votre rapport à la fiction (cinéma)

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Yniel
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Re: votre rapport à la fiction (cinéma)

Message par Yniel » mer. 16 juil. 2014 16:04

Pour moi ce n'est pas une question de film mauvais ou non.
Je suis incapable de voir un film ayant un certain type de violence (intégrité corporelle atteinte), et ça qu'il soit bon ou mauvais, sans avoir des réactions extrèmes. Donc généralement j'hésite dès qu'il y a une mention "interdit aux moins de xx années" (même 12 ans oui oui !) et je ne me lance que si à l'examen du scénario rien ne laisse deviner ce genre de scène.
Les violences autres me font gamberger pendant un bout de temps après, mais je peux supporter la visualisation.

Je préfèrerais voir un mauvais film (un bon nanard ?) qui me fait passer un bon moment (même si c'est pour me payer la tête du film... j'ai passé deux heures à rigoler devant Matrix, au grand dame des autres spectateurs qui étaient scotchés devant) qu'un bon film qui m'envoie au tapis (au sens littéral du terme, on m'avait dit de regarder No country for old men, des frères Cohen, c'est parait il un bon film, je suis incapable de juger j'ai du quitter la salle au bord de l'évanouissement)
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Re: votre rapport à la fiction (cinéma)

Message par Azore » mer. 16 juil. 2014 16:58

Vous avez tout à fait raison ! Chacun est plus ou moins sensible en fonction de la dose, du type de violence et de la manière dont elle se donne (la suggestion est parfois plus difficile à supporter que l'exhibition pure et simple). Si on supporte très mal la violence, le film aura beau avoir toutes les qualités cinématographiques du monde, on ne sera pas en mesure de l'apprécier. Et on n'est jamais à l'abri de se faire piéger par des potes moins sensibles que soi ! Par exemple, j'ai longuement hésité avant de voir Planet Terror. Je n'aime pas particulièrement les films de zombies, mais j'aime bien les films qui prennent plaisir à détourner les codes. Et puis, j'avais déjà tellement ri devant Une nuit en enfer que je me suis laissée faire : j'ai adoré ! En contrepartie, une amie à moi n'a pas arrêté de fermer les yeux alors que pour le coup, les ficelles sont visibles et c'est voulu. J'avais de la peine pour elle parce que je sais ce que c'est que de flipper, mais aussi parce qu'elle n'a pas pu apprécier cet humour-là. :(

Off-topic :
Par rapport à la qualité du film, je m'appuie majoritairement sur l'avis de personnes cinéphiles, notamment ma sœur, qui est à peu près mon double en termes de goûts et de sensibilité (pratique !). Je lis aussi pas mal les critiques presse et spectateurs. Ce qui me permet finalement de voir beaucoup de films très différents les uns les autres, c'est que j'ai peu de préjugés en termes de genre ou d'origine et que je fais confiance à ma sensibilité pour apprécier avec le même enthousiasme Le septième Sceau et Devdas. Mais bon, je crois que je suis surtout à une période de ma vie où je cherche à connaître les classiques du cinéma, qu'ils soient connus du grand public ou seulement culte pour une poignée de fans. En gros, je ne prends pas beaucoup de risques... En attendant, je vois plein de perles ! Je suis parfois intriguée, souvent émerveillée, mais rarement déçue. :ensoleillé:

Conclusion : pour ne pas finir "sur le tapis", se trouver un double cinéphile qui va au charbon avant soi ou avec qui on peut arrêter le visionnage si c'est too much ! :wait:
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Re: votre rapport à la fiction (cinéma)

Message par Bradeck » mer. 16 juil. 2014 20:31

Hors-sujet
Reste que cinéphile ou pas... parfois le conseil est compliqué.

Par exemple pour "No country for old men", quand on me demande ce que j'en pense, je dis que je le trouve vraiment très bon (comme la plupart des films des frères Cohen), mais que personnellement je ne conseille pas d'aller le voir tellement il est particulier... enfin d'un genre qui peut plus facilement déranger, à mon sens, que d'autres des frères Cohen.

D'ailleurs c'est l'un des deux films (le second étant "The killer inside me" pour lequel je dis, même à des gens que je connais très bien: "Très bien, mais je ne me permettrait pas de le conseiller, car je suis infoutu de prévoir si tu va l'apprécier ou pas."

Mais il est vrai qu'avoir dans ses relations des sortes de référents qui ont les mêmes goûts / sensibilité, c'est le top.
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Re: la fiction m'est insupportable (cinéma)

Message par Mei Run » mer. 26 nov. 2014 11:14

Aspasie a écrit :Pour ma contribution, je vais me plagier moi-même (ici le texte intégral dans son contexte d'origine : http://adulte-surdoue.fr/art-litteratur ... 09-50.html)

"Pour ne pas m'épancher trop, je vous renvoie à ce site que je trouve bien fait, ou, tout du moins, clair et concis : ici.

D'après ce que j'ai pu lire, il s'agit d'une forme de synesthésie rare, et somme toute méconnue.
De mon point de vue, ce que je peux en dire c'est que très longtemps elle a été un fardeau pour moi, et qu'elle me pèse parfois encore, même si j'ai beaucoup travaillé pour parvenir à me refixer dans mon corps et dans mon ressenti propre dans ces moments où mes perceptions s'affolent.
C'est difficile à expliquer, mais du fait de ce phénomène je suis EXTREMEMENT sensible à la violence. C'est surtout en ce domaine que je le ressens.

A défaut de pouvoir vous livrer une théorie abstraite, ou des études fort à propos, dont je ne dispose pas, je puis peut être vous livrer quelques exemples qui vous apporteront sans doute un éclairage :

(...)

- Je suis traumatisée par des films tout à fait banals (prout "banaux" c'est le pluriel de "banal", qui appartient au ban, dans le monde féodal) encore maintenant : en allant voir Blood Diamonds au cinéma avec des copains, je me suis mise à pleurer à chaudes larmes, gémissant : "si c'est comme ça tout le film et bah moi je m'en vais". De même, pour Gangs of New York que j'ai regardé en famille, chez moi : l'une des premières scènes montre un combat de rue, combat dans lequel une femme arrache l'oreille d'un homme avec ses dents. Il ne m'en a pas fallu plus pour que je me mette à hurler en disant "interdit aux moins de 12 ans bien sûr !" avant de claquer la porte et de me coucher, sanglotant et tenant mon oreille pour pouvoir m'endormir.
Cela peut paraître bête, mais même un épisode de NCIS, où l'on laisse entrevoir le torse béant de la victime autopsiée me donne des hauts le coeurs et des maux difficilement supportables. Il m'est même arrivé de vomir devant un tour de magie (!) et régulièrement je presse la partie du corps dont le personnage/la personne souffre devant moi.

Bien sûr je n'ai jamais aussi mal que la personne elle-même (d'autant plus lorsqu'il s'agit d'acteurs ou de prestidigitateurs) mais tout de même... Alors, évidemment je me suis également adaptée au fil du temps. Quand je sens poindre ce genre de scènes, je détourne juste les yeux, le temps qu'elle passe et que mes sens ne s'affolent pas inutilement.

Mais qu'on se le dise, ce n'est pas juste que je me mette à la place de l'autre, je ressens RÉELLEMENT une douleur en/sur moi.

Je déterre une deuxième fois alors...

Ce que tu dis là Aspasie me parle beaucoup.
Je ne supporte pas la violence aussi, la vue des corps/cadavre/sang, atrocité, je ressens la douleur, je dois avoir une imagination trop vive, je me crispe et je presse également les parties du corps engendrant la souffrance chez le personnage. Je ressens les coups, je sursaute, parfois je pousse des exclamations. ça me retourne les tripes, mais encore jamais au point de vomir comme certains d'entre vous... Je déconnecte avant.
Les films/séries violents me font décrocher, et tout comme le trop de stimulations auditives/visuelles, ça m'épuise et je finis par m'endormir. C'est un peu ma fuite à moi je crois, m'endormir... Entraînant parfois des réactions type "mais comment tu peux dormir devant un film pareil !!" "Ben... :x "

Je me cache, je détourne les yeux, je pars dans ma tête ailleurs, dans une bulle où j'entends plus je vois plus, et je me coupe de l'écran.

Inutile de dire que je ne regarde absolument pas de film d'horreur...

Et sinon, de même, j'ai facilement les larmes qui montent, je me rappelle encore des premiers DA qui m'ont fait cet effet-là quand j'étais gone, et de l'impression très vive que m'ont laissé certains films, au niveau des sentiments : détresse, beauté, douleur, bonheur...
Je sais que c'est de la fiction, du jeu, du faux, des acteurs, n'empêche que je vis avec eux, que je ne peux pas m'empêcher d'imaginer que quelqu'un quelque part a pu vivre/vit une chose similaire. Et je me laisse totalement emporter...
"Twenty years from now you will be more disappointed by the things that you didn't do than by the ones you did do. So throw off the bowlines. Sail away from the safe harbor. Catch the trade winds in your sails. Explore. Dream. Discover."

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Re: votre rapport à la fiction (cinéma)

Message par Zourite » jeu. 29 nov. 2018 09:55

(J'ai écrit ce message hier dans un sujet sur les films. Le voici allégé et redirigé par ici. Merci aux admins.)

Je suis incapable de regarder un film jusqu'au bout, ou lorsque j'y arrive, je ne parviens jamais à être concentrée. Je trouve leur rythme trop lent, ou trop rapide (et mes yeux peinent à suivre), ou encore très prévisibles donc terriblement ennuyeux, et souvent même, d'une violence qui me perturbe durant plusieurs semaines.

Bref, je ne parviens jamais à suivre, mon esprit partant toujours, malgré moi, très loin de mon corps (qui d'ailleurs se tortille, même dans le canapé le plus moelleux). J'ai résolu le problème en n'en regardant plus du tout.

Les images mentales créées par la lecture d'un livre me sont moins violentes, même si le propos l'est tout autant. Le cerveau ferait-il filtre ?

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