à qui que ce soit.
Curieusement, lorsque j'ai annoncé le résultat à mon père, il m'a dit n'être pas surpris, même s'il ne pensait pas que c'était à ce point-là. Certains amis ne l'ont pas été non plus du tout : ils s'en doutaient tous plus ou moins… (Je leur ai dit par honnêteté… je n'en pouvais plus alors d'entendre que l' « on se demandait comment je faisais »… je n'allais pas leur mentir alors que j'ai maintenant un élément d'explication à leur proposer.)
« Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. » Mark Twain

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Re: L'annonce de nos doutes aux proches

Message par soazic » sam. 14 mai 2016 15:57

Je pense qu'une des raisons pour lesquelles ce forum est utile est aussi cette difficulté à en parler. Chez moi, la famille l'a su pour mon aînée, et cela a été mal perçu. Alors inutile d'aller le dire pour moi. Je pense que certains tempéraments de babouin à poil laineux s'aménagent mal de la publicité à leur encontre vu la défaillance de leur narcissisme. Ma sœur a fait tester un de ses enfants " chez le meilleur spécialiste de la région" (sic), bon le test est négatif pour autant. Mais elle a eu besoin de le dire.
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Chéri, je suis surdouée! Ouille ouille ouille...

Message par nekhbet » mar. 31 mai 2016 16:05

J'ai eu le résultat de mon test hier, positif, alors en rentrant je voulais discuter de ça avec mon copain évidemment. Lui donner une nouvelle lumière sur qui je suis, sur nos décalages, j'étais assez contente et pleine d'espoir. J'avais le sentiment que ça pouvait nous aider à mieux nous comprendre. Je ne m'attendais donc pas à sa réaction... Notre couple n'allait déjà pas très fort mais là je me demande si ce n'est pas le début de la fin... La discussion a vite vrillé. Il m'a carrément dit qu'il n'aurait pas forcément voulu savoir ça, que j'avais pris cette décision de faire le test seule, sans demander son avis. Mais on ne peut prendre cette décision que seul(e) non?
Je lui avais parlé de mes doutes, de mes lectures et de ma décision de faire le test. Il avait pris ça plutôt bien j'avais l'impression, il n'a verbalisé aucune crainte en tout cas.
Et puis là, voilà, il dit qu'il a peur de se sentir encore plus bête qu'avant. C'était déjà un problème, son sentiment d'infériorité. J'ai beau essayer de le rassurer, je ne suis pas sûre qu'il m'entende.
J'avais besoin de soutien car la nouvelle de la douance représente tout un champ de possibles mais aussi un vacillement, tout plein de questionnements sur le passé et le présent. Et je me retrouve seule face à cela. Il fait partie des rares personnes qui je voulais le dire et en parler et il n'a pas vraiment voulu l'entendre. Ou disons que ça s'est fait dans la douleur.
Alors peut-être que c'est juste le choc de l'annonce et ses insécurités qui refont surface, je ne sais pas... Mais ça ne va pas arranger nos relations déjà fragiles... :(

Comment ça s'est passé pour vous, cette annonce-là? Comment votre couple l'a-t-il vécu?

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