du temps des premiers murmures...

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Nelle
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Nelle » lun. 28 nov. 2016 15:56

Bonjour bonjour,
^°Kagi°^ a écrit : Une dernière chose ou plutôt deux : même comme ça c'était long alors je ne vous en voudrai pas de ne pas lire jusqu'au bout ma consciencieuse auscultation de nombril.
Ben j'ai lu jusqu'au bout et même que s'il y avait eu d'autres lignes, j'aurais lu encore et encore...tu m'en veux ?
^°Kagi°^ a écrit : (..) ma façon de m'exprimer est parfois assez allumée
Surtout n'éteins pas ta lumière, elle n'est peut-être pas catholique, ni cathodique (oui, bon euh, jeu de mots à la noix :x ), mais surement authentique, c'est le principal !
^°Kagi°^ a écrit :Je ne sais juste pas comment m'y prendre différemment à moins de vous présenter le faux-self lisse que j'utilise en société.
Tu fais comme tu peux, et c'est déja beaucoup.... :)

Je me retrouve tout à fait dans ton 1er murmure : plus à l'aise avec les adultes et les animaux, et ne me satisfaisant jamais d'un simple "parce que" à un "pourquoi"

Tu sembles cheminer doucement vers le test, à toi de voir si tu vas jusqu'au bout. Ce qui est sûr, c'est qu'il permet d'apaiser les doutes, au lieu de flotter entre deux eaux, et de se triturer encore plus l'esprit.
Quant à la peur d'être débile (marqué en rouge sur un papier, par un professionnel, un peu comme une sale note, je l'ai rêvé cinquante mille fois la semaine précédant le test), elle est légitime, d'autres ici pourraient sans doute t'en parler...

Fais-toi confiance.... ;)

... et bienvenue ici :ensoleillé:
si si, les couleurs parlent

^°Kagi°^
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par ^°Kagi°^ » lun. 28 nov. 2016 18:43

Nelle a écrit :Ben j'ai lu jusqu'au bout et même que s'il y avait eu d'autres lignes, j'aurais lu encore et encore...tu m'en veux ?"
Si ça n'était pas le gros gougnigounia insupportable et indigeste :P que j'avais l'impression d'avoir pondu (en tout cas pour toi) je suis un peu rassurée.
Surtout n'éteins pas ta lumière, elle n'est peut-être pas catholique, ni cathodique (oui, bon euh, jeu de mots à la noix :x ), mais surement authentique, c'est le principal !
Non non pas cathodique c'est sûr :lol:
Tu fais comme tu peux, et c'est déja beaucoup.... :)

Je me retrouve tout à fait dans ton 1er murmure : plus à l'aise avec les adultes et les animaux, et ne me satisfaisant jamais d'un simple "parce que" à un "pourquoi"

Tu sembles cheminer doucement vers le test, à toi de voir si tu vas jusqu'au bout. Ce qui est sûr, c'est qu'il permet d'apaiser les doutes, au lieu de flotter entre deux eaux, et de se triturer encore plus l'esprit.
Quant à la peur d'être débile (marqué en rouge sur un papier, par un professionnel, un peu comme une sale note, je l'ai rêvé cinquante mille fois la semaine précédant le test), elle est légitime, d'autres ici pourraient sans doute t'en parler...

Fais-toi confiance.... ;)

... et bienvenue ici :ensoleillé:
Merci Nelle pour ces mots et cet accueil qui me touchent plus que je n'arriverai à l'exprimer :ensoleillé:
Et la peur du test oui bouh, je suis sûre que j'aurais cette tête là de chat angoissé dans le cabinet :rrmiaou:

Miss souris
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Miss souris » lun. 28 nov. 2016 20:44

on parle de chat ? chui là ... (Livingstone va gueuler ...)

moi Kagi, (pardon, j'ai la flemme pour toutes tes particules ...) tes murmures ne me choquent pas du tout, et je n'ai pas ce ressenti d'étalage vantard que tu sembles craindre. Du tout ! Au contraire, je suis très contente d'avoir trouvé une copine de rejet mathématique ...sauf que pour moi, pas de L possible, on m'a envoyée en section scientifique à mon corps défendant. Du coup ton "je fais enfin ce que j'aime" viens de me bandériller les tripes ... mais olé coeurs (désolée, trop tentant !) c'était y a longtemps.
Mais tes murmures font moult échos chez moué ( dans la partie avant la L, évidemment...)

^°Kagi°^
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par ^°Kagi°^ » mar. 29 nov. 2016 16:25

Hors-sujet
Hello miss(s)ouri(s),

C'est Kagi du Fermoir de Monsac qui te parle en tenant à la main sa tasse en porcelet de Chine...
Ça n'est pas tant l'étalage vantard que je crains que l'examen de nombril prolongé qui conduit au vortex identitaire alors que dehors le monde brûle... C'est un peu exaggéré dans les images mais c'est ça dans le ressenti - je ne sais pas si je suis très claire...
Merci beaucoup :ensoleillé: pour ta réponse et le partage d'expérience (je m'en vais de ce pas lire ta prez pour en apprendre plus sur les raisons qui t'ont amenée ici). Et je suis désolée que mes murmures aient réveillé en toi des échos scolaires mathématiques douleureux ("mathématique" et "douleureux" c'est un peu un pléonasme de toute façon :lol: ).

Bear hug :hug: ,

(J'offtpique cette réponse afin de ne pas trop pichater ce fil qui est à tout le monde)

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Pascalita
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Pascalita » mar. 29 nov. 2016 17:15

Hors-sujet
Oui, je sais, ça ne m'était pas adressé, désolée, et oui, je sais, j'entretiens le flood. Mais oui - oh que oui - tu es claire. Très, très claire, même.

fand3
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par fand3 » ven. 2 déc. 2016 14:41

Les premiers murmures viennent d'un sentiment de décalage constant par rapport aux autres, et d'une incompréhension globale du monde qui m'entoure. Un extraterrestre, un terrestre différent des autres terrestres à qui on n'aurait pas donné le mode d'emploi.

Mais le mal-être vient sans doute de mon éducation, de ce que je suis, de ma sensibilité, de mon besoin d'être entouré de personnes qui "vivent la réalité". Juste écouter et ne pas comprendre. Et surtout passer inaperçu, inodore, incolore. Une vision assez triste finalement de mon enfance, de l'adolescence, de l'entrée dans l'âge adulte jusqu'à il y a peu maintenant.

Et puis ce besoin de normalité qui guide mes pas: une scolarité simple et réussie dans la moyenne avec le temps qui passe, sans vraiment me démarquer mais sans vraiment m'intéresser outre mesure, une appartenance sociale faite de groupes de connaissances, pour ne pas parler d'amitiés sincères, de cercles sportifs, avec comme ligne de conduite d'avoir pour mes 30 ans une famille, un travail, une maison. Un couple où je vivote avec ce masque de conformité qu'on revêt chaque jour, à tout moment, pour ne pas se faire remarquer.

Et puis naît l'aîné, et puis grandit l'aîné, silencieusement, à son rythme. Il marche à 16 mois, bien plus tôt que moi, et se tait toujours. Et puis la découverte des mots pour lui et du langage, et de ne plus l'arrêter. Et certains qui se disent qu'il est différent et surprenant par les questions qu'il se pose. Et de me poser la question d'un haut potentiel pour lui. Et de fouiller ma mémoire pour voir si j'étais comme lui étant jeune.

Première déception, j'étais un enfant 'Normal' selon ma maman. Ah bon? Le soufflé retombe.

Et voilà que mon couple s'effondre et que je rentre en thérapie analytique.

Oui, je n'ai jamais trouvé ma place. Oui, même entouré, je me sens affreusement seul. Et incompris. Et quelle est pour vous l'origine? Je n'en sais rien. Et je tourne en rond.

Et puis je me remets en couple. Et étonnamment, je ne me sens plus seul, je me sens compris. Alleluia, enfin. Quelques mois plus tard, la séparation est là, mais le besoin de conserver cette appréhension du monde, ces moments d'euphorie, tout en retrouvant ma solitude, même entouré des autres. Qu'est-ce qui était si différent dans notre relation? Je n'en savais encore rien.

Et une personne diagnostiquée de me conseiller de passer le test, parce que pour lui, je correspond aux autres doués qui l'entourent. Et d'hésiter et de passer le pas. Sans me renseigner au préalable sur le sujet, pour éviter de fausser les résultats ou d'orienter les discussions.

Et le résultat qui tombe, positif.

Et maintenant? J'en fais quoi?

C'était il y a un an...

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Gilles
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Gilles » mar. 6 déc. 2016 20:50

(!) dsl
Désolé pour les fautes d'orthographe, je suis un artiste graphiste qui exprime comme ça son art.
Be happy, Be crazy, Be yourself.

En ligne
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Napirisha » mar. 6 déc. 2016 21:01

:nesaitpas: C'est cool de pouvoir soulager les gens, mais je ne vois pas de rapport avec la douance?
Fournisseuse officielle de documents anciens en tous genres. Maison fondée en 1758. (c) Vlid

Lost again
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Lost again » mer. 7 déc. 2016 00:00

Bonsoir à toutes et tous ,

Je trouve un peu étrange d'écrire içi sur un forum dédié à la douance aujourd’hui...
Je ne pensais pas un jour avoir ne serait ce que l'idée de le faire ..
Premiers murmures …
C'est une expression douce à mes oreilles …

Les premiers murmures remontent à environ 16 ans lorsqu'un jour je regardais et écoutais mon fils .. Cet œil malicieux , cet énergie incroyable et hors du commun ( qui m'a valut d'entendre d'une psychologue scolaire déclarer qu'il était hyper actif . On imagine pas une seconde le combat à mener contre l'administration pour éviter des diagnostics stupides et des comprimés inutiles ) , ces questions si précises et incroyables pour un enfant si jeune, cette capacité à tout enregistrer et tout ressentir, à avoir des notions déjà très poussées en Physique alors qu'il dort encore avec ses doudous ..
J'ai tenté d'en parler mais les réactions de mon entourage furent plutôt ( très) agressives ..
Mon enfant a grandit et a « subit » toutes ces années : l'école où il s'ennuyait et faisait le pitre , l'incompréhension de la famille , des enseignants puis des choses plus graves qui l'ont blessé et contre lesquelles je n'ai pu faire grand chose malgré l'intervention de psy divers qui n'ont jamais pensé une seule seconde à évaluer son potentiel et ont préféré faire des diagnostics plus farfelus les uns que les autres ( Grrrrr) .. Mais je savais que la solution était ailleurs et qu'il fallait juste la trouver pour le libérer enfin … Nous avons fort heureusement toujours beaucoup parlé avec mon grand et je ne l'ai pas perdu en cours de route et je suis honorée qu'il ai continué à me faire confiance ...
La vie est compliquée et les montagnes qu'elle met sur notre route sont parfois dures à gravir ..
Quelques années plus tard , une petite sœur est née à son tour .. Bien qu'étant d'un naturel très différent , ( pas de rébellion chez la demoiselle , une élève parfaite , attentionnée et douce envers tous .. Une adoration de petite gonzesse qui me touche terriblement) là aussi j'ai vu une maturité, une sensibilité, une empathie absolument incroyable et que je connaissais si bien … (Après des années d'explications et de câlins, je crois que cela doit faire à peine 4 ou 5 mois qu'elle ne pleure enfin plus en voyant un SDF par la fenêtre de la voiture !!..)

Les dés étaient faussés , nous vivions à l'époque une tragédie douloureuse car leur papa était extrêmement malade, il nous a quitté il y a un an et demi après un long combat de plusieurs années...
Le temps fait son œuvre , la douleur s'est un peu apaisée et j'ai pu enfin être capable de les regarder eux , eux seuls …
J'ai décidé quelques mois après ce drame de changer nos repères , de changer nos regards et d'ouvrir mon esprit .. Cela m'a sauté aux yeux …
Je me suis donc plongée avidement dans tous les livres , témoignages vidéos sur le sujet HP et entamé des démarches pour les faire « tester »… Plus je lisais , plus le portrait de mes enfants se dessinait sous mes yeux … Et pour être sincère .. Tout ce que je lisais me rappelait aussi ma propre vie .. Enfouie sous des tas de souvenirs , de blessures en tout genre ...

Mes enfants sont HPI.. Les choses sont plus claires à présent pour eux …

Cela l'est beaucoup moins pour moi …
Première question évidente : comment aide t on des enfants HP en ne l'étant pas ??? Gloupss …Gros stress + angoisse ..

Et puis…

La lecture de ces textes , ce regard nouveau sur mes enfants m'a faite me poser beaucoup de questions … sur moi …
Attention séquence : je vais vous soûler avec mon histoire ….

Disons le clairement.. Le murmure est devenu tumulte dans mon esprit ..

Toutes ces idées s'entrechoquent dans ma tête depuis des semaines et les souvenirs surgissent les uns après les autres passés sous ce nouveau filtre …
Est ce là la raison de mon mal être permanent ? Ce sentiment toujours connu de n'être pas à ma place nulle part , d'être « décalée » en permanence ?
Je refais le point depuis des semaines... Une empathie et une sensibilité absolument terrifiantes au point de pouvoir « ressentir » les gens en face de moi , les connaître si bien qu'il m'est parfois même difficile de croiser leurs regards pour ne pas lire en eux comme dans un livre ouvert. Je croyais que tout le monde faisait ça ?? N'est ce pas le cas ?
Vous êtes surs ???
Un cerveau qui ne cesse de tourner en boucle à vouloir me taper la tête sur les murs lorsque j'étais plus jeune pour enfin me reposer. ( Bon .. Je l'ai peut être même fait une ou deux fois, j'avoue ; mais je n'aime pas avoir mal , je n'ai pas tapé assez fort et me suis récoltée juste quelques bosses ) .. Ca non plus c'est pas normal ?? Aie ..

Puis l'âge adulte où l'on apprend enfin à s'intégrer en portant des masques rieurs et courtois , civilisés, patients .. Tous ces masques portés et qui empêche de se sentir soi, juste soi ...

Comprendre des choses complexes ( alors que cela semble évident) et trouver des solutions alors que mes collègues sont encore en train de se gratter la tête en se demandant quelle est la question puis ronger mon frein à en avoir le cœur serré et des envies d'exploser en attendant qu'ils arrivent enfin à cette solution.. :
Attention- silence-on tourne:
Masque patient et souriant + masque de celle qui cherche la solution ( ne pas l'oublier celui là , sinon , j'ai testé pour vous : on devient ironique sans le vouloir et les gens pensent qu'on se fiche d'eux ) ..

(Ps :
Il faut savoir qu'il m'est interdit de m'exprimer en réunion .. Il semble que mon supérieur direct n'apprécie pas mes interventions , rien de nouveau sous le soleil , j'ai changé mille fois de boulots et c'est la même histoire .. Je les agace sans comprendre pourquoi d'ailleurs..
Attention- silence- on tourne :
Masque je souris et je comprends parfaitement + masque : cela ne me touche pas du tout + je vais donc me taire et griffonner sur mon carnet car c'est toi le chef.. Ne pas oublier de baisser les yeux sinon .. Retour au risque de a scène précédente )

Avoir passé toute mon enfance sans ami jusque presque la majorité car incapable de nouer le moindre contact avec des personnes qui me regardaient comme une extra-terrestre , les mêmes personnes pensant de moi que je suis dure Et froide Et sans cœur ,( oui je sais ça fait beaucoup mais il faut ce qu'il faut) ...Alors que mon âme est un cristal si fragile que j'ai l'impression qu'il se brise en mille morceaux à chaque information que je vois au journal télévisé montrant des visages malheureux, à chaque regard réprobateur que l'on me porte etc ...
Attention- silence-on tourne:
Masque : Etonnement : vraiment ?? Quoi ??Mais non voyons !! + masque je te rassure en te faisant de grands sourires + masque je suis juste un peu sauvage , indomptable + grands éclats de rire .. Une bière par dessus en se tapant dans le dos et tout va bien ...

ne pas être fichue de comprendre des trucs tout simples comme cette super blague qui fait rire tout le monde mais que franchement , on ne comprends jamais ..
Attention- silence-on tourne:
Masque: Rohlala , c'est super drôle , là je vais bientôt faire dans ma culotte !!! + masque : j'ai tout bien compris , suis pas demeurée + trouver vite fait un autre sujet , on ne sais jamais , on pourrait me demander ce que je suis censée avoir compris .. ( pour info , me suis déjà faite avoir , c'est très désagréable)

Bref , bref , bref … Il y en a tant encore à dire … Et ce message est déjà si long .. Pardon , pardon , pardon ….

Tous ces souvenirs surgissent et se bousculent .. Cela me stresse beaucoup d'autant que cela bouscule surtout ce que je pense être à la base .. Aucune connaissance , juste un caméléon qui s'adapte à son environnement , pas d'intelligence...
Une immense angoisse finalement à laquelle je vais mettre un terme en passant à mon tour ces tests .. La psychologue me soupçonne d'être « largement HP », on va voir .. NAN mais oh !!!
Mais l 'idée que je puisse vraiment l'être me file un peu ( beaucoup … passionnément) les « jetons » … Car si elle a raison .. Je suis juste passé à coté de moi depuis .. 46 ans .. et au moins 43.. ( oui .. Je me posais déjà des questions sur mes comportements sociaux à cette époque là ..) …
Ouhhh laaaaaaa .. Je vais me coucher avant la prochaine montée d'angoisse...
Masque : je ne sens rien , j'ai pas peur , tout va bien, je vais bien , tout va bien je vais …

Pardon pour ce long message, suis méga bavarde et ce doit être gavé de fôôôtes d''or tôt graph en plus ( et la flemme de me relire pour tout dire) ( Vous comprenez mieux mon directeur tout à coup hein ?? )
.... Et toutes mes félicitations à ceux qui auront eu la patience de le lire ..
"l'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites"
A. Camus

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par carine » dim. 8 janv. 2017 17:57

Les premiers murmures en lisant des livres et des articles sur le sujet pour mieux comprendre mes élèves EPI.
Et en lisant les livres, l'impression d'avoir les pièces du puzzle de ma vie qui s'imbriquaient ! L'impression que cela expliquerait beaucoup d'événements de ma vie...
En questionnement actuellement et l'idée devient tellement présente que je me renseigne pour trouver un psy qui puisse me faire passer les tests...
Cela me tient également à coeur car j'ai un neveu de 3 ans qui présente également des signes d'EIP (à 30 mois il fait déjà de l'humour! et pose des questions pertinentes).... alors si ça peut l'aider lui aussi, mieux vaut que je le sache.. :inlove: :inlove: même si je crois que ce serait très difficile d'en parler aux parents... mon frère présente aussi beaucoup de caractéristiques d'un HP, il a raté sa scolarité et j'ai bien peur qu'une telle révélation soit un réel choc....
dans mon cas, j'ai la chance d'avoir réussi ma scolarité et de faire un des métiers qui me plaît. C'est surtout dans les relations, que les pb surgissent...
Bon dimanche! :ensoleillé:

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Demosthene » mar. 17 janv. 2017 08:08

Une famille atypique, un parcours très typique d eip, des difficultés pour faire avec les autres, détecté e très jeune par le corps enseignant, mais refus de la part de ma famille de faire un test. Sentiment d'être anormale, limitée, passage par la case psy... Qui me presse de faire un bilan QI .. Je n'arrive pas à l'époque à imaginer que mes difficultés avec les autres peuvent se "traiter" avec cela. Voilà pour les premiers murmures.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Lulllaby » mer. 18 janv. 2017 13:28

Je voulais attendre les résultats du test pour participer au forum, mais ayant raté l'heure du rendez-vous, et me retrouvant avec un nouveau rendez-vous dans un mois seulement, je craque, moi aussi j'ai envie de participer ! ;-)

Si j'ai eu plusieurs fois l'envie de faire tester mon QI par curiosité, je n'ai jamais pensé que je pouvais être surdouée, puisque je pensais que surdoué = génie, et génie je ne suis point, c'est certain !

Mais comment donc l'idée a t-elle pu germer ? Une amie, se pensant elle-même surdouée, me l'a glissé à l'oreille lors d'une conversation et a balayé la fausse idée que je m'en faisais dans le même temps. Je suis ensuite allé farfouiller sur internet, et j'ai vite compris que seul un test avec un psy pouvait répondre.

Dans ce temps, j'ai revu au crible certains souvenirs, événements et traits de personnalité, qui me font parfois penser que peut-être..
C'est cette relecture orientée que je vais appeler mes premiers murmures..

C'est vrai que j'ai de très anciens souvenirs d'enfance ( ce qui me semblait courant, mais en demandant à d'autre pas tant que ça..) dont les 2 premiers remontent à entre 2 et 3 ans. La maternelle j'en ai plein..

En colonie de vacances (9ans), des moniteurs m'observaient mais je n'ai pas vraiment compris pas ce qu'ils me voulaient : ils me faisaient chanter les chansons que je connaissais par cœur ( Brel, Les enfants terribles, Higelin..) et me demandait en gros "si j'étais toujours comme ça"..
Je me souviens de cette prof de physique quand je voulais devenir astrophysicienne qui avait dit à ma mère que son fils aussi, mais qu'il était loin d'avoir mes capacités..

On me dit souvent ailleurs, absente, différente, j'ai même eu le surnom adulte : "I believe I can fly" ! :rofl: Dans le fond, je n'ai jamais vraiment compris de qu'elle différence ils parlaient : on est tous différent, c'est logique.

Et puis je me souviens parfaitement de cette boulimie de lecture (13 ans) qui m'empêchait de dormir, j'avais même acheté du "Guronsan" pour ne dormir que 3 - 4 heures par nuit, dans l'idée de pouvoir ainsi apprendre un maximum de choses..
Je lis Freud, Herman Hesse, Kundera, et découvre les peintures de Vermeer, de La Tour, en écoutant toujours le même cd d'Ella Fitzerald, ça me transportait. Je découvre un monde culturel riche et passionnant, ou le beau, la recherche de la perfection, le questionnement, l'intelligence ont leur place, ce qui n'était pas le cas dans mon environnement..
J'étais malheureuse dans ma vie, mais tellement bien dans cette effervescence intellectuelle, et je la regrette souvent.

C'est vrai que suivant les professeurs, mes matières de prédilections changeaient d'années en années, et c'est comme ça que je suis passé du rêve de psychologue (6em), à astrophysicienne (5em-4em), à psychanalyste (4em-terminale) pour passer un bac Économique, prendre option latin et grec au collège, et finalement quitter la fac de psycho au bout de 3 mois, direction l'Angleterre, brûlant d'impatience de découvrir la Vie, le Monde, les Différences..

Puis, impossible pour moi de rentrer dans le moule : découverte de la liberté, de la nuit, des drogues, de la musique qui défoule, des voyages, des aventures folles, des problèmes de santé, des amours toxiques, de l'anarchisme et du rejet violent d'un monde injuste. Mais les questions existentielles ne disparaissent pas..
Aux grands maux les grands remèdes : j'entame alors un lourd travail d'anesthésie cérébrale en me lançant éperdument dans une carrière de punk à chiens. J'attends la révélation en gribouillant sur des carnets les stupides délires issus de mes déboires, et je constate qu'à part m'être perdue en route, rien n'a changé, au fond c'est toujours le même bordel.
Je décide de changer de vie et de tout arrêter.

C'était il y a 10 ans, entre temps j'ai été aide-soignante et depuis 4 ans je suis madame la commerçante, bien-pensante, bien-gentille, et évidement, je m'ennuie à mourir et je ne rêve que d'une chose: faire autre chose... Comme toujours !

Alors si cette relecture faisant office de murmures améliorés pouvaient s’avérer concluante, je crois que ce serait un formidable moteur pour relancer la machine et qui sait, retrouver cette chère effervescence perdue ?

Merci d'avoir lu ce gros pavé jusque là, en espérant qu'il y soit à sa place..
:elepb:
"Life is what happens to you while you’re busy making other plans" John Lennon

(La vie est ce qui vous arrive pendant que vous êtes occupé à prévoir autre chose)

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Za » mer. 18 janv. 2017 13:53

Lulllaby a écrit : Et puis je me souviens parfaitement de cette boulimie de lecture (13 ans) qui m'empêchait de dormir, j'avais même acheté du "Guronsan" pour ne dormir que 3 - 4 heures par nuit, dans l'idée de pouvoir ainsi apprendre un maximum de choses...
:o
Ah bah celle-ci c'est la première fois que je l'entends/la lis !! :D
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête...
J. Prévert

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par moyenbof » dim. 22 janv. 2017 13:50

Je me lance, première participation à ce beau forum, post topic de présentation (au passage, je vous re-salue tous!).

Les premiers murmures se sont produits il y a seulement quelques mois de ça, à la lecture d'un article de presse qui traitait du sujet de la douance. Comme je l'ai expliqué dans ma présentation, je ne me contente jamais d'une unique source d'information, je continue d'approfondir mes recherches.
Je me sens très vivement interpellée, beaucoup d'indices...

Encore maintenant, quelques mois après la première pichenette dans le museau, dès que je m'éloigne quelques temps du sujet, j'oscille entre "c'est pas possible, tu te fourvoies" et dès que je m'approche de nouveau du sujet "il y a quand même des choses étonnamment proches de mon fonctionnement dans tout ça, faudrait peut-être vérifier".
Comme je commence à en avoir impérialement marre de tanguer, je prévois d'ici quelques temps de faire un bilan parce non mais oh. Suffit.

Je me suis retrouvée dans un bon nombre de particularités de cette liste :
http://www.douance.be/douance-ahp-caracteristiques.htm

-Hypersensibilité , extrêmement susceptible.
-Intensité - hyperstimulabilité (niveau de réaction plus élevé aux stimuli, être "plus " tout : plus rapide, plus agité, plus attachant, plus exigeant, plus généreux, plus impatient, ...).
-Hyperesthésie ou exacerbation des cinq sens (hyperréactif aux stimuli sensoriels): je dirais globalement oui.
-Curiosité exceptionnelle. (forte curiosité selon le sujet, exceptionnelle...je ne sais pas)
-Imagination débordante, grande créativité. (imagination et créativité, oui, pour ce qui est d'apprécier ou mesurer l'intensité des deux aspects, j'ai du mal)
-Grande capacité d'observation, note les plus petits détails.
-Intérêts très variés, saute facilement d'un domaine à l'autre.
-Peut faire plusieurs choses en même temps (suivre deux conversations en parallèle, parler et écrire, rêver et pourtant écouter, ...).
-Recherche la compagnie de personnes plus âgées. OUI.
-Capacité d'attention, persévérance : forte si l'intérêt y est; faible, voire nulle, sinon.
-Grand sens de l'humour (et humour très particulier, souvent incompris).
-Rapidement frustré s'il ne trouve pas les personnes ou les ressources pour réaliser ses grandes idées.
-Grand sens de la justice, de l'équité, moralité. Intolérance à l'injustice, pour lui et pour les autres.
-Respect des règles bien comprises ("logiques"), mais tendance à questionner l'autorité non fondée.
-Idéalisme, altruisme, compassion.
-Grande capacité de raisonnement/résolution de problèmes.
-Rapidité d'apprentissage.
-Méthode d'apprentissage particulière, surtout en math et en lecture.
-A lu très jeune et avidement.
-Vocabulaire extensif. (---du mal à jauger)
-Excellente mémoire.
-Bon en chiffres, puzzles, ... (en chiffres, certainement pas!)

Alors, bon, si ces caractéristiques constituent véritablement des indicateurs, en effet je me sens globalement représentée.
Ce ne sont pas les seuls indicateurs qui se sont mis à clignoter, je suis de plus en plus pressée de faire un bilan.
Pour savoir, pour moi-même. Si j'étais au final surdouée, cela ne changerait sans doute pas totalement ma vie, ce serait en revanche quelque chose de fort, une vraie découverte...
Je suis dans une démarche de redirection positive de ma vie, je me suis sortie d'épisodes de souffrance intenses (ça a pris du temps mais je crois avoir enfin trouvé moyen d'activer de précieuses ressources intérieures et extérieures). L'amélioration de mon estime de moi-même, je veux qu'elle vienne de là avant tout.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par W4x » dim. 22 janv. 2017 17:58

Comme tu le dis ça doit s'inscrire dans une démarche plus globale de (re)découverte de soi, et les indicateurs ne constituent qu'un prisme de lecture qui doit être repris avec le praticien que tu verras. Et que ça doit participer d'une volonté générale de travail sur soi et l'estime de soi.
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par moyenbof » lun. 23 janv. 2017 10:00

W4x a écrit :Comme tu le dis ça doit s'inscrire dans une démarche plus globale de (re)découverte de soi, et les indicateurs ne constituent qu'un prisme de lecture qui doit être repris avec le praticien que tu verras. Et que ça doit participer d'une volonté générale de travail sur soi et l'estime de soi.
Exactement. Le bilan, c'est quelque chose qui s'incorpore à une démarche de redécouverte de ce que je suis. Quel que soit le résultat du bilan, j'aurais appris.
Je vois une psychologue depuis peu, il me semble qu'elle fait des bilans. J'en parlerai avec elle d'ici quelques séances, je suis initialement venue à elle dans l'optique principale de discuter de mon anxiété (qui prend sa source à l'adolescence, avec une première crise de spasmophilie autour de 14/15 ans qui m'a menée aux urgences car ma mère ne savait pas ce qui m'arrivait et moi non plus).
Je lui ai parlé et en est ressorti qu'elle estime que j'ai une grande capacité d'introspection et qu'elle ne peut dans un premier temps que faire de la "reformulation" de ce que je dis puisqu'en gros, je lui ai donné la problématique et la source.
Pour le moment je n'ai fait qu'une séance avec elle. Je me voyais mal lui parler de mes questionnements, d'entrée de jeu, donc j'attends.
Il faut qu'elle puisse se faire un début d'idée de ma manière de fonctionner, elle sera peut-être apte à me dire si ces questionnements ont, d'après elle, raison d'être.
Si je sens qu'il vaut mieux que je m'oriente vers une psychologue vraiment spécialisée, je le ferai.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Troglodyte-mimi » sam. 11 févr. 2017 15:41

Bonjour à tous,

Allez, je me lance dans la N+1 nième version de ces premiers murmures. Au passage, j’aime beaucoup l'expression de premiers murmures, bravo à l’inventeur (trice) !

Pour ma part quand je pense à ce chemin sur lequel je me trouve encore, ce qui me viens à l'esprit est une musique classique de Smetana intitulée : Vltava, mais plus connue sous son nom allemand de la Moldau. Ce poème symphonique décrit le cours de la rivière éponyme qui traverse Prague. (Pour ceux qui voudraient l'écouter, il y a un lien dans Wikipédia qui permet de le faire)

Au départ, deux sources, un murmure doux, auquel on prête à peine l'oreille... Il me fait penser aux premières allusions de la personne qui me suit et qui la première m'a demandé si je n’avais jamais entendu parler de Haut Potentiel/douance, etc.
Une musique qui est revenue, au cours de plusieurs séances et qui petit à petit, a fait son lit dans mon cerveau comme la rivière dans la forêt. Sans heurt, mais de jour en jour plus présente, malgré la très forte tentation de bien vite enterrer cette saugrenue allégation.

Puis vient le passage parmi les villageois avec les danses et la polka qui pour moi est une très belle métaphore de ce que j'ai pu ressentir en lisant votre forum en sous-marin... J'avais trouvé des gens qui semblaient avoir beaucoup de caractéristiques communes avec moi, s'intéressaient à tout, faisaient danser les idées et le partage croquaient la vie à pleine dent ne trouvaient pas étrange qu'on puisse avoir une curiosité sans fin, une sensibilité un peu exubérante, qu'on aime peindre, dessiner, discuter, refaire le monde, avoir des idéaux sans pour autant vouloir les imposer à tous, qu'on puisse sauter du coq à l'âne sans être considéré comme « vraiment bizarre », pour qui dévorer un livre sans s'arrêter n’était pas une tare vraiment incompréhensible, ni aimer s'isoler juste pour s'entendre pense, ni associer des couleurs à des évènements... bref en vous lisant je me suis d'un coup sentie moins seule. Et comme la rivière j'ai traversé le forum dans la joie en me disant que finalement cet effort constant que j'avais l'impression de faire depuis toujours pour rentrer dans des cases qui ne me contenaient jamais totalement n'était peut être pas si inexplicable que cela et que peut être...


Je me suis alors laissée porter, comme le thème qui évoque les nuits magiques de la Bohême, à rêver à tous les possibles en terme de compréhension de moi-même et de mon parcours. Involontairement, j'ai commencé à lister toutes ces choses auxquelles je n'avais jusque-là pas vraiment prêté attention et qui pouvaient faire penser que peut-être... Alors j'ai pris la décision de passer le test.

Je pensais que là s'arrêteraient les murmures, mais


Comme le cours de l'eau continue, la rivière atteint une zone tumultueuse, emportée dans un lieu qui gronde, bouillonne, tourbillonne. Les murmures sont devenus vacarme infernal entre effet barnum et questions sans fin c'est assourdissant épuisant et pourtant tout au fond en prêtant l'oreille, le thème principal de cette eau qui coule est toujours là bien présent…

Pour la Vltava la suite est une sortie de la zone grise et agitée. La rivière traverse la ville de Prague majestueusement et le thème s'y développe magnifiquement. J'aime la fin de ce poème symphonique qui s'adoucit jusqu'à devenir à nouveau murmure promesse de lendemains qui chantent...

Le thème évolue au cours de ce poème, pourtant chaque auditeur est capable de le reconnaitre malgré les variations. C’est ce que je nous souhaite à tous ! Rester nous-mêmes tout en ayant évolué grandit!
Ces murmures ont une raison d'exister ici et maintenant, ils sont un appel à une meilleure connaissance de soi, une mise en route une traversée... L'eau qui jaillit à la source dans un chuchotement à peine audible ne sait pas où elle finira, mais un jour comme toute (ou presque) eau de source elle rejoindra la mer ou l'océan.
Souhaitons qu'il en soit de même pour tous ces murmures qu'ils nous portent vers de nouveaux horizons qu'une meilleure connaissance de nous-mêmes nous permettra d'explorer...
Bon Weekend,
Troglodyte-mimi

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Sherryn
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Sherryn » mer. 28 juin 2017 17:05

Quand j'avais dans les 10 ans, mes parents s'étaient interrogés car j'avais trop facilités à l'école, et ils m'avaient surprise une fois en train de faire les devoirs de mon frère (5 ans plus agé). Ils m'ont fait passer un test de QI dont on n'a pas eu les résultats, ce qui les a déçus et ils ont laissé tomber ensuite. Le sujet est tombé dans l'oubli quand j'ai commencé à avoir de sérieuses difficultés scolaires vers 13-14 ans, qui n'ont cessé de s'aggraver par la suite...
Je suis revenue au HP récemment à cause d'une amie qui m'a signalé que j'étais HP selon elle (elle était prof et avait dû suivre une formation continue à ce sujet). Je n'ai pas approfondi le thème et je l'ai oublié totalement pendant plusieurs mois. J'y ai repensé plus tard, quand je faisais du jeu de société, j'ai découvert à un moment que ma manière de jouer était complètement différente des autres parce que je réfléchissais pas de la même manière, et du coup j'étais incapable de parler de stratégies avec les autres. Cela a été pour moi une révélation, je me suis posé plein de question du type : "C'est COMME CA que réfléchissent les autres gens ??", "Qu'est-ce qui est différent chez moi ?". J'ai donc repensé à cette histoire de HP, et une simple recherche sur Google m'a permis de trouver les fameuses caractéristiques comportementales dans lesquelles je me suis identifiée immédiatement à 95%. J'ai décidé d'approfondir mes recherches avec quelques livres et j'étais de plus en plus convaincue, j'ai donc décidé de passer un test le plus rapidement possible pour vérifier mes soupçons.
Et voilà.

Après l'anamnèse avec la psy, j'ai été interroger ma mère car je ne savais pas à quel âge j'avais commencé à parler. J'ai alors appris que je m'étais développée anormalement vite : premiers mots (au pluriel, oui) à 9 mois, phrases complètes et construites à 12 mois, marcher à 9 mois également. Mes parents n'avaient pas trouvé ça particulièrement bizarre :nesaitpas:

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Aubépines.
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Aubépines. » ven. 15 sept. 2017 22:34

C'est étonnant d'oser reposter un peu par ici, presque un an et demi après m'être présentée... Frustrant et triste aussi, de constater que rien ne s'est vraiment passé depuis.

L'hypothèse de la douance est un sujet que j'ai toujours pris le plus grand soin d'enfouir, depuis les premiers murmures. Je n'ai pas été une jeune élève que l'on remarque : mes bulletins me désignaient toujours « discrète », « effacée », « appliquée », de celles et ceux qui n'osent pas vraiment se cogner aux gens et qui préfèrent faire le travail demandé, pour ne pas froisser. On distinguait bien certaines capacités, certaines rapidités, des intérêts virant à l'obsession, ici et là, mais j'étais trop inhibée pour que l'on tente d'abaisser son nez sur moi, je crois. Pour le reste de mes camarades, j'étais juste à l'écart.
Je ne me souviens pas avoir jamais réellement travaillé, profondément travaillé jusqu'au fond des choses, hormis en mathématiques. Tous mes efforts d'alors n'y pouvaient rien : je ne comprenais pas le sens, la forme, le but. Mes résultats étaient désastreux et je pense conserver aujourd'hui pour les chiffres une rancune particulièrement tenace ... Il serait honnête d'écrire que je ne sais pas compter, vraiment compter, et dès qu'il s'agit de faire, je fuis. Je cache ma crainte de ces symboles que l'on retrouve partout et qui savent, eux, quantifier les choses, les gens, les biens. C'est ironique, quand on y pense, de songer à se faire tester pour rentrer dans une case, pour étiqueter un nombre sur ce que j'ai dans la tête.

Mon parcours a été une ligne droite jusqu'à mes 19-20 ans, mes premières études. J'étais par essence celle qui se débrouille seule et celle pour qui « on ne s'en fait pas ». Pas de tempérament rebelle, pas de volonté réelle de dire non... Les concours que j'ai dû passer pour y rentrer m'ont laissé un goût amer. On s'y attendait, à cette petite réussite sans vraie lumière. C'était juste moi.
Une fois le nez dedans, mon hypersensibilité m'a rapidement fait comprendre que je ne tiendrai pas le choc pour toute une vie. Je souhaitais me spécialiser en psychiatrie, par intérêt, par curiosité - cette curiosité de tout, toujours - mais j'avais envie de pleurer en permanence, face à ces gens qui avaient besoin de moi, qui me nécessitaient. Je n'étais pas sûre de pouvoir me combler moi-même. Sur un coup de tête, j'ai passé un autre concours, un rêve de gosse, et je l'ai eu. Je suis partie. De ces deuxièmes études, par passion pure, je retiens mes lacunes immenses, ma mémoire pleine de trous, la sensation de ne pas être assez, savoir assez, retenir assez - retenir trop de détails qui ne servaient jamais, au détriment de ceux qui devaient compter. Mon incapacité à faire le tri. Je suis partie, sans avoir fait mon deuil. De mes troisièmes études, plus calmes, plus rationnelles, je retiens un joli diplôme bien mené, après tant d'années. De mes études actuelles... une autre passion, grignotée sans cesse par mon travail, mes travaux, ma fatigue de tout.

Je mens un peu. De mes études, de mes boulots, il y a eu certaines remarques, certains coups d’œil, certains débats... Mes tous premiers véritables murmures. J'en retiendrai deux, les plus difficiles, émotionnellement parlant.

Le premier date d'il y a quelques années, dans le bureau d'un professeur d'université que je ne connaissais pas - j'effectuais déjà mon cursus à distance, à l'époque, pour pouvoir travailler. Mes névroses ne s'accommodaient pas bien du tout de cette méconnaissance absolue des lieux, des gens : je me rendais aux examens en sachant que ces contacts seraient uniques, que je n'avais de mon côté que des moments de preuve, de production. Je prenais le train, restituais un travail, et repartais.
En cette fin d'après-midi, je passais un examen de Littérature Comparée. J'ai tiré un sujet au sort - qui m'a plu, pour lequel je devais et je pouvais me battre -, on m'a enfermée dans une salle durant deux heures, puis amenée dans le bureau d'un Monsieur à lunettes. Je me savais rouge, j'avais chaud, mes brouillons étaient anarchiques... Rien de bien inhabituel, pour qui me connaît. La pression et moi avons toujours entretenu un rapport étrange : elle me galvanise, et je la hais.
J'ai sorti mon travail d'une traite, très vite - mon plan (ma bête noire, mon incapacité à faire le tri), ma lutte, mes citations, mes ressentis - et le Monsieur m'a regardé d'un œil qui ne m'a pas plu du tout. Je me suis rendue compte que ma restitution avait duré une heure, qu'il aurait dû m'interrompre, qu'il avait la moue des gens qui ne sont pas vraiment contents.
Il m'a demandé « ce que faisais là ». Je me suis sentie tellement idiote, persuadée d'avoir fait un hors-sujet gigantesque, que je me suis excusée. Il n'a pas compris que je ne comprenne pas, mais il a fini par sourire un peu. « Je n'aurais pas voulu être dans votre tête, mademoiselle. »
Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a dit le plus naturellement du monde que le travail que je venais de produire en si peu de temps était digne d'une agrégation, pas d'une licence, et qu'il ne s'attendait pas à cela, de personne. Il m'a demandé si j'étais HP, si je m'étais interrogée, m'a avoué qu'une partie de son entourage travaillait dans ce domaine... En me voyant sur le point de fondre en larmes en ne sachant pas répondre à « ce que je voulais vraiment faire de ma vie », il m'a conseillé de lire le fameux Trop Intelligent Pour Être Heureux. J'ai noté ça dans une marge et suis sortie du bureau en ne voulant plus jamais y remettre les pieds.
Bien plus tard, des années plus tard, je suis retombée par hasard sur mes brouillons, dans un tiroir - ma manie de ne jamais rien jeter, mon incapacité à faire le tri. J'ai repensé à ce livre, l'ai trouvé sur internet, l'ai lu, ai pleuré, ai découvert ce forum, ai pleuré... Je ne suis pas très difficile à saisir.

La possibilité de me faire tester, en revanche, me paralyse toujours. J'en ai appris plus, en m'attardant ici, en ouvrant grand les yeux, mais la conviction - profonde, sincère - d'être naïve me tient toujours autant à la gorge. Je n'ai pas avancé d'un pouce.

Le deuxième murmure majeur s'est produit il y a tout juste une semaine, complètement par hasard. Une nouvelle maman s’est approchée de moi, dans la bibliothèque où je travaille, pour me demander conseil... Elle m’a parlé de sa fille dyslexique, et nous nous sommes tout naturellement attardées avec intérêt sur ce sujet - fruit de mes toutes premières études. Avec le temps, elle s’est étonnée que je puisse en parler un peu, s'est intéressée à mon parcours, a commencé à rire de le savoir si chaotique. Je n'en ai pas dit trop, par pudeur, et n’ai certainement pas compris, à ce moment, quand elle m'a interrompue en me disant d’un air entendu : « Et en plus, vous parlez vite. »
Elle-même parlait très vite, avec ses mains, avec son corps, elle sautait du coq à l'âne, et je trouvais sa logique – ou son absence de logique - bouleversante. Elle m’a demandé à son tour si j'étais HP, et je lui ai répondu que j’étais bien trop gauche pour penser pouvoir prétendre à cette étiquette. Elle m’a arrêté : « on n'y prétend pas, on se l'approprie, on peut l'apprivoiser. »
Elle m’a dit être une HP tardivement diagnostiquée, qu’elle s'était longtemps crue « folle ». Elle débordait d'énergie pure tout en me disant que tout la fatiguait en permanence. Elle riait. Quand elle me posait des questions, mes réponses lui paraissaient visiblement les plus naturelles du monde. Nous terminions souvent nos phrases, et je crois pouvoir écrire que ce moment vécu était d'autant plus absurde que je le trouvais profondément à sa place, là, au milieu de mes rayons de livres.
En partant, elle m’a dit très vite des choses qui m’ont une fois de plus fichu les larmes aux yeux, de jolies choses pour qui n’a jamais mis la main sur qui je suis. Elle m’a soutenu qu’il était indispensable pour moi de créer, de lâcher-prise, puis elle a enfin claqué la porte en me disant qu’elle « y laisserait son bras ».

Ce professeur ne m’a pas connue, et cette dame ne me connaît pas. Je ne parviens pas à croire que ces murmures puissent un jour aboutir à un diagnostic réel, reconnu, à ce test que j’aurais osé passer. Les choses importantes me tétanisent, et cette étiquette – quelle qu’elle soit – serait importante pour moi.
(Ce message est si long... Mon incapacité, toujours, à faire le tri.)

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par MiniGnome » ven. 27 oct. 2017 23:38

Les premiers murmures... vaste sujet.

Au delà de tous les micros signes qu'il nous est possible de relire une fois que l'hypothèse est sérieusement envisagée, il y a ces faits marquant qui reviennent.

Le premier murmure :
Malgré toutes les autres anecdotes le véritable premier murmure est arrivé en tant que jeune adolescent (où terrorisé de la réponse potentielle) j'ai demandé à ma mère s'il ne me manquait pas une case, si après toutes ces années où je m'étais persuadé d'être à peu près comme tout le monde, au final je n'étais pas handicapé.
Cette parenthèse a été dès lors vite refermée par la réponse que j'ai eu, et puis par mes craintes d'être "anormal". Dès que la question revenait intérieurement il s'agissait d'en trouver d'autres plus urgentes auxquelles répondre. Et j'ai fini par devenir comme ce que je percevais être "normal". Normal, mais parfois un peu trop émotif (tant pis c'est comme ça, et il fallait lutter pour masquer au mieux tout ça).

Les murmures suivants :
Près de 20 ans plus tard (il y a un an maintenant), mon inconscient trouvant enfin une faille dans les mécanismes mis en place, tout à volé en éclat. Un travail de reconstruction a démarré dès lors, accompagné pour la première fois par une psy. Les sujets sur lesquels je veux travailler avec elle, se révèlent étrangement inadaptés. Puis relativement tôt, la psy me parle d'intuition à écouter ("c'est quoi cette approche ?! L'intuition ça fonctionne peut être chez les autres, mais nada pour moi").
Un peu plus tard, toujours en douceur elle finit par faire état "d'un cerveau qui fonctionne bien" ("comme tout le monde au final, et ça nous avance à quoi de beau?")

Puis un ami HP (qui commençait à assumer sa manière de fonctionner) a abordé à de multliples reprises cette thématique mais toujours de manière détournée et en s'affublant d'un drôle de nom d'animal "###Charcutier-zingueur en reprise d’études ###". Et lorsque c'était le cas, il y avait cette manière de me scruter plus en profondeur ("Tiens c'est étrange ce dont il parle, il doit voir le monde d'une autre manière. En tout cas c'est super pour lui car il a l'air apaisé par rapport à avant")

Le cri :
Un soir (le 22 juillet dernier) après le taff, on se retrouve avec cet ami de manière improvisée. Suite à une boutade de ma part sur ces caractéristiques d'animal rayé, il pose les cartes sur table. Décrivant sans détour toutes les caractéristiques dans lesquels il s'identifiait, puis en basculant sur la perception qu'il avait de moi, il me demande simplement et purement si je ne me sentirai pas concerné. Comme bon nombre d'entre vous, j'ai esquivé la question avec une blague improvisée à l'arrache. Mais j'étais foutu : il venait tout bonnement de me hurler à l'intérieur de moi-même un truc que je ne pouvais pas comprendre mais qui faisait énormément de vagues.
A la fin de la soirée il me conseille la lecture de TIPEH, je me promets d'envisager la question... un jour.

L'écrit... les cris... les crises :
Le lendemain, après une nuit agitée par la machine à question qui s'était emballée, je cours dans une grande enseigne heureusement ouvert le dimanche (bouhhhh, pas bien!) Alors qu'habituellement j'aime prendre le temps de savourer chaque ligne, m'imprégner du texte et de son contenu, je suis pris d'une compulsion boulimique et avale l'ouvrage à trois reprise durant les nuits de la semaine qui suit. Le bouquin m'a retourné les trippes de l'intelligence au dehors de moi-même, j'y découvre certains aspects de ma personne et certains aussi des membres de ma famille.

Vient le moment que chacun a connu : le doute. La recherche dans tous les sens, la boulimie d'information continue. Tantôt "oui", tantôt "non".
Fin août, après plus d'un mois à affronter cela seul J7/7 H19/24, j'ose m'en ouvrir à la psy qui abonde dans ce sens. La relecture de ma vie se poursuit.

Puis vient le moment que chacun redoute : le re-doute! Une seule solution pour pouvoir espérer y mettre un terme, après l'avoir fuit pendant 1 mois : la WAIS. Mais ça ce n'est plus de l'ordre du murmure et c'est une autre histoire.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par cyrilcyril » dim. 21 janv. 2018 11:05

Ce sujet est passionnant, merci à tous pour vos réponses. Certains points sont très frappants, et aident à comprendre toutes les implications.

En ce qui me concerne, point de murmures :
Début 2017, mon épouse envisageait une éventuelle douance concernant ma fille de 9 ans, souvent dans un état de mal-être. Déni immédiat de ma part : encore un sujet à la mode, comme l'hyperactivité, pour masquer d'autres lacunes comme le manque d'obéissance, la fainéantise, ... qui permet de rassurer les parents et ne pas remettre en cause leur éducation défaillante. Obtus, moi ? Avec le recul, surtout une difficulté à tolérer chez les autres les "faiblesses" que je ne me suis pas autorisé.
Donc ma fille passe le WISC au printemps : diagnostic négatif. Dommage, on avait une piste plausible. A l'époque je traverse un souci de santé, donc ça me passe au-dessus, sujet clos. ...
Puis durant les vacances d'été, un voisin de camping surdoué qui avait observé notre fille, nous intercepte juste avant notre part : "Avez-vous envisagé la douance pour votre votre fille" ? La claque...
Mes soucis de santé étant réglés, je décide d'étudier le sujet plus sérieusement à travers livres et sites, tout en échangeant avec ma femme. Un soir, détail amusant relevé sur un site : L'origine de la douance n'est pas précisément connue, elle pourrait être héréditaire. Et là, Madame me balance : "de toutes façons, toi tu es surdoué". Ça ne m'avait même pas effleuré l'esprit en parcourant des pages entières caractérisant le fonctionnement des surdoués. "Moi ? Non !"
La graine était plantée, et vous devinez la suite: J'avale les sujets sur l'adulte surdoué... et si... pourquoi pas... ça expliquerait tant de choses... mais c'est trop facile... et horriblement prétentieux... mais quand même... Je passe quelques semaines à peser le pour et le contre. Je me finis par me persuader que c'est la piste la plus plausible, même si je n'ose y croire.
Je me décide à passer le test rapidement, j'ai un premier rendez-vous en décembre, je le passe en janvier. Diagnostic positif, sans appel.

Il s'est donc passé 5 mois entre la première interrogation et la confirmation. Et point de murmures comme je disais, mais tout un faisceau d'indices qui auraient pu me mettre sur la voie plus tôt, si je n'avais pas toutes ces croyances erronées (surdoué = surtout doué, démarche prétentieuse, ... ), et si je m'étais autorisé à penser pouvoir l'être.

Parmi ces indices, qui remontent un à un:
- Des révélations totalement surprenantes, telles que: "on peut ne pas être passionné par ses études", "on peut se contenter d'une réponse suffisante mais pas optimale", "on peut envoyer un email sans y mettre les formes (quelle horreur), c'est plus efficace", "on peut travailler toute une vie sans trouver cela intéressant", ...
- Une étiquette "hit me" qui devait être collée sur mon front à l'époque du collège
- Le fait de prendre en compte TOUT ce qu'on me dit de négatif. Même si c'est faux, inapproprié, déplacé, relatif, constructif.
- Les remarques du genre "Oh mais toi, tu es intelligent" que je n'ai jamais compris. Surtout quand elles venaient de personnes plus qualifiées que moi.
- Une forte envie de faire évaluer mon QI quand j'étais au lycée (je n'ai pas osé en parler)

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Différente » dim. 4 févr. 2018 20:24

cyrilcyril a écrit :
dim. 21 janv. 2018 11:05
Il s'est donc passé 5 mois entre la première interrogation et la confirmation. Et point de murmures comme je disais, mais tout un faisceau d'indices qui auraient pu me mettre sur la voie plus tôt, si je n'avais pas toutes ces croyances erronées (surdoué = surtout doué, démarche prétentieuse, ... ), et si je m'étais autorisé à penser pouvoir l'être.

Parmi ces indices, qui remontent un à un:
- Des révélations totalement surprenantes, telles que: "on peut ne pas être passionné par ses études", "on peut se contenter d'une réponse suffisante mais pas optimale", "on peut envoyer un email sans y mettre les formes (quelle horreur), c'est plus efficace", "on peut travailler toute une vie sans trouver cela intéressant", ...
- Une étiquette "hit me" qui devait être collée sur mon front à l'époque du collège
- Le fait de prendre en compte TOUT ce qu'on me dit de négatif. Même si c'est faux, inapproprié, déplacé, relatif, constructif.
- Les remarques du genre "Oh mais toi, tu es intelligent" que je n'ai jamais compris. Surtout quand elles venaient de personnes plus qualifiées que moi.
- Une forte envie de faire évaluer mon QI quand j'étais au lycée (je n'ai pas osé en parler)
T'es en train de me voler mon histoire là ! :huhu:
Tes mots pourraient être les miens (je te bâts sur un point : 3 mois entre les premiers murmures et le diagnostic).
Pour le reste, c'est tout pareil... et j'habite non loin de Nantes.
Tu passes la moitié de ta vie à hésiter avant de te décider de quelque chose et le reste du temps t'es pas sur d'avoir pris la bonne décision.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Owelie » lun. 5 mars 2018 11:59

Pour faire suite à ma longue présentation version courte, je vais continuer le récit de ma petite vie ici. Navrée si mes tendances à m'éparpiller et à "pondre des romans" reprennent le dessus. Je lutte mais, elles gagnent toujours. Parce que quand j'écris, c'est un moyen de canaliser mon cerveau et c'est un moyen de pouvoir m'exprimer sans barrières.

Les premiers murmures. J'aime cette expression. Comme cette idée en boucle dans ma tête depuis bientôt deux mois, mais à peine susurrée, comme si c'était un secret ou peut être, une bêtise? Alors pour ne pas alerter les autres, (comme si les autres pouvaient lire dans ma tête!) elle est murmurée cette idée, doucement, tranquillement. Je crois qu'elle n'a jamais été criée. Jamais. Alors qu'avec le recul, peut être que les "signes" étaient là. Mais personne n'a rien vu.

Rétrospective
D'aussi loin que je me souviennes, j'ai toujours été ce qu'on peut appeler une petite fille fragile. Toujours dans la Lune, à toujours chantonner, à rêvasser. Tellement dans la Lune qu'en promenade avec ma famille, je me prenais tous les poteaux et/ou boîtes au lettres en pleine face. Hypersensible et hyperémotive. La moindre petite réflexion provoquait un ras de marée émotionnel et je fondais en larmes. Encore aujourd'hui, d'ailleurs, mais je vais y revenir plus tard. Mon tout premier souvenir, c'est une crise de panique. Je devais avoir environ 2 ans, je me souviens avoir déposé mon grand frère à l'école avec ma mère. Et je pleurais fort car j'avais peur d'y aller aussi. Je me souviens aussi des motifs de la tapisserie du couloir de la maternelle à ce moment là, ça m'avait marqué mais ça on s'en fout :lol:
Toujours très curieuse de tout, pleine de questions, avec cette volonté innocente de vouloir sauver le monde quand "je serais grande". J'ai appris à lire en Grande Section de maternelle, seule. Seulement, j'ai reçu une éducation assez stricte et cette émotivité exacerbée, cette curiosité à toute épreuve, ça gonflait vite mes parents, surtout mon père. Déjà, petite, j'ai du réprimer tout ça, mais comment ne plus pleurer, comment ne plus s’émerveiller et rêver, comment ne plus se mettre dans une colère noire alors que tout explose littéralement et qu'on ne contrôle absolument rien? Et puis, j'ai toujours eu cette pression parentale sur les épaules, celle de réussir, de ne pas les décevoir. Et évidemment, la pression que je me collais en plus.

Scolarité
- L'école. J'aimais y aller. Je me rappelle qu'au CP, la maîtresse était surprise de ma capacité à lire si bien, mais en même temps elle pestait de mon écriture. Des pattes de mouches de partout, des tâches d'encre partout, elle s'arrachait les cheveux en me relisant. Elle m'avait surnommée "Cendrillon souillon". Le reste de la primaire, j'étais plutôt bonne élève. Brillante, curieuse, mais pas celle qu'on pourrait appeler l'intello de la classe. J'adorais les poésies, que j'apprenais par cœur en seulement deux lectures, j'adorais en écrire aussi. J'adorais la SVT et j'adorais la musique - j'ai cassé les oreilles de mes parents avec la flûte à bec jusqu'à la fin du collège d'ailleurs. On m’appelait "Madame je sais tout", on me disait "Arrête de ramener ta science". Je pense que c'est pour ça que les autres élèves me rejetaient. Ils inventaient des excuses ("tu pues!" ou "t'as des poux!") pour ne jamais jouer avec moi. J'avais des copines, oui, mais pas beaucoup. Ça me blessait dans le fond mais, tant que j'avais mon monde à moi, avec mes chansons, mes documentaires animaliers et mes poupées, ça allait.
- Le collège a été une catastrophe. En 6° et 5°, j'étais carrément exclue. Toujours bonne élève, j'étais "victime" du syndrome du "peut mieux faire, se repose sur ses acquis". Mais j'étais la risée des autres. Je ne comprenais pas leur manière de penser, je n'avais pas les mêmes centres d'intérêts. J'étais en décalage. En plus de ça, cette co***sse de Dame Nature m'a fait le don d'une puberté précoce. En 5° on me surnommait "Chaussettes" parce que tout le monde pensait que je rembourrais mes soutifs. J'adorais toujours les mêmes matières, j'ai découvert la Physique Chimie avec un grand intérêt, surtout la chimie. Et j'adorais les langues vivantes.
Et puis en 4°, j'ai commencé à traîner avec des filles de ma classe absolument pas fréquentables. J'avais enfin des copines et en plus elles étaient populaires! Alors je les ai bêtement singé, pour faire partie de leur groupe. Je savais que c'était idiot, je ne cautionnais pas certains de leurs actes auxquels je ne prenais pas part d'ailleurs, mais, au moins, je me sentais normale, intégrée. Mes notes ont commencé à chuter, je suis passée des félicitations habituelles aux avertissements travail et comportement. J'ai eu mon brevet. Adieu collège et surtout pas merci.
- Le lycée a été bien différent. Une mentalité plus mûre qui me correspondait mieux. Mais toujours cette difficulté à comprendre les codes sociaux des autres et à me faire des amis. Je traînais avec des gens que j'appréciais oui, mais j'étais jamais vraiment moi même. Vous voyez la jeune fille effacée, sans réelle personnalité, qui suit le troupeau sans réelle conviction, naïve, manipulable à souhait : c'était moi. Heureusement, cette fois, la bande de potes en question était plus fréquentable et travailleuse. J'ai du m'orienter vers un bac L car mon niveau trop faible en Maths ne me permettait pas d'envisager la filière S que j'avais toujours souhaité (vraiment collège, pas merci!) : je ne pourrais jamais devenir médecin, ce dont je rêvais depuis gamine. Mais c'était pas grave, en L, y avait les langues, et ça ça me bottait carrément. J'ai eu mon BAC avec mention alors que j'y suis allée les mains dans les poches. De manière générale, je n'ai jamais eu besoin de réviser.
- La fac. Liberté, liberté chérie. J'ai choisis une filière en rapport avec les langues, mais je l'ai mal choisie. Un coup de tête. Encore et toujours. J'ai abandonné à ma seconde deuxième année. Cet échec a entraîné ma première dépression (la première d'une longue série), j'ai sombré dans l'addiction aux jeux vidéos, plus particulièrement les jeux de rôle : quand ma vie scolaire, amicale et amoureuse foutait le camp, je pouvais au moins contrôler la vie virtuelle que j'inventais. Ma mère s'en est rendue compte et m'a envoyée voir une psy. J'ai du faire 2 séances. Quand elle a essayé de creuser l'affect, je me suis renfermée. Merci, au revoir. Je ne l'ai plus revue.
- Le BTS. J'ai décidé de passer un BTS, sans conviction aucune, si ce n'est d'avoir au moins un diplôme. Je voulais garder les langues, par contre. J'ai décidé de le passer en alternance pour avoir un salaire et m'émanciper financièrement. Encore une fois, pas vraiment d'amies. Dans un monde de filles, les discussions sur les fringues, les mecs et les potins, ça ne m’intéressait clairement pas. Il y avait un seul garçon ne classe, un peu plus âgé. C'est devenu "mon pote de conneries". En cours, on faisait que de bavarder et de se marrer comme des baleines. Pourtant, je répondais toujours juste quand les profs m'interrogeaient pour me piéger car mon oreille traînait toujours. Ça attirait les jalousies et les rancœurs car j'avais des bonnes notes malgré mon attitude en classe. J'ai fait une seconde dépression à la fin de ma deuxième année, quand je me suis rendue compte que ce diplôme me dirigeait vers un métier que je n'appréciais pas. Antidepresseurs, jeux virtuels encore une fois... J'ai eu mon BTS sans me fouler, sans le bosser. Tant mieux. Au revoir système scolaire.

Vie professionnelle
Ca, ça va aller vite vu que je n'ai pas eu énormément d'expérience (là tu te réjouis, c'est toujours ça en moins à lire! :clin: ) Mais globalement, je ne me suis jamais sentie à ma place, là non plus. Je faisais mon job, sans grand intérêt. Même avec mes collègues, je n'ai jamais lié d'amitié. Toujours effacée, en retrait. Les seuls collègues avec qui ça passait bien était toujours bien plus âgés que moi. Avec eux, je pouvais discuter des plombes. Au niveau du travail, je bossais rapidement. Je devais parfois me ralentir sinon j'allais trop vite et je me retrouvais sans plus rien pour la journée. Et l'ennui, c'est terrible. Depuis 4 ans maintenant, je suis en congé parental. Il doit durer encore 1 an. Et j'angoisse déjà de la reprise. J'ai envisagé une reprise d'études en début d'année scolaire. Je n'ai pas pu. Sentiment d'échec = Nième dépression.

Alors maintenant qu'on a fini le premier chapitre.... Non, je déconne. :huhu: N'empêche, c'est à mon sens important pour comprendre la suite. Pour comprendre l'origine du déclic qui m'a amenée ici. Le premier vrai murmure quoi. J'y viens, j'y viens!

Le premier murmure
Il est arrivé avec ma fille aînée. La période du terrible two a été plus qu'éprouvante. Enfin, on pensait que c'était ça. Une enfant qui remue tout le temps, qui piaille tout le temps, qui chante, qui danse, qui pose quinze millions de questions... et qui ne s'arrête que quand elle dort. Heureusement pour nous, c'était une grosse dormeuse. On nous a toujours dit qu'elle était très en avance sur bien des choses, mais comme c'était notre premier enfant, pour nous c'était normal. L'école a été salvatrice pour nous, mais pas pour elle. Rentrée début septembre. Première convocation, mi-octobre. "Votre fille ne tient pas en place madame, elle ne veut rien savoir des règles et fait ce qu'elle veut quand elle a fini son travail!". Ah... On pense alors à des troubles TDAH. Je lis, je me renseigne. Non, ça ne ressemble pas à ma fille. Deuxième convocation quelques semaines plus tard. "Votre fille n'écoute pas. Elle n'en fait qu'à sa tête. Mais vous savez... dans sa tête, ça carbure, ça va très très vite. Je n'ai pas le droit de poser de diagnostique car ce n'est pas mon métier. Mais vous devriez prendre rdv avec un psy". Ah bis... Là encore, je lis, je me renseigne. On me conseille le livre de JSF sur les petits équidés à rayures. Tiens... un écho aux premières pages. Bon, je n'ai pas lu entièrement je l'avoue. 2 rdv avec 2 psychologues n'ont rien donné de concluant. Puis, enfin, un rdv avec une pédopsychiatre a pu mettre des mots sur ce qu'il se passait après une grosse heure d’observation et de discussion avec elle. "Votre fille a des mécanismes psychiques différents sur beaucoup de points. Mais elle ne souffre pas. La tester maintenant ne serait pas utile.". Ok. On en reste là. La moyenne section s'est très bien passée, mais toujours cette avance, cette rapidité. Aujourd'hui elle est en Grand Section, nous pose toujours 36 millions de questions, est toujours dans la Lune, a une émotivité exacerbée, chantonne constamment, a des moments d'absence. Tiens? Ca vous rappelle pas quelqu'un? En tout cas, pour moi, ça a été flagrant. Et plus je vois ma fille, plus je me revois petite.

Suite à une Nième dépression, j'ai pensé que j'étais bipolaire. Je me suis renseignée, j'étais prête à aller consulter un psychiatre. Une amie qui bosse en psy et à qui j'en ai parlé m'a rassurée et m'a dit que c'était pas ça. Dépressive chronique, peut être. Alors mon ami Google et moi, on a fait des recherches. Et je suis tombée sur des vidéos sur YouTube, par hasard. Et là, la claque. "La dépression du surdoué". "La procrastination du surdoué". Mais pu***! C'est moi!!!! De là a commencé une boulimie au sujet de la douance : vidéos, livres, émissions radio... J'ai pleuré au moins 15 L de larmes, je me suis tellement reconnue. Moi, surdouée? :rofl: :rofl: :rofl: La grosse marrade! T'es folle, c'est tout! Mais l'idée à fait son chemin. Et le murmure est toujours présent, constamment, en bruit de fond. Et si c'était la clé? J'ai lu TIPEH, je l'ai dévoré. Il y a des passages qui m'ont juste cloué encore plus dans mon canapé, des passages qui mettent des mots sur des choses que j'ai toujours ressenti et dont je n'ai jamais parlé à personne, par pudeur mais aussi car je n'arrivais pas à mettre des mots dessus (notamment le sentiment d'omnipotence, celui là bouuuuh!). J'ai lu des bribes à mon mari. Il se marrait en me disant "mais c'est toi!". On a discuté pas mal, amenant souvent les "est-ce que ça te fait ça quand...?" ou "est-ce que tu penses comme ça?". On s'est rendu compte qu'on était carrément différents. Pas du tout la même manière de fonctionner, de penser. On a fini par en déduire que nos prises de becs quotidiennes et certains autres aspects de notre vie commune pouvaient probablement s'expliquer à cause de ça. De la probable douance que j'ignorais.

C'était il y a 1 mois et demi. Et depuis, j'ai pris un rdv avec une spécialiste. J'avoue que j'attends beaucoup de ce rdv. Qu'elle me dise que finalement je suis pas folle, que je vais bien et que je suis juste un peu différente.
Je sais bien qu'objectivement il n'y a pas d'enjeux réel, que ça ne devrait pas changer qui je suis ni ce que j'ai pu vivre et construire. Mais l'éternelle angoissée que je suis ne peut pas s'empêcher de stresser. Et d'envisager 15 millions de scénarii imaginaires. Reste à voir lequel se jouera pour de vrai.


Et désolée pour le pavé. Pardon. Pardon. :sweat:

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Napirisha » lun. 5 mars 2018 23:39

c'est un joli pavé :) Faut pas s'excuser pour ça :P
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par sandrinef » mar. 6 mars 2018 07:40

Chouette pavé, merci pour le partage. :)
"Le Monde ne te doit rien. Il était là avant toi" M.Twain

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