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Le diagnostic...et après ?

Posté : lun. 30 mai 2011 19:27
par Cyrano
Bonjour à tous,

Je propose de lancer une discussion sur les bienfaits de la thérapie. Je me pose la question de l'après, des pistes à suivre, des points à travailler. Est-ce particulier à chacun ? Certaines généralités sont elles présentes ? J'aimerais avoir des exemples de ce qui a changé dans votre vie suite à une thérapie complète ou même en cours. Avez-vous réussi à canaliser votre potentiel pour changer de vie ? Ou seulement pour devenir quelqu'un de meilleur, de plus...disons focalisé sur des objectifs clairs ? Avez-vous réussi à ne pas laisser traîner une chaussette pendant trois semaines dans le coin de la chambre en la voyant tous les matins ? Avez-vous réussi à vous stabiliser dans votre vie professionnelle ? Bref...est-ce que ça vous a fait du bien ?

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mar. 31 mai 2011 11:57
par Saul
Je pense qu'une fois le diagnostic posé, les gens réagissent selon leur histoire. On passe en général par une phase d'éclairage, on revisite sa vie, on comprend mieux ce qui s'est passé, ce qui nous est arrivé, chacun selon les événements qu'il a vécu. Souvent, ça procure une certaine euphorie, on comprend mieux, on se comprend mieux et le puzzle de sa vie et de sa propre identité se met en place. C'est une phase importante, mais si on veut qu'elle dure, je pense qu'un profond travail sur soi est indispensable pour modifier ses comportements, ses schémas de pensée souvent rigides, ces croyances sur nous même.
J'ai fait plusieurs thérapies dans ma vie mais aucune ne m'a aidé comme celle après le diagnostic car ce que je prenais pour des névroses étaient normales pour quelqu'un comme moi. On comprend mieux qu'au final, la norme en soi n'est pas un problème, c'est juste qu'elle ne nous convient pas (du moins certains côtés) et qu'il faut l'accepter. Il faut rallumer ce qu'on avait éteint, ses désirs, ses envies, vérifier si la vie qu'on s'est construite nous rend vraiment heureux et faire ce qu'il faut si tel n'est pas le cas.
Bref, oui ça fait du bien, il faut cibler ses objectifs et se rappeler qu'on a tous des résistances aux changements et qu'il ne faut pas les laisser nous diriger.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mar. 31 mai 2011 17:49
par Fabs le vaurien
Saul a écrit :Je pense qu'une fois le diagnostic posé, les gens réagissent selon leur histoire. On passe en général par une phase d'éclairage, on revisite sa vie, on comprend mieux ce qui s'est passé, ce qui nous est arrivé, chacun selon les événements qu'il a vécu. Souvent, ça procure une certaine euphorie, on comprend mieux, on se comprend mieux et le puzzle de sa vie et de sa propre identité se met en place. C'est une phase importante, mais si on veut qu'elle dure, je pense qu'un profond travail sur soi est indispensable pour modifier ses comportements, ses schémas de pensée souvent rigides, ces croyances sur nous même.
c'est ça.

pour ma part, je n'en suis qu'aux balbutiements du travail sur moi même.
concrètement, j'ai été, au départ séduit par l'idée qu'une fois la confirmation effective, comme par magie, tout rentrerait dans un ordre qui me conviendrait et ainsi, repartir en paix avec mon être. (je le reconnais, j'ai été un peu concon).
Au fil des semaines, je me suis comme qui dirait enfermé un peu dans ce diagnostic, me disant que "je suis comme ça et la douance explique tout" donc je n'ai rien à changer mais plutôt à informer les autres qu'ils doivent s'adapter à moi puisque je ne changerai pas" (oui, là, j’étais encore plus que concon.
toutefois, les mois passant, echanges avec d'autres sur des fora aidant (j'en profite pour faire une spéciale dédidace à tous ceux qui indirectement contribuent à ma démarche évolutive de mieux être, wesh !!!), j'ai pris un temps de recul et me suis rendu compte que je faisais fausse route. Alors, je pris le pas de contacter une psychologue pour reprendre le chantier laissé en friches par moultes tentatives psychotheraeutiques ultérieures.
le hic fut pour moi l'objet du travail. Sur quels aspects axer le suivi psy?

il m'a fallu du temps pour accepter que je ne pourrais jamais comprendre et maîtriser la totalité de ce que je suis et que je ne pourrais jamais vraiment mesurer ce qui relevait de l’éducation, du manque affectif etc. ou de la douance. je suis un tout et il n y'a pas lieu de vouloir cliver.Ma démarche était je pense, avant tout de me trouver des excuses pour légitimer mes travers. Alors, je prenais des rdv pour parler de tout et de rien. Or, dispersé que je suis, ça partait dans tous les sens au gré de mes humeurs et point d'attention. La psy m'a dit que je devrais venir la voir sur un sujet précis (pour essayer). Ce que je fis... allez savoir pourquoi, je décide de lui parler de mon rapport douloureux aux grandes surfaces et des angoisses inhérentes. Bingo

me voilà depuis quelques temps parti sur une thérapie comportementale et cognitive axé sur la connaissance et la gestion émotionnelle.

je ne sais pas vers où je vais. Mais, savoir ma douance a eu pour conséquence, déjà de m'accepter plus (mois fou) et surtout de me rendre compte que j’étais horriblement de mauvaise foi vis à vis de moi même. J'accepte d'etre responsable de ce que je mets en place. J'accepte mes stratégie d’évitement. J'accepte mon coté auto-bourreau. J'apprends à dire JE, à défaut du Jeu de dupes dans lequel j’étais le metteur en scène, l'acteur, le figurant et le spectateur aux emotions si versatiles. Un film de vie sans suite que je me passais en boucle, rageant de n'en subir que les rediffusions..
le scenario de ma trajectoire de vie devient enfin interactif. Je ne suis plus dans une salle d'attente.
je me reconnecte avec l'enfant que je suis....et devient adulte.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 08:56
par Cyrano
Merci pour vos témoignages.
J'en retire que rien n'est facile (quelle surprise !). Vous pensez donc qu'il est préférable d'arriver en thérapie avec des objectifs clairs ? Je voudrais améliorer tel comportement ou tel travers ? Faut-il dire au psy nos soupçons quant à la douance ou bien le laisser se dépatouiller ? JSF dit qu'elle sait assez rapidement si elle est en présence d'un surdoué et que les tests ne sont que la confirmation nécessaire de ce qu'elle sait déjà. Je me dis que le diagnostic aura plus de valeur si je ne dis rien et qu'elle conclue toute seule (considérant que je vais voir une spécialiste du phénomène).

J'arrive et je lui donne mes symptômes :

Incapacité de trouver un sens à ma vie.
Ennui
procrastination méthodique
absence totale d'objectif clair
difficultés à nouer des relations au long cours
sentiment de décalage permanent
incapacité à comprendre les autres et leurs attentes de la vie.
Pessimisme
Échec scolaire (ce que je considère comme tel en tout cas)
incapacité à me fixer dans un endroit (déménagements, changements de boulots)
rejeté par les autres dans l'enfance
narcissisme qui tend vers le mépris parfois
une certaine forme de misanthropie
solitude intérieure
impression de vivre la vie d'un autre

J'en oublie certainement mais ça ressemble bigrement à ma vie tout ça.

Vous imaginez le chantier ? Je me dis que j'en ai pour vingt ans et ça me déprime de me dire que je n'arriverai jamais à tout résoudre. Elle va carrément me faire interner et me bourrer de médocs...

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 09:07
par TourneLune
Ne t'inquiètes pas pour JSF, elle a ses éléments pour se faire une idée et ce n'est pas forcément basé sur ce que tu vas dire.
N'étant pas psychiatre, elle ne te donnera aucun médicament.

Et non, tu ne pourras jamais tout résoudre, non , tu ne seras jamais parfait, non, tu ne seras jamais heureux 100% du temps, mais ça va falloir t'y faire....;);)
Ca n'empêche pas d'avancer en ayant une meilleure lecture de soi-même, mais bon, si tu pars perdant....

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 09:21
par Cyrano
Non je ne pars pas perdant du tout ! J'en attends peut-être justement un peu trop. Je suis sur une piste pour la première fois de ma vie et ça me fait du bien c'est déjà ça.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 09:38
par TourneLune
C'est déjà ça oui ;)

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 10:51
par Fabs le vaurien
cyrano a écrit :. Vous pensez donc qu'il est préférable d'arriver en thérapie avec des objectifs clairs ? Je voudrais améliorer tel comportement ou tel travers ? .
pour les autres, je ne sais pas. Dans mon cas, inevitablement.
cyrano a écrit :Faut-il dire au psy nos soupçons quant à la douance ou bien le laisser se dépatouiller ?
je pense qu'il faut le dire d'emblée et tres rapidement. Pour la simple et bonne raison que le risque est de l'amener indirectement sur la voie, par notre discours, nos postures.
L'effet barnum peut fonctionner aussi dans ce sens là. Influencer l'autre, jouer de ses doutes et influencer ses certitudes. Ca marche bien quand on est avocat. Mais dans le cadre de ce sujet, ce serait un peu malhonnête vis à vis de soi et ca reviendrait à se pointer chez le spécialiste avec les réponses. A quoi bon chercher à faire le tri dans ses questionnements alors? autant passer outre le péché d’orgueil que cela peut susciter et annoncer d’emblée la couleur.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 10:56
par Cyrano
Désolé Fabs mais je n'ai pas bien compris ton propos sur le barnum...tu sembles dire dans le même paragraphe qu'il faut lui dire très vite et que lui dire influencerait son jugement. Peux tu préciser s'il te plaît ?

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 10:58
par Fabs le vaurien
non cyrano, c moi qui m'exprime mal.

je dis qu'il faut le lui dire car si tu ne le dis pas alors que tu as cela en tête, tu conditionneras son approche et l’amèneras sur la voix. Donc ce serait une perte de temps et tu courrais le risque de douter au final de sa compétence au diagnostique.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 11:02
par Cyrano
Je comprends mieux ton point de vue qui a du sens. Je lui fais part de mes doutes immédiatement. ça permet au moins de ne pas démarrer la thérapie sur des non-dits.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 11:04
par Fabs le vaurien
exactement. Après, c'est sur qu'en fonction des gens, c'est plus ou moins gênant. Pour ma part, c’était un peu comme avouer un péché que d'oser me pretendre surdoué.
toutefois, la psy m'avait dit qu'elle avait déceler certains signes, non pas sur mes grands discours orientés, mais sur d'autres indicateurs plus anodins que pour le coup je ne cherchais pas à contrôler.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 11:12
par Cyrano
J'ai peur de vouloir trop être ce que je ne suis pas et d'influencer malgré moi son diagnostic. Je me demande souvent si je ne suis pas en train de me convaincre de quelque chose de totalement à côté de la plaque. La descente doit être rude pour ceux à qui l'on dit qu'ils se sont plantés du tout au tout...encore une fois. ça me stresse un peu ça.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 11:21
par Fabs le vaurien
Tout le monde ne se reconnait pas dans les caractéristiques. Bien qu'il soit plus aisé de s'en convaincre, de chercher à coller, c'est nettement moins développemental que de faire la démarche auprès de quelqu'un de compétent. Aussi, le professionnel saura faire le "tri" sélectif (c'est son métier).
au début du parcours, il n'est pas anormal de virevolter d'une extrémité dubitative à l'autre. Mais je crois que, surdoué ou pas, la rencontre avec soi même est le véritable dessein. Et le mieux être, l’objectif au long court. Entre les deux, les moyens que l'on se donne.
il n y a jamais meilleur endroit pour démarrer que celui où l'on se trouve en ce moment même.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 11:24
par TourneLune
De toutes façons, si tu vas voir une spécialiste de la douance, elle doit se douter que tu te poses des questions. Mais à ta place, je lui dirais directement et pour le reste, j'essaierais d'être moi, sans montrer particulièrement quelque chose.
Les psys ne sont pas bêtes, ils ne se fient pas uniquement à ce que tu dis mais à un tas de petits détails incontrôlables, comme dit Fabs, alors ne te biles pas trop. Essaies juste d'être le plus naturel possible.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 20:46
par Emma B.
Je me permets de m'immiscer ..

l'idéal, en effet, serait de rester le plus naturel possible ..
Il me semble que dans la pratique, ça n'est pas chose aisée, il y a souvent une tendance non négligeable à la manipulation (sans connotation péjorative)
Si je me réfère à mon propre cas, je suis perçue comme une personne solide, volontaire et positive, ce qui, véritablement n'est qu'un e petite partie de ma personnalité.
J' ai toujours cultivé ces caractéristiques en cachant mon hypersensibilité, mes doutes et un tas d'autre choses
Un faux self bien construit
Je suis allée consulter une psy voilà quelques mois et malgré ma détermination à priori à me présenter à elle telle que je suis réellement, je ne me suis pas départie une seule seconde de ce faux self. Comme si je refusais d'apparaître fragile et un peu déboussolée..
Durant les séances, une sorte d'énergie me portait, émanaient de mon discours et mon comportement une force et un équilibre psychologique qui semblait satisfaire ma thérapeute
J'ai donc continuer à "manipuler" ma psy, et elle a continué à me féliciter de mes progrès ...
J'ai fini par cesser de la voir, étant de plus en plus frustrée et "désespérée" après chaque rendez-vous

Et j'ai fait la même chose avec une deuxième thérapeute. oups.

En conclusion, je dirais que le choix d'un professionnel à la hauteur est primordial
Il est essentiel, à mon sens, qu'il soit capable de déceler rapidement un faux self et capable également de pouvoir résister à nos manipulations ... cela semble être une lapalissade, mais pas tant que ça dans la pratique !

J'espère ne pas trop être hors sujet, je me laisse un peu emporter par mes pensées ..

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : mer. 1 juin 2011 21:43
par Monsieur Noir
cyrano a écrit :Vous imaginez le chantier ? Je me dis que j'en ai pour vingt ans et ça me déprime de me dire que je n'arriverai jamais à tout résoudre.
Alors... Non, parce que même si ça se voit pas forcément, en général, les choses sont liées.

Personnellement, en cherchant à résoudre tel ou tel problème, il m'est arrivé d'en résoudre un autre. J'arrive juste après 3-4 ans de questionnements non accompagnés (donc pitet ça va plus vite accompagné), à commencer à vaincre cette foutue procrastination. En me battant contre elle, j'ai zigouillé ma timidité, mes soucis avec le sexe féminin, une grande partie de mon syndrôme de l'imposteur, etc... et last but not least : y'a plus de chaussettes qui traînent 3 semaines dans ma chambre. (Reste le salon et la buanderie, et j'aurai vaincu. GNIIIAHAHAHAHA ! Pardon. :oops: )

Et en plus, je sais qui je suis. Tout bénef.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : jeu. 2 juin 2011 08:15
par Cyrano
voilà qui me met du baume au coeur M noir. (ravi de te connaître by the way...) Peut-être que la porte d'entrée choisie n'est pas si importante et permet d'en ouvrir d'autres.

@ Emma : Oui c'est un peu ça qui me fait peur. Je n'ai pas envie de mouliner dans le vide et de cultiver la personne que je ne suis pas. Je suis persuadé que je joue un rôle. J''espère que je suis un mauvais acteur et qu'elle s'en apercevra. Sinon à quoi bon ?

Quand on y pense c'est un truc de dingue de connaître ses travers et d'être incapable de se contrôler. Le chemin est long et la pente est forte.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : jeu. 2 juin 2011 17:08
par Daenerys
Je suis d'accord avec Fabs, au départ on se dit qu'en ayant la réponse les choses vont aller mieux, car on sait à quelle catégorie on appartient, on sait qu'on est pas fou...mais au final cela ne change rien au travail que l'on doit faire sur soi. Souvent quand ma mère me fait un reproche je lui réponds "mais voyons tu sais bien pourquoi je suis comme ça, c'est en moi, ça peut pas changer!", et elle de me répondre que ce n'est pas une excuse! et elle a tout à fait raison, ce n'est pas aux gens de s'adapter à nous (d'autant que me concernant quasiment personne de mon entourage n'est au courant).
Le fait que notre comportement soit le fruit d'un tout (douance, éducation, caractère, enfance...) indissociable est très juste également, on ne peut pas accuser la douance de tous nos maux.

Après le test, il reste donc un très long travail à faire, et c'est important de trouver le bon psy. Dans mon cas je suis encore en recherche, car celle avec qui j'étais l'an dernier, et qui était très bien, ne peut plus me prendre cette année, comme c'était une psy universitaire et que j'ai changé d'orientation. Je suis donc en recherche d'une psychiatre (car ne peut me permettre de ne pas être remboursée).
Moi aussi il y a beaucoup d'axes sur lesquels travailler ^^ : incapacité à contrôler mes émotions, phobie sociale, sens suraigue de la justice, difficultés dans les relations avec les autres, difficultés à lâcher prise, gros manque de confiance en moi, impression de ne pas avoir de personnalité propre et de tout le temps porter des masques, besoin de reconnaissance et sentiment permanent d'abandon...

Et oui, bien que sachant ce qui ne va pas, je suis incapable de changer toute seule ^^ Je suis impatiente de savoir ce qu'elle va me proposer et j'espère sincèrement que ça va marcher, car je ne me vois pas du tout rester comme ça toute ma vie...

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : jeu. 2 juin 2011 17:15
par Monsieur Noir
cyrano a écrit :Quand on y pense c'est un truc de dingue de connaître ses travers et d'être incapable de se contrôler. Le chemin est long et la pente est forte.
Le plus compliqué est de comprendre que les travers sont des symptômes et non pas des causes. Et tant qu'on n'a pas supprimé les causes, lutter contre les travers en question est... heu... vain ?


Les émotions, ça ne se contrôle pas, les conditions de leur déclenchement, si. Ça me fait toujours bizarre de lire "incapacité à contrôler ses émotions", parce que c'est normal. Tout à fait normal. On ne peut pas, c'est juste pas possible. Par contre, modifier (reprogrammer ?) les conditions dans lesquelles elles se déclenchent, ça c'est possible, mais pas par la seule volonté.

Une fois qu'une émotion existe, c'est trop tard. Penser qu'on peut la faire taire, c'est juste illusoire. On peut la refouler, histoire qu'elle revienne au galop, et dix fois plus puissante, la prochaine fois. :mrgreen:

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : jeu. 2 juin 2011 17:34
par Fabs le vaurien
Monsieur Noir a écrit :Le plus compliqué est de comprendre que les travers sont des symptômes et non pas des causes.
tout à fait, compliqué également de comprendre que ces travers nous handicapant, sont aussi des mécanismes défensifs que nous avons nous même mis en place et que nous entretenons. Ils traduisent notre propre adaptation pour faire face. Faire face à quoi ? à sur quoi nous sommes censés travailler. D'où ma position qu'une therapie doit jouer sur les deux versants: analytique et comportementale. Après, peu importe la porte d'entrée, l'important est de ne pas perdre son porte-clés. Du moins, de savoir où le retrouver. Autre axe essentiel de travail: l'appréhension et l'acceptation face aux changements. Ses propres changements. par extension: sa propre séparation.

pour ce qui est de l'incapacité à contrôler ses émotions, je dirai que c'est peut être davantage une difficulté à conférer clairement un sens aux évènements et par la même, interpréter les émotions qui en découlent.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : ven. 3 juin 2011 07:45
par Daenerys
l'incapacité à contrôler ses émotions pour moi c'est l'impulsivité, c'est exploser de colère pour un truc qui parait pas hyper important pour les autres, c'est se vexer, être peiné, pour des réflexions banales, et du coup se braquer, c'est faire la gueule à tout le monde pour une embrouille avec une seule personne... En gros que les choses prennent tout de suite une dimension dramatique à cause de l'hypersensibilité et par manque de self control...

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : ven. 3 juin 2011 08:31
par Colonel Moutarde
Souvent quand ma mère me fait un reproche je lui réponds "mais voyons tu sais bien pourquoi je suis comme ça, c'est en moi, ça peut pas changer!", et elle de me répondre que ce n'est pas une excuse! et elle a tout à fait raison, ce n'est pas aux gens de s'adapter à nous (d'autant que me concernant quasiment personne de mon entourage n'est au courant).
Le fait que notre comportement soit le fruit d'un tout (douance, éducation, caractère, enfance...) indissociable est très juste également, on ne peut pas accuser la douance de tous nos maux.
On ne peut pas accuser la douance ni un facteur extérieur de tous nos maux, ni s'en servir pour céder à n'importe quel comportement qu'on sait désagréable pour les autres. Mais c'est autant aux autres de s'adapter à nous que nous à eux, comme cela se passe dans n'importe quelles relations humaines. Si on part du principe (comme ta mère ici) qu'on ne doit rien passer aux autres, on est vite odieux, et si on part du principe que c'est à nous de nous adapter, de nous plier, de devenir tout plats pour être comme ils veulent et non comme on est, on repart dans le caméléisme, le faux-self et l'auto-piétinement de soi de peur de déranger.
L'adaptation va toujours dans les deux sens, ce n'est jamais à un seul de faire les efforts pour cacher tout ce qui pourrait dépasser. Vivre sa différence en étant épanoui, ce n'est certainement pas continuer à tout cacher, ne s'en servir que comme trésors de capacité d'adaptation pour devenir pour de bon plat jusqu'à la transparence pour ne déranger personne : nous avons le droit de nous affirmer autant que les autres, pas plus, pas moins.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : ven. 3 juin 2011 10:18
par Saul
Bien dit Colonel!
Mr Noir, je pense qu'il est tout à fait possible de maitriser ses émotions, de les gérer mais cela demande un gros travail d'introspection.

Re: Le diagnostique...et après ?

Posté : ven. 3 juin 2011 10:42
par Monsieur Noir
Mon introspection m'a surtout permis de changer la réponse émotionnelle à certaines situations. Gérer les émotions, ça s'apprend aussi, mais je préfère vraiment quand elles ne sont plus là du tout, celles qui sont gênantes. :)