Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Pour des raisons de cohérence de l'ensemble et pour présenter à nos visiteurs une information fiable et claire, cette section est réservée en écriture aux surdoués diagnostiqués.
Scotland

Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par Scotland » dim. 22 mai 2011 22:06

Bonsoir, je viens de m'inscrire sur ce site car j'ai été diagnostiquée comme surdouée (à 39 ans c'est plutôt étrange) il y a bientôt 2 ans. Cependant, j'ai du mal à me dire que je le suis réellement car mon test n'a montré que 135 de QI avec de grand déséquilibres entre les différentes catégories. Avant ce test, on m'avait posé un diagnostic de bipolarité que maintenant je réfute (mais il est vrai que je me pose parfois la question).
J'ai connu plusieurs dépressions (de + en + sévères) depuis mon adolescence (avec un traumatisme dans l'enfance qui n'a refait surface il y a 3 ans) et j'avoue qu'en ce moment, je crois que je suis en train de replonger.
Bref, la question qui me revient sans arrêt est "Que fait-on sur Terre ? Quel est donc le but de tout ceci ?" Un psychiatre spécialisé dans la douance m'a bien expliqué que cette question était un classique chez les personnes surdouées. Mais j'avoue que bien souvent, même lorsque je ne semble pas perdre pied, je me pose cette question et que toutes ces batailles me semblent bien fatigantes et usantes.
Alors je suis venue ici, pour savoir si d'autres personnes ressentaient la même chose, la même impuissance et si, en dehors des psychiatres et psychologues (qui sont très utiles soit dit en passant), il y avait une adresse (internet ou physique) où parler sans courir le risque de se faire hospitaliser (je l'ai été pendant 1 mois à ma demande,après une phase aïgue, mais je tiens avant tout à rester avec mes enfants grâce auxquels je tiens).
Voilà, merci de m'avoir lue et, éventuellement, de me donner des pistes.

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Fabs le vaurien
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Re: Douance & dépression

Message par Fabs le vaurien » lun. 23 mai 2011 23:05

Scotland a écrit : Alors je suis venue ici, pour savoir (../..) il y avait une adresse (internet ou physique) où parler sans courir le risque de se faire hospitaliser
bah ici à priori.

peut être pourrais tu commencer par faire une petite présentation de toi dans la section dédiée.
sinon, tu peux participer aux échanges en cours, et/ou ouvrir des nouveaux topics sur les questions que tu te poses.
A part ça, pour ce qui est de la fameuse question du "pourquoi tout ça?", bah je ne pense pas que tu sois la seule à te la poser.
pour ce qui est de ta crainte d’être en train de replonger, je pense que tu te connais suffisamment pour savoir si effectivement tu replonges ou pas. Auquel cas, peut être sais tu ce que tu dois mettre en place à titre préventif.
Par ailleurs, le fait que tu réfutes désormais le diagnostic bipolaire est il en rapport avec la diagnostic de douance intervenu après?

bon courage
Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus. (Aristote, Ethique à Nicomaque).

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Mlle Rose
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Re: Douance & dépression

Message par Mlle Rose » mar. 24 mai 2011 08:48

La dépression dans la douance prend une forme particulière. Cécile Bost l'a, je trouve, très bien explicité dans son bouquin (je fais pas de pub, j'ai pas d'intéressement sur les bénéfices :mrgreen: mais quand même).

Chez moi la sinusoïde est permanente, c'est simplement l'amplitude qui varie. On m'a aussi collé divers diagnostics sur le dos il y a longtemps, donné des tas de médocs inefficaces, voire aggravant mes difficultés à regarder la vie avec envie.

Aujourd'hui tout va bien :-) Je crois que ça tient à deux choses essentiellement :
- j'ai intégré et accepté la manière dont je fonctionne
- je peux m'appuyer sur des amitiés pourvues d'oreilles averties, qui savent de quoi je parle, le vivent aussi, ne jugent pas, ne tentent pas de m'imposer leurs solutions, ou des solutions toutes faites lues dans divers livres de psycho alacon ou adeuballe ;)

Bon courage à toi, n'hésite pas à échanger avec les membres et à te présenter dans la section dédiée.
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NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

Scotland

Re: Douance & dépression

Message par Scotland » mar. 24 mai 2011 09:03

Merci pour ces réponses.

c'est clair que je replonge. Seulement, j'en ai marre de voir des personnes qui essayent de m'aider mais qui n'y arrivent pas. La seule personne qui peut sans doute vraiment m'aider, eh bien c'est moi. (Mais jusqu'ici elle a bien du mal.)

Je sais bien que je ne suis pas la seule à me poser des questions, mais le problème c'est que ça dure, je tourne en rond et cela finit par être usant, très usant... Je suis fatiguée.

Je ne vais pas tarder à poster dans la section Présentations. Quant au livre de Cécile Bost, je pense que je vais finir par le lire car il semble intéressant et de toute façon, cela ne peut pas faire de mal.

Merci

Mayumi
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Re: Douance & dépression

Message par Mayumi » ven. 27 mai 2011 21:43

pour voir la question "à quoi sert ce combat sans fin?" sous un autre angle, deux livres m'ont beaucoup aidé, le premier sur le combat, le deuxième sur des façons alternatives d'être au monde :


elaine jacobsen, gifted adult


tal ben shahar, l'apprentissage du bonheur

Zoubia
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Re: Douance & dépression

Message par Zoubia » ven. 12 août 2011 08:33

Je suis moi aussi dépressive, plus précisément mélancolique (point suprême de la dépression où on en arrive à se dire qu'on n'arrivera pas à s'en sortir et où on arrête de se battre). Je sais précisément grâce au psy ce que j'ai à combattre (et tous mes problèmes ne relèvent pas seulement de la douance, je précise à tout hasard car j'ai vu trop de surdoués qui pour diverses raisons oublient que toute difficulté n'est pas due à tous les coups qu'à un QI élevé) et ma foi c'est vrai que ça fait un paquet de GROS couacs à régler, c'est assez désespérant. Personnellement, après avoir lu vite fait et à plusieurs reprises que la mélancolie est un peu la maladie des écrivains et artistes, je me dis qu'il pourrait y avoir moyen d'utiliser cette dépression à des fins créatrices. Une manière de contourner le problème sans le régler peut-être, mais qui pourrait éventuellement m'apporter beaucoup. Les questions existentielles, je pense qu'on peut toujours y trouver une explication qui permette de battre en brèche l'absurdité du monde qu'elles semblent dévoiler. Think outside the box, comme disent les anglais!!

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Re: Douance & dépression

Message par Colonel Moutarde » ven. 12 août 2011 10:33

Dépressif avec des hauts et des bas et en ce moment c'est un bas. C'est tout...

Cirrus
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Re: Douance & dépression

Message par Cirrus » mar. 16 août 2011 20:34

En lien avec la dépression et les "anti-depresseurs", voici un article qui nous propose des angles de vue inhabituels

http://www.talentdifferent.com/desinteg ... -1249.html

Bonne lecture (10 minutes)

melelise
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Re: Douance & dépression

Message par melelise » mar. 22 janv. 2013 16:17

je connais bien les états dépressifs, comme toi j'ai fait ma première dépression à la vingtaine. J'ai été bourrée de médocs à l'époque, et j'ai surtout arrêté mes conneries de jeunesse (je fumais beaucoup,entre autres, et pas des clopes hein).
ça a été une phase positive finalement, en cela je rejoins les niveaux de super mario, si je schematise on va dire que je me suis envolée du nid familial pour construire ma vie, j'ai changé de voie dans mes études, j'ai quitté un ex immature et dealer de shit pour rencontrer plus tard un homme avec qui je pouvais envisager de construire un vrai couple, puis plus tard une famille.

S'en sont suivies 7 années ou presque de bonheur sans histoitres, avec des coups de fatigue de temps en temps, surtout professionnels, mais rien de pathologique, en somme. Puis le désir d'enfant, qui gronde et prend des proportions folles, me fait plaquer un job valorisant pour me "consacrer" aux traitements que j'allais devoir subir. Je ne regrette pas, c'est comme ça que je sentais les choses. Pour meubler ce trop plein de vide, j'ai organisé un super mariage qui a presque fini de me rendre chèvre. Bref je me suis mariée entre deux FIV, complètement stressée, me raccrochant au plan de table et au choix des fleurs pour ne pas sombrer. La mariée hystero par excellence, c'était moi....
J'étais anxieuse, je faisais crise de larmes sur crise de larmes, mais je ne me sentais pas réellement dépressive. Je crois cependant que doucement, tout se mettait en place pour la suite. après le mariage je dois avouer que j'étais plus triste qu'heureuse. D'abord après avoir saoulé mon homme pendant des années avec ça, je me rendais compte que ce que j'aimais le plus chez nous c'est qu'on était libre. J'avais brisé les chaines avec mes parents, je me sentais libre avec l'homme que j'aimais, pas mariée, compte séparé, amoureuse folle oui, mais indépendante.Et soudain j'avais le sentiment d'être enchainée à nouveau. Le côté Madame, ça me correspondait tellement pas...Abandonner mon nom, tout ça... A la troième FIV j'ai décidé d'arrêter le jeu de massacre, je devenais dingue à la maison, il fallait que je retrouve un job d'urgence, ce que j'ai fait. J'ai trouvé. Un truc avec pas mal de pression, mais pas mal de reconnaissance aussi. J'existais à nouveau. J'ai attendu un an avant de faire la FIV n 4. et elle a marché.

Grossesse canapé mais grossessse quand même, heureuse comme tout avec mon ventre-miracle qui s'arrondissait tranquillement. J'ai pris 20 kgs avec le sourire. Puis il est arrivé. mon fils. Césarienne, anémie, allaitement compliqué. Je ratais tout, j'en arrivais à avoir le sentiment qu'il s'était fait tout seul, mon fils, que lui il était costaud mais que moi j'étais une sous merde. J'ai plongé. Je suis toujours restée debout mais j'ai souffert le martyre. J'étais...ben désintégrée tiens, c'est le mot. dans un état de délabrement intérieur complet, avec en plus la culpabilité de ne pas être à la hauteur du tout pour mon fils et puis celle que tu mentionnes "mais j'ai tout pour être heureuse, pourtnat (arrete avec ça c'est des conneries, la souffrance intérieure ça se relativise moyen). Pourtant avec le recul, j'ai fait tout ce qu'il fallait faire, et plutôt correctement, mais ce que je ressentais, cette tristesse infinie, cette angoisse diffuse... Quand il pleurait il me tuait à petit feu, j'avais juste envie de pleurer avec lui et de lui dire que je savais pas quoi faire, que non je reconnaissais pas les pleurs de faim, de fatigue ou de quoi que ce soit d'autre, que moi ce que je voulais c'était dormir mais que le sommeil je l'avais perdu pour toujours....Et toutes ces questions qui tournaient dans ma tête, toutes balayées d'un coup par la question ultime, mais à quoi ça sert, de toutes façons. Grosse crise. J'ai failli tout quitter (fuir), et puis finalement j'ai rechoisi ma vie.

Stade mère. le plus dur pour moi, j'ajuste encore tous les jours, mais je me fais à peu près confiance aujourd'hui et je suis sortie de la après des medocs qui n'ont servi à rien et une psychanalyse toujours en cours qui m'a au moins permis de verbaliser la pluspart de mes angoisses, donc qui m'aide.

Moi aussi je fais dans le nombrilisme tu vois, mais je vais te dire un truc con comme la lune : après la pluie le beau temps. Pour les aspects plus pratiques, j'estime aujourd'hui que je vais aussi bien que possible, avec quand même des moments d'angoisse qui reviennent parfois, ou alors des baisses d'énergie ou l'envie me quitte d'un coup. Avant je me croyais bipolaire (il a fallu toute la patience de ma psy qui me répète que je suis parfaitement équilibrée à chaque fois que je re gamberge et la lecture régulière de ce forum pour que j'envisage l'hypothèse de ne pas être complètement tarée, et d'ouvrir d'autres pistes), donc quand ça arrivait je me crispais jusqu'a aggraver le phénomène et me retrouver dans des états d'épuisement et d'anxiété paroxystiques. Maintenant j'accepte. D'être comme je suis, de ne pas être lisse et parfaite, d'avoir des periodes de merde et l'envie de parler à personne, ou je broie du noir, ou je trouve le monde moche et deguelasse, les gens mesquins et prévisibles, moi-même nulle, moche et deguelasse. J'accepte de pleurer si j'ai envie. Je fais le dos rond, je me mets en boule, je vide mon sac avant qu'il ne soit trop lourd. Et je SAIS que ça va s'arranger.
Et je me réfugie dans la créativité, aussi. Oh rien de dingue, mon truc à moi c'est chiner, retaper, nettoyer les vieux cadres, repeindre des vieux trucs. J'adore les vieilleries. C'est mon espace, je fais des petits trucs, je prends mes pinceaux et voilà, je peux penser avec les mains occupées, ça change tout.

Je crois aussi que toutes ces questions, ce mal être, cet épuisement, c'est de l'énergie que tu retournes contre toi. Elle te mange. pendant longtemps j'ai cru que j'avais besoin de repos, c'est le contraire, j'ai besoin de bouger, de vivre, de parler, d'extérioriser. Le manque de sommeil ne me fais plus peur, je sais que le repos plus serein revient quand je me calme alors j'attends. J'arrive aussi un peu mieux à être en accord avec moi, à poser mes limites, à dire non quand j'ai pas envie. A être plus égoïste, justement.
C'est pas facile tous les jours, je fais la maligne comme ça mais je peux me retrouver avec les boyaux en vrille du jour au lendemain (d'une heure à l'autre...) pour une parole, une inquiétude, un cauchemar de mon fils, un coup de stress de mon mari. Mais c'est comme ça, je suis à vif, je peux me protéger un peu mais pas me blinder. Et je le veux pas vraiment non plus.

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Le Ludoptère
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Re: Douance & dépression

Message par Le Ludoptère » mar. 22 janv. 2013 19:17

Mmmh, la question de la dépression. Cela fait un long moment que je m'interroge à ce sujet sans vraiment trop savoir quoi en dire. Et comme je n'aime pas dire des choses dont je ne suis pas sûr, je ne dis rien.

Au final, et ce me semble que ce n'est pas que mon cas, le questionnement autour de la douance arrive souvent dans un contexte de questionnement souvent douloureux autour du sens de la vie et tout et tout (le machin machin existentiel quoi).

Deux positions se rencontrent alors (enfin c'est mon cas, et j'aurais tendance à penser que je ne suis pas le seul) :

- le questionnement métaphysique et existentiel a nourri de nobles connaissances : philosophie, logique, littérature, poésie. Les penseurs les plus influents de notre monde ont oeuvré dans ces domaines de la connaissance.

- le doute permanent et surtout, même de ce qui est insignifiant, la recherche qui va toujours plus loin dans la pensée, et qui fait sauter tous les verrous de la sécurité d'une existence confortable. Ce deuxième point peut donner une impression de folie ou de perte de santé mentale.

Il y a là une forme intéressante, car elle renvoie à cette vieille idée de dialectique. Mais elle est en même temps effrayante quand on voit les vies de Nietzsche ou de Kaczinsky (pourquoi ils ont tous autant de consonnes dans leurs nom, c'est nul).

Cet "Éternel Retour" de Nietzsche n'est pas justement un pendant philosophique de la désintégration positive ?

Tout cela ne permet d'aborder avec précision la question de ce sentiment du "surdoué" de savoir si il est ou non dans une situation de dépression. Et plusieurs points rendent la question compliquée. Il me semble que le courant psychiatrique de l'antialiénisme se veut proche de certaines conceptions de Dabrowsky : le symptôme dépressif n'est pas une maladie mais une étape. N'étant pas une maladie, il n'a pas à être soigné mais accompagné. C'est en tout cas ce que j'interprète en filigrane (je compte sur vous pour crier au scandale face à tant de raccourcis abusifs !). La vision psychologique de Dabrowsky rentre donc en collision avec l'école psychiatrique et psychanalytique dominante en France, non ?

Alors quand on est "HP" ou je ne sais quel nom à la con qui est sensé nous caractériser, est-ce pertinent de rencontrer un psychiatre quand on émet un doute fondamental sur la perception que celui-ci peut avoir de la connaissance de l'esprit, avec l'impression que l'on a soit même un bagage important sur le sujet ?

Bon dans tout ce que j'ai donc dis ici, il y a des choses à peu près carrées, des choses très approximatives, et des choses relevant de questionnements personnels. Je le mets ici à partager tout de même, ayant conscience qu'il y a là de nombreux éléments à prendre avec des pincettes.

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Re: Douance & dépression

Message par Zyghna » mar. 22 janv. 2013 21:06

 ! Message de : Zyghna
Ce topic ayant pas mal dévié du sujet initial "douance et dépression", nous réfléchissons à un éventuel découpage. Le topic est verrouillé pour le moment.
"Il est inutile d'être parfait, il faut seulement s'engager et mettre ses actions en cohérence avec ses valeurs" Brené Brown

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Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par Mlle Rose » dim. 17 mars 2013 21:10

Je redécouvre ce topic du coup et je vais ajouter un ou deux trucs à ton analyse Ludo.

Il y' a d'autres composantes il me semble dans cette dépression particulière et notamment :

- le sentiment d'impuissance : on voit le monde se liquéfier, on voit des horreurs, des injustices, des trucs révoltants (ou qui nous révoltent juste nous) et pour des raisons qui sont assez particulières dans la douance, ça ne glisse pas sitôt la télé éteinte ou la situation passée, ça se ressasse et ça monte comme un soufflé, ça finit par faire un terrain bien fertile pour la louze.

- le sentiment de solitude : on peut se sentir un peu seul avec sa pensée et toutes ces choses qui nous bombardent alors qu'elles ne font que frôler la peau des autres sans aucun dommage pour eux... ça finit aussi par être usant quand on n'a pas trouvé d'échappatoire ou qu'on ne comprend pas pourquoi.


Il me semble que dans tous les cas, le fait de connaître et d'accepter son mode de fonctionnement (avoir une explication) fait que l'on est à même de mieux gérer les choses, d'éviter de se voir fou, de se comparer aux autres, et de continuer à se heurter aux choses qui nous bouffent.
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Chichi

Diagnostic de surdon et de dépression: deux pour le prix d'u

Message par Chichi » ven. 20 déc. 2013 14:26

Bonjour tout le monde !


Je me lance pour la première fois ici et d’ailleurs pour la première fois sur un forum tout court, et je tiens à m’excuser à l’avance auprès des modérateurs si ce post n’est pas à sa place ou si le sujet à déjà été abordé, j’ai fouiné autant que possible dans les pages mais n’hésitez pas à me replacer ailleurs !!

Avant d’en venir à ma question je pose le contexte : diagnostiquée surdouée il y a quelques semaines après deux mois de tests WAIS + bilan de personnalité (à raison d’un ou deux tests par semaine, sisi c’est possible bien que je n’en revienne toujours pas non plus) par un psy dégottée un peu au hasard parce que familière de ces questionnements. J’avoue ne pas avoir accroché plus que ça avec elle mais sa localisation à 2 pas de chez moi et sa disponibilité immédiate ont eu raison de mes réticences. Bref, tests donc, à une période devenue subitement très compliquée sur le plan personnel (une accumulation de très mauvais coups comme la vie peut nous en réserver parfois, maladies graves dans mon entourage intime, rupture sentimentale etc…). Pour autant j’ai persisté dans la démarche, vous savez ce que peut représenter ce « pas » à franchir alors une fois lancée à une époque ou j’étais bien dans mes baskets et assez solide pour le faire, je ne me voyais plus revenir en arrière, même si tout d’un coup tout s’est plus ou moins cassé la figure (à l’extérieur, je précise).

Me voilà donc avec mon diagnostic QI supérieur à 130, soit, mais au niveau des tests de personnalité on m’annonce rapidement que je suis visiblement en dépression… Or, en dépit de ce qui m’arrive depuis quelques mois je ne me sens absolument pas en dépression. Je suis passée par certaines phases que je qualifierai volontiers de bonne déprime comme beaucoup d’entre nous, que je regarde avec plus de bienveillance aujourd’hui avec ce que je sais de ma construction. Pour autant être en dépression au sens psychologique du terme me semble tout à fait excessif, et c’est pourtant ce qui ressortirai de plusieurs de ces tests, et j’imagine à un niveau presque « chronique ». Alors qu'au quotidien, et justement à un moment qui est loin d'être évident, je ne crois pas ressentir de souffrance particulière et sans lien immédiat avec ce qui se passe, pas de désespoir permanent ou de pétale de plombs en règle. Ni maintenant ni avant d'ailleurs.

D’où, enfin, mes questions : d’après vos expériences, est ce que les mécanismes élaborés par un cerveau HQI conduisent forcément à ce qu’on désigne généralement comme une dépression au sens psy ? D’ailleurs du coup, en est ce vraiment une pour ce type de personne ? Est ce qu’il faut traiter cet état comme tel s’il résulte d’une stratégie mise en place pour pouvoir fonctionner de manière satisfaisante ?

Je précise ce que j’entend par ces « mécanismes » qui dans mon cas me sont inhérents : il me semble que le diagnostic de dépression découle en fait de la mise en place de « filtres » entre le « réel » et moi. En discutant avec la psy j’avais utilisé l’image d’un montage financier, comme si j’avais monté tout un tas de société écran entre ce que je suis au fond et ce que je donne à voir (et qui me semble être devenu moi-même aujourd’hui) après 26 ans d’adaptation sociale. Ca se retrouve je crois chez beaucoup de personnes dans ce cas. Quoiqu’il en soit si cette construction (probablement par protection d’après ce que j’ai pu comprendre) s’est avérée assez performante puisque je n’ai jamais eu à souffrir de décalages visibles ou de difficultés particulières à l’extérieur, en interne elle n’est pas toujours évidente à gérer. Un des problèmes majeurs qui m’ont poussé à entamer cette démarche était mon incapacité à « intégrer » véritablement ce qui se passe à un niveau profond, alors que paradoxalement je suis profondément hypersensible. Si je comprend parfaitement une situation ou une relation, j’ai souvent l’impression qu’elle ne m’atteint pas au plus profond de mon être, que je ne l'intègre pas vraiment au niveau émotionnel, seulement au niveau intellectuel. Ce qui génère bien entendu comme pour beaucoup d’entre nous un sentiment de décalage, de solitude, d’anormalité et parfois de fatigue intellectuelle ou de tristesse etc…

Comme exemple de ces constructions pour clarifier un peu mon propos : les tests et entretiens révèlent apparemment une timidité sociale conséquente, mais en parallèle une grande sociabilité. Ce qui atteste selon la psy d’une « fabrication » et révèle de ma part l’absence de toute spontanéité puisque tout serait analysé, décortiqué, évalué et fabriqué en conséquence pour me fondre dans le moule général.

Si je comprend très bien en quoi ce genre de fonctionnement n’est pas souhaitable (épuisant, improductif voire risqué) pour ma vie future et même quotidienne puisque je ne vis rien pour moi mais me contente de faire « ce qu’il faut » sans notion de plaisir etc, je me demande si ça s’apparente vraiment à une dépression classique si l’on prend en compte le fonctionnement différent d’un cerveau surdoué ?

Désolée pour ce roman mais j’avoue que cette question m’a plus ébranlée que le diagnostic lui même auquel je n’ai finalement pas réagis (je n’intègre vraiment pas grand chose :D) et je me demande s’il est bien utile de poursuivre un travail en ce sens. Je ne suis pas une grande fan de thérapie en général, encore moins si c’est pour inventer un problème que je n’aurai pas et qui s’expliquerai logiquement à partir d’autres considérations.

Merci aux courageux qui ont tenu bon jusqu’ici !!!!

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domisud
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Re: Diagnostic de surdon et de dépression: deux pour le prix

Message par domisud » ven. 20 déc. 2013 18:06

Bienvenu à toi.

Tu as attrapé le fil de la pelote. Maintenant... tire ! mais pas trop fort sinon ça casse vite.

:levi
Le non-verbal par clavier, c'est pour bientôt ?

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Re: Diagnostic de surdon et de dépression: deux pour le prix

Message par Mlle Rose » ven. 20 déc. 2013 18:31

Je te suggère qu'on fusionne avec ce fil si ça te va :
discussions-debats/douance-depression-t419.html

Il te faut aussi aller dans ton panneau d'utilisateur demander ton accès au groupe diagnostiqués + pour témoigner dans la section dans laquelle ce fil est rangé.

Tu devrais aussi aller lire tous les trucs sur Dabrowski. Il y a de fortes chances que ça te parle :)

Dis nous, on s'en occupera ;)
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Chichi

Re: Diagnostic de surdon et de dépression: deux pour le prix

Message par Chichi » ven. 20 déc. 2013 21:17

Merci beaucoup! Fusionnons alors je n'avais pas vu ce fil!
En revanche pour ce qui concerne Dabrowski j'ai lu quelques unes des discussions c'est vrai que ça me parle mais je crois que je me pose la question en amont de tout ça :) Je vais en lire un peu plus!!

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Miss dans la lune
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Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par Miss dans la lune » ven. 20 déc. 2013 21:55

Bonsoir chichi, et bienvenue au passage,
si tu ne l'as pas déjà lu, ce topic sur le faux-self pourrait aussi t'intéresser.

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pixelvois
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Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par pixelvois » sam. 21 déc. 2013 05:48

Salut chichi ( et bienvenue itou ) !

Je te ferais la réponse que j'ai fait à Hoppy dans sa présentation la semaine dernière... et donc je m'auto-cite :1cache: :
pixelvois a écrit :Il paraît que la douance nous donne une faculté de résilience plus grande que pour d'autres personnes : cela nous permettrait de faire confiance à notre capacité à passer au travers de ces moments "darks" sans trop de dommages... et j'ai l'impression que cela se vérifie, quand bien même nous n'accordons pas cette confiance ( qui ne peut exister tant que l'on a pas ce diagnostic, ou que l'on ne l'a pas -- encore -- intégré ). Par contre, il est dès lors plus difficile de définir s'il s'agit de "vraie" dépression ( puisque l'on en sortirait plus facilement que ce que veut cet état ), de "simple" déprime ou même d'autre chose d'encore moins profond...
De plus, il est possible qu'à l'instar d'autres troubles psychiatriques, le diagnostic de dépression puisse être posé à tort si l'on ne prend pas en compte l'élément douance... Et rien n'empêche non plus de cumuler douance ( qui n'est pas une maladie -- contrairement à ce que peut suggérer le vocabulaire médical qui l'entoure -- mais une façon de fonctionner ) et dépression.

Cela dit, il semble que ce soit le même psychologue qui t'ai fait passer le WAIS, et ces tests de personnalité qui révélerait selon lui un état dépressif : on peut donc penser a priori qu'il a pris en compte cette composante dans son diagnostic ? Mais surtout, le plus important, il me semble, c'est que tu ne te sentes « que » déprimé, auquel cas tu dois pouvoir surmonter ça, qu'on l'appelle dépression ou déprime, bien qu'il reste quand même à se méfier d'un éventuel déni qui peut facilement accompagner ce genre d'état...
"Dans un monde où chacun triche, c'est l'homme vrai qui fait figure de charlatan." ( André Gide - Les faux monnayeurs )

Chichi

Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par Chichi » sam. 21 déc. 2013 09:15

@miss dans la mine: Merci!! Effectivement ça me parle beaucoup je suis en train de tout compulser :)

@pixelvois: Merci beaucoup, j'ai lu le fil auquel tu renvoie et effectivement on s'approche de ma problématique mais je crois que tu as tout à fait cerné mes interrogations!! J'ai l'impression d'être assez équilibrée et ce que me sors cette psy c'est un diagnostic de dépression combiné à la douane puisqu'elle a tout fait d'un bloc, pas de lien nécessaire entre les deux. Donc diagnostic standard sans prendre en compte la douance. Or, quand elle m'explique (très brièvement) ce qui chez moi traduit cette dépression, type incapacité à ressentir vraiment, décalage, isolation etc… je vois, notamment en lisant tous vos témoignage, des caractéristiques d'un fonctionnement différent, certes pas toujours souhaitables nous sommes tout à fait d'accord, mais pas une dépression classique type lassitude de la vie etc.. dans mon cas ce serait un état quasi permanent que j'aurai tendance à lier au développement d'un faux self béton qui m'empêche parfois de trouver du sens ou de me connecter émotionnellement… Donc au fond je me demande si ça vaut le coup de continuer à voir cette psy ou si elle a fini par prouver que sa soi-disant familiarité avec les questions de douane est largement fantasmée?
Elle était censée m'envoyer le compte rendu par mail hier (j'ai attendu la séance de restitution 3 semaines pour finir par un entretien de 40 min ou on a posé douance et quelques éléments de dépression sans explication ni rien, du grand professionnalisme) j'aurai parié qu'elle ne se tiendrait pas à ses engagements mais j'ai bon espoir de les avoir lundi avec peut être un peu plus de détails pour nourrir cette discussion. J'ai jusqu'au 8 janvier, date de mon prochain RDV pour me dégager une piste :D

Merci encore à tous les deux et quel bonheur de pouvoir échanger enfin là dessus, sur des aspects pratique et constructifs, je comprend encore mieux le succès de ce forum!!! :geek1:

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Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par madeleine » mer. 22 janv. 2014 21:06

bonsoir Chichi, j'espère que tu auras le temps de nous faire une petite prez ;) je te découvre ici et tes messages m'interpellent beaucoup !
Chichi a écrit : D’où, enfin, mes questions : d’après vos expériences, est ce que les mécanismes élaborés par un cerveau HQI conduisent forcément à ce qu’on désigne généralement comme une dépression au sens psy ? D’ailleurs du coup, en est ce vraiment une pour ce type de personne ? Est ce qu’il faut traiter cet état comme tel s’il résulte d’une stratégie mise en place pour pouvoir fonctionner de manière satisfaisante ?
(...)
Un des problèmes majeurs qui m’ont poussé à entamer cette démarche était mon incapacité à « intégrer » véritablement ce qui se passe à un niveau profond, alors que paradoxalement je suis profondément hypersensible. Si je comprend parfaitement une situation ou une relation, j’ai souvent l’impression qu’elle ne m’atteint pas au plus profond de mon être, que je ne l'intègre pas vraiment au niveau émotionnel, seulement au niveau intellectuel. Ce qui génère bien entendu comme pour beaucoup d’entre nous un sentiment de décalage, de solitude, d’anormalité et parfois de fatigue intellectuelle ou de tristesse etc…

Comme exemple de ces constructions pour clarifier un peu mon propos : les tests et entretiens révèlent apparemment une timidité sociale conséquente, mais en parallèle une grande sociabilité. Ce qui atteste selon la psy d’une « fabrication » et révèle de ma part l’absence de toute spontanéité puisque tout serait analysé, décortiqué, évalué et fabriqué en conséquence pour me fondre dans le moule général.
Chichi a écrit : J'ai l'impression d'être assez équilibrée et ce que me sors cette psy c'est un diagnostic de dépression combiné à la douane puisqu'elle a tout fait d'un bloc, pas de lien nécessaire entre les deux. Donc diagnostic standard sans prendre en compte la douance. Or, quand elle m'explique (très brièvement) ce qui chez moi traduit cette dépression, type incapacité à ressentir vraiment, décalage, isolation etc… je vois, notamment en lisant tous vos témoignage, des caractéristiques d'un fonctionnement différent, certes pas toujours souhaitables nous sommes tout à fait d'accord, mais pas une dépression classique type lassitude de la vie etc.. dans mon cas ce serait un état quasi permanent que j'aurai tendance à lier au développement d'un faux self béton qui m'empêche parfois de trouver du sens ou de me connecter émotionnellement…
Je me suis retrouvée avec pilepoil les mêmes questionnements en parcourant mon compte-rendu ... C'est pourquoi j'ai essayé des les relier par des citations de tes messages et ça me paraît faire un truc cohérent. Moi le faux-self ça ne me parle que modérément, dans la mesure où tout le monde s'en fabrique peu ou prou et se retrouve à les subir, il me semble.
En revanche, quand on est hypersensible on peut et on doit se mettre des airbags pour ne pas éclater comme un pare-brise et donc on utilise son cerveau pour débrancher, se déconnecter émotionnellement. La mise à distance, ce n'est pas une capacité innée, il faut l'entrainer dans sa vie professionnelle, et quand on est amené à le faire spontanément en tant qu'enfant, sans aide ni explications et par survie, je tends à penser qu'on le subit comme tu le décris. Toutes proportions gardées, cela doit s'apparenter aux réactions qu'on observe suite aux chocs traumatiques.
Et ensuite, quand l'innocence s'est pris le coup de poignard, on s'en remet souvent à l'intellect pour gérer les relations humaines.
Il me semble que certains psy - je ne généralise pas - relient mise à distance et dépression, pour des raisons que je ne tiens pas à connaître.
J'ai eu de la peine quand j'ai perdu des gens, subi des échecs etc, comme tout le monde, et les sentiments étaient les mêmes, j'étais triste, déprimée si on veut.
Et puis, en dehors de toute cause objective, il m'arrive de traverser des périodes de dépressionnement. C'est un néologisme personnel et visuel, d'habitude je suis comme un petit ballon bien gonflé :faitdesbonds: et puis je :pfff plus de pression. Dans un monde parfait té idéal, je saurais pourquoi (je creuse, je creuse, du côté d'un équilibre oxygène, fer, glucose etc), mais je crois qu'il ne faut pas compliquer l'explication qui s'impose à toi aussi : ça va avec le package !Comme l'anxiété d'ailleurs.
On dit que le test WAIS n'est pas fait pour détecter les surdoués, j'aurais tendance à penser qu'en l'état les test de personnalité ne sont pas adaptés non plus.
Mais ... je n'ai pas de psychopathologies ni de dys à gérer alors bien sûr ça change la donne et le chemin, je le reconnais. J'ai beaucoup appris à ce sujet en lisant les messages de Shunbabyx en particulier ceux consacrés aux test de personalité que je te recommande. Ce que j'évoque ici n'est que ma facette de la boule (à facettes).
Dis-nous comment ta réflexion a évolué sur le sujet à mesure que tu intègres cette nouvelle image de toi, si tu le peux bien sûr ! Pas d'obligation :-) Bon courage
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par Mlle Rose » mer. 22 janv. 2014 21:25

Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par madeleine » mer. 22 janv. 2014 22:28

merci Mlle Rose, pour ceci et pour tout le reste
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

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Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par lobo » dim. 22 mars 2015 13:48

Bonjour, (un an après :lol: ) voici un autre article sur Talentdifferent, le site de Cécile Bost.
http://www.talentdifferent.com/la-depre ... -1184.html
L'auteur est James T Webb.
Il a créé l'association SENG pour sensibiliser l’opinion publique aux besoins émotionnels des enfants, puis des adultes surdoués.
Je l'ai trouvé très intéressant et m'y suis reconnu.
Cet article explique très bien les raisons particulières de cette dépression, notamment un questionnement précoce et lucide sur le sens de la vie et de la mort, et aussi le fait d'avoir du mal à partager ces questionnements avec des gens (parents pour les enfants et entourage en général ) qui ne sont pas aussi travaillés par ces questions.
Faire face à sa propre liberté est aussi source de questionnement, ainsi que le côté absurde de la vie et des conventions sociales.

Parmi les solutions proposées :

- Rompre l'isolement en partageant ces questionnements ne les supprime pas mais les rend beaucoup plus supportables
- le côté sensoriel, avec le besoin de toucher, d'avoir un contact physique qui rapproche, qui ancre dans le réel
- s'inspirer des "grands hommes" (je ne sais pas quoi mettre au féminin :rrmiaou: ) pour trouver un sens à l'existence à travers de grandes réalisations.

Sur le dernier point, je trouve ça bien en soi de s'inspirer de grandes destinées, mais aussi dangereux. Tout le monde ne peut pas être Marie Curie, et on risque si on vit toujours dans un rêve d'absolu et de grandeur, de trouver la réalité encore plus fade et absurde. A manier avec précaution ;-)

Je trouve particulièrement intéressant le fait de mettre l'accent sur les besoins émotionnels, et pas seulement intellectuels, des surdoués.

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Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par Mei Citron » dim. 22 mars 2015 15:19

Hors-sujet
J'interviens juste pour rebondir sur ceci :
lobo a écrit :- s'inspirer des "grands hommes" (je ne sais pas quoi mettre au féminin :rrmiaou: ) pour trouver un sens à l'existence à travers de grandes réalisations.

Sur le dernier point, je trouve ça bien en soi de s'inspirer de grandes destinées, mais aussi dangereux. Tout le monde ne peut pas être Marie Curie, et on risque si on vit toujours dans un rêve d'absolu et de grandeur, de trouver la réalité encore plus fade et absurde. A manier avec précaution ;-)
Voilà ce que tu pourrais mettre au féminin :miaou: notamment chez les scientifiques :
► Afficher le texte
Aussi à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, un article de 2012 énumère une liste des "grandes femmes" (non exhaustive) qui devraient être considérées sur le même pied d'égalité que les "grands hommes" autant en sciences humaines/sociales/politiques qu'en sciences physiques/mathématiques : http://associationespoirlight.com/2012/ ... exception/

Puis il y a chaque année des remises de prix Nobel et de médailles à des femmes que les médias relaient très rarement (voire jamais ou en tout cas largement moins que pour des prix décernés à des hommes), entre autres on a décerné la médaille Fields à Maryam Mirzakhani en 2014, mathématicienne iranienne : http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html
On décerne plus souvent des prix Nobel de la paix et de la littérature aux femmes que des prix d'autres domaines, même si la proportion de femmes récompensées est toujours inférieure à celle des hommes. Les raisons sont diverses...
Je vous lis et je trouve toutes vos interventions intéressantes, et je te rejoins Mlle Rose lorsque tu dis :
Mlle Rose a écrit :Chez moi la sinusoïde [était] permanente, [c'était] simplement l'amplitude qui [variait]. (...)
Aujourd'hui tout va bien :-) Je crois que ça tient à deux choses essentiellement :
- j'ai intégré et accepté la manière dont je fonctionne
- je peux m'appuyer sur des amitiés pourvues d'oreilles averties, qui savent de quoi je parle, le vivent aussi, ne jugent pas, ne tentent pas de m'imposer leurs solutions, ou des solutions toutes faites lues dans divers livres de psycho alacon ou adeuballe ;)
Bon courage aux personnes concernées par une dépression problématique.
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Re: Spécificités de la "dépression" parfois associée au HQI

Message par lady space » lun. 23 mars 2015 09:26

lobo a écrit : Sur le dernier point, je trouve ça bien en soi de s'inspirer de grandes destinées, mais aussi dangereux. Tout le monde ne peut pas être Marie Curie, et on risque si on vit toujours dans un rêve d'absolu et de grandeur, de trouver la réalité encore plus fade et absurde. A manier avec précaution ;-)
Je suis d'accord avec toi sur ce point. Comme l'explique Webb, il peut être salutaire pour un jeune qui se cherche de s'inspirer des parcours de gens hors du commun, mais : ça implique que ce jeune évolue dans un environnement bienveillant, aimant, qui met, en amont, tout en oeuvre pour que le jeune puisse s'épanouir dans ce qui le touche au plus profond de lui, ou, plus généralement, que ce jeune soit déjà accepté (et s'accepte lui-même) comme il est.

En revanche, je pense qu'il y a un risque énorme à prendre pour exemple des personnes extraordinaires quand il s'agit de quelqu'un qui manque d'assurance, de sécurité affective, d'estime de soi, etc. et qui évolue dans un entourage hostile ne reconnaissant pas ses spécificités ou pas toutes.

Car une personne plaçant la barre trop haut (c'est-à-dire qui pense qu'elle est quasiment obligée de réussir quelque chose d'extraordinaire) risque de s'en vouloir de ne pas égaler ces parcours exceptionnels, surtout quand elle est surdouée sans avoir les clés pour se servir de ses capacités à bon escient et sans connaître les écueils possibles liés à la douance. Si cette configuration est combinée en plus à un fonctionnement en noir et blanc, tout ou rien, ce cocktail devient explosif et ne fait qu'enfoncer le clou. Avec de longues années de thérapie en perspective, et ceci à condition de trouver un psy au courant des spécificités des surdoués.

Cette proposition de s'inspirer des personnes éminentes du passé peut être utile pour guider un jeune qui vit dans de bonnes conditions ; ce qui n'était pas forcément le cas pour les adultes qui se découvrent surdoués une fois certains choix de vie effectués. Je pense que, dans ce cas, avant de s'inspirer des personnes au parcours hors du commun, il y a un travail de déblayage plus ou moins fastidieux à faire, selon l'histoire de la personne surdouée, afin qu'elle puisse se ré-approprier un pan méconnu de sa personnalité et apprendre d'abord à s'accepter comme elle est.

Si l'on saute cette étape, on se retrouve avec des auto-reproches que l'on voit assez régulièrement sur ce forum aussi, du style (je grossis un peu le trait) "Je suis vraiment trop naze : comment ça se fait que je suis surdoué et n'ai toujours pas de prix Nobel ? Ça doit être moi qui suis trop nul.". Enfin, j'imagine que vous voyez le tableau...

Les autres propositions de Webb m'ont l'air d'être nettement moins risquées, plus facilement praticables aussi.

Personnellement, c'est le livre d'Irvin D. Yalom, Le Jardin d'Epicure dont parle Webb qui m'a beaucoup apaisée. La psychologie existentielle de cet auteur livre un certain nombre de réponses, ou du moins d'approches, pour faire la paix avec le fait d'être mortel et imparfait, de devoir opérer des choix étant donné qu'une vie humaine est techniquement trop courte pour "tout" faire, tout en y trouvant un sens quand même.
Jeder ist ein Ausländer - fast überall.
(Slogan allemand des années 70/80 qui rappelle que nous sommes tous des étrangers quasiment partout dans le monde, sauf dans notre pays d'origine.)

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