L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.
asdf
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L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par asdf » mar. 27 mars 2012 05:51

J'aimerais lancer un sujet de réflexion sur la relation, et le ressenti qu'un enfant HPI peut avoir avec ses parents, et ce des deux côtés.

-Certains d'entre vous testés enfant: les parents étaient donc forcément au courant. Je suis curieux de savoir comment votre entourage à réagit, ce que ça vous à apporter dans votre construction, et vos fondations.

-D'autre testé adulte, si les parents sont au courant, j'aimerais savoir comment ils ont réagit.

-Enfin, certains ici sont parents d'HPI. J'aimerais connaitre les attentes qu'ils ont envers leurs enfants.


Je lance ce sujet, suite a un autre post que j'ai fait sur le forum, et à quelques discussions que j'ai eu sur le chat. J'ai une expérience très négative de mon potentiel -une fois connu- au sein de ma famille.
Les attentes sont parfois lourdes. Au point qu'un enfant peut ne plus avoir droit à l'expression de ses propres envies, il va vivre pour le fantôme des échecs de son entourage. Devoir réussir là ou les "anciens" ont échoués, et ce toujours mieux que les autres.
Si je lance ce topic, ce n'est pas vraiment une démarche personnel pour régler des comptes avec moi même, ou esquisser une énième fois un schéma toxique que j'ai vécu. Le but de ma démarche, et plus de partager une expérience que j'ai vécu, pour éviter que d'autres enfants qui n'ont rien demander à personne la vive eux aussi. Une forme de "ne donnait pas trop le rôle de prodige à votre enfant, il risquerait de se faire bouffer".
Je vois fréquemment des parents d'enfants HPI sur le forum qui tendent vers l'excès, ou dans des reportages / articles ailleurs.
:emo:

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Mlle Rose » mar. 27 mars 2012 08:16

j'ai été testée en 2009. Mes parents ont réagi très différemment.

Mon père a dit : "on le savait bien qu'il y avait un truc, quand t'étais petite tu ne correspondais pas à l'image que je me faisais d'un enfant, tu ne jouais pas, tu ne faisais que regarder des livres toute seule, parler et parler et parler, et ne jamais dormir, tu n'étais pas commune, alors on s'est dit que t'étais ptèt surdouée. Comme nous ne voulions pas faire de toi un animal de foire on s'est laissé le temps de voir. Et au collège t'es devenue très moyenne, alors on s'est dit qu'on s'était gouré".

Ma mère a dit : "c'est quoi encore cette nouvelle connerie, ça va les chevilles?". Comme mon ex-mari quoi....

Pour mon gamin je n'ai pas d'attente particulière. J'exige qu'il travaille bien et se conduise correctement. C'est tout. Je souhaite en faire un adulte autonome et responsable, heureux si possible. Ce qu'il fera de sa vie ça le regarde. Cependant je le suis de près, je sais très bien ce qu'il peut se passer après et je ne veux pas qu'il se saborde comme je l'ai fait. Je ne veux pas que, plus tard, il ait à regretter de n'avoir pas fait ce qu'il fallait pour réaliser ses rêves.
Je lui explique donc tout ça, nous en parlons régulièrement. L'avenir fait partie des choses dont il aime parler. Il aime aussi que je lui ré-explique fréquemment pourquoi il est un peu différent des autres.
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Cyrano » mar. 27 mars 2012 08:34

asdf a écrit :D'autre testé adulte, si les parents sont au courant, j'aimerais savoir comment ils ont réagit.
Il y a des témoignages sur ce sujet ici : http://adulte-surdoue.fr/discussions-de ... -t582.html.

Je ne sais pas encore vraiment si mes enfants sont concernés, même si la probabilité qu'au moins l'un d'entre eux le soit (sur 3) est assez forte. Je n'attends rien d'autre que leur bonheur. Voici bien une phrase con, bien cliché, mais je ne vois pas quoi dire d'autre. Je m'en tape qu'ils soient surdoués ou pas dans l'absolu. Je préfèrerais même qu'ils aient un QI de 120, et pas de douance.

Mais ayant souffert de l'incompréhension de mes parents, voir de la négation de mes particularités étant gamin, je ne souhaite bien sûr pas reproduire ce schéma. J'ai appris il y a peu que j'avais passé le WISC vers 8/9 ans, et que mes parents se sont juste tapés du résultat, sans doute mal renseignés, mal orientés.

Quoi qu'il en soit, les rapports parents/enfants me semblent marqués par des facteurs bien plus larges que la douance. Et une famille toxique, concernée ou pas par ce phénomène, reste une famille toxique. Je ne sais pas si ces témoignages t'aideront à comprendre un peu mieux ce qu'il en est, tant les histoires sont particulières.
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Zyghna » mar. 27 mars 2012 09:12

Je n'ai pas été testée enfant, mais j'ai toujours entendu mes parents me rabâcher que j'étais très intelligente et que j'avais tout pour réussir. La chute monumentale des résultats à partir de la 4ème m'a fichu un sacré coup car je ne correspondais plus à cette image que mes parents me renvoyaient.
Et pas mal de culpabilité aussi, parce que ma soeur aînée n'avait pas les mêmes capacités du tout et que la comparaison était récurrente.
Quant à la douance, autant mon père ne s'en étonne absolument pas, autant ma mère rejette tout en bloc (elle s'est toujours sabordée et ça ferait trop de questions à se poser sur elle... donc forcément ce sont des conneries...).

Mais passé les problèmes d'adolescence, j'ai vite remarqué qu'effectivement j'étais plus intelligente que la moyenne et que même si j'avais du mal à me conformer à ce qu'on me demandait, je pouvais réussir ce que je voulais, facilement.

Quant à mes filles, je leur apprend à réfléchir, à raisonner parce que c'est important, mais je ne leur mettrai pas la pression. La première n'a rien d'une surdouée pour le moment, la plus petite, on verra. Mais ce qui m'importe ce n'est pas le fait qu'elles soient plus intelligentes, même si ça peut aider, mais qu'elles sachent utiliser ce qu'elles ont entre les oreilles.

J'ai subi aussi cette pression de "tu es intelligent, tu dois réussir" même si je n'ai pas été testée enfant, donc je vois de quoi tu parles.
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Joebar » mar. 27 mars 2012 09:24

Hors-sujet
C'est bizarre, j'ai comme une idée de généralisation de la chute de vos résultats à mi-collège... entre la 5ème et la 4ème...
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Cyrano » mar. 27 mars 2012 09:25

Hors-sujet
Oui, ça semble un classique en effet. Moi j'ai redoublé ma 4ème.
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Zyghna » mar. 27 mars 2012 09:31

Hors-sujet
Parce que en 6ème / 5ème tu peux encore vivre sur tes acquis, et qu'à partir de la 4ème on te demande d'expliquer tes raisonnements, d'appliquer des principes. Je me souviens qu'en maths je trouvais toujours le bon résultat, mais comme je n'utilisais pas les théorèmes j'avais de sales notes. J'étais nulle en règles de grammaire mais je ne faisais quasi jamais de fautes d'orthographe... bref grosse déstabilisation.
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par TourneLune » mar. 27 mars 2012 09:40

C'est marrant parce que cette chute, sans l'avoir connue, je l'ai observée autour de moi. En primaire on était un groupe de "bonnes élèves" et petit à petit ça s'est écrémé, je suis rester toute seule sans comprendre ce qui bloquait pour les autres...
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate. En cas de choc, elle reste meurtrie, marquée, hantée.
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par BRG » mar. 27 mars 2012 21:56

Etant l'ainée de 4, ma mère ne s'est posée des questions que lorsque je suis arrivée en maternelle, avant elle me considérait comme normale, et "pire", elle pensait que tous les enfants étaient comme moi... Pour mon père, comme il vient d'une famille de grosses têtes, il l'a toujours plus ou moins su sans y attacher d'importance; le test n'a été qu'une confirmation et n'a en rien modifié ou altéré nos relations et on continue à dire des conneries et des choses plus profondes. Il m'a été d'un grand secours quand mon cerveau a pris ses vacances car il a tout accepté, la faiblesse physique, la détresse morale, la très longue convalescence (qui n'est pas encore finie...), il ne m'a jamais rendue responsable de mon état.

Quand j'ai passé le test, la première chose que ma mère m'a dit en sortant avec les résultats ç'a été: "tu vas passer ton brevet cette année (j'étais en 4eme, environ à la mi octobre) et pour le bac on va voir..." . J'ai tout de suite remis les choses à leur place, je lui ai dit qu'il n'en était pas question, que je prendrais les décisions que je jugerais justes, que j'avais déjà vu plusieurs personnes dans ma classe qui avait sauté un niveau sous la pression de leurs parents et qui étaient les plus malheureux du collège... Elle a fini par abdiquer, mais pas de gaieté de coeur, et encore aujourd'hui elle me ressort parfois que j'ai perdu mon temps, que j'aurais prendre la place qui m'était réservée, que rien de tout ce qui m'est arrivé par la suite (burn out, etc...) ne se serait produit si j'avais accepté mon destin de grand cerveau sur pattes, que j'aurais fait khâgne et hypokhâgne au lieu de regarder tous les navets policiers qui passent à la tv parce que j'étais incapable de faire autre chose... Son attitude m'a souvent mise en colère, m'a arraché des larmes de douleur et d'incompréhension, j'ai essayé par tous les moyens de lui faire comprendre ce que je ressentais, ce que je pensais... Aujourd'hui je me contente de sourire quand elle remet le sujet sur le tapis, parce qu'il y aura toujours un fossé entre mon mode de pensée et le sien et personne n'y pourra rien. Je ne lui en veux pas, elle a sa vision des choses, s'est construite petit à petit face à quelque chose qui la dépassait (la douance) et a toujours été persuadée de faire pour le mieux.

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Imothep » mar. 27 mars 2012 23:59

Mon grand frère ayant été testé en même temps que moi, il a essuyé les plâtres. Mes parents se sont beaucoup informés sur ce que tout ça impliquait pour moi frère et moi et ont su équilibrer leurs attentes pour qu'elles soient réalistes.

Le vrai problème c'est que par rapport à moi (je ne sais pas comment ils ont géré ça avec mon frère) ils m'ont expliqué qu'il ne fallait surtout pas que les autres sachent. Que je devais cacher mon "potentiel", sinon on aurait d'énormes attentes et les gens me considéreraient arrogant. J'ai vraiment vécu dans la peur que les gens de mon entourage, amis comme adultes, comprennent.

À côté de ça, mes parents ont pris soin de m'expliquer un peu plus tard qu'il ne s'agissait pas d'être plus intelligent que les autres mais d'être intelligent autrement, j'ai quand même dû faire mes propres recherches pour commencer à vraiment comprendre ce qu'être surdoué implique. Avec du recul, si par certains moments c'était difficile, je me dis que ça m'a forcé à faire la démarche moi même et qu'ils ne m'ont pas forcé à m'analyser moi même ni à me considérer comme différent.

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Zyghna » mer. 28 mars 2012 10:37

Imothep a écrit : À côté de ça, mes parents ont pris soin de m'expliquer un peu plus tard qu'il ne s'agissait pas d'être plus intelligent que les autres mais d'être intelligent autrement
Oui enfin, intelligent autrement, mais faut pas se leurrer, plus intelligent aussi. L'intelligence est une caractéristique pas une valeur (il y a un post dessus: http://adulte-surdoue.fr/discussions-de ... t1270.html )

Edit: rohhh le joli lapsus, j'ai écrit "enfant" au lieu de "enfin"
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Cyrano » mer. 28 mars 2012 11:41

Zyghna a écrit :Oui enfant, intelligent autrement, mais faut pas se leurrer, plus intelligent aussi.
Je crois qu'on n'a pas fini de se battre contre ça malheureusement. Les clichés ont la vie dure, ainsi que la pression sociétale.
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par amalia » jeu. 29 mars 2012 19:35

purée, j'aurais pas dû ouvrir ce post...

pour moi, la notion de douance est toute récente, à propos de ma fille de 8 ans : de toute petite, on la trouvait tres vite, un langage tres élaboré etc...mais pas du genre à tout savoir sur les dinosaures, l'astronomie, ect.. cela ne se révèle vraiment que maintenant, avec une hyperémotivité, une faible estime de soi, un coté "bébé" dont elle est consciente, d'où des pétages de cables en ce moment...

son frere jumeau, a priori pas concerné, a toujours pris son temps pour marcher, parler, etc...mais tres créatif, reveur, apprend sans trop se fouler,...je risque de ne pas être au bout de mes surprises ;

mon fils ainé : tout petit, langage tres élaboré, comprenant, curieux de plein de choses, tres reveur et créatif...mais avec l'option hyperadaptation contrairement à sa soeur ; cela ne se voit vraiment que maintenant (12 ans) sans doute car je suis plus attentive à ça aujourd'hui ; il termine ses devoirs 40 mn avant les autres, bûche un peu et réussit bien, fait bcp de choses, a tendance à papilloner...commence à s'emm. en classe, en 6 °...

c'est là que je dis que je n'aurais pas du ouvrir le post ; hier, une maman me disait que la 5° était la classe la plus "ch.." et vous semblez confirmer, d'où l'inquiétude... elle évoquait un changement de classe pour lui, mais émotionnellement, je ne suis pas sure qu'il soit pret, il a ses copains dont il a besoin, ...

sinon, je n'attends rien de particulier sinon leur bonheur comme tous les parents ; bien sur, teinté par ma propre expé où je me rends compte maintenant que j'aurais pu faire ce que je voulais, que ce n'était pas la peine de douter de moi (et en meme temps, c'est ce qui m'a poussé à bucher et à repousser les limites..), ce que je voudrais leur éviter ;

comme bcp, jusqu'à il y peu, je pensais que mes enfants (et moi meme) sont dans la norme, juste besoin de réajuster le curseur ;
Je ne parle pas aux cons, ça les instruit ( M Audiard)

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par 2neurones » dim. 1 avr. 2012 21:35

salut,

chez moi, l'intelligence supérieure de ma mère a toujours été une raison pour mépriser les autres. je me dis que ce mépris trouve sa source dans les abus et les humiliations qu'elle a subi enfants, une façon de prendre sa revanche sur les dévalorisations qu'elle a pu subir, et que son seul moyen de dépasser ça c'était de se dire "je suis plus intelligente que es autres, donc les autres doivent être méprisés".
Malheureusement, tellement tournée sur sa "survie" à elle, elle n'a pas su m'aider quand, vers la 4e, je me suis retrouvée très isolée, et que je m'étais persuadée que c'était parce que j'étais une intello. J'ai alors décidé de ne plus rien faire, pour m'intégrer socialement, et mes notes ont chuté brutalement, les profs ne m'aimaient pas, alors les résultats ont en effet vite chuté, mais ce n'est pas pour ça que ma cote de popularité a augmenté !
Donc pas de soutien du côté de la famille, je crois que c'est ça qui m'a manqué, j'aurais aimé non pas forcément qu'on me teste pour me dire que oui, effectivement, j'étais une "intello", et tout ce que cela impliquait, mais qu'on m'écoute, que mes parents soient disponibles pour moi et qu'au lieu de me répéter "mais on s'en fout de ce qu'ils pensent" ils me prouvent qu'ils ne s'en foutaienty pas de ce que moi je pensais...
J'essaie de me rappeler de ça quand mes enfants sont "exigents", et je m'effroce de prendre le temps de les écouter, dans l'espoir de créer avec eux une relation de confiance...

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par asdf » lun. 2 avr. 2012 07:17

2neurones a écrit :salut,

chez moi, l'intelligence supérieure de ma mère a toujours été une raison pour mépriser les autres. je me dis que ce mépris trouve sa source dans les abus et les humiliations qu'elle a subi enfants, une façon de prendre sa revanche sur les dévalorisations qu'elle a pu subir, et que son seul moyen de dépasser ça c'était de se dire "je suis plus intelligente que es autres, donc les autres doivent être méprisés".
Malheureusement, tellement tournée sur sa "survie" à elle, elle n'a pas su m'aider quand, vers la 4e, je me suis retrouvée très isolée, et que je m'étais persuadée que c'était parce que j'étais une intello. J'ai alors décidé de ne plus rien faire, pour m'intégrer socialement, et mes notes ont chuté brutalement, les profs ne m'aimaient pas, alors les résultats ont en effet vite chuté, mais ce n'est pas pour ça que ma cote de popularité a augmenté !
Donc pas de soutien du côté de la famille, je crois que c'est ça qui m'a manqué, j'aurais aimé non pas forcément qu'on me teste pour me dire que oui, effectivement, j'étais une "intello", et tout ce que cela impliquait, mais qu'on m'écoute, que mes parents soient disponibles pour moi et qu'au lieu de me répéter "mais on s'en fout de ce qu'ils pensent" ils me prouvent qu'ils ne s'en foutaienty pas de ce que moi je pensais...
J'essaie de me rappeler de ça quand mes enfants sont "exigents", et je m'effroce de prendre le temps de les écouter, dans l'espoir de créer avec eux une relation de confiance...
Assez parlant comme souvenirs, enfin je trouve. J'y vois pas mal de similitudes...
:emo:

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Louise » lun. 2 avr. 2012 07:30

Je crois que test ou non, les parents sont les personnes les mieux placées pour savoir comment fonctionnent nos enfants, non? Enfin moi j'ai toujours eu l'impression de les comprendre, de les deviner.

Ma mère (on peut considérer qu'elle m'a élevée seule) m'a fait sauter une classe, mais pour moi j'étais de début d'année, on déménageait, et c'était le plus simple, quoi. Je ne l'ai jamais envisagé sous l'angle je saute une classe parce que je sais lire. D'ailleurs elle ne se souvient plus trop comment ils ont validé mon saut de classe à l'époque.

A côté de cela, à ses yeux, j'ai toujours été brillante, géniale, formidable, belle et UNIQUE, et pas que au niveau de ce qu'elle me disait, tous ses actes respiraient cette confiance absolue (Vraiment un puits d'amour et de confiance, et je sens bien qu'au niveau prise de décision dans la vie et estime de soi, c'est un atout énorme, qui manque à beaucoup).
Auj' encore elle dit à qui veut bien l'entendre lors d'un débat familial par ex un péremptoire et définitif : "Si Solenn le dit, c'est que c'est vrai". :D1 J'en use et abuse même quand je suis de mauvaise foi :D1 .

Jamais elle ne m'a dit un "penses tu pouvoir y arriver?" voire un "t'y arriveras pas", elle m'a toujours encouragé dans toutes les voies que j'ai testées et tous les chemins que j'ai pris, qu'elle soit elle même inquiète pour moi ou non (mais en général elle ne l'était pas!). A côté de ça, elle ne m'a jamais ménagée non plus, quand j'ai commencé à me ramasser des notes ras des paquerettes en 1ère à force d'aller en touriste à l'école (et à un moment tes formules, faut les apprendre), elle m'a mis les coups de pied où il fallait en me disant c'est bon, tu fais rien là, tu vas pas me faire croire que tu peux pas avoir des notes décentes en Maths? T'essaie de bosser si t'arrives pas, on te file des cours particuliers pdt les vacances (la menace a bien marché ^^)

Ce qui fait qu'à vrai dire une des 5354354 questions que je me pose aujourd'hui, c'est "suis-je un cerveau "normal" dont la confiance en soi a été tellement nourrie qu'il exploite une énorme partie de ses potentiels ou suis je HQI"?

Et je crois que instinctivement je fais pareil avec mes mômes (je dis mes mômes mais sur les 3, le grand n'est pas le mien, mais c'est plus simple pr les discussions). Je les prends dans leur globalité. Je m'adapte à eux, depuis toujours, que je mette un nom ou non sur ce qu'ils sont et comment ils fonctionnent, et je pense que c'est valable pour tous les enfants. Celui de 6 ans m'a demandé ce qu'étaient les éléments, je lui ai sorti le tableau périodique des éléments, il m'a demandé ce qu'était le numéro atomique... bin je lui ai expliqué, et je me pose pas plus de questions que ça. Le grand a la sensibilité à fleur de peau, bin du coup on sait quoi lui dire, quoi lui dire avec des pincettes, quels sujets aborder doucement... (genre par exemple ne pas lui dire cash qu'un barje peut débouler dans sa classe et tirer sur lui et ses camarades, merci Sarko d'avoir obligé toutes les écoles à en parler, ça a valu une semaine d'angoisses et de cauchemars...)

Enfin bref tout ça pour dire qu'à mon avis, l'essentiel pour les enfants précoces, comme pour les autres, c'est avant tout de les inonder d'amour et les persuader qu'on les aimera toujours, tels qu'ils sont, et que ce qu'ils sont est aimable et a de la valeur.
Après nourrir leur cerveau, on peut le faire, mais ça, à la limite, ils peuvent le faire tous seuls. Pas apprendre à s'estimer, ça, c'est notre boulot.
Quand à leur expliquer leur singularité, je le fais déjà en leur expliquant à la fois leur unicité et la diversité humaine.

Si vous avez le courage (ça n'a pas forcément à voir, sauf au niveau de la conclusion, et c'est pour ça que je pense à cette vidéo), je vous invite à regarder cette très émouvante et très drôle vidéo (elle est sous titrée en français si vs avez du mal en anglais) :
http://www.ted.com/talks/brene_brown_on ... ility.html (désolée, j'arrive pas à l'intégrer directement!)
Maintenant je dis tout ça, et sa mère veut absolument tester le grand, et je ne sais toujours pas trop comment aborder le sujet du test, ce qu'il va en sortir et comment lui expliquer et resituer les résultats pour qu'il en fasse quelquechose de positif.

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Louise » lun. 2 avr. 2012 07:36

Et je fais un petit aparté qui part d'une constatation récente.
Dans notre besoin d'enfants parfaits, on a tendance à vouloir les faire "bosser leurs points faibles". Je m'aperçois que dans notre cas par exemple, ça a été une erreur.

Partir du principe qu'un enfant précoce aimera un jour les taches répétitives et monotones me parait finalement un peu utopique ^^, et au final, on a forcé l'aîné, 3 ans d'affilée à faire des activités extrascolaires censés développer ses points faibles (sports co, basket...) et au final, comme ce sont ses points faibles, il a détesté, s'est trouvé nul (et était moins bon que les autres, indeed), ce qui a contribué à alimenter le doute qu'il avait sur ses capacités, il s'est senti encore plus exclu et s'est (encore) fait traiter d'intello de service.
Cette année il fait de l'escalade, et comme c'est un sport individuel, que c'est une tige hyperlaxe, il s'éclate.

Et idem pour les devoirs, on tenait au départ à lui faire bosser la "ténacité", pcq ce qu'il ne comprenait pas n'arrivait as il lachait en 10 sec en se trouvant nul... ça a fini en crises de larmes...
et en fait, nul besoin de ténacité si tu trouves la clé de son intérêt. Il peut y passer une heure s'il s'amuse ou s'il est stimulé... et pour qu'il s'amuse, il faut au contraire le faire utiliser ses points forts...quitte à compliquer les devoirs s'ils sont trop simples :D1

asdf
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par asdf » lun. 2 avr. 2012 07:44

L'avis des mamans, et des personnes qui ont eu une bonne relation avec leurs parents et bon à prendre.
solenn a écrit : Maintenant je dis tout ça, et sa mère veut absolument tester le grand, et je ne sais toujours pas trop comment aborder le sujet du test, ce qu'il va en sortir et comment lui expliquer et resituer les résultats pour qu'il en fasse quelquechose de positif.
C'est là, justement ou je vois quelque chose d'un poil gênant. Une des raisons pour laquelle j'ai lancé le débat est celle ci. Doit-on attendre plus d'un enfant une fois son potentiel révélé, mis en lumière? Comment gérer sa singularité etc.

C'est plus les derniers mots, le dernier dans lequel je vois beaucoup de non-dit. Mais c'est peut être une erreur de ma part, de voir forcément une connotation de grandeur, manque d'humilité qui pourrait être créé, grosse remise en question d'un gosse par rapport à l'attente.

La confrontation dans la singularité si singularité il y a, avec un groupe appel souvent à beaucoup de questionnement.

Normalement avec beaucoup d'amour, de simplicité, de franchise ça ne devrait pas poser de problème majeur.
:emo:

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Louise
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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Louise » lun. 2 avr. 2012 07:59

Je ne sais pas à quoi ressemble un test pour enfants. Je ne sais pas à quoi ressemble la conclusion. Et je suis tout autant inquiète si le résultat dit précoce ou s'il ne le dit pas. A vrai dire je préférerais quelquechose de mitigé. Qui permet "juste" d'avoir des pistes sur le mode de fonctionnement de l'enfant, sans coller une étiquette.

Si ce qui en sort est un chiffre, que va-t-il en faire? (et nous, les adultes qui l'entourons? et sur les 3, y'en a au moins 2, sa mère et moi qui avons nous mêmes des trucs à régler avec notre propre passé sur le sujet)

Si ce qui en sort est un "tu es surdoué", je ne vais pas savoir le gérer (au jour d'aujourd'hui j'entends, parce que je suis moi même en plein dans la tourmente, à ne pas savoir si je veux savoir ou non pour mon propre cas, à ne pas savoir si passer un test est utile/préférable ou non)

Si ce qui en sort est "tu n'es pas surdoué", je pense que c'est lui et sa mère qui ne vont pas savoir le gérer (je suis pas à leur place hein, mais bon, je le sens comme ça). Elle parce qu'elle agit en fonction de cette croyance depuis ses 3-4 ans, et lui parce ça fait un "tu n'es pas" de plus. (et qu'il doute déjà beaucoup de ses capacités)

L'approche de ma mère qui était la mienne jusque ce jour, à savoir l'absence de cases et prendre un enfant dans toutes ses dimensions, était pour moi beaucoup plus simple à gérer. Tu es TOI. Tu fonctionnes un peu comme ça, et du coup tu peux utiliser telle faculté pour avancer dans la vie.
asdf a écrit :Normalement avec beaucoup d'amour, de simplicité, de franchise ça ne devrait pas poser de problème majeur.
C'est ce que je me dis aussi. Et c'est comme ça que j'ai tendance à fonctionner avec eux. Sauf que là, moi, je suis pas nette.
asdf a écrit : C'est là, justement ou je vois quelque chose d'un poil gênant. Une des raisons pour laquelle j'ai lancé le débat est celle ci. Doit-on attendre plus d'un enfant une fois son potentiel révélé, mis en lumière?.
J'aurais tendance à dire non.
Par contre, le but est quand même d'en faire quelquechose!

Je pense que déjà ça peut, comme pour un adulte, mettre des mots sur un malaise et une souffrance (à vérifier qu'il n'y ait pas autre chose, quand même) et rien que ça, ça peut être très libérateur.
Ensuite, ça donne des pistes aux adultes, et à l'enfant pour mieux comprendre ses attitudes et comment il fonctionne : au lieu de se braquer ou de ne pas comprendre une réaction (ou une surréaction), on a les billes pour capter d'où ça vient et cadrer ou gérer le truc plus facilement.

Le problème à mon sens c'est l'école. Elle n'a jamais été une machine à gérer les individualités, au contraire, et si l'école, les profs, ne font rien de cette différence, ça ne sert à rien de le savoir. (et pour moi, sauter des classes n'est pas une réponse satisfaisante, c'est du "moins pire", je veux dire dans la vie d'adulte, au boulot, en couple, on fait pas "sauter des classes")
Enfin, si, ça sert à identifier le dysfonctionnement comme venant de l'école et pas de l'enfant. C'est quand même beaucoup. Par contre, il n'y aura pas toujours de solutions...mais je trouve que c'est aussi formateur d'apprendre à nos enfants à vivre leur singularité dans un monde pas toujours adapté à eux... parce que c'est ce qui va leur arriver dans la vie, après. Au taf, dans des groupes, etc...

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par asdf » lun. 2 avr. 2012 08:19

solenn a écrit : Si ce qui en sort est "tu n'es pas surdoué", c'est lui et sa mère qui ne vont pas savoir le gérer. Elle parce qu'elle agit en fonction de cette croyance depuis ses 3-4 ans, et lui parce ça fait un "tu n'es pas" de plus. (et qu'il doute déjà beaucoup de ses capacités)
Typiquement le genre de comportement qui me met en rogne. Après ça dépend de comment sa mère lui décrit la façon dont marche un surdoué, etc.
Jauger quelqu'un avant même un test, ça l'oblige a esquisser une schéma. Pas forcément très sain comme délire.
Par contre, je n'ai aucune objectivité, je devrais peut être laisser d'autres répondre.

Pour le côté doute des capacités, je connais bien le topo. J'ai passé deux WISC, je me souviens plus tellement des conditions. A part un chiffre qui revenait souvent dans la conversation avec les profs / educs / psy et blabla rien de bien utilie. -aujourd'hui les choses ont bien changés, la prise en charge est quand même meilleur qu'il y a dix ou quinze ans-.
Chiffre bien sûr accompagné d'un "âge mental", pour donner plus de poid à la précocité. En gros j'étais majeur avant le collège, limite capable de passer mon bac.

J'ai dénigré toute "cette merde", pendant un bon bout de temps. Une fois arrivé à 23 ans, je me suis inscrit ici, j'ai découvert que j'étais pas le seul. Mais au fil du temps, je ne sais pas vraiment ce que vaut ce WISC, ni cette âge mental. Je suis même allé faire le pré-test mensa en lisant ta présentation (il me semble que c'est la tienne).
A part conforté un peu mon doute sur la validité des tests passés il y a longtemps..
solenn a écrit : "Normalement avec beaucoup d'amour, de simplicité, de franchise ça ne devrait pas poser de problème majeur." C'est ce que je me dis aussi. Et c'est comme ça que j'ai tendance à fonctionner avec eux. Sauf que là, moi, je suis pas nette.
Reprendre confiance dans ton jugement peut être bénéfique. Un peu d'hésitation ne fait de mal à personne, mais je trouve pas que ça soit inquietant outre mesure!
:emo:

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par eipounon » lun. 2 avr. 2012 12:37

Bon, ben fibalement, jer n'ai pas pu m'empêcher de répondre !!! ;)
solenn a écrit :Je crois que test ou non, les parents sont les personnes les mieux placées pour savoir comment fonctionnent nos enfants, non? Enfin moi j'ai toujours eu l'impression de les comprendre, de les deviner.
Et bien non, pas pour moi en tout cas, enfin en ce moment, ce moment où je me pose tellement de questions sur moi que je n'arrive plus du tout à savoir ce qui est bon pour mon fils et comment réagir avec lui. C'est un peu du "au jour le jour" et même du "à l'heure ou à la minute ...". :grattelatete: :lire2: :grattelatete:
En même temps, mon mari, qui suit de loin mes démarches et qui ne se prend pas la tête comme moi, a également du mal à gérer le comportement de notre fils, mais également son maître, qui nous a fait lire "L'enfant surdoué" de JSF, les surveillantes de la cantine (qui voient juste qu'il y a un problème sans comprendre lequel)...
Enfin bref tout ça pour dire qu'à mon avis, l'essentiel pour les enfants précoces, comme pour les autres, c'est avant tout de les inonder d'amour et les persuader qu'on les aimera toujours, tels qu'ils sont, et que ce qu'ils sont est aimable et a de la valeur.
Tout à fait d'accord, évidemment.
Quand à leur expliquer leur singularité, je le fais déjà en leur expliquant à la fois leur unicité et la diversité humaine.
C'est là où j'ai peur de me planter ...
Si vous avez le courage (ça n'a pas forcément à voir, sauf au niveau de la conclusion, et c'est pour ça que je pense à cette vidéo), je vous invite à regarder cette très émouvante et très drôle vidéo (elle est sous titrée en français si vs avez du mal en anglais) :
http://www.ted.com/talks/brene_brown_on ... ility.html (désolée, j'arrive pas à l'intégrer directement!)
C'est tout bonnement génial ! :ensoleillé: :ensoleillé: :ensoleillé:
J'ai pris des notes et je vais les mettre à côté de mon lit pour les lire tous les jours.
Maintenant je dis tout ça, et sa mère veut absolument tester le grand, et je ne sais toujours pas trop comment aborder le sujet du test, ce qu'il va en sortir et comment lui expliquer et resituer les résultats pour qu'il en fasse quelquechose de positif.
Idem pour comment l'aborder, quoique je viens de trouver une piste : je lui ai fait lire Matilda de Roald Dalh.
Hors-sujet
Résumé du livre :
À cinq ans, Matilda a déjà tout lu, de Dickens à Steinbeck. En fait, elle est dotée d’un QI surdimensionné, mais personne ne s’en rend compte, surtout pas ses parents, bêtes et méchants, ni sa directrice d’école, la malveillance incarnée. Seule son institutrice la comprend. Le génie de Matilda va lui donner des pouvoirs surnaturels qui seront l’instrument de sa vengeance… Une histoire à la fois cocasse et grinçante: c’est là la patte de Roald Dahl. Pour apprendre à rire jaune avec de l’humour… noir.
Il m'en a parlé en voiture, et quand je lui ai demandé s'il connaissait des élèves comme Matilda (en précisant bien, sans le côté surnaturel : elle arrive à faire bouger un verre avec sa pensée) dans sa classe (de CE1), il m'a parlé d'un de ses copains (qui a sauté une classe) en disant comme X en évaluations (car c'est le premier ou second de la classe en évaluations) puis après quelques minutes de réflexion et après lui avoir demandé "et tu en connais d'autres ?" il m'a répondu "moi, en mémoire" (tout simplement), j'ai approuvé en disant "c'est possible". Il faut dire que nous lui répétons régulièrement qu'il a une mémoire d'éléphant.

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par shunbabyx » lun. 2 avr. 2012 19:33

Je parle en qualité de HQI, maman de THQI. Avec mon fils, je trouve qu'on a de la chance. On est sur la même longueur d'onde. On peut parler beaucoup, comme partager sans forcément avoir besoin de mots.

J'ai su relativement tôt que j'étais différente des autres. Vers le collège j'ai compris que j'étais intelligente. Pas à cause de mes résultats scolaires (je n'ai jamais travaillé et me suis contentée du médiocre jusqu'au Bac), je savais que j'étais intelligente parce que je devinais beaucoup les autres. J'avais développé une grande faculté d'analyse.

Ma mère ne s'est jamais posé la question, elle n'a jamais réalisé dans quelle gouffre intersidéral je me perdais. A quel point j'allais mal. Elle a connu énormément de violence dans tous les domaines de la vie. Du coup, ce qui lui paraît normal est juste super violent. Alors forcément avec cette échelle perturbée, elle ne me comprenait pas. Je ne lui en veux pas, même si parfois elle a pris de mauvaises décisions. Elle s'est défoncée pour moi, pour me donner tout ce qui a ces yeux était important. Et au milieu de tout ça y avait quand même beaucoup d'amour, même si parfois les grands traumatismes qu'elle a subit ont perturbé nos relations.

En ce qui concerne ma relation à mon fils, après le diag, j'ai fait comme j'ai toujours fait. J'ai discuté avec lui. Je lui ai expliqué à quoi servait le test, ce que voulait dire les résultats. Je lui ai expliqué que tout le monde est différent, y en a qui réfléchissent vite, d'autres qui ont besoin de plus de temps. On a parlé, de la tolérance dans les 2 sens.

Je pense pas que j'aurais eu une attitude différente si je n'avais pas su. Celle qui a été rassurée c'était surtout moi dans l'histoire. Parce que je me demandais si j'étais une bonne mère à cause des difficultés que rencontrait mon fils en classe à cause de l'ennui scolaire. Du coup, plus rassurée sur ce que je peux lui apporter, je gagne en capital confiance et je pense que je suis un meilleur point de repère pour lui car je ne suis plus en proie au doute. Du coup il est mieux dans ses baskets, parce que moi je m'affirme plus, donc je suis plus rassurante pour lui.
Je suis devenue super maman :angel4:
J'ai toujours pris le temps de parler avec lui de ce qui me semblait important. Notamment au niveau gestion des émotions. Je l'incite beaucoup à parler, comme ça si y a quelque chose qui coince on peut l'aborder ensemble. Maintenant quand quelque chose se passe mal, il a le réflexe de m'en parler. Je suis contente, parce que ça témoigne d'une relation de confiance. D'ailleurs quand j'éprouve une émotion et qu'il le perçoit on en parle aussi. Il sait que parfois j'ai un peu peur, ou que je suis en colère, et pourquoi j'éprouve ces sentiments, pareil si je suis heureuse, contente ou autre, en s'exprimant ouvertement, on gère mieux ses émotions, et il a fait beaucoup de progrès dans ce domaine !

La seule chose que ça a changé en fait, c'est au niveau scolaire, j'ai trouvé un établissement qui prend en charge la précocité, de même que d'autres différences beaucoup plus lourdes (telles que l'autisme, la trisomie ou les handicaps physiques lourds). Les professeurs ont plusieurs formations chaque année sur la prise en charge de chaque type de différence, ce qui permet de ne pas isoler les enfants dans des sections. Ils sont mélangés avec d'autres, sauf pour certaines activités qui demandent une adaptation particulière. Du coup, oui, je suis contente de l'avoir su tôt, car j'ai pu adapter la scolarité !
Au moins lui ne s'entendra pas dire que ses questions ne sont pas dans le programme !

Pour le moment il veut faire chimiste, mais des fois y a policier de l'espace, mineur (ben ouai les nains de blanche neige ils ont la cote lol), ou encore spéléologue-archéologue (que lui il appelle expéologue, en gros de la recherche en expédition ^^). Moi ce que je souhaite c'est qu'il fasse un métier dans lequel il se sente bien, et où il y a des débouchés. Après si c'est coiffeur, pour moi ce qui compte c'est que ça lui plaise ! J'espère aussi qu'il arrivera à vivre en harmonie avec ses proches, et qu'il aura une vie sociale dans laquelle il sera épanoui. Et peut-être être grand mère ... Si dame nature est de notre coté :D .

Quant à ma mère ... depuis que je suis diagnostiquée HQI, elle est persuadée que je suis plus intelligente qu'avant lol Moi je pense juste que j'ai un peu plus confiance en moi :mrgreen: . Du coup ma mère complexe, elle se sent nulle et elle se dévalorise. Du coup elle veut tout le temps se comparer à moi, pour savoir si elle est intelligente ou pas. Mais je dirais que c'est pas spécialement la douance qui fait ça. C'était déjà comme ça avant. C'est juste que ça cristallise un peu les choses. Mais au moins elle accepte de m'écouter dans certains domaines, ou elle acceptait pas avant. Peu importe la raison, c'est une ouverture pour aller vers une relation plus saine.

Voilà !

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Louise » mar. 3 avr. 2012 08:59

shunbabyx a écrit :
La seule chose que ça a changé en fait, c'est au niveau scolaire, j'ai trouvé un établissement qui prend en charge la précocité, de même que d'autres différences beaucoup plus lourdes (telles que l'autisme, la trisomie ou les handicaps physiques lourds). Les professeurs ont plusieurs formations chaque année sur la prise en charge de chaque type de différence, ce qui permet de ne pas isoler les enfants dans des sections. Ils sont mélangés avec d'autres, sauf pour certaines activités qui demandent une adaptation particulière. Du coup, oui, je suis contente de l'avoir su tôt, car j'ai pu adapter la scolarité !
Waouh, je savais même pas que ça existait ce genre d'établissement. T'as trouvé ça à Rennes?

shunbabyx

Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par shunbabyx » mar. 3 avr. 2012 10:26

Oui à Rennes, c'est un établissement privé, dont les frais de scolarité son pas trop élevés (400€ par /an en moyenne), il est subventionné par la Région. Ils vont de la maternelle, à la prépa.

Par contre la cantine reste chère, parce que là, pas de subventions ... Mais bon c'est un choix parental. Moi je préfère savoir mon fils bien compris par l'école, pouvoir le suivre régulièrement, lui donner les options qu'il aime (y a musique, langues ... et encore d'autres trucs), plutôt que partir au ski ...
Après c'est vrai que dans les écoles publiques j'ai rien trouvé, sinon je serais restée dans le public.

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Re: L'image de l'enfant surdoué aux yeux de ses parents.

Message par Chouquette » lun. 9 avr. 2012 18:01

:ensoleillé: Dans mon cas, c'est un peu plus complexe n'ayant pas encore été testée même si quelques éléments que je possède depuis mon arrivée sur le forum oriente un peu les choses. C'est pour cette raison que je réponds en tant que maman de deux ados 14 ans 1/2 et 12 ans 1/2 dont seule mon aînée a été reconnue haut potentiel en 2008 lorsqu'elle était en 6ème.

Déjà avant d'effectuer le Wisc IV, la psychologue s'étonnait que je ne me sois pas rendue compte de sa singularité.

A l'annonce des résultats par courrier, j'ai pris les choses très tranquillement et je l'ai appelée.

Elle ne s'est pas étalée et m'a conseillé de surveiller les résultats. La seule personne au courant fut l'assistante sociale qui m'avait alertée et la professeure principale mais en aucun cas, il ne devait en être fait mention dans son dossier. Je l'avait avertie après accord de ma fille pour parer à l'ennui éventuel en cours. L'année scolaire s'est achevée sans souci.

Au 2ème trimestre de sa 5ème, ses résultats avaient énormément chutés, elle ne voulait pas laisser paraître aux autres ses facilités. De peur d'être rejetée elle se sabordait.

Il a été nécessaire d'envisager la réorientation en internat car au niveau comportemental ce n'était plus gérable avec certains de ses professeurs qui l'excluaient régulièrement de leur cours en raison de son insolence.

Tout s'est fait avec le proviseur, le CPE et la professeure principale, ils envisageaient l'internat d'excellence de Sourdun (77) puisque l'objectif était fixé, ma fille n'hésiterait pas à se "lâcher intellectuellement".

La 4ème s'est bien déroulée au niveau résultats scolaires, ils lui ont remis un prix d'excellence au début de son année de 3ème pour récompenser la meilleure moyenne durant les trois trimestres. Les félicitations lui ont été refusées à cause du comportement.

Cette année, en classe de 3ème les deux premiers trimestres ont été récompensés par les félicitations, je suis obligée d'être vigilante au niveau comportement car c'est la raison qui l'a amenée dans cet internat.

Malheureusement, les choses ne sont pas si simples, elle souhaite le quitter et rejoindre le lycée de secteur dès septembre prochain et je ne suis pas d'acccord.

Que de discussions là dessus, chacun argumente. Pour elle, se serait l'occasion d'être plus libre de son emploi du temps, de voir ses amis, pratiquer son sport plus intensément (tennis de table en compet).

Je n'ai jamais poussé ma fille de la maternelle, primaire, collège à se surpasser. Lorsque les notes étaient en dessous de la moyenne, je lui demandais seulement si elle avait pu revoir le cours où la réponse donnée était inexacte. Question devoirs, je n'ai jamais eu à me fâcher, elle gère très bien et rapidement.

J'espère avoir apporté un ptit quelque chose dans ce topic :-)

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