Profils atypiques : quand l'ICV est moins élevé que le reste...

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Différente
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Profils atypiques : quand l'ICV est moins élevé que le reste...

Message par Différente » ven. 12 oct. 2018 22:56

Bonjour à tout(e)s,

Voici bientôt deux ans que j'ai été diagnostiquée. En trois mois je suis passée des premiers murmures, à un diagnostic inattendu, déroutant et pas non plus dans la norme des HPI. De ce que j'ai pu lire ou entendre, la grande majorité des personnes concernées par la douance ont un ICV (très) élevé puis les autres indices suivent de plus ou moins près, ou sont dans la norme. Ce n'est pas mon cas... : 120 < ICV < IMT < 130 < IVT < 145 < IRP.

Déjà, je DÉTESTE lire, je n'arrive pas à m'y intéresser, c'est trop long, trop épuisant, pas assez stimulant. J'ai lu 5 livres dans ma vie, et encore... Je ne suis pas non plus une fanatique de musique. Les percussions, l'opéra et la musique classique me font vibrer mais pas le reste. Par contre je suis un vrai garçon manqué : jardinage, bricolage, mécanique, sports extrêmes... c'est mon dada ! Dessin et peinture aussi, mais que sur des coups de têtes. Je DÉTESTE également les téléphones, je ne suis pas à l'aise à entendre une personne parler sans la voir, c'est limite phobique. Les SMS c'est un enfer, je ne sais jamais de quelle manière les interpréter, je ne sais jamais dans quel sens il faut les prendre. Je suis la seule dans ce cas ?

Récemment, je me suis éprise d'une série télévisée que vous connaissez sûrement : Good Doctor (TF1). Sans parler que je me retrouve parfois dans certaines particularités du personnage principal, j'ai découvert que voir mentalement des images en trois dimensions et pouvoir les parcourir (par exemple, lorsqu'on le voit fictivement se représenter le cœur d'un patient, de rentrer visuellement dedans et de trouver le soucis à partir des données/connaissances en sa possession) ce n'est pas commun. Je fonctionne comme ça... et vous ?

J'ai également des doutes sur une éventuelle dyslexie, d'autant que j'ai appris récemment par une orthophoniste qu'un IVT élevé permet de compenser. J'ai du mal à retenir l'orthographe des mots et les terminaisons des verbes, et cela pourrait expliquer mon dégoût pour la lecture. Mais j'adore écrire, former de belles lettres. Je n'ose pas consulter... Est-ce que l'un d'entre vous est dyslexique avec une compensation telle que cela ne se voit pas ou peu au point de passer à côté ?

Plus les mois passent et plus je me rends compte que le monde dans lequel je vis depuis toujours n'est pas le même que les autres.
Ça fou la trouille, parfois...
Tu passes la moitié de ta vie à hésiter avant de te décider de quelque chose et le reste du temps t'es pas sur d'avoir pris la bonne décision.

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Dicizit
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Re: Profils atypiques : quand l'ICV est moins élevé que le reste...

Message par Dicizit » mar. 16 oct. 2018 20:30

coucou
je suis bien incapable de décoder tes scores obtenus au test WAIS. Ce dont je suis persuadée par contre, et de plus en plus au fur et à mesure que je vieillis avec ma douance (je commence à m'y faire! le test remonte à plusieurs années), c'est que le HQI n'explique pas toutes nos particularités, nos goûts, nos penchants, nos différences... Loin s'en faut.
En travaillant avec une psychologue, je réalise que beaucoup de noeuds peuvent se dénouer sans passer par la case surdon. Il fait sans doute partie de nous mais nous sommes tellement plus.
Par contre ton profil est singulier, c'est rare les IRP >ICV et les IVT sont souvent chutés dans la population HQI.
Pour ma part, et pour reprendre ta formulation, je suis aussi singulière (!): IMT<ICV<145<IRP<IVT
J'adore lire, je n'aime pas les sports extrêmes mais suis musicienne, n'aime pas le téléphone mais utilise beaucoup les SMS (car pour moi synonymes de rapidité et concision, YES!) et mon écriture est tout sauf jolie.
Bref! Nos scores au WAIS ne dressent pas un portrait bien fiable de nos (charmantes) personnes, tout au plus définissent-ils un mode de fonctionnement cognitif.

tu dis:
"Plus les mois passent et plus je me rends compte que le monde dans lequel je vis depuis toujours n'est pas le même que les autres.
Ça fou la trouille, parfois..."
J'irais même plus loin. Je me dis que tout ce que je connais du monde provient de mes sens, eux-même décodés par mon cerveau. Et du coup, personne ne peut lire le monde comme moi, comme toi, comme n'importe quel autre être humain. Je suis incapable de m'imaginer le delta de la distorsion qu'il peut y avoir entre 2 de ces lectures. ça fait de nous des êtres profondément seuls. et oui, ça fout la trouille!

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Re: Profils atypiques : quand l'ICV est moins élevé que le reste...

Message par Louise » mer. 17 oct. 2018 09:31

Je ne sais pas s'il y a des stats sur des profils plus "typiques" ou non de HP. Le profil typique de HP, c'est QIT > 130. :)
Par ex, ici il semblerait (je dis semblerait parce que j'ai pas compté :D) avoir plus de ICV > IRP. OK. On est sur un forum, donc un media qui passe par l'écrit et le langage... est-ce que ça serait pas un biais explicatif suffisant? En tous cas, ça me paraît léger pour généraliser.

Dans tous les cas, c'est sûr les troubles (dys, ou autre) peuvent être compensés (et donc passer sous les radars de détection... ) par un HP, qui permet souvent d'ouvrir à des stratégies d'adaptation. Au delà de ça, les particularités de chacun, ne serait-ce que sensorielles, vont donner des profils différents. Mais ce qui met une étiquette "trouble" (cette petite ligne entre "normal" et pathologique"), finalement, ce n'est pas tant une mesure, que "est-ce que ça pose un souci fonctionnel dans la vie"?
Un grand delta entre un indice et un autre peut attirer l'attention sur un point particulier. Mais même cela n'est pas forcément une indication de "pathologie", voir http://adulte-surdoue.fr/viewtopic.php?f=60&t=9463

Maintenant, si tu as envie de creuser, creuse! Et si des adaptations faites pour les dyslexiques t'aident dans la vie de tous les jours, pourquoi s'en priver?

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Re: Profils atypiques : quand l'ICV est moins élevé que le reste...

Message par Traum » lun. 22 oct. 2018 15:34

@Différente, il y a deux références qui pourraient t'intéresser sur les variations observées dans les profils HPI : la thèse de Medhi Liratni (que l'on peut trouver sur Internet) et un article du n° 154 d'ANAE qui doit avoir été posté sur le forum et traite de cette question.
Il semble que l'on trouve effectivement, parmi les HPI, plus souvent des profils avec l'ICV plus élevé que les autres indices, mais ce n'est pas toujours la règle et surtout un ICV plus élevé sur les autres indices n'est pas un critère d'identification du HPI. De surcroît, les études qui font ce constat (dont celle menée par M. Liratni) sont entachées de leurs propres biais qu'il est intéressant d'analyser.
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Re: Profils atypiques : quand l'ICV est moins élevé que le reste...

Message par Mlle Rose » mar. 23 oct. 2018 20:30

Différente a écrit :
ven. 12 oct. 2018 22:56
J'ai également des doutes sur une éventuelle dyslexie, d'autant que j'ai appris récemment par une orthophoniste qu'un IVT élevé permet de compenser.
Compenser quoi par un IVT élevé ?
Parce que techniquement, ça joue surtout sur les temps d'exécution, et les tests normés un peu sérieux distinguent score en terme de précision et temps de lecture.
Je ne suis pas sûre que faire de la salade de portekoi très vite puisse être assimilable à de la compensation.
Les personnes dyslexiques que j'ai pu voir, avec haut potentiel et compensation, compensaient par un très bon niveau de langage oral surtout (gros stock lexical et bonnes compétences en conscience morphologique > ICV hauts en général) et une suppléance mentale très efficace permettant d'améliorer la prédiction dans un texte, et le rapprochement entre les indices visuels et phonologiques pris dans le mot lu et les mots contenus dans leur lexique oral.
Les diagnostics s'étaient révélés essentiellement au regard :
- de difficultés à lire des pseudo-mots (ralentissement significatif par rapport à la lecture de mots, et erreurs plus nombreuses) et/ou de substitutions de mots avec des ressemblances visuelles/morphologiques dans les mots isolés ou textes obscurs ; selon le ou les troubles associés (qui sont les facteurs explicatifs de l'étiologie de la dyslexie).
- de l'existence de troubles associés (troubles phonologiques principalement, et/ou altération de l'empan visuo-attentionnel, et/ou difficultés en mémoire à court terme - et donc IMT plus faible que le reste, et/ou trouble de l'accès au lexique).
Dans tous les cas, on retrouve les indices de lignes de fracture par rapport à la trajectoire développementale classique, qui n'ont pas tout à fait disparu en grandissant, avec des fragilités qui demeurent.

ICV <IRP ne veut pas nécessairement dire dyslexie donc.
Parfois l'ICV est bas consécutivement à un trouble de la lecture, parce que le niveau de langage oral augmente beaucoup par l'exposition à un langage écrit élaboré après l'apprentissage de la lecture. Mais de mon expérience, les sujets avec haut potentiel et dyslexie vont beaucoup glaner leur langage élaboré ailleurs que dans les bouquins.
Différente a écrit :
ven. 12 oct. 2018 22:56
J'ai du mal à retenir l'orthographe des mots et les terminaisons des verbes, et cela pourrait expliquer mon dégoût pour la lecture.
Ou l'inverse. Parce que, pour qu'un lexique orthographique se construise, ben faut y faire rentrer quelque chose par quelque part.
Seul un bilan orthophonique pourrait réellement te renseigner.
Le truc chiant, c'est que pour les adultes on n'a pas de test vraiment aussi élaboré que pour les mômes. Le diagnostic est moins aisé a fortiori si des compensations existent. Si tu envisages une telle démarche je ne peux que te conseiller d'aller voir un ortho qui s'y connaît dans le HQI (contacte les associations spécialisées dans ton secteur).
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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