Cannabis et WAIS IV

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Supra_51
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Cannabis et WAIS IV

Message par Supra_51 » dim. 7 oct. 2018 18:08

Bonjour, ou bonsoir tout le monde !

Deux études prévalent concernant les effets du cannabis sur le QI : une évoquant une perte moyenne de 8 points, une autre indiquant des impacts majoritairement sur la mémoire de travail.
Une psy et un scientifique, donc des figures d'autorité, m'en ont quant à eux parlé avec une légèreté presque destabilisante : il n'en découlerait aucune conséquence grâce à la sacro-sainte plasticité cérébrale ...

Bref ! J'ai eu droit à l'entretien préalable au test vendredi, je lui ai fait part de ma grosse consommation qui dure depuis 6 ans (et j'en ai 23) avec de longues interruptions, elle va à priori le prendre en compte.

Elle m'a évidemment conseillé d'arrêter de détruire mon petit cerveau ... mais après la passation pour éviter les manifestations du manque qui impacteraient mes résultats : irritabilité, stress ...

Personnellement, j'imaginais faire une pause de trois ou quatre semaines histoire de me désembrumer un peu, vous pensez que c'est utile ? Insuffisant ? Des retours d'expérience ?

Merci d'avance !

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Grabote
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Re: Cannabis et WAIS IV

Message par Grabote » dim. 7 oct. 2018 18:34

Euh ... c'est toujours utile de se "désembrumer un peu" non ? :P
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

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samjna
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Re: Cannabis et WAIS IV

Message par samjna » lun. 8 oct. 2018 07:11

Sans préjuger de l'ensemble des effets, une "bonne prise" de cannabis perturberait la circulation cérébrale chez l'homme pendant plusieurs semaines. So, 3-4 semaines d'abstinence minimum me semble une bonne idée, sous réserve comme tu dis qu'elle ne se complique pas d'effets secondaires etc.
Faudrait retrouver l'étude en question citée dans une publication de l'INSERM que j'avais lue y a environ 2 ans.
( au passage, vaut mieux pas accompagner ce mini-sevrage d'un régime étant donné que du THC-truc stocké dans les graisses peut se libérer de ce fait )

Pour le déficit de 8 pts de QI... Je me demande comment ils ont établi ça.
Pas sûr que c'était un WISC !

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Armie
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Re: Cannabis et WAIS IV

Message par Armie » lun. 8 oct. 2018 09:39

Bon courage pour le sevrage Supra_21. Juste, pour info, les symptômes apparaissent dans les 10-48h suivant l'arrêt, sont d'une intensité maximale entre le 2 et le 4e jour, et durent entre 10 à 20 jours. Histoire de t'encourager à tenir le cap des premiers jours....
En effet, il y a l'anxiété et l'irritabilité, mais aussi la fatigue, les difficultés de concentration, les troubles du sommeil, la déprime... (et le besoin intense du cannabis naturellement)... C'est pas une période idéale pour un bilan.
Peut-être le planifier après 20 jours?
samjna a écrit :
lun. 8 oct. 2018 07:11
Pour le déficit de 8 pts de QI... Je me demande comment ils ont établi ça.
Je pense que Supra_51 fait référence à l'étude longitudinale réalisée en Nouvelle Zélande qui montre une diminution significative du QI à l'âge adulte chez les sujets consommateurs ayant débuté la consommation de cannabis à l'adolescence (Meier et al., 2012). Les sujets étaient testés à 15 ans et retestés à l'âge de 38 ans. Comme toute étude, on peut débattre de ses limites: certains auteurs ont objecté par exemple que les résultats étaient attribuables au statut socioéconomique (Rogeberg, 2013). Ce que les premiers auteurs ont réfuté dans un contre argumentaire en 2013. Outre la baisse de QI, ils ont observé un déficit de certaines fonctions cognitives (compréhension verbale, vitesse de traitement, raisonnement perceptif et mémoire).
Supra_51 a écrit :
dim. 7 oct. 2018 18:08
il n'en découlerait aucune conséquence grâce à la sacro-sainte plasticité cérébrale ...!
Là encore, c'est discutable. Meier et ses collaborateurs ont par exemple montré que l'abstinence après une grosse consommation à l'adolescence ne permettait pas un plein rétablissement des fonctions affectées.

(amusez vous bien sur google scholar :grin: )

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lady space
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Re: Cannabis et WAIS IV

Message par lady space » lun. 8 oct. 2018 16:53

Une petite remarque : les gens qui arrivent ici et qui commencent à se documenter sur la douance, qui finissent par passer le test et tout le tintouin, ont parfois tendance à tout remettre en question, y compris, voire surtout la validité du résultat. Tout dépend de l'enjeu que chacun y met, mais les gens sont nombreux ici à avoir du mal à croire au résultat. Les remarques du type "la psy a dû se tromper/confondre des dossiers" "il/elle a dit ça pour me faire plaisir", etc. sont légion ici.

Et, si tu ne passes pas ce bilan dans des conditions optimales, c'est la porte grande ouverte aux doutes en tous genres... "Et si elle en avait trop rajouté des points en tenant compte de ma dépendance ?", "Et si j'avais eu les idées vraiment claires le jour J, quel aurait été mon score ?", etc.

À mon avis, il vaut mieux y réfléchir à maintes fois, être sûr et certain d'être dans la meilleure forme possible, pour être sûr ensuite d'obtenir un résultat qui soit exploitable pour soi-même, avec le moins d'incertitudes possibles. Donc être certain de ne plus avoir l'esprit embrumé, que ce soit à cause des substances elles-mêmes ou du sevrage et se donner une marge de plus, juste histoire de...

Parce que la plasticité cérébrale est bien gentille quand il s'agit de compenser des dégâts (et encore : je ne suis pas convaincue que la plasticité permette de récupérer l'intégralité du fonctionnement initial - pour ce que j'y ai compris, ça relève plus du plan B neurologique et les auteurs mentionnés par Armie ont l'air de penser la même chose), mais je doute que ça puisse se faire en quelques semaines.

Puis, je me pose la question de l'utilité de faire ce bilan (qui n'est quand même pas donné) après une pause, quelle qu'en soit la longueur, pour ensuite continuer à abîmer ledit cerveau après avoir appris comment il fonctionne.

Et ma deuxième question porte sur la pertinence de prendre une décision quant à ce test en ayant l'esprit embrumé. Parce que, hormis le prix, une fois passé, il faut attendre au moins deux ans avant de le repasser. Et cette passation semble anodine aux yeux de certains, mais elle peut déclencher un tas de chamboulements auxquels on ne s'attendait pas. Ce n'est pas que la passation qu'il vaut mieux affronter en ayant les idées claires à mon avis ; il vaut mieux être lucide aussi en prenant la décision et pour affronter l'après qui, d'une manière ou d'une autre, sera un saut dans l'inconnu. Alors autant en tirer le meilleur parti possible.
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Pataboul
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Re: Cannabis et WAIS IV

Message par Pataboul » lun. 8 oct. 2018 16:56

Je connais assez bien le sujet.... :angel:

Vu que tu as l'habitude de faire de longs arrêts, si tu les vis bien, je ne peux que te recommander d'arrêter plusieurs semaines avant le test. D'après mon expérience personnelle je confirme ce qu'Armie et Samjna ont écrit, il faut plusieurs semaines pour retrouver tout (ce qu'il reste de??) son potentiel.
En matière d'études, celle de Nouvelle Zélande me fait bien chier, mais il faut admettre qu'elle est bien plus solide que d'autres qui n'ont pas trouvé d'impact sur les fonctions cognitives..

Et quand bien même le cannabis n'altérerait pas durablement notre matériel cognitif, il altère au moins la façon dont on se sert de notre ciboulot. Ce que je veux dire, c'est qu'au cours de la vie, on "s’entraîne", on apprend, à chaque instant à utiliser de mieux en mieux nos capacités, surtout à l'adolescence ou l'on traverse pas mal de changements. Sous cannabis, les enseignement tirés de ces expérience sont profondément biaisés, voir nuls. Bref au final, en ce qui concerne l'usage d'un cerveau en conditions "normales", le consommateur régulier de canna (et d'autres substance psychoactives) prend du retard sur ce qu'il aurait pu apprendre à faire sans consommation, retard qui ne sera jamais rattrapé. Mais il n'est jamais trop tard pour se remettre en route.

Route... Ca m'inspire une métaphore: Mettons qu'on marche sur notre cerveau, toute notre vie en ligne droite dans le même sens. Avec un pétard, on s'assoit. Et quand on arrête de fumer, même si on reprend notre rythme d'avant, on a toujours du retard sur la distance qu'on aurait parcourue sans s'être arrêté.



J'ai écris "si tu les vis bien", les arrêts. Parce que l'usage de drogue (hors l'usage récréatif occasionnel) n'est pas une cause mais un symptôme, d'un mal-être, d'une déprime, de soucis, etc.. Et si ce remède a des inconvénients, il faut les mettre en balance. Arrêter le cannabis, comme toute toxicomanie, sans changer rien d'autre à sa vie, ça n'arrange pas systématiquement le tableau général puisque qu'on se retrouve face aux soucis qui nous ont poussé à consommer. Il se pourrait que ce que tu gère avec le cannabis te cause plus de handicap lors de la passation que les effets secondaires du cannabis, à toi de voir.



Ceci étant dit (et je pourrais y revenir, développer, si quelqu'un le souhaite), ayant eu de longues périodes de très forte consommation, et de plus ou moins longues périodes d'abstinence, je trouve que le ralentissement cérébral se dissipe de façon flagrante dans les premiers jours. En bien moins d'une semaine on peut avoir l'impression de retrouver tous ses moyens. Mais mes nombreuses expériences assorties d'une profonde réflexion et introspection sur le sujet m'ont fait réaliser que, dans mon cas que je pense généralisable, il reste des effets plus subtils qui mettent plus d'un mois à disparaître. Au delà de deux mois maximum, je n'ai plus été capable de distinguer de différences, d'évolution. Cela est valable pour une très grosse consommation. Pour un pétard occasionnel, je n'ai pas l'impression que les effets "subtils" mettent plus de deux semaines à se dissiper.


Bref, je pense que ton idée est très bonne, arrêter un petit mois avant de passer le test.

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W4x
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Re: Cannabis et WAIS IV

Message par W4x » lun. 8 oct. 2018 19:30

Supra_51 a écrit :
dim. 7 oct. 2018 18:08
Deux études prévalent concernant les effets du cannabis sur le QI : une évoquant une perte moyenne de 8 points, une autre indiquant des impacts majoritairement sur la mémoire de travail.
Une psy et un scientifique, donc des figures d'autorité, m'en ont quant à eux parlé avec une légèreté presque destabilisante : il n'en découlerait aucune conséquence grâce à la sacro-sainte plasticité cérébrale ...
Études, lesquelles (merci Armie ;) )? C'est cool quand on apporte soi-même un peu d'eau au moulin.
Pour la seconde phrase, vu que tu sembles trouver ça déstabilisant et je te rejoins, ce serait bien de passer cette affirmation "scientifique" au tamis de son esprit critique... je n'ai pas de réponse ferme et définitive mais au moins un peu de réflexion pourrait induire un poil de doute. Tout dépend notamment de la durée, la fréquence, la quantité, la tranche d'âge...
Et l'on débouche sur la double dualité bénéfice/risques contre addiction/sevrage. Disposer d'un degré de sobriété suffisant lors du passage du test me semble de manière évidente un prérequis, et éventuellement une information connexe pour le praticien lors de la passation du test. S'il y a un effet de manque, c'est que ce n'est pas le moment de passer un test. Si cet effet persiste, consulter un médecin. Ce n'est pas pour enfoncer des portes ouvertes mais si 1. l'on souffre d'une addiction, 2. que l'on s'en rend compte, et 3. que l'on considère ça comme un problème, l'urgence n'est pas de passer un test de QI.
Ceci étant si l'on parvient à se trouver dans un état de sevrage raisonnable, le résultat n'en sera que plus représentatif des capacités cérébrales dont on dispose réellement à cet instant, et non dont on se suppose sous substances. La plasticité existe, mais de là à dire qu'elle permet de "récupérer" des capacités sur un certain potentiel, c'est plus que discutable comme cela a été dit. Tout ce qu'on peut affirmer c'est qu'on a moins de capacités sous substances qu'à jeun.
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Re: Cannabis et WAIS IV

Message par Swinn » lun. 8 oct. 2018 21:05

Tu dis fumer depuis 6 ans mais as tu vraiment déjà arrêté ?

Pour avoir arrêté et repris le shit au moins 20 fois, si il y a bien une chose que j'ai expérimenté , c' est que tant que le sevrage n' est pas terminé, tant que la déprime te coagule l' esprit et que le mauvais sommeil te malaxe et te broie le cerveau, tu seras bien loin d' être dans les conditions optimales pour passer le test

A moins d' être joueur et d' être prêt à tout remettre en cause, il me semble, sans faire le vieux schnock, plus avisé d' attendre d' être parfaitement disponible afin d' obtenir le score optimal.

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