Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

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Tipiak
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Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Tipiak » jeu. 7 nov. 2013 15:17

Ce sujet est issu du sujet "A quand remonte votre sentiment de décalage, de différence..." de la rubrique "Grand Salon - La Douance >> Là où l'on (se) pose des questions"

La conversation étant à la fois intéressante, et à la fois divergente (vergente) du sujet initial, nous la poursuivons ici sur le conseil de Lady Sky et de l'équipe de modération.

Initialement, il s'agissait pour chacun d'évoquer les premiers souvenirs où nous nous étions aperçus d'un sentiment de décalage avec les autres, pairs et / ou entourage. Cette conversation a conduit quelques intervenants (Nyx, doodle, Kliban, notamment - si j'ai commis un oubli, toutes mes excuses, envoyez-moi un mp pour râler -mais sans gros mots - et je rectifierais ... ) à évoquer des souvenirs d'enfance parlant non seulement de décalage, mais aussi de l'incompréhension que nous avons rencontrée de la part de nos parents...

Ce sujet de discussion a donc pour but l'échange autour du thème : Partageons nos savoureux souvenirs d'enfance, les décalages entre nos questions et les réponses de nos parents, qui parfois ne nous comprenaient pas toujours. Quels étaient nos ressentis d'alors, avons nous trouvé des stratégies de compensation, comment éventuellement éviter ça en tant que parent. Et comme on n'est pas sectaires, on ne jettera d'ailleurs pas de cailloux sur les parents qui viennent faire part des difficultés rencontrées pour comprendre leur(s) enfant(s) et satisfaire à leurs questions, car les parents sont bienvenus!
Edith (Piaf) Les messages concernés (rajoutés dans ce post après l'intervention d'Arizona, pasque avant je me faisais un sandwich au saucisson) :
Nyx a écrit :Moi, depuis toujours je crois. Depuis que j'ai été capable de penser.
J'étais une enfant très timide alors forcément ça n'aide pas.
Mais en remontant à mes souvenirs les plus lointains, je crois que je suis devenue timide justement parce que je me sentais incomprise. Vers l'âge de 2-3 ans quand j'ai commencé à parler j'imagine. Moi aussi je trouve ça bizarre mais ma mère et mon carnet de santé confirment...
(je dis "je crois" car jai eu un flash back des sentiments qui m'ont conduit au silence, mais la mémoire n'est pas non plus la source la plus fiable)
Je me souviens que quand j'avais 5 ans à peu près, les adultes ne m'écoutaient pas, ils reformulaient tout ce que je disais pour l'adapter au langage d'une petite fille qui s'exprime mal.
C'était presque comme s'ils ne m'entendaient pas, ils déformaient tout parce que leur esprit ne pouvait pas concevoir que ce que je disais puisse être sensé. Pour donner un exemple:
*Flash Back*
Une fois j'étais avec ma cousine plus âgée, et mon grand père nous apprenait des mots de je ne sais plus quelle langue. Et pendant ce temps, je jouais avec des cacahuètes ou je ne sais trop quoi trouvé sur la table, en leur faisant jouer le rôle d'un grand père étranger qui apprenait à sa petite fille des mots de français. Alors pendant qu'on demandait à mon grand père "Comment on dit ceci? comment on dit cela?", j'en profitais pour demander du vocabulaire pour pouvoir faire les petites voix des cacahuètes. "comment on dit papy?" etc. puis j'étais dans une conversation dans mon petit monde et la petite fille cacahuète dit à son papy cacahuète "comment ça s'appelle ..." j'avais déjà la suite de ma phrase mais il manquait cette expressions.
Alors imaginez une petite fille de 5 ans qui demande "Comment on dit "comment ça s'appelle"?"
Avec la ponctuation passe encore mais à l'oral c'est un peu ambigu, donc j'ai eu droit à une tonne d'interprétation "quoi? tu demande le nom de la langue? je comprends pas, qu'est ce que tu veux savoir?"
_ mais non, je demande comment on dit "comment ça s'appelle"
etc. j'avais beau répéter, c'est comme si on ne m'entendait pas. Et ça m'a fait ça plein plein de fois, les maitresses, les parents, la famille, et les autres.


Voilà pour la petite autobiographie... et donc toujours ce sentiment de décalage jusqu'à aujourd'hui.


Kan a écrit :Je ne sais pas si ça a directement quelque chose à voir avec ce topic. Mais c'est quelque chose qui vient de me venir à l'esprit :

Quand j'étais plus jeune ( il me semble vers la période école primaire-collège) je préférais jouer avec des enfants plus jeunes que moi.


Je me demande pourquoi. Est-ce que d'autres se sentent concernés ?
Tiens moi aussi, c'est bizarre. Même jusqu'à aujourd'hui, la plupart de mes amis ont 1 an de moins. Mais depuis que j'ai eu le bac j'ai commencé à me faire des amis plus vieux aussi, avec toutes les réorientations on ne regarde même plus les âges.
Mais à l'école primaire je me souviens que trainais de temps en temps avec ceux de la classe en dessous. Et dans ma famille j'ai toujours été plus proches de mes petits cousins que des grands. J'ai toujours pensé que j'étais immature ou que j'avais 1 ou 2 ans de moins dans ma tête, mais en fait je crois plutôt que j'avais l'impression d'être jugée avec les grands, et pas avec les petits. Enfant j'étais gentille, innocente, beaucoup trop généreuse, dénuée de toute malveillance. Je n'ai jamais compris la méchanceté alors plus mes amis étaient jeunes, plus ils étaient innocents comme moi.
Et j'ai remarqué qu'encore aujourd'hui je suis capable de raisonner en enfant. Des fois j'ai des patients enfants et je les comprends mieux que leurs parents. J'ai l'impression que j'entends les enfants. Quand ils racontent leur charabia, pour moi ça a un sens, puis j'entend les parents dire "il est dans son monde" ou "elle raconte n'importe quoi", des trucs comme ça...
D'ailleurs je ne fais pas que raisonner comme un enfant: j'ai la concentration d'un enfant, je regarde des dessins animés et je vais à Disneyland, il m'arrive de parler à des peluches ou à tous les objets en fait... à une époque je pensais être une femme-enfant sauf que je suis sage et patiente. Donc je suis juste... un peu bizarre.
Zyghna a écrit :C'est normal de parler à 2-3 ans...
Nyx a écrit :Oups je ne savais pas, on m'a dit que je parlais avant de savoir marcher et qu'à 2 ans je faisais des phrases complètes alors que les autres balbutaient des mots... Enfin je ne sais pas l'âge, mais je sais que mon entourage était étonnée par un décalage... Peut être pas si important en fin de compte
Tipiak a écrit :Nyx, il y a beaucoup dans ce que tu dis qui me rappelle ma propre histoire.

Le sentiment d'être perpétuellement immature, et le fait d'être incompris par les adultes...

Un jour, dans mon enfance, j'ai voulu savoir d'où venait l'envie de pleurer, à partir de quelle "graduation de tristesse" on pleurait. Mais comme j'étais petit (genre 4-5 ans), je n'ai pu dire que "Maman, ça vient d'où le pleurer?"
Réponse:
-Hein? la purée? on la fait avec des pommes de terre...
-Non, le pleurer, quand on pleure!
-Bah ça vient des yeux
-Non, pas ça, mais quand on pleure!
-Bah les larmes sont fabriquées par les yeux, on pleure quand on est triste...

Et là j'ai abandonné.


Ou alors, des fois à la télé ça parlait de rougeole, ou d'autres maladies.. A chaque fois je demandais :
-Maman, c'est quoi la rougeole?
-Bah c'est une maladie...
-(en mon fort intérieur : merci, je sais, ils viennent de le dire dans la télé, prends-moi pour un jambon!) Oui, mais ça fait quoi cette maladie?
-Bah ça nous rend malades

Et re-abandon. Moi je voulais juste savoir les symptômes par lesquels on reconnaissait cette maladie, mais je connaissais pas le mot symptôme. Ou alors ma mère n'avait ptêt pas la réponse, ou jugeait celle-ci inappropriée à mon âge, je ne sais pas...

Et sinon, je vais aussi à disneyland, je regarde my little pony et Corneil et Bernie, et quand je fais les courses, je m'achète souvent des jouets.

Pour ce qui est le fait d'avoir l'impression de mieux comprendre les jeunes patients que leur parents... Comme je compatis... Pis c'est délicat d'expliquer le fonctionnement de son propre enfant à quelqu'un sans le faire se sentir nul comme parent.
Mais je conçois tout à fait qu'on puisse toujours raisonner comme un enfant : Petit, je trouvais les adultes tellement à côté de la plaque et incapable de me comprendre, que je me suis juré de ne jamais oublier ce que c'est d'être un enfant. Et je pense avoir un peu réussi. (D'ailleurs, je ne comprends pas qu'on puisse accepter de marcher sur les lignes entres les dalles, ou sur autre chose que la bordure du trottoir ou le muret quand il y en a un...)

Merci donc pour ton témoignage, il me fait me sentir moins seul :)
Nyx a écrit :Ouah c'est exactement ça! Je me suis fait la même promesse! De ne jamais oublier ce que ça fait d'être un enfant, parce que j'avais l'impression que les adultes avaient oublié et qu'ils étaient devenus totalement différents.
C'est fou, je ne pensais pas voir un jour quelqu'un d'autre dire ça.
J'avais même envie de tenir un journal sur les relations enfant-adulte car j'avais peur d'être frappée par cette "amnésie" qui semblait toucher les adultes. Je voulais pouvoir relire mes mots d'enfants le jour où j'aurais moi-même des enfants pour pouvoir comprendre leur langage mais au final ça n'est pas arrivé, je n'ai pas oublié, et je traverse en courant sur les lignes blanches.

Peut être que c'est notre incompréhension des "adultes" qui fait qu'on s'est raccrochés à l'enfance pour ne pas devenir comme eux, d'où le sentiment d'être immature.
doodle a écrit :- Premiers souvenirs (vers 2-3 ans) : penser, réfléchir, systématiser. Très fier de mes trouvailles.

- Premier contact avec l'autre (maternelle/crèche à 3 ans, avant ça seul avec maman) : catastrophe, impossible de trouver ma place, ça fait peur, ça fait mal, ça rend triste et découverte de l'injustice. Ma mère m'a retiré de là direct, je n'y suis retourné qu'un an plus tard. Moins pire par la suite, mais décalé durant toute ma scolarité, avec les élèves comme avec la majorité des professeurs (exception faite de 2,3 profs géniaux, très exigeants... et probablement HQI).
doodle a écrit :
Tipiak a écrit :Un jour, dans mon enfance, j'ai voulu savoir d'où venait l'envie de pleurer, à partir de quelle "graduation de tristesse" on pleurait. Mais comme j'étais petit (genre 4-5 ans), je n'ai pu dire que "Maman, ça vient d'où le pleurer?"
Réponse:
-Hein? la purée? on la fait avec des pommes de terre...
-Non, le pleurer, quand on pleure!
-Bah ça vient des yeux
-Non, pas ça, mais quand on pleure!
-Bah les larmes sont fabriquées par les yeux, on pleure quand on est triste...

Et là j'ai abandonné.
Oh mon dieu !

Je ne sais plus si ça a été mon cas.
Mais j'ai tout le temps l'impression que c'est ce que vit ma fille de 2 ans.
Hélas, même si je fais de mon mieux, c'est souvent si dûr de comprendre et de répondre.
Mais je ressens tout à fait sa frustration (que même en tant qu'adulte je connais encore) de ne pas pouvoir exprimer sa pensée.

Tu me fais culpabiliser !!!

Je comprends d'autant mieux pourquoi elle a été si pressée de parler et de sophistiquer son langage.
C'est vraiment un truc à cultiver en fait (au moins pour ces enfants là) : leur donner du vocabulaire, des outils.
Marre des amoureux du "Areuh Areuh" qui se plaignent que les enfants parlent trop bien, genre c'est moins mignon. Grrr !
Ou alors, des fois à la télé ça parlait de rougeole, ou d'autres maladies.. A chaque fois je demandais :
-Maman, c'est quoi la rougeole?
-Bah c'est une maladie...
-(en mon fort intérieur : merci, je sais, ils viennent de le dire dans la télé, prends-moi pour un jambon!) Oui, mais ça fait quoi cette maladie?
-Bah ça nous rend malades

Et re-abandon. Moi je voulais juste savoir les symptômes par lesquels on reconnaissait cette maladie, mais je connaissais pas le mot symptôme. Ou alors ma mère n'avait ptêt pas la réponse, ou jugeait celle-ci inappropriée à mon âge, je ne sais pas...
Ah ça, j'ai vécu aussi !
Notamment cette réaction : "ils nous prennent (les enfants) vraiment pour des idiots".

...Et d'être outré quand on me disait que j'étais intelligent à cause d'un truc que j'avais dit et qui était pour moi d'une simplicité ou d'une banalité pas croyable (si ce n'est carrément une bêtise).
Alors que quand je m'était creusé la tête et étais un peu fier de moi, là il n'y avait jamais personne pour me dire c'est bien (...dans le meilleur des cas).
Pour ce qui est le fait d'avoir l'impression de mieux comprendre les jeunes patients que leur parents... Comme je compatis... Pis c'est délicat d'expliquer le fonctionnement de son propre enfant à quelqu'un sans le faire se sentir nul comme parent.
Oups, guilty.
Et c'est pire quand on est un homme.
Mais je conçois tout à fait qu'on puisse toujours raisonner comme un enfant : Petit, je trouvais les adultes tellement à côté de la plaque et incapable de me comprendre, que je me suis juré de ne jamais oublier ce que c'est d'être un enfant. Et je pense avoir un peu réussi.
Dans mes bras !!! :cheers:

Je croyais être le seul.

Obsession qui m'a pris vers l'âge de 5 ans (de mémoire, à peu prêt) et m'a forcé à mémoriser un tas de trucs jusqu'à l'adolescence ou j'ai commencé à lâcher l'affaire. Jusqu'à mémoriser, des sensations, des instants, des images (même un arbre isolé dans la montagne qui est encore avec moi dans ma tête).
Nyx a écrit :Ouah c'est exactement ça! Je me suis fait la même promesse! De ne jamais oublier ce que ça fait d'être un enfant, parce que j'avais l'impression que les adultes avaient oublié et qu'ils étaient devenus totalement différents.
C'est fou, je ne pensais pas voir un jour quelqu'un d'autre dire ça.
J'avais même envie de tenir un journal sur les relations enfant-adulte car j'avais peur d'être frappée par cette "amnésie" qui semblait toucher les adultes.
Pareil aussi.
Non mais c'est fou !

Sauf que moi je me rends bien compte que je suis devenu adulte. Et encore heureux en étant papa. Mais je crois que je sais encore bien comprendre les deux. Je suis bilingue, si on veut.
Kliban a écrit :
doodle a écrit :
Nyx a écrit :Ouah c'est exactement ça! Je me suis fait la même promesse! De ne jamais oublier ce que ça fait d'être un enfant, parce que j'avais l'impression que les adultes avaient oublié et qu'ils étaient devenus totalement différents.
C'est fou, je ne pensais pas voir un jour quelqu'un d'autre dire ça.
J'avais même envie de tenir un journal sur les relations enfant-adulte car j'avais peur d'être frappée par cette "amnésie" qui semblait toucher les adultes.
Pareil aussi.
Non mais c'est fou !

Sauf que moi je me rends bien compte que je suis devenu adulte. Et encore heureux en étant papa. Mais je crois que je sais encore bien comprendre les deux. Je suis bilingue, si on veut.
Je ne me suis pas fait cette promesse là (je me suis fait la promesse de ne pas oublier ce qu'on en chie quand on est adolescent, et je n'ai pas trop oublié, du moins pour les ados HQI et/ou stigmatisés). Mais je n'ai pas eu besoin. Ca se voit pitête pas. Mais je suis le même môme qu'à huit ans. Non en fait : je suis un peu plus môme qu'à huit ans - à huit ans, poucrave, j'étais déjà bien enfermé, et là, ça se desserre un brin.

Avec les mômes, c'est toujours space. Je n'aime pas du tout les considérer comme ces sucreries gnagnan qui sont à peine des personnes. En général on s'aime bien. Mais je ne rentre pour le moment pas trop dans leur univers - j'ai deux neveux.Parce que c'est très... fusionnel ? Non c'est pas ça. C'est comme si je perdais ma consistance d'adulte, je crois. Je pourrais faire les mêmes conneries sans y penser. Alors il y a un bout de moi qui reste très "il faut préserver la structure voulue par les parents" (surtout quand ce sont les enfants de mon frère, qui a certaines façons de faire quant à l'éducation de ses fils) et une autre du genre "oh et si on se mettait de la peinture plein les mains et qu'on allait faire des dessins avec sur les murs de la chambre des parents ?" - ingénument - pas parce c'est interdit en soi - mais parce que c'est exploratoire (comme c'est un interdit, on le sait vaguement, le faire présente un certain caractère excitant de nouveauté :P).

Je viens de me foirer une carrière de baby sitter sur tout AS :D
doodle a écrit :Tipiak >

Merci !!! :cheers:

Grace à toi grande révélation : ma fille de 2 ans qui demande tout le temps "pourquoi ?" veut en fait savoir "comment" (ou autre question à deviner). Je fais maintenant un effort de traduction (pifométrique) avant de répondre... et ça y est je sais lui répondre... et elle est ravie.

Merci, merci, mercis !
Tipiak a écrit :Ben... pas de quoi :) je me réjouis pour elle :)

Et sinon, ben content de voir que finalement, je ne suis pas si seul que ça à avoir traversé ce genre de frustrations.
Content aussi de voir que finalement, je ne suis pas si fou sous mon scalp que ça non plus.

Sur ce, je vais aller finir pokemon bleu! :D
Nyx a écrit :Ouah on est plusieurs en fait
C'est marrant de voir qu'on est plusieurs à avoir vécu ça ^^
doodle a écrit :Pareil aussi.
Non mais c'est fou !

Sauf que moi je me rends bien compte que je suis devenu adulte. Et encore heureux en étant papa. Mais je crois que je sais encore bien comprendre les deux. Je suis bilingue, si on veut.
Je pense que quand on devient parent on est obligés de devenir adulte quelque part, parce que même si on comprend les enfants, on est le parent de quelqu'un. Et je pense que c'est cool pour ta fille, parce que même si tu ne la comprends pas toujours (pas encore), tu comprends quand même qu'elle essaye de dire quelque chose et ne t'inquiète pas, ça va justement la pousser à développer son vocabulaire, pour arriver à se faire comprendre. Et je pense que bientôt la barrière de la langue va passer et là tu pourra comprendre de mieux en mieux ce qu'elle veut dire.
Enfin j'imagine en tout cas. Tu es un cas intéressant : je me suis toujours demandée comment je serais en tant que parent. Moi, ou quelqu'un d'autre parce que je ne savais pas que d'autres avaient mon "super-pouvoir" ^^
Je me disais que peut être le fait d'être bien compris par ses parents va pousser l'enfant à développer sa pensée, se sentir soutenu etc. Alors j'espère que ça t'arrivera, pas juste pour confirmer ma théorie, mais parce que ça doit être génial de sentir que ton enfant se sent compris et peut continuer s'exprimer :)
Je n'aurai pas d'enfants avant un moment alors c'est intéressant de voir quelqu'un qui a un peu la même histoire dans le rôle du papa.
Avec mon père je jouais à faire des maths quand j'étais petite, je me souviens une fois il m'avait appris à compter de 5 en 5, je ne sais plus quel age j'avais, j'étais à la maternelle je crois, et il a appelé ma mère pour lui montrer, il était tout content et ma mère nous a regardés d'un air amusé "mais qu'est-ce qu'il fait faire à notre fille?". Mais c'était le seul sujet où on s'entendait, et quand le jeu que j'aimais bien s'est transformé en devoirs pour l'école tournés de façon compliquée qui m'a valu quelques mauvaises notes, notre seul sujet d'entente s'est transformé en conflit. Depuis, on ne s'est plus vraiment parlés...
Kliban a écrit : C'est comme si je perdais ma consistance d'adulte, je crois. Je pourrais faire les mêmes conneries sans y penser. Alors il y a un bout de moi qui reste très "il faut préserver la structure voulue par les parents" (surtout quand ce sont les enfants de mon frère, qui a certaines façons de faire quant à l'éducation de ses fils) et une autre du genre "oh et si on se mettait de la peinture plein les mains et qu'on allait faire des dessins avec sur les murs de la chambre des parents ?"
Moi aussi c'est exactement ça, pendant un instant je suis dans l'univers de l'enfant, et à ce moment là je vois le parent avec des yeux d'enfants avant de me rappeler que je suis du mauvais côté. Un peu difficile à expliquer, mais je considère les enfants comme notre égal, et je n'aime pas voir les adultes les rabaisser en leur parlant comme à des débiles. Enfin ça m'est égal en fait, mais je n'arrive pas à entrer dans le jeu des adultes "ah la la les enfants, ils font n'importe quoi", quand je vois ça je me dis "ah ces adultes qui ne comprennent rien...". Mais je me tais et je fais semblant d'être une adulte parce que c'est à ça que je ressemble :p
Elaïs a écrit :Puis-je tout de même répondre si je dis que je ne me souviens pas de quand date mon sentiment de décalage?

Rien que de vous lire me fait me sentir en décalage d'ailleurs :)

Je n'ai que très peu de souvenirs d'enfance, mon psy m'a demandé une fois quelle petite fille j'étais.pioufff, mystère: Je me suis rendue compte que je n'en savais rien.

Je crois que j'ai tout le temps du me sentir décalée mais je me disais que tout le monde ressentais cela, du coup, si tout le monde ressent le décalage, alors, je ne suis pas décalée!. Vous voyez ce que je veux dire ? :)

Bref, je crois que je peux tout de même dire que dès la première année de maternelle, je me suis sentie décalée, sauf que je ne m'en souviens plus, et tire cette conclusion du fait que ma mère m'a racontée que j'ai fais une dépréssion lors de mon entrée à l'école.

PS: mon fils me demande toujours pourquoi aussi, j'avais mis cela sur le compte de l'âge. Depuis que je sais pour moi, c'est vrai que j'entends "Comment "à la place de pourquoi et du coup, j'adapte.
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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par arizona » jeu. 7 nov. 2013 17:26

Je ne sais pas si c'est un sentiment de décalage, mais c'est en tous les cas là où tout s'est écroulé par rapport à ma mère. J'ai commencé l'école à 4 ans, et j'ai détesté ça. J'ai tous les jours essayé de ne pas y aller, en vain. J'ai tout essayé. Le parler. Inefficace. Les pleurs, les cris, les hurlements. Inefficace. La maladie. Ca, ça marche bien, mais c'est pas toujours marrant. Et puis un jour, en première primaire, j'ai appris que l'école n'était pas obligatoire. Donc j'ai essayé ça aussi.
-je ne veux plus aller à l'école
-mais c'est obligatoire
- non ce n'est pas obligatoire !
- mais si, tous les enfants doivent aller à l'école !
- non, les enfants doivent apprendre, pas aller à l'école
-......
- j'ai raison ?
- oui, mais enfin...
- alors pourquoi vous m'avez menti ?
- mais on ne t'as pas menti !
- ah parce que dire que c'est obligatoire quand ce n'est pas obligatoire, ce n'est pas mentir ? ( j'ai sûrement pas dit ça, mais quelque chose de très approchant, comme un enfant de 6 ans quoi )
- ......
- donc je ne dois plus y aller ?
- si, tu dois y aller
- mais pourquoi vous voulez m'obliger à faire quelque chose que je ne veux pas faire si ce n'est pas obligatoire ?
-.......

Je pense que le décalage avec ma mère s'est fait ce jour là. Elle ne voulait pas me comprendre et m'accepter.
( Alors qu'en fait, elle n'avait juste pas d'autre option à me proposer, la pauvre, et elle n'a pas su me le dire ). Mais c'était incompréhensible pour moi à ce moment là, qu'on ne veuille pas prendre en compte ce qui était si important pour moi.
J'ai perdu la confiance que j'avais en elle. Elle me ment quand ça l'arrange. Et j'ai pensé que si elle ne pouvait pas comprendre ça, elle ne me comprenait pas du tout.
Si nous n'étions pas d'ici, nous serions l'infini.
D'une chanson.

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Tipiak » jeu. 7 nov. 2013 19:36

Ca fait un moment déjà que j'ai lu ton intervention Arizona, et à la fois j'ai envie de te répondre, et à la fois mon esprit est pour l'instant envahi par "woaw, la vache, c'est hard ça!". En fait, ce que j'ai du mal à formuler c'est que ce que tu racontes m'a vraiment touché.

Pour moi, ça illustre bien tout le désarroi que peut vivre un enfant (mais pas que) qui se sent incompris, et qui n'a pas d'autre recours. Tout ce qui lui reste, c'est un gouffre. C'est pour ça que Mlle Rose fait le plus beau métier du monde (auto-jetage de lotus discret :D ) De plus, dans ce que tu racontes, il me semble percevoir une double injustice : celle de ne pas être compris, et celle de ne pas être cru : ne pas être cru dans le bien-fondé de la volonté de ne plus aller à l'école, et voir ta demande passer pour un caprice futile ou puéril testage de limites parentales...

De mon point de vue, cette histoire montre bien à quel point il est indispensable pour l'enfant (surdoué ou non, je ne me mouille pas, faut que j'y réfléchisse) de se sentir compris. Ou du moins de se sentir reconnu dans le fait que ce qu'il a à dire est important.
Un adulte n'est pas un Professeur Xavier ou une Jean Grey, il a le droit et même le devoir de ne pas être omniscient. On ne peut pas faire espérer à un enfant qu'un adulte est omniscient, car cet enfant devant être adulte un jour, cela reviendrait à lui dire qu'il doit réussir à ressembler à un modèle impossible.
Mais je crois profondément qu'en tant qu'adulte, on doit pouvoir à la fois témoigner à l'enfant la considération qu'il mérite, et l'informer de nos propres limites, en lui faisant confiance pour nous comprendre.
[oui, là on voit bien les séquelles des incompréhensions vécues dans mon enfance : Ne fais pas aux autres....]

Plutôt que refuser de satisfaire une demande, il me semble intéressant de parfois pouvoir donner le "cahier des charges" à l'enfant, lui expliquer ce qui sous-tend une décision ou une réponse. En somme, ne pas lui donner que le résultat, mais lui montrer aussi les coulisses de la procédure préalable, les moyens de voir lui-même que si il était à ma place, il aboutirait à la même réponse ou au même choix : "je ne t'impose pas de te montrer poli juste pour le plaisir de t'imposer quelque chose, je le fais parce que quelqu'un qui n'apprends pas à être poli, n'aura pas d'amis, les gens auront mauvaise opinion de lui, et il sera malheureux. Et je veux que tu sois heureux."
(exemple un peu bidon, mais pas d'autre sous le coude pour l'instant)
Elaïs a écrit : PS: mon fils me demande toujours pourquoi aussi, j'avais mis cela sur le compte de l'âge. Depuis que je sais pour moi, c'est vrai que j'entends "Comment "à la place de pourquoi et du coup, j'adapte.
Dans la même idée, quand une question ou une réflexion d'enfant me paraît incongrue ou illogique, je me demande toujours : Mais pourquoi est-ce que ça n'est pas logique? Pourquoi dit-il ça? Que n'arrive t'il pas à dire? Aussi, j'analyse les éléments de la situation de communication, c'est à dire le contexte, les objets présents, ce dont on a parlé avant, les personnes présentes, ce que l'enfant est /était en train de faire, ce que je sais de cet enfant, de son histoire, de sa vie et de son entourage... Ca aide beaucoup je trouve.

Exemple : Les deux fils d'un ami font de la balançoire. je viens d'arriver, et je vais au jardin leur dire bonjour.
Le grand, qui poussait le petit, s'arrête, et viens me faire une bise, puis part voir les autres invités.
Je dis bonjour oralement au petit, qui était assis sur la balançoire, et l'invite à venir également me faire une bise. Le petit, me dis bonjour oralement, mais refuse de venir me faire la bise.
D'après le code social qui considère comme impoli de refuser de faire la bise si l'on n'est pas malade, j'aurais été en droit de m'offusquer et de gronder l'enfant.
Or, cet enfant était en train de faire de la balançoire avant que j'arrive, et son frère le poussait. Donc son frère attendait vraisemblablement son tour pour monter sur la balançoire. Et donc si le petit descendait de la balançoire pour me dire bonjour, son frère allait prendre sa place.
Conclusion : cet enfant n'a pas refusé de me dire bonjour, il a refusé de quitter la balançoire, mais n'avait pas les moyens d'exprimer son dilemme. Donc je n'ai pas à le gronder.
Pour vérifier cette hypothèse, j'ai ensuite proposé à l'enfant de m'approcher de la balançoire, pour qu'il puisse me faire la bise sans en descendre. Il a accepté.

Il se peut que cette anecdote puisse paraître d'une banalité affligeante à beaucoup ici. Malgré cette désagréable impression d'enfoncer une porte ouverte, je l'ai racontée, car lorsque j'ai expliqué ce raisonnement aux autres adultes présents, ils m'ont dit être très surpris et avoir fait une découverte. (Certains étaient sur le point de gronder l'enfant pour s'être montré impoli).

Voilà, je ne supporte pas les injustices..
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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Kliban » jeu. 7 nov. 2013 20:11

(terrible témoignage, arizona...)

Il y a des incompréhensions de mon côté. Pas cognitives. Emotionnelles. Mais liées à la douance ? C'est dur à dire. L'impression forte d'avoir été empêché de quelque chose. Des souvenirs de double binds (on prône la non-violence d'un côté, on insiste pour que tu te battes de l'autre si on insulte tes parents - sans se préoccuper de savoir si tu sais te battre et en contradiction totale avec les principes qu'on t'a inculqués - à 7-8 ans, ça). Et la découverte plus tardive de mes parents, encore plus tardive de mon frère, de toute la souffrance que j'avais accumulée. Mes parents me croyaient réservé et introverti - j'étais cric-crac clos dans la prison de mon corps ; mon frangin me pensait arrogant et méprisant - j'étais totalement désocialisé et terrifié par les autres. Symptômes névrotiques à 10 ans, rituels d'endormissement parfois délirant - personne n'a rien vu. Je n'ai pourtant rien fait pour cacher - je pense que l'introversion n'aide pas non plus les autres à nous percevoir.

Je pense qu'on m'a aussi donné une attention d'adulte, ou plus adulte - et on a supposé que tout allait bien. Alors que... que j'aurais voulu qu'on m'aide à sauter dans la boue, qu'on m'apprenne à me défendre, qu'on dompte mes vertiges face aux émotions (je l'ai fait tout seul, ça : clic-cloc, dans la prison), qu'on vienne me parler... comme à un môme. Je n'ai pas de souvenir de ça - sinon oui de l'admiration de mes parents, discrète et constante - et du symptôme de l'imposteur, très tôt, CE2, je crois.

Des incompréhensions ? Oui. Dues à la douance ? Vraiment... je ne sais pas. A l'hypersensibilité, oui, sans doute, en revanche.
De main gauche à main droite, le flux des savoirs - en mes nuits, le règne du sans-sommeil - en mon coeur, ah, if only!, le sans-pourquoi des roses.

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Invité » jeu. 7 nov. 2013 20:43

Ça me fait penser au livre Le drame de l'enfant doué, d'Alice Miller.
Elle construit une théorie (constitution de personnalité en faux-self, survenue de dépression...) depuis ce qu'elle appelle la maltraitance du parent envers l'enfant, et qu'on appelle ici les incompréhensions.

(Il y a beaucoup à dire, sur ce bouquin, d'ailleurs.Objet d'un autre topic, un jour? Il n'évoque pas les surdoués, ceci étant, mais l'enfant comme être doué de sensibilité, d'émotions...)

Et je pense que la totalité des enfants est, à un moment ou à un autre, incomprise.

Je l'ai été, toutes mes émotions ont été banalisées, toutes mes questions ont été évacuées, mes colères niées.
C'est si douloureux de s'en souvenir, qu'il m'est difficile spontanément de trouver des anecdotes.

Mais je lirai ce fil avec attention.
Merci de l'avoir initié.

Elaïs
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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Elaïs » ven. 8 nov. 2013 11:06

@Tipiak, j'aime bien ton anecdocte. Parce que la pour le coup, je me sens en phase. Je sais que je passe pour une E.T dans mon entourage sur la question des enfants et de la place que je leur donne et que, de surcroit, j'éxige que mon entourage leur donne. A savoir leur place d'être à part entière.Je dois avoir un souvenir inconscient de l'urgence et de la nécéssité d'écouter ce qu'il ont à nous dire sur eux mêmes. je déteste que l'on force un enfant à embrasser, il y a d'autre manière de dire " bonjour", ainsi, je sais que cela agace terriblement mes beaux-parents et mon père que je refuse de forcer mes enfants qui ont 3 ans et 18 mois à les embrasser pour les saluer. Mais tant pis, je sais tres bien que pour mon fils ainé, l'émotion qu'il ressent lorsqu'il voit ses grands-parents est trop intense pour en plus rajouter le contact physqiue si intime qu'est un bisou. Pour lui c'est too much. Il a besoin d'un petit temps pour que son émotion s'apaise. Je l'ai tres vite compris.Alors, son bonjour oral me semble suffisant car respectueux de la politesse. Mais c'est vrai que c'est un mur d'incompréhension entre les grands parents qui n'ont qu'une envie et joie de voir leur petit fils, ce petits fils qui est heureux de les voir et qui parce qu'il est heureux de les voir ne parvient a les embrasser immédiatement, retrait qui passe pour une forme de désamour aux yeux de ceux qui pourtant sont chéris au point d'en être physiquement bouleversés. J'ai expliqué cela aux grands parents, ils l'acceptent mieux maintenant, mais je vois bien dans leurs yeux a chaque fois un moment de déception et de réprobation, et ce qui me fais suer, c'est que si je le vois, je ne doute pas du coup que mon Noé le voit lui aussi.

@Cléo: je me demande si ce n'est pas cela qui fait que je ne me souviens de pratiquement rien... et je sais que jeune adulte, j'ai souvent fais le reproche à ma mère ( que j'aime profondément au demeurant . C'est bien la seule d'ailleurs qui, bien qu'elle n'ait jamais pensé à la douance, à toujours pris en compte mon extrême sensibilité) de toujours tout de même banaliser mes douleurs, mes envies, qui évidemment étaient toujours rocambolesques.
Si y'a bien une expression que je ne supporte plus en peinture, c'est " c'est pas grave". Et cela me fout en boule quand un de mes enfants a un chagrin et que j'entends un " c'est pas grave". ben si, ca peut aussi e^tre grave pour la personne. :violent1:
Mais comment reprocher à un parent de refuser de suivre son enfant de 4-5-6-7 ans qui lui implore de ne plus aller à l'école? ce n'est pas l'apanage des enfants doués. Tous les enfanst (non?) ont un jour ou l'autre refuser d'aller à l'école et souhaiter autre chose. Apres c'est vrai que l'intensité de la demande et surtout l'intensité du retrait de l'enfant HQI est sans doute bien plus élévée, mais il y a 20-30 ans, la connaissance n'était pas celle que nous pouvons avoir aujourd'hui sur ce sujet, ni l'accès à l'information. Non?
Il me semble que l'enfan,t rpécoce aujourd'hui aura sans doute plus de chance d'être écouté et surtout entendu. Enfin je l'espère, fin j'en sais rien, je me gourre peut-être, je connais pas encore assez le sujet. Vous me direz si ce que je dis ne tiens pas :wink:

Après, je n'arrive pas à en vouloir au gens qui ne savent ni parler " enfant" ni n'avoir su nous parler. Je n'arrive déja que difficilement à me parler à moi même alors comment le reprocher aux autres? C'est vrai que j'ai peut-être un peu un sentiment de gâchis, mais j'ai surtout un sentiment de plaisir à savoir que tout cela avait tout de même une explication et que ce n'était pas moi en tant que tel, disons pas parce que j'étais une casse-noix. Que quand par exemple, anedocte de ce matin, je reprends mon conjoint parce qu'il ironise avec Noé et que je sais Noé incapable de correctement comprendre ce qui vient d'être dit et de n'en ressentir que l'aspect négatif, je sais que ce n'est pas que parce que je suis chiante et tatillonne sur les mots, mais parce que mon fonctionnement me rend comme cela parfois au yeux d'un autre. ( je crois que je me suis égarée en chemin dans le post , non?)
Je pense que je vais lire le livre que tu cites Cléo.

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Elaïs » ven. 8 nov. 2013 11:06

je pense que je vais lire le livre que tu cites Cléo.

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Nyx » ven. 8 nov. 2013 13:26

Moi je me souviens très bien de mon enfance, mais ces souvenirs ont un goût amer, un mélange de honte, de solitude, de mélancolie... Je n'ai jamais compris ceux qui disaient que l'enfance était la meilleure période de leur vie.
Je me revois seule face au reste du monde, essayant de comprendre pourquoi je n'étais pas comme eux, et je m'en voulais beaucoup d'être aussi timide.
Au début je pensais que j'étais née comme ça, parce que même quand j'étais très petite je me souviens que je hochais la tête pour répondre par oui ou par non parce que je n'osais pas parler.
Puis quand on m'a dit que la timidité était toujours déclenchée par une expérience, je me suis posé des questions. Il a fallu que je cherche loin parce que j'avais à peu près 2 ans et ces souvenirs là sont un peu plus difficile d'accès.
Il a fallu que j'ai un flash-back pour revoir ce qui s'était passé. Je me suis accidentellement auto-psychanalisée (je ne sais pas trop comment expliquer) et j'ai revécu de vieux souvenirs enfouis. Les émotions étaient restées intactes je crois, comme si je les avais refoulées à l'époque, et qu'elles étaient restées là, endormies, quelque part dans mon esprit. Parce que quand je les ai ressenties, je me suis à nouveau trouvée incapable de parler.
En fait, voilà ce que j'ai vu:
► Afficher le texte
Cet exemple un peu long montre à quel point j'avais peur de parler, même sans savoir pourquoi.
Et tout ça découle du fait que des adultes ne m'ont pas crue et m'ont engueulée alors que je n'avais rien fait de mal. Le plus souvent, ils ne m'écoutaient même pas et me mettaient la pression pour que j'acquiesce à leurs interprétations farfelues.
Alors j'ai passé ma vie à dire ce que les autres avaient envie d'entendre, et j'ai étouffé la petite voix en moi qui voulait s'exprimer. Ensuite on m'a beaucoup reproché d'être trop réservée, trop timide... Ce qui fait que je m'en voulais d'être comme ça. Et récemment j'ai compris que ce n'était pas ma faute. Ca a été un grand soulagement.
J'aurais été une personne totalement différente si j'avais compris ça dés le début. Je n'en veux pas aux adultes qui ne m'ont pas comprise, parce qu'ils ne pouvaient pas savoir. J'aurais peut être pu avoir une enfance heureuse et une haute estime de moi, mais ça n'a plus d'importance aujourd'hui car si ma vie avait été différente, je ne serais pas la personne que je suis aujourd'hui, je n'aurais pas rencontré les personnes qui me sont proches, et peut être que je ne serais pas aussi heureuse que je le suis maintenant.

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Elaïs » ven. 8 nov. 2013 14:13

Nyx a écrit : Je n'en veux pas aux adultes qui ne m'ont pas comprise, parce qu'ils ne pouvaient pas savoir. J'aurais peut être pu avoir une enfance heureuse et une haute estime de moi, mais ça n'a plus d'importance aujourd'hui car si ma vie avait été différente, je ne serais pas la personne que je suis aujourd'hui, je n'aurais pas rencontré les personnes qui me sont proches, et peut être que je ne serais pas aussi heureuse que je le suis maintenant.
Je pense comme toi. Ce qui est sur c'est qu'un autre cheminement ne m'aurait pas permis d'avoir mes enfants tels qu'ils sont. LAors bien sur j'en aurai eu d'autres ( sans doute) mais non, c'est exactement ceux là que je voulais: je suis sure que si j'avais du les choisir, c'est eux que j'aurai pris :P .

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Za » ven. 8 nov. 2013 15:33

Encore un sujet sur le décalage !! ;)

J'ai l'impression que deux types différents de "décalages" ressortent dans vos témoignages : des décalages d'ordre intellectuel (tu te poses une question métaphysique et on te répond par un truc trivial que tu sais déjà) et d'autres d'ordre plutôt émotionnel - et là on rentre dans le domaine des blessures d'enfance généralement... pour cette dernière sorte, il me semble que ce n'est pas l'apanage des surdoués (bien qu'un enfant particulièrement sensible vive particulièrement mal qu'on ne reconnaisse pas ce qu'il ressent).

C'est malheureux à dire, mais beaucoup d'adultes ont clairement oublié ce qu'était la sensibilité des enfants et se comportent avec eux comme avec... des semis-humains, semi-interlocuteurs, pas loin des animaux quand ça ne se rapproche pas des objets...
Il n'y a pas si longtemps après tout, on n'anesthésiait pas les bébés, parce qu'on pensait que, n'ayant pas de pensée formulée, il ne pouvaient pas ressentir de la douleur - tout comme les animaux. Un enfant qui ne parle pas encore, ou qui ne sait pas exprimer ses émotions par des mots, c'est un peu comme une plante, mais en plus bruyant et plus salissant... J'exagère à peine, j'en vois tous les jours.

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Invité » ven. 8 nov. 2013 16:13

*Za* a écrit :
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*Za* a écrit :Sur le plan des émotions, par contre, c'était totalement tabou chez nous. Deux parents hyper-émotifs qui n'auraient jamais réussi à gérer les émotions de leurs enfants... En moyenne section j'ai été embêtée par d'autres gamins à l'école parce que j'avais un amoureux, et face à la réponse de ma mère, j'ai compris qu'elle ne pouvait m'être d'aucune aide. Elle n'était tout simplement pas capable de prendre en compte ce que je ressentais, sa réponse tenait simplement à : la prochaine fois que ça arrive, tu vas tout de suite voir la maîtresse !!! J'ai donc "décidé" que désormais mes soucis seraient mes soucis. Je ne lui ai plus jamais fait part de mes problèmes. Quant à mon père, parler avec lui de ce que je ressentais ne m'a même jamais traversé l'esprit. J'ai tout simplement pris l'habitude de penser qu'il était dangereux de parler aux autres de mes sentiments, et j'ai tout simplement TOUT gardé pour moi. Et arrêté de déclarer ma flamme par la même occasion. Il n'y a qu'avec mon homme actuel que ça ait changé.[/hidden]

Eh bien, dans ma famille de quand j'étais petite, c'était tout à fait ça :o
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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Doodle » sam. 9 nov. 2013 16:09

Sur plus d'un point mes rapports avec mon père ont été proches du désastre, le naturel des rapports père fils n'arrangeant rien au reste. Mais si il y a un truc où il a grave assuré, c'est comme ceux de Za et Cléo de savoir se creuser la tête (et de l'avoir bien remplie au passage) pour répondre à toutes mes questions (et j'ai pas trainé a remonter au big bang et aux mystère du cerveau, alors il fallait s'accrocher). Je crains de ne pas savoir en faire autant.
Elaïs a écrit :je sais que jeune adulte, j'ai souvent fais le reproche à ma mère ( que j'aime profondément au demeurant . C'est bien la seule d'ailleurs qui, bien qu'elle n'ait jamais pensé à la douance, à toujours pris en compte mon extrême sensibilité) de toujours tout de même banaliser mes douleurs, mes envies, qui évidemment étaient toujours rocambolesques.
Si y'a bien une expression que je ne supporte plus en peinture, c'est " c'est pas grave". Et cela me fout en boule quand un de mes enfants a un chagrin et que j'entends un " c'est pas grave". ben si, ca peut aussi e^tre grave pour la personne.
Alors ça, c'est piqué dans mon histoire à moi, il y a copyright, je veux des droits d'auteur.

Plus sérieusement, sans que je sache pourquoi, pendant longtemps "c'est pas grave" était pour moi l'expression la plus triste de la langue française, et rien ne l'exprimait mieux que la voix de ma mère.

Enfin, je me demande si ce que nous écrivons pour la plupart ici est propre aux HPI (peut être du au fait que je suis encore dans le doute). J'aurai plutôt tendance à croire que certains ressentent plus vivement ou se souviennent mieux de ces choses, mais que dans le fond c'est le lot de tout être humain en construction à différent degrés ou moments. Qu'en pensez-vous ?
Echauffement : 2 3 5 7, 1 3 7 9,... pouf, pouf... 3 9 ,1 7, 1 3 7, 3 9, 1 7, 1 3 9, 3 9, 7. Et ça rime !

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Invité » sam. 9 nov. 2013 21:38

doodle a écrit :
Enfin, je me demande si ce que nous écrivons pour la plupart ici est propre aux HPI (peut être du au fait que je suis encore dans le doute). J'aurai plutôt tendance à croire que certains ressentent plus vivement ou se souviennent mieux de ces choses, mais que dans le fond c'est le lot de tout être humain en construction à différent degrés ou moments. Qu'en pensez-vous ?
Je peux affirmer que ce n'est pas propre aux HPI.
Mais un être doué de sensibilité est, à mon avis, plus réceptif à ces décalages.
Ces incompréhensions.
Cette maltraitance.

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Tipiak » dim. 10 nov. 2013 12:44

Ah, j'ai une autre anecdote. Qui va faire flipper tous les parents. :angel4:

Vers 6-7 ans :
"Maman, comment on fait les bébés ?" (Rigolez pas les parents, ça vous arrivera aussi si c'est pas déjà fait ! :devil: ).

Alors il faut savoir qu'à l'époque, j'avais déjà un magnifique livre intitulé un truc comme "Le bébé de Julien", avec une couverture bleue et tout. La rencontre ovule spermatozoïde y était très bien expliquée. Donc surprise de ma mère quand je lui pose la question, vu que j'étais censé savoir...

Donc réponse :
"Ben comme dans ton livre, le papa donne la petite graine à la maman, et voilà".

..... perplexité, j'ai du louper un truc dans ma question là.... Bon,je retente :
"Oui mais comment fait le papa pour donner la graine à la maman ?"

Aïe, là ça se corse pour ma pauvre maman, je perçois qu'elle est un peu gênée, mais je ne vois pas pourquoi. Elle me dit:
"Ben c'est quand on s'embrasse, on est près, et puis voilà..."

Alors là je commence à cogiter : la graine passerait donc par la bouche.... Hmmm, intéressant ça Gaspard. Sauf que : Hé mais ce qui va dans la bouche finit par l'estomac. Et si le bébé se fabriquait dans l'estomac, il serait mangé! OMG!! Impossible donc. Alors la graine sortirait de l'estomac? Mais comment, y'a pas de trous?? Bon, je retente une question :
"Alors la graine elle passe par la bouche ?"

Re-réponse gênée de ma mère:
"Ben heu non, pas tout à fait, c'est quand on est près et puis voilà".
Et après je pense qu'elle a dû interrompre la conversation, d'une façon ou d'une autre. (C'est fou ce que ma concentration ne résiste pas à une proposition de faire des crêpes!)

Néanmoins, la question continuait à me turlupiner. Quelques mois plus tard, à Noël, je recevais une encyclopédie sur le corps humain où la méthodologie de la fécondation était expliquée en détails. En lisant le bouquin, je trouvais que ça tombait vachement bien. Mais quand j'ai demandé à ma mère si c'était fait exprès, elle a répondu que non.
Du coup, je saurais jamais si c'était un hasard ou pas.

En tout cas, raconter des histoires d'abeilles et de ptites fleurs ou de cigognes à un enfant qui s'intéresse et à l'apiculture, et à l'ornithologie, c'est très mal venu. :D
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
Mais ma signature est toujours 20% plus cool, d'ailleurs je retourne sur mon bateau pêcher des colins, signé ton papa le Captain Igloo.

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par lady space » lun. 11 nov. 2013 16:24

C'est fou ce que le sujet de la sexualité était difficile à aborder pour nos parents. Tu racontes là une discussion que je n'ai jamais eue avec les miens. Parce qu'ils ont eu la prudence de m'offrir un bouquin pour enfants qui explique bien, et dans les détails techniques, comment on fait les bébés.

Par contre, je me suis vue confrontée un soir au coucher à la question suivante, sortant de la bouche de ma fille de cinq ans à l'époque: "Maman, si on doit aller à l'hôpital pour faire sortir le bébé du ventre de la maman - est-ce qu'il faut aussi y aller pour le mettre dedans?" J'ai adoré la logique implacable de la question :D Et comme on n'est pas super pudique, ce n'était pas trop dur de lui expliquer comment on se sert des parties génitales pour fabriquer un bébé à la maison.

Donc non, je n'ai pas flippé, au contraire: je me suis éclatée ^^ ('zavez dit atypique? :mrgreen: )

Mais à y réfléchir de plus près, ton anecdote rejoint, en moins douloureux, l'histoire d'arizona. À chaque fois l'enfant, qui cherche juste à comprendre et à se faire comprendre, se heurte aux limites de ses parents. J'y vois une certaine incapacité à prendre sur soi de la part des parents, pour, soit admettre qu'on ne sait pas, soit admettre qu'on n'arrive pas à parler de tel ou tel sujet ou bien qu'on ne voir pas d'autre solution, soit se mettre à la place de l'enfant pour saisir en quoi consiste exactement sa demande et pourquoi elle est importante pour lui à ce moment précis. L'enfant pousse donc le parent dans ses retranchements, et le parent ne sait pas prendre le recul nécessaire pour affronter ces retranchements, pour quitter sa zone de confort.

C'est bien plus facile de couper court aux questions des enfants, a fortiori quand ces dernières viennent trop tôt, vont plus loin que la moyenne (et que le parent est peut-être déjà un peu fatigué parce qu'il s'agit juste de la 10 000ième question de la journée).

Puis, un parent qui ne soupçonne en rien que son enfant est différent du gamin-type décrit dans les revues sur papier glacé ne peut pas anticiper d'entrée de jeu la profondeur des questions exprimées à l'aide du vocabulaire dont dispose un jeune enfant. À mon sens, quelques incompréhensions sont normales et tout à fait pardonnables, mais quand les questions et doléances de l'enfant ne sont jamais prises en compte, c'est une autre histoire.

Il y a un point où le cumul des incompréhensions, le manque d'écoute dans une certaine bienveillance, vont basculer vers une toxicité ordinaire (ordinaire parce que courante et socialement admise sous la devise que l'on veut voir les enfants, mais pas les entendre) qui est très vicieuse, parce que difficile à identifier, et destructrice pour l'estime de soi.
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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Za » mar. 12 nov. 2013 13:53

Lady Space, à cause de toi je suis en train d'imaginer une superbe brochure "Comment fabriquer un bébé chez soi à l'aide de ses parties génitales"... ^^
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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Emma33 » mar. 24 déc. 2013 14:08

Me voilà diagnostiqué depuis plusieurs moi maintenant.
Malheureusement ma mère n'a pas vraiment l'air de comprendre ce que cela signifie.
Elle ne comprend pas, ni les autres membres de ma famille, que leur logique n'est pas du tout la mienne, lorsque nous parlons de sujets divers. Ce qui fait que mon point de vue est rarement compris et je suis un peu "seule contre tous" lors des repas.
Je me demandais donc comment vos proches ont compris la nouvelle ? ( pour les "diagnostiqués" plus tardifs )

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Mlle Rose » mar. 24 déc. 2013 17:36

discussions-debats/dire-douance-comment-qui-t347.html

Histoire de ne pas faire dériver le fil vers un HS ;)
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Emma33 » mar. 24 déc. 2013 18:06

Mlle Rose a écrit :discussions-debats/dire-douance-comment-qui-t347.html

Histoire de ne pas faire dériver le fil vers un HS ;)
Merci :-)

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Nyx » dim. 12 janv. 2014 18:37

Pendant plusieurs années j'ai cru que j'avais vu la "graine" de mon petit frère avant sa naissance. Puis quand j'ai reparlé à mes parents du jour où ils m'avaient montré un noyau de je ne sais quel fruit en disant que c'était le bébé ils n'en avaient aucun souvenir.
Donc en fait cette histoire a pour seule source ma mémoire. J'avais 4 ans quand ma mère était enceinte. Ils m'ont dit que j'allais avoir un frère, mais ils n'avaient pas précisé que ça allait être un bébé alors je m'attendais à avoir un grand frère.
Et je posais sans arrêt des questions. Je suis tombée des nues quand j'ai vu que mon nouveau frère était un bébé… En plus ils ont dit que quand il sera grand il deviendra plus grand que moi alors j'ai vraiment cru que le bébé allait finir par devenir mon grand frère.

Un jour demandais à ma mère si mon frère voudrait jouer au polly pocket avec moi (minuscules petits personnages dans des petites maison: formellement interdit aux moins de 3 ans), et je cherchais des jouets à lui offrir en cadeau de bienvenue.
Je me souviens très clairement que ma mère a répondu "Je ne sais pas, tu verra bien" elle était agacée par toutes mes questions, mais elle ne répondait jamais comme il faut. Imaginez qu'on vous dit qu'un frère va arriver dans votre famille, je n'y comprenais rien à toute cette histoire, ils ont tellement mal répondu qu'une fois j'ai montré une graine ou je ne sais pas trop quoi, un noyau ou un pépin… Et j'ai demandé si c'était lui, on ma répondu oui pour me faire taire.
J'ai cru qu'il aurait les yeux bleus, et que c'était ma tante des états unis qui allait l'amener en France. (ma tante venait pour l'accouchement, et elle était sensée apporter le frère). Et sachant que mes parents sont métisses, bruns, et que tous leurs ancêtres ont les yeux marrons je ne sais pas pourquoi ma mère m'a dit que "peut être je ne sais pas tu verra bien".
Enfin, quand j'ai demandé quand ma tante arrivait avec mon frère, elle a répondu: "après demain". Je ne savais pas ce que ça voulait dire alors je suis allée attendre dans l'entrée. Je suis restée assise je ne sais combien de temps jusqu'à ce que ma mère me demande ce que j'attendais "quoi? mais je t'ai dit après demain! c'est dans longtemps tu ne peux pas attendre comme ça".
Ah la la… C'était une grosse période de confusion pour moi tout ça.
Je ne me souviens même pas du ventre de ma mère, tellement leurs explications partaient dans tous les sens…
Enfin c'était juste des "je ne sais pas / oui / peut être / tu verra bien" alors ils mont laissée inventer ma propre histoire… Ils m'avaient juste dit qu'il fallait une graine dans le ventre que mon père avait apporté de je ne sais où…
Puis un jour j'ai dit a mon frère que je l'avais vu quand il était une graine et mes parents se sont demandés de quoi je parlais

Mais je crois que le pire ça a été de découvrir que mon frère était un bébé… Franchement, ils auraient pu préciser
En plus il ne savais même pas parler etc. je ne m'y attendais pas.

Dailleurs il y a plein d'autres choses que mes parents m'ont fait croire, et je suis la seule à m'en souvenir. Ils inventaient des histoires en imaginant que je ne men souviendrais pas.
Un jour je suis allée au Zoo et j'ai vu un loup. On aurait dit un chien plus grand, il était là, immobile à nous regarder. Il avait l'air… gentil!
Je ne m'attendais pas à voir un gentil loup parce que je croyais que les loups mangeaient les enfants pas sages, et qu'il savait répondre au téléphone parce que mes parents allaient l'appeler si on était pas sages.
Et dans l'entrée de la maison, il y avait un trou, où vivait la petite souris. En fait c'était juste un trou dans le mur mais quand je perdais une dent j'allais vers le trou pour prévenir la petite souris… Ma mère me disait que ce n'était pas la peine de crier dans le trou parce que la souris était déjà au courant.
Et un jour aussi, le petit doigt de mon père lui a menti! Je disais la vérité et le petit doigt a dit que je mentais.. et là j'ai compris que le doigt ne disait rien du tout, il n'y avait jamais eu de petit doigt…
C'est quoi tous ces mensonges? Ils ne s'en souviennent même pas!
Le père Noel aussi : je ne comprenais pas pourquoi les adultes ne voyaient pas que c'était mon grand père déguisé, ils croyaient que c'était le vrai père Noel et quand j'ai voulu lui enlever sa barbe pour leur prouver que c'était mon grand père ils ont tous paniqué et je me suis fait gronder pour avoir essayé de tirer la barbe du père noel...
Je viens d'une famille bizarre je crois ^^

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sourizeante
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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par sourizeante » mar. 14 janv. 2014 10:20

Ne soyez pas trop durs avec les parents. :)

En lisant les différents témoignages, je suis frappée de la ressemblance avec des situations vécues, non pas en tant qu'enfant mais en tant que parent.
J'ai beau être moi-même HP, je n'en suis visiblement pas pour autant moins formatée par l'image qu'on nous renvoie de ce qu'un enfant est censé faire ou penser.

Je pense qu'à de nombreuses reprises, je dois répondre à côté quand mon fils ou ma fille me posent une question. Non que je ne la comprend pas, mais parce que j'ai peur de les noyer, et parce que cela me fait bizarre de leur expliquer des choses dont je sais que certains adultes ne les comprennent pas ...

La dernière en date : mon fils, 5 ans me demande, pendant le calin du soir, juste avant l'heure où on est censé éteindre la lumière :
"Maman, comment on fabrique l'or".
"On ne le fabrique pas, on le trouve dans la nature, et il y a des méthodes pour l'extraire".
"Nan, mais ce que je veux savoir c'est comment la nature fabrique l'or".

C'était les vacances, j'étais bien lunée, j'avais du temps. Je me suis donc retrouvée à parler d'atomes, et il a voulu savoir pourquoi un atome d'or c'est pas comme un atome de fer, on a parlé protons, électrons, et je pense que je suis bonne pour trouver une représentation de la classification périodique des éléments.

Mais ce temps là je ne l'ai pas toujours, en semaine, je suis parfois fatiguée, et non, dans ces cas là, je ne suis pas disposer à donner un cours de physique à 21:30 à un petit bout de grande section de maternelle qui a école le lendemain.. ^^

Hier soir, là aussi pendant le coucher, j'ai volontairement coupé court à une question sur la différence entre microbe, bactérie et virus...

Bref, tout cela pour dire que les parents peuvent eux aussi avoir conscience du décalage entre l'attente de leur enfant HP ou non d'ailleurs et ce qu'ils sont en mesure de leur donner. Et cela sur le plan affectif comme cognitif ou éducatif.
Et pour le parent lui-même , cela peut être une source d'angoisse et de frustration (cela l'est pour moi en tout cas!)

Pour finir, il y a aussi la tentation de limiter le savoir pour (en croyant?) les protéger.
L'autre jour ma fille s'est faite rabrouer par des copines qui comparaient leurs cheveux (l'une ayant des cheveux blonds et lisses, l'autre noirs et crépus).
Les copines : "Ah ben nos cheveux ne sont pas dans la même matière"
Ma fille : "Ben si, c'est la même matière, les cheveux sont tous en kératine"
Les copines " Tu dis encore n'importe quoi!"

L'information sur la kératine, elle la tenait de moi. Quand elle m'a raconté la scène, j'avoue que j'ai culpabilisé.
je me suis dit que j'en faisais peut-être un monstre de foire en l'alimentant trop en informations et que cela pouvait l'handicaper encore plus à l'école.

Bref, tout mon blabla pour dire que, les parents peuvent, à tort ou à raison, sciemment ou non, faire le choix d'ignorer l'attente de leur enfant, ce qui alimente le sentiment de décalage...

(Edit : manquait des mots et des accents ... désolée pour ceux qui ont lu avant que je ne corrige)

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par sanju_willem_boshi » mer. 15 janv. 2014 14:50

Pour ma part, j'ai toujours posé des questions qui dérangent ! La majeure partie du temps, cela n'est pas pour assouvir une envie pressente de provocation mais parce que la plupart des comportements ou des réactions proposés par mes congénères humains m'échappent ! Je me souviens que l'institutrice, en classe de CM2, me détestait de manière officielle. Un jour, elle avait évoqué avec nous son implication dans une association à but humanitaire, en Afrique ; elle en avait profité pour nous dire à quel point il était important de faire preuve d'altruisme et de générosité à l'égard des peuples qui souffrent. J'avais immédiatement levé la main pour lui dire à quel point elle était hypocrite. Je lui ai rétorqué : "Soyez déjà respectueuse et à l'écoute des êtres qui vous entourent plutôt que de vous occupez de ceux qui sont ailleurs et que vous ne connaissez pas !" :clap: Le corollaire de mon intervention fut sa haine davantage affûtée (...) [Elle convoqua ensuite mes parents pour leur faire part de ses doutes par rapport à mes compétences intellectuelles. Ainsi, elle leur proposa que je passe des tests pour jauger la qualité de mes neurones. Malheureusement pour elle, le psychiatre conclut que j'étais surdouée !]
“There is, in short, no great idea that stupidity could not put to its own uses [....] The truth by comparison, has only one appearance and only one path, and is always at a disadvantage.” Robert Musil

Vivreouexister

Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Vivreouexister » lun. 3 févr. 2014 10:28

Je suis très touchée par tout ce que je viens de lire. Je viens de m'inscrire sur ce forum et je ne peux expliquer à quel point je me reconnais dans tous vos témoignages, et surtout l'effet que ça me fait. L'impression de ne plus être seule.
J'en profite pour vous faire part de mon expérience. Pour ma part, durant mon enfance, j'étais très introvertie, je passais mon temps à observer et à écouter mes proches, adultes généralement, ce qui fait que j'ai très souvent entendu "Qu'est ce qu'elle est timide" "Mais enfin tu ne parles pas!", et j'avais envie de leur répondre "Je ne parle pas mais je n'en pense pas moins".
Je me souviens qu'à l'âge de 7 ans, je remarquais les sauts d'humeur de certains membres de ma famille, dont ma tante. Nous avions pour habitude d'aller chez elle le dimanche, et je disais à ma mère qu'au téléphone j'avais senti qu'elle n'était pas bien, et qu'il serait mieux de ne pas y aller, et automatiquement j'avais droit à "Mais qu'est ce que tu racontes ?? Elle est normale tata enfin."
Résultat : j'avais mal au ventre avant d'arriver chez ma tante, et je m'effondrais intérieurement quand je voyais sur son visage l'expression de son malaise, de son mal-être, et je faisais tout pour l'aider, comme si j'étais investie d'une mission.
C'est un exemple parmi tant d'autre.
Néanmoins, je crois que j'ai beaucoup plus souffert de l'incompréhension de mes proches à l'adolescence. J'ai vécu une véritable crise identitaire, qui s'est accompagnée de dépression, addictions diverses, etc, parce que je ne supportais plus mon faux self, je savais que j'étais une personne intéressante, je savais au fond de moi que je valais mieux que la plupart de ceux qui m'entouraient, mais invariablement je n'arrivais pas à m'affirmer, j'avais peur des autres, je me sentais systématiquement inférieure, je ne savais pas me définir, et je n'ai pas du tout été aidée par mes proches.
Au contraire, ma mère a fait en sorte de me mettre encore plus la tête sous l'eau, démunie qu'elle était devant mon malheur, apeurée surtout par ma différence, qu'on ne pouvait ignorer, et ce fut terrible.
J'ai toujours été seule, je le suis encore aujourd'hui. Mais je suis en paix avec mon faux self, j'en ai conscience, et avec mon seul ami surdoué, nous en rions même jaune, nous parlons de nos "masques".
En effet, on montre à nos proches ce qu'ils veulent voir de nous, ce qu'ils sont capables d'accepter. Mais c'est aussi notre personnalité, comme je le dis souvent, c'est 1 % de ma personnalité mais je sais qu'il est inutile d'insister, et surtout plus que douloureux quand notre personnalité est reniée, dévalorisée parce que différente.

Je n'ai JAMAIS été comprise par qui que ce soit, maintenant j'ai espoir de rencontrer dans ma vie une ou deux personnes qui auront cette capacité de compréhension, mais je sais que 90 % des êtres humains ne peuvent me comprendre.
Enfant, adolescente, adulte, j'ai toujours ressenti cela.
Donc je comprends les autres. J'échange les rôles.
Ce qui n'est pas sans dommage car comme vous vous en doutez, j'absorbe toutes les souffrances comme une éponge, et enfant/adolescente on a beaucoup profité de moi. Je passais des heures à réfléchir à la situation d'un "ami", je passais des heures à lui parler, à la reconforter, je choisissais mes mots avec soin, je souffrais autant que mon interlocuteur, à en crever, et quand ce dernier allait mieux, il n'y avait aucune reconnaissance. Pire, parfois même de l'ignorance.
Si j'avais le malheur de me "plaindre" quand j'allais mal (j'allais tout le temps mal), on me répondait des banalités d'une absurdité absolue comme "t'inquiètes pas ça va passer" "la nuit porte conseil, demain ça ira mieux" et j'en passe...
Et j'étais outrée, scandalisée, blessée, parce que je me disais que je méritais qu'ils crèvent pour moi de douleur et de compassion, après tout ce que j'avais fait pour eux... et ce n'était jamais le cas.
Maintenant je ne donne qu'à ceux qui le méritent. Et je fixe certaines limites, pour ne pas me tuer à la place de l'autre.

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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par lechalote » dim. 9 févr. 2014 09:00

C'est étonnant ce que tu racontes là, c'est exactement l'histoire qui est arrivée à l'un des amis de ma fille. Quand on a voulu le faire redoubler pour la seconde fois en primaire, et empêcher son passage en 6ème (avec une institutrice qui le détestait cordialement pour la seconde année consécutive et refus de changement de classe malgré la demande des parents), direction la psy scolaire pour trancher qui a déclaré au grand dam de l'instit qu'il n'avait aucun problème (malheureusement, la mère n'a pas de résultat de test de QI). A la question : Mais pourquoi tu n'as pas récité ta poésie correctement la première fois puisque tu la sais parfaitement ? Réponse du môme 'C'est pas ce que tu attendais de moi, alors je t'ai donné ce que tu voulais!". Il me semblait bien aussi, que ce gamin était génial!
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Re: Décalage et incompréhension parentale : souvenirs

Message par Tipiak » ven. 11 avr. 2014 15:22

Et un up en fourbe par derrière pour un vieux souvenir de derrière les fagots.


Quand j'étais pti, un jour, j'ai fait une bêtise.
Donc logiquement ma mère m'a enguirlandé. je me rappelle super bien, on était dans le préau de l'école, devant la porte, et ça devait être au printemps.

Pis comme elle était en colère, elle me regardait en "faisant les gros yeux", en les écarquillant quoi.
Et du coup ça a attiré mon attention sur ses magnifiques prunelles (vert bleu irisé tout ça) dont j'ai pas hérité.
Et là "pouf", switch attentionel innintentionnel. Je bloque sur la couleur de ses yeux, je n'écoute plus, j'ai zappé le contexte. (D'ailleurs, à ce jour je ne me rappelle pas la bêtise dont il est question).
Et là je lui fais "t'as des beaux yeux maman".

Et après, j'ai pas compris : je me suis fait enguirlander comme quoi la flatterie c'était très mal, il faut pas dire des choses qu'on pense pas, quand on pense pas un truc on dit rien mais on dit pas des choses pas vraies, et c'est très mal de chercher à faire des compliments pour éviter de se faire passer un savon, et en plus comment t'as pu croire que ça allait marcher namèho !

Moi j'étais juste passé de "j'ai fait une bêtise je me fait enguirlander" à "ma mère à des beaux yeux je lui dit spontanément ça sort tout seul".

j'étais juste passé à autre chose et je n'avais sincèrement aucun désir de chercher à éviter l'enguirlandement !

je me console en me disant que si ma mère a pu me prêter de tels stratagèmes, c'est que je devais pas être si bête que ça...:D
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
Mais ma signature est toujours 20% plus cool, d'ailleurs je retourne sur mon bateau pêcher des colins, signé ton papa le Captain Igloo.

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