Douance et Scolarité

Pour des raisons de cohérence de l'ensemble et pour présenter à nos visiteurs une information fiable et claire, cette section est réservée en écriture aux surdoués diagnostiqués.
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Fabs le vaurien
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Re: Douance et Scolarité

Message par Fabs le vaurien » ven. 16 mars 2012 18:20

heu w4x, il existe ce qu'on appelle des mesure AEMO/AED (assistance Éducative en milieu Ouvert), qui sont des mesures alternatives au placement (un placement est une séparation parfois plus traumatisante et sacrifiante pour un enfant) et cela m’étonnerait fort bien que les services compétents laissent une situation comme ça, sans aucun étayage. On appelle ça d'ailleurs un placement à domicile. L’enjeu d'une intervention éducative est de favoriser le maintien du lien parents/enfants avant tout.

Donc l'enfant reste dans son milieu naturel mais la cellule familiale est soumise à contrôle régulièrement (par un panel de professions). Cette décision peut être administrative ou judiciaire mais saches que les points sur les situation (appelés synthèse) se font très très régulièrement. Et ces décisions comme les pratiques des travailleurs sociaux sont sujettes au secret professionnel, donc vous n'êtes pas nécessairement mis au parfum.

Par contre, si des signalements ont été fait, je trouve bizarre qu'il n y'ait pas eu d'ordonnance de placement le temps de l’enquête sociale (qui dure 6 mois), du moins une assistance éducative.

Accessoirement, un toxicomane peut elever un enfant, et bien s'en occuper...facteurs de risque certes mais ne présageant pas des capacités parentales. Ce n'est pas le symptôme (usage de drogue) le problème, ce sont ses conséquences potentielles qui doivent être considérées.

attention aux confusions car elle ouvrent la voix parfois aux assertions gratuites.... :wink:
Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus. (Aristote, Ethique à Nicomaque).

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Re: Douance et Scolarité

Message par W4x » ven. 16 mars 2012 18:58

C'est pourtant ce qui va se passer... Je ne défends pas à cor et à cris la thèse du placement ou autre, mais de l'assistante sociale je sais que rien d'autre ne sera fait pour lui. Case closed, et puis c'est tout... Il va nous faire une belle 3e de yankee l'an prochain :(
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Re: Douance et Scolarité

Message par amalia » ven. 16 mars 2012 21:18

W4x a écrit :C'est pourtant ce qui va se passer... Je ne défends pas à cor et à cris la thèse du placement ou autre, mais de l'assistante sociale je sais que rien d'autre ne sera fait pour lui. Case closed, et puis c'est tout... Il va nous faire une belle 3e de yankee l'an prochain :(
et du coup, je crains de voir débouler ce gamin dans un service comme le mien un de ces jours :coleredefeu:
Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.''Rebecca West

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Re: Douance et Scolarité

Message par Zyghna » ven. 16 mars 2012 22:14

Le placement est toujours délicat, et en général, s'il n'y a pas maltraitance sur l'enfant (et encore...), ce dernier est laissé à la garde des parents. La moitié de ma famille garde des enfants placés et j'ai donc pu voir les traumatismes du placement chez certains. On ne peut pas savoir comment l'enfant évoluera, s'il se fera aspirer par la spirale dans laquelle sont ses parents ou si justement ça lui donnera envie de faire autre chose de sa vie. Enfin, ne pas oublier que ce n'est pas parce que sa mère est junkie ou autre qu'elle ne l'aime pas ou ne lui apporte rien.
C'est toujours dur à voir de l'extérieur, mais les coups de pouce sont souvent possibles même si l'enfant ne les percevra pas forcément sur le coup.

Comme quoi il n'y a pas que l'école qui soit à prendre en compte, l'environnement entier est a considérer, surdoué ou non.
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Re: Douance et Scolarité

Message par W4x » sam. 17 mars 2012 00:34

Je comprends tout à fait ce point de vue, et je ne m'accroche pas à tout prix au mien, mais c'est vraiment le fait de savoir que plus rien ne sera fait pour lui qui me navre...
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Re: Douance et Scolarité

Message par MaximeW » mar. 27 mars 2012 14:37

Cette page centralise les circulaires et le rapport Delaubier cités plus haut.

Le document Aide au repérage est pas mal mais le lien sur ladite page ne fonctionne pas.

On peut le trouver là

Ces documents peuvent être utiles dans le cadre d'une liaison parents-enseignants.
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Re: Douance et Scolarité

Message par Mlle Rose » mer. 25 avr. 2012 01:18

 ! Message de : Mlle Rose
Les discussions ont largement dérivé par rapport au sujet initial. Par souci de cohérence nous n'avons pas nettoyé ce fil, car nous voulions garder les excellents interventions de nos deux profs. Mais nous vous prions de bien vouloir vous recentrer ;)
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: Douance et Scolarité

Message par Joebar » mar. 3 juil. 2012 10:43

Joebar a écrit :Si un jour je suis Doué, je raconterai ma scolarité. Bien qu'elle soit banale :D
Tiens, ce message semble être passé inaperçu et non effacé bien que non diagnostiqué au moment... maintenant, je n'ai plus le choix! je soupçonne une manipulation cachée de la part de la modération!

De toute façon, ceci me permet de rebondir sur ma propre scolarité.

J'ai passé toute ma scolarité, inaperçu.

[tabs:En maternelle, ]
je me souviens du premier jour, moi dans les bras de mes parents, visitant les locaux, et tous les élèves dans la cour de récré, packés tentant chacun d'attraper une sorte de filet... je les voyais tous là, en bas, et moi la haut, seul.
Je me souviens d’anecdotes où je participe à des conneries, mais je passe tellement inaperçu que l'on ne sais même pas que j'y aie participé, une chance... ou pas.
J'ai tout de même doublé la dernière maternelle... après investigations auprès de mes parents, j'étais trop immature... mais ça, ça n'a pas changé :D

[tabs:Le primaire,] je ne me souviens pas avoir travaillé, des notes correctes, nul en dictées, déjà des étourderies dira-t-on.

[tabs:Le collège,] des mégas notes, pas de travail, je me fond dans le décor, la 6ème/5ème passent. Arrivent la 4ème et 3ème... les notes tombent un peu, mais ça fait bien de ne pas être bon, sinon on est plus seul encore. J'aimais les matières optionnelles ce qui n'aidait pas, art plastique, techno, sport, latin.
Quand il y avait une fête, les "cools" ne voulaient pas venir si j'en faisais partie.
bref, seul, je ne me fais pas remarquer.

[tabs:Lycée,] pareil, seul, les notes tombent de manière linéaire chaque année. Je gravite autour des groupes sans m'y intégrer, me tardant chaque nouvelle année pour repartir à zéro avec de nouvelles personnes.
Fin de la première, je prétexte le dossier d'entrée en prépa pour demander à doubler et ainsi renouveler totalement les élèves de la classe. Je ne travaille toujours pas mais le doublement m'est bénéfique préciseront les profs aux vues des notes de la deuxième première.
Terminale, j'ai mon bac avec 10 de moyenne, sauvé par le sport, en ayant révisé 3 demis journées les 3 matières à gros coef. J'écope d'un 2 en philo... même pas la note d'un hors sujet...

[tabs:études sup]Je ne pars pas en prépa finalement, il paraîtrait qu'il faille bosser... je veux continuer le sport! à l'époque j'étais dans les 20 heures par semaine en moyenne sur l'année... je pars en Fac de math.
1ère année, je fous rien, je ne vais pas aux amphis m'ayant photocopié les cours de l'année, je ne vais qu'aux TP, j'obtiens l'année... Tout en ayant pris mon indépendance! 2 mi-temps en plus des études pour payer mon loyer et le reste. (aider quand même par mes parents)
Suite à une accidentologie importante, je n'aurais pas la 2ème année 2 fois.
Toujours SGF (sans groupe fixe) et avec de bon soucis relationnels amicaux et familiaux, je m'engage dans l'armée, en tant que pompier, et la suite ne fût qu'une succession de changement de profession, d'études reprises toujours sans travail mais ces fois là, me foutant des autres, les résultats sont excellents...


Je n'ai jamais eu à porter une montre, du collège à maintenant, j'ai toujours fini mes examens en avance sur le temps imparti, en premier ou non loin.
J'ai toujours fait des fautes d'étourderies, ce qui peut être permettait d'avoir une note en adéquation avec le temps passé à faire la totalité du devoir surveillé (ce qui n'a jamais éveillé de soupçon?).
Je n'ai jamais parlé de cette solitude, mais je n'en souffrais pas forcément, m'y étant acclimaté peut être, le sport m'aidant, intériorisant beaucoup, rêvant tout le temps (il faudra que je fasse un tour du côté des films intérieurs ;) ).
Je n'ai jamais attiré l'attention des profs. Souvent les mêmes appréciations "étourdit", "dans la lune", "sérieux mais peut mieux faire", "travailleur" :shock: , "brouillon"...

En résumé, je dirais que c'est tout moi: seul, n'excelle pas dans un domaine mais bon en tout (faute de travail je suppose).

En fait, j'allais à l'école pour les matières secondaires et apprendre, peaufiner le relationnel.
"Ne vous en faites pas, le trac, cela viendra avec le talent" , Sarah Bernhardt.

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Le Renard
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Re: Douance et Scolarité

Message par Le Renard » jeu. 5 juil. 2012 11:49

Témoignage sans analyse. Ceux qui cherchent des traits généraux peuvent passer directement au message suivant :-) Mais j'ai envie de l'écrire. Je suis sûr qu'il sera utile, au moins à certaines mamans.

Il y a là un peu plus que le rapport aux professeurs ou aux devoirs. La scolarité est un tout indissociable.

Ecole maternelle.
Rien à dire : c'est la maternelle, à part que je savais lire à trois ans, mon père m'ayant enseigné. Beaucoup de bagarres, je suis un peu le souffre-douleur de la cour de récré dans un "milieu social défavorisé". Je me fais taxer mon goûter les jours où j'ai autre chose qu'une pomme ou une carotte. Au début je rentre parfois avec des cocards ou une fois ou deux des plaies causées par des morceaux de bois pointus. Un jour ma mère me dit "t'as le droit de leur faire pareil, tu sais". Déclic. A la sortie de l'école j'ai toujours de cocards, mais je ne suis plus le seul :D Et je me fais un copain, peut-être même deux.


Divorce des parents, qui d'ailleurs vivaient déjà à 100 bornes l'un de l'autre. Déménagement dans une autre région.

Ecole primaire, premier tome, le petit paradis. CP-CE2
Dans une école publique Freinet, tentative de l'EN pour sauver la face dans la ZUP. Le pied. La pédagogie Freinet encourage beaucoup de travail individuel à base de fiches d'exercices adaptées à chacun, ce qui permet à chacun d'aller à son rythme. Idéal pour moi. Et beaucoup de jeux de société, activités manuelles, temps libre...
Toujours "le fils de la prof" dans la cité... En récré, toujours des bagarres, beaucoup. Mais à force je suis devenu spécialiste et je m'en tire bien. Et j'ai désormais même plusieurs copains !


Ecole primaire, second tome, la misère commence. CM1-CM2.
La petite école Freinet n'a pas de CM1. Nous rejoignons une école beaucoup plus grande, pédagogie standard, toujours dans la même ZUP. Les bagarres continuent, plus violentes que jamais, seul contre plusieurs. Oeil pour oeil et dent pour dent n'est pas toujours qu'une image abstraite.
En plus je dois porter des lunettes. Entre les bagarres et les ballons, je vois l'opticien une fois par semaine pour les réparations. Mais j'ai encore ma petite bande de copains des années précédentes.
TOUS les élèves issus de l'école Freinet sont en tête de classe. Et tous s'ennuient.
Une instit de CM1 un peu dépassée invente des exercices à me faire faire pendant que les autres font les activités de groupe. Un jour elle croise ma mère au supermarché : "alors pourquoi vous avez refusé le saut-de-classe pour Le Renard ?". Ma mère n'avait jamais eu vent de la proposition, c'était contre "l'éthique" du directeur d'école, et il avait répondu pour elle.
Mon instit de CM2 dit un jour à ma mère "un élève comme Le Renard, on en a un seul dans une carrière d'instit". Pourtant je commence à découvrir le concept de glande et de réprimande en classe...
Pendant ce temps à la maison je dévore le Memo Larousse de la première page à la dernière, je lis des bouquins de biologie, des romans "pas de mon âge", je lis aussi en allemand, je voyage sur les atlas du monde, je joue avec des calculatrices, avec un pot de yaourt et une barquette de viande je fabrique un bateau qui avance tout seul dans la baignoire, avec des palettes je fabrique un planeur pour me jeter du toit de l'immeuble (et suis très en colère quand on m'en empêche) et surtout je passe ma vie avec des Lego Technic.


Collège
Déprime. Adolescence très difficile. Déménagement chez mon père en 5ème, dans une autre région. Je vis dans une maison à la campagne et ne vais plus en ZUP. Mon père rentre toujours tard et est souvent en déplacement à l'étranger pour plusieurs jours. A 13 ans je me gère tout seul, me fais ma bouffe, ma lessive etc... Pas de copains. Physiquement je ressemble à un phasme loqueteux avec des grosses lunettes et des spots partout. Bagarres moins fréquentes et moins intenses, à part une fois où je me fais complètement défoncer la tronche jusqu'au KO tête sur le ciment, mais les accidents arrivent... Je m'ennuie en classe. Je ne fais jamais, mais alors jamais, mes devoirs. De nombreux profs me détestent et m'humilient. L'une d'elle répand le contenu de mon cartable par-terre et m'ordonne de ramasser. Je commence à me prendre des heures de colle à répétition, à me faire virer régulièrement de la classe. Je me replie sur ma solitude. En dehors du "français", toutes les matières m'intéressent, mais les cours et les profs me débectent. Je reste néanmoins dans la première moitié du tableau, sans m'investir, mais loin d'être premier de la classe.

Lycée
Je me fais des amis. Tiens c'est cool en fait, y'a des gens avec qui on peut vraiment s'entendre.
Je vais en première S, parce que mes notes, quoi que pas fabuleuses, le permettent.
En première S je tombe à 6 ou 7 de moyenne. Je veux être réorienté en filière technique ou pro. Mais les profs refusent. Malgré des notres désastreuses, on me force en terminale S-SI (ex bac E), alors que d'autres avec des notes bien meilleures y sont refusés. Je suis au pied du mur. Y'a le bac à la fin de l'année. J'écoute en classe. Tiens, des notes plus que réglo. Je suis populaire, délégué à tous les trucs possibles et imaginables (classe, conseil d'adminstration, conseil de vie lycéenne etc...). Les profs sont ouverts d'esprit, et heureux d'aller très largement au delà du programme si on le leur réclame. J'ai pas l'impression d'être moi. Je me sens bien. Reste plus qu'à régler la question de comprendre les nanas et arriver à en embrasser une un jour, peut-être :D
Bac mention bien.

Math sup/spé
Après le bac, à reculons, mais juste pour voir ce que c'est, je m'inscris en prépa. Le mot me fait peur. Mon 15 au bac m'interdit les grandes prépas, alors je vais dans un petit lycée de province à deux pas de chez moi, en PCSI. Il paraît que c'est hyper dur quand-même. Juste la première année, histoire de... L'an prochain je ferai autre chose...
Queutchi. Tout à coup je me retrouve catapulté premier de la classe dans toutes les matières, sans forcer. Je reprends les profs qui se gourrent dans leurs leçons. J'ai plein de bons potes. D'ailleurs je fais de mon mieux pour aider tous ceux qui ont moins de facilités que moi. Les profs m'adorent. Je me fais mes propres horaires aménagés avec leur bénédiction, histoire de dormir un peu le matin quand j'ai envie. Trop bizarre. Je ne cherche même pas à comprendre, c'est juste trop naturel, j'en prends mon parti.
On m'envoie en seconde année en "classe étoile" dans une "grande prépa" à Lyon. Je suis fasciné par les études et m'y plonge avec un plaisir encore plus grand qu'en Sup. Je fais des tonnes de sport. J'apprends à danser. Je découvre enfin les filles pour de bon et me rends compte qu'elles m'adorent... Je m'éclate ! La meilleure année de ma vie.
Les concours se passent très bien. Je suis reçu à quelques écoles d'application de l'X, mais c'est pas celles là qui m'intéressent. Je veux les Arts & Métiers, l'ancienne école militaire qui se distingue par son esprit corporatiste et pragmatique. Les profs ne comprennent pas. Ils se mettent en quatre pour me faire changer d'avis, me faire aller aux Mines où à Télécom. Pas moyen. Je pars au CER ENSAM d'Aix-en-Provence.


Le reste est sans intérêt :-)
M'en reste une aversion viscérale pour les profs de collège.

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Re: Douance et Scolarité

Message par Meggie » sam. 15 déc. 2012 17:22

Résumé drastique de mon expérience scolaire : globalement merdique et chaotique. :smile:

Bon, maintenant que vous avez les informations nécessaires sur mon passé scolaire, passons au présent.

L'année dernière, j'ai passé ma première année de licence d'anglais par correspondance. N'ayant rendu aucun devoir de l'année, je n'ai souffert qu'aux moments des brèves révisions et des examens finaux. A jeter mon sac contre un mur en maudissant tel professeur qui m'avait traitée plus ou moins de capricieuse quand j'ai essayé de faire appel à son bon sens quant à trouver un autre enregistrement audio à nous passer ou l'annuler, vu que l’acoustique et la qualité du machin étaient tellement médiocres que j'ai préféré sauver mes tympans à vraiment écouter les odieux hertz.

Par exemple.

Cette année, je me suis dit qu'il fallait que je parte sur le bon pied, que je rende bien tous mes devoirs maman. Comme ça qu'on progresse, oui, oui.

Force est de constater que je me retrouve à faire des attaques de panique devant un énoncé, une deadline, à maudire tel professeur pour sa correction médiocre (dans ce cas, je ne suis pas de mauvaise foi vu que j'ai reçu des soutiens à mon outrage de la part de personnes plus diplômées et dans l'enseignement), à me questionner sur "pourquoi ? à quoi ça sert ?" et à grincer des dents.

Et c'est dans ces moments de confusion et de rappels douloureux du passé que je me demande : douance ou peur ? Douance ou mauvaise foi ? Douance ou flemmardise (voir le post de Cyrano) ? Douance ou caprice ?

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Re: Douance et Scolarité

Message par Eric Lerouge » ven. 11 janv. 2013 13:03

J'ai absolument adoré l'école. Mes parents n'en revenaient pas : en septembre, j'étais HEUREUX de rentrer en classe.

Né à la fin de l'année, j'avais une bonne année d'avance, mais aucun problème de socialisation. Il est vrai que j'étonnais mes parents en jouant seul (je suis l'aîné) et, surtout, en lisant, lisant. Je dévorais Alexandre Dumas, Jules Verne, la Bibliothèque Rose, la Verte, Safari Signe de Piste (le Prince Eric)... mais je m'égare !

Les difficultés ont commencé quand j'ai quitté ma petite école de bonnes soeurs à la campagne pour entrer au Lycée en 4ème dans la grande ville, parce que je voulais faire allemand en seconde langue et du latin.Là, moi qui n'avais pas commencé ma puberté, je me suis retrouvé avec des grands et surtout des "durs", des gamins non issus de l'immigration mais vivant dans des cités. J'avais peu d'amis (même si j'y ai trouvé ceux qui allaient devenir mes meilleurs amis pour la vie), j'ai subi des humiliations et j'ai perdu confiance. Mes résultats scolaires ont baissé, j'ai quitté la tête de la classe que j'occupais sans discontinuité depuis le CP pour me retrouver en milieu de tableau, jusqu'au redoublement de ma 2nd C afin de pouvoir continuer dans les filières scientifiques (redoublement coïncidant également avec la séparation de mes parents consécutivement à la faillite de mon père, bref une période pas cool du tout).

Et là j'ai enfin fait cette satanée puberté, j'ai découvert les filles, je suis devenu populaire et j'ai fourni en conscience le minimum syndical pour atteindre mes objectifs : une mention AB au bac D me permettant d'entrer en sciences éco à Paris IX Dauphine (et donc de quitter ma province pour "monter" à Paris), mention obtenue à 12,00 grâce à un 11 en latin...

J'ai absolument détesté les sciences éco et j'ai failli rater ma 1ère année faute d'avoir travaillé. Je l'ai obtenue à "l'arrache" parce que j'avais la possibilité, si je l'avais, d'entrer directement en 2nd année de droit à Paris II Assas en suivant les TD de droit civil et droit constitutionnel de 1ère année. Et l'année suivante j'ai fait 2 ans et demi en une seule année :

- 2ème année de sciences éco, obtenue cette fois-ci assez largement,
- 2ème année de droit avec la moitié de la 1ère année, obtenue en frôlant la mention AB (elle est à 13) ratée à cause d'un zéro obtenu dans une matière dont l'examen tombait en même temps qu'un autre examen à Dauphine.

Cette année-là j'ai bossé comme Guerlain. je me souviens que le samedi, je commençais à 8 h, j'avais 1h pour déjeuner et je finissais à 17h après avoir enchaîné 5 TD d'1h30... Et le dimanche il fallait s'y remettre pour ne pas se faire distancer.

Et ensuite j'ai fait un diplôme que venait de se créer et qui recrutait sur concours, un magistère, dont je suis devenu l'un des meilleurs élèves (parfois 1er, parfois 2nd, mais toujours avec une mention AB et parfois frôlant la mention B qui était à 15). Ces 3 années furent les meilleures de toutes mes études : non seulement j'étais l'un des meilleurs, mais j'étais populaire, élu représentant par mes camarades de classe. Bref, j'étais heureux.

Lorsque j'ai commencé à travailler dans un grand cabinet de conseils juridiques devenus avocats, j'ai vite déchanté : en particulier, je me suis à nouveau heurté à des problèmes relationnels, à de l'incompréhension, à des tentatives de déstabilisations et d'humiliation. Mais c'est une autre histoire.
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Re: Douance et Scolarité

Message par Maitresse Rita » ven. 11 janv. 2013 20:41

Allez, petit bilan que je voulais faire depuis un moment. C'est un peu long, parce que sans quelques infos périphériques, ça n'aurait pas vraiment de sens. :-)

Maternelle à 4 ans. Premier jour. Je ne comprends rien de ce que disent les autres enfants. En plus, j’en n’avais jamais vu avant. Je passe mon temps toute seule, je finis tout avant les autres. Je m’emmerde.

Primaire. Je suis la meilleure de la classe, j’ai deux ans d’avance sur le programme. Mon grand-père me fait tout apprendre pendant les vacances d’été, deux heures tous les matins. Quand j’arrive en cours, je sais déjà tout faire et je me fais engueuler par les instits parce que je fous en l’air leurs techniques pédagogiques en sachant déjà comment on fait les soustractions avec des retenues et autres trucs passionnants. Sinon je suis une enfant calme, je n’ai pas ou peu d’amis, je ne fais jamais de bêtises, je ne parle pas, je ne bouge pas et je sais tout. Je m’emmerde.

Juste un détail. CM1, toutes les semaines, le sujet de rédaction est libre. On peut écrire absolument ce qu’on veut. Les autres racontent des matchs de foot et des histoires de danseuses. Moi j’écris des trucs que font halluciner le prof. Je réécris de mémoire des scènes entières de la trilogie de Pagnol, j’écris mon monologue intérieur quand je cherche ce que je peux bien trouver comme idée pour cette foutue rédaction en faisant des commentaires critiques sur ce qui est faisable ou pas (il semblerait que je parle à des gens qui n’existent pas depuis un bon moment… :angel4: ).

6ième /5ième : Je partage la première place avec ma copine, selon les matières. Ca se passe à peu près bien scolairement sauf que je n’ai vraiment rien de commun avec les autres. Je lis l’intégrale des textes de Brel dans la cours de récré, fais des exposés sur les rois maudits et Cyrano de Bergerac sans qu’on me le demande, la prof de musique parle de moi en faisant des grands gestes enthousiastes et me sélectionne pour représenter sa chorale. Je participe à l’enregistrement d’un cd.

4ième / 3ième : Je change d’établissement scolaire. Plus grand, plus froid, plus de tensions. Les difficultés familiales font que je prends beaucoup de poids, ce qui m’isole un peu plus et fait de moi la cible idéale. Je perds mon avance scolaire dans certaines matières mais reste bien placée. Ma prof de Français et Latin ne jure que par moi ; elle ne m’adressera plus jamais la parole en apprenant que j’arrête le Latin. :nesaitpas: Je lis Jonathan Livingston le goéland et je me dis que je suis comme lui, que je suis une paria et qu’un jour, peut-être, je reviendrai leur apprendre des trucs à tous ces bouffeurs de poisson. J’ai une image de moi absolument déplorable. Je passe des journées entières à ne parler à personne. Je finis par passer toutes mes récrés dans un coin, avec les deux matheux de la classe dont l’un sera mon premier petit ami. Nous ferons joyeusement semblant de réviser le brevet tous les deux, parce que bon, on n’avait pas vraiment besoin de réviser. :$

Et bien sûr, au milieu de tout ça, je m’emmerde.

Seconde : Je ne sais pas pourquoi mais j’ai des copains. Enfin, des gens à qui je parle. Je développe des stratégies d'intégration sociale dont je me sers encore à l'occasion, je leurs tire les cartes en inventant n'importe quoi et ils m'adorent. :P Ca se passe bien. Sauf qu’ils iront tous en ES dans un autre bâtiment et moi en S, toute seule de ma section. Je ne les verrai quasiment plus. Familialement, c’est affreux mais je le cache autant que possible. De toute façon, je ne ressens presque rien et heureusement sinon je n’aurais pas pu tenir debout.

Première : Je perds sérieusement mon avance, dans toutes les matières, sauf en Français et en Biologie où je reste la meilleure. Je n’ai aucun ami, et quasi aucun souvenir. Je lis beaucoup, je somatise beaucoup. Je m’emmerde beaucoup. Familialement c’est à gerber et je ne comprends pas l’insouciance des autres. Comment peut-on être aussi inconséquent et puéril alors que la vie est dégueulasse ? Je les regarde comme des primates derrière une vitre, ils ne m’amusent même pas, ils me consternent. Je ne parle pas, jamais. A personne. Je somatise encore et toujours.

Terminale : j’ai des problèmes de santé sérieux. Je souffre affreusement, je ne peux plus marcher, je suis droguée aux anti-inflammatoires, mon cerveau est en bouillie, je suis absente les deux derniers trimestres. Les rares fois où je viens pour assister à des examens, histoire d’avoir une note, j’ai des résultats immondes et des commentaires du même type. J’ai beau dire que j’ai mal à crever, boiter dans les couloirs, me hisser à la rampe d’escalier, les profs me regardent avec mépris, les parents de mes anciennes amies aussi, comme si je faisais exprès d’être absente. Je passe l’année à me dire que je vais rater mon bac et ma vie entière, que je suis enfermée dans le corps d’une petite vieille, que jamais je ne sortirai de ma chambre, que je vais crever entourée de ma famille de fous en regardant des cartes postales sur les murs. Mon isolement est extrême et mes perspectives d’avenir n’existent plus. Je passe les épreuves avec le cerveau en vrac et sous médocs, j’ai droit au rattrapage. L’examinateur de maths dira que c’est parfait et qu’il ne comprend pas comment j’ai fait pour avoir 5 à l’examen. J’ai mon bac par miracle et vais donc en médecine. Vieux rêve de devenir psychiatre.

Mon état de santé s’améliore.

Cité U. Y’a des gens partout. J’ai des copines. Même que les cours de médecine, c’est rigolo. Mais l’idée de passer tous les après midi enfermée dans ma chambre à apprendre des trucs par coeur, avec les mêmes cartes postales sur mon mur, c’est juste insupportable. Je ne peux plus rester dans une chambre, je ne révise aucun cours, je passe mes journées à parler à des gens (même si fondamentalement, je me rends bien compte que je passe pour une folle et qu’on n’a rien en commun). Et je marche. Je marche partout dans Marseille, je regarde les pâquerettes au pied des platanes et ça me retourne l’âme de voir que j’ai peut-être un avenir finalement, même si je ne sais pas encore lequel.

Fac de Lettres, je veux absolument avoir un point de plus de moyenne générale chaque année, par bravade, puisque tout le monde disait que si je n’avais pas fait L, j’allais ramer comme une folle. (Moi orgueilleuse ? Nan...) J’ai fini de m’emmerder, niveau études. J’ai fait de tout, du Japonais, de l’histoire de l’art, du cinéma, du Roumain, de la littérature chinoise, de la criminologie, de l’ethnologie, plus les matières de littérature et de linguistique. J’assiste à des cours d’atelier d’écriture et il semblerait que plus je me lâche, plus les gens m’adorent. Le prof rendra une de mes nouvelles en disant : «Je ne devrais pas être payé pour lire ça.» (pied total :inlove: ) J’ai même quelques amies, puis un petit ami. Puis je suis prise de passion pour la rhétorique et toutes les stratégies du discours. Je conserve tout de même un mal de vivre assez général que je trouve incompréhensible, je somatise toujours autant, j’ai toujours mal quelque part et commence à penser sérieusement que je suis cinglée pour de vrai. Puis je tombe amoureuse du gars qui fallait pas, ce qui me permet de finir mon master sur fond de dépression ultra violente, parce que bon, fallait bien que ça se déclare une bonne fois pour toute, cette foutue dépression larvée que je me traînais depuis tant de temps. :levi

Depuis je vais bien ! :cheers:
Mais j'écris toujours des trucs bizarres. :mrgreen:
"Donc l’idée est que l’existence, ce n’est pas vrai ou faux, ce n’est pas le fait d’être dans le réel ; l’existence, c’est une histoire qu’on se raconte vraiment, on y croit comme l’enfant qui joue au docteur ou à la maîtresse"(M. Vial)

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Re: Douance et Scolarité

Message par lobo » sam. 5 oct. 2013 14:23

J'ai un sentiment hyper partagé face à la scolarité. Pour moi ça a été un lieu d'épanouissement et d'inhibition à la fois.
La découverte de la douance me permet de relire cette expérience avec un éclairage nouveau.

[tabs: Maternelle ]Là j'étais hyper inhibé. Tout le temps malade, je faisais des otites à répétition. Par la suite j'ai longtemps pensé que ça venait du divorce de mes parents, mais il y avait peut-être autre chose. Les autres me paraissaient violents. Je trouvais leurs jeux brutaux. En plus, étant de la fin de l'année j'étais plus petit. J'étais hyper lent dans certaines tâches aussi, genre recopier des phrases. Je me suis fais tirer l'oreille pour ça. Je rêvais en regardant les toits en face de la classe.

A la fin de la maternelle pourtant j'ai commencé à ressentir que je pouvais avoir un ascendant psychologique sur les autres. On a découvert que le père Noël était faux parce qu'il avait des vieiles Puma marron dégueu [tabs: Primaire]Là ça a été la révélation. J'ai appris à lire hyper vite, encouragé par ma belle-mère, prof en collège. Et j'ai commencé à m'épanouir en classe. A la récré je faisais des jeux. Je suis devenu un peu violent. Les filles ont commencé à me critiquer à cause de ça. J'avais l'impression que je pouvais tout comprendre, mais je faisais aussi tout pour ne pas passer pour un intello, la honte suprême. J'avais bien sûr ma panoplie de Science et vie et autre livres d'invention. Je faisais du piano sans apprendre le solfège. Je fabriquais des jeux vidéos en carton. Je crois que les autres me trouvaient un peu bizarre, mais les instits m'adoraient.

Puis j'ai passé un an au Canada chez ma mère et là j'étais de toute façon le français original mais ça passait. Et puis il y avait un peu le culte de la réussite à l'américaine qui me stimulait. Par contre, de retour en CM2 (j'ai failli sauter une classe en revenant mais en fait non) là j'étais le snob que personne ne pouvait blairer. [tabs: Collège]Là ça allait toujours au niveau scolaire, mais j'ai senti que ça commençait à pas le faire au niveau des filles. J'avais commencé tôt la puberté et ça me travaillait pas mal. En fait elles m'aimaient bien mais me trouvaient bizarre, un peu brutal. Là j'ai commencé à vraiment faire le punk et à fréquenter toujours le dernier de la classe et à faire croire que je trouvais l'école nulle. Je m'inventais des histoires incroyables dont j'étais le héros, où bien sûr j'arrivais à conquérir la belle de mes rêves après avoir frôlé la mort en pilotant un avion sans avoir jamais appris...

Je pense que j'ai été testé à ce moment là : j'ai passé un test que j'ai détesté et les profs ont dit à mes parents que j'avais "la maturité d'un élève d'un ou deux ans de plus". Quelle idiotie de dire ça ! En fait j'étais surdoué et il aurait mieux fallu que je suive un cursus adapté. ça m'aurait aidé socialement à me sentir mieux ! Ou alors c'est la femme de mon père, prof, qui a fait un blocage sur la notion de surdoué et qui a cru que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. J'ai dû faire les 2 dernières années dans une autre ville et ça m'a fait du bien de changer d'air. [tabs: Lycée]Là ça a été pareil, avec quand même finalement quelques copines mais je me sentais toujours froid et distant et ça durait jamais. Par contre le lycée était sympa, libéral.

Et puis j'avais commencé à rêver vraiment de carrière musicale, je faisais de la musique et du théâtre, je me projetais dans le futur en me disant que ce serait différent. J'ai remporté un grand succès en jouant de la guitare devant tout le lycée alors ça m'a encouragé à aller par là et à faire une école de musique. [tabs: Etudes musicales]ET là, la grande cata : là où j'attendais une réalisation artistique, enfin être dans mon élément, les cours de groupe étaient pesants. J'étais hyper scolaire, je faisais bien tous les exercices mais ça sonnait pas du tout à mon oreille et je ne savais pas pourquoi. Dès que je jouais avec d'autres élèves j'étais insatisfait. Mais j'arrivais pas à dire ce qui n'allait pas. J'avais réussi à toujours donner le change à l'école mais là il s'agissait d'un truc qui me tenait vraiment à coeur, et je sentais bien qu'il manquait quelque chose.

J'ai fini par avoir le diplôme (en 3 ans au lieu de 5) mais du coup j'ai laissé tomber le projet de continuer sur l'école américaine de Berklee. Dommage à postériori car là-bas j'aurais peut-être trouvé mon bonheur. Du coup je me suis lancé dans la bataille en montant à Paris avec des potes jazzmen...Après c'est une autre histoire[tabs: Aujourd'hui] J'enseigne moi-même dans un centre de formation, j'ai aussi passé un Diplôme d'Etat qui m'a permis de mettre à jour mes compétences. Je me rends compte combien l'enseignement est didactique, pas à pas, et parfois horripilant. Je comprends pourquoi maintenant. Moi qui comprend les choses de manière globale et synthétique, je dois me forcer à détailler les choses et les verbaliser. .D'où l'éternel sentiment d'être un escroc qui ne connaît pas vraiment son métier et doit retourner inlassablement à l'école... A terme, j'espère pouvoir lâcher les cours quand je pourrai

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Re: Douance et Scolarité

Message par sanders » lun. 7 oct. 2013 10:51

*
*
*


L'école m'a sauvé la vie (psychique) et je l'en remercie :

J'y ai rencontré quelques professeurs formidables dont LE prof de collège que j'avais 11H00 par semaine en 5ème pour le français, l'histoire, la géographie et le dessin. Il m'a permis de découvrir que j'aimais lire et écrire ( entendez produire du récit parce que pour la calligraphie ce fut une autre histoire), que je le faisais bien, que c'était utile et que je pouvais me l'autoriser sans modération.

J'y ai découvert un cadre structurant avec des horaires, de la prévisibilité, des devoirs mais aussi des droits (ce que je ne connaissais pas hors ce lieu public), des adultes fiables.

J'y ai appris à apprendre avec son lot de difficultés, d'efforts mais - et ce fut salvateur, des efforts qui menaient à des résultats (sauf pour l'écriture où il aura fallu des années et des années), à une reconnaissance.

Bien sur j'y ai expérimenté des trucs pas cools et j'ai eu la chance de pouvoir rebondir dessus et même me forger certaines armes, en vrac et selon ce qui me revient donc :

* Écrire c'était dur et en primaire mes efforts ne servaient qu'à produire des textes maculés qualifiés de torchons malgré une orthographe plus que correcte. J'ai pas baissé les bras et découvert un jour au Lycée, toute seule, que l'écriture en script me permettait d'être lisible. Durant l'année de terminale, on m'a même demandé mes cours car je prenais mes notes rapidement et donc j'avais des cours très complets qui une fois recopiés devenaient intéressants pour d'autres. J'ai tout écrit en script au bac.

* Les autres enfants étaient étranges, leurs discussions et leur raisonnement me paraissaient obscurs. J'ai endossé le rôle de bouc émissaire et de cible des moqueries plus souvent qu'à mon tour. Puis j'ai découvert que je possédais un espace de sécurité auto créé et que de là, je pouvais laisser certain(e)s venir à moi. J'ai commencé à avoir des ami(e)s, de plus en plus.

* J'ai expérimenté les choix d'orientation imposés comme par exemple être obligé(e) de faire du latin même si je ne voulais pas ou encore me retrouver en collège privé alors que tout me séparait de cet endroit là. Et j'ai pu voir que j'avais retiré des bénéfices (les meilleurs profs pour les latinistes en herbe, l'internat c'est cool quand le collège privé est loin de chez toi :-) ) et que j'avais toujours, même minime, une marge d'action (J'ai rien foutu en latin durant l'année et on m'a demandé d'arrêter l'année suivante ... en gardant la même classe donc les mêmes profs).

* Mon fonctionnement faisait que j'apprenais en fonction de la sympathie et de l'admiration que j'avais pour l'enseignant. Cela m'a occasionné quelques déboires jusqu'à ce que je découvre le plaisir de construire quand c'était nécessaire ma propre méthode de travail (par exemple lire en entier le livre travaillé pour le trimestre au lieu de dix pages par dix pages écorchées par cette prof qui ne semblait pas aimer Zola, ou encore ne pas écouter ce prof de philo et prendre le risque au bac de faire mon devoir comme je pensais que ce serait bien et avoir le double du 7 qu'il me mettait régulièrement par condescendance).

*J'ai eu la possibilité de faire des études (même si je n'ai pas poursuivi longtemps mais l'école n'y est pour rien) parce que notre État donne des moyens financiers pour ça à ceux qui n'en n'ont pas.


Il y a des enfants pour qui l'école est un lieu sauveur je pense. Des enfants qui n'ont pas la chance d'avoir un milieu familial sécurisant, motivant ou stimulant, aimant, protecteur ... que sais-je.
Notre pays offre à tous un endroit hors famille où sont enseignées beaucoup de choses, où les pairs sont nombreux et variés, où les adultes sont là suffisamment longtemps pour être repérants et changent suffisamment souvent pour permettre plusieurs chances d'identification à celles et ceux qui ne peuvent le faire ailleurs.

Bien sûr tout n'y est pas parfait, des erreurs sont commises, pour ma part je ne peux qu'être infiniment reconnaissante d'avoir pu bénéficier de l'école. Et même si peu d'enfants heureusement sont concernés par ce que j'ai écris, rien que pour eux je dirais que l'école est nécessaire et utile.
Le premier jour du reste de ma vie : Un jour, J'ai pu observer que la poutre que je voyais dans l'oeil de mon voisin, je l'avais fait devenir paille dans le mien. Alors même que nous buttions sur les mêmes (em)bûches. Depuis, plus rien n'est pareil..

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Re: Douance et Scolarité

Message par romu » sam. 10 mai 2014 09:13

Bonjour, à toutes et à tous, Je viens ici sur les conseils d'un membre qui se reconnaîtra afin d'apporter mon témoignage vis à vis de l'école et en faire ainsi le point.
J'ai l'impression en écrivant ces lignes que ça va être douloureux, bien plus que je ne le pensais.
J'ai commencé ma scolarité à l'âge de deux ans, âge auquel je ne parlais pas. Je n'ai pas souvenir de cette première année, mes premiers souvenirs remontent à l'année suivante.
Nous venions d'emménager dans une petite ville, la veille de la rentrée. J'ai eu une maîtresse très gentille, qui a très vite compris que j'étais différent, à cette époque, j'étais réellement handicapé par ma vision, elle m'a donc apporté une grande aide à cette époque. A la fin de cette année scolaire, j'avais rattrapé le retard accumulé jusque là, je parlais au moins aussi bien que mes autres camarades, et l'année s'était plutôt bien déroulée, bien que la maîtresse avait signalé à ma mère : "De bonnes capacités, mais un sacré caractère! :p".
L'année suivante, le calvaire a débuté, mes tentatives d'intégration étaient vaines, les autres avaient tendance à me rejeter, car déjà à cette époque je m'acharnais à tout vouloir comprendre, et j'avais la mauvaise manie de les corriger dans leurs erreurs. Mes années de maternelle se sont donc pas trop mal passées par rapport à la suite, j'en garde un souvenir de paix relative, mais aussi de frustration vis à vis des apprentissages, je me fichais de colorier ou d'écouter des histoires, je voulais apprendre à lire moi... :)
J'ai porté de nombreux espoirs lors de mon entrée en primaire, la maîtresse de CP était très compréhensive, c'était une dame déjà d'un certaine âge, très vite j'ai su lire de manière fluide et autonome. :) J'avais l'impression d'avoir devant moi un monde vraiment merveilleux, je lisais tout et n'importe quoi, cela m'a d'ailleurs valu quelques bricoles. :) Cependant, l'année de CP a été aussi une année où j'ai réellement pris conscience de ma différence, je passais mes récréations seul, personne ne venait me voir, mais ça ne me dérangeait pas.
L'année suivante fut un peu moins agréable, en CE1, je suis tombé sur une professeur dans sa première année, cette dernière était fort gentille, mais a eu beaucoup de mal à me comprendre. Pour moi, cette année rime avec ennui, et frustrations, je me souviens encore de m'amuser à siffler dans mes bouchons de bic pour pailler à cet ennui. :D
Mes parents ont souvent été convoqués, et les punitions tombaient également... Mes parents ne comprenaient pas mon comportement, très vite, les punitions des parents sont aussi tombées...
L'année s'est donc achevé sur un bon ensemble mais un élève trop dispersé, trop bavard...
L'année suivante, ce fut totalement différent, la maîtresse, une dame encore d'un certain âge, a très vite compris quel genre de moustique j'étais, elle m'a donc placé seul contre son bureau. :D Je me souviens de longues conversations avec elle quand j'avais achevé mon travail. Cette année s'est très bien déroulée d'un point de vu scolaire, avec mes camarades, le décalage était de plus en plus intense., et leur violence se faisait sentir de plus en plus.
L'année du CM1 n'a rien de particulier à part que j'étais agité, et isolé...
L'année de CM2 m'a éprouvé, mes camarades se faisaient violence, ils devenaient méchants, et la maîtresse ne semblait pas réellement m'apprécier, dès que je levais le doigt, je voyais son agacement... J'étais incompris, et je le voyais, de plus, j'étais révolté par son hypocrisie , étant donné qu'elle affirmait à mes parents que tout se passait bien, et qu'il n'y avait pas de souci, pour moi il y en avait un gros... Cependant, à cette époque, j'étais très renfermé, peu communicatif.
L'année suivante fut mon entrée en sixième, cette année fut terrible d'un point de vu social, mes jeunes camarades se faisaient un plaisir de m'humilier, de me demander de quel planète je sortais, me traiter de mongole... Les professeurs le voyait, mais affirmaient que ça passerait, et naïvement, je les croyais. Cette année, je me suis fais bien malmener par mes camarades autant psychologiquement que physiquement... J'étais perdu je ne comprenais pas, d'autant plus que j'en étais venu à me défendre en poussant un de mes camarades dans une flaque de glace. J'ai été sanctionné, mais je ne comprenais pas mon geste si violent pourtant inhabituel pour moi...
L'année suivante, ce fut bien pire, je ne pouvais plus lever le doigt en cours sans qu'on vienne me voir à la sortie pour me dire : "mais ferme ta ...., tu parles trop, tu es débile, tu n'es pas capable de faire court ou quoi, tu cherches qu'à faire ton intéressant...." message reçu... Les autres années de collège sont similaires, avec une apothéose en quatrième où en plus des camarades, la professeur de français s'y mettait et faisait accentuer ces harcèlements, tu es bizarre, tu es tout seul, tu n'es pas net... Dans mes bulletins, il était dit, bon élève, mais devrait apprendre à se canaliser au plus vite.
Vient ensuite l'entrée en seconde au lycée, au vu des années de collège, mes parents avaient soumis l'idée d'un collège privé, je ne voulais pas, c'était hors de question!
J'ai donc fait mon entrée au lycée, l'année de seconde fut différente, je ne me suis pas fait des tas d'amis, mais j'étais relativement tranquille, bien que j'attirais la curiosité de mes camarades par ma "bizarrerie". Mais cette année, j'ai rencontré un élève un peu "bizarre", au bout de quelques moi, j'ai appris qu'il était HPI, et il a fait parti des gens qui ont déclenché en moi les murmures, et tout le reste. :)
Dans l'ensemble, je n'en veux pas à l'école, je comprends qu'il est difficile de nous y intégrer, je sais aussi que beaucoup de professeurs avaient interprétés ma singularité par un haut potentiel, cela dit, je suis en colère vis à vis des jeunes de mon âge qui n'ont pas su m'intégrer avec ma différence, bien que je conçoive également, que j'ai une grande part de responsabilité aussi, cependant, je n'ai jamais réussi à rentrer dans le moule, maintenant, je joue une sorte de rôle non pas pour me faire des amis, mais pour tenter de passer inaperçu.
Je vais m'arrêter ici car je constate un roman, j'espère avoir été clair, et pas trop ennuyant, je vous remercie si vous êtes parvenus à me lire jusqu'au bout.
Au plaisir de vous lire. ;)
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Re: Douance et Scolarité

Message par Zyghna » sam. 10 mai 2014 10:26

Merci pour ce témoignage romu, singulier et pourtant si souvent rencontré en ces lieux. Les enfants ne font malheureusement que réitérer le modèle présenté par les adultes. Ce n'est pas pour rien que plus les enfants avancent en âge plus ils se conforment au modèle social et rejette la différence, cette même différence dont ils n'ont que peu conscience quand ils sont tout petit.
Le collège est souvent l'apothéose du rejet et de la violence, la pire période à passer et la plus destructrice également.
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Re: Douance et Scolarité

Message par romu » sam. 10 mai 2014 10:48

Merci pour votre message, il est vrai que le collège semble une période terrible, et je confirme que certains adultes m'ont aussi trouvés bizarres comme je le dis dans mon texte, certains professeurs notamment, je pense d'ailleurs que ce manque d'indulgence de leur part est le plus blessant. Il est vrai que mes années de collège m'ont bien anéanti, je m'en relève doucement, il est cependant difficile de recréer des liens sociaux après, on demeure toujours méfiant...
Maintenant, quand les regards sont pesants, ou critiques, je me dis que je connais la raison de ma différence, c'est soulagent.
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Re: Douance et Scolarité

Message par alicesmartise » sam. 10 mai 2014 21:08

C'est amusant, je retrouve un peu de mon parcourts dans le tien, mais avec quelques années de décalage. Ça a commencé en CM1, et en cinquième l'arrivée d'une nouvelle « victime » a détourné l'attention de moi. Enfin je ne me souviens pas aussi clairement, voire pas du tout, de la majeure partie de mes années scolaires.
Sauf peut-être le magnifique croche-patte en sixième, à un garçon qui m'en avait fait des dizaines, avec le STRIIKE ! intérieur :D
(les gestes violents soudains sont probablement liés au « peu communicatif »)

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Re: Douance et Scolarité

Message par romu » sam. 10 mai 2014 21:40

J'imagine la scène du strike :D Je tiens à préciser que je ne suis pas un puit de violence, hein? :D J'ai été très peu violent, sauf le coup de la flaque, il y avait en sixième ce groupe qui m'humiliait à longueur de journée, un jour je l'ai attrapé, et je l'ai jeté au sol gelé, la glace s'est brisée, il était mouillé, et n'a pas pu s'asseoir l'heure suivante :D Ce jour là, je me suis attiré encore plus d'ennemis. En ce qui concerne le "peu communicatif" je l'admet, c'était limite pathologique, mais maintenant, nous allons bien :D (désolé, je devais la placer :P). Si tu fais du bowling, et que tu fais un STRIKE. ça te fais quoi maintenant? :P
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Re: Douance et Scolarité

Message par raphie17 » mer. 14 mai 2014 08:24

Parcours relativement similaire au collège puis début de lycée. Il s'agit de mes pires années. J'en garde encore une très grande souffrance ne sachant toujours pas ce qui a pu déclencher autant de haine à mon égard. On m'a qualifiée de "coconne, neuneu, fayotte, gnangnan, chochotte, débile, trop plate, asperge, javel, etc etc..."...Je me suis fait frappée, bousculée et je passais mes récrés désespérément seule en me cachant au mieux afin d'avoir la paix. On m'a harcelée aussi au téléphone chez mes parents, fait subir des humiliations à la cantine ( genre cracher dans mon assiette ou carrément me priver de mon repas, voir même essuyer son couteau sur les fringues juste pour le fun) et tout un tas d'autres saloperies...
Je n'osais pas demander de l'aide par peur que cela empire, je ne savais pas comment leur faire comprendre que je n'étais pas d'accord avec ce qu'ils me faisaient. Je ne savais pas me battre. Bref, je ne savais pas dire "NON!"...the Cible idéale quoi !...
Puis j'ai repiqué ma seconde, ce qui a eu pour effet de casser ce rythme et de changer mon environnement : j'avais des camarades différents.
Je n'ai vraiment ressenti du plaisir et de la paix que lors de mes études supérieures, loin de mon village, loin des autres, là où personne ne me connaissait. Et là, assez bizarrement, on m'a beaucoup appréciée pour ce que j'étais.
J'en veux particulièrement aux adultes de ne pas m'avoir protégée!
1: aux profs, qui voyaient mais qui ne faisaient rien
2: à mes parents, qui auraient du s'en douter, même si je faisais mon maximum pour tout cacher et être la "fille idéale"...Ils ne connaissent la vérité que depuis 1 an...Ils ont pris une grosse claque!

En plus, si j'avais été une fille super brillante....?? !!!...mais là c'était absolument pas le cas, j'étais vraiment très très moyenne...

Bref, tout ça pour dire que je surveille la scolarité de mon fils et ses relations sociales. je suis hyper vigilante et nous parlons beaucoup. Nous l'avons déjà changé d'école car il a eu les mêmes genres de soucis que moi en CE1-CE2..Je me suis mise en planque pendant la récré ( ne criez pas au scandale, je sais que ce n'est pas bien), et je l'ai vu seul, puis je l'ai vu se faire frapper à grands coups de raquette de tennis sans qu'aucun adulte ne bouge, ne surveille ni ne dise rien.
Le soir même, j'ai discuté avec mon fils qui m'a dit en s'effondrant à côté de la poubelle "je me demande à quoi cela sert de vivre si c'est pour s'ennuyer et être seul toute la journée"....
Nous nous sommes dits avec son papa,que nous ne pourrions jamais lui créer de copains dans cet école et qu'il fallait faire cesser cette spirale qui risquait de le mener dans le même enfer que moi!
15 jours après nouvelle école et nouvelle vie pour lui: que du bonheur depuis!!!

Et vous comment gérez vous la scolarité et les difficultés de vos "doués?
"Délaisse les grandes routes, prends les sentiers. » Pythagore

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Re: Douance et Scolarité

Message par Mlle Rose » mer. 14 mai 2014 09:46

Tu devais aller voir dans la section concernant les enfants, y'a sans doute déjà quelques réponses à ta dernière question, ici ça va faire dériver le fil en HS ;)
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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