A quand remonte votre sentiment de décalage, de différence..

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Nami Tama
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Il m'est difficile de dire à quand précisément remonte ce sentiment. Je n'ai pas de souvenirs de décalage étant petite enfant.
A l'adolescence, en revanche, la différence et le décalage avec les autres se sont faits évidents.

Décalage avec les autres, mais aussi avec moi-même et avec le temps.
Avec les autres : pas la mêmes façon de voir le monde, d'être au monde, pas les mêmes centres d’intérêts, pas les mêmes conceptions.
Avec moi-même : décalage temporel, je n'ai jamais eu le sentiment "d'avoir mon âge". Ce qui s'est traduit par un effort de réflexion quasi systématique pour donner mon âge dès 15 ans. (Le plus drôle, aujourd'hui, c'est la tête des autres quand à la question "quel âge as-tu", je réponds "attends, quel âge j'ai déjà ?" et que je me mets très sérieusement à compter. :D )
"Nous sommes la seule personne à dépasser."
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Nexus-6
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Mon sentiment de décalage est venu très tôt, je pourrais dire depuis la maternelle, un peu plus en primaire, mais le pire c'était durant l'adolescence, que ce soit dans ma famille au collège/lycée ou des personnes de l'extérieur, j'étais totalement déphasé.
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Tipiak
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A quand? Vaste question...

Depuis toujours, j'ai l'impression de ne pas être comme les autres, d'être à part... Mais ce sentiment était diffus, un peu comme en arrière plan, un magma éthéré informe et innommable.
Je sais que dans mon histoire, il y a effectivement un point (je détaille pas, la flemme) me permettant d'affirmer que je ne suis pas comme tout le monde, mais ça n'explique pas tout.


Alors est-ce parce que enfant, j'étais étiqueté "enfant de la maîtresse" pour les adultes comme pour mes pairs?

Est-ce que c'est parce que j'aimais bien lire, et que je trouvais ça facile? (je suis certain d'être parvenu à écrire "papa" et "maman" (en fait "mama", à cause du "an" qui a besoin de deux lettres, le sale fourbe) avant d'entrer au CP, mais ma mère dit que je ne savais lire couramment qu'en janvier de CP, donc rien d'extraordinaire. J'aime juste bien lire, parce que quand je lis ça fait comme un film dans ma tête et c'est cool.
En plus, à en croire ma mère, questionnée récemment, mes résultats étaient tout ce qu'il y a de plus moyen, j'étais un élève comme les autres, bien équilibré.

Je crois pouvoir affirmer que le ressenti à peu près conscient d'une différence, d'un décalage, a bourgeonné à l'adolescence pour éclore à l'âge adulte... Tous ces trucs si compliqués... "te prends pas la tête" "tu réfléchis trop"
Mais pourquoi est-ce si dur de faire comprendre quelque chose à quelqu'un ? "toi, quand on te demande de définir le jus d'orange, tu commences par expliquer comment les oranges ont été cultivées puis récoltées" Pourquoi est-ce que tout à coup je parle trop lentement pour dire ce que je pense? Je sais les trucs, j'ai compris, c'est logique, mais j'arrive pas à l'expliquer aux autres sans être pédant, alors j'en deviens involontairement simpliste, aaaaarg!!! Pourquoi j'ai du mal à trouver mes mots? Pourquoi j'ai l'impression d'être un autiste dysphasique (codes sociaux dans les choux, trouble de la programmation syntaxique, de l'organisation du discours, de l'informativité)? Pourquoi les autres n'ont pas l'air d'avoir les mêmes difficultés alors que je suis censé mieux maîtriser le langage qu'eux? Pourquoi j'ai l'impression de ne pouvoir avoir à dire que des évidences inintéressantes? Pourquoi en réunion, quand je parle, d'un coup tout le monde écoute genre grand blanc, mais personne ne commente jamais rien ou très rarement, alors que les interventions des autres sont très souvent suivies de réactions? Pourquoi est-ce que les gens rigolent parfois quand je dis des trucs sérieusement, et prennent au sérieux ce qui est à l'évidence de l'autodérision ou de l'ironie? En vérité, j'ai l'impression d'être à la fois bête et vaniteux, et de me réfugier dans l'hypothèse d'une pensée différente pour excuser ma médiocrité. J'ai des connaissances sur des trucs incongrus ou inutiles, mais je ne sais pas faire ce que tout le monde réussit. Et plus le temps passe, plus j'ai l'impression que cet écart se creuse. J'en suis à éviter les relations sociales. Je n'en peux plus de devoir enfiler un masque de compatibilité, ne pas pouvoir être moi-même et dire ce que j'ai sur le coeur, lassé des multiples déceptions d'être incompris. je n'en peux plus d'avoir l'impression d'avoir raison alors que les autres ont tort, d'abandonner et passer à autre chose, ou pire, de les voir réaliser leurs erreurs et adopter la solution que je n'avais pas osé leur présenter.
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
Mais ma signature est toujours 20% plus cool, d'ailleurs je retourne sur mon bateau pêcher des colins, signé ton papa le Captain Igloo.
Tails
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Vous me pardonnez si je vous dis que j'ai pas tout lu ? :oops:

D'aussi loin que je me souvienne j'ai toujours pensé être "différent", dans quel sens ? Je ne sais pas trop à vrai dire. Mais j'étais persuadé que j'avais quelque chose de spécial que les autres n'avaient pas.

Pendant l'enfance ça s'est traduit comme ça (prière de ne pas rire, ce qui suit est EXTRÊMEMENT sérieux :mrgreen: ) : J'avais l'impression d'être le "héros" d'une série, comme une sorte de Malcolm en fait (euh...vous faites quoi tous écroulés de rire par terre ? :grattelatete:). Malcolm reflète bien le sentiment que j'avais à vrai dire. J'avais l'impression d'être le "lien" entre le monde et des "spectateurs" qui regarderaient tout ça tout en essayant de comprendre où tout ça pouvait bien aller, comme lorsque l'on regarde une série et qu'on essaye de piger à l'avance ce que la fin pourrait bien être. Dans ce rôle là, j'étais acteur et en même temps spectateur de ce qui se passait autour de moi. Ce dernier "rôle" était alors extrêmement marqué, j'ai vu de vieilles vidéos faites par mes parents pour des fêtes de famille, des mariages et autre, et lorsqu'on me voit dessus c'est flagrant : je suis "dans mon monde" les yeux grands ouverts, je dis pas forcément grand chose, je déambule, je regarde, je passe à côté de mes parents sans les voir alors qu'ils me parlent, je ne joue pas avec les autres enfants de mon âge...je fais mon petit bonhomme de chemin quoi.

Tout ça ça a duré pendant un long moment, je parlais même aux "spectateurs" (du coup vraiment comme Macolm) parfois, mais sans que personne ne le sache et ne le voie jamais. En grandissant cette manie a un peu disparu, à l'adolescence surtout. À cette époque là j'étais persuadé d'être le plus normal et le plus banal des types, sans rien d'intéressant, bref le dénigrement total de soit quoi. Mais même là je me disais qu'il y avait des choses qui clochaient, que je devais par faire les choses "comme il fallait" que j'étais inadapté, que je devais être plus bête que les autres...

Voilà voilà un peu pour mon enfance et mon adolescence. Aujourd'hui c'est un peu différent parce que j'ai pris conscience de pas mal de choses, mais jusqu'à il y a peu il faut dire que je me posais énormément de questions sur le : "Mais pourquoi je pense à des choses comme ça moi ?! O.o", quand j'entendais les gens me dire des choses du genre "Mais tu vas chercher ça où ?" "Mais qu'eeeeest-ce que tu raconte ?" ou "T'es sur que ça va dans ta tête ? xD" ou encore, mes préférées "Hallo la Lune, ici la terre !" ou "Redescend un peu de ta planète."...enfin bref voilà quoi.

Mais j'avoue qu'il y a une question qui me turlupine vis-à-vis de ce topic (et mea culpa, mea maxima culpa, si elle a déjà été posée plus avant)...est-ce que ce n'est pas un peu le lot de tout être humain de se sentir "différent" ? Je veux dire...on a que notre perspective ! On est pas capable d'être dans la tête des autres, on ne peut pas savoir réellement ce que les autres pensent....alors est-ce que ce trait particulier peut-il vraiment être relié à la douance ? Je veux dire par là que je vois que beaucoup de personnes dans leurs présentations parlent de ce sentiment de "différence" dont ils ne savaient pas d'où il venait...mais ne pensez-vous pas que si on demande à n'importe qu'elle personne non-HP de répondre franchement à cette question elle pensera être "différente" des autres ?
Looping
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Hors-sujet
Cela fait très longtemps que je n'ai pas parlé de choses personnelles...et encore moins face à vous qui m'êtes encore inconnus. Alors désolée si mon post n'est pas très fluide à la lecture. Et je crois aussi qu'il y aura quelques redites par rapport à ce qui a pu être écrit dans le même sujet, je m'en excuse.
Je n'ai pas (encore) d'explication à cela (peut-être une maturité qui est venue plus jeune ?), et pourtant, la sensation de décalage, je connais. De mon côté, cela remonte à la petite enfance, vers mes 5 ans.

J'avais (d'après mes parents) appris à lire de façon assez autodidacte à cet âge là, ce qui amena mon instit de l'époque à me faire sauter la classe du CP (pour la petite histoire, mes parents n'étaient pas d'accord, ils avaient peur que cela me perturbe et me déboussole, l'instit l'a donc fait en cachette...et tout s'est bien passé !). Au niveau scolaire, je comprenais et mémorisais vite, j'ai survolé les programmes, jusqu'au lycée compris (faisant paradoxalement naître au passage un perfectionnisme et une peur terrible de l'échec aux examens, une autre source de décalage...). Je me suis ennuyée parfois assez souvent et du coup j'ai compensé par d'autres activités.

Mais le décalage le plus important était d'ordre "social". Outre l'ostracisme (je reste gentille :mrgreen: ) inévitable du fait d'être en tête de la classe, je n'avais pas les mêmes centres d'intérêts, les mêmes préoccupations que les camarades de mon âge+1, 2 et plus (les boys bands, les séries, les stars, la mode et le maquillage ça n'était vraiment pas mon truc à l'époque :roll: ). Pas les mêmes interrogations existentielles non plus ("non mais tu penses trop, tu réfléchis trop", "pourquoi tu penses à ce genre de trucs", et j'en passe). Pas facile de se faire de vrais amis dans ces conditions. Du coup j'ai appris à préférer les activités solitaires et je me suis réfugiée dans une boulimie de lecture, l'écriture (le journal intime, un sacré défouloir ! :P ), la musique...

La sensation de décalage s'est un peu estompée au lycée, grâce à de belles rencontres amicales qui m'ont un peu sortie de ma bulle et permis de "vivre ma jeunesse". J'ai cru qu'à partir de ce moment là, ça serait fini...après tout, on devenait tous des adultes, avec nos spécificités propres et le respect de l'Autre en prime...erreur fatale ! :mrgreen:

Il s'est en réalité bien réactivé à la fac, à la différence près que cette fois je l'ai bien mieux vécu : je l'assumais, en ce sens que je ne cherchais plus à ressembler aux autres, à me glisser dans leurs "codes" pour faire comme si. Et ça a tout changé. :rock: Je continue à le ressentir aujourd'hui, dans la plupart des relations amicales comme professionnelles, mais je vis plutôt bien avec. Je m'exprime librement avec les proches et je m'adapte dans les autres contextes (d'ailleurs, le post "oser s'exprimer" que j'ai parcouru m'a montré que j'avais encore une bonne marge de progression là dessus ;) ).

Je me souviens que ce qui me taraudait à l'époque de l'adolescence, c'était d'avoir peur, à cause de ce décalage, de passer à côté de certaines choses de l'adolescence et de le regretter plus tard à l'âge adulte, comme si j'avais peur de grandir trop vite et de ne pas connaître ma part d'insouciance. Avec le recul, je n'ai effectivement pas vécu certaines choses, mais je ne le regrette pas. J'ai juste eu un cheminement différent qui a permis de construire ce que je suis aujourd'hui, sans honte ni fierté. A défaut d'avoir eu une vie sociale hyper extravertie pendant une période, j'ai appris qu'il pouvait être beau aussi d'apprendre à "cultiver son jardin"... ;)
Orbital11
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Zyghna a écrit :Sentiment de décalage qui remonte aussi à la petite enfance. Mes parents ont beaucoup déménagé quand j'étais en maternelle (et avant) et comme j'étais totalement asociale, je ne jouais pas avec les autres enfants. Arrivée au primaire, et installation durable en Bretagne, j'ai compris que je ne partageais rien en commun avec les autres enfants, et cette impression ne s'est jamais estompée.
Ce n'est pas seulement l'impression de ne pas faire partir d'un groupe, c'est surtout le fait de constater qu'on ne pense absolument pas comme eux, que notre conception de la vie, des choses, diffère du tout au tout.
Exactement la même histoire, si ce n'est qu'il faut remplacer la Bretagne par l'IDF (mais j'ai vécu en Bretagne quand même :mrgreen: ).

Je n'ai jamais suivi vraiment le mouvement concernant les choses auxquelles s'intéressaient les autres gamins, certaines dessins animés quand j'étais gosse, la mode vestimentaire, la musique, les séries, les films, les filles... à partir de l'adolescence. J'ai toujours été marginal de ce point de vue là, parfois je l'ai payé. Heureusement il y a quelques trucs "fédérateurs" qui ont fini par m'intéresser un peu plus tard (le sport et notamment le foot, la musique et le cinéma tout de même), mais je reste quelqu'un avec mes centres d'intérêt et lubies bien à moi.

Pour la conception de la vie, à chaque fois que j'ai fais quelque chose parce que c'est comme ça que font les autres (faire telles études, faire tel type de travail, se mettre en couple, etc...), je me suis toujours viandé.
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Sky
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Pour moi, le sentiment de décalage s'est fait sentir au collège.

J'avais pas beaucoup d'ami(e)s. 2 amies de primaire, dont ma meilleure amie à l'époque étaient dans ma classe. Jusqu'en 4 ème, parce que j'ai redoublé, et elles non. Mon redoublement à signé le début de mon isolement et de mon décalage d'ailleurs. On se retrouvait pendant les pauses, mais c'était plus pareil. Et dans ma classe je me liais pas beaucoup avec les autres. J'avais des copines, mais j'étais pas proche du tout. C'était histoire de pas être seule, de sembler normale.

Mais j'étais pas du tout dans leurs délires. En 3ème, j'ai essayé de traîner avec des jeunes des environs de chez moi, qui étaient également dans mon collège. Mais comme dit juste avant, on était vraiment pas dans le même trip.
Ils fumaient, buvaient, voir se droguaient pour certains. Les filles parlaient de mecs tout le temps, etc, et moi j'étais à 5000 km de tout ça. J'ai essayé de faire pareil, concernant les mecs. J'suis sortie avec 2 gars, mais j'en voyais pas l'intérêt. Faire comme les autres juste pour paraître normale ça m'intéressait pas (mes potes de l'époque ont essayé de me caser avec un gars du village, avec le recul j'ai l'impression d'avoir été une bête de foire. Ils ont essayé de me faire fumer, mais j'ai pas cédé).

Et donc, depuis la 4ème, je me suis sentie différente. Au lycée ça s'est pas spécialement arrangé. Je me suis retrouvée avec des filles qui étaient dans mon collège ou dans ma classe, donc j'étais pas seule, et on a formé un petit groupe dès le début, mais encore une fois, on avait pas du tout les mêmes préoccupations.
Une amie a fini par se détourner de moi pour une raison qui m'échappe encore, étant donné que je n'avais rien fait de mal. J'ai passé un moment à hanter les couloirs du lycée pendant les pauses, assise par terre, à bouquiner.
Puis le groupe s'est plus ou moins ressoudé, mais bon. J'ai jamais eu d'amie proche au lycée.

Je pense que durant tout ce temps, j'ai essayé de me fondre dans la masse. J'avais déjà bien assez de problèmes familiaux à l'époque, donc c'était pas la peine d'en rajouter. Même si au lycée, comme au collège, j'ai eu des profs qui m'en ont voulu pour des raisons merdiques (une qui m'a clashée en plein cours, devant tout le monde, parce que je participais trop. Certes, j'étais très enthousiaste et elle donnait des cours d'informatique, alors peut être que j'ai manqué de tact à force d'ajouter mon grain de sel, mais je voulais pas la mettre en difficulté... Et une autre qui me reprochait... d'être trop pâle... Je suis en effet très blanche de peau, ça, couplé au manque de sommeil et aux soucis...).

Voilà, j'pourrais écrire des pavés sur tout ça mais je vais m'arrêter ici. :mrgreen:
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Kan
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Orbital11 a écrit :il y a quelques trucs "fédérateurs" qui ont fini par m'intéresser un peu plus tard (le sport et notamment le foot
Ha oui, quel revirement :D :2deg
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Kan
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Je ne sais pas si ça a directement quelque chose à voir avec ce topic. Mais c'est quelque chose qui vient de me venir à l'esprit :

Quand j'étais plus jeune ( il me semble vers la période école primaire-collège) je préférais jouer avec des enfants plus jeunes que moi.


Je me demande pourquoi. Est-ce que d'autres se sentent concernés ?
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Kan a écrit :Je ne sais pas si ça a directement quelque chose à voir avec ce topic. Mais c'est quelque chose qui vient de me venir à l'esprit :

Quand j'étais plus jeune ( il me semble vers la période école primaire-collège) je préférais jouer avec des enfants plus jeunes que moi.


Je me demande pourquoi. Est-ce que d'autres se sentent concernés ?
On va être hors sujet, mais c'est une question qui me taraude depuis un moment sans trop vouloir ou ouvrir un post.
Pour répondre à ton interrogation, pour ma part, et ce encore aujourd'hui, dès que je me fais "c...r" au cours d'un repas ou d'une soirée avec des adultes (oui oui c'est ça de tout âge, le mien, plus jeunes ou plus âgés) je me retrouve toujours a me tourner vers les enfants ou les ados... avec lesquels je me sens plus proche... Ne trouvant pas ma place avec les adultes...

Euh c'est normal docteur ? D'autres le ressentent également ?
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Concernant mon sentiment de décalage je ne sais pas trop. Je me rappelle qu'à mon entrée en sixième je ne me sentais pas du tout à ma place, trop différente. Mais après tout c'était « normal », j'étais la petite nouvelle qui venait d'arriver de CM2 en cours d'année, qui plus est fille de prof de math du collège... Tout pour (dé)plaire.
Le temps est passé, plus ou moins bien. J'avais des ami(e)s, j'avais l'impression que tout allait bien. Mais je ne souviens en arrivant en première année d'études informatiques, je me suis dis pour la première fois de ma vie : « c'est ma place ici, je l'ai enfin trouvée »... Et depuis cette impression va et vient. Parfois je me sens à ma place, parfois complètement à l'ouest par rapport aux autres.
Kan a écrit :Je ne sais pas si ça a directement quelque chose à voir avec ce topic. Mais c'est quelque chose qui vient de me venir à l'esprit :

Quand j'étais plus jeune ( il me semble vers la période école primaire-collège) je préférais jouer avec des enfants plus jeunes que moi.


Je me demande pourquoi. Est-ce que d'autres se sentent concernés ?
En revanche, chez moi c'est plutôt l'inverse : je me sens en général plus à l'aise avec des personnes plus âgées que moi. Et ce depuis toujours. D'un côté j'ai toujours grandi et vécu avec des gens plus vieux, donc ça explique peut-être.
Never tell a young person that anything cannot be done. God may have been waiting centuries for someone ignorant enough of the impossible to do that very thing.
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Double décalage en un : récemment, j'ai dit au boulot (je fais de l'audit) que quand j'étais petite, j'étais persuadée d'être un super héros doté de supers pouvoirs. Et bien, j'ai eu super-la honte, car apparemment tout le monde n'a pas été un super héros petit...

Franchement, je pensais que tous les enfants avaient ce sentiment, mais vu la tête de mes collègues, et bien non. Je me suis sentie à côté de la plaque. Mais finalement, je ne sais pas si c'était plutôt le fait de l'avouer qui a créé ce décalage. Ce genre de choses ne se disent pas dans les milieux "sérieux".
Super héros, garçon manqué (mais vraiment persuadée d'être un garçon), et ensuite immaturité totale jusqu'à la naissance de mon fils (voire encore maintenant). Je ne sais plus qui a parlé de l'âge plus haut et du décalage temporel, il m'arrive aussi de me demander réellement quel âge j'ai. Pareil pour les jours, mais quel jour est on ?

je me rends compte que je n'ai pas répondu à la question depuis quand : depuis toujours. Voilà, c'est dit.
"Mieux vaut n´penser à rien, Que n´pas penser du tout" Serge Gainsbourg
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serpent à plumes
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je me rends compte que je n'ai pas répondu à la question depuis quand : depuis toujours. Voilà, c'est dit.
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je me souviens petite de ce ressenti: ne pas être adaptée à ce monde là; ça tournait tout le temps dans ma tête: "je ne suis pas adaptée à ce monde là". C'était à la fois clair, net et angoissant. Et aucune réponse possible à l'époque.
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Kliban
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Expérience assez similaire à vous tou.te.s.

Je me sens différent depuis mes premiers souvenirs. Comme ma mémoire événementielle est une passoire, cela remonte peut-être à l'âge de 5 ans, je ne sais pas. Mais à l'école, je n'étais pas comme tout le monde. Bien plus sensible que mes camarades de classe. Premier de la classe. Je savais décrypter les attentes des adultes et leur donner ce dont ils avaient besoin - plus même : assez pour me faire admirer et compenser le peu de réponse que je trouvais auprès de mes contemporains. Faut dire que je détestais la violence et avais peu d'affinités pour le sport. Il m'était impossible de manifester les qualités viriles qu'on attendait de moi : je préférais les bouquin, les greniers mystérieux, les mondes imaginaires aux jeux d'extérieur.

Comme Tails et serpent à plume, j'ai effectivement développé des identifications imaginaires qui me permissent d'encaisser la solitude, le sentiment d'extrême incompréhension et l'agressivité ou l'indifférence qu'on me témoignait. Deux pans à celle-ci :
  • d'un côté, pendant ma pré-adolescence, au Collège, ne comprenant ni la méchanceté, ni la stupidité qui font la surface de socialisation de ces âges là, je me suis réellement senti étranger au point de m'imaginer en ange. Métaphoriquement, bien sûr, et dans un climat d'intense anxiété, presque dépressive.
  • De l'autre côté, je ne m'identifiais pas aux personnages des nombreux romans-pour-la-jeunesse que je lisais, mais à leur confident imaginaire. Je les laissais venir me soliciter pour que je rassure, que j'explique, prenne en charge les souffrance intérieures, les difficultés conjonturelles, pour qu'ils puissent repartir vers d'autreuzaventures. C'était très puissant, ça, et la base de mes premiers émois sinon érotiques, du moins amoureux.
Le sentiment d'étrangeté s'est vite intensifié en dépression adolescente. Ma socialisation fut catastrophique depuis la maternelle jusqu'à la Terminale - âge auquel seulement j'ai été intégré dans une bande d'ami, qui a, et cela m'a ô combien surpris, montré de l'intérêt pour l'invraisemblable charpente de ce que j'avais dans la tête. J'ai mis des années et quelques psychothérapies à retrouver une socialisation normale. Mais je me sens toujours atypique et décalé. "Tu es très particulier, tu sais" me textotais ce jour un mien et adorable ami - c'était gentil, non pas une critique.
De main gauche à main droite, le flux des savoirs - en mes nuits, le règne du sans-sommeil - en mon coeur, ah, if only!, le sans-pourquoi des roses.
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Nyx
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Moi, depuis toujours je crois. Depuis que j'ai été capable de penser.
J'étais une enfant très timide alors forcément ça n'aide pas.
Mais en remontant à mes souvenirs les plus lointains, je crois que je suis devenue timide justement parce que je me sentais incomprise. Vers l'âge de 2-3 ans quand j'ai commencé à parler j'imagine. Moi aussi je trouve ça bizarre mais ma mère et mon carnet de santé confirment...
(je dis "je crois" car jai eu un flash back des sentiments qui m'ont conduit au silence, mais la mémoire n'est pas non plus la source la plus fiable)
Je me souviens que quand j'avais 5 ans à peu près, les adultes ne m'écoutaient pas, ils reformulaient tout ce que je disais pour l'adapter au langage d'une petite fille qui s'exprime mal.
C'était presque comme s'ils ne m'entendaient pas, ils déformaient tout parce que leur esprit ne pouvait pas concevoir que ce que je disais puisse être sensé. Pour donner un exemple:
*Flash Back*
Une fois j'étais avec ma cousine plus âgée, et mon grand père nous apprenait des mots de je ne sais plus quelle langue. Et pendant ce temps, je jouais avec des cacahuètes ou je ne sais trop quoi trouvé sur la table, en leur faisant jouer le rôle d'un grand père étranger qui apprenait à sa petite fille des mots de français. Alors pendant qu'on demandait à mon grand père "Comment on dit ceci? comment on dit cela?", j'en profitais pour demander du vocabulaire pour pouvoir faire les petites voix des cacahuètes. "comment on dit papy?" etc. puis j'étais dans une conversation dans mon petit monde et la petite fille cacahuète dit à son papy cacahuète "comment ça s'appelle ..." j'avais déjà la suite de ma phrase mais il manquait cette expressions.
Alors imaginez une petite fille de 5 ans qui demande "Comment on dit "comment ça s'appelle"?"
Avec la ponctuation passe encore mais à l'oral c'est un peu ambigu, donc j'ai eu droit à une tonne d'interprétation "quoi? tu demande le nom de la langue? je comprends pas, qu'est ce que tu veux savoir?"
_ mais non, je demande comment on dit "comment ça s'appelle"
etc. j'avais beau répéter, c'est comme si on ne m'entendait pas. Et ça m'a fait ça plein plein de fois, les maitresses, les parents, la famille, et les autres.


Voilà pour la petite autobiographie... et donc toujours ce sentiment de décalage jusqu'à aujourd'hui.


Kan a écrit :Je ne sais pas si ça a directement quelque chose à voir avec ce topic. Mais c'est quelque chose qui vient de me venir à l'esprit :

Quand j'étais plus jeune ( il me semble vers la période école primaire-collège) je préférais jouer avec des enfants plus jeunes que moi.


Je me demande pourquoi. Est-ce que d'autres se sentent concernés ?
Tiens moi aussi, c'est bizarre. Même jusqu'à aujourd'hui, la plupart de mes amis ont 1 an de moins. Mais depuis que j'ai eu le bac j'ai commencé à me faire des amis plus vieux aussi, avec toutes les réorientations on ne regarde même plus les âges.
Mais à l'école primaire je me souviens que trainais de temps en temps avec ceux de la classe en dessous. Et dans ma famille j'ai toujours été plus proches de mes petits cousins que des grands. J'ai toujours pensé que j'étais immature ou que j'avais 1 ou 2 ans de moins dans ma tête, mais en fait je crois plutôt que j'avais l'impression d'être jugée avec les grands, et pas avec les petits. Enfant j'étais gentille, innocente, beaucoup trop généreuse, dénuée de toute malveillance. Je n'ai jamais compris la méchanceté alors plus mes amis étaient jeunes, plus ils étaient innocents comme moi.
Et j'ai remarqué qu'encore aujourd'hui je suis capable de raisonner en enfant. Des fois j'ai des patients enfants et je les comprends mieux que leurs parents. J'ai l'impression que j'entends les enfants. Quand ils racontent leur charabia, pour moi ça a un sens, puis j'entend les parents dire "il est dans son monde" ou "elle raconte n'importe quoi", des trucs comme ça...
D'ailleurs je ne fais pas que raisonner comme un enfant: j'ai la concentration d'un enfant, je regarde des dessins animés et je vais à Disneyland, il m'arrive de parler à des peluches ou à tous les objets en fait... à une époque je pensais être une femme-enfant sauf que je suis sage et patiente. Donc je suis juste... un peu bizarre.
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Zyghna
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Oups je ne savais pas, on m'a dit que je parlais avant de savoir marcher et qu'à 2 ans je faisais des phrases complètes alors que les autres balbutaient des mots... Enfin je ne sais pas l'âge, mais je sais que mon entourage était étonnée par un décalage... Peut être pas si important en fin de compte
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Tipiak
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Nyx, il y a beaucoup dans ce que tu dis qui me rappelle ma propre histoire.

Le sentiment d'être perpétuellement immature, et le fait d'être incompris par les adultes...

Un jour, dans mon enfance, j'ai voulu savoir d'où venait l'envie de pleurer, à partir de quelle "graduation de tristesse" on pleurait. Mais comme j'étais petit (genre 4-5 ans), je n'ai pu dire que "Maman, ça vient d'où le pleurer?"
Réponse:
-Hein? la purée? on la fait avec des pommes de terre...
-Non, le pleurer, quand on pleure!
-Bah ça vient des yeux
-Non, pas ça, mais quand on pleure!
-Bah les larmes sont fabriquées par les yeux, on pleure quand on est triste...

Et là j'ai abandonné.


Ou alors, des fois à la télé ça parlait de rougeole, ou d'autres maladies.. A chaque fois je demandais :
-Maman, c'est quoi la rougeole?
-Bah c'est une maladie...
-(en mon fort intérieur : merci, je sais, ils viennent de le dire dans la télé, prends-moi pour un jambon!) Oui, mais ça fait quoi cette maladie?
-Bah ça nous rend malades

Et re-abandon. Moi je voulais juste savoir les symptômes par lesquels on reconnaissait cette maladie, mais je connaissais pas le mot symptôme. Ou alors ma mère n'avait ptêt pas la réponse, ou jugeait celle-ci inappropriée à mon âge, je ne sais pas...

Et sinon, je vais aussi à disneyland, je regarde my little pony et Corneil et Bernie, et quand je fais les courses, je m'achète souvent des jouets.

Pour ce qui est le fait d'avoir l'impression de mieux comprendre les jeunes patients que leur parents... Comme je compatis... Pis c'est délicat d'expliquer le fonctionnement de son propre enfant à quelqu'un sans le faire se sentir nul comme parent.
Mais je conçois tout à fait qu'on puisse toujours raisonner comme un enfant : Petit, je trouvais les adultes tellement à côté de la plaque et incapable de me comprendre, que je me suis juré de ne jamais oublier ce que c'est d'être un enfant. Et je pense avoir un peu réussi. (D'ailleurs, je ne comprends pas qu'on puisse accepter de marcher sur les lignes entres les dalles, ou sur autre chose que la bordure du trottoir ou le muret quand il y en a un...)

Merci donc pour ton témoignage, il me fait me sentir moins seul :)
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
Mais ma signature est toujours 20% plus cool, d'ailleurs je retourne sur mon bateau pêcher des colins, signé ton papa le Captain Igloo.
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Ouah c'est exactement ça! Je me suis fait la même promesse! De ne jamais oublier ce que ça fait d'être un enfant, parce que j'avais l'impression que les adultes avaient oublié et qu'ils étaient devenus totalement différents.
C'est fou, je ne pensais pas voir un jour quelqu'un d'autre dire ça.
J'avais même envie de tenir un journal sur les relations enfant-adulte car j'avais peur d'être frappée par cette "amnésie" qui semblait toucher les adultes. Je voulais pouvoir relire mes mots d'enfants le jour où j'aurais moi-même des enfants pour pouvoir comprendre leur langage mais au final ça n'est pas arrivé, je n'ai pas oublié, et je traverse en courant sur les lignes blanches.

Peut être que c'est notre incompréhension des "adultes" qui fait qu'on s'est raccrochés à l'enfance pour ne pas devenir comme eux, d'où le sentiment d'être immature.
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Doodle
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- Premier contact avec l'autre (maternelle/crèche à 3 ans, avant ça seul avec maman) : catastrophe, impossible de trouver ma place, ça fait peur, ça fait mal, ça rend triste et découverte de l'injustice. Ma mère m'a retiré de là direct, je n'y suis retourné qu'un an plus tard. Moins pire par la suite, mais décalé durant toute ma scolarité, avec les élèves comme avec la majorité des professeurs (exception faite de 2,3 profs géniaux, très exigeants... et probablement HQI).
Echauffement : 2 3 5 7, 1 3 7 9,... pouf, pouf... 3 9 ,1 7, 1 3 7, 3 9, 1 7, 1 3 9, 3 9, 7. Et ça rime !
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- Premier contact avec l'autre (maternelle/crèche à 3 ans, avant ça seul avec maman) : catastrophe, impossible de trouver ma place, ça fait peur, ça fait mal, ça rend triste et découverte de l'injustice. Ma mère m'a retiré de là direct, je n'y suis retourné qu'un an plus tard. Moins pire par la suite, mais décalé durant toute ma scolarité, avec les élèves comme avec la majorité des professeurs (exception faite de 2,3 profs géniaux, très exigeants... et probablement HQI).
Tipiak a écrit :Un jour, dans mon enfance, j'ai voulu savoir d'où venait l'envie de pleurer, à partir de quelle "graduation de tristesse" on pleurait. Mais comme j'étais petit (genre 4-5 ans), je n'ai pu dire que "Maman, ça vient d'où le pleurer?"
Réponse:
-Hein? la purée? on la fait avec des pommes de terre...
-Non, le pleurer, quand on pleure!
-Bah ça vient des yeux
-Non, pas ça, mais quand on pleure!
-Bah les larmes sont fabriquées par les yeux, on pleure quand on est triste...

Et là j'ai abandonné.
Oh mon dieu !

Je ne sais plus si ça a été mon cas.
Mais j'ai tout le temps l'impression que c'est ce que vit ma fille de 2 ans.
Hélas, même si je fais de mon mieux, c'est souvent si dûr de comprendre et de répondre.
Mais je ressens tout à fait sa frustration (que même en tant qu'adulte je connais encore) de ne pas pouvoir exprimer sa pensée.

Tu me fais culpabiliser !!!

Je comprends d'autant mieux pourquoi elle a été si pressée de parler et de sophistiquer son langage.
C'est vraiment un truc à cultiver en fait (au moins pour ces enfants là) : leur donner du vocabulaire, des outils.
Marre des amoureux du "Areuh Areuh" qui se plaignent que les enfants parlent trop bien, genre c'est moins mignon. Grrr !
Ou alors, des fois à la télé ça parlait de rougeole, ou d'autres maladies.. A chaque fois je demandais :
-Maman, c'est quoi la rougeole?
-Bah c'est une maladie...
-(en mon fort intérieur : merci, je sais, ils viennent de le dire dans la télé, prends-moi pour un jambon!) Oui, mais ça fait quoi cette maladie?
-Bah ça nous rend malades

Et re-abandon. Moi je voulais juste savoir les symptômes par lesquels on reconnaissait cette maladie, mais je connaissais pas le mot symptôme. Ou alors ma mère n'avait ptêt pas la réponse, ou jugeait celle-ci inappropriée à mon âge, je ne sais pas...
Ah ça, j'ai vécu aussi !
Notamment cette réaction : "ils nous prennent (les enfants) vraiment pour des idiots".

...Et d'être outré quand on me disait que j'étais intelligent à cause d'un truc que j'avais dit et qui était pour moi d'une simplicité ou d'une banalité pas croyable (si ce n'est carrément une bêtise).
Alors que quand je m'était creusé la tête et étais un peu fier de moi, là il n'y avait jamais personne pour me dire c'est bien (...dans le meilleur des cas).
Pour ce qui est le fait d'avoir l'impression de mieux comprendre les jeunes patients que leur parents... Comme je compatis... Pis c'est délicat d'expliquer le fonctionnement de son propre enfant à quelqu'un sans le faire se sentir nul comme parent.
Oups, guilty.
Et c'est pire quand on est un homme.
Mais je conçois tout à fait qu'on puisse toujours raisonner comme un enfant : Petit, je trouvais les adultes tellement à côté de la plaque et incapable de me comprendre, que je me suis juré de ne jamais oublier ce que c'est d'être un enfant. Et je pense avoir un peu réussi.
Dans mes bras !!! :cheers:

Je croyais être le seul.

Obsession qui m'a pris vers l'âge de 5 ans (de mémoire, à peu prêt) et m'a forcé à mémoriser un tas de trucs jusqu'à l'adolescence ou j'ai commencé à lâcher l'affaire. Jusqu'à mémoriser, des sensations, des instants, des images (même un arbre isolé dans la montagne qui est encore avec moi dans ma tête).
Nyx a écrit :Ouah c'est exactement ça! Je me suis fait la même promesse! De ne jamais oublier ce que ça fait d'être un enfant, parce que j'avais l'impression que les adultes avaient oublié et qu'ils étaient devenus totalement différents.
C'est fou, je ne pensais pas voir un jour quelqu'un d'autre dire ça.
J'avais même envie de tenir un journal sur les relations enfant-adulte car j'avais peur d'être frappée par cette "amnésie" qui semblait toucher les adultes.
Pareil aussi.
Non mais c'est fou !

Sauf que moi je me rends bien compte que je suis devenu adulte. Et encore heureux en étant papa. Mais je crois que je sais encore bien comprendre les deux. Je suis bilingue, si on veut.
Echauffement : 2 3 5 7, 1 3 7 9,... pouf, pouf... 3 9 ,1 7, 1 3 7, 3 9, 1 7, 1 3 9, 3 9, 7. Et ça rime !
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doodle a écrit :
Nyx a écrit :Ouah c'est exactement ça! Je me suis fait la même promesse! De ne jamais oublier ce que ça fait d'être un enfant, parce que j'avais l'impression que les adultes avaient oublié et qu'ils étaient devenus totalement différents.
C'est fou, je ne pensais pas voir un jour quelqu'un d'autre dire ça.
J'avais même envie de tenir un journal sur les relations enfant-adulte car j'avais peur d'être frappée par cette "amnésie" qui semblait toucher les adultes.
Pareil aussi.
Non mais c'est fou !

Sauf que moi je me rends bien compte que je suis devenu adulte. Et encore heureux en étant papa. Mais je crois que je sais encore bien comprendre les deux. Je suis bilingue, si on veut.
Je ne me suis pas fait cette promesse là (je me suis fait la promesse de ne pas oublier ce qu'on en chie quand on est adolescent, et je n'ai pas trop oublié, du moins pour les ados HQI et/ou stigmatisés). Mais je n'ai pas eu besoin. Ca se voit pitête pas. Mais je suis le même môme qu'à huit ans. Non en fait : je suis un peu plus môme qu'à huit ans - à huit ans, poucrave, j'étais déjà bien enfermé, et là, ça se desserre un brin.

Avec les mômes, c'est toujours space. Je n'aime pas du tout les considérer comme ces sucreries gnagnan qui sont à peine des personnes. En général on s'aime bien. Mais je ne rentre pour le moment pas trop dans leur univers - j'ai deux neveux.Parce que c'est très... fusionnel ? Non c'est pas ça. C'est comme si je perdais ma consistance d'adulte, je crois. Je pourrais faire les mêmes conneries sans y penser. Alors il y a un bout de moi qui reste très "il faut préserver la structure voulue par les parents" (surtout quand ce sont les enfants de mon frère, qui a certaines façons de faire quant à l'éducation de ses fils) et une autre du genre "oh et si on se mettait de la peinture plein les mains et qu'on allait faire des dessins avec sur les murs de la chambre des parents ?" - ingénument - pas parce c'est interdit en soi - mais parce que c'est exploratoire (comme c'est un interdit, on le sait vaguement, le faire présente un certain caractère excitant de nouveauté :P).

Je viens de me foirer une carrière de baby sitter sur tout AS :D
De main gauche à main droite, le flux des savoirs - en mes nuits, le règne du sans-sommeil - en mon coeur, ah, if only!, le sans-pourquoi des roses.
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Tipiak >

Merci !!! :cheers:

Grace à toi grande révélation : ma fille de 2 ans qui demande tout le temps "pourquoi ?" veut en fait savoir "comment" (ou autre question à deviner). Je fais maintenant un effort de traduction (pifométrique) avant de répondre... et ça y est je sais lui répondre... et elle est ravie.

Merci, merci, mercis !
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Ben... pas de quoi :) je me réjouis pour elle :)

Et sinon, ben content de voir que finalement, je ne suis pas si seul que ça à avoir traversé ce genre de frustrations.
Content aussi de voir que finalement, je ne suis pas si fou sous mon scalp que ça non plus.

Sur ce, je vais aller finir pokemon bleu! :D
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