du temps des premiers murmures...

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lobo
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par lobo » dim. 7 juil. 2013 10:54

BlaBla a écrit :Nouveauté: j'en ai parlé à mon mari... :cheers: pas facile d'en parler à chéri...
Il me demande qu'est-ce que cela m'apportera un chiffre... et quelque part il y a raison,
Ben non, justement Blabla( EDIT : en fait c'est Cerebrito ) je ne crois pas qu'il ait raison.
1) il est dur pour un conjoint de comprendre la notion de douance s'il n'est pas concerné. Combien de temps ça nous prend à nous d'accepter l'évidence ? :emo:
2) bien sûr le chiffre de QI n'est pas une fin en soi, mais il permet de prendre confiance dans ses "murmures" et aussi de confirmer qu'on cherche dans la bonne direction

Je voudrais rajouter un petit détail marrant sur la question du topic.

Qu'est-ce qui m'a amené finalement à penser que ,oui, j'étais concerné ?

En fait, comme tout le monde j'ai vu plein d'émissions télé sur le sujet. Mais ces émissions présentent souvent un petit côté sensationnel dans lequel je ne me reconnais pas du tout. (le fort en thème, le bac à 13 ans, etc ).

L'autre jour j'en regardais une avec ma femme et ma fille de 6 ans 1/2. Le truc habituel. Et à la fin, ils montrent une famille où tout le monde est HQI, du grand-père au petit-fils. Et là à table ils parlent de la température de fusion de l'étain plus basse que celle de ces composantes, au lieu de regarder les anges de la télé réalité. C'est montré comme un truc un peu farfelu, hors norme et bizarre.

Eh bien, cette famille, c'est la mienne. Donc je me suis dit "si c'est ça une famille de surdoués, j'en suis probablement"

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par BlaBla » dim. 7 juil. 2013 20:23

Lobo : la citation de mon message provient en fait du message de Cerebrito que je n'étais pas parvenue à citer de la bonne façon. :violent1:

Je suis d'accord avec toi : il n'est pas simple pour nos moitiés de comprendre ce que recouvre la douance. Et la confirmation par le test est essentielle aussi pour moi.
Merci de partager avec nous l'arrivée de tes premiers murmures.

Pour moi, tout a commencé par mon fils (7ans) diagnostiqué HP il y a quelques mois. Les descriptions de son fonctionnement faites par sa psy m'ont interloquées tellement j'avais l'impression qu'elle parlait de moi. :shock:
Avant ça, j'avais lu pas mal sur le sujet depuis qu'une enseignante de mon fils il y a 2 ans avait lâché le mot "précoce". Je voulais savoir ce que cela signifiait. Je n'ai pas du tout fait le rapprochement avec moi à ce moment là. Même ensuite (il y a 6 mois) quand je me suis lancée dans un mémoire de recherche ayant pour sujet l'assimilation des normes sociales chez les enfants HP.
Ce sont vraiment les remarques de la psy concernant mon fils qui m'ont fait "tilt" ajoutées au "coming out HP" de ma meilleure amie, ayant eu lieu dans la même période.

Il y a 3 jours, une amie, qui est au courant du parcours scolaire atypique de mon fils (difficile mais beaucoup mieux depuis changement d'école), m'a dit qu'elle avait remarquée que j'étais comme lui. Sans que je ne lui touche mot sur mes doutes bien sûr. ;)

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par noway » dim. 7 juil. 2013 22:39

J'ai tout lu, d'une traite !! Du coup, j'aurai pu copier-coller plein de morceaux de vos témoignages et ça aurait fait le mien !

C'est le titre du livre qui m'a interpellée "trop intelligent pour être heureux ?". non pas que je me sente trop intelligente, mais bel et bien parce que je ne me sens pas heureuse, et je cherche à savoir pourquoi. Parfois je me dis que ce serait formidable de pouvoir se contenter des choses normales de la vie (passer son bac, tomber amoureuse, faire des enfants, se marier, un prêt pour la voiture, la maison, travailler, partir en vacances, à la retraite..) sans se poser trouzmille questions.

Bref,donc lecture du livre, introspection, forum, coup de fil à ma mère, forum, abrutissement par le travail, forum, introspection, forum... Ça commence à murmurer sévère parce que:
-je savais lire avant de rentrer au CP,

-je suis hypertropméga sensible (je pleure en jetant des haricots verts à la poubelle)(ils étaient ratés)(oui on peut louper des haricots verts :coleredefeu: ) mais bon, c'est les hormones ça non ?

-je pars trés loin dans mes pensées (et j'aime bien remonter le fil quand j'y arrive...)

-j'ai l'impression que tout est vain (je ne développe pas car ce n'est pas l'objet de ce topic et pour ne pas saouler, mais je pourrai en faire des tartines)

-j'ai toujours été bonne à l'école (dans les premières de ma classe) sans en faire des caisses...sans me poser de questions...du coup, t'as 18 ans, t'as ton bac, et tu ne sais pas ce que tu vas faire de ta vie, nan mais allô quoi !

-du coup j'ai toujours été seule à l'école...à part une meilleure amie, mais pas de bande de potes...les autres y m'aimaient pô...c'est con, moi je les aimait bien j'aurais bien aimé faire partie de leurs délires...

-maintenant c'est moi qui n'aime pas les gens...enfin, noooon, mais si un peu quand même...j'ai longtemps cru (et je le pense encore d'ailleurs) que c'est mon métier qui a fait de moi cette misanthrope...Mais je dois avouer (et j'ai honte) que les conversations des uns et les préoccupations des autres me barbent rapidos.

-pis on m'a toujours dit que j'étais intelligente, alors que moi j'ai l'impression que je n'apprends rien, que je ne retiens rien, que je ne sais rien, que j'étale ma pauvre petite cuillère à café de confiture sur la tartine d'un pain de 2 livres (et la culture c'est comme la confiture ma brave dame hein, moins on en a...bref..) et ça les épate. Mais non, je suis une imposture vous voyez pas !!!

-et cette histoire de synesthésie spatiale, voir les nombres, les mois dans l'espace toussa..Je pensais que tout le monde faisait comme ça, comment veux-tu te "représenter" une date dans 2 mois si tu la "vois" pas ?? ou si je dis "2éme guerre mondiale" c'est sur une frise non ??? ça ça m'épate, je ne vois pas comment on peut faire autrement...mais je pense que ça fait partie des représentations de l'enfance, ça doit s'expliquer très rationnellement.


Bref, ça murmure, ça murmure, tout ça à cause de la tranche d'un livre ! Jamais en tout cas avant ça je n'avait pensé au mot "surdoué". Malheureuse oui, bipolaire, trop émotive, trop curieuse, trop consciente oui, mais surdouée, non...
Je ne sais pas si je passerai le test, c'est sûr j'aimerais savoir, mais c'est surtout le "à quoi bon ?" A quoi me servira ce résultat ? Oui, je comprendrais qui je suis, mais so what?
J'arrive tout juste à mener une vie "normale", j'ai un chéri que j'aime,on a une maison "normale", un chien "normal", on essaie de faire un baby...normal, oui voilà :rofl: ! Je souffle, je n'ai plus d'envies à la Antigone, alors savoir que je suis "surdouée"...
Bref, c'est pas la question du topic, donc voilà mes premiers murmures, et merci pour vos témoignages, et de m'avoir lue !
"bizarre", vous avez dit "bizarre"...comme c'est étrange"

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Miss dans la lune
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Miss dans la lune » dim. 7 juil. 2013 23:06

noway a écrit :
-et cette histoire de synesthésie spatiale, voir les nombres, les mois dans l'espace toussa..Je pensais que tout le monde faisait comme ça, comment veux-tu te "représenter" une date dans 2 mois si tu la "vois" pas ?? ou si je dis "2éme guerre mondiale" c'est sur une frise non ??? ça ça m'épate, je ne vois pas comment on peut faire autrement...
T'es sure que c'est de la synesthésie ça? t'as lu ça où, ça m'intéresse, parce-que moi aussi j’imagine une année comme une ellipse, sur laquelle je peux zoomer sur les mois (mais j'ai l'impression que je suis sur la frise et je la vois à partir du jour présent), qui ont une couleur et une température en fonction de la saison (mais c'est pas très créatif hein, février: bleu-blanc-froid, août: vert gris foncé-lourd-humide), les jours de la semaine (n'est pas révolutionnaire étrangement, dimanche c'est le bout de la frise), et bien sur les dates Historique sur une frise (mais comme on a pu voir ça à l'école quoi?!)
et les chiffres, nombres, il monte en fonction de leur valeur quoi, normal, ou vers la droite ça dépend (de quoi? ché pas)
Je vois tout ça, enfin dans ma tête, ça ne s'affiche pas devant mes yeux. Ca ressemble plus à une représentation que je me fais du temps etc, une sorte de schéma mental.
Du coup j'ai un doute à propos du lien avec la synesthésie...

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par noway » dim. 7 juil. 2013 23:18

hello miss !
j'ai voulu t'envoyer un mp pour éviter le hors topic, mais ça ne fonctionne pas ?? donc désolée à tous pour la dérive...
miss, moi aussi j'ai trouvé ça bizarre, mais tape juste "synesthésie spatiale" sur gougoule et ça va te donner plein d'articles et des schémas qui illustrent ce que les personnes "voient", c'est très intéressant !
bises
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Miss dans la lune » dim. 7 juil. 2013 23:24

Hors-sujet
merci Noway, je vais voir ça de ce pas ;), (et en cas de doute, utilise le offtopic si tu ne veux pas te faire :fouet: , du coup je m'en sers, parce que les keufs :2deg sont dans les parages :lol:; en vrai c'est moi qui aurais du t'envoyer un MP... )

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Oroskon » mer. 24 juil. 2013 23:14

J'ai durant toute ma vie considéré toute forme de fierté comme une faute de vanité. J'ai jamais accepté quelconque succès de manière véritable. Aujourd'hui, j'écris le résultat d'une réflexion longue et encore en cours sur moi-même. J'ai toujours évité de me voir dans un miroir, j'avais et j'ai encore ce réflexe de me fuir et de ne jamais procéder à quelconque introspection. J'ai été convaincu d'être anormal, être habité par des démons, sujet à des multiples maladies psychologiques en croissance. J'ai procédé à des excuses systématiques pour tout et rien, à renier tout exercice d'autorité et tenter de me fondre dans la masse. Je me voyais depuis toujours comme quelqu'un méritant aucun prestige et doutant d'absolument tout, incapable d'accepter les bienfaits, anxieux des possibles méfaits qui pourraient m'arriver. En somme, je me suis construit un énorme mur autour de moi et contre moi. Une double enceinte ou l'espace intermédiaire est une terre pauvre et sans richesse.

La découverte du phénomène HP est arrivé de manière aléatoire suite au fait qu'un ami a eu un moment de faiblesse émotionnelle et a consulté une psychologue. Discussion allant, j'ai pu découvrir par lui l'idée de la surdouance donc de l'existence d'une catégorie de gens avec un quotient d’intelligence élevé impliquant tout une palette de conséquences. Jusqu'à là j'ai eu vent de l'existence de génies mais ça me semblait être un phénomène rare, sans importance quiconque à part une plus grande intelligence. Mon cher ami me confessa alors que selon lui je serais aussi HP avançant des sérieux arguments. Ceci déclencha en moi ce qui pourrait être vu comme une tempête mentale.

L'idée de la surdouance invoqua en moi le besoin de m'informer, ce que je fis dans la soirée suivante avec l'aide de Google. En lisant les descriptions, j'avais donc l'impression d'avoir trouver une explication à certains de mes traits de caractère qui se voyait soudainement plus soumis à l'accusation de pathologies psychologiques mais gagnait non seulement en « normalité mais en plus semblait extraordinaire, comme des super-pouvoirs des héros de bande dessiné. Se suivit alors une semaine ou je me sentais comme une surhomme. L'idée me fascina et me combla et je cherche les indices de la surdouance chez moi. Mais cette phase fut de courte durée. La suite de ceci fut une profonde mise en question de moi-même. Comment me définir ? Si je ne suis pas celui que je me suis cru jusqu'à aujourd'hui, qui suis ? Je me trouvais libérer de cette idée d'être sujet à des pathologies psychologiques mais en même temps, cette liberté m'enleva ce que je considérais comme le socle de mon identité.

Ce suivaient alors au fond deux semaines ou je naviguais entre un état habituel et un état dépressif. Soudainement, je commença à me reconstruire sur le plan identitaire. A revoir mon identité. A me rendre compte que je suis très créatif, que j'aime lire, que j'adore la philosophie, la politique, l'histoire et la science fiction. C'est alors que j'étais envahis d'accès créatives. Un soir je me suis levé du lit et j'ai commencé à prendre du papier pour dessiner les plans d'un vaisseau spatial imaginaire, à travailler sur un moteur et des armes à base d'une énergie fictive. J'étais comblé de ce besoin d'expression. J'ai recommencé à faire de la philosophie, à faire une chronologie de mon monde imaginaire découvrant après trois jours sept pages word de chronologie sur quinze siècles. Je pense que le fait de ne plus me voir comme habité par des forces méchantes, m'a affranchi d'une barrière psychologique.

J'ai commencé à regarder un petit livret noir ou je dessinais durant l'époque du collège remarquant des plans de vaisseaux, des chronologies, des projets pour des religions fictives, des systèmes politiques imaginaires, des systèmes de défense pour une guerrilla urbaine et plein de choses de toute sorte allant d'un alphabet imaginaire à de la philosophie sur les mathématiques.


J'ai décidé de passer un test HP. Les difficultés pour trouver un bon psychologue ont fait néanmoins qu'il m'est arrivé un sentiment de révolte sans précédant et j'ai alors engagé un processus qui pourrait revenir à une forme guerre d'indépendance. J'ai des longues semaines vu ce test comme une sorte de planche de salut. De lui vouer tous mes espoirs. Je m’interrogeais : et quoi si je suis HP et si pas ? Je fais quoi ? Je naviguais entre espoir d'être HP et peur de l'être. Ce test semblait représenter pour moi un événement charnier de ma vie. L'idée d'être HP semblait être l'explication à tout, une solution salvatrice pour mes doutes.

C'est alors que j'ai commencé à ma révolter. Les difficultés de pouvoir trouver quelqu'un pour faire le test, le stress autour de lui m'ont finalement pousser à me dire que j'avais marre de devoir craindre et espérer autour d'un test dont je me mefiais secretement. J'ai donc commencé à réfléchir et voir le test différemment. Plus comme une finalité salvatrice mais comme un outil. J'ai commencé à m'analyser, vraiment m'analyser et en ouvrant mes placards les plus fermés de mon esprit, j'y ait découvert : rien. Pas de monstres, pas de maladies mais une fabuleuse créativité, beaucoup d’empathie, de peur en grande quantité mais une peur humaine, un désir de comprendre et rationaliser inouie. Je suis allé dans mon esprit. Je me suis rememore de ma jeunesse et que j'ai trouvé ? Pas un psychopathe à devenir. Non, quelqu'un de humain sans rien de plus.

Entre temps j'ai trouvé un rendez-vous pour engager le test avec un psychologue forte aimable et compétente grâce à mon très cher ami. Parler avec elle sur mes motivations m'a permit de découvrir que ce test avait cessé d'être le centre de mon monde. Quand elle me demanda, et quoi s'il est négatif, je me suis rendu compte qu'il pouvait exister une alternatif à être HP car je lui répondais alors que je devais chercher autre part, peut être plus profondément pour comprendre pourquoi je suis ainsi. La discussion avec elle m'a montré que j'avais évolué mentalement sans vraiment en prendre conscience. Le test n'était plus le salut, je voyais le problème plus large, plus loin et plus profond. Etre HP n'était plus une conditio sine quae non de ma vie. Alors j'ai commencé à me dire : pourquoi me lier corps et âme à ce test ? Qui suis-je vraiment ? J'ai continuais à m'analyser chaque fois plus profodenement.

Aujourd'hui, en revenant de la première partie du test, j'étais mort de fatigue et c'est cet état d'épuisement qui m'a rendu lucide comme jamais. Je me suis donc dit que, fin de compte, je dois m'affirmer comme individu et cesser de prendre le test comme juge. Je me suis alors rendu compte de deux choses :

1) Je suis différent des autres, celui qui nie ceci ne m'a jamais rencontré : j'ai beaucoup de créativité, je peux parler des heures de mondes imaginaires, je vois l'alphabet et celui-ci me dit : tiens, il semble y avoir une structure visuelle dedans et alors je me dis pourquoi pas prendre la ressemblance entre certains lettres pour former la base de la biologie d'un de mes mondes imaginaires : chaque lettre est la première lettre de l'animal et des lettres qui se ressemblent forment des familles d'animaux. J'adore lire, écrire, philosopher sur le sens du monde, je veux tout rationaliser, tout comprendre sans concession. Je vois deux maisons séparés par un chantier d'un troisième maison et pendant cinq minutes je réflechis en continuant à marcher : comment organiser le numéro des maisons sur la même rue si une est construite entre deux ? On fait un 68.5 ? Ou est-ce que les numéros de maisons sont ceux des parcelles ? Comment au mieux résoudre ce problème. Je ne pense pas que chaque être humain se leve un soir pour dessiner les plans d'un moteur imaginaire. Pas tout le monde est capable d'imaginer quinze siècles d'histoire d'un monde imaginaire. Je suis différent, je le sais car nier serait stupide et je pense que personne me dira le contraire, au moins ceux qui me connaissent. Le test, même negatif, changea rien à ca.

2) Ma différence ne doit plus être ma honte mais ma fierté. Je suis différent, je le resterais toujours et merde, je suis heureux de l'être. Non, je préfère philosopher avec un copain que danser dans une boîte de nuit. Et quoi ? Va-t-on m'emprisonner pour ce choix de vie ? J'aime plus dessiner le plan d'une ville futuriste que de jouer à Call of Duty. O quel scandale ! J'ai pas encore de copine ? Peut être c'est mieux ainsi, je préfère me construire une base solide avant de chercher une compagne ou j'en aurais pas. Et puis quoi, on peut très bien vivre sans avoir une femme, trois enfants, un chien, un chat et le curée au dîner chaque mardi ? Non. Je pense avoir commis l'erreur d'avoir toujours voulu être comme un humain dit « normal ». Je dois commencer par devenir moi-même et pas un homme normal. Aimer la différence et plus la cantonner dans un coin de mon esprit derrière une porte blindée marqué « danger ».

3) Le test ne me sauvera pas. Il me révélera beaucoup de choses précieuses. Peut être je suis dans cette catégorie nommé HP mais c'est qu'une catégorie crée par la société qui n'a aucune valeur dans la nature. Un tigre s'enfout si vous êtes HP ou pas, il vous mangera quand même car en somme vous n'êtes qu'une somme de cellules. Mais le test sera très révélateur et précieux pour moi (il me montrera ou sont mes forces et faiblesses, comment je pense) mais il n'est plus le centre de mon existence. HP ou pas ? Ca changera des choses car ca influencera la vision que j'ai de moi mais plus de manière fondamentale car je commence à me comprendre ou mieux dit à m'accepter. C'est une quête qui durera encore un moment et le test de QI sera un outil parmi d'autres. Suis HP ? Ca expliquera et aidera. Je suis pas ? Alors j'aurai le bonheur de savoir que non seulement que je suis pas comme les autres « normaux » mais que j'ai le plaisir d'être ma propre catégorie. Je pense que je nommerais la catégorie : The Awesome Alexanders. Au moins ca évitera la confusion qu'on a avec les mots : surdouance, haut-potentiel ou on a l'impression d'avoir des X-Men en face de soi.

Invité

Re: du temps des premiers murmures...

Message par Invité » jeu. 25 juil. 2013 13:01

Orokson, merci pour ton message, je le trouve très beau,

ton cheminement me parle et m'enseigne aussi une certaine sagesse.

Coyote

Re: du temps des premiers murmures...

Message par Coyote » mar. 20 août 2013 12:18

Joli témoignage en effet, et je me retrouve dans pas mal de points. J'aime bien l'idée de double mur d'enceinte, non seulement bâti contre le monde extérieur, mais aussi contre le monde intérieur, pour faire barrage des deux côtés : aux réactions des autres comme aux émotions propres. Et tout ce qui est au milieu, on le laisse tourner à vide et on tente de ne pas s'en préoccuper (ce qui, évidemment, ne fonctionne pas). Et je pense que dans le temps des "premiers murmures", on abat petit à petit le mur intérieur : on enlève une pierre par-ci, on ouvre une porte par-là, et on finit par appréhender, accepter, et peut-être même comprendre. Ensuite, peut-être, le mur extérieur ?
(et en écrivant ça, j'ai dans la tête une image de murailles médiévales circulaires entre lesquelles fusent des traits de lumière dorés, c'est beau :-) )

Bref, je crois que j'anticipe un peu trop le cheminement, mais, maintenant que je suis entrée en questionnement sur mon hypothétique douance, j'ai tendance à voir l'avenir comme un escalier, certes difficile à gravir, mais qui mène vers quelque chose, et plus comme une grosse boule de coton où je me balade au hasard.

Je suis contente d'avoir une piste sérieuse et de savoir dans quelle direction aller maintenant. C'est bête, je devrais et je me dis que je devrais, mais je n'ai pas peur du résultat du test, je suis sûre au fond de moi que le diagnostic sera positif.
Est-ce que c'est normal ? Ce n'est pas par prétention, c'est juste une certitude tranquille qui est là, posée.

(Là où c'est maladif, par contre, c'est que maintenant que j'ai lu qu'il y avait des HQI et des THQI, le petit démon dans ma tête me dit "si tu n'es pas THQI tu seras encore nulle, les autres seront meilleurs que toi" Aaah mais tais-toi donc !)
C'est con, je sais, mais je commence à comprendre d'où ça vient :)
Le test n'est pas une fin en soi, pour moi, s'il s'avère positif, ce sera l'occasion de redémarrer une prise en charge adaptée par un psychologue. Je ne parle de moi (du moi profond, j'entends) à personne dans mon entourage, j'ai tenté de le faire chez des psys sans savoir par où commencer, sans savoir par quoi expliquer mon mal-être, en niant sans doute sa légitimité (du mal-être, mais du psy aussi :-) )

On verra bien, mais l'horizon s'éclaire un peu.

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Tipiak
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Tipiak » sam. 21 sept. 2013 10:31

Sans transition et de façon totalement abrupte, en ce qui me concerne, les premiers murmures apparurent à peu près de la même façon que la rencontre entre un wapiti mangeant des spaghetti miel-tomate-citron, et une babouche gauche lunaire géante pendant la première nuit de mai alors que les carottes sont cuites : C'est à dire un truc aléatoire et what-ze-fuckesque.

On peut à peu près dire que ça a commencé au moment où j'ai atterri chez un P-thérapeute (Si on lit le nom de la lettre, ça fait "pété-rapeuthe", et je trouve ça marrant, on s'amuse comme on peut ma brave dame c'est l'jeu ma pov Lucette, ah mais chacun pour soit et Dieu pour tous aide-toi et le ciel t'aidera...).

Bon normalement j'aurais pas du atterrir là, vu que j'avais clairement exprimé à mon cher toubib mon point de vue sur les discriminations entre les différentes races de psys (propos 100% humoristique avec des vrais morceaux de pitié-sois-pas-vexé dedans); mais j'étais pas en phase ce jour là, ce qui fait que j'ai pris tout de même pris rendez-vous, et accessoirement aussi parce que j'en avais marre d'être au 36e dessous du fait d'une vie sentimentale... Genre désastreuse.

C'est vrai quoi! Pourquoi est-ce que les gens ont cette détestable habitude de tomber amoureux alors que vous à la base, vous voulez juste faire la peau à quelques bières devant un match de foot, enfin être pote quoi.... ?
Hors-sujet
Le comité pastafarien qui n'a rien à pas faire dans ce propos vous informe que les propos ci-dessous ne reflètent pas ma vision de l'amitié, d'ailleurs je hais le foot et la bière c'est pas bon, sauf en Belgerie, où ils ont le bon goût d'en masquer le mauvais avec celui du jus de fruits.

Donc voilà, j'arrive chez le P-thérapeute (ah ah!), ma première réflexion est "OMG, c'est un hipster, oscour!" suivie de "montrons-nous ouvert d'esprit, toute expérience est instructive". Par la suite, ce charmant homme, pataugeant complètement devant la nécessité de sortir des confortables clichés qu'il aurait aimé me coller sur le coin de la face (pile!) grâce à l'argument classe d'âge - CSP, met en oeuvre une intéressante technique dite des douzes-voiles de midi-deux du charlatan obscur en cristal : le cold-reading. (G**gle a beaucoup de potes, Duck duck go aussi, si vous voyez pas de quoi il s'agit : comprenez-moi, j'ai peur de sortir du sujet <-- Ceci est un troll. Je suis obligé de m'en servir, parce que quelqu'un a posté un super lien relatif au cold-reading sur ce forum, sauf que je sais plus où)
Bref, il me sort des "Chez vous ça va pas bien parce que -a) ; b) ; c) ; d) ; jusqu'à ce qu'il trouve le truc qui me fait réagir : oui, me faire pleurer est à peu près aussi compliqué que d'ouvrir un robinet à ce moment-là : il faut juste trouver le bon levier.

A mon grand étonnement donc, je réalisai que la question de la confiance en Mapomme était du genre "kifautpachatouiller". Ce qui n'était pas du tout prévu, étant donné que j'ai toujours tendance à prendre 3 tailles de chaussettes au dessus, pour faire tenir mes chevilles, vous comprenez...


Ca en restera là, jusqu'à ce qu'il se passe un truc au niveau professionnel : Une de mes patientes avec qui j'ai fait un travail totalement inutile, du fait de ses nombreuses absences et de son caractère bien trempé, a néanmoins fait des progrès plus que spectaculaires. Test, toussa, ah en fait elle est #alphabetisée avec des rayures et du talent en avance#.

Du coup je me renseigne sur la question. Et je commence à m'en poser. Et puis je me rappelle cette fois où, à un moment, avec des collègues qui venaient recevoir la WNV (Une énorme louche taillée à la tronçonneuse dirait que c'est un wisc, mais sans verbal, ça envoie du pâté pour les enfants... ben qui parlent pas... mais qui aiment les cornichons).

Histoire de voir un peu la bête, on s'était fait passer des subtests pour de faux : c'était un truc avec des images géométriques, fallait trouver la suite, c'était joli, c'était rigolo, bref, moi j'étais motivé à continuer à faire mumuse, alors que mes collègues avaient abandonné depuis un pti moment. Sur le coup, je m'étais reproché ma légendaire puérilité immaturo-ludique : le but était de tester les consignes et la prise en main, pas de jouer avec, arg damned!

Et là ça a commencé à me frôler le gros orteil gauche pour de vrai, cette question de s'appeler avec des lettres de l'alphabet. J'ai acheté le bouquin de JSF. J'ai trouvé ça longuet, répétitif et redondant, avec plein de creux dedans. Donc il a été à ma portée de le lire quasiment d'une traite. Je ne m'y suis absolument pas reconnu, par contre ça m'a fait penser à plein de gens que je connaissais. De fait, histoire de faire profiter, j'ai fait lire le bouquin à un des gens en question. Qui a décrété que beaucoup de choses dans le volume de papier faisaient penser à Mapomme. Ô temps, Ô moeurs, n'ai-je dont tant vécu que pour l'infamie de rencontrer tant d'incompréhension de Mapomme? Ou suis-je borgne, pour avoir trop pratiqué la métallurgie en pensant moissonner?

Saperlipopette.

Depuis, j'ai résolu de prendre rendez-vous. Mais je raconterai cette histoire une autre fois, parce que je n'ai pas encore déterminé à quel point j'avais envie de putiser. ("Faire la langue de péripatéticienne", ndlr)

Toutes mes excuses pour le ratio blague débiles (90) informations à peu près informatives à défaut d'être intéressantes (10). Mais c'est vous qui avez décidé de lire. :D

(Blague à part, s'il faut prendre une hache sans glante et tailler des coupes sombres, ben je le ferai. J'ai pas le choix de toutes façons? Si? Ce sont nos choix qui font de nous ce que nous sommes Harry).
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
Mais ma signature est toujours 20% plus cool, d'ailleurs je retourne sur mon bateau pêcher des colins, signé ton papa le Captain Igloo.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Zyghna » sam. 21 sept. 2013 16:31

Oui ça serait pas mal d'éditer ton post c'est incompréhensible. Tu en as parfaitement conscience. Ce serait sympa de respecter les lecteurs et d'éviter les private jokes.
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par alicesmartise » sam. 21 sept. 2013 23:23

Zyghna a écrit :Oui ça serait pas mal d'éditer ton post c'est incompréhensible. Tu en as parfaitement conscience. Ce serait sympa de respecter les lecteurs et d'éviter les private jokes.
Ben, moi j'ai compris :grattelatete:
(voilà qui est embêtant)

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par axolotl » sam. 21 sept. 2013 23:32

alicesmartise a écrit :
Zyghna a écrit :Oui ça serait pas mal d'éditer ton post c'est incompréhensible. Tu en as parfaitement conscience. Ce serait sympa de respecter les lecteurs et d'éviter les private jokes.
Ben, moi j'ai compris :grattelatete:
(voilà qui est embêtant)
Pareil pour moi, mais il y a peut-être eu de l'édit depuis 17 h 31 ?
En fait, j'ai mis toutes les digressions dans une colonne à part et ça donne les errances dans les murmures, assez classiques somme toute.
« J’aimerais pouvoir m’exprimer avec mes sens. Les mots sont parfois très handicapants. »
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Tipiak » dim. 22 sept. 2013 11:28

[tabs: EDIT]Dans la version moderne du message, vous avez le choix entre deux versions, la Version Originale et la Version Lapidaire.


[tabs: Version Originale]Sans transition et de façon totalement abrupte, en ce qui me concerne, les premiers murmures apparurent à peu près de la même façon que la rencontre entre un wapiti mangeant des spaghetti miel-tomate-citron, et une babouche gauche lunaire géante pendant la première nuit de mai alors que les carottes sont cuites : C'est à dire un truc aléatoire et what-ze-fuckesque.

On peut à peu près dire que ça a commencé au moment où j'ai atterri chez un P-thérapeute (Si on lit le nom de la lettre, ça fait "pété-rapeuthe", et je trouve ça marrant, on s'amuse comme on peut ma brave dame c'est l'jeu ma pov Lucette, ah mais chacun pour soit et Dieu pour tous aide-toi et le ciel t'aidera...).

Bon normalement j'aurais pas du atterrir là, vu que j'avais clairement exprimé à mon cher toubib mon point de vue sur les discriminations entre les différentes races de psys (propos 100% humoristique avec des vrais morceaux de pitié-sois-pas-vexé dedans); mais j'étais pas en phase ce jour là, ce qui fait que j'ai pris tout de même pris rendez-vous, et accessoirement aussi parce que j'en avais marre d'être au 36e dessous du fait d'une vie sentimentale... Genre désastreuse.

C'est vrai quoi! Pourquoi est-ce que les gens ont cette détestable habitude de tomber amoureux alors que vous à la base, vous voulez juste faire la peau à quelques bières devant un match de foot, enfin être pote quoi.... ?
Hors-sujet
Le comité pastafarien qui n'a rien à pas faire dans ce propos vous informe que les propos ci-dessous ne reflètent pas ma vision de l'amitié, d'ailleurs je hais le foot et la bière c'est pas bon, sauf en Belgerie, où ils ont le bon goût d'en masquer le mauvais avec celui du jus de fruits.

Donc voilà, j'arrive chez le P-thérapeute (ah ah!), ma première réflexion est "OMG, c'est un hipster, oscour!" suivie de "montrons-nous ouvert d'esprit, toute expérience est instructive". Par la suite, ce charmant homme, pataugeant complètement devant la nécessité de sortir des confortables clichés qu'il aurait aimé me coller sur le coin de la face (pile!) grâce à l'argument classe d'âge - CSP, met en oeuvre une intéressante technique dite des douzes-voiles de midi-deux du charlatan obscur en cristal : le cold-reading. (G**gle a beaucoup de potes, Duck duck go aussi, si vous voyez pas de quoi il s'agit : comprenez-moi, j'ai peur de sortir du sujet <-- Ceci est un troll. Je suis obligé de m'en servir, parce que quelqu'un a posté un super lien relatif au cold-reading sur ce forum, sauf que je sais plus où)
Bref, il me sort des "Chez vous ça va pas bien parce que -a) ; b) ; c) ; d) ; jusqu'à ce qu'il trouve le truc qui me fait réagir : oui, me faire pleurer est à peu près aussi compliqué que d'ouvrir un robinet à ce moment-là : il faut juste trouver le bon levier.

A mon grand étonnement donc, je réalisai que la question de la confiance en Mapomme était du genre "kifautpachatouiller". Ce qui n'était pas du tout prévu, étant donné que j'ai toujours tendance à prendre 3 tailles de chaussettes au dessus, pour faire tenir mes chevilles, vous comprenez...


Ca en restera là, jusqu'à ce qu'il se passe un truc au niveau professionnel : Une de mes patientes avec qui j'ai fait un travail totalement inutile, du fait de ses nombreuses absences et de son caractère bien trempé, a néanmoins fait des progrès plus que spectaculaires. Test, toussa, ah en fait elle est #alphabetisée avec des rayures et du talent en avance#.

Du coup je me renseigne sur la question. Et je commence à m'en poser. Et puis je me rappelle cette fois où, à un moment, avec des collègues qui venaient recevoir la WNV (Une énorme louche taillée à la tronçonneuse dirait que c'est un wisc, mais sans verbal, ça envoie du pâté pour les enfants... ben qui parlent pas... mais qui aiment les cornichons).

Histoire de voir un peu la bête, on s'était fait passer des subtests pour de faux : c'était un truc avec des images géométriques, fallait trouver la suite, c'était joli, c'était rigolo, bref, moi j'étais motivé à continuer à faire mumuse, alors que mes collègues avaient abandonné depuis un pti moment. Sur le coup, je m'étais reproché ma légendaire puérilité immaturo-ludique : le but était de tester les consignes et la prise en main, pas de jouer avec, arg damned!

Et là ça a commencé à me frôler le gros orteil gauche pour de vrai, cette question de s'appeler avec des lettres de l'alphabet. J'ai acheté le bouquin de JSF. J'ai trouvé ça longuet, répétitif et redondant, avec plein de creux dedans. Donc il a été à ma portée de le lire quasiment d'une traite. Je ne m'y suis absolument pas reconnu, par contre ça m'a fait penser à plein de gens que je connaissais. De fait, histoire de faire profiter, j'ai fait lire le bouquin à un des gens en question. Qui a décrété que beaucoup de choses dans le volume de papier faisaient penser à Mapomme. Ô temps, Ô moeurs, n'ai-je dont tant vécu que pour l'infamie de rencontrer tant d'incompréhension de Mapomme? Ou suis-je borgne, pour avoir trop pratiqué la métallurgie en pensant moissonner?

Saperlipopette.

Depuis, j'ai résolu de prendre rendez-vous. Mais je raconterai cette histoire une autre fois, parce que je n'ai pas encore déterminé à quel point j'avais envie de putiser. ("Faire la langue de péripatéticienne", ndlr)

Toutes mes excuses pour le ratio blague débiles (90) informations à peu près informatives à défaut d'être intéressantes (10). Mais c'est vous qui avez décidé de lire. :D

(Blague à part, s'il faut prendre une hache sans glante et tailler des coupes sombres, ben je le ferai. J'ai pas le choix de toutes façons? Si? Ce sont nos choix qui font de nous ce que nous sommes Harry).

[tabs: Version Lapidaire revue et corrigée mais plus compréhensible] Toutes mes excuses à ceux/celles que la VO a dérangé(e)s / agacé(e)s / empêché(e)s de comprendre. Je vais donc faire l'effort d'une traduction socialement compatible.


Alors en ce qui me concerne, les premiers murmures sont apparus de façon aléatoire et coïncidante. J'ai suivi une psychothérapie qui m'a "fait prendre conscience" -mais le terme est impropre- d'un problème de confiance en moi, alors que je n'y avais jamais ô grand jamais songé ; mais ça n'a pas attiré mon attention plus que ça sur le coup.

Ensuite, une de mes patientes s'est avérée douée de la zébrance à HQYZ. Donc me renseigner sur la question m'a parut une bonne chose. Et puis du coup je me suis posé des questions.

Parallèlement, j'ai eu souvenancitude d'une fois où, avec des collègues, on avait joué avec la WNV (+/- un wisc) pour la prendre en main, et un des subtest m'avait parut amusant, j'avais continué à le faire par plaisir alors que les collègues avaient laissé tomber.

Le mélange de tout ça a donné que j'ai acheté un magnifique exemplaire du livre de JSF, et rien dans ce bouquin ne m'a fait penser à mon cas. Par contre il m'a fait penser à des gens de mon entourage, donc j'ai passé le bouquin à l'une de ces personnes qui a décrété que ça me décrivait bien. Mais je ne suis pas du tout d'accord avec ça, et du coup,je me dis que peut-être personne ne me comprend vraiment (même quand je fais des efforts pour causer normal je veux dire, et j'en fais tout le temps, sauf sur ce forum où avec quelques amis), ce qui est tout de même légèrement contrariant.

je vais un tout petit peu répondre à la remarque de Zyghna, au sujet du manque de respect des gens : si j'avais une seule seconde pensé que ma façon de raconter des trucs pouvait être appréhendée de cette manière, jamais je n'aurais posté. Je l'ai fait parce que moi ça m'éclate de lire des trucs un peu fous fous comme ça, et j'avais pensé que si ça me plaît à moi, ça pourrait peut-être plaire à d'autres. je suis assez mortifié de constater que mon post a pu faire passer des sales moments à des gens, alors que je voulais tous le contraire. C'est ce qu'on appelle un gros fail...

Maintenant je suis un peu triste, j'hésite à prendre rendez-vous, mais heureusement, je porte mes chaussettes préférées et je vais me faire un milkshake à la banane, ce qui est plutôt cool. :)
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
Mais ma signature est toujours 20% plus cool, d'ailleurs je retourne sur mon bateau pêcher des colins, signé ton papa le Captain Igloo.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Nami Tama » dim. 22 sept. 2013 20:14

Ou quand certains vous murmurent à l'oreille alors que d'autre vous le hurle en pleine face. :lol:

Murmures il y a eu, mais ils sont venus de ma psy. Alors non, elle n'entend pas des voix (enfin je crois ! Je préférerais qu'elle n'en entende pas en fait...) mais ce sont ses murmures à elles que j'ai entendu suite à la scéance où elle m'a balancé cette bombe :
"Vous avez déjà entendu parlé des enfants précoces ?"
(J'ai évidemment pensé : "mais quand bien même, je vais avoir 30 ans d'ici un an, je ne suis pas certaine d'être tout à fait concernée par les enfants précoces...")

S'en est suivi 3 semaines de pure sinusoïde émotionnelle : je le suis, je ne le suis pas, je le suis, je ne le suis pas...Contente, angoissée, réjouie, terrifiée, heureuse, coupable, euphorique, carrément au fond du trou...
C'est fou l'énergie que j'ai dépensé là-dedans !

Comme vous l'aurez compris, les murmures sont devenus obsédants. C'était trop, il fallait que je sache !
Si cette psy n'avait pas mis le doigt dessus, jamais, ô grand jamais je n'aurais ne serait-ce qu'imaginer que je pouvais être concernée par le sujet. Ces murmures ne seraient jamais nés. Jamais.
Même après la lecture de certains ouvrages et d'autres textes traitants du sujet, je ne me reconnaissais pas, je ne me sentais pas concernée.
Hors-sujet
Il faut dire aussi que JSF a le chic pour décrire les surdoué comme des mi X-Men mi Rain man, totalement dépressif et ne supportant leur propre activité cérébrale. Or, moi, bah je suis plutôt contente de mon cas. :p
Finalement, c'est mon incapacité à rester dans le doute et l'angoisse que cela générait qui m'ont poussée à faire taire ces murmures.
C'est une phase que je n'ai pas aimé plus que ça. :p
"Nous sommes la seule personne à dépasser."
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Stéphlec » jeu. 26 sept. 2013 19:49

Le temps des premiers murmures,
C'est marrant comme métaphore parce que murmures, sous entend pour moi, une sorte de douceur des paroles, tel un petit secret que l'on va chuchoter à l'oreille de quelqu'un ou alors murmurer pour ne pas faire de bruit, ne pas effrayer.
Mais moi cette petite voix elle me fait un peu peur en fait, et puis elle n'est pas si douce "Ce serait moi ça?" C'est violent de découvrir que tout ce qui te ronge depuis tant d'années serait lié à la douance...
Alors oui, le temps des murmures je suis dedans jusqu'au cou !

Après avoir lancé la présentation sur le forum, j'ai commencé à lire beaucoup, à me couper encore plus de toute vie sociale, à la recherche d'informations.
J'ai commencé par lire JSF "Trop intelligent pour être heureux", (un peu gênée d'avoir le bouquin qui trône sur la table de nuit,( tiens il faut que je le planque d'ailleurs mes parents viennent ce week end ;) ) face à mon compagnon que de vouloir prétendre être trop intelligente...)'.
Lecture en diagonale dans un premier temps pour aller directement vers certains chapitres qui m'ont toujours interrogés en lien a ma personnalité. Et là, la l'arme a l'œil, le cerveau retourné, tu te retrouves dans ces écrits voir même certains témoignages qui jalonnent le livre.
A partir de ce moment là, c'est un peu l'euphorie (moi il y a 3 semaines) ce serai donc cela, je vais devoir conjuguer avec cela ? Une réflexion actuelle, future, mêlée à des flashback...
Suit une introspection poussée sur mon mal être, ma culpabilité, mon hypersensibilité cachée (genre oui moi je suis forte), cette dévalorisation constante et l'impression de passer constamment à côté du moment présent, de trouver le monde tellement injuste sur un tas de choses...
Je me suis sentie mieux quelques temps avec même l'impression de pouvoir enfin extérioriser certaines choses enfouies au plus profond de moi, voir de prendre de l'assurance au cours d'échanges au travail ou avec mon ami...

Et puis dans un second temps, je le lis entièrement de peur d'avoir loupé des infos cruciales...
Et la, round 2, non ce n'est pas possible, ça m'étonnerait, ce n'est pas moi, je suis juste hypersensible, borderline peut être... Mais surdouée ?! Pfff non mais et puis quoi encore...
Quoique... Bon non allez j'ai ce besoin viscéral de savoir...

Demande de contact auprès de Melle Rose et rendez vous est pris pour le 09 octobre...
Et puis pourquoi ? Ça va changer quoi ? J'ai l'impression que cela ne va m'avancer a rien parceque je suis de nouveau dans une phase "down"... Motivée par rien, procrastinant à gogo... Avec cette espèce d'épée de Damoclès au dessus de la tête.

Les murmures évoluent en angoisse, les insomnies sont de retour (plus dues à mon travail je pense, mais mes pensées divaguent en pleine nuit).
Et puis si tout cela se révèle négatif ou non concluant, je me dis que je continuerais à avancer et avec quelque part l'impression de m'être retrouvée un peu beaucoup dans vos ecritś états d'âmes, humeurs... Et de m'être emballée pour rien :)

Alors verdict le 09...
Je fais ma fière devant mon ami mais je n'en mène pas large (alors je le dis ici, meme pas a ma psy "faux-self" ?) j'ai peur de toutes les émotions qui vont surgir juste avant, pendant et après...

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Yukiko » sam. 28 sept. 2013 02:24

Lire tous vos cheminements m'a beaucoup émue, et m'a rappelé bien des choses... Alors je vais vous les raconter, si vous voulez bien me lire ^^

J'ai toujours été une petite fille différente : A deux ans je ne quittais pas deux grosses encyclopédies pour enfants que j'appelais pompeusement mes "dictionnaires". J'étais fascinée par tout ce que mes sens pouvaient m'apporter et je passais un temps fou à sentir le monde autour de moi par le toucher et l'odorat surtout. Mais ça n'étais pas du goût de tout le monde et la première à me punir pour ça a été ma maîtresse de première section de maternelle où je suis entrée à deux ans et demi parce que née en janvier... Elle n'a eu de cesse de m'humilier devant la classe et de dénigrer mes dessins. Il m'a fallu dix-huit mois après la fin de cette année scolaire pour accepter de dessiner à nouveau. Bref, je passe sur les année qui ont suivi où j'ai été maltraitée par les adultes et les enfants, mise au ban de la société scolaire et toujours montrée du doigt. Encore plus parce que j'étais brillante à l'école, même si je mourrais d'ennui entre ces murs trop hauts. Bref, comme beaucoup d'entre vous, je pense ;) Pendant très longtemps j'avais l'impression que n'importe qui pouvait me tuer ou me faire du mal, que je n'étais pas légitime en tant qu'être vivant et encore moins en tant qu'être humain.

Mon premier petit frère a vécu à peu près les même choses, sauf qu'il a décidé de devenir "un aimable glandouilleur" (selon une de ses profs de lycée) vers la fin du collège.
Notre mère a tout fait pour nous aider, mais en même temps, elle avait eu les mêmes expériences et ne savait pas trop nous conseiller. Ayant été gravement maltraitée, elle mettait tout ça sur ce qu'elle avait vécu et son incapacité à nous élever comme une mère "normale".
Puis mon plus jeune frère a fait une sorte de grosse dépression alors qu'il avait quatre ans. Et a été diagnostiqué surdoué, mais sans plus d'explication. On a tous mis ça de côté.

Bref, j'arrive dans une grande hypokhâgne parisienne m'attendant à - enfin ! - être surchargée de travail et apprendre mille et une choses... Erreur ! :shock: très vite, je me retrouve encore une fois obligée de contraindre mon esprit pour le faire rentrer dans les toutes petites cases scolaires. Il y avait déjà longtemps que je me pliais à ce jeu de dupe et j'avais fait une spécialité de faire semblant. En particulier faire semblant de penser comme les autres. Les dissertations étaient une sorte de défi : pile j'arrive à faire comme si et j'ai une bonne note, face mon esprit se rebelle et j'échoue. :tmi: Après deux ans de cache-cache intellectuel, j'ai décidé de passer les concours des écoles de commerce qui nous étaient ouverts... Et j'en ai eu une, au grand dam de mes professeurs qui m'ont reproché de me jeter dans les bras du capitalisme et de gâcher mes capacités :violent1:
Je renoue avec mon vieil ennemi, l'ennui... Mais au moins, personne ne me demande de faire semblant, je passe à travers les quatre années et leurs stages sans trop de problèmes et j'apprends plein de langues :cheers: Même si socialement, ce n'est toujours pas la panacée...

L'année dernière, pendant les derniers cours de l'année, je tombe sur un article du Monde "Les maux des adultes surdoués", et là... Je me dis "ah, c'est amusant, c'est un peu ce que je vis... Et ma mère et mes frères aussi d'ailleurs... Mais non, je ne suis pas surdouée, moi. Je suis trop bête pour être surdouée. Non, je suis juste folle et je cherche un moyen de ne pas affronter la vérité..." Mais j'ai quand même envoyé l'article à ma famille. Manu militari, ma mère achète le livre de Jeanne Siaud-Facchin et nous inscrits tous pour un rendez-vous avec des psy puis pour passer le WAIS. Sincèrement, j'ai très consciencieusement essayé de saborder ce test. Je voulais qu'on me dise que j'étais folle et qu'on m'envoie dans un asile... Mais bon, en fait, on a tous été diagnostiqués surdoués.

J'ai passé une semaine à pleurer. C'était dur d'accepter que tous mes efforts n'avaient servi et ne serviraient jamais à rien, que j'étais autre et que je devais vivre dans cette société bon gré mal gré. Mais finalement, j'ai apprivoisé lentement cette douance et je me suis découvert des capacités, en particulier de clairvoyance (enfon dans le sens ou je vois clairement les gens... je ne vois pas encore de fantômes :2deg ) que je n'avais jamais soupçonnées. Cette révélation m'a donné des ailes :angel4: et j'ai pu partir de France pour aller explorer d'autres horizons sans avoir peur.

Mais c'est un roman ! Désolée pour cette logorrhée ! :1cache:
Il n'a pas mérité la lumière, il n'a mérité que le repos.
Boulgakov

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alouette
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par alouette » mer. 16 oct. 2013 16:36

Allez, je me lance ! Mon premier message si l'on excepte ma présentation toute récente :-)
Je suis en plein dans les murmures, je dirais. Par moment je me dis que c'est ça, que ça y est, j'ai trouvé ce qui cloche chez moi, l'explication (ah, ça, les explications, on aime !) de mon éternel décalage. Et après, le cerveau se rebelle : oh cocotte, t'es quand même vachement gonflée, et les chevilles ça va ?
Je suis consciente de ne pas être la seule à ressentir ou à avoir ressenti cela... Mais je crois que dans ces moments-là, on se sent toujours un peu seul, alors me voici. Dans le livre "trop intelligent pour être heureux", il y a des moments où j'ai l'impression qu'elle parlait de moi, et d'autres, pas du tout. Du coup j'alterne : mais oui c'est moi ! ah non en fait !. Je sais que ce que j'écris n'a rien d'original, mais ça vient du cœur (ou du cerveau, allez savoir !).
Personne autour de moi n'a jamais évoquée une quelconque précocité... A l'école, je n'ai pas été exceptionnelle : j'ai lu en même temps que tout le monde, compté en même temps... J'ai certes toujours été dans les premières sans trop d'efforts, j'ai toujours eu une mémoire impressionnante (plus ça va, plus je le constate), j'ai remarqué que quand je voulais je pouvais (l'an dernier, dans mes études, il y avait une matière dont j'avais horreur, et donc j'avoue ne pas m'être vraiment concentrée en cours et de toute façon je ne comprenais rien... à trois jours du partiel, je m'y suis mise, en deux jours, j'avais appris ce que mes camarades galéraient à comprendre bien qu'ayant suivi pendant l'année)... Mais j'étais à part.
Vers 10 ans, j'ai écrit une phrase qui ne m'a plus vraiment quittée : "une enfant singulière qui rêve de vivre au pluriel"... J'ai pas tellement changé. Souvent, souvent, je regarde les autres et je me demande comment ils font ? Pour illustrer, voilà, à 20 ans, le summum du summum, voyez, c'est de fêter la fin des partiels en faisant une grande soirée et puis "lâchage de prises" total [c'est quoi lâcher prise ? parce que je ne sais pas faire, moi on me reproche de trop me compliquer la vie, et de ne pas la vivre (car trop de questions)]. Et ben moi je suis à part, et j'aimerais tellement être au milieu. Ils ont l'air heureux au milieu, tout a l'air simple, le but c'est de boire et de raconter de la merde, de boire beaucoup, et si on vomit on s'applaudit. Mais non, moi je suis là avec mon cerveau, qui me dit qu'essayer est une mauvaise idée, et il argumente, alors j'en arrive à la conclusion que ce n'est pas mon monde, mais alors, il est où mon monde ? (la confiance en moi, c’est pas vraiment mon fort)
Et puis dans mes études (orthophonie), on a eu des cours, des puces à l’oreille, des indices, des « et si ? » et des « mais non ! ». Et j’en suis là. Des fois je me dis que j’y suis, je me suis trouvée, je ne suis pas folle, des fois je me dis que je suis folle rien que d’oser penser ça… Enfin je suis encore loin d’oser l’étape test, bonjour prétention, arrogance, et bonjour ridicule aussi !
J’ose pas. (de manière générale, j’ose rarement, car je vois tous les risques et ça me fait peur)
Désolée du pavé ^^’
Mais merci d'être là :cheers:

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par luciole dans l'herbe » ven. 18 oct. 2013 11:45

Alors moi ça a été en voyant tous les enfants s'agglutiner autour de moi dans la cour de récréation alors que je dessinais à la perfection La Joconde à la craie.
:emo:

Nan je déconne :D1
En fait j'ai jamais réussi à faire ses lèvres.

;) Le fait est que je pourrais copier coller plusieurs passages (je n'ai pas TOUT lu, mais la diagonale m'a parlé (murmuré?) ), sans apporter d'originalité particulière.
Je ne sais pas exactement quand j'ai su. J'ai l'impression d'avoir toujours su.
Un peu comme le motif du papier peint que vous voyez tous les jours, tous les matins et tous les soirs, vous savez qu'il est là, quelle couleur il a, à peu près quelle forme, mais vous ne le regardez pas (en même temps on a autre chose à foutre que regarder son papier peint) (en plus ça existe plus le papier peint) (enfin presque plus) et un jour donc, au détour d'une rêverie, vous bloquez sur ce motif, et vous le découvrez.
Bon c'est la seule image qui m'est venue là tout de suite, mais je ne sais pas comment exprimer le fait de "savoir sans savoir".
Une sorte de conscience inconsciente.

Disons que chaque fois que j'entendais parler des surdoués, je me sentais concernée. Mais de loin. Sans plus.
Peut être parce que j'ai été habituée à être regardée comme une enfant intelligente.
J'étais excellente à l'école, je ne travaillais pas beaucoup, je faisais mes devoirs parce que j'aimais ça, en guise de récompense ma mère m'offrait des dictionnaires et ça me faisait plaisir. J'étais encore en primaire quand je faisais les rédactions de ma soeur qui était au collège et j'apprenais l'anglais en lui faisant réviser ses cours.

Il a été question de me faire sauter une classe à un moment, puis finalement non.

Je me souviens vaguement d'un test à l'entrée en 6ème, un truc que tout le monde avait passé,et d'une question de la dame qui faisait passer le test à mon prof, qui en guise de réponse m'a désignée.

Et puis les mentions lancinantes au bas des bulletins: écrit excellent, oral médiocre...il faut participer à l'oral! ...élève muette... Une prof de français qui me prend en exemple pour expliquer le terme "condescendance".

Une remarque de ma soeur une fois : "mais t'es surdouée toi!", et ma mère qui repassait derrière nous de réagir machinalement "luciole? oui, c'est sûr..."

Et ma forte tendance à trouver les autres cons. Oui avant j'avais le con facile, ça s'est bien amélioré depuis. (Disons que ma définition s'est précisée...)

Et d'autres murmures, le souvenir d'une émission radio, Arielle Adda, Mensa...
Et plus on se rapproche moins je me souviens. Comment j'ai découvert les forums, JSF, je ne sais plus.
Je sais juste que nos choix ne sont jamais le fruit du hasard. Qu'on sélectionne les murmures.

Et l'ironie, c'est que malgré cette impression d'avoir toujours su, aujourd'hui...je doute encore.
Et je conserve cette sensation d'être concernée...mais de loin.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Kliban » sam. 19 oct. 2013 13:29

Je vais faire bref - si, si, promis, je vais y arriver - c'est d'ailleurs dans mes objectif... euh perso... euh... de fin de décennie.

Il y a de toute façon des airs de famille avec beaucoup d'entre vous.

J'ai toujours su que j'étais différent. Plus sensible. Très. Trop. Dévorateur d'informations, aussi. Avec dans la tête des métiers pas possibles de-quand-je-serai-grand - entomologiste, astrophysicien, ornithologue - fallait que ça ait pus de quatre syllabes, sinon c'est pas un vrai métier bien.

Je pensais juste que j'étais un OVNI. Ou un ange. Ou je sais pas quoi - plein de théories, toutes foireuses, de mon propre esprit. Et puis à 16 ans, j'ai mis tout ça sur le compte de mon homosexualité, que je venais de découvrir - coup de tonnerre dans un ciel déjà orageux, ça a fait pêter un peu de la tension, c'était bien : je croyais détenir une explication, un schème régulateur à tout ce fatras.

Mais non. Ce n'était pas ça. Je l'ai bien vu. Même avec "les homos", c'était comme avant. Vie sentimentale chaotique. Je fonctionne pas pareil. Avec des névroses de compensation par dessus - faux-self quand j'étais plus petit (j'en avais fait la théorie : le masque que je porte, puis la citadelle ou l'armure - comme beaucoup ici, on dirait !).

Et puis à force. Je suis tombé sur des livres vers 30 ans. Des trucs collaient bien. D'autres pas. Notamment les hyperexcitabilités. J'étais blindé comme un ankylosaure. Et puis j'avais aimé l'école et les pêtites cases - je suis un spécialiste des petites cases, je les collectionne, je les relie, je les anastomose, puis je les décolle et je rerange tout différemment :geek: :rofl: . Bref, je laisse ce truc de côté.

Et puis vers mes 40 ans, mon frangin découvre que son ainé est peut-être Aspi. Il en a des traits (légers) c'est pas faux. Il se découvre lui aussi des traits de ce type (surdoué organisationnel, avec des déficiences dans le domaine de la perception des émotions d'autrui). Je passe, il y a un effet de mode autour de tout ça, et c'est point l'sujet. :tmi:

En parallèle, mon boulot me paie (gratitude !) un coaching - je suis sorti éreinté d'une période de gestion de projet, et totalement désabusé quant à mes capacités professionnelles. Mon coach, en bilan, me renvoie à la surdouance. je résiste. C'est pas ça. J'ai déjà vu. On me la fait pas. Et puis quand même...

Tout ça fait que je me replonge dedans. Différence par rapport à 10 ans auparvant ? La littérature "sauvons les adultes en difficulté" est sur le marché du livre français !! Et là, claque. Grosse. J'avais l'habitude un peu, quand même - le truc du coming out - à soi, à autrui, toussa -, je connais. Mais... plus grosse claque que de me découvrir homo. Les bouquins, les films, les témoignages sur l'homosexualité, ils me parlaient à l'époque (y avait pas Internet !!) de mon désir d'ado. Les bouquins sur la douance, ils me parlent de mon enfance. De sa solitude, de l'impression d'être sur une autre planète. Parfois dans le détail. Parfois avec les mêmes mots que ceux que j'avais mis dessus.

Après tergiversations, tests. J'en parle ailleurs, je ne reprends pas ici. Ce que je sais : pas sûr toujours que je sois un ###crabe cacochyme de cul de base-fosse### mais en tout cas, je ne me sens réellement à l'aise qu'avec des HPI - de façon toujours étrange pour moi, mon univers perso s'en peuplé de gens qui en présentent toutes les caractéristiques.

(raté, c'est pas assez court :'( :lol: )
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par CortO » mer. 20 nov. 2013 22:36

Super! apparemment dans ce topic on a le droit de faire long! Merci pour tout ces témoignages...

Du temps des premiers murmures... Beau titre de sujet. Alors évidemment si on regarde de près et qu'on y repense il y a eu plein de murmures avant (peut-être que j'en parlerai un jour, mais pas là parce que ça pourrait devenir vraiment très très long!). Mais ces murmures-là étaient complétement inaudibles.

Les vrais murmures sont arrivés seulement il y a quelques semaines. D'ailleurs ces premiers murmures j'ai tout fait pour ne pas les entendre! Quand on parlait de notre fils qui était probablement "précoce", au début je ne voyais pas trop ce que ça impliquait. Juste qu'il devait probablement s'ennuyer en classe c'est pour ça qu'il n'y arrivait pas. Puis il s'est avéré qu'il était précoce sans discussions possibles. En lisant un peu plus sur le sujet j'ai commencé à comprendre que c'était pas si simple que ça. Mais j'ai bien fait attention de mettre de côté les points qui auraient éventuellement pu me concerner (c'était assez facile parce que bien qu'on ait de nombreux points communs, moi et mon fils sommes nettement différents sur beaucoup d'autres).

Le plus amusant c'est quand ma femme me dit après avoir discuté de la précocité de mon fils avec ma mère: "ta maman m'a dit que toi aussi tu avais surement aussi été un enfant précoce". Ma réaction a été toute simple. J'ai fait semblant de ne pas entendre! Au sens littéral du terme bien sur, véridique. Trop fort... Alors je ne sais pas trop si c'était parce que je refusais de l'envisager ou si c'était seulement pour éviter d'aborder le sujet avec elle (Tout ce qui tourne autour de visites chez les psys ou ce genre de chose est un sujet qui dérape facilement entre nous!)

Bref continuant de me renseigner sur les enfants précoces, je refusais toujours d'ajouter le mot "adulte" dans mes recherches Goooogle.
Jusqu'au jour où je me décide je tape un truc du genre "enfant précoce non détecté adulte". Et me voilà en train de lire un article de Arielle ADDA "Que sont les enfants doués devenus?"
Au bout de quelques lignes je fonds en larme. Bon je sais c'est pas original j'ai l'impression que c'est un grand classique ici, mais sur le coup ça me fait bizarre. Kesskisspass?!? Surtout que j'étais au boulot et pas seul dans le bureau. J'me dis bon on se calme :levi . Je prends ma tablette ouvre l'article dessus et je vais m'isoler dans un coin tranquille (Bon le seul coin tranquille du secteur vous imaginez). Et puis je continue à lire cette article. Mais c'est de moi qu'elle parle! Je lis, relis, pleure, repleure pendant une bonne demi-heure. Mais je suis bien. Super bien.
Je retourne à mon bureau et là je peux pas m'en empêcher! Je sais que c'est bidon que ça veut rien dire mais je peux pas m'en empêcher. Je tape "test QI gratuit" et c'est parti! Clic, clic, résultat => "Vous avez une intelligence supérieure (2% de la population)". Non je sais que ça veut rien dire c'est bidon. Oublions. Je sais que ça veut rien dire, ça veut rien dire, ça veut rien dire, ça veut rien dire... mais ça commence à trotter.

Et depuis ça n’arrête pas de trotter! Direct j'achète le livre de Cécile Bost en e-Book (Oui, je suis à l'étranger c'est cool les e-Books!). Avalé dans la journée et ça continue à trotter. Au fur et à mesure j'entrevois tout ce que ça explique, tout ce que ça peut changer... Autre e-Book (Monique de Kermadec). du coup j'ai même pas lu le fameux JSF (existe pas en e-Book, merci Odile Jacob!)

Depuis j’alterne période d’énorme doute et de quasi certitude. Mais surtout je ressens un grand besoin d’avoir des certitudes très vite ! Ca m’épuise... J’ose pas réfléchir trop loin aux implications, trop analyser...

Bref prochaine étape voir si je peux faire un test à mon prochain passage en France. A suivre...

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par marmotte » jeu. 21 nov. 2013 12:00

CortO a écrit : Au bout de quelques lignes je fonds en larme. Bon je sais c'est pas original j'ai l'impression que c'est un grand classique ici, mais sur le coup ça me fait bizarre. .
Effectivement ça à l'air d'être très répandu par ici. Mais pourquoi???
Je dois dire que moi même je ne comprend pas cette réaction de fondre en larme en lisant et/ou écoutant ces descriptions de HPI adultes ou enfants.
Avant même de passer un test de QI je pense que ca représente un bon indice!!!!

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par lobo » jeu. 21 nov. 2013 13:37

CortO a écrit : Au bout de quelques lignes je fonds en larme. Bon je sais c'est pas original j'ai l'impression que c'est un grand classique ici, mais sur le coup ça me fait bizarre. Kesskisspass?!? Surtout que j'étais au boulot et pas seul dans le bureau. J'me dis bon on se calme :levi . Je prends ma tablette ouvre l'article dessus et je vais m'isoler dans un coin tranquille (Bon le seul coin tranquille du secteur vous imaginez). Et puis je continue à lire cette article. Mais c'est de moi qu'elle parle! Je lis, relis, pleure, repleure pendant une bonne demi-heure. Mais je suis bien. Super bien.
Je retourne à mon bureau et là je peux pas m'en empêcher! Je sais que c'est bidon que ça veut rien dire mais je peux pas m'en empêcher. Je tape "test QI gratuit" et c'est parti! Clic, clic, résultat => "Vous avez une intelligence supérieure (2% de la population)". Non je sais que ça veut rien dire c'est bidon. Oublions. Je sais que ça veut rien dire, ça veut rien dire, ça veut rien dire, ça veut rien dire... mais ça commence à trotter.

Et depuis ça n’arrête pas de trotter! Direct j'achète le livre de Cécile Bost en e-Book (Oui, je suis à l'étranger c'est cool les e-Books!). Avalé dans la journée et ça continue à trotter. Au fur et à mesure j'entrevois tout ce que ça explique, tout ce que ça peut changer... Autre e-Book (Monique de Kermadec). du coup j'ai même pas lu le fameux JSF (existe pas en e-Book, merci Odile Jacob!)

Depuis j’alterne période d’énorme doute et de quasi certitude. Mais surtout je ressens un grand besoin d’avoir des certitudes très vite ! Ca m’épuise... J’ose pas réfléchir trop loin aux implications, trop analyser...

Bref prochaine étape voir si je peux faire un test à mon prochain passage en France. A suivre...
Moi ça m'a remué la première fois que je me suis retrouvé assis autour d'une table avec que des adultes surdoués. Au fil des témoignages, beaucoup de choses trouvaient écho en moi. Des choses que j'avais appris à masquer, à refouler. J'avais moi aussi les larmes aux yeux. Mais au final c'est hyper positif de se dire "non, je ne suis pas bizarre, ces choses que je ressens, d'autres les ressentent aussi". Même si on est tous différents.

Bon courage pour l'attente du test en tout cas.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Kliban » jeu. 21 nov. 2013 22:25

marmotte a écrit :Je dois dire que moi même je ne comprend pas cette réaction de fondre en larme en lisant et/ou écoutant ces descriptions de HPI adultes ou enfants.
Avant même de passer un test de QI je pense que ca représente un bon indice!!!!
C'est rare que j'en pleure, mais l'émotion peut être profonde, oui. Ca parle directement à mon enfance - dont j'ai un souvenir d'anxiété diffuse et de lente prison. Entendre ces choses-là, c'est mettre un nom sur ces souffrances-là - et c'est aussi les reconnaître pour telles : des souffrances.

Mais comme je me regarde le nombril depuis le CP au moins, le côté "t'es qu'un HP" est moins violent que pour d'autres, je sais pas - et puis j'ai dû traverser "t'es qu'un pédé", ça aide aussi :D .
De main gauche à main droite, le flux des savoirs - en mes nuits, le règne du sans-sommeil - en mon coeur, ah, if only!, le sans-pourquoi des roses.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Sauvageonne » ven. 22 nov. 2013 22:19

Pour ma part je considère ma vie comme un film dont je suis l'actrice principale... Cependant le jour où je suis tombée sur des scénarios similaires, ça m'a fait tout drôle. Quand on se croit seul et unique, revivre sa vie dans d'autres récits revêt un côté fascinant. Ma question est : "Ça me fait avancer ou pas?"

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