Je me sens souvent si bête...

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Dicizit
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Je me sens souvent si bête...

Message par Dicizit » mer. 23 juil. 2014 17:34

Presque 6 mois se sont écoulés après l'estampillage " surdouée" en bonne et due forme, résultats sans équivoque, et je continue à me trouver souvent dans des situations où je me sens bête, ou du moins tellement moins intelligente, cultivée, intéressante que nombre de personnes autour de moi...
Je n'ai pas un domaine d'excellence , je suis intéressée dans une multitude de domaines mais n'en connaît aucun à fond. ( est- ce possible d'ailleurs?).
J'ai passé quelques jours avec une amie qui est très sûrement surdouée, nous avons beaucoup échangé sur nos fonctionnements respectifs, nous nous sommes émerveillées de comprendre si bien nos réactions, nos rapports au monde, de réaliser que c'était pour nous la première fois que l'on pouvait parler de nos fonctionnements en étant comprises presque instantanément. Un plaisir immense d'entendre, à tour de rôle exprimer très exactement ce que l'on ressent.

Et pourtant, fn du séjour, je me sentais tellement moins brillante qu'elle! Un goût amer dans la bouche. Je n'ai pas eu le temps de lui en parler.
J'ai conscience que mon estime de moi n'est pas des plus brillante, et que la " norme" que je me suis fixée dans de nombreux domaines est peut être placée un peu haute. J'ai compris que mon fonctionnement est atypique, je commence à cerner certaines de mes facilités.
Alors pourquoi ce sentiment ?
Sentiment d'imposture ? Pourquoi maintenant, alors que le test est passé ?
Vais- je rester jalouse à vie de toutes les personnes qui en savent plus que moi? !!!!

Je me sens tellement bête de ne pas garder tout le plaisir des échanges que je viens de vivre au profit de ce sentiment désagréable de dévalorisation. Regarder uniquement ce que je ne suis pas et pas ce que je suis.

Bref...
Partagez-vous ce sentiment?

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cade
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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par cade » mer. 23 juil. 2014 19:43

Hello Dicizit,

Oui c'est mon cas, par intermittence :) A tel point qu'il m'arrive parfois de me dire "Ah si je n'avais pas passé ce test, je ne serais pas aussi autocentrée s'agissant de mes supposées super capacités, je n'étais pas comme ça avant!"
Mais aussitôt je me souviens qu'"avant", j'en étais arrivée à complètement perdre confiance en mes capacités, je m'étais persuadée qu'à force de me fondre dans la masse je m'étais complètement perdue et ne parviendrais plus à récupérer ce que j'aimais chez moi. Donc déjà pour ça je préfère le mirage actuel au mensonge précédent.
Par ailleurs, le poste dans lequel je me suis moi même enfermée a fini par me convaincre que j'étais devenue aussi "débile" que le rôle qu'il m'impose de tenir. En est résulté un complexe d'intelligence qui contribue fortement aux réflexions que tu dénonces.
ça c'est pour les inconvénients. J'en parle parce que je suis persuadée que ce qu'on se force à faire pour s'adapter pendant des années finit par produire ces complexes, et le test vient seulement se coller comme un gros patch censé apaiser un besoin, mais il ne règle en rien le comportement qui s'est imprimé en nous.

Et là le travail commence ;)
Je prends conscience qu'en dépit de résultats plus que valables, je ne serai jamais la plus intelligente, et que d'ailleurs ce n'est absolument pas ça que je recherche, ça ne m'apaiserait évidemment pas. En réalité il n'y a qu'une chose qui vaille, c'est, prenant conscience d'un potentiel que je ressentais seulement auparavant, d'aller au bout de mes capacités, mais pour moi, rien que pour moi, pour me faire le plus plaisir possible, parce que je le ressens comme une vraie liberté.
Ce qui m'a beaucoup aidée c'est qu'avec celle que je nomme pudiquement "ma coach", j'ai compris que mon intérêt pour mille et une choses mais sans jamais rien approfondir, me permettait de ne pas risquer de perdre le sentiment de toute puissance que j'ai je l'avoue. Et oui, tant que je ne me mets pas à fond dans quelque chose qui m'intéresse vraiment, que je recours à toutes sortes d'excuses, ouiiii, j'ai commencé, mais je continuerai plus tard parce que c'est pas le moment, ouiiii, c'est dur je n'arrive jamais à rester concentrée parce que je suis toujorus intéressée par une autre chose puis une autre, oh et puis j'ai tellement peur qu'en poussant davantage, une fois de plus je m'laaasse. Ben en fait tout ça me permet de ne jamais me confronter à mes limites et de conserver ma croyance en ma toute puissance donc c'est génial! Le revers de la médaille c'est qu'effectivement je survole un peu tout, me sens pas fière de moi et pas plus maline, donc je me rassure avec mes résultats mais au final je ne comprends pas trop à quoi ils servent et suis sceptique quant à leur perspicacité.

Ce qui va mieux aujourd'hui (3 mois après): En prenant conscience de ça, pour la première fois, je suis à fond dans un domaine qui me tient énormément à coeur! Et ce qui est absolument génial c'est qu'il est d'une complexité extraordianire, je veux dire en matière de pistes qu'il ouvre, tous les champs d'études me semblent illimités, comment m'ennuyer quand je me plonge enfin dans ce qui m'intéresse...Et en m'investissant par pur plaisir dans quelque chose qui me correspond, qui m'intéresse, donc pas pour trouver de la reconnaissance dans le regard d'autrui, toutes sortes de choses qui me semblaient étouffées semblent faire surface et contribuent à mon épanouissement. Par exemple mon intuition cette semaine marche plein pot malgré moi, d'ailleurs je recommence à couper la parole à tout va il faut que je fasse attention.
Et pour finir de répondre à ta question, je partage le bureau avec un collègue dont je suis quasi sure qu'il est HQI. Il a des raisonnement qui comme tu dis me filent des complexes par leur originalité et qui s'appuient sur une logique et des émotions qui marchent plein pot. Mais justement j'ai réalisé que si je ne peux pas avoir cette même originalité sur certains sujets, c'est parce que j'ai une sensibilité certes très forte mais stimulée très différemment. On a parlé d'un livre qu'on a tous les deux lu. Il a adoré, a dit que c'était un chef d'oeuvre et m'a expliqué pourquoi. Au premier abord j'ai été impressionnée par ce qu'il exprimait, puis j'ai vite réalisé que si je n'avais pas été marquée de la même manière, c'est simplement parce que ça me paraissait être une évidence donc ça ne m'a pas retourné la tête et je dois dire que le livre m'a même ennuyée. En revanche j'ai une perception sur d'autres choses que lui n'a pas du tout intégrée de son côté. Et j'ai alors réalisé qu'à chaque fois c'est pareil: il est complètement émerveillé par l'intensité et la beauté qui peuvent se dégager de thématiques relativement simples, alors que pour ma part je n'y trouve qu'ennui. Au contraire je suis transportée par les matières d'une grande complexité parce que j'aime parvenir à en extraire la chose indicible, fragile, et pourtant intacte et si vraie cachée dans ce maillage. Alors que mon collègue au contraire déteste parce que trop compliqué, trop obscure. Et pourtant je t'assure que les interprétations qu'il a de situations simples sont tout bonnement magnifiques et pleines d'originalité. Tout ça pour dire que deux personnes "surdouées" vont avoir une appétance, une sensibilité particulière qui va leur faire analyser une même situation très différemment. Alors évidemment quand l'autre en face te sort quelque chose de grandiose qui t'a tout juste effleuré l'esprit parce que ta sensibilité s'en balance, tu as l'impression d'être benête, d'une banalité affligeante. Mais l'autre pensera la même chose quand toi tu vas en venir à ce qui te parle. Et donc maintenant quand je ne suis pas d'accord avec mon collègue, je suis curieuse de m'enrichir décomplexée de ses raisonnements :)
Je concluerais donc juste en te disant, commences à te confronter à toi même et oublies les autres
:-)

Voilà c'est j'en suis désolée très long, mais j'espère que ça peut t'aider c'est le but en tout cas parce que je ne te comprends que trop bien!

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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par Ariel » mer. 23 juil. 2014 20:02

Bonjour Dicizit,

Oui, je me sens relativement ignorant (bête) dans la plupart des conversations face à des gens qui maîtrisent leur sujet. Face aux connaissances ou à la culture de certains de mes interlocuteurs.

Le fait est qu'un peu d'étude me rendrait rapidement aussi savant qu'eux mais je me désintéresse des questions qui ont déjà une réponse et pour lesquelles il suffit donc d'apprendre pour comprendre et savoir. Je me tourne plus volontiers vers les questions sans réponse, les questions abstraites ou à réponses variables, les questions qui mènent à des probabilités théoriques plutôt qu'à des connaissances avérées... les questions qui, précisément, n'intéressent pas grand monde a priori. Ce genre de questions qui ferait dire à mes interlocuteurs que "je me prends la tête".

Ayant à cœur d'avancer personnellement plutôt que de faire progresser un domaine ou une technique, je reste "bête" avec une certaine malice et "je me prends la tête" avec plaisir car je me dis que, finalement, mes interlocuteurs ne peuvent rien m'enseigner que Google ne pourrait m'apprendre plus clairement, alors qu'à l'inverse, s'ils voulaient explorer des champs de réflexion moins connus, plus obscurs, je pourrais leur ouvrir certains horizons que Google n'a pas encore découverts ou n'a pas vraiment bien circonscrits.

Bref ! Il est vrai que je ne suis pas très savant dans la plupart des domaines communs, mais pourquoi me sentirais-je bête pour autant ?

Je m'intéresse aux choses que l'on ne sait pas encore et je laisse aux autres celles que l'on sait déjà... est-ce vraiment moi le plus bête ?
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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par cade » mer. 23 juil. 2014 20:07

Pas bête, j'y avais pas pensé :-)

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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par Malkovitch » mer. 23 juil. 2014 20:14

Bonjour Dicizit,

Je comprends que le regard que tu poses sur toi-même t'est pénible à supporter. Toutefois ce n'est pas une fatalité. Je crois comprendre aussi que le résultat du test n'a pas amélioré ta situation et peut-être même qu'il a ajouté un poids supplémentaire à ton fardeau.

J'ai déjà vécu ce sentiment d'inadéquation dans le passé, en effet c'est lourd à vivre. J'ai compris un jour que si je ne me donnais pas une chance de me voir autrement, personne ne pourrait le faire pour moi. C'est à ce moment que j'ai pu m'ouvrir à l'idée de demander de l'aide pour m'aider moi-même à mieux m'apprivoiser.

Évidemment, ça n'a rien changé à ce que j'étais et que je suis toujours, mais j'ai appris à porter un regard plus compatissant sur ce que je considérais comme mes travers. Cela a en outre contribué à me donner le droit de me sentir bien dans ma différence et à mettre fin aux comparaisons culpabilisantes. Il y a toujours mieux et toujours pire que soi, mais l'essentiel n'est-il pas d'en venir à se dire qu'on ne se sent ni plus ni moins valable que quiconque ?

Voilà pourquoi j'en viens à penser que tout n'est pas définitif tant qu'il reste des options que l'on n'a pas encore expérimenté. Pour paraphraser une pensée d'Einstein qui disait, on ne doit pas s'attendre à des résultats différents lorsqu'on aborde le problème toujours de la même manière. Il a dit également qu'un problème ne peut être résolu au même niveau où il a été créé. Une autre pensée qui va dans le même sens et que je trouve très signifiante : «Pour qu'il t'arrive ce qui ne t'arrivais pas, commence à faire ce que tu ne faisais pas». Ça laisse à penser qu'il y a un pas à faire, un pas que l'on a fort probablement jamais fait auparavant.

Je te souhaite de belles découvertes.
Lorsque ta vie te semble toute à l'envers, modifie ton angle de visée, essaie la tête en bas.

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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par sandrinef » jeu. 24 juil. 2014 07:33

Bonjour dicizit,
Je comprends ce que tu peux ressentir, bien que ne partageant pas ce ressenti du tout.
Personnellement, quand j'ignore tout ou quasi tout dans tel ou tel domaine, je ne me sens pas bête pour autant. Je ressens juste à quel point le champ des possibles est vaste et cela éveille ma curiosité. Je me sens ignorante. Pas bête. Et cela ne me dérange pas. Surtout que la plupart du temps, je précise que je n'y connais rien du tout.
Le manque de connaissance, ou de culture, ne fait pas d'une personne quelqu'un de bête.
Et même, j'oserais dire qu'être bête, de temps en temps, ben ça ne fait pas de mal et ce n'est pas si grave.

J'aurais plutôt tendance à me sentir bête dans certaines situations où mes réponses sont inadaptées car j'ai compris autre chose, ou bien lorsque je dis quelque chose qui n'est pas reçu dans le sens où je l'entendais.
Cela peut créer des situations étranges, parfois même mon interlocuteur se met à rire ( je sais pas pourquoi...)

Personnellement, j'aime cultiver une forme de bêtise car elle me permet de rester à ma place, de ne pas grimper l'escalier dangereux de la suffisance, et je garde ainsi un peu de mon âme d'enfant. Et aussi: c'est important d'être indulgent avec soi-même.
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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par Dicizit » jeu. 24 juil. 2014 08:39

Merci à tous de votre participation!
Je commence à réaliser diverses choses.
D'abord ce n'est pas un sentiment constant dans ma vie. Cela m'arrive, et me surprend assez pour me poser problèmes.
C'est comme si d'ordinaire, je sais que j'ai une " réserve d'intelligence" par rapport aux autres, je ne fonctionne pas à plein régime. Là, je me retrouve avec une personne qui ne cesse de me surprendre, je sens très bien que nos fonctionnements sont très semblables mais nos vies ne nous ont pas conduites aux mêmes endroits, nos savoirs ne sont pas les mêmes, nos personnalités non plus. (Je suis une pro du camouflage, elle a une personnalité explosive!). Très vite, j'oublie nos points communs, j'oublie ce que je suis pour ne voir que ce qui brille en face de moi. Et ça m'écrase.

Deuxième point: je suis extrêmement curieuse et ça m'enchante d'apprendre quelque chose de neuf. Je n'ai pas de problème pour dire que je ne connais rien dans tel ou tel sujet et pour écouter avidement un interlocuteur passionnant.
Mais il me semble que l'on se positionne de façons très diverses sur nos savoirs. Certains sont dans un partage jouissif et jamais condescendant quand d'autres s'en servent un peu pour se glorifier...ils oublient la manière de l'art...
J'ai peut être ressenti parfois cela.

Ariel:
Ayant à cœur d'avancer personnellement plutôt que de faire progresser un domaine ou une technique, je reste "bête" avec une certaine malice et "je me prends la tête" avec plaisir car je me dis que, finalement, mes interlocuteurs ne peuvent rien m'enseigner que Google ne pourrait m'apprendre plus clairement, alors qu'à l'inverse, s'ils voulaient explorer des champs de réflexion moins connus, plus obscurs, je pourrais leur ouvrir certains horizons que Google n'a pas encore découverts ou n'a pas vraiment bien circonscrits.

Bref ! Il est vrai que je ne suis pas très savant dans la plupart des domaines communs, mais pourquoi me sentirais-je bête pour autant ?

Je m'intéresse aux choses que l'on ne sait pas encore et je laisse aux autres celles que l'on sait déjà... est-ce vraiment moi le plus bête ?
Ariel, je suis d'accord avec toi, je ne me sens pas incapable d'apprendre ce que je ne sais pas. Je n'ai par exemple aucune mémoire des dates et ça ne me complexe pas du tout, l'information est si rapidement trouvée sur le net.

Par contre, ta dernière phrase a piquée ma curiosité ;-)

Malkovitch:
J'ai déjà vécu ce sentiment d'inadéquation dans le passé, en effet c'est lourd à vivre. J'ai compris un jour que si je ne me donnais pas une chance de me voir autrement, personne ne pourrait le faire pour moi. C'est à ce moment que j'ai pu m'ouvrir à l'idée de demander de l'aide pour m'aider moi-même à mieux m'apprivoiser.
Oui, je sais bien que je me vois sous le filtre du manque d'estime de moi. Je trouve difficilement les ficelles pour travailler sur le sujet. J'ai arrêté de voir ma psy pour débuter autre chose ( emdr), résultat: je ne fais ni l'un ni l'autre;-)
J'attends le moment où je n'aurai plus le choix !

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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par Ariel » jeu. 24 juil. 2014 16:24

« Je m'intéresse aux choses que l'on ne sait pas encore et je laisse aux autres celles que l'on sait déjà... »

Enchanté d'avoir piqué ta curiosité avec cette dernière phrase mais je ne peux pas la développer sans m'écarter du sujet que tu as lancé ici.

Pour rester dans le propos, je te livre l'exemple de cette conversation récente avec un ami qui me parlait de sa nouvelle voiture. 1,6 litre, me disait-il... 16 soupapes... de 0 à 100 en 8 secondes... 6 litres au 100... réservoir de 60 litres... 1000 km d'autonomie... etc. De l'hébreu pour moi qui ignore tout de la mécanique automobile. Je restais donc muet, à son écoute, sans comprendre le moindre point de son explication. À ma place, tu te serais sentie bête sans doute. Pour ma part, j'observais son élan passionné face à son super bolide en me demandant ce qui motivait, chez lui, un tel enthousiasme. Sa voiture était-elle un attribut masculin augmentant sa virilité ? Était-elle un signe extérieur de position sociale ? De réussite ? De richesse ? Servait-elle de palliatif face à un manque inconnu ? Profond ? Douloureux ? Enfoui ? Était-ce l'enfant, en lui, qui s'enivrait de cette voiture ? Ou était-ce, pour lui, un symbole d'identité ? Une appartenance ? Une reconnaissance ? Cette voiture faisait-elle naître une forme d'amour en lui ? Ou était-il tout simplement idiot ?... Une foule de questions sans réponse m'assaillait en l'écoutant. Des questions qui pouvaient se réduire à une seule : À travers quels filtres mon ami voyait-il sa voiture ?

Question plus intéressante que toute autre pour moi car c'est à travers ces mêmes filtres qu'il voit le reste des choses, le monde, les gens et moi-même.

Répondre à cette question c'est connaître mon ami mieux qu'il ne se connaît lui-même. C'est presque voir les choses par ses yeux. Ainsi cet ami me trouve-t-il subtil et intelligent dans ma relation avec lui. Il se demande de quelle finesse suis-je capable pour l'appréhender avec tant de justesse. Il cherche à comprendre comment je m'y prends. Il s'interroge. Et il finit par s'intéresser à cet aspect des choses. En fin de compte, il se sent "bête" de ne pas capter certaines subtilités et "il se prend la tête" avec des considérations de plus en plus sensibles. À son tour, il essaie de voir les choses par mes yeux.

La mécanique humaine est plus intéressante que la mécanique automobile... et l'étroitesse d'esprit est plus préoccupante que la largeur des jantes. On va parfois plus loin en discutant autour d'un verre qu'en avalant les kilomètres au volant d'une grosse cylindrée.

À la fin de sa conversation, je lui ai demandé à quelle température pouvait monter un pneu roulant à 130 km/h sur l'autoroute ? Quelle était la pression de l'air sur la carrosserie ? Comment pouvait-on mesurer le sillage aérodynamique du véhicule ? Il a répondu : Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je crois que ce connaisseur se sentait plus bête que moi qui n'y connaissait rien.
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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par Dicizit » ven. 25 juil. 2014 07:12

Limpide exemple.
J'ai tout de même besoin de savoir, ou du moins de sentir que mon "ami me trouve subtil et intelligent dans ma relation avec lui. Il se demande de quelle finesse suis-je capable pour l'appréhender avec tant de justesse."

Je suis profondément intéressée par la nature humaine et j'aime essayer de comprendre le fonctionnement des autres le plus finement possible.
L'inverse n'est pas toujours vrai, je ressens parfois cela comme une injustice.

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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par Ariel » ven. 25 juil. 2014 16:57

Par le passé, j'ai beaucoup souffert du manque de réciprocité que tu évoques. J'y voyais une forme d'indifférence à mon égard, une absence de considération. Je me sentais être "la bonne poire" sur laquelle tout le monde peut compter mais qui ne peut compter sur personne.

Il suffisait que quelqu'un m'adresse la parole, me confie un problème, me dévoile un projet, et je me sentais investi d'une mission de compétence. J'offrais alors le meilleur de moi-même, je m'impliquais et je m'investissais dans des résolutions qui n'étais pas les miennes. Je me devais d'être là pour l'autre et je ne comprenais pas que les autres ne fussent pas là pour moi dans la même mesure.

À la vérité, les autres n'étaient pas là pour moi dans la même démesure. On ne peut pas attendre des autres qu'ils se donnent tout entiers comme je le faisais moi-même. Et comme tu le fais peut-être...

Je crois que plus on est sensible et plus les moindres sensibilités nous semblent superficielles. J'ai fini par croire que les gens étaient tous superficiels, et donc insensibles, et donc bêtes. Et là, oui, j'étais bête.

Pour revenir à mon exemple, heureusement que mon ami fait preuve d'un tel enthousiasme pour sa voiture. C'est sans doute grâce à des gens comme lui que nous profitons de voitures confortables et performantes. Si il avait fallu compter sur moi pour créer un véhicule, nous n'aurions pas même la bicyclette.

Aujourd'hui, mes préoccupations sont toujours les mêmes, ma sensibilité est toujours pareillement orientée et j'ai parfois quelque amertume, encore, face à ce qui me semble être de la négligence envers moi. J'ai toujours une tristesse quand je vois qu'on ne pense pas à moi avec cette même énergie qui est la mienne quand je pense aux autres. Mais je sais qu'ils manquent autant de profondeur que je manque de légèreté. Les torts sont donc partagés.

Avant je faisais le chemin vers eux et je me plaignais, silencieusement, qu'ils ne fassent pas le chemin vers moi. Désormais, je ne fais que la moitié du chemin vers eux et ils leur revient de faire l'autre moitié vers moi. Ceux qui ne feraient pas la moitié du chemin seraient-ils vraiment mes amis ? Ainsi, j'avoue volontiers que la voiture de mon ami est remarquable mais il reconnaît également que son amour des voitures est particulier.

À chacun sa sensibilité. Mais lui, au moins, ne tait pas la sienne... et j'ai appris à en faire autant. Ô impudeur !

Sur ce forum, on peut facilement livrer ses embarras, comme tu le fais un peu avec ce sujet. On sait qu'ils seront plus ou moins lus mais jamais jugés. Et comme il serait bon de pouvoir en faire autant avec les gens que nous côtoyons au quotidien et en les regardant en face, n'est-ce pas ? Mais au fait, pourquoi ne pourrait-on pas ? Je ressens bon nombre de grand-pensants (surdoués) qui, inconsciemment, vivent comme des machines à penser, à comprendre, à compatir et à supporter. Mais nous ne sommes pas des machines et il faudrait enfin le faire savoir.
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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par Cyrielle » ven. 25 juil. 2014 17:21

sandrinef a écrit : Personnellement, quand j'ignore tout ou quasi tout dans tel ou tel domaine, je ne me sens pas bête pour autant. Je ressens juste à quel point le champ des possibles est vaste et cela éveille ma curiosité. Je me sens ignorante. Pas bête. Et cela ne me dérange pas.
Tout pareil pour moi. Et en plus, comme j'adore apprendre et que je suis très curieuse, je bois les paroles de toute personne sachante et passionnée par son sujet, même si il est très éloigné de mes préoccupations.
Et je suis très admirative de ceux qui retiennent mille notions précises, mille dates ou chiffres ; moi je n'ai en tête que de vagues notions sur quelques sujets, et je suis bien incapable de ressortir le nom ou le contenu de telle ou telle théorie, même si le domaine m'intéresse.

Par contre je suis très gênée de souvent me sentir "gourde", c'est à dire pas à ma place, nunuche, périmée, ce qui me donne assez vite l'envie de m'isoler pour ressasser... La WAIS n'y a bien sûr rien changé... mais je me soigne :P
Y'a trop de monde sur les gradins... Le spectacle du monde nous appartient !

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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par cade » ven. 25 juil. 2014 18:59

J'ai pour ma part toujours le sentiment d'être bête, je mets systématiquement les gens sur un pied d'estale, tout ce que je fais peut toujours être tellement mieux et je le ressens régulièrement cuisamment. Les résultats et donc tout ce que j'ai lu en fonction, me font essayer de voir les choses différemment, et ce n'est pas évident du tout. Alors qu'avant mon regard sans indulgence sur moi même me paraissait aller de soi, mais sans m'empêcher de m'apprécier, c'est juste qu'ayant toujours davantage conscience de tout ce que je n'avais pas accompli je ne pouvais pas estimer les choses valables à mon actif à leur juste valeur, depuis les résultats donc, j'essaie comme je peux de placer le curseur au niveau que je suis censée avoir, mais ça ne colle pas avec ce sentiment d'imperfection dont je ne pourrais jamais me départir je pense. Et en même temps je n'ai pas envie de perdre cette capacité à l'auto-critique, parce que je trouve justement que ça contribue à raisonner de manière intelligente. C'est parce que je doute que j'avance paradoxalement.
Mais voilà, comme je revisite tout en ce moment à l'aune de ce bilan, et que je comprends que beaucoup de choses sont à revoir en partie sous le prisme de cette singularité et non plus sous celui de la "bizarrerie" dont j'ai si souvent été affublée, ça fait tout bouger, et évidemment, et c'est ce en quoi je comprends les bouleversements que traverse Dicizit, j'ai bien du mal à ne pas perpétuer l'erreur qui consiste à s'évaluer en fonction des autres pour essayer de comprendre de quoi il retourne finalement, et de se situer. C'est simplement un réflexe de base, très humain, bien que ce ne soit pas en la circonstance la méthode à laquelle il faille recourir. Je pense au contraire comme je le disais précédemment que c'est le moment de penser à soi dans toute sa dimension (s'évaluer en fonction de ce que l'on ressent au fond de soi, se "chérir", écouter son bon sens, etc...).
Je rappelle quand même un point important, les résultats sont tombés récemment, il y a forcément une remise en question, on sera il n'y a aucun doute dans l'erreur par moments (difficile d'être objectif en toute circonstance sur soi même), mais avec la volonté d'avancer sûrement. En tout cas, Dicizit je suis pour ma part persuadée que c'est positif, "l'accouchement se fait dans la douleur", et je n'ai aucun doute sur le fait que tu en retireras au final une très grande force, une stabilité, parce qu'au plus près de ce que tu es, j'en suis persuadée, si tu me permets de m'avancer :)
Laissons le temps au temps :-)

fleueenn
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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par fleueenn » ven. 9 janv. 2015 18:34

Et bien moi je me sens bête et meme déficiente dans ma relation avec les autres. Je n'arrive pas à me faire d'amis et d'amour. Je suis sousdouee en la matière. C'est pas moi qui réussirais a me faire une horde d'amis en un soir. D'ailleurs je suis toujours seule hors que j'adore la compagnie des gens. J'ai déjà fait une réunion de surdoues chez moi et ca s'est super bien passé. Mais les normo pensants ne me comprennent pas. :-) voici mon potentiel de bêtise! :P

Lmh
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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par Lmh » ven. 9 janv. 2015 20:33

J'ai déjà fait une réunion de surdoues chez moi et ca s'est super bien passé. Mais les normo pensants ne me comprennent pas. :-) voici mon potentiel de bêtise! :P
bravo !
J'ai mis des années et des années à comprendre ce principe simple. ...
je ne possède que deux passions qui m occupent à plein temps la musique (le piano) et l'enseignement. ...ce sont deux domaines extrêmement vastes. ...rien que le répertoire pianistique, ma vie entière ne suffira pas à l arpenter entièrement. ..
plus jeune moi aussi je me sentais complètement bête par rapport à certaines personnes...et puis maintenant quand je tombe sur une personne qui parle d'un domaine où j'ai très peu de connaissances soit j'écoute parce que j'aime bien la personne soit je l interrompt et je lui dit que je ne suis pas capable de soutenir la conversation par manque de connaissances. Maintenant je m'en fiche complètement de ne pas être omnisciente.
et puis je n'ai plus envie de perdre mon précieux temps avec des personnes avec qui je ne suis pas à l'aise , depuis quelques années j'ai constitué un groupe de femmes pianistes de tout âge avec qui je me sens bien. Nous nous voyons une fois par trimestre, nous nous écrivons beaucoup par mail, nous nous téléphonons parfois.
Voilà. Tout ça pour dire qu'on est pas fait pour s'entendre avec tout le monde. Donc profites de ton groupe de surdoués, tu as bien raison.

ari

comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par ari » lun. 7 déc. 2015 23:26

Bonjour à tous,

Vous est-il déjà arrivé de détester votre don au point de ne plus vouloir exister ?
C'est ce que je vis/endure depuis des années, assez alternativement.
Il y a peu, j'ai naïvement cru que j'avais la capacité de faire quelque chose de ma peau, mais voilà la réalité m'a rattrapé et je suis désemparé. Je suis étudiant, je ne l'ai jamais été auparavant car je savais que j'y arriverais pas. Néanmoins, j'ai fait un travail sur moi, j'ai pris le temps et j'ai patienté. Mais voilà, aujourd'hui je me sens vidé de toute substance. J'ai l'impression que cet échec, je carbure dans une matière et je galère dans beaucoup d'autres, est un message pour me faire comprendre que je suis con et que c'est bien fait pour moi.
Je me pose mille questions, je tourne en rond, et bien entendu je suis très déprimé.
D'ailleurs qu'est-ce que la douance quand on est pas doué ?

Merci de m'avoir lu,
ari.

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Re: comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par lévidanse » lun. 7 déc. 2015 23:39

Bonjour.


Pourquoi ne tente tu pas d'être intelligent et "stupide" à la fois ? C'est un bon remède.

Respire aussi.

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Re: comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par arizona » mar. 8 déc. 2015 01:52

On peut être intelligent, et con à la fois. Ce n'est pas incompatible. C'est même fréquent. Il y a me concernant de multiples situation où j'ai été très conne. Ais-je remis en question mon intelligence ? Jamais. Ce que j'ai remis en question, c'est : ma tolérance, ma patience, ma faculté à me mettre à la place de l'autre, ma tolérance physique à l'alcool, ma gentillesse, et j'en passe. Tout cela s'apprend. Et même quand on a appris, parfois on dérape. C'est permis, si on sait s'excuser soi-même, et s'excuser face aux autres. Et c'est ton intelligence qui te permet cet apprentissage. Alors ne jette pas l'intelligence avec l'eau du bain, n'est ce pas, comme on dit. Utilise là pour faire de toi une personne qui te plaît mieux, qui te correspond mieux, avec laquelle tu aimes vivre. Voilà ton don.
Si nous n'étions pas d'ici, nous serions l'infini.
D'une chanson.

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Za
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Re: comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par Za » mar. 8 déc. 2015 08:57

Bonjour ari.
J'ai lu ton post, puis ta présentation.
Étant en couple avec une personne sujette à la dépression, je pense que ce que tu viens d'écrire est tout simplement un signal d'alarme de phase "down".

Finalement, le gros morceau de ce que tu as posté, ce n'est pas "peut-on être à fois intelligent et stupide". C'est plutôt "Vous est-il déjà arrivé de détester votre don au point de ne plus vouloir exister ?" - et je ne pense pas que ce soit le cas de beaucoup ici, mais c'est ton cas actuellement. La dernière fois que tu as écrit dans ta prez, tu n'en étais pas là, pas du tout.

Tu dis toi-même que tu te sens vidé de toute substance, il faut peut-être partir de là. Il me semble que tu as tout recouvert de ta mélancolie, qu'aujourd'hui tu vois tout à travers son prisme.
Il paraît donc urgent que tu trouves quelqu'un (un proche, un professionnel compétent) pour savoir vraiment où tu en es. En dépression, on transforme et interprète beaucoup de choses. Vraiment beaucoup. Donc : surtout ne reste pas seul, trouve quelqu'un qui pourra te permettre de prendre un petit peu de recul et d'avoir un autre point de vue. C'est important.

En attendant, quelques points de détail...
- La vie ne cherche jamais à te punir ou à te faire comprendre ds trucs. Là c'est toi, et toi seul, qui te dis que c'est bien fait pour toi. Mais pourquoi au juste ?
- Tu réussis bien dans une matière, pas dans les autres. Déjà, tu as une preuve que tu es loin d'être stupide. Maintenant, par rapport à l'échec... pour quelle raison tu n'y arrives pas ? Est-ce que tu manques de motivation ? Est-ce que tu ne travailles pas assez (et dans ce cas, pourquoi n'as-tu plus cette énergie ?) ? Est-ce que tu n'as plus l'attention nécessaire (Es-tu particulièrement angoissé) ?

Bien sûr qu'on peut avoir un QI dans les étoiles et se comporter des fois comme un gros con. Mais est-ce vraiment de ça qu'il s'agit ? N'es-tu pas plutôt dans un état où tu n'as plus prise sur ton énergie, ton stress, peut-être même ta colère et tes capacités d'adaptation à la situation ?
Ça, c'est pas ta faute.

J'espère que tu vas trouver le moyen de poser ce satané sac de cailloux. En attendant, essaye de porter sur toi un regard un peu plus compréhensif... c'est d'aide que tu as besoin, pas d'une punition.
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête...
J. Prévert

ari

Re: comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par ari » mar. 8 déc. 2015 09:08

Je l'ai toujours su que j'étais con, ce n'est pas un souci. Néanmoins, les gens me croient intelligents. Par exemple, dans mon cursus universitaire les étudiants disent de moi que je suis très cultivé, oui peut-être, voici donc les partiels et je les rate les uns après les autres… Je me sens honteux et puni d'avoir osé croire qu'il y avait quelque chose de bon en moi.

ari.

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Re: comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par Za » mar. 8 déc. 2015 09:12

Voilà, tu viens de produire exactement le discours habituel de mon homme.
Et oui, il est néanmoins très cultivé, intelligent, et il y a plein de bonnes choses en lui. Toi-même tu t'en rendrais compte, mais sur toi, tu n'arrives plus à le voir.

Je pense que n'importe qui ici pourra te dire que ce discours ne tient pas la route (ce qui est rassurant).
Il y a quelque temps ça marchait bien pour toi. Il y a mille et une raison d'échouer quelque part, mais tu as réussi c'est bien que tu es capable. Ne baisse pas les bras. Tu n'as pas été con, tu as eu le courage et l'énergie de t'attaquer à un gros morceau. Personne n'a dit que ça devait être facile. Tu as dit que tu étais dépressif, et la dépression rend tout compliqué. Il te faut de l'aide.
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Re: comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par Grabote » mar. 8 déc. 2015 09:40

*Za* a écrit :ce discours ne tient pas la route
absolument, je plussoie !
*Za* a écrit : la dépression rend tout compliqué. Il te faut de l'aide.
absolument, je plussoie ! :)

Oui, la dépression ça jette un voile noir sur toute la vie,
difficile d'en sortir sans aide, ne reste pas comme ça à ressasser ta soi disant nullitude !
Commence donc à chercher un.e psy avec qui tu te sentes en confiance,
mange sainement,
retourne faire du sport (tous les jours si tu peux),
prends du millepertuis (plante antidépressive, j'en prends et je peux te dire que ça marche :rock: pas d'effets secondaires, pas d'accoutumance mais des contrindication notamment par rapport au soleil, à regarder)

Allez hop ! Action !
ari a écrit :Je me sens honteux et puni d'avoir osé croire qu'il y avait quelque chose de bon en moi.
Il y a quelque chose de toxique dans cette phrase, t'as intérêt à t'en occuper .
Tant qu'on est en vie, on est en mouvement, à toi de cultiver le bon qu'il y a bien évidemment en toi Ari :ensoleillé:
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

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Re: comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par Armie » mar. 8 déc. 2015 10:56

Bonjour Ari.
Ce que je comprends quand je te lis c'est que tu es en grande souffrance par rapport à tes études, et ça te mène à la conclusion limpide "je galère à apprendre et maîtriser du contenu scolaire donc je suis bête donc toute cette histoire de don n'était qu'un mythe, donc je suis nul donc je me déçois donc je me déteste (etc etc)".
Si je puis me permettre d'enfoncer une porte ouverte, avoir des difficultés dans son parcours scolaire n'a rien, rien, (RIEN) à voir avec la stupidité. Dieu du ciel...

Tu sais quoi? En fait, c'est vraiment dur, les études. Objectivement. Et pour tout le monde. Il faut être capable de rentrer dans un moule universitaire, de comprendre les codes qui vont te faire réussir les partiels, de réviser efficacement sans se perdre dans la masse de savoir quasi infinie, d'apprendre à travailler et à mémoriser, de mener en parallèle une réflexion parfois anxiogène sur son avenir professionnel, de gérer les doutes et les incertitudes sur ses capacités, etc etc.

D'autant que tu es en Lettres, si j'ai bien compris. Les Lettres ont ceci de particulier que contrairement aux sciences où il n'est point requis de besoin de bagage préalable (tu où peux débarquer avec ta logique et ta mémoire et t'appuyer sur les cours et les exercices), en Lettres il faut en plus des cours acquérir une culture générale dantesque, lire les œuvres classiques et modernes, etc.
C'est un travail infini.
Et c'est là le piège, du coup. Il y a une différence entre devenir érudit, et ce qui est réellement demandé aux partiels, qui eux répondent à un cadre scolaire très précis, car ils ont pour objectif d'évaluer les étudiants en apprentissage, pas des chercheurs chevronnés.
Attention à ne pas se tromper car ceci n'est pas forcément explicite... Je me souviens d'une amie qui préparait l'Agreg de Lettres et me disait "certains croient qu'il faut avoir lu toute la liste de lecture, tu te rends compte!".
Ouais. Ben en même temps, je peux comprendre la méprise...

Quelques pistes qui pourraient t'aider:
- Parler aux profs de tes difficultés, à cœur ouvert, et demander des conseils.
- Récupérer des annales, et essayer de trouver des "vraies copies", pas des corrigés idéaux, mais des copies d'étudiants réels pour se rendre compte du vrai niveau demandé, et réviser utile par rapport à ce niveau.
- Essayer de décrypter les indices laissés par les profs sur les parties du cours indispensables, et donc sur les impasses possibles, désacraliser la montagne de boulot pour n'aller qu'à l'essentiel.
- Acheter des bouquins de simplification dans la matière qui te pose problème si le cours est trop dur. Trouver un contenu clair pour toi, même si c'est simpliste, ce sera très certainement suffisant en fait.
- Travailler avec d'autres personnes, pour mettre en commun motivation, doutes, difficultés, astuces... On est plus fort ensemble.
- Aller consulter un thérapeute spécialement pour ton angoisse des partiels. Quelques séances d'hypnothérapie ou d'EMDR pourraient soulager une anxiété trop forte et te permettre de garder tes moyens quand tu entres dans la salle d'examen! Impossible de composer en pleine crise d'angoisse, sans compter l'épuisement psychique et physique de l’appréhension.

Si le mal-être atteint des niveaux trop alarmant, alors surtout, ne pas attendre et en parler.
Par "niveau alarmant", j'entends ces symptômes. Là je rejoins Za, faut pas tergiverser, direction médecin, psychologue et/ou psychiatre s'il faut une prescription médicamenteuse. (laisse les professionnels t'aiguiller et t'aider là dessus)
Tu pourrais peut-être commencer par te renseigner: dans beaucoup de fac, il existe des consultations psy gratuites pour les étudiants. N'hésite pas, vraiment, c'est là pour ça. Ne jamais rester seul avec ça.

Bon courage et reviens nous dire!

ari

Re: comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par ari » mar. 8 déc. 2015 11:52

Merci pour vos réponses…
Et je vous prie d'excuser la brièveté de la mienne, j'ai un peu de mal à organiser ma pensée.

ari.

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Re: comment est-il possible d'être "intelligent" et stupide à la fois ?

Message par Napirisha » mar. 8 déc. 2015 13:23

Rapidement, je confirme ce que dit Armie, il y avait des psys dans ma fac (discret, gratuit, pas trop d'attente), ça m'avait bien aidée dans une période compliquée. Ça s'appelait le BAPU je crois.
Effectivement, la boucle je n'y arrive pas donc je suis nulle donc je m'autopersuade que ça n'ira pas donc ça se confirme donc je n'y arrive pas... c'est compliqué d'en sortir seul, même quand on finit par se rendre compte de ce que ça a d'artificiel, ou d'irrationnel. J'ai eu besoin de médocs pour désamorcer le truc, en plus d'une aide psy.
Et ça n'est pas forcément lié avec la conscience d'avoir un haut potentiel(en ce qui me concerne, je ne me savais pas hp à l'époque). Le fait d'avoir un diag+ ne dit pas que tu n'es pas con, ou que les choses seront plus faciles. Il dit que tu disposes d'outils potentiellement plus efficaces, mais encore faut-il en trouver le mode d'emploi. Si tu reprends des études, ça n'a rien d'évident, surtout si tu es avec des gens plus jeunes et formatés que toi.

bon courage!
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Re: Je me sens souvent si bête...

Message par W4x » sam. 12 déc. 2015 00:26

Topics fusionnés! ;)
Was zurück bleibt, ist Erinnerung.

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