Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

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Mlle-Qui
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Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Mlle-Qui » dim. 5 mai 2019 13:42

La réponse pour moi est oui !!

Durant toute ma vie (j'ai quand même déjà 35 ans !! :huhu: ) je n'ai jamais appartenu à un groupe.

A l'école :
- je n'étais pas dans le groupe des plus jolies (bon ça c'est subjectif et chacun se perçoit comme il veut)
- Je n'étais pas dans le groupe des plus sympas (je ne suis pourtant pas une sorcière lol)
- Ni dans celui des plus drôles (j'ai pourtant beaucoup d'humour, un peu décalé peut être...)
- Ni dans celui des plus intelligents (je n'avais pas 14 de moyenne ni 8 non plus)

J'étais pas populaire, ni le souffre douleur, bien que j'ai eu quelques histoires avec un groupe de fille qui m'a poursuivi toute ma scolarité... Ca m'a tellement marqué que j'y pense encore :sweat:

Aujourd'hui en tant qu'adulte :
- je ne suis pas celle qu'on invite à une fête (bon en même temps j'ai pas vraiment d'amie :'( )
- ni la collègue à qui on propose un tour dans les magasins pendant la pause
- ni de celle à qui on prend des nouvelles quand elle est pas bien...

Je suis plutôt celle qui a TROP de principes ! (non faut pas faire ça c'est pas juste, non faut pas dire ça d'elle c'est méchant...)
Qui ne supporte aucune injustice. Je suis celle qui a protégé toute sa scolarité et encore aujourd'hui les plus faibles, ceux à qui les autres s'en prennent facilement, et sans raison aucune !

Alors oui, j'ai besoin de faire partie d'un groupe !! Celui des HP ? je l'espère sincèrement.
Je me comprendrai bien mieux, j’accepterai ces parties de moi qui me rendent si différentes et si indésirables finalement...
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Scrat » dim. 5 mai 2019 14:01

Disons que ton questionnement en évoque un autre chez moi: HP, une étiquette? Si oui, pour qui?

Renvoies-tu à ta propre image de toi-même, ton besoin d'appartenance à un groupe? Ou bien penses-tu à l'image qu'ont les autres de toi?

Pour ma part, je n'aime pas les étiquettes, justement, et me suis toujours bien portée d'être du genre électron libre, sans réel groupe d'appartenance. Certes, parallèlement, j'ai toujours mal vécu ce sentiment d'être différente, sans être capable de dire en quoi, mais les étiquettes m'ont toujours semblé très réductrices, qu'elles soient valorisantes ou non.
D'ailleurs, face aux soupçons de précocité chez notre fille, nous n'envisageons pas d'emblée de la faire tester. Nous ne le ferons que si elle manifeste une souffrance pour laquelle l'obtention d'un diagnostic serait utile pour un accompagnement de qualité. Mais si elle est bien dans ses baskets, nul besoin de la catégoriser si jeune.

Si cela renvoie à l'image qu'auront les autres de toi, à qui comptes-tu en parler? Pour quelles raisons? Ne porte d'étiquette que celui qui souhaite la mettre en avant...
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Fatigué d'avoir jamais un ami pour parler, pour me dire où on va, d'où on vient et pourquoi.
Mais surtout je suis fatigué de voir les hommes se battre les uns contre les autres.
Je suis fatigué de toute la peine et la souffrance que je sens dans le monde. Il y en a trop.
C'est comme si j'avais des bouts de verre dans ma tête." La Ligne Verte

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Pascalita » dim. 5 mai 2019 14:16

Je comprends ton besoin d'appartenance... d'étiquetage. Je l'ai ressenti aussi (edit : mais après le test, une fois le diagnostic posé, alors que j'essayais de tout rattacher à cette nouvelle donnée, de m'en faire une nouvelle identité, en fait), et effectivement ça a quelque chose de rassurant de pouvoir se ranger dans une catégorie, se dire qu'on n'est pas juste bizarre, ou en tout cas pas la seule (le seul) à l'être.

Ceci dit, il en va comme de tous les groupes : l'appartenance n'est que partielle. On partage peut-être certains traits avec d'autres mais ça ne veut pas dire qu'on est comme ces autres, entièrement ou essentiellement comme eux.

L'acceptation de soi, des traits qui nous éloignent des autres (ou de ceux qui nous rapprochent d'eux, parce que parfois nous considérons les parties qui nous rapprochent des autres comme indésirables...) et la compréhension de soi peuvent se faire (ou se mettre en chantier - parce que je ne suis pas sûre qu'on arrive jamais au bout !) sans étiquetage, sans ce diagnostic qui en même temps qu'il nous rassure, est aussi illusoire. Parce que justement, il n'efface pas ces traits qui nous éloignent ou nous rendent indésirables (peu importe si c'est aux yeux des autres ou aux nôtres). Ce qui était là y sera encore... Mais on peut aussi se comprendre sans étiquetage. Et se rapprocher des autres si c'est ce qu'on souhaite, réfléchir à l'image que ces autres ont de nous et à quoi elle tient, peut-être changer deux ou trois petites choses qui rendront la vie plus sympa.

Et puis ce qui nous rend indésirables, pour continuer sur cette expression bien qu'on puisse aussi se demander si elle est fondée, si vraiment nous sommes indésirables ou si nous nous imaginons l'être, ce n'est pas forcément lié au fait d'être ou non hp. Ou pas seulement. C'est là que ça devient terriblement intéressant, cette affaire !

Ce que je te souhaite sincèrement, c'est que tu n'aies plus besoin d'une étiquette.

Edit : complément

Et re-belote : as-tu lu ces fils ? Les problématiques se rejoignent...
Et si le test disait non...
Pourquoi vouloir savoir ?
Et si le test disait oui ?...

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par élève koala » dim. 5 mai 2019 15:48

Je te comprends parfaitement. Moi-même je n'ai jamais appartenu à un groupe et c'est très difficile à vivre, surtout quand on est gamin.

Et même en tant qu'adulte, ce n'est jamais agréable de se sentir exclu. Mais avec le recul et l'expérience, il faut se dire que tout simplement, on ne fait pas partie du même monde que la majorité des gens. Que l'on soit HP ou pas, ça ne change rien au fait que certaines personnes ne correspondent pas aux critères sociaux qui permettent d'être accepté et reconnu de ses semblables.

Personnellement, je me suis fait une raison et je n'insiste plus. Une chose importante que j'ai apprise ces dernières années et qui m'aident énormément : en avoir rien à battre.

Il m'arrive encore dans certaines situations de passer pour le dernier des crétins. Mais la différence aujourd'hui est que je sais que je suis HP. En ce sens, passer les tests aident beaucoup car ça me permet de me dire "ok, ces gens pensent que je suis stupide, mais je m'en tape complètement."

Cela m'affectait beaucoup plus quand je ne savais pas que j'étais HP.

Donc je ne sais pas si "faire partie du groupe des HP" t'aidera, mais passer les tests pour mieux comprendre ton fonctionnement cognitif t'aidera à mieux te connaître, ça c'est sûr.

Il y a aussi d'autres moyens de faire partie d'un groupe : tu aimes un sport en particulier ? Tu es cinéphile ? Tu aimes la politique ? L'écologie ? Tu es fan d'un groupe de musique ?

Les sujets et passions ne manquent pas pour rejoindre un groupe. Il ne tient qu'à toi, parce qu'il n'y a pas que le travail dans la vie.

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Mlle-Qui » dim. 5 mai 2019 17:05

J'avoue que vos messages me font me remettre en question...
En toute sincérité au jour d'aujourd'hui, je sais "en avoir rien à foutre" quand il le faut... malgré des petites voix qui me disent tout bas quand même "oui mais pourquoi" !
J'ai pris de l'assurance avec le temps c'est vrai. Ne pas faire partie d'un groupe quand on est gamin c'est dur à vivre, même si on a des amis. Bah oui quand même j'ai 2 amies de collège/lycée avec qui je suis toujours en contact et on se voit régulièrement. Ouf pour mon égo !! lol non sincèrement je les adore et elles me le rendent bien.

Scrat moi non plus je n'aime pas les étiquettes. Et c'est clair que je me baladerai pas avec une pancarte disant "HP" autour du cou !
Très peu de personnes seront au courant si mon test est vaildé.
Et pourtant j'aimerai tellement qu'on me comprenne mieux...

Pascalita j'ai volontairement utilisé le terme "indésirable" parce que c'est la sensation que j'ai parfois dans ma vie.

Elève Koala, malheureusement je n'ai pas vraiment de centre d’intérêt. Je m'intéresse à beaucoup de chose oui mais je fini par me lasser..... Je suis très volatile dans mes loirsirs et du coup catalogué comme indécise, celle qui sait jamais ce qu'elle veut...

Alors en gros NON je ne veux pas d'étiquette pour parader, je veux une étiquette pour me comprendre et m'accepter.
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par TourneLune » dim. 5 mai 2019 19:42

Un peu dommage qu'il y ait autant de "je" dans ce sujet à la problématique pourtant intéressante, prise dans sa généralité ;)
Saurais tu donner à ce sujet un peu d'ouverture plutôt que de le faire simplement tourner autour de ta propre personne?
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Rianne » dim. 5 mai 2019 20:54

J'avoue que le sujet me laisse perplexe.
Je pense comprendre où tu veux en venir mais ca me semble être une illusion et ca n'enlève en aucun cas la solitude ressentie ou réelle de chaque jour. Et je ne vois pas comment ca pourrait régler les pb d'adulte (donc qui te touchent maintenant) que tu cites.

"- Ni dans celui des plus intelligents" : Ca m'a fait sourire car c'est exactement ce groupe là les HPI.

Et ta dernière phrase qui fait penser qu'on est indésirables car HPI me pose question, alors que bien au contraire la plupart du temps, on nous admire pour notre façon de penser, pour notre rapidité, nos idées originales et justes, nos capacités d'apprentissage ou de mémoire impressionnantes, on nous envie parfois, on nous aime souvent car on renvoie une belle image des gens mais ce qui est sur on ne laisse pas indifférent.

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Mlle-Qui » lun. 6 mai 2019 09:59

TourneLune je ne comprend pas ce que tu veux dire... :?

Rianne oui c'est sûr ça n'enlèvera pas ce ressenti, mais à la base c'est moi qui ne comprend pas les gens. Pourquoi je me sens exlcu, différente... c'est quoi qui cloche chez moi ?
Je ne suis ni odieuse, ni méchante, ni médisante, ni impolie, ni irrespectueuse et j'en passe. Si effectivement j'ai des capacités à penser et fonctionner différemment des autres, et que c'est ça qui dérange, je comprendrais pourquoi je me sens exclu !

Sincèrement le côté envié, admiré... connais pas :(
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Pascalita » lun. 6 mai 2019 11:02

Melle-Qui, je suis de passage alors je te réponds avant TourneLune (excuse-moi, TourneLune) : la question de ton post est très intéressante. Tu l'as posée pour toi-même et en parlant spécifiquement de l'étiquette "hp", tu as évoqué ton cas personnel, maintenant et dans ton enfance ; mais au-delà, cette question peut être approndie, étendue, généralisée - parce que c'est là qu'elle ouvre davantage la discussion aux autres, et il y a sans doute beaucoup de gens concernés - sur le fait de chercher à appartenir à un groupe ou sur le fait d'avoir besoin d'être étiqueté hp (versant sur lequel j'ai mis les liens vers d'autres fils), bref sur ce qui fait qu'on a besoin d'une étiquette, en quoi elle nous réconforte, ou nous donne confiance, ou nous permet de mieux nous comprendre (ou autre chose encore, justement, ce serait intéressant de creuser).
Ou sur ce qui fait qu'on n'en veut pas.
Ou sur le fait que ça devient peut-être encore plus intéressant quand on dépasse la problématique de l'étiquetage...

Si la discussion reste centrée sur un cas personnel, alors elle a plutôt sa place dans les présentations.

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Loupdessteppes » lun. 6 mai 2019 11:41

TourneLune a écrit :
dim. 5 mai 2019 19:42
Un peu dommage qu'il y ait autant de "je" dans ce sujet à la problématique pourtant intéressante, prise dans sa généralité ;)
Saurais tu donner à ce sujet un peu d'ouverture plutôt que de le faire simplement tourner autour de ta propre personne?
Ah, la problématique...

Elle se résume bien dans l'antagonisme liberté et appartenance.

La liberté est illusoire à mon sens : pour savoir qu'on est un sujet il faut au moins un autre sujet pour en répondre, donc sans les autres je ne saurais pas que je suis.

Comme pour le langage : dans l'ensemble des sujets un sujet n'est défini que par sa différence avec les autres sujets. On a désespérément besoin des autres.

D'où l'éternel questionnement, sans fin faute d'une possible réponse définitive : qui suis-je ? La Philosophie nous apporte la preuve millénaire qu'on n'est pas prêt d'en être arrivé au bout, de ce questionnement !!!

Qui est corélatif de la question de l'appartenance : les sociologues et les psychosociologues sembleraient montrer ce besoin d'appartenance est un besoin universel... Oui mais trop c'est trop, quoi ! ;)

Il ne reste plus qu'à se dire : a) chacun ses choix, d'où la prise en considération de la personne, du caractère, de l'altérité alors étiquette ou pas, qu'importe ? et b) pourquoi des hp/hpi/douancés et autres échapperaient-ils à ce questionnement au centre de la vie sociale de tous et de chacun ? Je suis différent, certes, mais quand même pas martien... ;)

Pourquoi je répond plutôt à Tournelune ?

Parce que oui, Melle-qui pose un clairement un problème personnel, et que ce pourrait être à la limite une sorte demande de consultation donc hors-sujet du forum, si j'ai bien compris. Donc je trouve son intervention justifiée, et sympathiquement modérée d'ailleurs.

Parce qu'un peu non, l'ampleur et la variété des réponses ainsi que le nombre des personnes concernées en a fait de facto un sujet d'ordre général où la prime demande se noie dans l'ensemble des partages.

Parce qu'aussi, en parlant de quoi que ce soit qui n'est pas du type passe-moi le sel, on parle in fine toujours de soi et rien que de soi...

J'aime ce genre de partage ou le nombre et la variété des intervenants/réagissants fait que in fine la décision appartient de facto à l'intéressé(e), mais... muni(e) de grain supplémentaire à moudre.

Bon, tout ça n'engage que moi, hein ! :-)

(edit) je n'avais pas lu le dernier post de Pascalita, avec lequel je plussoie évidemment.
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Swinn » lun. 6 mai 2019 12:04

Il me semble que l'instinct grégaire fait partie du genre humain. Animal social, on a besoin d'avoir un groupe, une bande, un clan, une tribu, une meute de référence pour se sentir fort et protégé à la fois et aussi pour ne pas se sentir seul.
Une des caractéristiques des surdoués dont on lit les présentations sur ce forum est le sentiment de décalage, de ne pas se sentir comme tout le monde et donc de solitude qui en découle. Souvent, les gens qui s'inscrivent ici n'ont pas de "bande avec qui jouer".
Je comprends donc le sentiment de Melle-Qui lorsqu'elle parle d'étiquette et de son besoin à en avoir.
Ce qui anime peut-être Melle-Qui, qui anime peut-être d'autres ,et un peu moi aussi (mais pas tant), c'est la recherche d'un groupe d'identification auquel se joindre. Étiquetée surdouée, elle aura son diag+ dans son profil avec un sentiment de total légitimité à être sur le forum. Et dans un coin de sa tête, dans la vraie, vie ce sentiment de décalage et de solitude s' estompera un peu lorsqu'elle pourra se dire : ok personne ne me comprend, mais je sais où il y a des gens qui me comprennent et avec qui je peux échanger sur des problématiques particulières que je partage avec d'autres.

Par ailleurs, et là je parle plus pour moi le fait d'être HP joue réellement sur mon ego, non pas que je devienne arrogant, mais cela me permet d'avoir clairement plus confiance en moi dans mes actions au quotidien. Je sais que je n'aurai jamais acquis cette confiance sans cette étiquette justement.
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par madeleine » lun. 6 mai 2019 12:29

Pour élargir la problématique - même s'il me semble que Mlle-qui n'avait pris son exemple que pour l'introduire et avait pris soin d'ouvrir le champ des réponses par un "Et vous ?" - il suffirait peut-être d'enserrer le titre de guillemets.
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Kangourousse » lun. 6 mai 2019 13:05

Je rejoins Swinn sur le fait d'avoir ce diag+ m'a permis de prendre plus confiance en moi, d'assumer certains faits (réagir plus "violemment" à certaines choses, avoir la réponse plus vite, etc) et de ne plus me cacher jusqu'à ce que quelqu'un le dise avant moi, trop intérioriser, etc.

Néanmoins, le décalage est toujours là, seulement maintenant je me l'explique et je l'explique aux autres (oui, j'ai fait le pari de dire que je suis thqi aux autres, parce que si je ne me/les comprends pas, ils ne peuvent pas me comprendre non plus, sans cette info !).

Donc oui à 500% pour passer le test et savoir si tu es hqi ou pas mais en faisant attention à ne pas trop se cacher après derrière. C'est un pan de ta personnalité qui va être très éclairant sur certaines choses mais tu te ne résumes pas à ça ^^
"Ma parole des engins comme vous, ça devrait être fourni avec une notice !"

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Rianne » lun. 6 mai 2019 15:40

Mlle-Qui a écrit :
lun. 6 mai 2019 09:59

Rianne oui c'est sûr ça n'enlèvera pas ce ressenti, mais à la base c'est moi qui ne comprend pas les gens. Pourquoi je me sens exlcu, différente... c'est quoi qui cloche chez moi ?
Je ne suis ni odieuse, ni méchante, ni médisante, ni impolie, ni irrespectueuse et j'en passe. Si effectivement j'ai des capacités à penser et fonctionner différemment des autres, et que c'est ça qui dérange, je comprendrais pourquoi je me sens exclu !

Sincèrement le côté envié, admiré... connais pas :(
Il me semble que ce problème te concernant dépasse le cadre de la douance (et du forum :p), à moins qu'il y ait une preuve d'un lien directe entre les problèmes évoqués et la douance, mais je n'ai encore rien lu de tel sur le sujet (mais je ne demande qu'a apprendre).
De même si le lien était fait ça serait une caractéristique commune à tout HPI et je (mais également d'autres HPI diag+ que je connais) ne me suis jamais senti exclu, en décalage oui car il y a un décalage de vitesse de pensé, de lien fait entre les notions, ... qui forcement ne me situe pas forcement dans le même temps que les autres, je ferais donc parti des exceptions ?

Par curiosité, tu te doute fortement que tu a des capacités supérieures à penser ou fonctionner (je me doute que oui sinon il n'y aurait pas de doute) ?

Enfin, je comprends l'envie d’appartenir à un groupe mais les HPI est un sous groupe des gens dans leur ensemble et qui est le reflet exact du surgroupe en terme de personnalités et les pb d'exclusions se répercutent de manière identique entre les deux ensembles, enfin il me semble. Maintenant je n'ai sans doute pas exactement cerné ce que tu voulais exprimer.

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Mlle-Qui » lun. 6 mai 2019 18:37

Pascalita a écrit :
lun. 6 mai 2019 11:02
Melle-Qui, je suis de passage alors je te réponds avant TourneLune (excuse-moi, TourneLune) : la question de ton post est très intéressante. Tu l'as posée pour toi-même et en parlant spécifiquement de l'étiquette "hp", tu as évoqué ton cas personnel, maintenant et dans ton enfance ; mais au-delà, cette question peut être approndie, étendue, généralisée - parce que c'est là qu'elle ouvre davantage la discussion aux autres, et il y a sans doute beaucoup de gens concernés - sur le fait de chercher à appartenir à un groupe ou sur le fait d'avoir besoin d'être étiqueté hp (versant sur lequel j'ai mis les liens vers d'autres fils), bref sur ce qui fait qu'on a besoin d'une étiquette, en quoi elle nous réconforte, ou nous donne confiance, ou nous permet de mieux nous comprendre (ou autre chose encore, justement, ce serait intéressant de creuser).
Ou sur ce qui fait qu'on n'en veut pas.
Ou sur le fait que ça devient peut-être encore plus intéressant quand on dépasse la problématique de l'étiquetage...

Si la discussion reste centrée sur un cas personnel, alors elle a plutôt sa place dans les présentations.
Ok je comprend mieux, mais en même temps c'est que le début du post, j'ai donné mon témoignage et je laisse toute la place à qui voudra partager son expérience :honte:
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Orphée » lun. 6 mai 2019 19:13

Je pense que ça ne deviendra une étiquette que si toi tu vois cela comme une étiquette...
Ca me fait un peu penser à mes parents d'élève qui demandent "à quoi ça sert de lui faire passer le test ?
Je ne veux pas qu'il/elle soit étiquetté"

Je leur réponds simplement que si leur enfant était autiste ils aimeraient le savoir pour pouvoir l'aider (et ensuite j'enchaine sur le fonctionnement des HPI pour essayer de casser certains préjugés).
Je leur explique aussi que cela peut aider leur enfant à grandir/se construire de savoir comment il fonctionne.

C'est en cela que cette "étiquette" m'a aidée (mais je la garde pour moi la plupart du temps) et maintenant je sais pourquoi parfois je passe pour une idiote (les clés pour comprendre).

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Mlle-Qui » lun. 6 mai 2019 19:59

Orphée a écrit :
lun. 6 mai 2019 19:13
Je pense que ça ne deviendra une étiquette que si toi tu vois cela comme une étiquette...
Ca me fait un peu penser à mes parents d'élève qui demandent "à quoi ça sert de lui faire passer le test ?
Je ne veux pas qu'il/elle soit étiquetté"

Je leur réponds simplement que si leur enfant était autiste ils aimeraient le savoir pour pouvoir l'aider (et ensuite j'enchaine sur le fonctionnement des HPI pour essayer de casser certains préjugés).
Je leur explique aussi que cela peut aider leur enfant à grandir/se construire de savoir comment il fonctionne.

C'est en cela que cette "étiquette" m'a aidée (mais je la garde pour moi la plupart du temps) et maintenant je sais pourquoi parfois je passe pour une idiote (les clés pour comprendre).
Voilà c'est pour ça que j'ai besoin de savoir en fait...

Je suis désolée si certains m'ont trouvé égocentrique, ce n'était bien évidemment pas voulu. Nous sommes sur un forum pour y partager nos expériences, c'était le but de ce message.
Si encore j'avais fait un monologue de 10 pages la je comprendrais certaines réactions. J'ai été jugé sur quelques lignes je trouve ça un peu dur.
S'il le faut pour être mieux comprise, je vais modifier mon titre...
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Rianne » lun. 6 mai 2019 21:26

Il me semble pas que quelqu'un t'es trouvé égocentrique. Les demandes d'élargir le sujet ne conduisent pas forcement à cette conclusion me semble t il.

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Riffifi » lun. 6 mai 2019 22:36

En effet ton premier message soulève des choses diverses : l'étiquette et l'étiquetage, l'appartenance à un groupe, la compréhension de soi et l'acceptation de soi. C'est intéressant pour les autres si tu pars de ton vécu mais que tu élargis ou plutôt que tu approfondis, pour nous donner vraiment du grain à moudre/réfléchir.
Pour ma part je trouve a priori la question de l'étiquette très intéressante et elle mérite à mon sens la création de ce sujet. Et elle va me demander un peu de temps de réflexion !
Que tu mélanges l'ensemble me paraît également intéressant car pas intuitif. Donc je serai preneuse que tu développes ce en quoi une étiquette te semble utile pour répondre aux autres enjeux que tu évoques dans ton premier message. En quoi par exemple as-tu le sentiment que l'étiquetage aide à faire partie d'un groupe ; ou pourquoi tu penses que cela (l'étiquette, pas le fait d'être surdoué) peux aider à accepter (ou à faire accepter ?) ses côtés "déviants".
Où que tu sois, creuse profond. En bas, c’est la source.
Laisse les hommes noirs crier : « En bas, c’est toujours l’enfer".

(merci Friedrich)

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Mlle-Qui
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Mlle-Qui » mar. 7 mai 2019 08:03

En tant normal je suis plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral lol mais j'avoue ne pas réussir à trouver mes mots...
C'est un ressenti personnel et je ne sais comment le décrire, mais c'est un mal être qui est bel et bien la.
Heureusement je ne le vis pas quotidiennement, mais ce décalage revient souvent.

J'aurai aimé que quelqu'un se reconnaisse dans mon message pour peut être m'aider à expliquer la chose.

Peut être que pour ceux qui sont déjà diagnostiqué la question ne se pose plus. Moi je suis dans le doute le plus total quant à mes capacités tout confondu (intellectuelles, cognitives, compréhension du monde...) je me sens tout simplement différente des gens que je côtoie. Et de savoir pourquoi ça m'aiderai à me sentir mieux dans ma peau probablement...
Rianne a écrit :
lun. 6 mai 2019 21:26
Il me semble pas que quelqu'un t'es trouvé égocentrique. Les demandes d'élargir le sujet ne conduisent pas forcement à cette conclusion me semble t il.
Ca c'est mon coté "je lis entre les lignes" qui me cause bien des torts....
Je crois que pour élargir le sujet, j'ai besoin qu'on me pose des questions :clin:
Dans la nuit qui m'environne, dans les ténèbres qui m'enserrent
Je loue les Dieux qui me donnent, une âme, à la fois noble et fière...

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Scrat » mar. 7 mai 2019 08:31

Pour ma part, je vois les étiquettes que l'on choisit (je laisse de côté celles que l'on reçoit sans l'avoir demandé) comme la manifestation ostensible d'un faux-self qui nous rassure. Appartient-on réellement au groupe que l'on s'est choisi? N'est-ce pas simplement que l'entretien d'une illusion qui vise avant tout à nous rassurer? En s'identifiant à un groupe, on se laisse croire que d'autres sont comme nous, qu'on ne sera jamais seul...Ce qui me semble en partie assez illusoire.

Je comprends cependant l'autre versant, c'est-à-dire le besoin de se rapprocher d'un groupe pour se sentir moins isolé, comme dit plus haut, l'humain est un être grégaire. J'ai toujours été un électron libre, je n'ai jamais eu de groupe d'appartenance. Pour les raisons citées ci-dessus et aussi tout simplement parce que j'étais trop différente pour me leurrer moi-même. Ce n'est pas faute d'avoir tenté, notamment à l'adolescence, mais ça ne prenait pas. Finalement, j'ai plus mal vécu mes tentatives maladroites de faire semblant que le fait de rester libre de toute étiquette.
"Je suis fatigué patron, fatigué de devoir courir les routes et d'être seul comme un moineau sous la pluie.
Fatigué d'avoir jamais un ami pour parler, pour me dire où on va, d'où on vient et pourquoi.
Mais surtout je suis fatigué de voir les hommes se battre les uns contre les autres.
Je suis fatigué de toute la peine et la souffrance que je sens dans le monde. Il y en a trop.
C'est comme si j'avais des bouts de verre dans ma tête." La Ligne Verte

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Unesoprano » mar. 7 mai 2019 08:32

Le souci, c’est que le mal-être et les raisons de celui-ci vont être différent d’une personne à l’autre, et ce, même si, par exemple, la question du HPI peut être imbriquée là-dedans et être un point de reliance entre plusieurs personnes. (Je ne sais pas si je suis très claire :? ). Sans doute as-tu besoin d’aide sur ces points précis ( le mal-être et ses raisons) mais c’est là que le partage de celui-ci est délicat. Ouvrir un fil est un espace de discussion où des témoignages peuvent s'échanger, et nous permettre d’avancer, chacun sur notre propre route. En ce sens, le « je » est apprécié, appréciable, voire très utile. Par contre, un « je » qui renvoie à une demande plus précise d’aide personnelle n’est pas tout à fait, effectivement, dans l'idée de ce que peut apporter ce lieu et les règles qui en sont de mises. :) C’est simplement ce qui a été émis par Tournelune, enfin moi je l’ai bien compris ainsi. Et dans ce genre de rappel, il n’y a pas de jugement porté, (d’où le fait d’ailleurs que le mot égocentrique ne soit pas posé), car en effet, te trouver égocentrique serait de l’ordre du jugement. Le lire entre les lignes, avoir cette lecture est donc erroné. Si cela t’arrive souvent, c’est à travailler avec une personne appropriée : un.e thérapeute, me semble-t-il. Enfin, ce type de fonctionnement n’a rien à voir avec le fait d’être HPI ou non. Les lectures entre les lignes, et entendre des jugements à connotations négatives par exemple ont une raison d’être dans ton histoire, dans ta psychologie, dans ta psyché et je ne pense pas que cela sera réglé et disparaîtra par le test et par son résultat. Il me semble que là, c’est de la pensée magique... :)

Édit: ma réponse arrive après la réponse de Scrat. J’ai du coup envie d’adjoindre quelques mots.

Appartenir un groupe peut être rassurant. Pour ma part, grandir est passé par le fait d’arrêter de chercher à être rassurée, également à rassurer. Du coup, mes rapports avec les autres ont évolué. Et petit à petit trouver ma place dans un groupe est devenu possible. J’ai conscience que je peux apporter des choses, pas forcément d’ailleurs ce que j’imagine ou projette, et d’autres personnes vont m’apporter également des choses, pas nécessairement rassurantes. :huhu: Mieux me connaître m’a permis d'arrêter d’aller vers des groupes où je me sentirais en général pas au top, en assumant mon côté « pas dans la norme », que celui-ci vienne d’une douance possible ou pas. (J’ai encore quelques mois de suspense, alors j’en profite :rock: ) Mon métier suffit à ne pas y être, de toute façon. En chœur, on apprend indirectement cela : que puis-je apporter au groupe, au son de celui-ci ? Ou est-ce que je ne suis pas accordée à ce son? Suis-je dans les suiveurs ? Les meneurs? Puis-je me fondre si nécessaire dans la masse? Puis-je suivre les règles incarnées par le chef?
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Loupdessteppes » mar. 7 mai 2019 09:17

Unesoprano a écrit :
mar. 7 mai 2019 08:32
Le souci, c’est que le mal-être et les raisons de celui-ci vont être différent d’une personne à l’autre, et ce, même si, par exemple, la question du HPI peut être imbriquée là-dedans et être un point de reliance entre plusieurs personnes. (Je ne sais pas si je suis très claire :? )
Au point actuel de mes réflexions, je ne peux que rejoindre ton point de vue. Et je te trouve parfaitement claire... :)

D'abord, j'ai vécu jusqu'à aujourd'hui, soit le plus clair de ma vie, sans passer ce test, ce qui n'est pas rien ! ;) Et en passant par une histoire/démarche non pas identique, mais semblable à la tienne - moi c'est une psychanalyse étalée sur plus de 25 ans - avec en plus une expérience de longue haleine dont je vais dire deux mots.

Alors, et l'étiquette, ça vient ?

Il y a l'étiquette différent sans plus, que je m'étai collée moi-même comme signifiant l'acceptation de ce que je suis.
Il y a une étiquette de philocognitif, déjà assumée, quelles que soient les conclusions du WAIS prochain.
À cheval sur les deux, un étiquette issu de famille dysfonctionnelle dont je ne parle pas trop, en principe.
Et une qui m'accompagne depuis quarante ans, totalement assumée elle aussi : alcoolique, oui mais abstinent.

Cette dernière a pour origine un groupe auquel j'ai choisi d'appartenir dans la série liberté et appartenance, qui sont les Alcooliques Anonymes. J'y ai été accueilli il y a près de quarante ans, comme ici, encore plus sans condition, puisqu'elle était de sens. Et le point commun y était, comme ici, la souffrance. Si je n'avais pas souffert de trop boire, je ne me serai probablement jamais arrêté... Ceux qui ne souffrent pas vivent bien sans avoir besoin de trop se poser de questions. Il existe donc certainement un foultitude de personnes sur-efficientes dont on n'entendra jamais parler ici.

Cette pratique m'a apporté une structure psychique en ce sens que j'avais dorénavant un critère de raisonnement sain - est-ce bon ou pas pour mon abstinence ? - moi qui était une girouette folle : la dernière opinion reçue ou la dernière de mes pensées était la bonne ! Il me semble possible de faire une démarche analogue par rapport à la sur-efficience, étiquetée ou pas.

Le (la ?) WAIS ne m'apportera donc pas un sentiment d'appartenance, c'est fait - ici et autrefois - ni une étiquette, mais quelque chose comme une boussole de plus, pour faire un tri, voir plus clair en moi, et infléchir sainement ce qui me reste de temps à vivre.

Savoir, suivant l'idée d'Unesoprano, voir clair dans ce qui dans mes comportements et attitudes s'origine dans : soit mon histoire familiale, soit mon propre caractère (voyez comme je suis courtois avec moi-même ;) ), soit un mode de fonctionnement de ma pensée qui ne serait pas celui du plus grand nombre.

Comme je suis un penseur fou, ça ne peut que m'apporter du grain à moudre, ce qui vaut toujours mieux que de s'emballer à vide !

Voilà : HIH! (Hope it helps!)

[edit] P.S. : Et je ne vois pas actuellement où je pourrais m'exprimer de la même manière qu'ici [/edit]
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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Pascalita » mar. 7 mai 2019 17:22

Hors-sujet
Loupdessteppes a écrit :
mar. 7 mai 2019 09:17
Et le point commun y était, comme ici, la souffrance. Si je n'avais pas souffert de trop boire, je ne me serais probablement jamais arrêté... Ceux qui ne souffrent pas vivent bien sans avoir besoin de trop se poser de questions. Il existe donc certainement un foultitude de personnes sur-efficientes dont on n'entendra jamais parler ici.
Hors-sujet ou peut-être pas tant que ça : je ne suis pas sûre d'avoir bien compris ce passage, Loupdessteppes, mais j'aimerais quand même apporter une nuance, au cas où, et pour d'autres éventuellement.
Même si un certain nombre des membres d'AS arrivent ici par le biais de la souffrance (qu'ils y arrivent "en questionnement" ou après un diagnostic faisant suite à une consultation psychologique) et même si le diagnostic peut réactiver des souffrances qu'on croyait enterrées, il n'est pas juste de dire que la souffrance est le point commun de ceux qui fréquentent ce forum (si c'est bien ce que tu voulais dire - encore une fois, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris si tu parles de ta souffrance ou si tu étends à tout le monde).
Il y a certes un gros réservoir d'écoute et de bienveillance en face des souffrances des uns et des autres quand elles sont exprimées, et des pistes possibles dans les expériences et les réflexions qui sont partagées ici, mais ce n'est pas l'unique porte d'accès du lieu, ni son point central.

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Re: Ai-je vraiment besoin de cette étiquette ?

Message par Bulle d'o » mar. 7 mai 2019 19:34

Amusant cette question de l'étiquette comme étiquetage.
Les jeux des appartenances, en lien avec la connaissance de soi, n'est il pas la recherche d'épanouissement schématisé par Maslow?

Image

(pardon, je la trouvais jolie en bleu...)

Bon, bon, bon, l'ordre établit semble caduque et la théorie semble vaciller sous ses contradicteurs, mais si nous regardions en quoi elle est intéressante, là.... Peut-être bien que dans ce groupe du forum, c'est la recherche du groupe, semblant groupe de pairs qu'on vient chercher en premier lieu. Puis, que l'on découvre être en fait, d'autres individus, pas tant que ça "les mêmes que moi".... Mais quand même, ça aura fait son chemin et pourquoi pas pour arriver après, à ce remplissage de "besoin d'estime" et - en fonction de l'âge, hein - l'accomplissement de soi.

Mais cela suppose à la base, que la personne qui semble vouloir cheminer ainsi - se trouver dans ce groupe-ci - ait senti ce sentiment de "solitude, décalage, pas d'autres groupes dans lesquels s'inscrire".

Effectivement, sur ce forum, nous ne partons pas tous de cet état de fait. Peut-être aussi, que l'expérience de vie fait varier pas mal les paramètres...

Déjà, car parfois la vie nous a imposé des détachements face à des situations douloureuses de facto ou des gloires également, de facto. Parfois se resserre aussi l'étau qui consiste en vouloir être dans un groupe d'appartenance "autre" voire "mieux" que celui dans lequel on s'est déjà identifié ou dans lequel les autres nous ont identifié. Et peut être qu'en même temps, on devient plus doux avec nous même... En gros, on se détache un peu du poids de l'injonction de l'autre, et on s'accepte mieux soi pour le faire.

Ensuite, quid du caractère sous-jacent qui détermine la recherche? entre une belle ableuse et un timide, soient ils tout les deux HPI équivalent (et avec les mêmes déclinaisons), je ne pense pas que la recherche de pairs, soit de groupe d'appartenance va s'ancrer de la même façon chez l'un et chez l'autre, dans le temps et dans la qualité. Entre un passionné des maths et de la logique et une passionnée de l'exploration de l'être, je ne suis pas sure non plus que les déterminants qu'ils mettent soient les mêmes et du coup, que leurs conclusions soient les mêmes, à l'égard de la rencontre de ce groupe. Même s'ils y appartiennent de fait : en participant au forum ou de fait en étant diagnostiqué ou de fait en étant diagnostiqué + (quelle est l'étiquette en fait???? celle de HPI confirmée?).

Ainsi, dans le tri, même le tri négatif des groupes qui nous sont collés, nous déterminons au fur et à mesure nos groupes et en excluons d'autres, en tant que bon animal social (et plus ou moins sociable). Quitte à se faire du bien, mieux vaut adhérer au groupe qui nous semble les plus positifs et pourquoi pas... mélangeons-les :

alors pour ma part, je suis d'appartenance :
> du clan des T., femmes patronnesses et de pouvoir (par injonction maternelle et grand-maternelle! et tantes...) : ma force
> des intellectuels barrés par mes diplômes suffisant et qui ne me servent à pas grand chose : mon côté chabada
> des artisans manuels par mon second métier et des commerçants : mon second côté chabada
> des prolétaires d'aspiration et de vie quotidienne, élevée à la sacralisation de "l'internationale" comme chant culte et dogmatique : mes racines
< des enfants de profs et assimilés : mon joug et ma morale
> des HPI, par le fait de vous côtoyer au delà d'être testée : mon espace de liberté
> du clan des mamans : ma joie.

Ai-je besoin de cette étiquette? Oh que oui! La liberté, ça me manquait...

Voilà :)
Avec tout ces groupes là.... ben ma foi.... le besoin d'estime est bien rempli, Maslow serait bien fier de moi. J'attaque la plus haute marche : le besoin d'accomplissement... Et ben, je sens bien que je n'en ai plus vraiment besoin.
"Je ne communique pas mes jugements, je ne suis pas un donneur de leçons, l'observation du monde ne suscite chez moi qu'un dialogue intérieur, un interminable dialogue avec moi-même."

Les désorientés (2012) de Amin Maalouf

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