Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

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Gepeto
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Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Gepeto » sam. 3 janv. 2015 22:48

Bonjour,

Avant que de m'être posé la question de la surdouance je m'étais déjà posé tout un tas de questions sur le pourquoi de ma différence. Pourquoi suis-je toujours en décalage avec ceux qui m'entourent ?

Quelques pistes ne trouvaient pas de réponse jusqu'à il y a un an maintenant : pourquoi je suis un droitier qui a certains réflexes de gauchers (pioche, fourchette, et tout un tas d'autres petits trucs)? Pourquoi dans mes souvenirs j'écrivais des deux mains et j'essayais avec beaucoup d'effort de ne pas perdre cela ?

La réponse je l'ai donc eu il y a un an, de l'aveu de ma mère : j'étais gaucher mais pour ne pas être différent des autres elle m'a forcé à écrire de la main droite. Ça a été un choc pour moi, face à toutes ces questions que je me posais alors que je n'avais même pas envisagé avoir pu être forcé dans ma démarche d'apprentissage. Mais du coup, je comprends mieux pourquoi l'écriture m'étais très pénible.

Mis à part l'aspect émotionnel de cette révélation (on me dit que c'est pas grave et que j'en fais tout un plat), je m'intéresse en fait aux conséquences. Je me demande si ce n'est pas de là que vient ma difficulté à savoir prendre des décisions, même si ce n'est peut-être pas en soi le seul ingrédient de ce malaise.

Je m'explique : le fait de savoir distinguer sa gauche et sa droite me semble être déjà en soit un facteur de choix. Par ailleurs je ne sais pas si l'on s'est déjà posé la question de la portée que pouvait avoir une distorsion de ce facteur. Après tout, la construction cerveau droit/gauche doit bien avoir dévié de sa trajectoire (ou vocation) initiale, l'écriture impliquant plusieurs spécificités (dont le langage et la vision).

Mais ce qui me semble plus "traumatisant" d'un point de vue intérieur, c'est surtout le fait de ne rien vouloir abandonner de sa nature, sans pouvoir y arriver. D'où la volonté de toujours tout prendre, sans rien laisser de coté, et donc de ne plus savoir (ou avoir le courage de) faire des choix. D'un point de vue personnel, j'ai le souvenir d'une sorte de déchirement à l'issue duquel je ne voulais rien perdre de mes acquis quels qu'ils soient, ce qui induit à mon sens une inhibition de la volonté de choix.

Je ne sais pas si je suis très clair... Mais j'aimerais partager avec vous sur cette expérience pour savoir ce que vous en pensez.

Y-a-t'il des exemples de surdoués marqués par ce genre de réflexion ou d'expérience ?

Pensez-vous que cela puisse être un facteur déterminant dans la surdouance ou que, au contraire, c'est la surdouance qui serait susceptible d'induire sur cette expérience ? (par exemple une personne "ordinaire" aurait sans problème adopté la droite sans chercher à garder la gauche)

Dans l'espoir d'un échange constructif...
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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Grabote » dim. 4 janv. 2015 10:24

Bonjour Gepeto,
je ne suis pas concernée par ton expérience: droitière non contrariée ;)
Mais j'ai envie de réagir à ton message .
Tout d'abord, je trouve ça assez violent :
Gepeto a écrit : j'étais gaucher mais pour ne pas être différent des autres elle m'a forcé à écrire de la main droite.
suffisamment en tous cas pour en "faire tout un plat" (sur le moment).
Ça veut dire : 1- ça va pas comme je suis ; 2- il faut surtout pas être différent même sur un truc pas si important (heureusement que t'étais pas roux ou très petit ou très grand etc...).
Il me semble qu'il n'est pas trop tard pour récupérer une certaine dextérité coté gauche ...

Ensuite, à propos de cette histoire de choix :
Gepeto a écrit :une sorte de déchirement à l'issue duquel je ne voulais rien perdre de mes acquis
On l'observe quand on vit avec un enfant, et on peut facilement l'appliquer à sa vie d'adulte :
pour acquérir une nouvelle compétence ou prérogative il faut accepter de lâcher quelque chose.
J'ai envie de marcher toute seule , je ne serais plus le petit bébé porté tout le temps.
J'ai envie de lire toute seule, je n'aurais plus toutes les lectures de maman etc...
Hé oui, on peut pas gagner sur tous les tableaux.
Le sujet ici, je crois, c'est l'autonomie, faire ses propres choix et en assumer les conséquences...
C'est plus facile quand on est soi même et qu'on est pas stressé par la peur d'être différent.

Dans mon cheminement, il y a eu un moment où j'ai cessé de mettre mon attention sur pourquoi j'étais comme ci ou comme ça. J'avais trouvé pas mal de réponses, mais ça ne me permettait pas du tout de me sentir mieux. Alors,j'ai choisi de commencer à m'intéresser au présent et à l'avenir, à ce que j'avais envie de vivre, à ce que j'avais envie de changer, à comment faire ...

Pour finir, j'aimerai revenir sur ton expression de "surdouance" . Je trouve que "douance" c'est déjà pas mal ;)
Attention à ne pas la prendre comme unique grille de lecture. Passer le test apporte des éléments de compréhension sur notre façon de fonctionner dans certains domaines, ça n'explique pas tout et ça ne fait pas non plus des "diagnostiqué.e.s +" un groupe de gens homogènes et extra-ordinaires. :lol:

Edit : en bas de la page , y'a ce lien avec un topic similaire
http://adulte-surdoue.fr/pose-des-quest ... t2890.html
c'est toujours bien avant de créer un fil, de faire une petite recherche pour voir si le sujet n'a pas déjà été abordé
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Gepeto » dim. 4 janv. 2015 23:31

Merci Grabote de ta réponse.

J'ai d'abord souri sur le fait qu'heureusement que je n'étais pas roux et très petit; en fait je suis roux et pas très grand :D Mais ça n'a jamais été un problème. De plus le caractère "violent" de la volonté de gommer la différence est aussi à mettre en perspective avec celle d'une mère qui, maladroitement certes, souhaite le meilleur pour son fils. Mais ça, c'est un autre sujet...

D'autre part, j'ai effectivement regardé le sujet adjacent relatif aux Gauchers. Cependant je n'ai pas vraiment trouvé de réflexion intéressante sur le sujet de la contrariété lié à l'abandon d'une facilité d'origine et donc, sans doute, d'une structure "neuro-psychique" déterminée. Le topic aborde d'abord la question du rapport entre la douance et le fait d'être gauchers. Il se déplace ensuite sur des aspects relatifs aux ambidextres (avec certaines participations très intéressantes sur la latéralisation) mais ça ne me semble pas être mon cas, ni ma réflexion.

J'avoue que c'est peut-être un peu tordu et que je ne suis certainement pas assez précis... l'histoire de choix, comme tu le relèves est effectivement plus centrale. En revanche, à mon sens, il ne s'agit alors pas de perdre une manière de faire mais une manière d'être, une intuition que l'on attache au tuteur d'une norme. Par exemple, ici, ce n'est pas le fait de remplacer l'écriture manuscrite par un clavier, mais de contraindre à une manière de faire différemment une même chose, sur un domaine qui porte sur la latéralité et donc sur les repères droite/gauche fondamentaux. Pour donner un autre exemple (terriblement terrible, j'en conviens) c'est un peu comme arracher un enfant à sa mère d'origine alors que le lien est déjà bien établi, pour le donner à une autre. Le temps donne à la norme un sens de vérité mais n'en aura pas totalement le goût. Enfin... ce n'est pas une vérité absolue, hein; c'est juste l'idée que je m'en fait et je suis d'accord si on me reprend là-dessus :)

En fait sur ce sujet du choix, et avant d'avoir été informé sur la notion de douance (ou de surdouance :) ), c'était déjà une question que j'avais. Je me suis simplement posé la question de l'influence de la contrariété dans la latéralité (je ne sais pas si on peut dire ça comme ça...) sur la capacité à faire des choix (ou non). J'ai pas beaucoup évolué sur la question jusqu'à ce que le sujet de la douance me tombe dessus par le biais de mon fils. J'ai cru comprendre que certains surdoués avait du mal à faire des choix. Du coup ça m'embrouille un peu.

Est-ce que la difficulté de choix vient d'une contrariété ou d'une forme de douance ? J'en sais plus trop rien et peut-être que je me casse la tête pour rien. Il n'empêche que je n'ai pas réussi à trouver d'étude sur le sujet. Je n'ai peut-être pas les bonnes méthodes, mais ça m'a conduit à bouquiner des livres de neurosciences comme Kandel, Ganzzaniga et autres, alors que ce n'est pas du tout mon domaine.

Donc si quelqu'un a des pistes de recherche et de partage, ça m'intéresse !

P.S. : Merci de noter la différence entre "douance" et "surdouance". Je vais faire un effort mais j'avoue dans tous les cas avoir du mal à sortir un terme précis pour en parler (surdoué, HPI, HQI, etc.). Tous me donnent encore un petit sentiment de malaise, vu que c'est un domaine nouveau pour moi et que je ne suis pas habitué à une nouvelle définition des concepts.
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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Gepeto » ven. 9 janv. 2015 00:54

Hum... C'est pas la ruée sur ce sujet... Dommage. Apparemment, ça n'intéresse pas grand monde.
C'est pas grave, je vais le laisser dormir ici au cas où quelqu'un d'éclairé tombe par hasard dessus :)
N'hésitez pas à réveiller le topic !
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Colline

Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Colline » jeu. 22 janv. 2015 18:20

Personnellement, je pense que le problème du choix qui se pose pour beaucoup, n'est pas lié à la manière dont on s'est construit en fonction des contraintes que l'on a rencontré. Ici, dans l'exemple: toi, gaucher contrarié.

Tout d’abord, la question du choix, exemple avec l'apprentissage:

La difficulté, pour beaucoup, à effectuer un choix, se pose parce qu'il y a tellement de sujets qui nous intéresse. Et même si dans le souhait d'apprendre je peux ressentir une hiérarchie de puissance du désir, lorsque en cours de route je rencontre un autre sujet intéressant, alors le désir d'explorer cette voie là se manifeste aussi à une valeur proportionnelle au désirs précédents qui n'ont pas disparu. A la fin, le désir d'apprendre est contrarié, car on ne perds pas le fil du désir premier, seulement ce fil se multiplie et s’étend et au final, on réalise qu'il faut prendre une direction, ou une fourchette de directions sinon physiologiquement ce n'est pas possible de tout voir, tout écouter, tout apprendre en même temps. Souvent, c'est à ce moment que je ressens un pic de frustration devant la réalisation de ma propre incapacité à apprendre ou faire tout ce que je veux, et à l'instant ou je le veux. C'est ce monstre intérieur, celui qui veut tout et tout de suite qui créer la difficulté de choisir. Après il faut se raisonner, s'obliger à se concentrer sur le sujet ou quelques sujets le/les plus important. C'est l'organisation, la hiérarchisation qui me donnent les clefs pour ouvrir un maximum de portes, mais bien sûr en en ouvrant une, je passe à côté des autres. je ne suis qu'humaine... :rock:

Etre gaucher contrarié, ma propre expérience et celle d'un oncle:

Quand j'étais petite j'étais gauchère. En arrivant à l'école et en voyant tous les autres élèves utiliser l'autre main, j'ai décidé de faire comme eux. Personne ne me l'a imposé. Bien sûr, je recevais des remarques des autres: mais pourquoi tu fais ça avec cette main là? Mon conformisme m'a poussé à changer :) :emo: Ensuite j'ai totalement oublié que je n'avais pas toujours été droitière. C'est comme toi en posant des questions à mes parents sur pourquoi je faisais plein de choses avec la gauche et si c'était normal, j'ai re-appris cette histoire. Pour autant, je suis capable de prendre des décisions, j'ai appris que c'est plus efficace que de ne pas en prendre et que ne pas choisir c'est déjà une décision. D'ailleurs j'ai décidé de re-écrire avec la gauche :)

Sinon J'ai eu un oncle droitier, qui après un AVC est devenu paraplégique: tout son côté droit paralysé. Il était architecte, et à du arrêter son travail mais il a continué à dessiner et peindre: il est devenu gaucher. Ça lui a demandé beaucoup de pratique, mais je ne pense pas que cette contrainte l'ai influencé sur la prise de décision. Il savait ce qu'il voulait ou pas, et pouvait aisément faire une sélection dans ces idées. Peut être que ça venait aussi de sa pratique artistique. Quand on dessine, on sélectionne, on cadre, et bien que c'est souvent fait de manière inconsciente au début, ça devient rapidement un parti pris.

J’espère que j'ai bien compris et répondu à ton interrogation :lol: si je suis à côté de la plaque, stp écris le moi :-)


HP c'est un terme qui plutôt peur (attaché à douance), HQI ? LHOOQ oui! :P



Posts fusionnés par la modération, pour un ajout de texte, merci d'utiliser la fonction "éditer"

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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Colline » jeu. 22 janv. 2015 18:23

HP c'est un terme qui plutôt peur (attaché à douance), HQI ? LHOOQ oui! :P

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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Mei Run » ven. 23 janv. 2015 15:53

Je ne me suis jamais réellement beaucoup posé de question sur le sujet. ça ne m'a jamais réellement interpelé, gêné ou autre...
Je sais juste qu'effectivement, j'ai commencé par utiliser ma main gauche, et que ma grand-mère et l'instit de petite section, dans le même temps, ont jugé que les gauchers c'était "le mal", et m'ont fait changer de manière systématique, la main qui tenait crayon/fourchette etc.
Je n'en garde aucun souvenir, ni traumatisant ni autre, si ce n'est ce que ma mère m'a dit de sa colère posteriori quand elle s'en est rendu compte.

Ce que j'en garde ? Et bien ce que l'on m'a fait remarqué sur mes façons de faire depuis des années (mon père, ma grand-mère, mes entraîneurs, profs, patients etc) : je porte les montres à droite depuis toujours, je colorie aussi bien main gauche que main droite quand le poignet fatigue, je joue au tennis de la main gauche, je manie les couverts, je râpe etc plutôt à gauche. Il m'est arrivé d'écrire de la main gauche dans des moments d'entorse du poignet droit, mais l'écriture est plus lente et malhabile par manque d'entraînement.
Mais au final, je crois qu'à part écrire/dessiner, il n'y a pas grand chose que je ne fais pas de la main gauche au quotidien... Ou que je ne fasse pas possiblement des deux mains...

Et pour le coup, ma jambe d'appel est à gauche et mon œil directeur est le gauche, donc ça complète bien mon tableau de gauchère...

Un lien déterminant avec le reste de mon fonctionnement cognitif ? Aucune idée. Personnellement j'en vois pas. Et je me garderais bien d'extrapoler sur le sujet...
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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Gepeto » lun. 2 févr. 2015 11:25

Merci pour vos réponses et désolé de ne pas avoir encore répondu moi-même... Manque de temps en ce moment.

J'écris juste un truc rapide sur lequel je viens de tomber par hasard et que je ne connaissais pas : l'histoire du cerveau droit / cerveau gauche. Ça va paraître basique à tous ceux qui connaissent mais pour moi ça m'a impressionné. Voici un exemple ici :
Cerveau gauche ou droit ?

En fait, j'ai trop besoin d'écrire là dessus, parce que ça m'a carrément stressé, j'ai cru que j'allais m'arracher le cerveau et devenir dingue ! Certains la voit tourner dans le sens des aiguilles d'une montre et d'autres dans le sens inverse. Je me suis dis "Mais c'est n'importe quoi... Elle tourne dans le sens des aiguilles d'une montre et rien d'autre !" J'ai lu les commentaires où certains l'ont vu d'abord dans un sens, puis après dans l'autre. Pour moi, rien à faire, j'ai beau croiser les yeux ou autre, elle tourne toujours dans le sens des aiguilles d'une montre.

Et puis j'ai vu ces autres lien où, effectivement, j'ai compris qu'on pouvait voir les choses différemment :)
'solution' for spinning dancer girl illusion - defined for both directions
what does THIS dancer say about YOU?

Bon malgré tout cela, quand on enlève les indices, je ne la vois tourner que dans le sens des aiguilles d'une montre, donc cerveau droit en puissance. Je vais attendre que la journée puis la nuit passe pour voir si mon cerveau s'adapte et arrive à voir plus que son sens "par défaut".

C'est quand même dingue tout cela ! Aaargh. Qu'est-ce que je n'aime pas ne pas savoir faire... :punch: Mais là, j'avoue, je me sens carrément limité :nesaitpas:
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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Zyghna » lun. 2 févr. 2015 12:32

Attention aux simplifications des histoires cerveau gauche/droit, on en parle ici.
"Il est inutile d'être parfait, il faut seulement s'engager et mettre ses actions en cohérence avec ses valeurs" Brené Brown

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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Gepeto » lun. 2 févr. 2015 13:09

Oui, merci de le préciser Zyghna :)
Il faut effectivement éviter de s'emballer et prendre du recul par rapport à cela. Je ne crois pas non plus qu'il faille aller trop vite en besogne et sortir tout un tas de théorie de cet exercice. J'invite chacun à consulter le lien fourni par Zyghna sur l'analyse de Mlle Rose; c'est très intéressant.

Il n’empêche que c'est plutôt bluffant à découvrir.

Les histoires de préférences hémisphériques tournent vite à la polémique, c'est sûr, et c'est un peu un mauvais réflexe que de chercher une théorie du tout, une explication quasi-scientifique à la douance au lieu d'en accepter la diversité qui la compose.

Néanmoins, au test Mensa, j'avais quand même noté qu'une certaines quantité des candidats étaient gauchers (en tout cas plus que ce que j'ai l'habitude de voir réunis dans une même salle). Mais attention, ça n'a rien de scientifique, c'est une simple constatation personnelle. Ça ne prétend à rien de plus.
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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par TourneLune » lun. 2 févr. 2015 18:40

Que ton cerveau interprète ta vision pour la faire tourner dans un sens ou dans l'autre n'implique pas forcément une préférence hémisphérique....
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)

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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Gepeto » lun. 2 févr. 2015 23:52

Oui. Maintenant que tu dis ça, effectivement... Dire que cela tourne à gauche ou à droite n'implique pas forcément un travail de l'hémisphère droit ou gauche spécifiquement.

Néanmoins, interpréter, c'est mettre en action une préférence, donner un sens plutôt qu'un autre. Dans mon cas, je n'ai pas réussi à "m'autosuggéré" de voir la chose dans l'autre sens. Donc je subis un choix que je ne fais pas consciemment.

Le choix droite ou gauche (droitier ou gaucher) reste une préférence qui même si elle est biaisée dans certains domaines d'expression a toutes les chances de rester une préférence forte lors d'un nouvel apprentissage, un fonctionnement "par défaut".

D'autre part j'ai cru comprendre qu'il y avait une remise en question dans la vision du fonctionnement du cerveau suivant une analyse bipolaire. Je peux comprendre les réticences à une latéralisation systématique, bien sûr, mais tout de même, la spécialisation droite / gauche du cerveau est visible au moins dans le domaine de la motricité. J'ai eu un membre de ma famille trépané du lobe droit du cerveau, je peux vous assurer que toute la partie gauche de son corps était "morte". Et même si ses facultés étaient grandement diminuées, certaines (verbal, mémorielles, plaisanterie, ...) restaient surprenantes (l'aire de Broca fonctionnait plutôt bien, toutes proportions gardées). Ne serait-ce qu'en partant de là on peut en élargir la portée à d'autres domaines. S'agit-il seulement d'une simple théorie ? C'est comme de dire qu'un enfant a pris les traits physique de son père ou de sa mère mais que cela ne va pas plus loin (caractère, mémoire des gènes, etc), simplement parce que l'on a du mal à le quantifier.

Je n'ai peut-être pas encore une vision assez large de tous les courants de pensée qui parsème les sphères cognitivistes et autres pour faire preuve de vrai jugement, mais en revanche j'ai appris à me méfier des nouvelles théories qui balaient d'un revers de la main les "anciennes" sous prétexte que l'on connaît plus aujourd'hui ou que cela n'est pas suffisant selon nos critères d'évaluation actuel. En plus, l'argument disant que "Ah bon ? tu es cerveau droit ? Donc tu n'utilises pas ton cerveau gauche ?", je trouve ça malhonnête et caricatural. Vu comme cela, c'est clair que ça parait ridicule. C'est évident que les deux hémisphères travaillent ensemble et de concert !

Après je déplore moi aussi, que le charlatanisme tire profit d'une simplification des concepts à outrance. Mais c'est aussi le propre des manipulateurs : une vérité pour deux mensonges. Est-ce pour autant que tout est mensonge ?

La véritable question qui me reste finalement, et à laquelle je risque sans aucun doute de ne pas avoir de réponse, est : quels sont les mécanismes fondamentaux qui sont à l'origine de nos tendances, choix, préférences ? Question certainement trop vaste pour une réponse simple...
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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Mlle Rose » mar. 3 févr. 2015 09:32

Gepeto a écrit : mais tout de même, la spécialisation droite / gauche du cerveau est visible au moins dans le domaine de la motricité. J'ai eu un membre de ma famille trépané du lobe droit du cerveau, je peux vous assurer que toute la partie gauche de son corps était "morte". Et même si ses facultés étaient grandement diminuées, certaines (verbal, mémorielles, plaisanterie, ...) restaient surprenantes (l'aire de Broca fonctionnait plutôt bien, toutes proportions gardées).
Et si la lésion avait été à gauche il y aurait eu probablement hémiplégie droite ou hémiparésie. Et pas forcément de trouble du langage en fait. C'est fréquent, mais pas systématique. De même des lésions de l'hémisphère droit peuvent provoquer des troubles du langage notamment au niveau de la prosodie, et de la pragmatique.
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Bradeck » mar. 3 févr. 2015 12:09

Bonjour,

Les liens vers les topics sur les hémisphères ayant été donné, je vais juste apporter un nouveau caillou sous forme de témoignage.
D'une: Je rejoins Colline sur la question du choix.
Deux: Je rejoins Mei Run sur la latéralité: Je ne me suis jamais posé la question, cela ne me chagrine pas.
Mais bon, je ne suis pas un gauché contrarié, mais un ambidextre contrarié ;)
J'explicationne: Petit, je changeais de main au milieu de la page. Apparement, ça a agacé ma maitresse qui m'a demandé de choisir une main. J'ai choisis celle qui commençait, soit la gauche. Apparemment cela m'avait rendu tristoune, mais je n'en ai parlé à mes parents que des années après.
Mais: Sans m'en apercevoir j'ai passé des colles en prépa en écrivant et dessinant de la main droite au tableau, quand j'ai une montre je la porte à droite, quand je mange je met la fourchette dans la main gauche, et ne la change pas (donc je coupe comme un droitier, et enfourne comme un gaucher). Mon oeil directeur est le gauche, et mon pied d'appel change selon le sport (saut: droit, jeux de ballon, gauche...). Je joue au tennis de la main droite, au ping pong des deux mains... Mon "problème" est lorsque je suis dans une situation symétrique, pile dans l'axe de ce que je dois faire (couper un poulet bien droit devant moi, visser un truc pile devant moi), je bloque, mon cerveau ne sais pas choisir la main à utiliser, et il ne se dit pas non plus qu'il serait bon que je me décale.

Donc je rejoins Colinne, si j'ai des problèmes à choisir, je ne pense pas que l'origine soit là, mais plus lié au fait que tout m’intéresse. Mais bon, je n'ai pas ressenti de traumatisme non plus, juste un "C'est quand même ballot qu'on ne me laisse pas faire comme je veux tant que j'écris bien" :o
En raison du manque d’intérêt suscité, la journée de demain est annulée (Ministère du nihilisme)
Pour raison d'économies, la lumière du bout du tunnel va être éteinte (Ministère du budget)

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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Gepeto » mar. 3 févr. 2015 13:17

Mlle Rose a écrit :
Gepeto a écrit : mais tout de même, la spécialisation droite / gauche du cerveau est visible au moins dans le domaine de la motricité. J'ai eu un membre de ma famille trépané du lobe droit du cerveau, je peux vous assurer que toute la partie gauche de son corps était "morte". Et même si ses facultés étaient grandement diminuées, certaines (verbal, mémorielles, plaisanterie, ...) restaient surprenantes (l'aire de Broca fonctionnait plutôt bien, toutes proportions gardées).
Et si la lésion avait été à gauche il y aurait eu probablement hémiplégie droite ou hémiparésie. Et pas forcément de trouble du langage en fait. C'est fréquent, mais pas systématique. De même des lésions de l'hémisphère droit peuvent provoquer des troubles du langage notamment au niveau de la prosodie, et de la pragmatique.
Oui, c'est aussi pour cela que j'ai précisé par "toutes proportions gardées". Une lésion dans l'un des hémisphères peut avoir des conséquences sur l'ensemble du comportement, cela me parait aussi évident. De même, j'imagine assez facilement que les mécanismes du langage (pour garder l'exemple) ont des ramifications dans les deux hémisphères. Et si Broca avait constaté qu'une lésion dans la zone temporale gauche causait la perte du langage, on comprend aujourd'hui que cette zone n'est pas seule responsable du langage.

Néanmoins est-ce que l'on peut encore dire qu'elle en est le vecteur principal ? un peu comme une porte d'accès à la fonction ? A-t-on constaté en fait que les conclusions de Broca étaient basées sur des cas non représentatifs ? En gros, si un patient souffre d'une lésion de l'aire de Broca, y a-t-il une possibilité qu'il puisse malgré tout parler ? Parce que si oui, effectivement, ça remet en question pas mal de choses et notamment la limite d'intérêt du dialogue sur la latéralité.

Ce que j'aurai du mal à accepter, c'est que simplement parce que l'IRM n'a pas permis de le démontré, on considère des expérimentations anciennes comme infondées, alors qu'il pouvait s'agir d'interprétation partielles sur des sujets de plus grande protée (une porte d'accès à la fonctionnalité plutôt que simplement la zone où tout se passe).

Bon. Ceci étant dit, on s'éloigne peut-être un peu du sujet d'origine, si ce n'est sur celui de la latéralité.
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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Mlle Rose » mar. 3 févr. 2015 13:23

Je ne sais pas si tu as lu la fin du fil sur cerveau gauche/cerveau droit, mais il semblerait au regard des dernières découvertes que plus que l'existence de zones localisées chez tout le monde au même endroit, il serait question de réseaux de neurones, qui se construisent en fonction des expériences du sujet.
CF les travaux de Dufaut sur le sujet.

Il a enlevé l'aire de Broca à plusieurs patients souffrant de tumeurs d'après ce qu'il disait lors de la conférence à laquelle j'ai assisté, aucun troubles du langage.
Cela pourrait s'expliquer par la plasticité cérébrale, qui induit que lorsqu'on a une lésion qui grossit, comme une tumeur, les fonctions se réorganisent au fur et à mesure via des nouveaux réseaux créés. Mais pour l'heure il n'y a que des hypothèses, a priori.

Et oui on s'éloigne bien là ^^
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Re: Gauchers contrariés : un facteur déterminant ?

Message par Gepeto » mar. 3 févr. 2015 17:00

Oui effectivement je ne suis pas allé jusqu'au bout du fil. Je n'était pas loin : je me suis arrêté aux 2 petites vidéo du dessus, qui ne m'ont pas plus :P

Si l'on parle de plasticité du cerveau, je suis d'accord. C'est vraiment fabuleux toute cette capacité d'adaptation. Mais on parle d'adaptation, d'évolution pas de structure initiale (même si la plasticité fait que tout ça bouge d'une certaine manière en fonction du vécu, de l'age et autres). A-t-on démontré que des personnes naissaient avec une "aire de Broca" (je mets des guillemets maintenant) ailleurs ? Du genre, au lieu d'être à gauche, elle est à droite ? Si une tumeur grossie, j'imagine que le cerveau "déplace", par protection, les zones à risque ailleurs (où ? j'imagine que c'est dans une zone adjacente...). Il peut probablement le faire car il possède encore la donnée d'origine (j'imagine ça comme une structure neuronale qui forme l'identité de l'information) mais que se passe-t-il si cette zone au lieu d'être repoussée pour faire de la place à un corps étranger et simplement enlevée ? (Ne cherchez pas, je ne suis pas volontaire !) Je ne suis pas certain que l'on puisse espérer une reconstruction fonctionnelle de cette zone sous couvert de plasticité ? En revanche, que d'autres zones se restructurent et se redéfinissent pour compenser, ça me semble compréhensible, mais il s'agit là encore d'un fonctionnement déviant.

Finalement, sur le sujet d'origine, les thèmes se recoupent quand même un peu je trouve. Après tout, quand on parle de "gaucher contrarié", il s'agit finalement d'un comportement d'origine qui a dévié de sa trajectoire initiale. On pourrait aussi dire que c'est ça la vie, qu'on s'adapte sans cesse, qu'il faut se faire une raison. Oui. Mais si, pour un nouvel apprentissage, l'ambiguïté réapparait, c'est une source de tension et donc cela peut devenir handicapant à la longue, notamment sur la question des choix (c'est mon sentiment). Parce que dans ce cas, le cerveau cherche à s'adapter alors que la structure décisionnelle neuronale d'origine est toujours présente.

Maintenant, pour revenir sur le fil, et le témoignage de Bradeck sur l'ambidextre contrarié :) Ça me fait penser à un article que j'ai lu l'autre jour sur "le cerveau et l'attention spatiale". Il y a un dessin qui parle de lui-même sur le fait que des patients ayant des lésions de l'hémisphère droit ne dessinent que la partie gauche. Je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible parce que moi, avec mon œil gauche (directeur) je ne pense pas donner la perception à mon cerveau que de la partie gauche d'un dessin. Mais là encore je me sens bien inculte en la matière.
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