Douance et Traits Autistiques

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.
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Troglodyte-mimi
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Troglodyte-mimi »

@ Yoka [ C'est avoir du apprendre à quoi sert une pause café : je ne buvais pas de café, donc je ne prenais pas de pauses... Essayez vous verrez le niveau 0 de l'intégration que vous obtenez.]

Je ne pense pas être touchée par un TSA, mais j'ai longtemps agi ainsi, ne voyant pas du tout pourquoi prendre un café puisque je n'en buvais pas! Et je confirme le coté zéro intégration en découlant :blond: Maintenant je me force :huhu:

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TourneLune
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par TourneLune »

Juste comme ça, le sujet est à la mode dans tout le monde de la douance, et on peut pas dire qu'ils soient tous hantés par les notions de rigueur, honnêteté intellectuelle et besoin de précisions.
Je ne saurais absolument pas dire s'il y a un biais de sélection sur ce forum, s'il y a plus de personnes détectées que sur les forums qui ont une "politique" différente etc...... A priori le mouvement est assez général quand même.

Et j'inviterais juste à ne pas confondre complaisance et bienveillance. Je ne vois aucun manque de bienveillance dans les messages de Napirisha et Kamak, juste une mise en garde plutôt bienveillante d'ailleurs.
Alors si ça pique en lisant ça, peut être qu'on peut aussi se demander d'où ça vient. Peut être d'un manque de sentiment de légitimité qui fait qu'on lit ce qu'on a peur de lire plutôt que ce qui est écrit.
M'enfin on assiste à des échanges qui sont pas loin de diagnostiquer tout un forum d'un coup de baguette magique sur des bases à peu près aussi valables que celles de JSF... alors peut etre... on peut ressentir le besoin d'avancer cette façon de ressentir les choses, surtout qu'on n'y parle que de biais de rectrutement. (Perso, assistant à la même chose ailleurs, je suis très dubitative mais ça se discute) On peut peut être raussi essentir une envie de rappeler un peu à ne pas tomber dans l'effet barnum sans pour autant ce soit perçu comme la remise en cause du cheminement personnel de untel ou untel...

Que le thème soit à la mode amène nécessairement plus de gens à se poser des questions et parmi eux, une bonne proportion pour de bonnes raisons.

N'empêche que quand on en vient a écrire
"Le diag. autisme c'est pour s'autoriser à avoir des faiblesses, se respecter, apprendre comment aménager sa vie, soi-même ou grâce à des institutions. " Je pense qu'à part pour les institutions, le reste ne tient qu'à chacun de nous, pas besoin de diagnostic. Et si on est plus ou moins doué pour ça, nous n'avons pas à accuser les autres pour notre propre sentiment de non légitimité. Si on ne peux pas le faire sans un diagnostic, c'est bien dommage et c'est sans doute quelque chose à travailler pour soi, avec ou sans diagnostic.
Quoi qu'il en soit ce n'est pas parce que certaines personnes ressentent un manque de légitimité que d'autres personnes n'ont pas le droit d'exprimer leurs doutes quant à certains comportements généraux. Et c'est ce qui s'est passé.
Personne n'a demandé au personne de se justifier non plus...
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Traum
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Traum »

Kamak a écrit :
dim. 7 juin 2020 01:32
A titre purement perso, j'ai également, peu après mon arrivée ici, été attirée par la piste Asperger. Attirée dans le sens où ça me permettait de me situer dans une case "encore plus à part", parce que ben oui, je ne me reconnaissais pas entièrement dans la case HPI (ou HP truk, peu importe le terme employé), et que quelque part, je crois que ça fait peur autant que ça rassure. Aujourd'hui encore, je ne saurais me définir par telle ou telle entité. J'en suis arrivée à la conclusion que j'ai assurément certains traits que l'on pourrait apparenter à des caractéristiques autistiques, mais d'un autre côté, si je suis honnête, certains traits m'en éloignent indubitablement. Je n'irai donc pas prendre la place de personnes réellement en souffrance pour demander un diag qui sera peut être, sans doute, fort mitigé et en tout cas qui ne m'apportera pas grand chose dans ma vie au quotidien.
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Kamak a écrit :
dim. 7 juin 2020 01:32
Ce post, simplement pour dire, qu'attention, nous ne sommes pas forcément réductibles à une ou des cases définies, que nous sommes multiples, faits d'un peu de ceci, d'un peu de cela, et sans doute de beaucoup d'autres choses.
Je peux comprendre qu'en cherchant à mieux nous connaître et nous définir nous-mêmes nous soyons attirés par des étiquettes toutes faites, et à fortiori quand elles nous placent "en dehors" de la norme (ça a quand même un côté classe, ne nous voilons pas la face, tant que ça ne nous handicape pas plus que ça au niveau de la vie quotidienne. La rareté, c'est remarquable). […]
Je ne peux qu'être d'accord. C'est toute la question des identifications, tests, diagnostics multiples. Qu'en fait-on, au fond ? Est-ce que l'on ne risque pas de se laisser définir par l'extérieur ? De se laisser enfermer, malgré soi ?

Voilà ma modeste contribution à un moment d'interrogations de ma vie. Interrogations que j'ai presque honte d'encore avoir, comme si je me cherchais des problèmes alors que, dans l'ensemble, beaucoup de choses vont bien pour moi.
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yokainoshima
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par yokainoshima »

TourneLune a écrit :
dim. 7 juin 2020 17:00
N'empêche que quand on en vient a écrire
"Le diag. autisme c'est pour s'autoriser à avoir des faiblesses, se respecter, apprendre comment aménager sa vie, soi-même ou grâce à des institutions. " Je pense qu'à part pour les institutions, le reste ne tient qu'à chacun de nous, pas besoin de diagnostic. Et si on est plus ou moins doué pour ça, nous n'avons pas à accuser les autres pour notre propre sentiment de non légitimité. Si on ne peux pas le faire sans un diagnostic, c'est bien dommage et c'est sans doute quelque chose à travailler pour soi, avec ou sans diagnostic.
Quoi qu'il en soit ce n'est pas parce que certaines personnes ressentent un manque de légitimité que d'autres personnes n'ont pas le droit d'exprimer leurs doutes quant à certains comportements généraux. Et c'est ce qui s'est passé.
Personne n'a demandé au personne de se justifier non plus...
C'est pourtant bien le sens de ce site, non? Plein de gens hqi qu'un test de QI conduit ici, parce qu'ils cherchaient quelque chose. Ou bien j'ai loupé quelque chose.

En tout cas, ok, la leçon est bien comprise, ma légitimité de quoi que ce soit ne regarde personne et je ne justifierai donc plus de rien. Je tentais connement de donner un peu de profondeur à ce qui me paraissait dans la thématique du fil. Après si certains se posent des questions qu'ils aillent voir des spécialistes!

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TourneLune
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par TourneLune »

Il ne s'agit pas de cesser de s'exprimer sur son ressenti. Je pense que c'est dommage.
Il s'agit de ne pas considérer que quelqu'un qui exprime quelque chose de légitime ne doit pas le faire parce que ça appuie sur son propre sentiment de légitimité.
J'ai ressenti dans les messages de chuchumuchu une certaine exigence de complaisance "sinon t'es méchant" qui demandait surtout aux autres de se taire. Ca me dérange. D'autant plus que je n'ai pas tellement l'impression que les messages de Kamak ou Napi s'adressaient à elle mais juste, qu'elle les a pris pour elle pour exactement ce dont parlait Kamak. Et qu'il est sûrement plus intéressant de travailler sur ça que de demander aux autres de ne surtout pas s'exprimer. Même si c'est plus difficile. Et même si ça n'empêche absolument pas de poursuivre en parallèle une recherche de diagnostic. Les 2 vont dans le même sens.

Je ne l'ai pas ressenti dans les tiens. On peut tout à fait expliquer en quoi ces messages peuvent déranger ou en quoi on a du mal à se sentir légitime à poursuivre cette démarche qui, de façon relativement unanime, n'est pas reportée comme simple. Ce n'est pas la même chose d'expliquer un ressenti que de considérer comme un problème que des gens tempèrent les choses, de façon générale, et suite à des interventions qui n'avaient aucune visée individuelle mais se rapportaient plus à ce que disait Pataboul sur le biais de recrutement qui constitue le forum.
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par lady space »

À mon avis, il y a plusieurs fils de réflexion qui se mêlent dans la discussion actuellement.

D’une part c’est vrai que nous avons en ce moment un nombre de membres parfois de longue date qui se découvrent ou nous dévoilent un TSA. Est-ce que ça relève d’une mode ? Je n’en suis pas sure. L’effet de mode réside peut-être dans le fait de se dire « tiens, il y a des points qui me parlent dans les descriptifs autour du TSA», tout comme le Barnum peut intervenir à ce moment-là. Mais poursuivre la démarche diagnostique jusqu’au bout me semble trop lourd, trop long, trop coûteux financièrement et en énergie pour être motivée par une simple mode.

Je pense que, si on voit plus de diagnostics de TSA en ce moment, c’est aussi parce que ce phénomène est mieux connu de nos jours par les professionnels, surtout en ce qui concerne les femmes dont le tableau clinique du TSA qui diffère quand même pas mal de ce que les médecins ont vu pendant leurs études.

Après, je ne suis pas sure qu’il soit possible de classer certaines caractéristiques de manière binaire, exclusive. À mon sens, il n’y a pas les particularités qui relèvent du TSA d’un côté et celles du HPI de l’autre. Il y en a plusieurs à mes yeux qui relèvent des deux et dans ce cas je pense que c’est l’intensité qui fera la différence entre ce qui reste encore à peu près gérable sans trop de fatigue ni de gêne et ce qui pose un problème sérieux qui affecte la qualité de vie.

Dans la liste de caractéristiques évoquée par pataboul, on trouve un paquet d’éléments cités dans la littérature sur le HPI mais comme toujours, les surdoués n’en ont pas le monopole.

C’est peut-être aussi une partie de ce qui explique l’errance diagnostique : il y a une part de méconnaissance de la part des professionnels, mais aussi une part de tâtonnement parce que la limite n’est pas nette. Donc on fait comme toujours en médecine : on part sur une hypothèse, p.ex. le HPI pour voir si ça suffit à répondre au questionnement de la personne et c’est seulement lorsque des interrogations persistent qu’on continue de chercher.

Et je pense que c’est cette même errance diagnostique qui est assez néfaste pour l’estime de soi et la confiance en son propre ressenti qui n’a peut-être jamais été validé par l’entourage de toute sa vie.

Cette remarque sur le soulagement apporté par le diagnostic juste pour avoir raison sur son propre ressenti m’a fait l’effet d’une claque parce que je trouve horrible qu’il faille un diagnostic / une étiquette pour être entendu et s’entendre soi-même dans son ressenti. C’est dire à quel point la pression de la normalité empêche le respect des personnes dans leurs spécificités quelles qu’elles soient.

Dans un monde idéal, on ne devrait pas avoir à avancer une étiquette quelconque pour voir ses besoins respectés mais je peux toujours rêver, je le sais fort bien.

Par contre, j’imagine également les dégâts que ça peut faire quand on n’arrive pas à se fier à son propre ressenti, ni même ses sensations physiques si ils ont été niés depuis tout petit par un entourage incapable d’imaginer la seule existence de ces sensations avec cette intensité. C’est un sacré morceau de se réapproprier tout un pan de son vécu sous un nouveau jour.

Après, il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas l’étiquette qui fait les caractéristiques, celles-ci existent avant la démarche diagnostique et indépendamment de cette dernière. Si un diagnostic peut faire avancer sur un certain nombre de points, il n’est pas indispensable en soi pour respecter ses spécificités, sauf pour les gens qui ont besoin de passer par là car il leur faut un accompagnement.
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par yokainoshima »

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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Pataboul »

J'ai l'impression que mes propos ont été surinterprétés. Pourtant j'avais pris soin de bien peser mes mots, alors certaines réactions me semblent disproportionnées ou signe d'une incompréhension. Si l'on m'indiquait ce qui dérange, je pourrais essayer de mieux expliquer, ou apprendre à mieux m'exprimer à l'avenir.

Alors que j'ai suivi ici, ou en privé, les parcours de diag de plusieurs membres, et que je lis presque tout depuis 5 ans je n'ai aucun souvenir d'avoir vu quelqu'un s'identifier avec précipitation à ces troubles, bien au contraire. Ce furent des cheminements personnels, souvent freinés par les doutes, ceux du monde médical en général qui ignore cette problématique, et les siens.
Je pense que les lecteurs d'AS ont suffisamment d'esprit-critique et de recul pour ne pas avoir besoin de se faire rappeler l'effet barnum. Mais je peux me tromper et c'est bien que d'autres avis que le mien s'expriment. Je regrette par contre que cela ne se fasse pas avec plus de considération pour la sensibilité des personnes concernées qui se sont trouvées heurtées inutilement.



p.s: Et zut.... le temps que je réfléchisse à ce message et le rédige, trois de plus! Je suis moi aussi blessé par certains mots et tournures, et comme Yoka, dégoûté d'essayer de participer pour l'instant...

Ajout édit: Sur un fil consacré aux dépistage du TSA, je trouve que ceux qui ne se sentent pas concernés pourraient quand même faire plus d'efforts pour comprendre et ménager la sensibilité particulière des concernés.
Oui AS n'est pas une nurserie, et comme toujours avec les particularités minoritaires, c'est à la minorité de faire plus d'efforts d'intégration, mais sur ce fil, juste celui là, c'est malheureux qu'un peu de bienveillance supplémentaire ne soit pas accordée, car il est évident qu'ici, sur ce fil là, les TSA ou troubles semblables sont majoritaires.
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Chuchumuchu »

Je ne vois pas comme je peux me respecter si personne autour de moi ne me voit comme "autiste" : on me demandera toujours autant de travail, malgré la lenteur, malgré la fatigue (c'est du vécu). Si je dis à quelqu'un.e que je suis autiste et que donc j'ai du mal avec telle chose, qu'est qu'on va me dire à votre avis ? "Oh :) Je vois, désolé.e !" ?
Ça ressemblera plus à "Preuve ? :^) " Notamment dans le monde du travail.

Si les autres ne me considère pas comme autiste, alors j'aurai beau faire tout ce que je peux dans mon coin mais ça va être compliqué, avec mon copain, avec ma famille, avec mes (encore hypothétiques) collègues. Parce que dans leurs yeux, je serai "autiste mais peut-être" ou "boarf j'y crois pas vraiment". Comment je dois adapter ma vie dans ce cas là ? Devenir ermite ?

"Pour celleux qui ont besoin d'aménagements" Ben, l'autisme est un handicap, donc la question est plutôt qui n'en a pas besoin ? Cela dit je comprends ton propos dans les grandes lignes et le trouve déjà plus nuancé @lady space .
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Je ne prétends ni à l’exhaustivité, ni à une parfaite objectivité, deux qualités qui dans mon métier relèvent de l’illusion et du vœu pieux. — (Michel de Pracontal, L’imposture scientifique en dix leçons, Seuil, 2005, page 17)

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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par TourneLune »

Je suis désolée si j'ai froissé des gens, ce n'était pas mon intention.
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Jean-Louis »

TourneLune a écrit :
dim. 7 juin 2020 17:00
"Le diag. autisme c'est pour s'autoriser à avoir des faiblesses, se respecter, apprendre comment aménager sa vie, soi-même ou grâce à des institutions. " Je pense qu'à part pour les institutions, le reste ne tient qu'à chacun de nous, pas besoin de diagnostic.
C’est dur d’écrire ça je trouve…

C’est toujours le truc plus ou moins implicite que j’ai entendu depuis que je suis gamin. Tu peux changer, tu peux faire différemment, c’est une question de volonté. Et si t’as pas la volonté on va t’aider à en avoir à coup de pied dans l’cul, d’insultes, de cris, d’intimidations de tout ce que tu veux. Mais non ça marche pas comme ça. Il y a des réalités neurologiques/biologiques derrières le TSA et pour ce que je connais plus, le TDA/H. Des réalités qui font qu’avec la meilleur volonté du monde ça ne marche pas. Tu te fatigues et t’uses à essayer encore et toujours. Je ne veux surtout pas dire qu’il faut se complaire dans quoi que ce soit mais bien être conscient de ses limites (fluctuantes) mais bien réelles. Y’a des choses qui ne sont pas faisables, point. Et le diagnostic aide à s’apaiser par rapport à ça, de se dire je laisse tomber ce truc, je n’y arriverai pas, pas parce que je n’ai pas de volonté mais parce que je suis fais comme ça. Il y a certainement un travail à faire sur soi pour faire ce tri et c’est aussi en ça que le diagnostic peut à mon avis aider.
lady space a écrit :
dim. 7 juin 2020 18:26
Après, il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas l’étiquette qui fait les caractéristiques, celles-ci existent avant la démarche diagnostique et indépendamment de cette dernière.
Oui mais avant le diagnostic on a pas conscience qu’il y a un désordre neurobiologique, on a juste l’impression d’avoir une tare et qu’on peut, qu’on doit la corriger. On se pète la santé à coup de pourquoi et de comment. Après un diagnostique c’est plus facile de s’accepter différent. L’idée pour aller mieux va du coup plus être de changer son environnement pour l’adapter à ses spécificités plutôt que de se changer soi.
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par TourneLune »

Jean-Louis a écrit :
dim. 7 juin 2020 20:55
TourneLune a écrit :
dim. 7 juin 2020 17:00
"Le diag. autisme c'est pour s'autoriser à avoir des faiblesses, se respecter, apprendre comment aménager sa vie, soi-même ou grâce à des institutions. " Je pense qu'à part pour les institutions, le reste ne tient qu'à chacun de nous, pas besoin de diagnostic.
C’est dur d’écrire ça je trouve…

C’est toujours le truc plus ou moins implicite que j’ai entendu depuis que je suis gamin. Tu peux changer, tu peux faire différemment, c’est une question de volonté. Et si t’as pas la volonté on va t’aider à en avoir à coup de pied dans l’cul, d’insultes, de cris, d’intimidations de tout ce que tu veux. Mais non ça marche pas comme ça. Il y a des réalités neurologiques/biologiques derrières le TSA et pour ce que je connais plus, le TDA/H. Des réalités qui font qu’avec la meilleur volonté du monde ça ne marche pas. Tu te fatigues et t’uses à essayer encore et toujours. Je ne veux surtout pas dire qu’il faut se complaire dans quoi que ce soit mais bien être conscient de ses limites (fluctuantes) mais bien réelles. Y’a des choses qui ne sont pas faisables, point. Et le diagnostic aide à s’apaiser par rapport à ça, de se dire je laisse tomber ce truc, je n’y arriverai pas, pas parce que je n’ai pas de volonté mais parce que je suis fais comme ça. Il y a certainement un travail à faire sur soi pour faire ce tri et c’est aussi en ça que le diagnostic peut à mon avis aider.

Moi je vois pas bien où c'est dur, je m'explique...
S'autoriser à avoir des faiblesses, ça concerne tout le monde. Se respecter aussi. Apprendre à aménager sa vie en fonction de ses faiblesses, aussi. Ca n'a rien de spécifique et ça ne nécessite pas du tout d'avoir un diagnostic de quoi que ce soit.
Par contre, quand t'as enfin découvert que tu n'avais en fait qu'une jambe et pas 2, tu cesses de vouloir à tout prix marcher aussi vite que les autres sans comprendre pourquoi tu y parviens pas, ou bien tu comprends pourquoi tu es aussi fatigué après avoir fait une rando au même rythme qu'eux. Tu cesses de faire des stages qui t'apprennent à bien mettre un pied devant l'autre dans l'espoir de progresser et tu vas chercher ceux qui vont t'apprendre à mieux fonctionner à cloche pied.
Tu as compris quelle était TA faiblesse et comment faire avec ELLE.
Mais si tu n'as tjr pas appris à accepter tes faiblesses, ça changera pas grand chose. Ca existe pas, les personnes qui refusent le handicap et qui sont dans le dénis?
Le diagnostic aide sans aucun doute à accepter mais parce qu'il aide à connaître et à comprendre, parce qu'il apporte une cohérence. De façon générale sur la notion d'acceptation, ça n'a rien de spécifique et un tas de gens vont devoir accepter leurs particularités et leurs différences sans diagnostics, parce qu'il n'y en a pas pour eux. Alors heureusement qu'on peut s'accepter sans diag, non?
Ce qui change c'est que tu te connais mieux et plus précisément, dans quelque chose de spécifique et différent de la norme. . L'image étant plus précise, c'est plus facile de se situer et de trouver des solutions pour apporter un peu de confort parce qu'effectivement, si c'est considéré comme un handicap ce n'est sans doute pas par hasard .

Mais c'est pas parce que t'as du mal à suivre les autres en rando qu'il te manque nécessairement une jambe ou que tu dois faire comme si c'était le cas et/ou y chercher à tous prix une raison. C'est juste comme ça que j'ai compris le message de Kamak ou l'interrogation de Napi.
La réflexion de Pataboul mérite sans doute d'être reprise ailleurs pour éviter que les discussions se croisent, entraînant des incompréhensions.
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par lady space »

En fait, pour faire un petit détour perso : si l’étiquette TSA est indispensable pour se respecter et se faire respecter, cela voudrait dire que moi, ne l’ayant pas, je n’ai pas la légitimité à me défendre par exemple contre tout contact physique non annoncé que je ressens comme intrusif, bien que socialement reconnu comme « normal » ?

Comme je n’ai pas l’étiquette TSA, je n’aurais plus le droit de demander à ce qu’on baisse le son de la radio parce que je ne m’entends plus penser ?

Il y a peu de chances que l’on me diagnostique un TSA parce que je suis certes solitaire mais sociable en même temps, je fais partie des gens que l’on retrouverait à papoter à côté de la machine à café, même si les petits jeux de stratégie personnelle m’échappent et m’insupportent. Donc, comme l’aspect handicap est extrêmement limité chez moi, mes autres ressentis n’auraient pas droit de cité ?

Ou, autrement dit : devrais-je vraiment encombrer les listes d’attente interminables du CRA du coin et rallonger l’attente de ceux qui ont un besoin urgent du diagnostic pour accéder à la prise en charge essentielle pour eux parce que, sans ce sésame, je n’ai pas le droit de ressentir ce que je ressens ? Je n’ai pas le droit de m’aménager un travail en profession libérale et le lieu de travail silencieux qu’il me faut ?

Et quand j’ai parlé des dégâts causés par un entourage inapproprié, c’était justement pour pointer ce problème que j’avais nommé pression de la normalité. Je pensais justement au fait que, normalement, les proches ne devraient pas avoir besoin de l’étiquette pour être bienveillant envers les bugs et difficultés des uns et des autres. Ça change quoi que j’ai un TSA ou une hypersensibilité tactile ou rien de bien défini ? J’ai une manière particulière et bien casse pieds pour mon entourage de gérer les contacts physiques et je n’y peux rien, on devra tous faire avec.

Le diagnostic précis est indispensable pour une prise en charge et pour le travail s’il y a besoin d’aménagement - il ne devrait pas l’être dans la vie privée, dans un monde idéal de bienveillance qui n’existe pas encore.

Après, je suis peut-être victime d’un contre-Barnum et je présente bien plus de caractéristiques autistiques que je ne pense, je n’en sais rien, ce n’est pas à exclure, mais peu probable.

Je vois que l’intensité du ressenti des un/es et des autres débouche sur quelques réactions épidermiques et éventuellement un brin, disons, trop catégorique et je peux comprendre parce qu’il s’agit d’un sujet douloureux, mais je pense que l’approche binaire n’apporte pas grand chose si ce n’est des crispations inutiles et décisions précipitées.
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par TourneLune »

Pour ceux qui ne comprendraient pas certaines réactions , je suggère juste de faire un tour ici:
https://www.zebrascrossing.net/f85-synd ... autistique et de regarder la place attribuée à cette section entièrement consacrée aux troubles autistiques, numéro 2 dans la section "Discussions générales relatives à la ###sempiternelle allégorie de l'hippocampe écervelé###", avant les troubles dys, le TDA H et même les caractéristiques liées à la douance.

et par exemple là: https://www.zebrascrossing.net/t34318-p ... -aspergers
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Moi je lis ça, je suis tout de suite plus "attirée" que quand je lis le DSM IV ou V....

Vraiment, il ne s'agit pas de nier les difficultés rencontrées, surtout quand elles concernent un handicap. Vraiment pas.
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Mikirabelle »

(Bon, évidemment, vu que ça fuse, j'arrive en décalé...)
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Maintenant que les dés sont jetés (j'attends les résultats du pré-diag), je n'ai plus de scrupules à aller me documenter plus en profondeur sur ce fameux diagnostic. Le moins que l'on puisse dire c'est que je vais de surprise en surprise. A ce titre, je recommande fortement le MOOC proposé par @O'Rêve plus haut. Dans la première séquence, on est invité à prendre connaissance de l'article "fondateur" écrit en 1943 par Léo Kanner et portant sur 11 enfants. Ben je ne m'attendais pas à ça. Comme on parle toujours des cas "Kanner" comme étant les plus "lourds" dans le spectre de l'autisme, je m'imaginais qu'il s'agissait d'enfants mutiques, qui passaient leur journée à se taper la tête contre les murs (eh oui, je n'échappe pas aux représentations grossières de l'autisme : soit tu es emprisonné dans ton monde et tu passes tes journées à t'auto-mutiler, soit tu es l'exceptionnel Rain Man/Kim Peek... dont le diagnostic n'est d'ailleurs pas celui d'autisme). Et en fait non. C'est très intéressant de revenir aux sources. Alors oui, parmi ces enfants il y en a qui ne parlent pas, mais c'est une minorité... et deux parmi les onze arriveront à trouver leur place dans la vie active.

Je souhaite rebondir sur quelque chose que @Chuchumuchu a mentionné plus tôt : ce qu'on dit et ce qu'on ne dit pas.
Par le passé (il n'y a pas si longtemps que ça) je me suis beaucoup énervée (intérieurement) au sujet de témoignages de personnes qui se disaient autistes alors qu'elles ne présentaient qu'une partie des symptômes pouvant aboutir au diagnostic... voire qui ne faisait état que de caractéristiques ne correspondant pas à la dyade (mais qui peuvent être additionnels). Je me rends compte que j'ai pu avoir une réaction excessive, simplement parce que si on peut parler assez facilement à visage découvert de problématiques "avouables" du type : "j'ai du mal à communiquer avec mes collègues", "je suis hyper-sensible à la lumière des néons", "je fais une collection de photographies sur les trains des années 30"... qui ira dire sur la place publique qu'il a un comportement impulsif que n'importe qui qualifierait de masturbatoire ? Donc oui, forcément la plupart des témoignages (j'irais même jusqu'à dire : tous) sont tronqués, et paraissent donc ne pas correspondre au TSA. Je ne dis pas pour autant qu'ils sont tous à prendre pour argent comptant !
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kid Pharaon
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par kid Pharaon »

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Personne n'a relevé, on en est où de cette histoire de continuum ?

J'ai trouvé une référence (qui doit être connue) à une étude de 2017 publiée dans Nature Genetics :

Genome-wide association meta-analysis of 78,308 individuals identifies new loci and genes influencing human intelligence
dirigée par Danielle Posthuma, chercheuse au Centre de neurogénomique et de recherche cognitive d'Amsterdam
«Les variantes génétiques associées à un QI élevé sont également associées à un risque plus élevé de troubles du spectre autistique», a déclaré Danielle Posthuma dans une interview. Un gène en particulier - SHANK3 - «est un très bon candidat pour expliquer cela», a-t-elle ajouté. À l'inverse, l'absence de certains gènes à QI élevé était plus fréquente chez les personnes souffrant de schizophrénie.
En passant, c'est la deuxième fois que je fois que le HQI protègerait de la schizophrénie, la première fois étant dans le cas du déficit d'inhibition latente. Et je remarque, coïncidence, qu'auparavant l'autisme était classé dans les psychoses schizophréniques il me semble.

Chuchumuchu
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Chuchumuchu »

J'ai voulu prendre un peu de distance et ne pas répondre tout de suite comme j'étais fatiguée hier (pis finalement je fais une insomnie matinale). Merci @TourneLune de reconnaître que les propos précédents pouvaient être reçus durement. Ça n'a peut être l'air de rien mais ça fait du bien. J'apprécie aussi que tu ais précisé ton point de vue qui devient plus clair pour moi. Je précise aussi que je ne mettais pas en cause les intentions de @Napirisha et de @Kamak en parlant de bienveillance, ce que je voulais dire, c'est que même si les intentions sont bonnes, certaines remarques peuvent être mal vécues et que ce n'est pas qu'une question de ressenti individuel : pour beaucoup d'autistes je pense pouvoir dire sans me tromper que le diagnostic c'est un parcours du / de la combattant.e, beaucoup d'entre nous ont effectivement les mêmes ressentis, mais peut-être tout simplement parce que nous faisons face aux mêmes difficultés (pour revenir sur la BD de Julie Dachez, j'ai été sidérée de voir à quel point certaines situations décrites et vécues par l'autrice m'étaient arrivées de manière identique, par exemple la réaction du psychiatre, qui est tout à fait conforme à la situation que j'ai vécue).

Si j'ai ressenti le besoin de réagir sur cette affaire de mode, c'est parce que comme je l'ai déjà dit, on en parle souvent sur AS. C'est compréhensible, dans tout diagnostic, le doute est présent pour plein de raisons, et il est nécessaire. Le problème pour moi n'est pas d'aborder le point de la "mode", mais plutôt ne pas lui offrir de contradiction, ne pas dire en quoi ça peut être heurtant, surtout si je le ressens moi-même. Ce n'est pas juste pour refuser l'idée radicalement et définitivement, mais plutôt pour apporter un contrepoint, montrer les défauts et points aveugles possibles de ce raisonnement (qui a aussi ses qualités, comme je le soulignais plus haut, le doute est important dans ces démarches).

Cela permet aussi une sorte de cercle vertueux de la parole : maintenant que j'ai sorti que ça pouvait être heurtant, d'autres l'on avoué aussi, on apporté leur pierre à l'édifice, on précisé des points que je n'arrivais pas à exprimer. Bref, la contradiction n'est pas une contradiction pour le plaisir, par pur désir d'opposition. C'est aussi une façon d'apporter des points de vue différents et variés au débat.
Je vois que l’intensité du ressenti des un/es et des autres débouche sur quelques réactions épidermiques et éventuellement un brin, disons, trop catégorique et je peux comprendre parce qu’il s’agit d’un sujet douloureux, mais je pense que l’approche binaire n’apporte pas grand chose si ce n’est des crispations inutiles et décisions précipitées.
@lady space Je n'ai pas l'impression que nous ayons une démarche opposée : pour moi il n'y avait effectivement pas de binarité avant, mais parce qu'il y avait une unité dans l'expression, qui n'est au final pas plus enviable que la binarité. Créer un deuxième point (mon avis), ça permet de pouvoir tracer une ligne entre ces deux points "binaires" où d'autres avis pourront se greffer, entre les nôtres ou autour et créer ainsi une discussion nuancée par l'apport de vécus, d'expériences et de ressentis différents et variés.

Et là c'est le moment où j'ai coupé l'onglet accidentellement et où une bonne partie de ce que j'ai écrit s'est faite la malle =_= Du coup je reprends "en gros" car je ne sais plus ce que j'avais écrit précisément.

Je suis très d'accord avec ce que décris @Jean-Louis sur l'épuisement résultant d'une tentative constante d'adaptation. J'ai pu recevoir des remarques un peu dures par le passé, du genre "Il faudra un jour que tu fasses des efforts pour être plus rapide tout de même", "Mais tu peux pas être DÉJÀ fatiguée enfin, tu exagères" etc. J'ai donc compensé autant que possible ces difficultés et oui, je suis arrivée à progresser un peu, mais je suis toujours plus lente et plus fatigable que la moyenne. J'ai un jour dis à une psychologue que j'étais frustrée qu'on me demande toujours plus d'efforts pour combattre ma lenteur ou pour travailler ma sociabilité, et que l'on soit incapable de voir ceux que je fournissais déjà de base au quotidien. Sa réponse m'a fait beaucoup de bien : elle m'a dit que mes efforts n'étaient pas vains et que le fait qu'ils ne soient pas forcément visibles par les autres ne voulait pas dire qu'ils n'existaient pas. Que c'était comme si sur ces points précis, les gens commençaient à 0 quand moi j'étais partie de -5 ou -10 : j'arrive aujourd'hui à 4 quand la majorité arrive à 6. Donc évidemment, les gens ne constatent que le résultat, iels ne peuvent pas savoir d'où je suis partie.

Dans mon cas, j'ai pu m'améliorer un peu, mais clairement, si j'avais su plus tôt que ces différentes problématiques étaient toutes liées à un seul facteur (l'autisme), j'aurai peut-être moins eu à m'échiner sur ces petites conséquences par-ci par-là et faire un "tir groupé" bien plus efficace. Pendant longtemps, je me suis sentie comme une mouche qui tape sur la vitre : elle a beau faire plein d'efforts, elle ne pourra pas passer à travers car sa méthode est inadaptée. Peut-être que d'autres se débrouillent mieux que moi pour faire des aménagements corrects, mais je suis pas du tout inventive à ce niveau, pour ma part.

@TourneLune @lady space Et je suis bien sûre aussi dépitée que vous devant l'idée qu'il soit si compliqué d'être à l'écoute de ses besoins sans diagnostic. Ça ne devrait pas être le cas, mais dans les faits c'est plus compliqué.

Franchement, avant le diagnostic, j'ai réagis exactement de la façon décrite par @Mikirabelle : j'ai fait le yoyo en permanence, alternant entre les phases "Mais oui attends tu coches toutes les cases, comment tu peux encore douter ?" et "Mouui mais en même temps y a plein d'autistes qui supportent vraiment très très mal les bruits et je n'en souffre pas à ce point là :/". Passer des mois ou des années à faire le yoyo est tout de même fatiguant et très désagréable, c'est comme si le sol sous nos pieds n'étaient jamais stable et qu'il fallait en permanence revoir ses appuis, corriger son équilibre pour ne pas se casser la figure.

Donc clairement @lady space je ne dis pas que tu n'as pas le droit de te défendre et de t'adapter comme tu l'entends. Je dis juste que choisir ou non de porter cette étiquette est un choix, que dans mon cas, j'en ai besoin, et que dans ton cas, tu ne ressens pas ce besoin, mais que tu as le droit et tu es légitime à t'adapter comme tu le souhaites. De même, avoir recours ou non aux CRA est une décision qui te reviens, ce n'est pas à moi de te juger à ce sujet. Si tu en ressens le besoin, tu n'as pas à te sentir coupable d'avoir recours aux CRA, si tu n'en a pas besoin, tu n'as pas à te sentir coupable non plus.

De nouveau, c'est simplement que malheureusement, il est fréquent qu'une preuve de ce qu'on avance soit demandée, ou simplement que nos exigences soient mieux comprises ou acceptées si elles ont une justification. Ce n'est pas normal, mais c'est tristement ordinaire. En somme, c'est ce que tu dis aussi quand tu dis "dans un monde idéal de bienveillance qui n'existe pas encore".

Un aspect que je n'ai peut-être pas bien réussi à exprimer, c'est ce que @Pataboul et @Mikirabelle décrivent : on sait que ce n'est pas une mince affaire, et qu'il peut y avoir un effet Barnum. On a déjà retourné le problème dans tous les sens, parfois on a même passé quelques années dans le déni. Dans ce cadre, à quoi bon mettre un Warning "mode" supplémentaire quand on doit 1) Surmonter notre propre syndrome de l'imposteur/se et l'effet yoyo qui en découle 2) Entamer des démarches longues et coûteuses qui peuvent durer entre quelques mois et 7 ans 3) Faire face à des professionnel.le.s qui parfois vont se baser sur cet effet de mode pour juger qu'on ne l'est pas sans même nous connaître... J'oublie peut-être des choses mais en gros vous avez l'idée.

Franchement, rien qu'avoir l'avis d'une spécialiste m'a beaucoup aidé à accepter l'idée. Je sais que c'est triste qu'il faille en passer par là pour avoir ce sentiment, mais ça a été le cas pour moi (et ça parle à certain.e.s ici et pas à d'autres et c'est tout à fait normal). Ce pré-diag. a fait remonter en moi tout un tas de souvenirs anecdotiques qui étaient en fait liés à l'autisme. Il a aussi effacé mes doutes en me montrant la diversité des manifestations de l'autisme. Par exemple au départ je me disais que je barnumisais car je ne me voyais aucune difficulté exécutive (chose pourtant très fréquente chez les autistes) : la psychologue a pu m'expliquer que ces difficultés ne se présentaient pas forcément que sous la forme de maladresse physique (je suis plutôt adroite) mais aussi sous la forme d'une lenteur exacerbée et inexplicable. Tout ce qui demande beaucoup de manipulation me demande plus de temps que la normale. J'ai aussi tendance à "décomposer" instinctivement ces tâches difficiles (je prends toujours l'exemple de la vaisselle qui est très parlant chez moi), ce que mon compagnon ne comprenait pas du tout car c'est moins rapide, moins efficace. Mais a trouvé son sens pour lui et pour moi quand la psy a expliqué que c'était souvent ce qu'on préconisait aux accompagnant.e.s d'autistes : décomposer les tâches en petites séquences pour les simplifier. Sans diagnostic, je n'ai aucune idée du temps qu'il m'aurait fallu pour découvrir ça.

Cela m'amène du coup à un point auquel je n'avais pas pensé : inconsciemment, j'ai déjà en partie adapté mes comportements ou mon environnement à mes besoins. Mais de nouveau, c'était à tâtons et souvent inconscient.

Foilà :3 et maintenant j'essaye de me rendormir (peut-être, espérons ><).
Je ne prétends ni à l’exhaustivité, ni à une parfaite objectivité, deux qualités qui dans mon métier relèvent de l’illusion et du vœu pieux. — (Michel de Pracontal, L’imposture scientifique en dix leçons, Seuil, 2005, page 17)

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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Jean-Louis »

@yokainoshima J'ai regardé la vidéo que tu as mentionné du Professeur Montron, et quand on voit comment c'est le bazar en ce moment dans le monde du diagnostic TSA, on peut imaginer que ça se répercute sur des forums comme celui-ci.

Et pour apporter un peu d'eau au moulin, sous la vidéo il est fait référence à un papier de vulgarisation scientifique de Montréal :
http://grouperechercheautismemontreal.ca/Magazine.aspx

Le n° 9 est paru récemment, dont voici le sommaire :
Numéro 9 : Printemps 2020
La génétique de l'autisme - Élise Douard et Guillaume Huguet
Surmonter les défis de la transition vers l'autonomie - Audrey Murray et Alexa Meilleur
Décortiquer l'hétérogénéité - Laurent Mottron
Autisme et anxiété à l'âge adulte - Kirsty Ainsworth et Chloé Paquette-Houde
Les visages de la recherche en autisme - Anne-Marie Nader
Cinq mythes fréquents sur l'autisme - Noémie Cusson et Dominique Girard

Voilà, bonne journée.

Edit : Et merci @lady space et @TourneLune pour vos messages plus équilibrés.
Je me demande s'il ne faudrait pas une modération particulière pour ce sujet particulier, en binôme avec un/une autiste "confirmée" peut être. C'est mon côté qualiticien qui parle ;) .

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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par wallcreeper »

@Jean-Louis pour ce qui est de la modération, l'équipe est justement composée de toute une diversité de profils pour ainsi mieux appréhender toutes les sensibilités, le TSA en fait parti. Ce fil a d'ailleurs fait l'objet d'échanges en coulisses, les derniers messages que tu cites sont d'ailleurs liés à cette discussion.
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages. Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts, Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages. J. Richepin

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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Chuchumuchu »

Merci @wallcreeper, c'est vrai qu'on imagine pas toujours comment ça se passe en coulisse.
Je ne prétends ni à l’exhaustivité, ni à une parfaite objectivité, deux qualités qui dans mon métier relèvent de l’illusion et du vœu pieux. — (Michel de Pracontal, L’imposture scientifique en dix leçons, Seuil, 2005, page 17)

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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Kamak »

Bon, je ne réponds que maintenant car il m'a fallu un petit temps moi aussi pour digérer ces derniers messages.

Tout d'abord, je suis absolument désolée que mes propos aient pu blesser à ce point des personnes qui se sont senties directement remises en causes sans que j'en ai, à aucun moment, eu l'intention ni même l'idée.

Mes excuses collatérales à Napi qui s'est vue associée, malgré elle, malgré moi, à des paroles ressenties comme blessantes.

Loin de moi l'idée de juger de la légitimité de telle ou telle personne à s'engager dans une démarche de diagnostic (quelle légitimité aurais-je moi-même pour le faire ???)

Loin de moi la volonté de nier les difficultés ou la souffrance de quiconque,

Loin de moi l'intention de remettre en cause l'utilité d'un diagnostic, quel qu'il soit, à fortiori quand il permet de mieux se comprendre, se définir, et d'avancer vers un mieux être,

Alors peut être que mes mots ont pu sembler revêtir une coloration provocante, personnelle ou blessante, mais je souhaitais simplement mettre l'accent sur le fait qu'il ne fallait pas mettre de côté un éventuel effet barnum, à titre préventif et de manière tout à fait générale, au même titre qu'on a pu le faire ici même au sujet la dwance (c'est phonétique) (parce que j'ai toujours pas trouvé le terme approprié :grin: )

Euh, voilà quoi... Ni plus, ni moins.
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Fabs le vaurien »

Bonjour tous,

Sur les forums et groupes Asperger que je fréquente, parfois je me prends la tête avec :

- ceux qui se revendiquent autistes SANS avoir de diagnostic établi
- ceux qui n’envisagent pas le diagnostic par le prisme de la reconnaissance de handicap que MOI j’estime nécessaire,
- ceux qui mettent en avant que LE diagnostic ne sert à rien
- ceux qui remettent en cause le parcours diagnostic de certains sous couvert qu’ils ne semblent pas franco-protocolaires..
- ceux qui parlent au nom des autistes
-ceux qui avancent l’existence d’une communauté et voudrait m’inclure dedans,
-ceux qui érigent un distingo entre les autistes et les neurotypiques (devinez qui sont les gentils de l’histoire ?)
- ceux qui...
-et encore ceux qui...

Parfois je conseille, j' émets un avis, j'arbore une posture alors qu’en face, rien ne m'a été demandé. Parfois je discute avec les gens et je crois que je parviens à les comprendre.Ce n’est pas facile DE NE PAS parler de l’autisme, des autistes, de l’autiste en soi. C’est encore plus difficile de ne parler que de soi.
Je voudrais parvenir à ne parler que pour moi plutôt que de vainement tendre vers la normalisation des comportements par le prisme de ma propre échelle. Celle qui finalement rassure que je suis dans le « bon agir » , que je ne suis pas si « seul »

il y’a quelques années , je n’aurais jamais eu de diagnostic de TSA, parce que ce n’etait pas dans l’ere du temps, point de mode ici, juste l’état des recherches et des orientations sociétales sur le sujet, Dans les année 80, l’autiste n’etait pas moi,
D ici 10 ans, mon diagnostic sera peut etre remis en cause à la lumière d’une découverte, d’un nouveau courant de pensée
Ca ne changera pas le bonhomme je crois,

En ce moment, je suis dans un gros blocage, mon psychiatre attend mon feu vert.
j’ai beau avoir cherché à savoir, avoir effectué toutes les démarches, le fait que je ne parvienne pas à franchir le cap de la reconnaissance du handicap, alors que j’en ai besoin, donne une indication sur le déni qui m'habite, alors que je l’ai cherché ce diagnostic.
Les raisons qui m’ont amené à pousser la porte du CRA ne sont pas les mêmes que celles qui ont ouvert celle du diagnostic.

A 30 ans je voulais juste être reconnu pour une différence.
A 40 ans, je veux juste de l’aide

Un chemin se fait et doit se faire pour chacun
UN diagnostic est un parcours, un choix, une prise de position, un étendard, une quête..
C'est un peu tout ce qu'on veut y mettre. mais c'est à soi. Et pour soi.

Belle journée à tous.
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Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus. (Aristote, Ethique à Nicomaque).

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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par O'Rêve »

Concernant les premiers murmures et la peur de l’effet barnum, on peut aussi réinterroger d’un peu plus prés les aspects relatifs à son propre développement, avant d’envisager des démarches vers le dépistage (puis le diagnostic).
De ce que j’ai pu lire et visionner pour le moment, je retiens qu’il y a des signes/symptômes tout le long du développement des personnes appartenant au TSA, avec certes une hétérogénéité des signes selon l’âge (on ne présente pas les mêmes signes à 6 mois à 6 ans, adolescent, adulte). Mais en tout cas, si les signes sont apparus à 6, 12, 15, 20, 30 ans, sans présence de signes durant la petite enfance, il me semble que la piste du TSA est à mettre en arrière plan, et sans doute est-il alors préférable de creuser d’autres pistes.

Cependant je me questionne sur les signes d’autisme durant la petite enfance et l’enfance, accompagnant le développement des filles/femmes. Il semble que les filles sont diagnostiquées globalement plus tardivement que les garçons (les signes d’autisme seraient donc moins perceptibles chez certains bébés/petites filles autistes.)
J’ai lu/entendu qu’il existe des différences très précoces chez les nourrissons entre filles et garçons, mais sans trouver plus de précisions.
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J’ai également lu/entendu des différences entre filles et garçons (en âge scolaire/adolescence, adulte) sur les intérêts restreints, sur les difficultés dans les relations sociales, sur le camouflage, sur les problèmes plus internalisés (anxiété, dépression).
On trouve l’évocation de l’hypothèse de facteurs biologiques protecteurs chez les filles/femmes. J’ai vu également mentionné que « les filles sans déficit intellectuel ou sans retard de langage pourraient être sous-diagnostiquées, possiblement en raison d’une représentation clinique atténuée des difficultés sociales et de communication » (Rivet et Matson 2011).
► Afficher le texte
La seule certitude que j’ai aujourd’hui, c’est qu’il faut bien se renseigner sur le(la) professionnelle qu’on est amené à choisir lorsqu’on décide de se lancer. Et quand on est une femme, un(e) (des) pros connaissant le TSA, mais pas que…connaissant les particularités féminines…mais pas que…rigoureux(se) et sans complaisance (si on n’est pas dans le spectre, le pro doit être en mesure de l’assumer), car j’ai quand même cru comprendre qu’il existe quelques personnes (sans doute pas si nombreuses) mais qui semblent un peu légères sur le diagnostic (et à qui il est reproché de surdiagnostiquer).
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yokainoshima
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par yokainoshima »

Ma conviction actuelle, c'est que le diagnostic c'est au diagnostiqueur qu'en revient la responsabilité. Et plus fondamentalement, si le diagnostic se trouve trop inclusif, est ce fondamentalement un problème? J'entends pas là, que je ne crois pas qu'on s'arrête au diagnostic. Ce qui intéresse c'est la façon de soigner, de traiter, d'accompagner avec la volonté d'aller mieux. Dans le champ des maladies psychiatriques, des handicaps mentaux, il y a besoin d'un tel partenariat soignant/soigné, de tatonner, de ne rien prendre pour acquis.
Dans le système de soin à la française, l'étiquette est quasi indispensable pour avoir une prise en charge facilité (et je n'ose écrire facile!!).

Alors à mon avis, tant pis si l'étiquette n'est pas 100% correcte, si même un jour elle doit changer un peu, l'essentiel à mes yeux, c'est d'avoir pu permettre un accès à des modalités de soin, d'accompagnement qui font progresser ou moins souffrir ou être mieux le patient.

Je reste profondément convaincue de l'importance du langage. Pour avoir grandi en étant intriguée par la linguistique, les définitions, m'être rendue compte que je ne pensais pas de la même façon en francais ou en anglais, je reste très attachée à nommer. J'aime mettre en mot, définir, ajuster ces définitions.

Morton en parle d'ailleurs. Un jour, le TSA ou le DSM se déclinera encore en d'autres symptômes et définitions. On peut le voir comme une volonté de classer, mettre dans des cases, mais pourquoi ne pas le voir comme une façon de s'approprier le monde?
En sciences, j'aime et j'angoisse devant le vide abyssal de nos inconnus, nos incohérences. La physique par exemple, qui passe pour si rationnelle et permet de comprendre ou prédire en partie notre monde est pourtant sujette a des bouleversement théoriques immenses depuis sa naissance.
Pourtant, ces théorie physiques n'ont pas été vaines, malgré les trucs qui coinçaient et que l'Homme ne s'expliquait pas. Il a du coup continué à chercher. Pour le TSA ou ce futur autre trouble/déficit/?? ça sera peut être le cas.
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Fabs le vaurien
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Re: Dépistage autiste - asperger

Message par Fabs le vaurien »

yokainoshima a écrit :
mar. 9 juin 2020 11:31
Ma conviction actuelle, c'est que le diagnostic c'est au diagnostiqueur qu'en revient la responsabilité.
Un diagnostic en France se conjuguent au pluriel.
Que ce soit en libéral ou en CRA, on ne rencontre pas qu un professionnel.
Un psychiatre spécialisé ne diagnostiquera pas en théorie quelqu'un sur un seul rendez vous. Ce serait gros, sauf si le dossier est béton.

Il demandera des bilans réalisés par d'autres corps de métiers (psychologues psychomot , orthophonistes, travailleurs social ...) , tous théoriquement encore sensibilisés à l autisme. Il y a quand même une investigation et des regards croisés. Si il y a des diagnostics bidons, je me dis que ce ne doit pas être majoritaire. Il faudrait vraiment qu'ils s y mettent à plusieurs ou que le patient soit particulièrement fort ^^)
Dans d autres pays comme en Belgique je crois (je crois) , un neuropsychologue seul peut poser un diagnostic de TSA. Pas en France.

Pour ce qui est de la partie enfance soulevée plus haut , elle est déterminante pour éviter la confusion avec un trouble de la personnalité apparue pendant l'adolescence.
Des photos, des vidéos, témoignages , carnet scolaire, sont autant d'elements utiles pour débroussailler le bordel.
Pour ma part, c'est un compte-rendu de la PMI et mon carnet de santé qui ont été déterminant je pense pour la partie enfance. Ca n a pas révolutionné le diagnostic mais ça l a entériné davantage. Un diag peut-être posé sans ces éléments mais ca suppose alors d'investiguer encore plus.

Le soucis étant que certains diagnostiques ne peuvent pas être posés clairement pour certains.
Au boulot , j ai des enfants présentant tous les signes mais pour autant le diag n est pas si clair.
Pour d autres, le diag est posé alors que le problème principale ne semble pas se situer sur le versant autistique.
Ben les uns comme les autres sont accompagnés quand même. Parceque les problèmes sont là. Avec ou sans estampillage.
Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus. (Aristote, Ethique à Nicomaque).

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