Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

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Pascalita
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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par Pascalita » sam. 3 févr. 2018 15:04

Oui, Fish, cependant la question de ZH a fait écho chez moi à ce point précis qui m'a toujours laissée dans le doute : sans même parler des codes sociaux (que je ne maîtrisais pas, certes, mais dont je me fichais aussi pas mal a priori, n'ayant jamais eu une grande propension au conformisme mais au contraire un grand attachement à la pensée individuelle), j'ai eu l'impression que les codes intellectuels (scolaires) n'étaient pas les mêmes. Ou/et que mes condisciples, que je ne trouvais pas tous plus intelligents que moi à première vue (sans notion de valeur, je précise), étaient apparemment mieux équipés que moi pour ce qu'on attendait de nous.
Ayant eu jusque là des résultats parfaitement conformes aux attentes du système, quelle pouvait donc être la cause du problème ?

Après, il y avait trop d'autres facteurs en jeu pour que je puisse isoler une seule cause de sortie par la petite porte. Mais le fait est qu'il y avait, entre autres, non congruence entre ma façon d'utiliser mes capacités intellectuelles et les attentes de ce système précis.
Mais ça me semble effectivement s'approcher de ce dont parlaient VictorMenard et PointBlanc : la capacité, ou l'entraînement à utiliser son intelligence pour manier des concepts à l'intérieur d'un certain cadre de référence.

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par VictorMenard » sam. 3 févr. 2018 15:09

Hors-sujet
Pascalita, Franck Lepage a vécu quelque chose de similaire dans sa jeunesse, qu'il raconte, me semble-t-il, dans sa première conférence gesticulée. Et pour lui il n'y a guère de doute qu'il s'agissait d'un tri par classe. Je peux rechercher le lien si ça t'intéresse mais Youtube devrait te cracher le truc sans trop forcer. (edit:typo)
Autrefois j'étais indécis, mais à présent je n'en suis plus aussi sûr.

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par Pascalita » dim. 4 févr. 2018 01:25

Hors-sujet
Merci Victor, je vais chercher.

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par TourneLune » dim. 4 févr. 2018 07:55

Si les mathématiques ont été à un moment choisies comme critères de sélection pour un tas de choses, c'est notamment parce que c'était la matière scolaire qui était le moins sensible à la reproduction sociale.
Je me suis toujours demandé comment on pouvait juger et évaluer quelque chose qui demande créativité et subjectivité sans tomber sans un travers de mimétisme qui n'avait pas lieu d'être...
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate. En cas de choc, elle reste meurtrie, marquée, hantée.
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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par Tamiri » dim. 4 févr. 2018 16:33

Tout d'abord toutes mes excuses, je ne m'imagine pas contribuer à pareille conversation par une hauteur de vue particulière qui serait nourrie de notions scientifiques, car les disciplines ici en jeu n'ont jamais été mon secteur. Cependant la question de l'origine sociale ne m'est pas indifférente dans la mesure où je me reconnais - avec de menues nuances - dans la "classe moyenne" et le rapport à l'institution scolaire évoqués par Pascalita en page précédente.
Environnement familial immédiat que l'on pourrait dire "fortement individualiste" dans un certain sens : peu de codes sociaux à acquérir car peu de conscience d'appartenance de classe(s) sociale(s) ; et un relatif surinvestissement de la sphère culturelle. J'ai eu la curiosité pour principale motivation jusque relativement tard dans les études, j'ai découvert sur le tard des contraintes par lesquelles passait la poursuite de l'aventure et pour lesquelles je n'avais ni préparation, ni affinités, et pour lesquelles je m'imaginais donc que je n'aurais jamais aucune disposition naturelle : ces contraintes étaient, tout simplement, la nécessité de fournir un travail assidu indifféremment de l'intérêt que je lui portais, de prendre sur mon temps libre, de me conformer à des règles de complaisance. J'en garde le sentiment diffus et quelque-peu caricatural de m'être alors retrouvé face à deux "milieux sociaux" en apparence mieux armés que moi pour fournir ces efforts. D'une part, une couche aisée (reproduction sociale, valorisation de la réussite ?), d'autre-part quelques "débrouillards" issus de milieux "populaires" (sens de l'effort récompensé, recherche de l'ascension sociale ?) - groupes par ailleurs reconnaissables et soudés par des codes sociaux, comportementaux, voire vestimentaires leur donnant une sorte d'esprit de corps d'autant plus superficiel que leur acceptation de certaines des règles de la classe préparatoire les plaçait dans un rapport non dissimulé de compétition au sein de chaque groupe autant qu'entre les groupes.
Bref, quelque scolairement profitables qu'aient pu leur être ces conformismes, je ne sais pas situer la question de l'intelligence là-dedans. Je perçois la catégorie d'étudiants à laquelle j'appartenais comme relativement homogène sur un certain point (que des "têtes de classe" jusqu'au bac, en gros), après quoi il semble que ceux qui étaient surtout des travailleurs acharnés avec moins de prédisposition ont quitté les lieux au terme de la première année. Ne sont plus restées que des personnes mettant à profit des capacités de mémoire, de traitement et de hiérarchisation des connaissances, de rédaction et de rhétorique (matières littéraires oblige). Entre ceux qui travaillaient vraiment pour faire des étincelles tout le temps, et ceux qui ne se bousculaient pas, se maintenaient à flot sur leurs aptitudes initiales et ne faisaient des étincelles que dans les sujets qui les motivaient vraiment (je me range dans cette catégorie), la seule façon d'impliquer l'intelligence dans la différence de parcours entre les "gagneurs" et les autres serait d'estimer, effectivement, que la volonté et la résilience participent d'une intelligence sous influence partielle du milieu social. Encore faudrait-il pouvoir filtrer, dans cette capacité supérieure à la norme de se résoudre à mobiliser sa puissance de travail, ce qui relèverait initialement, en fait, d'un sentiment de récompense ("ça me fait plaisir d'avoir de notes et de recevoir des compliments") ou d'une incitation sociale ou matérielle (devoir moral de réussir ou besoin de réussir pour élever son niveau de vie).

Ceci n'est sans-doute pas formulé dans les termes de disciplines (sociologie, psychologie) que je ne maîtrise pas. Il y a là, j'en conviens, justement, une forme précise d'héritage en termes de milieu social. Venant de la (très) petite bourgeoisie, la famille n'a pas de tradition intellectuelle et reportait tout sur la connaissance factuelle et la légitimité culturelle : s'instruire, c'est avant tout fréquenter Racine, Balzac, Lully et Mozart, et/ou les sciences exactes, et/ou les sciences appliquées, et/ou le latin et le grec... Outre l'école, le bagage culturel se devait d'être fourni par un maximum de sorties au musée et à l'opéra, et les loisirs encouragés par des cadeaux du genre : des boîtes de lego-technic toujours plus compliquées :grin: .

De sorte que je suis l'héritier de cette mentalité, considère mon attitude plus comme "érudite" (dans une certaine mesure) que comme "intellectuelle" au sens où les disciplines analytiques, et donc les questionnements existentiels, n'ont pas été au coeur de ma construction personnelle. Le bilan WAIS, pour le coup, m'attribue de l'intelligence, à moi qui ne suis pas spécialement capable de briller dans une conversation de haute volée ni de me fondre dans les interactions sociales. De sorte que je peux facilement imaginer, peut-être à tort puisque justement je ne fais que me l'imaginer, que cette part acquise ou fabriquée socialement des aptitudes regroupées sous la désignation d'intelligence, recouvre surtout la manière de mettre en oeuvre la part intrinsèque (pour ne pas dire innée) de la chose en lien avec le contexte. Au contraire, qui a peu appris de son milieu social, ne s'en sert qu'à sa guise en tenant moins compte des exigences collectives. Mon propre raisonnement me convainc peu, mais j'en suis là pour l'instant et n'avais pour tout dire que rarement pensé à la question.


Edit :
TourneLune a écrit :
dim. 4 févr. 2018 07:55
Si les mathématiques ont été à un moment choisies comme critères de sélection pour un tas de choses, c'est notamment parce que c'était la matière scolaire qui était le moins sensible à la reproduction sociale.
Je me suis toujours demandé comment on pouvait juger et évaluer quelque chose qui demande créativité et subjectivité sans tomber sans un travers de mimétisme qui n'avait pas lieu d'être...
Lors des exercices arithmétique du test, je me suis retrouvé parfois à répondre très rapidement par la "formule" du calcul, ce qui me semblait spécialement facile vu qu'il ne s'agit que de problème d'école primaire avec des raisonnements absolument basiques, et à mettre beaucoup plus de temps à donner le résultat final... Parce qu'en primaire, je n'ai pas voulu apprendre par coeur les tables de multiplication, ça me paraissait un exercice inintéressant. Là où pour certains, toutes origines sociales confondues, dire 6x7=42 relève du réflexe, il me faut toujours faire un détour mental (par les tables de 5 et de 10 dont le systématisme dispense de mémorisation), détour qui prend un peu plus de temps. Si j'avais eu un environnement familial où on m'avait imposé un peu plus fermement de le faire au lieu d'être à la limite d'admirer ma liberté d'esprit, j'aurais mieux répondu au test :P
La personne qui m'a fait passer le bilan m'a dit qu'elle n'avait pas encore rencontré un tel cas :huhu:

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par enufsed » dim. 4 févr. 2018 23:49

Je relis un peu le début du sujet et plusieurs choses me viennent à l'esprit : même si l'auteur (Zardu) n'y met pas nécessairement de malice, il avance à pas feutrés alors je lui accorde le bénéfice du doute, il y a dans un de ses messages (qui avait agacé Sanders) une insinuation qui pose question sur le regard que certains pourraient poser sur les surdoués, largement au-delà de ce forum et de l'univers direct des hauts QI.
Je vais résumer la chose d'une manière un peu provocante : être surdoué ne serait-ce pas finalement l'espoir creux des gueux ? Une coquille vide de sens ne désignant rien d'autre que l'ensemble de ceux qui ont réussi à aligner des cubes et trouver des points communs entre deux mots un peu mieux que les autres et qu'ils pourront tripoter comme un gri-gri anti-névrotique dans une vie qui, disons-le mon bon môssieur, n'est pas toujours jojo.
Ainsi la mise en avant maladroite de cette histoire de "développement personnel" serait une manière de dire : vous n'êtes pas l'élite mais on vous a gentiment pondu un truc bidon pour entretenir chez vous l'idée que votre échec ne résulte pas de votre incompétence mais au contraire signifie votre excellence trop excellente pour être dans le circuit de l'excellence. Un test qui vous aidera à supporter votre relégation sociale. Nous "les héritiers" sommes héritiers car notre excellence est la seule réelle et mesurable socialement, politiquement, financièrement, et selon l'adage "bon sang ne saurait mentir". De temps en temps l'un d'entre vous réussit à s'extraire, la société en fait un film, les gens de votre milieu pleurent entre deux popcorns (merci Will Hunting) et sortent galvanisés en rêvant de polytechnique pour leur progéniture, quant aux séditieux on leur sort cette histoire de WAIS et ils sont contents avec ça et font les Artaban dans leur trou en regardant leur compte rendu aux tests comme un ticket d'or trouvé dans une barre Willy Wonka.

Bien-sûr c'est du bullshit et je force le cynisme mais après tout, avec la popularisation des surdoués, combien viendront demain nous dire : "t'es surdoué toi ? non mais t'as vu ta vie ?", allons expliquer les nuances de la chose alors : on pourra toujours nous affirmer qu'une intelligence qui ne fonctionne pas dans les circuits classés comme étant ceux de la réussite de notre monde, une telle intelligence n'est qu'une poudre de perlimpimpin qui fait gagner de l'argent aux psys.
Je me fais volontairement l'écho du pire, mais c'est tout de même en filigrane ce que j'ai ressenti dans ce débat. En l'absence de données statistiques chiffrées tous nos échanges non pas grand chose à dire : il faudrait limite tester des milliers d'étudiants du lycée jusqu'aux concours et voir si la proportion de HQI augmente au fil du temps, le tout croisé avec les niveaux sociaux et en prenant sérieusement en considération les limites sociales d'accession aux meilleurs établissements (entre soi, relations, gruge à la carte scolaire, etc).
C'est pour ça que j'avais parlé de ce pauvre Enthoven, justement pour signifier qu'on en sait rien : est-il surdoué ? est-il juste fabriqué, naturel, héritier, bosseur, génial, imposteur, filou, séducteur ? On peut se poser la question mais ça n'ira pas plus loin que j'aime / j'aime pas.

ET, ET, parce que tout ça ne fait que confirmer encore et encore la notion extrêmement conventionnelle et arbitraire de l'idée de "réussite" :

Zardu parlait de la réussite des "fils de", en évoquant notamment la qualité de leur contribution ressentie par les jurys de thèse. Bon. Comment dire. Certes faire une thèse, réussir l'agrégation, restent dans l'imaginaire collectif des marques de l'excellence et de la réussite...mais il faut quand même voir la suite avec un peu de lucidité et pour être littéralement encerclé d'enseignants agrégés ou certifiés, je peux dire que grosso modo 100% d'entre eux ont quitté l'EN ou sont en train de le faire, que les brillants thésards n'ont pas forcément de brillantes carrières, etc. Maintenant découvrir qu'il vaut mieux avoir les moyens de se payer Aristote en précepteur que le curé alcoolique d'une paroisse où l'imprimerie n'a pas encore été découverte...c'est pas franchement une révolution.

Bon j'enfonce pas mal de portes ouvertes, mais j'ai quand même le sentiment qu'ici on ne peut pas essayer de donner de réponses en l'absence d'études, mais qu'en revanche on peut s'interroger sur ce qu'il y a de sociologiquement sous-jacent dans les assertions initiales de Zardu (que je ne vise pas directement d'autant qu'il est certainement plus brillant que moi), et ce dont finalement elles pourraient se faire l'écho.
Personnellement son intervention m'a fait pas mal réfléchir sur l'opportunité de dire un jour à mes amis que je suis surdoué, parce qu'ils ont tous socialement (travail famille 4x4) mieux réussi que moi et je pense que cette nouvelle ne ferait que renforcer l'idée peut-être en germe chez eux que je suis décidément nourri à la loose depuis pas mal d'années et que je me roule maintenant dedans de la manière la plus pathétique qui soit (j'imagine déjà la main sur l'épaule "on t'aime tu sais") :(

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par sanders » lun. 5 févr. 2018 07:42

Hors-sujet
Euh comment dire, ayé je fais encore une bouffée d'agacement congénital à tendance contestataire.

Ça me dérange de voir parler d'une personne participant au débat à la troisième personne pour commenter, analyser, ses propos comme si cette personne était pu là, pas là et cætera.

Brèfle.
Soit on s'en sort et on invente nous-mêmes un destin, soit on continue dans la spirale du déclin.Thanh Nghiem

Je n'aurais jamais cru que ça se débloquerait tout d'un coup comme ça ! - Avr 2017, Napirisha (avec son autorisation)

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par Zardu Hasselfrau » lun. 5 févr. 2018 10:04

TourneLune a écrit :
dim. 4 févr. 2018 07:55
Si les mathématiques ont été à un moment choisies comme critères de sélection pour un tas de choses, c'est notamment parce que c'était la matière scolaire qui était le moins sensible à la reproduction sociale.
Je me suis toujours demandé comment on pouvait juger et évaluer quelque chose qui demande créativité et subjectivité sans tomber sans un travers de mimétisme qui n'avait pas lieu d'être...
Bonjour


Intuitivement, on pourrait être amené en effet à croire ce que tu dis.... or ce n'est pas du tout ce que l'on constate dans les faits. La reproduction sociale est maximale dans les filières dites "scientifiques" d'excellence, parce que ce sont celles qui sont le plus mis en avant et considérées comme étant les plus prestigieuses en France. Et cette France qui met donc en avant son excellence mathématique (indéniable par ailleurs)... est aussi l'un des pays les plus inégalitaires de l'OCDE en matière d'éducation et de formation.
L'explication, je ne l'ai pas, et comme cela a été suggéré, il y aurait là matière à initier de nombreuses études. En fait la reproduction sociale a lieu quelque soit la matière (dans les années 50-60, l'excellence consistait plutôt par exemple faire de la philosophie à Normale Sup Ulm), dès lors que celle-ci semble être portée au pinacle de son époque. Le problème est peut-être plutôt d'ordre sociétal ou méthodologique... Et je soupçonnerais plutôt le système dit des "grandes écoles" d'en être au moins en partie la cause. Parfois, l'enfer est pavé de bonnes intentions.

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par pixelvois » lun. 5 févr. 2018 11:27

TourneLune a écrit :
dim. 4 févr. 2018 07:55
parce que c'était la matière scolaire qui était le moins sensible à la reproduction sociale.
Zardu Hasselfrau a écrit :
lun. 5 févr. 2018 10:04
ce n'est pas du tout ce que l'on constate dans les faits. La reproduction sociale est maximale dans les filières dites "scientifiques" d'excellence
L'un n'empêche pas l'autre : je ne sais si "la reproduction sociale est maximale" dans les filières scientifiques, mais quoi qu'il en soit, cela n'invalide pas pour autant la possibilité que cela puisse être aussi "la matière scolaire le moins sensible" à cela :nesaitpas:
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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par chrissieb63 » ven. 9 mars 2018 09:49

Les 2 mon général, intelligence fabriquée ET intelligence naturelle.

La loterie de la naissance, qui peut comprendre des données issues : de l'astrologie, de la génétique, de la loi du karma ou du hasard nous attribue un package, dont peut faire partie ou pas le HQI, enfin concernant 0.2% de la population parait-il.
Cerveau câblé différemment, aptitude pour les mathématiques, Mr Villani n'est-ce pas...
Tout comme les yeux bleus, le goût immodéré pour le football, euh là j'exagère..

Et puis l'intelligence "fabriquée", les épreuves de la vie vous font gagner des points en somme .
Telle expérience et dans le meilleur des cas aboutissant à un résultat positif, puisque l'on aura "appris" , participera naturellement à la construction d'une forme d'intelligence.
Ne serait-ce déjà que de ne pas reproduire les erreurs du passé.
Se méfier..."chat échaudé craint l'eau froide".

D'ailleurs je me demande si la résilience est innée ou acquise. Je connais mal le sujet et les conclusions de Boris Cyrulnik
Mais il est clair qu'elle contribue à 90% à ma survie personnelle.
HQI je sais pas, je sais pas quoi faire de cette chose.
Réussir socialement, vous rigolez...mon bilan est consternant

J'ai tout écrit d'une traite, désolée si je raconte des sottises faute d'avoir révisé mes sources d'information.
La source principale : mon cerveau lol

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par Louise » sam. 10 mars 2018 17:14

Ma contribution sera celle de l'approche psychologique, c'est celle que je connais le mieux aujourd'hui (et encore elle peut l'être différemment selon la sous discipline qui va l'étudier, ici ça serait plutôt la psychologie différentielle :D).
PointBlanc a écrit :
sam. 3 févr. 2018 09:44
Le sujet m'intéresse ; je suis enseignant en collège et j'observe à une autre échelle un phénomène similaire - autrement dit l'appropriation de procédures et de codes étrangers au milieu d'origine. Je ne sais pas si nous parlons d'intelligence : il en faut certainement pour utiliser au mieux ces outils, et je ne pense donc pas que ceux que tout prépare à les employer soient seulement des singes savants dénués de mérite ; cela dit, il est tout aussi évident qu'ils ne partent pas de rien, ayant été éduqués entre autres avec en tête la finalité de réussir, ou d'arriver, ou de se maintenir dans le milieu déjà favorisé dont ils sont issus.
Bref, ils sont entraînés.
Dans les cours que j'ai eu l'occasion de fréquenter, ceci est nommé : "les connaissances procédurales". Cela rejoint aussi les notions de "stratégies". Dans le modèle CHC, comme le dit Fish, il me semble, on peut le rapprocher de l'intelligence fluide.

On identifie parmi les différents déterminants des performances aux tests d'intelligence (aucun de mes profs ne s'est aventuré à parler "d'intelligence" ni à la définir), en effet, une partie liée à la connaissance acquise. On ne l'oppose pas réellement à une partie qui serait "innée", car si on sait aujourd'hui que génétique et environnement influent tous deux sur les performances, on est bien incapable de dire dans quelle mesure chacun joue.
Et que d'ailleurs ce n'est pas tellement l'approche privilégiée en enseignée aujourd'hui, l'environnement influant même sur l'expression de nos gènes, cet épigénome pouvant être transmis, et nous même étant acteurs et modificateurs de notre environnement. Les approches statiques et dichotomiques sont trop "simples" pour expliquer des processus complexes et dynamiques.

Donc, ces connaissances procédurales sont un ensemble de processus/stratégies que nous connaissons, et dans lequel nous allons piocher (ou pas) selon le contexte (notre état de fatigue, notre niveau d'expertise, l'enjeu qui doit mobiliser ces connaissances, et j'en passe.)
Des fois, pour acquérir une de ces procédures, il faut en avoir acquis d'autres précédemment... et comme tu le soulignes, il faut aussi une bonne dose de motivation. La motivation influe systématiquement sur les performances.

C'est ce qui fait que les tests sont étalonnés par pays. C'est ce qui explique l'effet Flynn. (l'augmentation régulière des scores de QI au fur et à mesure du temps)
Par ex, en France, nous lisons de gauche à droite et de haut en bas. Les matrices de Raven s'appréhendent de cette manière et sont sensiblement chutées par des individus dont le langage écrit se lit de droite à gauche.
Un enfant qui passe le WISC en faisant de gros efforts et en utilisant les meilleures stratégies possibles, et obtient 70, comparé à un enfant qui utilise des stratégies peu coûteuses, sans faire d'effort et obtient 70, on peut imaginer que ce second enfant, avec les bonnes stratégies, pourrait améliorer son score. Et pourtant sur l'échelle, on va les ranger au même endroit. Et pourtant, un bon psy ne leur proposera pas forcément les mêmes outils/aménagements, etc...

L'autre aspect des connaissances sont les connaissances déclaratives. C'est plus simple à définir : c'est la somme des concepts que nous connaissons et les liens entre eux. Ce qu'on a lu, compris, etc. Et là aussi, l'environnement culturel et familial est important. Là c'est ce que le modèle CHC appele plutôt intelligence cristallisée.

Donc oui, une partie des subtests des tests d'intelligence sont directement impactés par l’environnement social dans lequel nous avons grandi et appris. Mais d'autres subtests non. Et souvent c'est ni blanc ni noir, on essaie de circonscrire au mieux les déterminants à l'"intelligence", mais ce sont des concepts abstraits, construits, ils évoluent donc selon les modèles, selon les avancées de connaissances sur les cognitions ou en neurosciences, sur les sciences de l'éducation. L'intrication est telle qu'on ne peut pas toujours démêler.

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par Zardu Hasselfrau » mer. 18 juil. 2018 15:16

Bonjour

Afin d'en avoir le coeur net, j'ai fini par décider de passer le WAIS malgré tout. J'ignore si cela vous fournira un élément de réponse, mais je suis apparemment assez largement THQI. Moi, ça me rend perplexe, surtout vu le score en particulier en ICV, qui me semble quand même être en grande partie fonction du niveau d'éducation, et donc reflétant sans doute la catégorie la plus "fabriquée" de toutes...
Mais je n'ai pas perdu mon temps, la psy était super et nous avons beaucoup bavardé et discuté ensemble. :clin:

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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par cherubim » mer. 18 juil. 2018 17:01

J'ai lu tout ce topic et je l'ai trouvé très intéressant. C'est une question à laquelle je pense souvent, et je te remercie, Zardu, d'avoir eu le courage de l'aborder.
Quant à toi, Zardu, j'ai l'intuition que derrière tes propos se cache beaucoup de second degré et d'auto-dérision, me gourre-je? Ou adoptes-tu la posture de celui qui prêche le vrai pour savoir le faux, ou l'inverse?
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Re: Intelligence "fabriquée" ou bien intelligence "naturelle"?

Message par Zardu Hasselfrau » mer. 18 juil. 2018 18:00

cherubim a écrit :
mer. 18 juil. 2018 17:01
J'ai lu tout ce topic et je l'ai trouvé très intéressant. C'est une question à laquelle je pense souvent, et je te remercie, Zardu, d'avoir eu le courage de l'aborder.
Quant à toi, Zardu, j'ai l'intuition que derrière tes propos se cache beaucoup de second degré et d'auto-dérision, me gourre-je? Ou adoptes-tu la posture de celui qui prêche le vrai pour savoir le faux, ou l'inverse?
Merci pour le compliment.

Quant à l'autodérision... pitête bin qu'oui, pitête bin qu'non... Qui sait ? :diabloo:
Mais il n'y a pas meilleur second degré que l'instant où tu livres une vérité nue, un témoignage rigoureusement sincère mais qui laisse tout le monde incrédule... :clin:

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