Asperger au féminin

Ici vous pourrez échanger au sujet du diagnostic et de l'accompagnement
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Peterp
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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Peterp » jeu. 7 mars 2019 12:33

Bonjour @Twist,

Tu n'as pas à te navrer, et (personnellement) je trouve que ton post n'est pas hors sujet ici, dans la mesure où les HQI et encore plus les THQI ont des traits souvent comparables à l'autisme, surtout quand leurs scores sont hétérogènes. Chose qui rends ce diagnostique particulièrement délicat, en sachant qu'aucun autiste ne se ressemble.
Moi par exemple qui ne le suis pas, je souffre d'une légère prosopagnosie (se rappeler mal des visages), que j'ai évoqué dans ce fil, et qu'en étant hors-sujet, a été déplacé dans un fil à part. Il faut savoir qu'en suite le fil a eu un certain répondant, car nous sommes très nombreux parmi les HQI à avoir ce problème, tout n'étant pas Asperger.
Quant à l'oubli de dormir, de manger et aux pensées obsessionnelles, je suis comme toi, capable de tout oublier car une pensée ou une passion m'absorbe totalement. Mais pour le reste, en IVT aussi je dépasse les 130, et je suis non seulement d'une empathie exagérée, mais socialement très présent, voir trop, chose qui en agace certains à qui inconsciemment et en toute innocence, j’empêche de s’exprimer. C'est une chose que j'ignorais et que j'ai dramatiquement découvert dans des groupes Gestalt, où les participants m'ont souvent fait part de leur difficulté à trouver leur espace d’expression face à ma personnalité débordante, qui occupe chaque recoin disponible. Mais je me pose la question : il s'agit d'empathie, de sociabilité, ou de farouche besoin d'exister parmi des "étrangers" et de me défendre d'un environnement que je considère naturellement hostile ? Ça se discute ! Il faut ajouter que notre façon d’interagir n'est pas seulement de nature cognitive, mais par exemple pour ce qui me concerne, surement liée à un environnement infantile émaillé de violences, indépendant de ma personne, mais qui a largement contribué au développement de ce type de comportements défensifs. Tout cela pour te dire que je suis vraiment curieux de savoir par quels tests ont te diagnostique "Asperger" ou non (même par MP où ailleurs, si on considère ici le sujet hors propos, même s'il me semble que le sujet Asperger est transversal et revient souvent dans les discussions. Il y a un par exemple sur THQI et supposés traits autistiques).
J'ai un copain THQI très homogène qui a été diagnostiqué Asperger. Mais lui est vraiment typique, dans le sens qu'il est totalement dépourvu du sens de l'ironie, tant qu'on s'est fâchés pour un blague anodine toute bête que j'ai proféré et qui a été reçue (seulement par lui) au premier degré. Dans ce cas donc et malgré l’homogénéité de son WAIS, la supposée compensation de son autisme par la douance ne se concrétise point... Son diagnostic par contre, accompagné d'autres symptômes évocateurs, dont la prosopagnosie, est bien avéré.

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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Twist » jeu. 7 mars 2019 15:31

@Peterp Je vois, je t'invite à m'envoyer un MP si tu as des questions précises concernant les tests, car là c'est un peu flou pour moi (encore un trait commun à beaucoup d'autistes, Asperger ou non, on a des difficultés à répondre à un message ou une question jugée comme n'étant pas assez détaillée).
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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Peterp » jeu. 7 mars 2019 15:48

Hors-sujet
Je vais tout de suite le faire, dans l'ordre des idées

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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Fish » jeu. 7 mars 2019 20:38

peterp a écrit :les HQI et encore plus les THQI ont des traits souvent comparables à l'autisme, surtout quand leurs scores sont hétérogènes. Chose qui rends ce diagnostique particulièrement délicat, en sachant qu'aucun autiste ne se ressemble.
As-tu des articles scientifiques qui confirment cela ? A première vue, je trouve ton affirmation un peu péremptoire et surtout contradictoire : comment trouver des caractéristiques communes aux (T)HQI et aux autistes, si déjà les autistes n'ont pas de caractéristiques communes ? Quels sont ces traits comparables ?

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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Twist » jeu. 7 mars 2019 21:14

Je me permets quand même d’ajouter que les autistes ont bien des caractéristiques communes: pb relationnels + comportement restreint et stéréotypé. Sans ces deux points, pas de diagnostic (sauf pour les autistes atypiques qui représentent 2% des autistes), le reste, l’intensite des signes étaient les autres signes de l’éventail effectivement dépendent des gens.
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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Fish » jeu. 7 mars 2019 21:23

Oui, ça correspond à l'idée que j'en ai, mais du coup:
- comportement stéréotypés: il ne me semble pas que les HQI aient cette tendance, sauf justement ceux qui seraient autistes;
- problèmes relationnels: je suis convaincu que nombre de HQI qui se font tester ont des problèmes relationnels. Mais est-ce qu'on ne retombe pas là simplement sur le biais de recrutement, à savoir que les HPI qui consultent ont des problèmes psychologiques, notamment relationnels, qui les poussent à aller vers un psy ? A coté de ça, les HQI qui vont bien, qui n'ont pas de problèmes relationnels, ils ne vont pas se faire tester.

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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Twist » jeu. 7 mars 2019 22:53

Oui et puis bien sûr j'oublie un point très important, il faut que les signes soient apparus dans la petite enfance ! J'ai un ami HPI qui était persuadé d'être également Asperger car pas mal de points communs (dont ces fameux pb relationnels) et en fait en faisant les tests (qui remontent jusqu'à la naissance avec consultation du carnet de santé, des parents etc) ils se sont rendus compte qu'en fait il était HPI + trouble anxieux car les pb relationnels étaient apparus début collège. Donc bon, il faut toujours voir les choses globalement (et effectivement après une longue thérapie les "traits autistiques" avaient disparu).
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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Peterp » jeu. 7 mars 2019 22:56

Bonsoir @Fish

Désolé, je ne voulais pas du tout sembler ni surtout être "péremptoire" sur une thématique que je connais si peu. Du reste tu peux remarquer que j'ai ouvert ce questionnement avec un modeste "juste par curiosité", car c'est bien de cela qu'il s'agit de ma part : d'en savoir plus sur les tests Asperger et aussi sur ces "atypiques" dont tu parles. Et pour 6 raisons précises :
1) j'ai un pote diagnostiqué Asperger qui est très, très sociable, et franchement je me demande pourquoi il ne corresponds pas du tout à la définition qu'on en donne. Ferait-il partie des 1% d'atypiques ? Pourquoi pas !
2) je souffre d'une prosopagnosie (légère). J'en ai du reste ouvert un post ici, et j'ai pu constater que curieusement beaucoup d'entre nous qui sont HP mais pas autistes, souffrent du même problème de mémorisation des visages (même sévèrement). Or, d'après ce que j'ai pu lire un peu partout, la prosopagnosie est un des signes très évocateur du syndrome Asperger.
3) tout en étant socialement à l'opposé d'un Asperger, j'ai parfois tendance à m'abstraire des discussions pour me plonger dans des détails parfois anodins qui m'hypnotisent... J'en arrive même à ne plus entendre et voir ce qui se passe autour de moi. D'apres ce qu'on me dit, je suis comme ça depuis mon enfance. Je pensais que c'était "normal" et on se moque toujours sympathiquement de ma "distraction épique", mais en réalité j'ai compris seulement récemment qu'il ne s'agit pas de distraction, mais d'une hyper-concentration sur un point précis.
4) j'ai touché vraiment très facilement et rapidement le plafond du sub-test "séquence des chiffres", tant que même la psy en a été étonnée (et elle ne fait que des WAIS du matin au soir).
5) mon WAIS a été considéré homogène et sans troubles, mais à son dire atypique (IAG inférieur au QIT, avec un max en ICV et IMT, on me dis que ça corresponds à moins de 6% des surdoués)
6) j'ai subi à 9 ans un traumatisme qui m'a causé une lourde amnésie traumatique. Pour te dire qu'il ne me restent que quelques bribes de souvenirs (et pas terribles) jusqu’à l'age de 11-12 ans. C'est comme si je n'étais né qu'à 13 ans. J'ai fait toujours semblant que c'était normal. Mais aujourd'hui je suis par contre dans un questionnement quasi obsessionnel sur ma mémoire perdue et plus en général sur tout ce qui concerne la cognition.

Voilà pour les questionnements personnels et je dirais aussi "amicales", car mes potes asperger m'intriguent.

Je précise aussi que mise à part connaitre des Asperger (grâce au Mensa) dont au moins un vraiment atypique, je suis bien loin de connaitre la matière, d'où mes demandes de précision à @Twist, parce qu'en fouillant sur les forums, je me rends compte que le diagnostic n'est pas si évident, parfois contesté et parfois même invalidé par un deuxième avis (c'est ce que j'avais lu je ne me rappelle pas où). J'ai lu aussi (je crois sur le wiki de z...c...ssing et sur un site italien, j'en suis un) que parfois certains traits THQI peuvent ressembler à des troubles Asperger. Et ici même il y a un post où plusieurs personnes évoquent leur doutes personnels : Douance et Traits Autistiques (http://adulte-surdoue.fr/viewtopic.php?f=44&t=140) ; que je n'ai pas lu en entier (il a débuté en 2011), mais où j'ai pu constater en le feuilletant que le sujet Asperger-non Asperger n'est pas si tranché, et e constante évolution.

Voilà, je suis donc humblement à l'écoute, sans aucune prétention ni à priori, car pour le moment il me serait impossible d'en avoir !

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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Twist » jeu. 7 mars 2019 23:25

Attention @Peterp je suis autiste et je suis très très sociable aussi ! :) J'ai des amis, j'adore la compagnie des autres, partir en groupe en vacances, aller en soirée. Quand on pense à autiste ou pb relationnels on pense souvent à "asocial" (aucun jugement négatif ou mépris dans mes paroles, j'avais les mêmes clichés il y a encore un an, persuadée de ne pas être autiste à cause de ma "sociabilité".

En fait, les pb relationnels des autistes peuvent prendre diverses formes, évidemment certains n'aiment pas trop la compagnie, préfèrent être seuls etc, dans mon cas les pb relationnels et l'atypie dans les relations se traduisent par (entre autres) = pb pour engager une relation, la maintenir (prendre des nouvelles, consoler, voir sur une base régulière), mauvaise compréhension de certains implicites (reproches, ennui), aucune compréhension des codes de séduction (drague etc). Je ne comprenais pas du tout l'humour, j'ai tout appris par coeur (des milliers de blagues et réflexions analysées contenues dans des cahiers pendant toute l'adolescence pour comprendre comment "marchait l'humour". Aujourd'hui 10 ans plus tard, avis des amis à l'appui, impossible de détecter que ça a été "appris par coeur". J'avais également tendance à monopoliser la conversation, ramener le sujet à moi (pas par égoisme ou mépris, seulement car on a pour beaucoup une mauvaise gestion du temps et on a du mal à se mettre à la place de l'autre) pas de compréhension des codes sociaux donc je pouvais passer pour impolie = dire ce qui me passait par la tête, être blessante avec mes amis. Ca aussi, ça s'apprend, les codes sociaux s'apprennent, je les ai appris par coeur.

Là où c'est considéré comme des pb relationnels c'est qu'une personne "lambda" va généralement (sauf exception) être assez spontanée. Moi, c'est une répétition constante, seconde après seconde de ce que je dois faire "tais toi ne dis pas ça... tu parles trop... parle pas plus de 3 phrases... attend qu'il hoche la tête... montre un signe d'approbation...", bref très mécanique et donc très fatigant, j'adore sortir faire la fête etc mais du coup je suis dans les premières à partir à chaque fois car c'est évidemment plaisant, mais fatigant. Et je ne suis pourtant pas du tout autiste "atypique" je suis au contraire à lire mon bilan un bon cliché haha. Donc il est possible que ton ami ait juste "appris" les codes et soit maintenant capable de les appliquer. Autiste =/asocial, "juste" maladroit. :)
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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Peterp » jeu. 7 mars 2019 23:54

Bon, merci @Twist de m'éclairer sur le sujet, et sur le fameux cliché de l'asocial que comme tout ignorant je me faisais.
Mais pouvons nous continuer de parler d'autisme ici ? Serions nous hors sujet ? Car j'ai plein, mais plein de choses à te dire, car si tes précisions d'un côté m’éclairent, de l'autre me troublent au plus profond. Sur certains aspect nous sommes à l'opposé, comme sur l'ironie qui est mon seul langage je dirais presque naturellement oulipien, par contre sur d'autres aussi "atypiques" je suis carrement ta photocopie parfaite... Dois-je m'inquiéter ? Je t'avais aussi précisé par message que je me suis soumis à des test internet sur l'autisme, avec des résultats extrêmes et totalement contradictoires, notamment celui des regards, ou on me qualifie de de très probable aspie, et celui de Simon Baron-Cohen, ou je ne le suis pas du tout.
Hors-sujet
Mais tu as lu mon long message ? Je ne le retrouve pas dans la poste envoyée... ne me dis pas qu'un malchanceux clic l'a effacé, j'avais passé une demi-heure à l’écrire...

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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Twist » ven. 8 mars 2019 00:19

N'étant pas spécialiste je serais bien mal placée pour te répondre et te dire si tu as un profil correspondant ou pas, je pense que ça relève d'un spécialiste. Mais si tu as des questions on peut en parler en privé. Je pense néanmoins qu'il vaut mieux continuer en privé car on va vraiment finir par être trop hors-sujet pour le topic (pardon aux modérateurs d'ailleurs). Je n'ai malheureusement pas reçu ton message.
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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Peterp » ven. 8 mars 2019 00:33

Hors-sujet
C'est ce que je vais faire, en m'excusant avec les modérateurs et en regréttant que mon, looooong message ne soit pas dans ma boite... En tous cas, merci d'avance

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Re: Asperger au féminin

Message par Twist » lun. 11 mars 2019 02:20

Je me permets d'ajouter quelques points même si le topic date un peu, d'autant plus que mes précédents posts viennent d'un autre topic, ils ont été déplacés, du coup ce n'est peut-être pas bien clair. J'ai survolé le topic, je vais juste répondre à deux trois choses.

-Pour l'effet Barnum, il faut en effet être prudent, mais l'autisme va plus loin qu'un "mal-être social". Je pense que ce que Julie Dachez a voulu dire dans sa vidéo, c'est qu'extérieurement les signes étaient moins VISIBLES. Mais ce n'est pas parce qu'ils ont moins visibles qu'intérieurement il y a moins de difficultés. Le diagnostic, comme quelqu'un d'autre l'a précisé, est long et se fait avec plusieurs tests et une équipe disciplinaire. Dans mon cas je l'ai passé dans un centre expert et j'ai bien passé des entretiens qui calculaient un "quotient autistique" sur une échelle, qui justement permettait de faire la part des choses entre "simple fille un peu paumée qui souffre d'un mal-être" et "autisme". Plusieurs choses très précises sont effectivement prises en compte, bien que ça varie d'une personne à l'autre: gestion des émotions, façons d'interagir, hypersensorialités, imagination, détection des émotions, des implicites, etc. Dans mon cas, je suis complètement invisible, mais l'échelle a aussi pris en compte la FACON dont je compensais. La psy qui m'a diagnostiquée m'a demandée comment je réfléchissais, comment je m'y prenais, comment j'avais appris telle chose, comme j'étais à tel âge etc. Et c'est la façon dont j'ai cheminé pour adopter un comportement "socialement acceptable" qui a bien montré que oui, c'était typique d'une imitation que qqun d'autiste ferait. Il serait trop long de détailler exactement le processus, mais je voulais bien préciser qu'il n'est pas obligatoire d'avoir des "signes visibles" d'autisme pour être diagnostiqué, puisque ne rien montrer ne veut pas dire qu'à l'intérieur on s'écroule souvent. Bien que le test de QI ne permette pas de détecter un Asperger, on retrouve quand même des "profils types" (dont je fais partie), avec notamment des faiblesses en vitesse de traitement et des comportements typiques (légères latences dans la conversation pour analyser les implicites etc) observés pendant les entretiens.

-Concernant l'empathie, il faut voir ce qu'on définit comme empathie ici. Je ne sais pas si ça a été évoqué dans ce topic donc ce n'est pas une critique, mais j'entends souvent dire que les autistes ne sont pas empathiques. Pour ma part je ressens bien les émotions, je vois qqun pleurer, je pleure aussi, je suis souvent même plus bouleversée que la personne. Ce qui fait défaut c'est la façon de le montrer et la façon de réagir (par exemple ne pas aller consoler qqun qui pleure car ne pas savoir comment faire, rire à une annonce grave juste parce que les émotions se bousculent trop et qu'on n'arrive pas les gérer, etc). Mais moi non plus je pensais pas être autiste parce que "j'ai de l'empathie", sauf qu'en fait la psy m'a bien montrée que je ne la gérais pas correctement.

-Concernant le second degré pareil, avant je ne le comprenais pas mais j'ai appris. Maintenant je le comprends aussi bien que n'importe qui. Je ne dis pas que tous les autistes en sont capables, je sais que j'ai plus de facilités là-dessus, mais on ne peut pas partir du simple postulat "le second degré ne me pose pas de pb", c'est plus subtil.

-Tous les autistes n'ont pas d'hypersensorialités. J'en ai beaucoup, et beaucoup en ont (70 à 80% d'après Attwood), mais je connais des Asperger qui en ont aucune aussi.

@Za : Je me permets de répondre à ton interrogation concernant le fait qu'une forte hétérogénéité empêcherait d'apprendre les codes sociaux, c'est super intéressant, mais si on regarde mon cas, je ne pense pas. Je ne sais pas ce que tu appelles forte hétérogénéité, mais j'ai 34 points d'écart entre certains indices (donc assez fort je pense) et pourtant de tout mon entourage autiste, je suis celle qui m'en sort le mieux socialement, très largement. Alors que je suis une de celles avec la plus grosse hétérogénéité. En revanche, j'ai effectivement un haut potentiel verbal qui je pense m'aide énormément (hypothèse de la psy également), donc je pense que ça peut être lié. Mais par exemple quand on regarde un ami qui est Asperger et HPI avec QI très homogène, il serait donc censé compenser mieux que moi qui ne suis pas HPI et suis hétérogène mais ce n'est pas le cas. Je pense que c'est multi-factoriel, peut-être que les compétences en verbal joue, puis peut-être la stimulation au plus jeune âge, l'environnement, l'éducation, difficile de savoir...
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Re: Asperger au féminin

Message par Différente » mar. 12 mars 2019 02:01

Moi je ne comprends plus rien, je suis perdue et je baisse les armes pour la première fois. :'(

Je me sens seule dans ma façon d'être.
Je me sens en décalage avec les neurotypiques et plus les années passent plus l'écart se creuse.
Je me sens en décalage avec les HQI pourtant le diagnostic est positif.

Je ne me suis jamais réellement retrouvée dans les témoignages et les profils des personnes à haut potentiel, ce qui m'avait fait hésiter à passer le WAIS. Le haut potentiel n'explique pas tout, loin de là. Je perçois et conçois le monde d'une autre manière (je me comprends) et les 3/4 du temps je n'arrive même pas à m'exprimer ou à me faire comprendre. Je suis bien plus solitaire. J'ai un profil atypique avec un ICV et un IMT qui peinent à dépasser les 120, un IRP pas loin du plafond pour ma tranche d'âge et un IVT proche de 140. Je vois partout que l'ICV est l'indice révélateur du facteur g et de la douance, que l'IVT n'est pas significatif et qu'il est souvent dans la norme donc pas considéré pertinent par les spécialistes, je commence à douter de mon diagnostic. Je ne trouve personne avec un profil similaire pour voir si mes difficultés et ma "singularité singulière" (cela traduit parfaitement mon ressenti, hélas...) peuvent provenir de là.

Je découvre le syndrome Asperger et BINGO, je me retrouve bien plus dans les témoignages mais j'ai peu de souvenirs de mon enfance, je suis une femme, je suis adulte et je suis HQI, cela rend un éventuel diagnostic très compliqué voire impossible. Je me demande comment on peut déceler un SA s'il est ultra compensé sachant que moi même je ne suis pas capable de différencier ce qui est supposé être naturel, de ce que j'ai appris de moi même depuis plus de 30 ans. J'ai toujours observé tout ce qui se passait autour de moi comme si je vivais en dehors, plus que dedans. Le fait d'être fille unique et solitaire m'a laissé de nombreux et longs moments d'observations, de réflexions, de prises de consciences qui m'ont permis d'être ce que je suis aujourd'hui. D'après les tests que j'ai passé chez un neuropsychologue cette piste est écartée alors que je me retrouve entièrement dans La différence invisible (même si je sais qu'il faut prendre des pincettes) sauf que je me repère extrêmement bien dans l'espace (avec un IRP élevé et une mémoire photographique ça me parait logique) et en très grande partie dans le tableau des caractéristiques des femmes Asperger. Mes parents eux même le confirment alors que ce sont des personnes très pragmatiques qui n'iront pas dans mon sens juste pour me faire plaisir. Les tests en ligne dont certains utilisés par les spécialistes n'écartent pas non plus cette piste. Je parais souvent posée et presque normale de l'extérieur mais c'est au prix d'efforts constants qui cachent un bordel interne. Puis avec le temps j'ai su écarter les situations qui me font défaut et/ou sont compliquées à gérer.

Je ne me retrouve pas dans le monde des surdoués pourtant je le suis.
Je me retrouve dans le monde des (HQI) Asperger pourtant je ne le suis pas.
« Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu'un épouvantable doute m'étreint : suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu'eux sont d'ailleurs ? » - Pierre Desproges

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Re: Asperger au féminin

Message par Louise » mar. 12 mars 2019 09:36

@Différente Si ce n'est pas indiscret, qu'est ce que le neuropsychologue t'a fait passer comme tests?
As tu contacté le CRA de ta région? Tu mets le doigt dessus : le phénotype féminin est différent du phénotype asperger masculin, des tas de filles passent à travers des tests (construits pour le phénotype masculin), et le HPI complique encore la donne et le diag.. sur des cas si complexes, des fois il faut passer par le centre expert pour réussir à avoir son tampon. Si tu te retrouves en autodiagnostic, je n'écarterais pas trop vite cette possibilité, il faudra peut être un second avis, ou un avis plus "expert".

(T'a-t-on fait passer des échelles de détection du camouflage par exemple? Il y a une partie du diag qui se fait en interviewant les parents : est-ce que ça a été ton cas?)

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Re: Asperger au féminin

Message par Twist » mar. 12 mars 2019 09:48

@Différente : D'après la psy, quels éléments l'empêchent de pencher pour un TSA? Te reconnais-tu dans la dyade autistique? (contacts sociaux atypiques + comportement restreint ou stéréotypé) ? Si oui, est-ce apparu durant l'enfance? Si tu as les moyens (psychiatre partiellement remboursé seulement), je peux te donner les coordonnés en privé du psychiatre qui m'a confirmé mon diagnostic, il est spécialisé TSA + HPI (avec ou sans TSA) et il connaît très bien les femmes qui compensent bien (comme moi), c'est un très grand spécialiste des profils un peu invisibles du spectre, lui il saura trancher je pense.
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Re: Asperger au féminin

Message par Azeann » mar. 12 mars 2019 11:56

@Différente Je viens de lire ton message et je te comprends. Je suis moi aussi fille unique et solitaire car des problèmes de santé dans ma jeunesse ont fait que je me suis longtemps tenu éloignée des gens pour ne pas subir les moqueries... Je suis allée voir une neuropsy dans une phase de ma vie où ça n'allait pas bien du tout pour moi et je lui ai parlé d'Asperger car des amies à moi m'en avait parlé. Je m'étais un peu renseignée de mon côté et je me retrouvais dans certains témoignages. Après plusieurs mois de consultation et tests, je suis HPI. Je savais avoir des facilités d'apprentissage, voir plus de choses que les autres et faire des liens que d'autres ne font pas mais je ne me pensais pas du tout HPI. Pour autant, la neuropsy ne pense pas que je sois Asperger car je ne rentre pas dans la dyade autistique surtout avec les comportements stéréotypés. Avec ce postulat je suis tout à fait OK. Par contre, j'ai quand même une phobie sociale latente, très anxieuse et hypersensible. Comme le disais Twist, je suis incapable de consoler quelqu'un car je dois avant tout faire face à mes émotions avant de pouvoir faire le vide et tenter de trouver les bons mots, les bons comportements à avoir etc... Donc souvent j'abandonne quitte à passer pour une insensible :'( Mais paradoxalement, je gère très très bien mon stress donc les gens ne se rendent pas forcément compte des efforts que je fais.
De la même façon, j'ai un profil WAIS assez particulier selon ma psy, car j'ai un ICV haut mais aussi une vitesse de traitement proche du plafond. Pour le reste, le profil est très homogène mais je ne sais pas ce que ça implique :nesaitpas:
Enfin, de la même façon, je fuis maintenant certaines situations qui me paraitraient trop compliquées à gérer. Je sors beaucoup moins du coup mais je me sens moins souvent sur les nerfs, à fleur de peau etc...

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Re: Asperger au féminin

Message par Différente » ven. 15 mars 2019 15:59

@Louise : Je ne connais pas le nom de tests, j'ai la restitution lundi... J'ai contacté le CRA de ma région qui me demande de remplir un dossier avec un psychiatre sauf qu'aucun psychiatre spécialiste de l'autisme n'est disponible dans ma région, je ne vois pas comment un psychiatre "classique" va pouvoir me prendre au sérieux, si je peux me permettre de parler (enfin écrire) ainsi... Le neuropsychologue ne m'a pas fait passer de détection de camouflage, je ne pense pas, ni de partie avec mes parents.

@Twist : J'en saurais plus à la restitution. Je me reconnais en grande partie dans la dyade mais je me retrouve surtout dans les témoignages. Je me heurte à des problématiques particulières, par exemple quand on me demande si je réagis mal lorsqu'on bouleverse mes habitudes, je ne sais pas répondre parce que je me suis enfermée volontairement dans une solitude qui me fait du bien et m'apaise, je construis mon quotidien de façon à ce qu'il me soit le plus agréable possible, donc je vis seule et mes habitudes ne sont jamais bouleversées... Je veux bien les coordonnées du psychiatre dont tu parles, merci.

@Azeann : On estime qu’environ 1% de la population est sur le spectre autistique. Les individus autistes de sexe masculin sont trois à quatre fois plus nombreux que les individus autistes de sexe féminin. Cependant, dans la partie dite « de haut niveau » du spectre autistique (parfois nommée « syndrome d’Asperger »), cet écart s’agrandit, passant à une femme pour sept hommes, voire à une pour neuf suivant les auteurs. Or, les recherches récentes indiquent qu’une telle disparité ne reflète pas la réalité, mais est due au fait que les femmes autistes de haut niveau rencontrent plus de difficultés que les hommes pour obtenir un diagnostic. Même le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 2015), l’ouvrage diagnostique de référence, précise que « les filles sans retard intellectuel ou retard de langage sont à risque de ne pas être identifiées, peut-être à cause de manifestations plus subtiles de leurs difficultés de communication sociale ». En effet, les critères actuellement utilisés pour diagnostiquer l’autisme ont été établis principalement par l’observation de patients de sexe masculin. Or, certains de ces critères s’appliquent mal à la population autiste féminine. Mais la recherche à ce sujet est encore récente. Les praticiens ne sont donc pas bien informés de ce biais et peuvent en toute bonne foi refuser un diagnostic d’autisme à une femme parce que certains de ces critères ne sont pas remplis. Ainsi, le problème de sous diagnostic proviendrait d’une méconnaissance de la forme féminine de l’autisme. Notre estimation est que plus de 40 000 femmes en France ont subi ce déni de diagnostic, ce qui peut se révéler lourd de conséquences pour elles.

Je ne sais plus quoi penser...
« Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu'un épouvantable doute m'étreint : suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu'eux sont d'ailleurs ? » - Pierre Desproges

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