du temps des premiers murmures...

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ragged
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par ragged » lun. 24 mars 2014 20:59

Hello à toutes et à tous !

Vu que cette rubrique m'a été fort utile au moment de ces premiers murmures (la tête fracassée dans le mur plutôt), ce n'est pas sans un certain soulagement que je m'apprête à laisser mon témoignage.

D'abord, merci à tout ceux qui l'ont fait avant, je me répète : ce topic (et les autres) a été essentiel pour moi afin de ne pas perdre la raison quelque part dans les méandres des trop nombreux doutes...

Je sens que je vais être un peu long...pardonnez moi dés à présent (ou préférez un post plus court!)

ETAPE I : premier jour.

31 janvier 2014 : quatre jours après mes 37 ans que je n'ai pas pu fêté.
Alors que je suis en train de dévorer la presse en ligne en fin d'après midi et que je m'assassine les yeux à décortiquer chaque commentaire des internautes sur un article dont j'ai oublié le sujet, soudain..soudain tout s'efface et il reste un mot qui apparaît, je ne vois que lui, je ne le connais pas, je ne sais pas ce que ça veut dire mais il s'impose à moi comme un coup de massue.
Un seul mot : douance.
Et ma vie bascule quelques secondes plus tard lorsque je lit la définition du mot et que je trouve une liste de caractéristiques correspondant à la douance.
A la fin de la liste, je me rends compte que je tremble, je pleure, j'ai la poitrine qui implose et sur le coup, j'ai le sentiment de faire un infarctus.
Et je ne comprends pas pourquoi. Parce que toute ceci est IMPOSSIBLE !!!
Je l'aurais su, on me l'aurait dit !!
Rapidement, je note le nom de deux ouvrages : TIPEH de JSF et AS de Monique de Kermadec. Je fais trois librairies différentes en une heure de course à vélo, fébrile et inconscient, je me met à pleurer au milieu de la foule, j'ai l'impression de tomber de très, très haut, c'en est vertigineux et terrifiant.
Le soir : je commence à lire les deux bouquins et les balancent au bout d'une heure. Je ne veux pas entendre parler de tout ça ; c'est bidon, c'est faux : je me défonce la gueule.
Mais une heure plus tard je suis à nouveau sur le net et je tombe sur ce site.
Crise d'hystérie dés les premiers topics, j'en embrassais mon écran !
Nuit blanche à vous lire. Crise larmes et fous rires...

ETAPE II : deuxième jour.

Bon ok, j'ai dormi au moins deux heures ! En dehors de ça, j'ai le cerveau qui tourne à une vitesse hallucinante, je ne peux rien avaler à part des litres de café et du tabac, je relis les 2 bouquins en deux heures.
JSF ne me plaît pas, l'impression de lire un prospectus commercial pour des centres au logo horrible. Quand à l'appellation ###Charcutier-zingueur en reprise d’études ###...Sans commentaires.
Par contre, Monique de Kermadec m'envoie au tapis. Je suis mort. Je crois pas avoir autant pleurer que ce matin là, mon corps entier qui m'échappe. Je reste plusieurs heures muté dans un coin de mon salon, tremblant et pleurant. Tout cela ne peut pas être vrai, je l'aurais su bordel ! Je suis furieux et anéanti.
J'arrive à me relever et je pars en vélo me perdre autour de la ville, musique à fond dans les oreilles, je ne veux plus penser. Et pourtant, tandis que j'erre, des images remontent en moi doucement, des souvenirs pas si anodins...Et je pleure encore en traversant aveuglément des endroits que je ne reconnais même pas...
Soir : à nouveau sur ce forum à tenter de me convaincre que tout cela est faux. Je suis juste en pleine dépression. Encore une vingtaine de pétard et quelques bières et quelques rhums et ça ira mieux. Je dévore en ligne tout les topics accessibles de ce site jusqu'à très tard. Nuit blanche.

ETAPE III : troisième jour.

Ah bin en fait, j'ai dormi prés de quatre heures, super ! Par contre je n'ai toujours pas mangé et je n'ai toujours pas faim. A part café et clope.
Et à nouveau je relis le bouquin de Monique de Kermadec avec un feutre rouge en me disant : ok, tu vas voir que tout ça est faux, tu ne soulignes que les choses dont tu es absolument sûr, honnêtement, sans te mentir.
Exercice très dur parce que je prends le temps de lire calmement et de réfléchir à ce qui est dit. Et je m'aperçois que je souligne presque tout.
Je ne peux aller jusqu'au bout, je m'effondre à nouveau.
Et à un moment, alors que je suis affalé sur le sol, le visage baigné de larme et le corps remplis de soubresauts, j'ai une hallucination.
Pas une hallucination visuelle véritable, ça se passe dans ma tête...Mais je ME vois, là, Moi, à l'âge de 5 ans, attendant tranquillement en souriant puis me regardant doucement en me tendant la main, les yeux de ce petit Moi de 5 ans me disent : « ah bin ça y est, t'es enfin revenu me chercher !...Je t'en veux pas de m'avoir laissé là tu sais, je savais qu'on se retrouverait... »
Putain, rien que de l'écrire, j'en pleure encore...
Je ne me rappelle pas de la fin de journée, sauf que j'ai dû prendre une dizaine de douches pour me calmer, fumé deux cents pétards et cogiter pendant des heures...

ETAPE IV : quatrième jour.

J'ai dormi. Mais je n'ai toujours rien avalé depuis prés de 4 jours...Et j'y arrive toujours pas..
Je retombe alors sur un livre objet que j'ai réalisé en 2004 : un ensemble de textes accompagnés de photographies, de composition musicales, de mixtapes et d'une vidéo que j'avais produite. Le livre fait 260 pages, il y a plus de 1000 photos de mes différents voyages et il écrit sous trois de mes pseudonymes en fonction des événements qui y sont racontés.
Je relis ce livre : c'est la description exact de la douance !
Je n'en reviens pas. J'ai fait ce livre il y a dix ans et il décrit toute la façon dont la douance agit sur moi...
Alors j'essaie, avec énormément de difficultés et de coups de freins et marche arrière, d'accepter l'idée que peut-être, ce mot, découvert par hasard, va me sauver la vie...
Pas facile.
Je veux une réponse tout de suite, maintenant.
Sinon je suis bon pour l'HP ...

Je suis revenu sur ce forum et j'ai vu dans un topic un bordelais qui citait un prénom et une initial pour une psy spécialisé à Bordeaux.
Facile de la retrouver, je l'ai contacté.
Indisponible avant juillet, elle m'a aiguillé sur une autre psy qui m'a prit trois jours plus tard.

Ce qui a suivit, à partir du cinquième jour jusqu'au TestDay, est décrit là pour ceux que ça intéresse :
http://adulte-surdoue.fr/tests-psys/vou ... 7-425.html

Désolé de cette longueur, merci à celles et ceux qui ont eu le courage et la patience de tout lire.

Ce que je voulais faire passer, c'est que dans mon cas, cela n'a pas vraiment été un murmure mais une explosion, vraiment ... une explosion du corps et de l'esprit...une sorte de fulgurance...
Plus je refusais de croire, plus je réalisais, très loin en moi, que c'était vraiment ça, et que peut-être, je le savais depuis toujours...
C'est ça le pire... Ne plus avoir confiance en soi pour accepter ce que dit son instinct...le rejeter avec violence, c'est horrible...la négation de soi...

Ce forum m'a vraiment aidé à ne pas péter un plomb, votre ton posé, votre ouverture d'esprit, cette espèce de confiance que vous avez en vous livrant, cela a été salvateur...Sans que vous le sachiez, vous m'avez accompagné sur un chemin tortueux où j'ai manqué plusieurs fois de chuter..Tout cela en l'espace d'un mois entre la découverte et le résultat du test...Une gestation rapide...c'est comme une seconde naissance...

Merci à vous...Et à ceux qui gèrent tout ça...

Prenez soin de vous !
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Buxtehude
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Buxtehude » mar. 25 mars 2014 09:58

Ragged : merci et félicitations pour cette magnifique prose.
Je rejoins le constat salvateur de ce forum qui permet de garder la tête froide pendant l'incertitude.
Au-delà de la littérature existante à ce sujet, il est agréable de se confronter à la réalité du vécu des autres, même si chaque expérience reste unique, l'objectif reste avant tout le même : progresser.
"Je peins… ce n'est ni beau ni correct. C'est exact. Je peins vrai. La vérité est effrayante." Louis Soutter

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par ragged » mar. 25 mars 2014 14:18

Merci Buxtehude !
C'est "marrant" (en même temps je rigole pour tout même quand je suis au fond du trou !) mais ton avatar me fait penser à la tête que je tirais régulièrement quand j'étais dans le doute !
Et comme tu dis, les livres c'est bien, mais cela reste des faits rapportés... L'avantage de ce site est de fournir des sentiments bruts, à priori sans fards, rien ne vaut mieux que cette vérité primale !! :)
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Pier Kirool » mer. 26 mars 2014 16:13

@Buxtehude,
Tu es légitime ici tant que tu respectes les règles du forum. Quelque soit le QI.
Ne vas pas trop vite. Parles en à un/une professionnelle averti(e) dès que possible.
NB : Ton avatar est surement un Lego, vue la forme du haut de la tête. :rofl:


@Ragged,
Ouch ! Quel séisme ! :yo:
"La vraie science est une ignorance qui se sait" (Voltaire)

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par ragged » mer. 26 mars 2014 17:34

Oui, Pier Kirool, tu as trouvé un des mots justes ! J'ajouterais : révolution, apocalypse !! J'en suis tellement heureux... Tiens d'ailleurs c'est dans un de tes posts que j'avais trouvé le nom d'une psy à Bordeaux !!
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Kalinka » ven. 4 avr. 2014 17:27

Bonjour !

Quel bonheur de te lire Ragged !
Je suis entrée sur la pointe des pieds sur ce fil, car vraiment les premiers murmures je ne les ai jamais entendus. Pour moi ce fut une EXPLOSION

J'étais tranquille en vacances, tout le monde dormait dans une maison sans bouquins. Je trouve un "Je pense trop" sur une table, aaaaaah ça, ça me dit !
Au bout de 3 pages j'étais dans l'état de ton étape 1
Ca va faire deux ans.
Après la lecture du bouquin, chute grave jusqu'à la TS.
Puis HP pendant 2 mois.
Sortie pour passer les tests, résultat positif.
Depuis arrêt maladie.

Très dur donc quand il n'y a pas de murmures…

Car je n'ai jamais eu le sentiment d'être intelligente
Car toute ma vie avait consisté en 42 ans à essayer d'être comme les autres

Quand j'ai réalisé que je ne le serais jamais le monde s'est écroulé.

Aujourd'hui grâce à un suivi psychiatrique magnifique je suis une personne plus heureuse et équilibrée que la moyenne ! Sans me vanter. Juste parce que je vois les galères que vivent beaucoup. Et aussi parce que c'est ce qui se dégage de moi me dit-on.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par ragged » ven. 4 avr. 2014 18:48

Merci Kalinka !

Je crois qu'on est pas les seuls pour qui cela a été une explosion !
Et je crois que beaucoup aussi n'ont pas eu le sentiment d'être intelligent ... Mais à côté de la plaque !

Par contre, moi, ça m'a libéré de savoir que je n'avais plus à être comme tout le monde et que j'étais "autorisé" à être moi-même. Un p%#tain de soulagement ! :)

Portes toi bien et prends soin de toi ! A +++
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Sphax » sam. 5 avr. 2014 01:19

Méfiance tout de même, si l'apprendre permet de s'autoriser soi-même à être comme on est, le monde lui n'aura rien appris et ne tolèrera rien de plus ou de moins qu'avant. Donc s'accepter et être bien avec soi-même peut être un pas décisif dans le fait d'être accepté par les autres, mais il ne faudrait pas que ca devienne une raison pour ne plus tenir compte des gens autour de nous.
Homo Sapiens, merveille de l'univers, dans l'Odyssée je suis juste le meilleur ami du chien.
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par ragged » sam. 5 avr. 2014 11:07

je veux bien Sphas et ce que tu dis est trés sensé.
Le truc, c'est qu'en prenant en compte les autres, après les avoir "ménager" et m'être réduit pour les satsisfaire, ça a donné un résultat pourri !
Alors quitte à avoir un résultat pourri, autant être soi-même !!
Et même en étant soi-même, la tolérance est toujours présente, de même que l'empathie...alors je ne les secouerais pas trop autour de moi. S'ils enrhument parce que je me transforme en tempête, je leur tendrais un kleenex !
Nous sommes altruistes aussi un peu, n'est ce pas ?
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Mindblender » ven. 23 mai 2014 21:02

Dans mon cas, c'est après avoir lu le livre Je pense trop de Christel Petitcollin :nod:
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par fleueenn » ven. 23 mai 2014 21:55

Après de longues années d'errance, et après avoir lu le livre Trop Intelligent pour Être Heureux? De Jeanne Siaud Facchin. Le livre Différence et Souffrance de l'adulte surdoue de Cecile Bost m'a bien boostee aussi. :-)

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par pEJipE » mar. 3 juin 2014 18:12

Mindblender a écrit :Dans mon cas, c'est après avoir lu le livre Je pense trop de Christel Petitcollin :nod:
Même chose pour moi :-)
Depuis je poursuis l'exploration par "Trop intelligent pour être heureux"
"Le sens de la vie en est l'essence"

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Mindblender » mar. 3 juin 2014 18:14

Je suis en train de le lire. On a tous les mêmes références, hein... ;)
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Pomone
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Pomone » dim. 15 juin 2014 00:10

Moi c'est tout bêtement grâce à mon fil d'actu Facebook, un de mes contacts a partagé un article succint sur le profil des adultes surdoués. Le sujet ne m'était pas étranger mais je ne m'y étais jamais vraiment intéressée.

J'ai lu l'article et cette fois-ci j'ai creusé bien sûr. Articles, livres, forums, conférences. Je pense aussi qu'étant dans une impasse professionnelle (ennui mortel) j'avais largement le temps de passer des heures sur le sujet.

Je ne me suis pas reconnue sur tout mais suffisamment pour que le doute s'installe et qu'une fois avoir appris l'existence d'un test, je ne puisse plus reculer. J'y pensais trop et ça attisait vraiment ma curiosité : moi aussi je voulais passer ce fameux test et en apprendre plus sur moi !

Secrêtement (ou pas) j'espérais aussi trouver des réponses à ma vie d'inadaptée chronique ailleurs que dans des pathologies psychologiques.
Because I'm HPI ! Clap along if you feel like hpiness is the truth !

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Dunkleosteus
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Dunkleosteus » sam. 28 juin 2014 23:24

Je me suis "auto-mis" la puce à l'oreille par la lecture de l'article de WIKIPEDIA sur les surdoués. J'étais à des années lumières de me douter que le sujet me parlerait car je n'y étais allé que par curiosité. Je me suis fidèlement reconnu dans la description donnée par l'article mais j'en ai pas tiré les conséquences. C'était trop gros pour être vrai mais ça a préparé le terrain. Le vrai "tilt" c'est à l'occasion du premier diagnostic+ de la famille.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par jambrozade » mer. 27 août 2014 16:21

je me suis inscrit récemment sur ce site car en lisant quelques livres sur les adultes surdoués je me suis posée des questions (car non testé) je retrouve bien chez moi ces signes généraux chez les surdoués : solitude, hypersensibilité, émotivité, naiveté,manque de confiance en soi et sous estime de soi, etc...
Dans mon enfance déjà, j'aimais cette solitude qui me pèse maintenant, je préférais la compagnie des animaux, les rares copines que j'avais me faisaient porter le chapeau quand elle faisait des bêtises.
Ma scolarité s'est passée sans problème avec des notes en dents de scies, et ma vie professionnelle pas brillante, changeant d'entreprise tout le temps. Ma vie amoureuse est bizarre je viens même d'écrire à un homme quelques mots, il m'a demandé où je trouve ces mots aussi ajourés et qui viennent du fond du coeur et si je n'étais pas dans une secte :-) Cette personnalité ou trait de caractère me collent à la peau même si je ne peux pas m'en débarrasser je voudrai au moins vivre sereinement ( je me demande si c'est possible) .

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Jean mi » mar. 28 oct. 2014 20:32

Je me souviens que quand j'étais ado, je lisais un article de Science & Vie Junior sur l'intelligence et il y avait un paragraphe avec un petit test de quelques caractéristiques des surdoués (se sentir différent, mal écrire parce que le cerveau fonctionne plus vite que la main, ne pas accepter les injustices etc) et j'avais tout bon ! Tout me correspondait ! Sauf que je me disais "Mais non, je ne peux pas être surdoué, ce n'est pas possible" puisque tout le monde me disait que j'étais débile.

Ce n'est que bien plus tard pendant une sévère dépression, je disais à une amie que j'étais stupide, bon à rien et toute de mauvaises pensées et elle m'a dit que non, j'étais en fait très intelligent, qu'elle l'avait remarqué depuis qu'on se connaissait (cad des années). Cette amie a un ami, surdoué, qui m'a demandé de l'aide en maths parce qu'il voulait se reconvertir (en gros) m'a dit que j'étais probablement surdoué et qu'il fallait que j'aille faire le test pour en être sûr. Il m'a dit de lire le livre de Monique de Kermadec que j'avais en version électronique (comme des centaines de bouquins comme ça, même pas besoin de l'acheter :devil: ). Quand ce bouquin décrit les surdoués, c'est comme s'il me décrivait, j'avais toutes les caractéristiques donc si je suis effectivement surdoué, ça expliquerait beaucoup de choses : pourquoi je suis si en décalage avec les autres, pourquoi j'ai l'impression d'être un extra-terrestre, pourquoi je m'indigne devant les injustices de la société alors que les autres n'y font à peine attention, pourquoi je suis si sensible...

Maintenant, il me reste à passer le test pour vérifier tout ça.
On peut réussir sa vie sans être un connard, c'est juste plus long.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Mei Run » ven. 31 oct. 2014 18:35

Aller, je me lance...
Je redis ici que j'ai a priori été testée et diagnostiquée vers l'âge de 4 ans, mais aucun CR, aucune idée des résultats, des conclusions, et élevée ensuite par mes parents comme si de rien n'était, sans changement, sans saut de classe pourtant recommandés, sans aucune autre allusion que le négatif lors des "disputes"... Avec explosion à 18 ans, lors d'une dispute plus profonde, où ma mère m'a enfin raconté en détail ce qui avait mené au test, sans pour autant être plus capable de me donner les conclusions précises... J'étais envahie par un mal-être de plus en plus profond et persistant depuis déjà presqu'une décennie...

Mes murmures du coup sont assez particuliers, ambivalents... Parce que j'ai l'impression quelque part que je l'ai toujours su, que ça n'a jamais été tu, de redécouvrir une évidence... Comme si je l'avais oublié, enfermé bien caché au fond d'une boîte planquée dans un mur derrière une brique tel un secret d'enfance qu'on aurait complètement occulté à l'âge adulte, jusqu'à ce qu'on retrouve la brique au hasard, et derrière la petite boîte...

Et si c'était vrai ? Mais et si ce n'était pas vrai ?

J'ai tenté de faire taire cette petite voix, mais mes recherches professionnelles m'y ramenaient fréquemment pour mes patients : articles des spécialistes lyonnais, conférences, formations, mais tout ne concernait que les enfants.
Et enfant je ne le suis plus. Alors je pensais bêtement que normalement, c'était fini, j'avais dû redevenir "normale", si tant est que je ne l'ai pas été...
Mais je me disais que peut-être. Mais je n'allais pas chercher plus loin, trop occupée à gérer le trop-plein de mal-être. Cette sensation de n'être qu'imposture et faux-semblant. Mais de ne pas vouloir le voir. Et un jour un ami dessinateur m'a fait une BD pour me dire les choses, qui fut une claque, qui a tout chamboulé, remué, remis en question, j'ai eu l'impression de voir tous mes tourments mis à nus, l'avait détruit ma carapace, parfaitement résumé l'état de mes relations avec les autres. Alors j'ai rendu les armes et tenté de retrouver qui j'étais, pour de vrai, tout au fond, quand j'avais entre 4 et 7 ans, avant que tout change.

Et puis, toujours dans le cadre de documentation dont je m'abreuve pour le travail (et souvent aussi le plaisir), je suis tombée sur la conférence de Fabrice Bak en avril dernier, sur les adultes...
Alors j'ai commencé à chercher des articles et documents qui étayent ses thèses sur la douance adulte, j'ai découvert qu'il y avait un test pour adulte, des adultes en recherche de vérité, qui y passaient. J'ai cherché des témoignages, et je suis tombée sur votre forum... Que j'ai écumé, longtemps. Je n'ai jamais lu les livres consacrés, je n'aime pas les bouquins pseudo associés à du développement personnel, à du marketing et de la vulgarisation de masse.
En me posant de plus en plus, mais de moins en moins de question et tout ça en même temps.
En me triturant l'esprit en essayant de ne pas le faire.
Du murmure, la petite voix est devenue plus forte, audible, prenante, permanente...

Et comme elle ne voulait pas se taire, j'ai sauté le pas de l'inscription pour concrétiser quelque chose, me l'avouer, et y faire face.
L'inscription effectuée, ainsi je n'avais plus le choix, je me suis sentie auto-obligée de prendre les choses en main et un RDV pour faire le test, enfin, pour de vrai. Histoire de me sentir légitime dans mon questionnement, et sur ma présence ici. Il était inconcevable de rester encore dans cet entre-deux, de oui peut-être, mais en fait certainement non, tout n'était peut-être que mensonges, illusions, exagérations de mes parents...

Alors histoire de savoir, pour de vrai...
Savoir quoi ? Trop difficile de poser des mots dessus, ça tourbillonne trop dans ma tête, j'ai pas le temps de lire les mots qui passent. Répondre à des questions même pas formulées... Légitimer ces hyper-trop-tout émotionnels, sensoriels, légitimer que oui, c'est normal, je suis normale avec un fonctionnement différent, et yen a d'autres comme moi \o/...

Enfin voilà...
Du coup, Premier entretien de 45 minutes demain midi. Bilans vendredi. Résultats le 18

J'appréhende. Je ne dirais pas que j'angoisse ou stress, c'est pas le cas. Je me sens sereine en fait. Mais j'appréhende.
Brayf...
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ZeBrebis
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par ZeBrebis » ven. 31 oct. 2014 22:28

Très beau témoignage Mei Run, aussi intéressant qu'émouvant...
Le mien sera beaucoup plus basique mais je ne résiste pas au plaisir d'avouer m'être procuré ces premiers murmures absolument seule. Qui a pensé "masturbation intellectuelle" ? :D

Les circonstances sont floues mais je me revois revenir du collège, en 4 ème, et fondre en larmes dans la voiture de ma mère (QG de nos -fatalement courtes- discussions existentielles) en lui lançant un "Je suis trop intelligente". Je peux seulement dire que cela concernait exclusivement le rapport aux autres, ma grande préoccupation pour de nombreuses années...Et que probablement c'était l'explication que j'avais trouvée au fait de me sentir seule avec mes questions existentielles, seule à vivre à ce point en dedans de moi.
Je ne savais pas qualifier autrement le fait de pratiquer la pensée sur le monde ; j'avais en tout cas la conviction que le décalage entre les autres et moi n'était pas circonstanciel mais essentiel.

Cependant ce murmure (ce cri plutôt) m'avait échappé sans que j'en aie bien saisi les tenants et les aboutissants, et il n'a pas fait sens. Et quel sens aurait il pu avoir alors que j'ignorais bel et bien tout ce qui touchait au HQI.
A cette occasion j'ai juste su ce que ma mère m'en a dit, soit que mon père, elle-même et donc (visiblement forcément pour elle) mes soeurs et moi étions dans les 2% de la population supérieurs en intelligence. Mais selon elle il ne s' agissait que de facilités, d'un avantage, principalement sur le terrain scolaire.
Je n'ai gardé de cette conversation que deux choses : l'impression d'être marquée comme du bétail de ce mystérieux 2% qui n'avait aucun sens pour moi et le fait que l'intelligence ne devait pas apporter de perturbations (que j'étais donc perturbée par moi-même).

Mon murmure a trouvé un echo 5 ans plus tard, et a trouvé une légitimité qui l'a rendu écoutable (et plus uniquement audible...ce n'était pas une question de volume sonore, mais de prêter l'oreille, l'esprit, à cette option sérieusement) dans un JT. Je crois que ça aurait fonctionné avec n'importe quelle évocation des surdoués.

Ce fut le début de mon exploration de cette direction, parfois en me demandant si je ne me fourvoyais pas.
Pas uniquement sur le fait d'être ou non HQI, mais quant à savoir si cela explique mon ressenti avec les autres, alors que d'autres HQI ne l'ont pas.

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lunafletcher
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par lunafletcher » lun. 1 déc. 2014 17:41

Je profite de ce post car j'en suis au stade des "premiers murmures"... Bon, plutôt de la gentille voix qui me dit "Aller arrête un peu de te prendre pour ce que t'es pas, ça résoudrait bien tous tes problèmes existentiels, mais c'est trop facile, on te l'aurait dit bien avant, te fais pas d'illusion, t'es juste un peu timbrée".
Et puis la voix un peu plus méchante qui me dit "si ça se trouve t'es vraiment comme ça. Ça expliquerait tout: pourquoi t'es bizarre, pourquoi tu te sens toujours vide et incomprise, pourquoi tu t'ennuies tout le temps. Ça expliquerait peut être même pourquoi t'as des tendances borderline. Mais bon, c'est quand même vachement présomptueux de ta part de prétendre peut être être "surdouée". T'es pas bête, mais quand même. C'est aller un peu loin. N'empêche que..."
En fonction des jours et des heures la voix gentille devient méchante, et l'inverse.
Alors je ne sais pas. En fait je crois que j'en suis au stade où je ne sais rien: qui suis-je, où vais-je, quel chagrin me dévore etc. Sauf que ça fait presque 24 ans que c'est comme ça.

C'était pas faut d'avoir cherché pourtant hein ! 6 ans d'études en psychologie, des années d'introspection inutiles et un auto diagnostique d'à peu près tous les troubles mentaux et de personnalité possibles (tous les étudiants en psycho passent par ça je crois bien XD). Jusqu'au jour, récent, où j'ai fait passer un test d'écriture à mon neveu de 7 ans, en CE1.
Qui écrit parfaitement et planifie son écriture, invente des scénarios à longueur de journée, me bat aux échecs et peut m'expliquer ce qu'est un trou noir et l'infini. Et j'ai commencé à me renseigner sur les enfants surdoués.
Et je suis tombée sur des articles concernant les adultes surdoués. J'y ai d'abord reconnu mon frère (le père de mon neveu). Et puis, peu à peu, je me suis dit... "Tiens c'est bizarre, ça te ressemble quand même drôlement".
"Ah, puis ça aussi"... "Naan mais c'est pas possible, arrête, tu te fais des films".
Bon. J'ai essayé de fouiner dans mon passé pour trouver des indices. Je n'ai fait que 2 ans de maternelle car je savais déjà lire et écrire à 4 ans et des brouettes. Sauter une classe de maternelle: rien d'exceptionnel. Tout le monde me disait que j'étais "en avance". En primaire, j'étais "l'intello". Pas forcément la première de la classe (y'en avait un qui me battait tout le temps) mais j'avais de très bons résultats. Mon année de CP a été la plus chi**te de toute ma scolarité. Je n'avais qu'une vraie copine: une insociable qui un peu comme moi avait du mal à avoir des relations avec les autres. Je n'étais pas timide, mais toutes les remarques de mes "camarades" m'affectaient énormément. Je prenais tout à cœur (et je pleurais comme une madeleine et je ressassais ça pendant une semaine quand on me faisait des remarques).
Arrivée au collège, c'était l'horreur. J'étais "l'intello coincée" (faut rajouter des adjectifs au fil du temps, sinon, c'est pas drôle). Mes profs me disaient que j'avais de très bons résultats et que je pourrais faire "de grandes choses" plus tard.
Ah. Comme je m'ennuyais en cours, je passais mon temps à lire les bouquins de mon frère d'astrophysique et de chimie et j'apprenais à programmer en HTML pour m'amuser à faire des pages internet.
Au lycée j'étais "l'intello parano défaitiste". Mes émotions faisaient du yoyo constamment. Je savais que j'étais bizarre, compliquée, "divergente". Je le savais parce que tout le monde me le disait. Je faisais mes devoirs sans aucune conviction, je passais mon temps en classe à rêvasser et m'inventer des histoires apocalyptiques ou à tergiverser avec moi même sur des questions existentielles. Et puis aussi une bonne dépression et une période très "noire" pendant 2 ans.
Bref. Rien "d'extrême".
La fin du lycée fut un calvaire: il fallait choisir. Entre les sciences et les lettres, et que faire après le bac. Je crois que j'ai voulu tout faire (à part du droit et de l'histoire, ça j'en étais convaincue). Je changeais d'avis chaque semaine. Tout me plaisait.
6 ans après, j'en suis encore à ce stade là.
Je voudrais être astrophysicienne-écrivain-photographe-traductrice-chercheuse-psychologue-professeur-informaticienne, manque de bol ça n'existe pas.
Et donc, j'ai lu ces descriptions, ces caractéristiques sur les HPI, je m'y suis reconnue, mais cette perspective m’effraie autant que cela m’effraie de passer pour une prétentieuse-je-sais-tout.
Et puis je me dis: est-ce que ça servirait vraiment à quelque chose de me lancer dans un test ? Est-ce que ça changerait ma vie de me rajouter ou de m'enlever une étiquette ? Est-ce que ça m'aiderait vraiment à comprendre qui je suis, quelque soit les résultats du test ?
Et puis, de toute façon, j'ai pas de culture général, je suis nulle en maths, je fais plein de fautes d'orthographe et j'ai une mémoire de poisson en général (petite voix méchante qui revient au galop :devil: ).
Oui mais je suis devenue bilingue en 3 mois, j'ai une logique différente, mon cerveau ne s'arrête jamais, j'ai toujours des milliers d'idées qui me vienne à l'esprit, je fais plein de choses à la fois mais ça finit toujours par m'ennuyer, alors je change, je connais par cœur les paroles de centaines de chansons dans plusieurs langues (super utile faut dire dans la vie quotidienne, surtout lorsqu'on chante comme une cresselle), je suis douée pour écrire (c'est pas prof qui me la dit!)... (petite voix gentille qui essaie de remonter mon auto-estime aussi épaisse que la distance de Plank. Même si faut dire que ça dépend des jours.) Dialogue incessant entre mes deux petites voix qui commence sérieusement à m'agacer.
Je m'amuse à passer des tests bidons de QI en ligne. Le pire, c'est que ça m'amuse vraiment.
Alors je me dis que soit je suis juste un peu timbrée, et que ça finira par se soigner avec le temps (et un bon thérapeute)...
Soit......
Bref, voilà, ça fait du bien de partager un peu son ressenti. Désolé pour le pavé. Je suis contente d'avoir enfin le courage d'en parler, parce que même si j'essaie de me convaincre du contraire, j'ai une peur bleue de m'exposer au jugement des autres :worried: .
Mais sinon, je suis (presque) happy :rock: !
Aimer ce n'est pas perdre sa liberté, c'est lui donner un sens.

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Alice in Wonderland
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Alice in Wonderland » mar. 9 déc. 2014 18:30

Bonjour,

Je suis Alice, toute nouvelle et je viens juste de me présenter.

J'ai adoré lire ce fil, c'était très éclairant de voir comment vous vous étiez posé la question de la douance.

Pour ma part, comme beaucoup je me suis souvent sentie à part, décalée.
Je pense que je voulais être différente parce que je le sentais, mais je n'avais rien qui faisait que je l'étais.
Je n'étais pas TRES bonne en classe, bonne parce que je travaillais, et je détestais ça mais je ne suis pas posée plus de questions jusqu'au bac, après ça a été la débandade.

J'ai parlé tôt apparemment, et je reprenais mes parents quand ils changeaient un mot aux histoires qu'ils nous racontaient et que je connaissais apparemment par cœur.
J'ai toujours pensé que j'étais nulle, je ne me sens jamais en cohésion avec les groupes, je ne comprend pas les autres, leur mode de pensée, leurs logiques sans logique. Oui je suis très très logique, enfin rigide.
Je me sens 2 depuis longtemps, soit mon corps et mon esprit, soit ma raison et mes émotions.
Je pense tout le temps et j'ai l'impression de dépenser une énergie folle à entretenir mes névroses dues à d'autres problèmes (famille destructrice)
Je peux toujours dire pourquoi j'ai fait telle ou telle chose, que ce soit la manière dont j'ai rempli ma bouteille d'eau comme pourquoi j'ai croisé mes jambes à ce moment là, tout, absolument tout.
J'analyse tout à l'excès, les gens, les choses, les situations, ça bouffe la plupart de mes relations humaines évidemment.
Je suis solitaire, j'ai envie d'avoir des amis mais je n'y arrive pas vraiment, et les gens en général ne m'intéressent pas. Ce n'est pas comme certains ici qui inconsciemment se sont rapprochés d'autres surdoués, moi je pense que je les ai fui. Je n'en connais pas ou si peu, et ils ne savent pas qu'ils le sont.
Je me questionne sur des choses auxquelles les gens ne pensent pas, ça peut-être très bête d'ailleurs.
J'élabore très souvent dans ma tête des techniques complètement nulles d'ailleurs pour résoudre tel ou tel problème physique (comment faire tenir un bouchon comme ci ou comme ca...)
J'ai l'impression d'avoir une boule d'énergie énorme à l'intérieur de moi qui n'attend que ma guérison pour exploser, en bien!
J'ai énormément envie d'apprendre et de faire des milliers de choses, mais tout est bloqué, j'ai un blocage profond avec l'apprentissage.
Pas mal de personnes pensent que je suis vive d'esprit, un ami me disait qu'il me trouvait très intelligente, et je vois des gens s'étonner de tous les raisonnements que je pouvais faire sur telle ou telle situation.

A cause de mes gros soucis de vie à traiter je pense que je n'ai pas pu développer toute cette énergie que j'avais, mais je sens que je développe une énergie mentale fantastique pour me protéger et entretenir mes névroses.

Je ne pouvais pas penser à la douance car pour moi les surdoués étaient très bons à l'école et détectés tôt. Moi j'avais l'impression de n'être bonne nulle part à part à me gâcher la vie.

Je sens juste que l'idée était là quand même, comme si c'était peut-être CA, comme si je devais être différente, ça ne peut pas être autrement.

Et puis à cause de toutes mes névroses j'ai consulté une super thérapeute qui me suit depuis deux ans.
Elle a attendu plus d'un an je pense pour me parler de douance (elle m'a dit que c'était parce que j'étais venue la voir pour d'autres problèmes et que ce n'était donc pas le moment). J'ai souri, j'étais super fière comme une enfant, comme une délivrance, mais je ne pensais pas que c'était vrai, juste que ça me semblait un bon alibi pour résoudre mes problèmes, une solution miracle quoi. Puis rapidement le déni, la colère, la honte. J'en voulais à ma psy de m'avoir dit ça parce que je m'y voyais déjà, supérieure aux autres (oui j'ai encore du mal à penser "différent"), leur dire merde à tous ceux qui n'avaient pas cru en moi. Je me suis dit que c'était juste une envie d'être surdouée, avoir un truc en plus.

L'idée à fait son bout de chemin et je me suis retrouvée là de fil en aiguille.

J'avoue que j'ai eu envie de pleurer, de lire ces témoignages, ces ressentis qui me parlaient vraiment. Non je n'ai jamais été une crac en rien, mais c'était d'autres choses qui m'interpellaient.

Alors voilà, la prochaine étape sera de lire le livre de Cécile Bost et celui de Jeanne Siaud Facchin, poursuivre mes recherches, et peut-être me décider à passer le test.

Emy23
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Emy23 » ven. 19 déc. 2014 02:06

Salut!

Alors voilà tous ce que j'avais oublié ses dernieres années, à force d'avoir trop cherché à me convaincre que j'étais comme tout le monde et juste trop anxieuse :

J'ai toujours été le vilain petit canard. J'ai toujours jusqu'au lycée trainée avec les "gogolito" de ma classe car les autres gamins et leur conformisme sadique m'ennuyaient ainsi que leurs jeux terriblement pauvres. (De toute manière, eux non plus ne m'aimaient pas) Je préfèrais de loin me taper des délires ridicules avec mes potes "mongoles" et passer le reste du temps en classe à faire ma "première de classe", sage et disciplinée quoique parfois un peu trop enthousiaste à lever la main.
Paradoxalement, j'ai toujours été dans le haut du tableau ou la meilleur en n'en fichant, la plus part du temps, pas lourd mais je ne m'en rendais pas compte. J'avais pour surnom "petit dico "ou "l'intello". J ai passé pas mal de récréations à la bibliothèque, à gober de gros bouquins pour mon âge dans le désert des rayonnages. Je me suis beaucoup ennuyée à l'école (eh oui ! au collège, j ai passé des heures entières de cours à me concentrer sur le mouvement de ma trotteuse pour me faire un semblant d'activité tout en me gardant bien de répondre aux questions des profs pour éviter d'être encore plus cataloguée intello que je ne l'étais déjà. Moi aussi je voulais avoir l'air cool!).

Puis j'ai parfois décroché au lycée à cause des outils mathématiques qu'on nous demandait d'utiliser sans les comprendre, tel que logarithme ou les dérivées. J ai décroché aussi à cause de ma fâcheuse tendance à vouloir réfléchir par moi-même et de mon incapacité à comprendre pendant longtemps le fichu plan d'une dissertation dont la logique consiste à partiellement réciter des éléments déjà connus ou à annoncer ce qu'on va penser ( l'intro), j ai des facilités pour tout sauf le sport, la musique et l'orthographe. Je me sens souvent différente. Mon humour n'est pas toujours bien compris voir, il est carrement spéciale. Le conformisme sociale que j'ai tenté d'appliquer au lycée (en choisissant de gentilles copines bien lisses) et pendants mes études m'a mené aux portes du suicide. Mon premier amour fut un pervers narcissique (eux nous aiment parce qu'on est pleins de vie, emphatiques pour 2, et très persévérants et nous, on les aime parce qu'ils sont sûrs d'eux ne tergiversent pas et ne sont pas sujet à l'angoisse sans compter qu'eux aussi font partie parfois, des rares élus à avoir une intelligence hors norme). L'un de mes petits cousins est surdoué ( l'ironie est que, sans être psy, c'est moi qui l'ai "diagnostiqué" 1 ans avant qu' on ne lui fasse passer de vrais tests, avant son entrée au cp. Avec beaucoup d'humour, j ai bien demandé les 200€ de la consultation mais je ne les ai pas vus. On m'a juste envoyé une copie du compte rendu de son test). Ma mère, ouvrière, lit des bouquins de vulgarisation de science. Plus je la regarde et plus je me dis qu'elle est une surdouée atteinte d'un trouble de l'attention. Mon père vraisemblablement "dys-quelque'chose" ne lit pas mais fait preuve d'une grande intelligence manuelle.

J'arrive à me fatiguer moi-même à trop cogiter. J'ai mis énormément de temps à apprendre à fonctionner avec les approximations et le "je ne sais pas"explicite ou non des autres (*). En fait, pendant 27ans, je n'avais même pas soupçonné que eux ne savaient pas tout, que mes questions n'étaient pas bêtes et que s'ils ne me répondaient pas ce n'était pas parce qu'ils étaient tellement interloqués par ma bêtise qu'ils jugeaient inutile de me répondre mais bel et bien parce qu'ils ne savaient pas non plus(*). J'ai une tendance perfectionniste que j évalue mal. J'ai toujours surévalué les autres en me dévalorisant moi même. Ces dernières années après avoir longtemps souffert du syndrome de l'imposteur dans mon travail, je me rends compte qu'en réalité, je vois et présents des choses que mes collègues ne voient pas(*). Je m'inquiète donc avant eux de beaucoup de choses et rien ne me rassure dans l'encéphalogramme plat que j'observe chez eux quand je leur pose des questions que visiblement, eux, ne se sont jamais posées(*). Mes déductions s'avèrent souvent justes et plus rapide que celle des autres(*). J'ai beaucoup d'imagination. Je suis autodidacte. J'ai souvent le sentiment de trainer les autres comme des boulets. Enfant, je préférais la conversation des adultes à celle des enfants. Dans mes études supérieures, j ai compris au bout d'un certain temps que faire trop juste et donc trop pointu et trop complexe me valait de mauvaises notes. Depuis, je passe mon temps à enlever les 3/4 de la complexité, de la précision et de l'avancée de mes hypothèses à l'attention de mes profs pour pouvoir avoir enfin des notes correctes et surtout pour pas les perdre avec l'impression d'avoir 5 trains d'avances. (J'ai une malheureuse tendance à faire de l'hypothèse de départ la question de départ) Et dans la vie aussi, actuellement j'apprends à parler le "tebé" (=terme ironique de verl-en mais bien veillant utilisé par un de mes amis pour désigner les gent normaux) en simplifiant, élaguant et ralentissant au maximum(*). Le tout avec parfois beaucoup de colère contre tous ces autres qui me disent "non, c'est pas ça ma pauvre, tu ne comprends rien" et qui reviennent 2-3ans après (je n'exagère pas sur la durée) en avouant du bouts des lèvres que j'avais finalement raison. Etc... Etc...

Le plus drôle dans tout ça, c'est que j'ai JSF et De Kermadec dans ma bibliothèque depuis plusieurs années et que je ne sais même plus pourquoi je les ai achetés. J'ai oublié les premiers murmures et je ne me suis même pas reconnue en les lisant. Mais moi et mon esprit tordu en quête d'adaptation, on s'est quand même dit "et si mon problème c'était d'être plus intelligente que les autres (et pas l'inverse) ?" A partir de là, je me suis mise à observer les autres avec cette hypothèse en tête. Du coup ça m'a permis d'observer tout ce qui est annoté d'un (*) ci-dessus. Alors l'hypothèse que je sois plus intelligente que la moyenne, semble fonctionner pour moi.

Exemple: je ne reconnaissais pas l'arborescence jusqu'à ce que je me mette à faire des schémas pour tenter d'expliquer ma logique aux autres. Les schémas, loin d'être linéaires, sont un mixe entre une toile d'araignée et un feu d'artifice. C'est donc plus complexe qu'un arbre aussi hein?lol?
J'ai étais diagnostiquée dyslexique à 27ans sur ma demande parce que comme l'a dit mon orthophoniste.: "Vous avez tellement compensée que vous faites totalement illusion au premier abord." Et oui, c'est en analysant les temps et les rares erreurs que j'ai tout de même faites à mon test qu'elle s'est rendue compte que "quand même...ça clochait grave! "

Mais bon à côté de ça, mes parents ont de tels troubles (dévalorisation,anxiété) qu'ils vivent casiment en vase clos, je suis enfant unique. Et ma mère n'a pas jugé utile de me fournir des jouets puisque je n'avais personne pour jouer avec moi. Je suis peut-être tous simplement différente parce que je n'avais bien souvent que des livres pour me distraire ( c 'est faux, j'avais des jouets mais je m'y intéressait peu d'après elle donc il était inutile d'en acheter plus) et pas l'habitude des relations avec mes pairs.


Alors, finalement, je ne me sens pas bien avec les "vrais tebé cas-sociaux". Ni bien, avec les "gentilles filles sages et conformistes à forte tendance bonne élève". Ni avec "les gent normaux". Donc je suis une "intello, surexcitée, fofolle/délirante ... à tentance parfois anxieuse mais avec du plomb dans la tête." Est-ce que je vous ressemble?

Ps: j'ai déjà fait une thérapie et tout ce que j'en ai retenu au finale c'est que je manque de confiance en moi, d'estime de moi et que j'ai parfois de fortes tendances anxieuses. Euh... l'affection typique du surdoué non diag élevé dans une famille de surdoués non diag, avec des difficultés psycho-sociale et économiques majeurs depuis au moins 3 générations?

Est-ce que ça se pourrait qu'en fait moi et toute ma famille on ne soit que des surdoués non diagnostiqués nés dans un milieu culturel défavorisé? Pas des tordues, ni des tebé, ni des dégénérés,ect? Est ce que ça pourrait-être aussi simple????!!!!!!

Quand je lis tout ce que j'ai listé plus haut, mon esprit d'analyse me dit en conclusion: "bah oui ça à l'air plutôt évident pauvre cloche!" Mais mon moi me dit :"bah non ! T'es juste un peu plus inteligente que la norme( QI entre 110 et 120) et née dans une famille atteinte de diverses psychopathologies non diagnostiqués" Et entre ces 2 hypothèses impossible de choisir.

Ccl: Vive le test!

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Pivoine
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Pivoine » ven. 13 févr. 2015 19:53

Bonjour à tous,

Je me suis présentée il y a quelques mois, suite au test + de ma fille. Il avait fait émergé chez moi ces murmures qui depuis ne me lâchent plus. La psy de ma fille avait proposé de me tester, elle doit toujours me rappeler... ça fait 4 mois :nesaitpas: .

Et ça murmure, ça murmure. Pourtant je ne me sens aucune légitimité. Pourquoi serais-je spécialement plus intelligente que la moyenne? Je me trouve présomptueuse parfois.

Et pourtant...il a quelques mois j'ai enfin commencé à réaliser un de mes rêves (à 34 ans :lol: ): aller à l'université. J'ai fait des études d'infirmières, au grand dam de mes profs de secondaire qui à l'époque, trouvaient que je gâchais mon potentiel. Les raisons de ses choix sont compliquées. J'ai très bien réussi ces études. J'ai commencé ma vie professionnelle, ma vie de couple et ma vie de famille. Les années ont passé et j'avais un "goût de trop peu" vis-à-vis des études.
Donc, depuis septembre, je suis en master 1. Je n'avais jamais ressenti une telle plénitude, une telle impression d'être enfin "à ma place". Dans l'auditoire, j'avais l'impression d'être dans une pièce dont on avait ouvert grand les fenêtres.

Je viens de recevoir les résultats des examens: toutes mes notes sont au-dessus de 17. J'ai deux 20. Et donc ça murmure toujours plus fort.

Ai-je tord de me poser des questions? Est-ce que mes murmures sont légitimes? (c'est la grande question de ma vie, ça , la légitimité).
Pour l'instant, j'en suis là.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Fibby24 » lun. 23 févr. 2015 18:44

J'ai lu plusieurs témoignages de cet article, et ça fait déjà une semaine que je "rôde" dans ce forum, et mes yeux n'en peuvent plus, mais je continue, car ce besoin vital de savoir, est bien plus fort, il l'emporte toujours.
Mes 1ers murmures, je ne serai de quand ils datent, certainement ça à toujours était là, mais sans importance pour moi.
J'ai intégrée l'école primaire à l'âge de 5 ans, et je ne suis pas passée par une école maternelle, car dans ce pays étranger d'ou je viens, et plutôt dans ce lointain village, il y en avait pas, mais aussi il n'y avait rien qui suffisait pour calmer ma soif, ni bibliothèque municipale, ni suffisamment de livres dans la maison, il n'y avait quasiment rien, je m’ennuyai à mort, c'est peut être de là que j'adorai être à l'école, ça me nourrirai. J'étais une brillante élève jusqu'au collège, j'ai redoublée une seule fois, à la seconde, mais je suis bien repartie, puis à l'université, échec total, les sciences économiques, était un désenchantement, trop décalées par rapport aux sciences expérimentales étudiées au lycée, j'ai eu du mal à atteindre la moyenne, et le doute c'est installé depuis, je suis repartie pour un diplôme de technicienne en Informatique de Gestion, c'était trop facile pour moi, et croyez moi, je me suis même doutée de la sincérité du programme, c'était tellement trop facile qu'en deuxième année je m'en fichait complètement, je séchait les cours, et je ne préparai plus rien, les 20/20 n'avait plus de valeur pour moi, et j'ai eu tout de même une moyenne de 15/20.
J'ai travaillée pendant 2 ans, en tant qu'Assistante achat, j'ai bien réussie mes missions, dans une ambiance pourrie, et je n'ai jamais sentie le reconnaissance de mon travail, pourtant ça m’intéressait ce travail, et je me suis même lancée à apprendre l'Import/Export, mais pour des raisons et d'autres je me suis cassée, et je continue à le faire, à chaque fois, et j'ai l’impression d'avoir tout gâchée et que tout est de ma faute, trop sensible, trop psychopathe, trop "bête".
Aujourd'hui je ne suis plus vraiment moi, je m'efforce à me faire une place, parfois je réussie, mais ça ne dur pas, trop d'efforts pour y arriver, donc "pour continuer il faut arrêter", j'achemine les petits boulots, et les doutes dominent et s'installent confortablement.
Mon fils, de 4 ans, est mon vrai déclic, j'aimerai lui venir en aide, le préserver de toutes ces souffrances que j'ai connue, je n'ai pas énormément de souvenirs de mon enfance, et je trouve ça bizarre, je pense parfois que j'ai choisie de les oublier, car ce n'était pas trop la joie.
Depuis que je suis sur cette piste de douance ou surdouance, je pense trouver mon monde tant recherché, je suis bien plus apaisée, je voulais tellement être "normale", je me suis tellement torturée que je suis enfin bien contente de savoir et comprendre qu'il est aussi normal d'être différent.
Ce teste, JE DOIS, le réussir, car je vois l'échec comme une vraie rechute, j'ai des doutes à ce propos car je me sens épuisée par le temps, et que je suis aux réserves de mon capital "intelligence". Il est grand temps de prendre du repos.
"Obstacles are those frightful things ,you see, when you remove your eyes of your goal" Henry Ford. Comme j'aimerai bien y croire.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Loups56 » mar. 24 févr. 2015 10:02

Pour ma part, j'ai l'impression qu'une petite voix me soufflait depuis des années "fait le test, creuse par là" mais je la faisais taire aussi sec - zou retour coucouche panier la petite voix. Bizarrement, je ne sais même pas d'où je pouvais sortir cette idée :^)

Mais on peut apparenté ça aux premiers murmures ou à une voix portée par un souffle lointain.

Mais le jour où je n'ai pas pu renvoyer cette petite voix (une rébellion de sa part), cela ressemblait plus à un choc, à un tremblement de terre. Moi qui croyait avoir trouvé un semblant de stabilité en une soirée tout à été mis sans dessus dessous.

Une rupture - provenant de moi car ne sachant pas du tout ce que je ressentais amour - amitié - juste sympathie... - et une multitude de crises d'angoisses dans les jours qui ont suivi (jamais ressenti aussi fortement) et me voilà devant mon moteur de recherche à taper "crise d'angoisse" => "sensibilité".... j'ai suivi de nombreux liens avec toujours en tête une certaine distance (ce n'est qu'Internet ce qu'on y trouve n'est pas toujours juste) et me voilà arrivé sur ce site que j'observe d'un oeil étrange en me demandant comment j'ai pu arriver là.

Mes doigts ont du se tromper de route. Je referme la page et continue ma route... je tombe sur des articles de Monique de KERMADEC, de JSF et je fini par trouver son livre que je me met à dévorer toute la soirée.

Je lis et me reconnais dans tant de passage que c'en est effrayant - rassurant... je ne sais plus du tout...

Finalement je retombe ici... et lis d'autres postes discrètement cachés derrière la porte du forum :)

Et tout s'enchaîne, un besoin de savoir si c'est ça, un tel besoin de réponse que je me retrouve submergé par ce sentiment. Et me voilà à chercher quelqu'un avec qui passé le test... le rendez-vous est pris après les fêtes de Noël.
Retour dans ma famille pour les fêtes et j'enferme ce besoin dans un coffre à double tour - pas même lieu, on y pense plus.

Retour des fêtes dans mon appartement et là tout me revient, le coffre se brise et les doutes se bagarrent au besoin de savoir. Une envie d'annuler avant de me retrouver devant et de me ridiculiser (désolé j'ai du me tromper, ça se saurait si j'étais intelligente non mais...) mais aucun des 2 ne gagnent et me voilà à passer le test. Pendant la première partie les doutes ont du mal à se faire silencieux, je doute de moi, j'imagine que la psy se dit qu'elle perd son temps avec moi... et je finis par les museler et m'amuser...

Une fois le test terminé, je m'enfuis presque de chez elle (après avoir payé quand même). Les 15 jours suivant se passent dans un brouillard de pensées...

Finalement les murmures discrets ont su s'imposer mais de manière assez brutale (ils ont su se faire entendre).
Mais je pense que je n'étais pas prête à les écouter avant non plus et qu'il m'aura fallu un coup de massue sur la tête pour pouvoir les entendre enfin...

Je reviens sur ce que tu as dit Ragged :
ragged a écrit :Pas une hallucination visuelle véritable, ça se passe dans ma tête...Mais je ME vois, là, Moi, à l'âge de 5 ans, attendant tranquillement en souriant puis me regardant doucement en me tendant la main, les yeux de ce petit Moi de 5 ans me disent : « ah bin ça y est, t'es enfin revenu me chercher !...Je t'en veux pas de m'avoir laissé là tu sais, je savais qu'on se retrouverait... »
J'ai eu la même sensation mais je n'ai pas su encore lui tendre la main ou le trouver. Mais une image s'est imposé à moi, une enfant, vive, heureuse, qui ne tenait pas en place, bavarde... qui est à des années lumières de ce que je suis devenu au fil des ans, que je me suis demandé "mais où suis-je donc partie ?"

Peut-être pourrais-je lui tendre la main aussi et la retrouver un jour qui sais...

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