A quand remonte votre sentiment de décalage, de différence..

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Antigone
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Sur le plan strictement intellectuel, il y avait déjà une différence avant le primaire, c'est certain. Chez moi, le décalage était déjà là à la maternelle, mais il ne faut pas, dans mon cas, tout associer à la précocité, je pense, bien que je ne puisse pas clairement dissocier ce qui venait d'elle ou d'autre chose. Il y avait un contexte familial assez différent aussi, qui a nécessairement induit un écart supplémentaire : précarité matérielle et affective, pour "faire court", nécessité de comprendre rapidement et de s'adapter au comportement des adultes, ce qui contraint nécessairement à grandir plus vite que les autres, je suppose.
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pixelvois
Papa Ours
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Ancien Membre de l'équipe

Antigone a écrit :il ne faut pas, dans mon cas, tout associer à la précocité, je pense, bien que je ne puisse pas clairement dissocier ce qui venait d'elle ou d'autre chose.
Dans ton cas, et de manière plus générale je pense ( de même qu'accessoirement il ne faut pas confondre différence / décalage et sentiment de ^^ bien qu'on parle un peu des deux ici ) : on voit bien, et je pense qu'on a tous plus ou moins conscience, que les origines du décalage, et, par extension et par lui-même, du sentiment de décalage sont multifactorielles. C'est justement dans la multiplication des témoignages apportés ici, qui le démontrent bien, que ce fil reste intéressant, il me semble.
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A quand ça remonte....
Je vais être originale :depuis toujours! :lol:
Ben sinon en maternelle des souvenirs furtifs du genre "peuvent pas comprendre de toutes manières", en primaire, me sentir nulle face à tous ces gens pour qui cela semble si simple. Les autres ils oublient tout ce qu'on leur dit pas moi. En primaire je pleurais sans arrêt, si on me demandais pourquoi, je n'avais pas de réponse, sacré décalage avec l’insouciance des enfants de mon âge. Et ma mère quand on lui demandait comment j'allais "oh Eva toujours dans son monde, mais elle va bien".
Après au collège au lycée c'était pire. Sentiment d'échec, de nullité, d'imposture (déjà à cet âge là). Mon frère était surdoué et en échec, ma mère l'avait fait testé. Pas moi, pas la peine, pas assez en échec sans doute et puis surtout moi je ne communiquais pas, j'étais solitaire donc ça se voyais pas. J'avais deux cahier à la maison, un pour écrire mes réflexions, un pour décrire "mon monde". Personne ne les a jamais lu hein! Moi abonné au zéro en orthographe, je passais des heures à écrire, seule. Le décalage oui il était bien là, j'avais pas les même préoccupations. Les filles parlaient garçons, soirées... moi je pensais: maths, sports, rêve.
La différence est encore là aujourd'hui, ils ne peuvent pas comprendre de toutes manières.
youpietragalla
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moi pour ma part je crois que j'ai toujours ressenti ce sentiment de décalage au début avec les gens de mon âge et finalement avec tous le monde... en fait je me sent bien nul part... et ça m'handicape énormément.... j'ai toujours voulu essayer de m'adapter aux gens que je peux fréquenter mais au fond eux aussi me ressentent en décalage avec eux donc je me fait rejeter...
c'est horrible de vivre dans cette espèce de solitude et ca m'angoisse...
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nuware
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Salut,
Dès la première fois que j'ai côtoyé des gamins de mon âge, donc en maternelle. Après je pense avoir traversé une phase de mépris violent (dont je me suis soignée) en primaire, du genre à me battre régulièrement en cour de récré et à refuser toute activité de groupe. Puis une forme de dépression mutique s'est installée au collège, où je me sentais rejetée sans comprendre pourquoi (l'impression que l'année commence bien, les autres me parlent un peu, et puis au bout d'un mois je me retrouve toute seule). A un moment j'ai jeté l'éponge.
Une construction très tardive aussi, pour savoir où me portaient mes désirs, pour comprendre mes sentiments, avec un caractère fluctuant et très immature qui m'ont également fait sentir différente (abonnée aux relations pourries, quoi).
Vala.
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Allybluebell
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Décalage... ce doit être le sentiment qui m'a le plus heurtée lorsque j'étais en phase des premiers murmures, c'est à dire, il y a environ 2 mois, avide de lectures et de compréhension de moi-même.

La notion d'âge me semble la plus prégnante. Pas moyen d'être raccord avec les gens de mon âge. Aujourd'hui, j'ai une vie de famille de 45 ans, j'ai repris mes études avec des 22-23, j'ai parfois l'impression de penser comme 60.
Quand est-ce que j'ai mon âge... rarement. Avec ma meilleure amie. Dans mes révoltes... et encore, uniquement quand je peux être dans un espace de non-jugement.

J'ai parfois l'impression d'agresser les autres avec ma différence : quand j'en ai marre de freiner mes idées, mes lubie. Je ne prends plus de gants et j'impose mes écrits, mes poèmes, mes pensées, mes angoisses.

Remonte à quand ? pfff longtemps. Beaucoup de solitude au collège, puis le début de mes recherches perso : la simplicité n'étant pas compagne adaptée, je me suis mise plus ou moins volontairement dans des situations qui accentuaient encore plus le décalage. Des situations où je devais monopoliser mes ressources pour avancer, voir ne pas y laisser trop de plumes, des situations de co-dépendance.

S'accepter.. c'est un long voyage.. accepter les autres.. aussi
Sirèna

C'est au cours d'une consultation quand un psychologue m'a demandé de me décrire.
Je lui ai répondu: "je fonctionne comme un caméléon, j'essaie de ressembler à tout le monde, comme ça, il y a moins de problèmes. J'avais une quarantaine d'années.
C'est vers la soixantaine que je prenais conscience de ces paroles en allant accidentellement sur un site de surdoués. Alors oui, c'était donc bien vrai. Je ne tournais pas comme le plus grand nombre. Je me reconnaissais à travers les témoignages des uns et des autres.
J'avais toujours eu le sentiment de m'ennuyer avec les autres tout en ayant un immense besoin d'eux.
marie lou
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Papillon
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Je pourrais citer beaucoup de ceux que j'ai lu ici. Merci pour vos témoignages.

Ce sentiment, je crois qu'il peut provenir de cette période pendant laquelle l'enfant commence à prendre conscience des limites de son propre corps. Au tréfonds d'un sondage identitaire, il y a les confrontations, les comparaisons de ce qui est perçu comme interne ou externe.

Il y a eu l'apparition d'une étrange épaisseur entre moi et les autres. Et je fais cet écart à la politesse, m'énonçant moi avant les autres, parce qu'au travers de cette épaisseur, comment était-il possible aux autres de me voir et de me comprendre? C'est devenu plus épais encore, presque palpable, à mon arrivée à l'école.

Cette épaisseur émanait du questionnement de mes limites, plus précisément du hiatus entre "ce qui se passait dans ma tête" et ce que j'étais capable d'en exprimer avec mon corps. Il provenait de ça d'abord, mon sentiment de décalage, un décalage de moi à moi en fait. Évidemment, à l'époque, je ne le formulais pas comme ça, je ne le formulais pas du tout. Mais ça provoquait une gêne qui me donnait l'impression d'être lente, et que je ne retrouvais pas dans l'apparente vivacité de mes camarades de classe.

Je pouvais par exemple, être perturbée par le constat de ne pas réussir à me servir d'une paire de ciseaux aussi bien qu'un adulte, de ne pas pouvoir peler une pomme avec l'habileté qui permet d'obtenir le long serpentin de peau dont mon cerveau dessinait mieux l'image que l'économe que je maniais. Quelque part, j'admettais mon incapacité et mon âge, mais je trouvais bizarre qu'entre tous les enfants que nous étions, ces difficultés d'apprentissage ne soient jamais évoquées. Peut-être qu'aucun ne savait tout bonnement comment dire?

A ce genre de préoccupations, se sont ajoutées celles issues de la constatation que mon environnement familial n'était pas des plus courants. Mais à l'époque du primaire, j'avais plutôt l'impression que c'était les autres qui ne me considéraient pas comme eux, tant je craignais que mon sentiment de décalage soit physiquement visible.
Mes prisons sont des modèles de sublimes inquiétudes
A. Bashung
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dave smallwood
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Mon sentiment de décalage, je l'ai ressenti assez tard.
A l'adolescence, quand les autres regardaient les filles, je voulais rester dans l'enfance. Dans ma bulle. Je mettais cela sur le compte de la timidité mais finalement ma timidité devait traduire autre chose, un ressenti que je ne pouvais plaire.

Du coup j'ai bien ramé plus tard en terme de séduction.

Ma mère ne se génait pas pour dire que j'étais différent mais je ne comprenais pas en quoi. Je me sentais bien décalé, certes mais pas différent. j'avais 2 bras, 2 jambes...

C'est surtout arrivé dans le monde du travail que j'ai senti ma différence. J'ai eu l'impression que les autres faisaient exprès d'être aussi mal organisés, aussi lents à comprendre, aussi peu réactifs.

J'avais du mal à comprendre pourquoi ils mettaient autant de temps à tout faire, autant de détails pour expliquer des faits simples alors que j'avais dès le début compris où ils voulaient en venir.

Donc, lorsque j'ai enfin compris qu'ils étaient beaucoup plus nombreux dans leur cas que dans le mien, j'ai fini pas accepter l'idée que j'étais différent.
Voilà pour moi
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Dicizit
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Le terme de "décalage" ne me convient qu'à moitié...
De moi enfant, j'ai l'image d'une petite fille sage ( en dehors de chez elle!) , les yeux grands ouverts et les oreilles aux aguets. Pas vraiment seule, pas vraiment avec mes pairs, mais surtout spectatrice, observatrice. Je suppose que je faisais juste le nécessaire pour faire semblant d'être comme les autres.
A l'adolescence, 2 moments très différents.
D'abord une phase plutôt éprouvante , tellement mal dans ma peau, cachée derrière un rideau de cheveux et limite parano.
Puis un peu plus tard, un peu décomplexée, j'ai pris le contre pied en trainant avec des marginaux de tout poils , punks et monde de la rue.
Mais là encore, bien qu'acceptée dans cette faune, je me sentais observatrice, à distance. Analysant les comportements, les règles de groupe etc. Ma grande curiosité y est aussi pour quelque chose .
(Je voulais être ethnologue quand j'étais petite! :lol:)
Curiosité qui sans doute m'a toujours poussée à m'intéresser aux gens "différents", de culture, pays, religions , ou bien des passionnés , artistes...

Le terme de décalage me conviendrait mieux aujourd'hui. Soit j'ai perdu le mode d'emploi pour entrer en mode amical avec quelqu'un, soit je n'arrive plus à me satisfaire de cette position d'observatrice, car après tout, personne ne m'observe, moi! Et je pense aussi être malhabile, faire un peu peur avec mes questions qui doivent sembler un peu directes?
Sûrement un peu de tout ça..

Avez-vous aussi vécu cette position d'observateurs ?
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Pack
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Ce n'est pas évident de répondre à cette question car la réponse est biaisé par notre vision d'adulte et la déformation de nos propres souvenirs qui se sont mélangé à l'analyse que nous pouvons en faire aujourd'hui.

Ce que je veux dire c'est qu'un enfant de quelques années pour se sentir "décalé" il faut qu'il ai la notion de ce qu'il ne l'est pas. Et je ne suis pas certain qu'il en ai conscience. C'est probablement plus tard en analysant notre petite enfance que nous nous sentons à postériori décalé à cet âge.

Petit je me souviens de faits qui me poussent à penser aujourd'hui que j'étais décalé à l'époque. Je m'isolais toujours pour lire, je ne participais pas aux jeux organisés par les copains lors de fêtes, je me souviens de passer mes siestes en maternelles à regarder les grands jouer dans la cours. Pour autant je ne crois pas à 4 ou 5 ans me sentir en décalage.

Cette sensation est claire pour moi vers mes 7-8 ans, où clairement je n'avais pas les mêmes goûts que les autres et que j'en avais conscience, alors qu'ils collectionnaient les Panini Olive et Tom, les Crados, et consorts moi je collectionnai les timbres, et ouvrages d'astronomie...

Bref, je pense que ce décalage à toujours existé dans ma vie, mais que j'en ai eu conscience que vers mon CE2.
Enfin, pour moi il y a encore une autre étape, en avoir conscience est une chose mais l'admettre en ai une autre. Cette étape est arrivée pus tard au collège vers 10 ans. Où non seulement j'avais notion de ce décalage mais il me pesait au point de vouloir le corriger.
classedeneige
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J'ai toujours trouvé les autres enfants beaucoup mieux que moi. Je me trouvais molle, fade, sans envergure, mediocre, effacée. J'aurais tellement voulu être acceptée, intégrée. Alors j'essayais d'être comme les autres, de réagir comme eux, de m'intéresser au même choses. Jusqu'au jour où j'ai perdu pied, je me suis repliée sur moi meme au milieu de l'adolescence. Deux choses m'ont aidées, d abord apprendre...mes etudes, puis la danse et le sport.
Aujourd'hui j'ai toujours ce sentiment de decalage, mais il est accepté. C'est comme ça voilà tout et ca ne changera jamais. A moi de faire avec et surtout de rester moi-même.
je comprends rarement tout et parfois jamais rien.

Je n'ai pas de toi(t) qui m'abrite et il pleut dans mes yeux. Rilke
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Dicizit a écrit :
Avez-vous aussi vécu cette position d'observateurs ?
Je l'ai vécu et la vis encore quotidiennement. :/
C'est parfois confortable, ça me plaît avant tout mais les autres ça leur convient pas, quelqu'un qui sonde de loin mais qui dit rien.
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MentheDiluée
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Je me permets de donner mon expérience ici! :-) Merci pour ce post dont le titre me parle!
Je ne me reconnais pas trop dans vos propos... Enfin, seulement un peu. (sauf le dernier de classedeneige)
Je n'ai pas, par exemple, eu un jour le sentiment d'être "supérieure" (j'ai eu envie de l'être, j'ai voulu y croire très fort, parfois, mais ça n'a jamais été un sentiment profond, dès que l'idée me traversait l'esprit, je la réfutais d'un "mais pour qui tu te prends? Bien sûr que tu es différente, tu es une sous-merde")

Je ne sais pas depuis quand je me sens différente... J'ai en revanche toujours eu un gros souci d'intégration. J'ai besoin des autres, j'aime les autres, je veux qu'ils m'aiment, et je n'ai jamais su comment y parvenir... En primaire, j'étais le bouc émissaire de ma classe, celle dont on se moque et qui ne se défend jamais. Idem au collège, mais à ce moment là j'ai eu tendance à devenir un peu violente et agressive. Pareil aujourd'hui, même si les codes de la "vraie vie" sont différents, j'ai du mal à me faire accepter dans un groupe (j'ai d'ailleurs une peur panique de me faire rejeter d'ici car je n'ai rien à y faire et vous allez vite vous rendre compte que je n'ai rien d'intéressant à vous apporter...). Mais j'ai des amis avec qui j'aime beaucoup passer du temps. Un par un... Si on est plusieurs, je me referme très facilement.


Je me retrouve dans la notion d'observateur évoquée par Dicizit. Je regarde, je ne parle pas, j'observe ceux qui sont à l'aise, qui me semblent tellement mieux que moi, tellement brillants, drôles, adaptés. Je les regarde en les enviant car je ne sais pas comment devenir comme eux.

J'ai aussi, au bout d'un moment, un grand sentiment d'ennui qui m'envahit quand je suis avec un certain nombre de personnes. Ca ne m'arrivait pas trop quand j'étais plus jeune car je trouvais des moyens de m'occuper (en buvant trop, un draguant, en dansant, en mangeant...), mais aujourd'hui, je suis mariée, maman, donc bon, draguer et me saouler, bof bof! :D


Je souhaite aussi ajouter l'expérience que j'ai avec ma fille aînée. Elle va avoir 12 ans, et elle a de nombreux amis... Presque trop. Elle sait se faire accepter, mais dans aucun groupe, elle se fait accepter individuellement, elle a peut-être 40 ou 50 "amis", elle vole de l'un à l'autre en cours de récré, et c'est ainsi depuis qu'elle est toute petite. Elle a un besoin incroyable de reconnaissance et d'amour, mais ne semble pas savoir créer de relation "profonde" et à long terme. Quand elle devient un peu plus amie avec l'un de ses camarades, je sens que ça l'angoisse...
Est-ce quelque chose que l'un d'entre vous a connu? Est-ce que je suis une maman qui m'inquiète trop? Est-ce normal à son âge?
Alexou13
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Salut MentheDiluée, je "rebondis" sur ton commentaire.

Bref, moi j'ai essayé, enfin je suis assez observatrice (maintenant), étant TDAH, c'était surtout tout et n'importe quoi mes interventions dans un groupe, plutôt la comique, casse-cou de service...

Pour ma part, de la maternelle à la primaire, je n'ai jamais eu le sentiment d'être en décalage malgré mes deux ans d'avance... Certes, je ne pense pas être très mature voir carrément enfantine, mais je sais maintenant qu'on m'apprécie pour ça.

Arrivée en 6ème c'est totalement différent, tout d'abord car en primaire j'étais amis avec tout le monde (+3 amis en particulier), bref, le collège est passé par là et tout le monde (- les 3) se sont éloignés de moi. Je suis devenue rapidement, la bête de foire, l'objet des curiosités pour finir par être inclassable (intello pas sage, perturbante, électrisée)... Malheureusement, cette période est toujours la période où on doit appartenir à un groupe, une classe bien définie alors j'ai fini par être le bouc-émissaire, celle qu'on pouvait frapper mais qui n'osait rien dire et rien faire !

Toujours ce sentiment de ne pas être adaptée à cette vie où mon seul échappatoire était le basket. Si au collège niveau relationnel c'était la catastrophe au basket c'était l'inverse.
Alors pour le basket j'ai tout donné et atterrir en sport-étude malgré mes (finalement) 3 ans d'avance avant qu'ils n'arrivent vraiment à me tuer (au sens propre du terme).

Voilà, je dirai, que je me sentais différente, sans vraiment savoir l'expliquer, sans vraiment me poser les bonnes questions... Maintenant je me sens toujours décalée du fait de ma mentalité enfantine et de mes 3 ans d'avance. Mais je suscite plus de curiosité que de dégout, je pense même que certains aimeraient être à ma place et ça me rend fier de moi. De là à me considérer comme surdouée... Hum, je pense juste avoir des capacités non méritées qui ont fait que j'en suis arrivée à ce niveau d'étude, mais niveau sportif, c'est complètement différent, là j'en suis totalement fière car j'ai bossé pour en arriver là et personne n'a le droit de me dire que ma place est injustifiée !

C'est vrai que l'essentiel de mon entourage est sportif, mais ce sont mes amis et les autres devront m'accepter comme je suis ! Tant pis !
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Papa Ours
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Beaucoup de choses dans ton post, MentheDiluée... je vais essayer de rebondir sur quelques éléments ( et, à la fin, un peu sur ton post aussi, Alexou13 ):
MentheDiluée a écrit :Je n'ai pas, par exemple, eu un jour le sentiment d'être "supérieure" (j'ai eu envie de l'être, j'ai voulu y croire très fort, parfois, mais ça n'a jamais été un sentiment profond, dès que l'idée me traversait l'esprit, je la réfutais d'un "mais pour qui tu te prends? Bien sûr que tu es différente, tu es une sous-merde")
Je pense que c'est ta lecture qui te fait trouver un lien entre le sentiment de décalage évoqué ici, et le sentiment d'être "supérieur(e)" que tu détectes... Il ne me semble pas que personne n'ai associé les deux dans ce topic : on parle ici plus d'éprouver un sentiment de différence diffus sans entraîner de comparaison de valeur. D'ailleurs, si ce sentiment peut être en lien avec une éventuelle douance ( qui, rappelons-le, est plus une histoire de fonctionnement différent, de potentiel exprimé ou non : cf. topic supériorité/égalité - le faux débat ), le sentiment de décalage peut aussi provenir d'un complexe d'infériorité, et il ressort d'autre part de cette discussion qu'il reste très délicat de savoir dans quelle mesure cela a joué.
MentheDiluée a écrit :(j'ai d'ailleurs une peur panique de me faire rejeter d'ici car je n'ai rien à y faire et vous allez vite vous rendre compte que je n'ai rien d'intéressant à vous apporter...). Mais j'ai des amis avec qui j'aime beaucoup passer du temps. Un par un... Si on est plusieurs, je me referme très facilement.
Par exemple, et je ne crois pas être le seul, j'ai le même problème de confiance en moi qui flirte avec le complexe d'infériorité, même si je veux bien imaginer que cela ne se voit pas forcément dans mes posts ( au moins jusqu'au moment où je l'exprime clairement ). Et je suis bien plus à l'aise dans l'échange en petit comité, qu'en groupe, où effectivement je me met assez facilement en retrait. Si cela occasionne bien un "décalage" avec la plupart des gens ( qui semblent apprécier les réunions en nombre ), cela peut pourtant s'expliquer par bien d'autres choses : un tempérament solitaire ( douance et solitude ), une difficulté à gérer les implicites et/ou à accepter les masques sociaux ( les masques ne tombant - presque - jamais sous l'effet de groupe, les personnages fictifs étant au contraire - souvent - exacerbés sous l'effet de groupe, les échanges "vrais" ne pouvant - la plupart du temps - ne se produire que dans une certaine intimité ), une tendance à être plus observateur qu'acteur...
MentheDiluée a écrit :Je me retrouve dans la notion d'observateur évoquée par Dicizit. Je regarde, je ne parle pas, j'observe ceux qui sont à l'aise, qui me semblent tellement mieux que moi, tellement brillants, drôles, adaptés. Je les regarde en les enviant car je ne sais pas comment devenir comme eux.
Sentiment de différence, alors, si tu ne sais pas comment devenir comme eux, puisque c'est donc que tu ne te sens pas comme eux :wasntme: ...
Blague à part, et concernant cette position d'observateur, je la connais très bien. Mais il me semble que cette notion mériterait un topic à part pour en discuter, même si j'y vois bien un certain lien avec le sentiment d'être différent ( ne serait-ce que pour un meilleur référencement du thème qui n'est pas exprimé dans le titre de ce topic ).
MentheDiluée a écrit :J'ai aussi, au bout d'un moment, un grand sentiment d'ennui qui m'envahit quand je suis avec un certain nombre de personnes. Ca ne m'arrivait pas trop quand j'étais plus jeune car je trouvais des moyens de m'occuper (en buvant trop, un draguant, en dansant, en mangeant...), mais aujourd'hui, je suis mariée, maman, donc bon, draguer et me saouler, bof bof! :D
Inversement, le sentiment d'ennui je le connais moins en vieillissant : sans doute par le choix des gens avec lesquels je passe du temps, même si il réapparaît régulièrement... m'enfin, là aussi, ce n'est pas vraiment le topic pour en parler ( voir plutôt du côté du topic Survivor de la temporalité vide : histoire d'ennui ).
MentheDiluée a écrit :Je souhaite aussi ajouter l'expérience que j'ai avec ma fille aînée. Elle va avoir 12 ans, et elle a de nombreux amis... Presque trop. Elle sait se faire accepter, mais dans aucun groupe, elle se fait accepter individuellement, elle a peut-être 40 ou 50 "amis", elle vole de l'un à l'autre en cours de récré, et c'est ainsi depuis qu'elle est toute petite. Elle a un besoin incroyable de reconnaissance et d'amour, mais ne semble pas savoir créer de relation "profonde" et à long terme. Quand elle devient un peu plus amie avec l'un de ses camarades, je sens que ça l'angoisse...
Est-ce quelque chose que l'un d'entre vous a connu? Est-ce que je suis une maman qui m'inquiète trop? Est-ce normal à son âge?
Ben, là encore, sans vouloir te freiner ni dans tes questionnements, ni dans ta volonté de contribuer aux discussions, ce n'est pas ce topic qui paraît adéquat pour échanger à ce propos... fouille un peu le forum, tu devrais y trouver des contributions autour de ce sujet ( sinon crée un topic : je ne sais plus s'il y en a un en rapport direct en dehors du Petit salon )...

Hors-sujet
Alexou13 a écrit :De là à me considérer comme surdouée... Hum, je pense juste avoir des capacités non méritées qui ont fait que j'en suis arrivée à ce niveau d'étude
Encore une fois : surdoué ne veut pas dire "plus" quelque chose... en dehors du topic à propos de la supériorité évoqué plus haut, le topic un peu de terminologie peut être utile à consulter. Aucun terme n'est parfait, et chacun porte des a priori qui sont trompeur dans leur interprétation. Il s'agit d'un fonctionnement cognitif différent, de caractéristiques neuronales particulières, qui produisent de manière innée ( et donc sans mérite ) un potentiel particulier, donc des capacités qui sont ou non exploités, et qui peuvent se révéler plus ou moins gênantes selon leur degré d'expression, et en fonction aussi du caractère, de l'histoire de chacun, etc.
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Pour continuer sur la même lancée, il me semble aussi que mon sentiment de décalage remonte à bien bien longtemps... Peut-être depuis que j'ai commencé l'école, où on est confronté à des pairs et qu'on remarque que ce qu'on croyait "la norme" ne l'est en fait pas du tout. Peut-être aussi après que mes parents aient consulté un psychologue pour mon cas, ce qui pourrait avoir induit dans ma petite tête enfantine, consciemment ou inconsciemment, qu'il y avait sûrement un petit problème quelque part. J'ai essayé de m'intégrer tant bien que mal, avec d'assez grandes difficultés, en me essayant de me faire accepter quitte à renier une partie de moi-même (suradaptation ?) Cela me suit toujours maintenant, même si je réalise plus de choses qu'avant... Les habitudes ne se changent pas comme ça, surtout quand elles viennent de loin.
Ils ont dit : Tu es devenu fou à cause de Celui que tu aimes."
J'ai dit: "La saveur de la vie n'est que pour les fous."
Yâfi'î, Raoudh al rayâhîn
Invité

J'ai toujours eu cette sorte de sensation étrange dans le ventre, de solitude, d'incompréhension, mais j'étais une petite fille "gaie, vive, curieuse, fantaisiste, originale" , des qualités valorisées par ma famille et par mes instits de primaire qui pratiquaient les méthodes Freinet.
J'ai voulu être un garçon, vers 8 ans, pour voir si je ressentirais plus de cohérence avec moi-même, puis avec les autres.
Echec.J'étais exclue aussi du monde des garçons.

Je ne me suis jamais sentie décalée intellectuellement.J'aimais écrire, j'aimais la poésie, j'aimais dessiner et faire de la musique, j'étais ultra bavarde,
je crois que les autres m'aimaient bien,
mais dès qu'ils l'ont pu, ils m'ont dite "bizarre".

Le sentiment de décalage, c'était vis a vis de moi- même que je l'avais avant tout, cette impression de me regarder vivre et de voir ma vie passer sans moi,
quand je suis devenue anorexique (je l'étais aussi nourrisson et c'est revenu plus tard), j'ai compris en thérapie que je ne voulais pas grandir, que je voulais régresser là où je m'étais laissée et me reprendre à zéro sans me perdre de vue.

Tentative échouée, j'en suis au même point, douleur d'être incomprise, douleur de ma spontanéité qui me fait passer pour une idiote ou une originale,
et c'est toujours dans le ventre que ça se passe, comme une boule de vide.

J'ai guéri beaucoup de mes maux, voire tous.
Mais pas cette certitude d'être à côté de moi, loin des autres, à côté de la plaque.

(Plus j'écris sur ce forum, plus je me dis que je suis disthymique point barre, je suis différente mais pas intellectuellement.J'ai juste gardé ma curiosité d'enfant)

En fait je suis en colère....
classedeneige
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douleur d'être incomprise, douleur de ma spontanéité qui me fait passer pour une idiote ou une originale,

Je me retrouve beaucoup dans ton post...
Mais sans doute à force de travailler sur moi....je me perçois avec beaucoup plus de cohérence..c'est le monde exterieur qui manque de sens jusqu'à en être illogique et inhumain, vide aussi. J'en viens aussi à penser qu'il n'y a pas de place pour les gens comme moi, même dans cette société européenne où les libertés et les droits sont quand même relativement garantis.
je comprends rarement tout et parfois jamais rien.

Je n'ai pas de toi(t) qui m'abrite et il pleut dans mes yeux. Rilke
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classedeneige a écrit :douleur d'être incomprise, douleur de ma spontanéité qui me fait passer pour une idiote ou une originale,

Je me retrouve beaucoup dans ton post...
Mais sans doute à force de travailler sur moi....je me perçois avec beaucoup plus de cohérence..c'est le monde exterieur qui manque de sens jusqu'à en être illogique et inhumain, vide aussi. J'en viens aussi à penser qu'il n'y a pas de place pour les gens comme moi, même dans cette société européenne où les libertés et les droits sont quand même relativement garantis.
Oui classedeneige, je suis en effet moi aussi plus en accord avec moi-même, c'est vrai.
Le découragement et la colère qui m'ont pris ce jour me font voir un peu les choses trop en noir.
Cleis

Oula!! d'aussi loin que remonte mon premier souvenir, à savoir deux ans, deux ans et demi.
Et quand je dis 'souvenir', et surtout aussi précoce que celui-ci peut être, n'y voyez pas une douce image de propos racontés, ou encore une résonance d'une photo d'antan. non non, ici il est bien question, de ressentis, de pensés qui ont pu traverser mon esprit à ce moment fatidique. LE Moment où j'ai compris que même un être qui se veut être parent, n'est pas forcément en mesure de comprendre. Que le décalage intergénérationnel existe bel et bien.

L'époque des 'petites classes' (première et deuxième section de maternelle) a également était très propice à la naissance d'un faussé entre 'mes compatriotes' et moi même:

- Quel est l’intérêt trouvé dans ces comportements?
- Comment un enfant, qui pour moi est (était?) doué de sentiments, de réflexion, pouvait-il sans mal s'adonner à une forme de mythomanie, ce besoin d'écraser ou de faire mal (oui oui intentionnellement, je ne vous apprend rien :angel4: )

En somme je m'amusais à ma manière, à comprendre, discerner les 'pourquoi' des 'comment' des ces petits êtres qui semblaient, outre le physique, m'être totalement différents.

oui on peut dire que j'ai passé le plus clair de ma petite enfance à mettre en place une étude anthropologique qui m'est actuellement toujours utile :cheers:
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damokles51
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Premier souvenir... difficile à dire je ne me suis jamais vraiment posé la question ^^

[EDIT]
En fait si à bien réfléchir je garde cette image et cette sensation désagréable que procuraient ces couches spéciales pour enfant ayant un décalage des axes de la hanche.
Non seulement elles démangeaient énormément, mais le plastique typique du début des années 80 (comme tous les autres d'ailleurs) fermant la ceinture de ces couches, brûlait mon ventre. :coleredefeu:
Pour donner un repère temporel sans pour autant pouvoir être précis, je suis arrivé "propre" à la maternelle, où je suis entré à l'âge de 3 ans et 3 mois.
[EDIT]

Aussi loin que remonte les souvenirs à ce propos, je dois dire que j'ai ressenti un gros, très gros décalage, le jour de la toute première rentrée scolaire de ma vie, en maternelle.
Je ne me suis pas senti à ma place. Je ne comprenais pas le comportement des autres enfants, et l'attitude de beaucoup de parents.

Et j'ai fais le mur :ledoigt:

Sérieusement oui, je suis parti! :smiledansboite:
Comme j'étais très proche de mon grand-père, j'ai voulu lui rendre visite.
Je me souviens encore arrivant devant sa clôture en croisillon de bois typique des années 50 :D
Étant absent, j'ai donc décidé de rentrer chez moi, et ma mère a de suite appelé l'école pour les prévenir.
L'assistante d'éducation (une très gentille dame) ne m'a pas grondée.
Par contre l'institutrice, m'a tiré l'oreille et mis au coin: première mise à l'écart? ... :?: un symbole en tout cas :^)

En même temps, la pauvre, c'était son premier jour d'activité :lol:
Premier jour de carrière et on perd un petit, c'est sûr, ça le fait pas.

Elle a d'ailleurs par la suite toujours reproché à mes parents de ne pas avoir tenté de chercher à comprendre ce qui se passait dans ma tête, et de m'avoir envoyé dans une voie professionnelle durant mon cursus scolaire.

«Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.»
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Flavie
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Il était déjà là le sentiment de décalage lorsque j’étais jeune, mais moins marqué car j’avais davantage d’amies. J’étais complexée par rapport au fait que j’étais souvent dans la lune. J’ai toujours pensé que j’avais un tdah (jamais pensé sérieusement à me faire évaluer, car je réussissais très bien et facilement). Au primaire et au secondaire, je me souviens que j’écoutais les premières minutes des cours en classe (à l’université j’écoutais davantage, car je trouvais ça intéressant) et ensuite je partais dans mes pensées. Lorsque tout le monde s’affairait à travailler en silence, je sortais de mon nuage et chuchotais à mes voisins « qu’est-ce qu’il faut faire ». Je posais aussi des questions qui sortaient du contenu du cours (le contenu du cours je l’avais déjà compris), donc, auxquelles on ne répondait pas. Mes rêveries permanentes m’ont quand même valu quelques taquineries insultantes au secondaire où l’on me disait que j’étais perdue. :pale:

C’est dans les dernières années que je le sens le plus ce sentiment de décalage. Je sais que certains disent de moi que j’ai l’air arrogant, snob ( :wait: c’est mal me connaître, mais il faut que j’améliore ça). Entre autres, au boulot où je mange maintenant seule pcq presque tout le monde semble me fuir. Je pense que soit je prends trop de place dans les discussions (suis trop intense ou je fais bifurquer leurs sujets de conversations vers quelque chose qui me semble plus intéressant) ou au contraire, je me contente de les écouter pcq j’ai vraiment rien d’intéressant à ajouter dans leur discussions que je trouve souvent ennuyantes (la position de l’observateur dont certains ont parlé précédemment, je connais bien). J’vais pas trop m’étendre sur mon cas (l’ai déjà assez fait), mais je suis toujours celle qui pense et fait autrement.
pixelvois a écrit :Je ne sais pas quel est l'effort le plus difficile entre être ce que l'on est et tâcher de paraître ( bien ou pas ), jouer avec les masques sociaux : je ne pense même pas que cela soit comparable dans le sens où ce ne sont pas les mêmes difficultés.
Ta réflexion me parle beaucoup... C'est un questionnement que j'ai moi aussi. Je me dis : soit je tente de jouer un rôle pour entrer dans le moule et là je serai malheureuse ou bien je reste moi-même et je me fais rejeter par les autres et ça me fait de la peine. Je pense que ma solution se trouve peut-être à mi-chemin entre les deux : rester en partie moi-même en adoucissant certains traits et en faisant un peu attention de ne pas déplaire. :-)
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Géocoucou
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Pas beaucoup de souvenirs d'un franc décalage (ça m'inquiète presque... :worried: ), mais des souvenirs de solitude et d'isolement, ça oui (comme dans la chanson). Le regret de voir que la lecture et l'écriture n'était pas encore "pour moi" en Maternelle, peut-être (si je me souviens bien : des lettres comme dans le scrabble à placer sur un support).

@damokles51 : c'est mon petit frère qui a fait le mur comme toi... pour retrouver maman à la maison, eh oui, les garçons sont plus entreprenants.

Après je suis partie dans le rêve, beaucoup de remarques de mes profs à ce sujet, à partir du CE2 |-) .

En 3e, mes "copines" m'excluent du groupe : "Tu ne t'intéresses pas à ce qu'on fait". C'est pas faux, mais bon... :'(

Mal-être progressif, "premiers murmures" il y a 10 ans...

Le fait d'avoir des parents surdoués n'aide pas forcément à sentir le décalage. C'est juste "l'extérieur" qui est un peu hostile... on s'adapte et on sauve les apparences quand on est une petite fille sage : le décalage est nié, on "tord" plutôt sa personnalité et on consolide un magnifique faux-self.
"Prévot, dans les débris, a découvert une orange miraculeuse. Nous nous la partageons. J’en suis bouleversé, et cependant c’est peu de chose quand il nous faudrait vingt litres d’eau." A. de Saint-Exupéry, Terre des hommes
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damokles51
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Le fait d'avoir des parents surdoués n'aide pas forcément à sentir le décalage. C'est juste "l'extérieur" qui est un peu hostile... on s'adapte et on sauve les apparences quand on est une petite fille sage : le décalage est nié, on "tord" plutôt sa personnalité et on consolide un magnifique faux-self.
+1! Je plussoie !

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