Et quand le test dit non!

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JuDechaussettes
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Re: Et quand le test dit non!

Message par JuDechaussettes » mar. 3 juin 2014 12:14

@ Buxtehude

Oui, il faudrait voir ce qu'il y a d'écrit sur ce compte-rendu.
Je ne pense pas que ce soit facile, mais peut-être que ce résultat peut t'en apprendre un peu plus sur toi ?
Cela veut dire que tu n'avais sûrement pas emprunté le bon chemin.
Peu importe, c'est en essayant toutes les possibilités qui s'offrent à nous que l'on s'enrichit.
A toi maintenant d'explorer les choses sous un autre angle.
La réponse est en toi.

Au plaisir de te relire.
"Je suis, et j'apprécie la chance que j'ai d'être."

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Tab
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Re: Et quand le test dit non!

Message par Tab » mar. 3 juin 2014 13:53

J'vais proposer un truc con mais... Pas possible qu'une erreur de frappe ait été faite ? Inverser le 3 et le 0... ?? Tu sembles tellement surprise... Et le compte-rendu, que dit-il exactement ?

S'il n'y a pas d'erreur alors je te souhaite du courage et de l'optimisme pour la suite de tes recherches sur toi-même ;-)

Conrbern
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Re: Et quand le test dit non!

Message par Conrbern » jeu. 27 nov. 2014 21:33

A l'intention des personnes en questionnement qui, torturées par l'angoisse d'une réponse négative, pourraient lire ce topic (et de tout le monde^^), je me suis dit qu'il pourrait être intéressant que je partage mon expérience.

Je viens en effet de passer les tests récemment et le résultat, quoique honorable, est apparu insuffisant. Bien entendu, la réaction de chacun est relative à ce qu'il est, à son passé et aux défis que lui posent l'avenir, mais il peut toujours être intéressant de savoir comment les autres ont vécu cet "échec".

Bref, lorsque j'ai passé les test, je n'étais pas du tout dans l'urgence mais j'estimais important de régler une bonne foi pour toute cette question. J'y suis allé un peu stressé, ait tenté de faire au mieux (même si la psy n'a pas jugé utile de m'expliquer les consignes relatives à la question du temps..) et j'ai attendu. Moins de deux semaines avant le jour fatidique. Je me suis finalement pointé, feignant l'air détendu, et me suis vu asséné LE chiffre, suivi d'une foule d'explications qui ne m'intéressaient pas tant que ça. Sur le moment, pas de réaction particulière, j'écoutais, incapable de savoir ce que je devais penser. Quand j'ai entendu que le subtest sur lequel j'avais fondé le plus d'espoir était en réalité mon principal échec, je me suis senti un peu énervé; je trouvais les justifications de la psy absurdes. Enfin... quand bien même j'aurais eu raison sur ce point (et c'est discutable :p), ça ne changeait pas grandement l'affaire. La sentence étaient tombée. Irrévocable. Il fallait s'y faire. Je suis sorti très dérouté. Comment avais-je pu me leurrer à ce point? Tout correspondait pourtant... Effet barnum, je veux bien mais quand même... mon rapport aux autres, mes questionnements, mes difficultés, ma sensibilité... comment expliquer ça maintenant? Pourquoi tous les gens à qui j'avais soulever cette hypothèse l'avait presque considérée comme n'ayant besoin d'aucune confirmation? ça n'avait pas de sens. Et puis j'en voulais terriblement au destin de m'avoir fait connaître le concept de douance. J'avais vécu jusqu'alors avec l'idée que ma différence relevait d'une faiblesse de caractère, d'une tare, d'une immaturité grotesque et puis, on m'avait suggéré cette solution séduisante. Une façon de s'en sortir avec les honneurs. Comment aurais-je pu résister à la tentation de m'accrocher à ce concept comme une tique? J'aurais mieux fait de ne jamais en entendre parler! Je me suis senti vraiment mal ce jour là et le suivant aussi. L'impression d'être étranger à moi-même, de ne plus rien comprendre, le dégoût même de penser.

Et puis bon... les choses sont comme elles sont. Autant s'y faire. Et il y a la vie qui suit son cours, les amis, les cours, les livres à lire, les angoisses quotidiennes, les réflexions diverses... bref, suffisamment de choses pour accepter de passer outre. Accepter sans comprendre, certes. Mais bon. On oublie forcément. Même si ça fait peur. Parce que le QI, c'est pas comme une note d'examen à laquelle on peut réagir en se promettant de faire mieux la prochaine fois. C'est une donnée immuable dont le sens reste (au moins pour moi^^) toujours un peu mystérieux. Mais ça ne doit pas empêcher d'avancer. Au contraire, c'est la réponse à une question qui s'est posée à un moment donné. Et c'est là le point : on se sent libéré! Il y a des estomacs qui digèrent moins vite que d'autres, mais l'organisme finit toujours par faire un tri convenable^^

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Re: Et quand le test dit non!

Message par Daysofwonder » jeu. 27 nov. 2014 22:21

Merci Cornbern pour ton témoignage, mais en te lisant et en lisant d'autres personnes ayant passé le test, qu'ils soient ou non HP, une question demeure... Tu dis que le résultat est immuable.. Mais la psy ne t'a donc pas précisé que le chiffre n'est pas forcément exact? Qu'il y a 95% de chances que le chiffre "exact" se situe entre telle et telle valeur, mais aussi 5% de chances pour qu'il ne se situe pas dans cette fourchette? De plus, le test a été passé par une personne, pas par une machine, donc comment être certain que le/la psy ne s'est pas trompé/e à quelque part? Bref, il ne faut pas forcément se focaliser sur ce seul chiffre...

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Re: Et quand le test dit non!

Message par Conrbern » jeu. 27 nov. 2014 22:48

Absolument pas! la psy qui m'a fait passé le test (qui n'est pas "ma" psy à proprement parler) ne m'a rien précisé de tel. D'ailleurs, elle ne m'a pas donné de fourchette mais une valeur précise. Beaucoup de choses m'ont gêné dans la façon dont j'ai passé le test ou m'ont paru étrange (ne serait-ce que le fait que la psy confesse avoir "une vision personnelle" de ce à quoi sert le QI au moment de la restitution), mais en parlant de "donnée immuable", je voulais seulement dire que je ne nourris nullement l'espoir de gagner une dizaine de points s'il me venait à l'idée de le repasser (et que, par conséquent, une telle idée ne me viendra pas^^). Donc même si la valeur que j'ai obtenu n'est pas à jamais gravée dans la pierre, elle donne un ordre de grandeur probablement définitif.

J'en profite rapidement pour conseiller vivement les personnes qui passent le test de s'adresser à une personne de confiance comme c'est expliqué dans d'autres topics. Je ne l'ai pas fait et me suis rué chez la première personne dont j'ai trouvé les coordonnées dans les pages jaunes. Du coup, ça ne s'est pas bien passée : filing très moyen, tests pas à jour, déficit de confiance qui rend difficile le fait d'accepter certaines choses (l'interprétation du subtest dont je parlais quand bien même elle serait, par ailleurs, parfaitement fondée). Pas de quoi faire du déni, mais rien qui aide à mieux gérer la chose!

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Re: Et quand le test dit non!

Message par Cyrielle » jeu. 27 nov. 2014 23:07

Merci pour ce retour intéressant, Cornbern !

Je fais partie de ceux qui pensent que le QI n'est qu'un des éléments d'un syndrome qui regrouperait le chiffre et d'autres caractéristiques, dont celles dans lesquelles tu te retrouves.
Aussi, ça ne me choque ni ne m'étonne que tu puisses avoir trouvé sur ce forum une explication cohérente à tes "différences".

A te lire, il me semble que ta démarche jusque-là t'a fait avancer dans l'acceptation et la connaissance de toi, et je crois que ce serait dommage de balayer tout ça (tu dis "je me sens étranger à moi-même" !) pour quelques "barreaux" d'une échelle ;) .
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Re: Et quand le test dit non!

Message par Sphax » ven. 28 nov. 2014 10:55

En faisant un trait sur la douance il serait très regrettable que tu fasses aussi un trait sur ce que tu as identifié de toi-même. Au delà d'un possible effet Barnum, je doute que tout ce dans quoi tu as pu te reconnaître soit faux. Donc n'oublie pas que le QI n'est que la cause de ces "particularités/problèmes" et que se tromper sur la cause ne signifie pas obligatoirement se tromper sur les conséquences, juste devoir continuer à chercher cette cause.

Je pense donc que ce résultat négatif est surtout un point de départ, celui d'un travail que tu pourrais entreprendre vers un mieux être. Si la cause de ton décalage n'est pas (seulement) l'intelligence, alors tu peux espérer que ça ne soit pas définitif et en t'attaquant au problème avec un psy compétent tu pourrais arriver à diminuer ton décalage jusqu'à ce que tu te sentes bien et à ta place dans la société. Au delà de la déception du non, c'est une perspective réjouissante qui s'offre à toi. :)
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Re: Et quand le test dit non!

Message par W4x » ven. 28 nov. 2014 11:35

J'ai déplacé le message de Cornbern et les suivants dans ce topic : "quand le test dit non". Du coup Cornbern, tu peux éditer ton profil? merci :-)
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Re: Et quand le test dit non!

Message par Conrbern » ven. 28 nov. 2014 21:12

Tout d'abord, merci à Cyrielle et Sphax pour ces quelques mots de soutien et ces conseils!

Je ne peux que vous donner raison : l'essentiel est de réussir à se comprendre et surtout à s'accepter. C'est un travail que j'avais déjà commencé avec ma psy et que le résultat n'a fait que remettre momentanément en cause :) Pour ce qui est de la cause à trouver, j'ai mon hypothèse. Il me semble que mon impression de décalage a toujours résulté d'une sensibilité un peu différente, d'une très (trop) forte émotivité. Un tel type de fonctionnement implique aussi une activité "intellectuelle" permanente pour comprendre, mettre des mots, expliquer ce qu'on ressent. C'est ce qui fait, je pense, que certaines personnes très émotives ont l'impression de se retrouver dans la douance. Après les relations "intelligence"/ "émotion" m'ont l'air éminemment complexes donc difficile de tenir un discours certain à ce sujet. Cela dit, si on essaie de remonter plus loin et de comprendre la "cause" de ce fonctionnement émotif, je crains que (sauf personne ayant subi des événements particuliers), il n'y ait pas de nom à trouver. Dans mon cas, je le comprend comme un mélange de facteurs "génétiques" et d'éducation.

@W4x : j'ai longuement hésité entre les deux topics^^ je m'étais dit que mon message serait plus utile à des gens qui se posent la question qu'à ceux dont la réponse est déjà arrivée. Mais, c'est plus cohérent de le mettre ici! je n'ai pas trop compris ce que voulait dire "éditer ton profil". J'ai supposé que ça voulait dire "mettre à jour les données", ce que j'ai fait. Si c'est pas le cas, je veux bien une explication :)

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Re: Et quand le test dit non!

Message par Grabote » ven. 28 nov. 2014 21:40

merci Conrbern pour ton témoignage,
je le trouve très courageux et généreux. :ensoleillé:
Ce qui compte c'est pas l'étiquette n'est ce pas ? (aucune !)
c'est la connaissance de soi :arag
;)
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

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Alice in Wonderland
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Re: Et quand le test dit non!

Message par Alice in Wonderland » mar. 16 déc. 2014 00:14

FeverDream a écrit :Je vous remercie pour vos encouragements, ça fait chaud au coeur.
Pourquoi d'autres ? pas le/la même ?
D'autres parce que la psychologue m'a conseillé deux choses: la première, aller voir un neuropsychologue pour un TDA/H. La deuxième, faire un bilan de personnalité pour détecter si il y a quelque chose qui justifierait mon hypersensibilité, mon instabilité, mon décalage avec les autres et toutes les autres questions que je me posais.

En fait, la reconnaissance, c'est aussi ça que je recherchais dans la douance. Pour vous expliquer, je me sentais si mal hier que j'ai ressenti le besoin d'en parler à quelques amis qui me connaissent bien. Je leur ai expliqué que ça m'a fait mal, à cause des réponses que je n'ai pas obtenu, et que j'allai devoir continuer à chercher. Et en fait, il s'est passé ce que je redoutais, c'est à dire qu'on ne reconnait pas ma souffrance, lorsque je leur dis que je ne ressens pas les choses de la même façon que les autres, et que ça joue réellement sur la construction de ma vie, et de mon identité, que ce n'est pas un caprice ou un besoin d'attention. J'ai passé plus de temps à justifier qu'il y a quelque chose qui n'était pas "normal" en leur rappelant ce que je vis depuis des années, plutôt que j'en ai passé à me faire consoler. On me dit que je n'ai pas de problème, grosso modo que je m'en crée, que du moins, tout le monde a des problèmes, ça sert à rien de vouloir y remédier, ce n'est pas horrible et j'exagère tout. Et en même temps, je les comprends, comment pourraient-ils le comprendre? Me comprendre quand je parle de quelque chose qui n'a rien à avoir avec la "norme", mais qui n'a aucune reconnaissance actuellement chez les professionnels? Et si j'étais réellement illégitime dans tout ce que je raconte? Si j'exagérai?

A partir d'une notion, d'une caractéristique, les gens pourraient comprendre ce que je ressens, ce que je vis depuis des années, de tout ce qui se passe à l'intérieur de moi qui ne se voit pas noir sur blanc extérieurement, et je pourrai en parler à des professionnels, trouver des choses pour me sentir mieux et améliorer ma vie. Les professionnels que j'ai vu ont vu qu'il y avait quelque chose "d'anormal", le vécu y a certainement beaucoup joué, mais il y a aussi quelque chose à "régler", quelque chose qui ne se situe pas dans la norme, quelque chose que l'on doit changer en moi. Mais jusqu'à maintenant, ils n'ont pas trouvé la source, et donc, pas le remède (j'avais arrêté de les voir à cause du chemin "cobaye" que je prenais). La douance m'avait rendu bien, parce que tout cela avait une explication, que les autres pourraient bientôt me comprendre. Mais là, je me retrouve à nouveau dans l'incapacité de dire ce que je suis aux autres, parce qu'ils sont incapables de me saisir, me situant "dans la norme", et je me sens à nouveau terriblement seule avec moi-même.

Ceci dit, finissons-en avec les plaintes et les gémissements.
Je souhaite bon courage à ceux qui ne sont pas encore trouvé, et j'espère que les nouvelles pistes qu'ils ont en leur possession les ont rendu plus optimistes. Et pour les surdoués qui auraient trouvé une explication à leurs questions dans ce test, je suis heureuse pour vous, et je vous souhaite de même bonne chance pour la suite. Le chemin est long, mais il aura certainement deux ou trois choses à nous apprendre!
Tu sais, je n'ai pas encore passé le test, ça fait une semaine que ça m'a sauté à la face que c'était ça, enfin sûrement ça, et je peux te dire ça si j'étais diagnnstiquée normale:
Je me dirai la même chose: "si je ne suis pas surdouée alors je suis quoi, moi qui me sens tellement en décalage" et je me sentirai de nouveau perdue, MAIS je continuerai de toute façon ma thérapie que j'ai engagé il y a deux ans, pour me trouver moi, avec ma personnalité différente, et ce sans la surdouance ( ca fera chier, c'est valorisant quand même d'être HP, je pleurerai un bon coup mais tant pis, mieux vaut savoir comme dit Mlle Rose)

En tout cas je comprends tellement ce que tu dis quand tu dis "La douance m'avait rendu bien, parce que tout cela avait une explication, que les autres pourraient bientôt me comprendre. Mais là, je me retrouve à nouveau dans l'incapacité de dire ce que je suis aux autres, parce qu'ils sont incapables de me saisir, me situant "dans la norme", et je me sens à nouveau terriblement seule avec moi-même. "
Ca doit être tellement douloureux pour toi, tu te sentais légitime d'être différente, et là tu reviens à penser que t'es juste nulle et que tu fais que te plaindre.
C'EST FAUX! Mais tu devrais voir un psy pour t'aider à te trouver et te comprendre. Si tu te sens différente, alors tu l'es! Ce n'est juste pas de la surdouance, ça ne veut pas dire que tu n'es pas intelligente.
En tout cas crois tes ressentis! tu te sens très mal, les autres ne le comprennent pas, c'est doublement douloureux! Un psy pourra déjà t'apporter l'empathie qu'il te manque et ensuite t'aider à déméler le caca et t'en débarasser et enfin t'aider à te trouver.
Bon courage!

Cassandre Paon

Re: Et quand le test dit non!

Message par Cassandre Paon » ven. 24 avr. 2015 17:58

Je déterre un peu ce sujet mais je pense que c'est la meilleure partie du forum pour vous rapporter mon expérience.

Mon témoignage est un peu différent de tout ce que j'ai pu pour le moment lire mais j'espère qu'il est tout de même intéressant =)

Comme je l'ai un peu évoqué dans ma présentation, pour moi être surdouée était une évidence dès assez petite.
J'étais la fille bizarre, l'intello qui comprenait tout sans faire grand chose, l'alien parmi les autres, le monstre, l'élève "comme on en voyait qu'une fois dans sa vie" dixit ma maitresse de CP, la gamine hyper mature qui se posait des questions métaphysiques à 8 ans et demi, qui avalait des bouquins super vite, qui était pas sociable mais comprenait les gens et les choses, hyper sensible, très patiente, mais aussi pas vraiment heureuse de vivre...
(Ca fait hyper prétentieux dit comme ça, mais bon c'est assez vrai et en vérité pas drôle du tout...)
Bref, le corps enseignant m'a cataloguée assez vite comme surdouée comme si le truc allait de soi même si assez vite j'ai eu droit au discours inverse, j'ai tout entendu de la part de l'Education Nationale sur mon cas.
Du coup ceci me paraissant quand même très enviable (narcissisme inside) j'avais parfaitement intégré l'idée, dans ma tête de gosse c'était un fait établi et une certitude j'étais surdouée.

J'ai donc passé un WISC à 12 ans pour le collège comme j'y avais des problèmes (qui devait être pour moi une formalité, la question étant seulement de savoir si j'avais 130, 140, 150...) et là pouf toutes mes certitudes se sont effondrées. J'ai jamais eu les résultats entre les mains ni aucun chiffre, ni mes parents d'ailleurs, je me souviens juste qu'apparemment mon QIV était excellent mais mon QIP moyen voir en dessous de la moyenne ce qui me faisait un QIT qui n'avait aucun sens. Pour la psy, je n'étais pas surdouée et mes résultats ne justifiaient pas un changement de structure. Elle trouvait que j'étais juste très très mature pour mon âge, que ça s'équilibrerait plus tard et que j'étais passablement déprimée.

Moralement, ça m'a trucidée. J'ai pleuré toute les larmes de mon corps à la restitution, pour moi ça signifiait que ma vie était foutue, que j'étais nulle, que je valais rien, que j'étais dans aussi conne que mes persécuteurs à l'école et que dans le fond j'étais condamnée à souffrir sans aucune explications et que non je n'étais pas la fille prodige qu'on pensait. N'étais-je pas un imposteur ?
Pour l'estime de moi ça a été ravageur, c'était tout ce que j'avais, la seule branche à laquelle me raccrocher.
Me reconstruire après ça, ça a été difficile et ce n'est toujours pas fini, je pense qu'en fait j'ai entendu le résultat mais je ne l'ai jamais vraiment accepté dans ma tête, j'me trouve toujours honteuse de ne pas avoir "réussi" un truc qui aurait du être simplissime, la normalité à l'époque et encore beaucoup maintenant (malheureusement) est limite une insulte (même si dans le fond, j'en rêve). Je sais que j'ai tort, mais bon pas facile de se raisonner.
Quand on se construit une certaine image de soi et que celle ci est fausse ça fait du mal, d'autant que je n'ai pas vraiment eu d'accompagnement par la suite sur cette question.

Aujourd'hui, j'ai 20 ans, pour diverses raisons j'ai été voir une psychologue et après lui avoir évoqué cet épisode et discuter de choses et d'autres elle m'a donné le bouquin de Cécile Bost en me demandant de lui dire si je me reconnaissais la dedans. La réponse est un gros oui jusqu'à la synesthésie même si je me demande si y'a pas un gros effet Barnum.
De toute manière maintenant il faut que je vois ces foutus résultats de WISC de mes propres yeux, histoire que ça me rentre bien dans le crâne et que j'avance même si émotionnellement ça va être très compliqué et que j'espère toujours que la psy qui me l'a fait passer avait tort.
J'ose pas passer la WAIS, j'ai trop peur du résultat et j'ai l'impression que plus le temps avance, plus je perds en intelligence comme si mes capacités se mettaient à fondre à vu d’œil comme si au final la psy qui m'avait testée avait raison...
Sans que je sois toujours "normale".

Maddy
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Re: Et quand le test dit non!

Message par Maddy » ven. 24 avr. 2015 18:58

J'ai lu avec intérêt tous les témoignages, et je souhaitais dire que si mon test WAIS est négatif, j'avoue que ça ne me touchera pas plus que ça. Je ne ressentirai pas de honte, et continuerai à venir sur le forum pour aller dans le jardin, profiter d'un échange enrichissant et agréable.

Bon, c'est vrai, j'ai été testée il y a 41 ans. Mais c'est loin ! Et si la psy de l'époque s'était trompée ? Après tout, l'interprétation des résultats est subjective. Quand je regarde derrière moi, je me pose des questions. Seules mes 3 premières années de primaire ont été un vrai bonheur. J'étais la meilleure partout. Et puis, le fait d'être constamment mise à l'écart, insultée parfois, maltraitée aussi (mais je rendais les coups) tout ça m'a conduite à changer dans mon attitude. D'élève studieuse et intelligente, je suis devenue rebelle, et surtout cancre (en apparence) Pourquoi ? Parce que comme ça on me fichait la paix ! Par contre, à la maison, je passais des heures à lire, écrire, dessiner. Je faisais beaucoup de sport, de la musique, et aussi des arts plastiques. À notre époque, on dirait que j'étais une enfant hyperactive. Bien plus tard, j'ai compris que cette soif d'apprendre avait été générée par le fait que je ne pouvais pas le faire comme je voulais dans le milieu scolaire. J'étais tiraillée entre mon besoin d'appartenance à un groupe et celui de m'exclure des "autres". Les "autres", c'était ceux qui ne pensaient pas comme moi. Une thérapie de 2 ans m'a aidé à comprendre certaines de ces choses. Et pour finir, ma vie professionnelle est, dans l'ensemble, un mélange de génie et de fiascos, ma vie sentimentale : idem !

Entrée dans ma cinquantième année, j'ai envie que mon 1/2 siècle se clôture dans la sérénité. D'où mon envie de passer un test en tant qu'adulte. Juste pour moi, pour mon bien-être, égoïstement.
言葉はときの旅人- Les mots sont les Voyageurs du Temps.

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Pier Kirool
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Re: Et quand le test dit non!

Message par Pier Kirool » sam. 25 avr. 2015 13:03

Cassandre Paon a écrit :De toute manière maintenant il faut que je vois ces foutus résultats de WISC de mes propres yeux, histoire que ça me rentre bien dans le crâne et que j'avance même si émotionnellement ça va être très compliqué et que j'espère toujours que la psy qui me l'a fait passer avait tort.
J'ose pas passer la WAIS, j'ai trop peur du résultat et j'ai l'impression que plus le temps avance, plus je perds en intelligence comme si mes capacités se mettaient à fondre à vu d’œil comme si au final la psy qui m'avait testée avait raison...
Sans que je sois toujours "normale".
Quelques remarques sur ce que je ressens à propos de tes écrits...
J'ai l'impression qu'il y a comme une espèce de contradiction à d'une part vouloir absolument voir des résultats interprétés comme négatifs à l'époque et que tu ne pourras sans doute pas retrouver et d'autre part à avoir peur d'une nouvelle certitude après avoir repassé un test...
C'est vrai qu'il y là comme un équilibre de la terreur entre la certitude du non et le doute... Qu'est-ce qui est le pire ?
Pour moi, repasser un test dans ta situation ne peux que réserver une "bonne" surprise, à savoir qu'il est soit positif (donc construire avec HP+) , soit négatif (mais çà, tu l'as déjà), ce qui te donnerait une certitude pour construire "sans HP".
Dans les deux cas, tu m'as l'air parfaitement "normale", le truc c'est que tu galères avec toi-même. en fait, le test ne te donnera qu'un caractéristique de plus. Pas sûr qu'à lui seul il te permette d'aller mieux avec toi, les autres elle monde... Inversement même sans être certaine pour lettes, un travail sur toi même te permettrait sans doute d'avancer. Le truc serait peut-être d'abord de savoir pourquoi ce résultat est si important pour toi... non ? car si c'est la seule branche à laquelle te raccrocher, c'est qu'il en manque plein d'autres et c'est peut-être sur celles-là qu'il faut travailler... non ? ptêt ?
"La vraie science est une ignorance qui se sait" (Voltaire)

Cassandre Paon

Re: Et quand le test dit non!

Message par Cassandre Paon » sam. 25 avr. 2015 13:34

Pier Kirool a écrit : Quelques remarques sur ce que je ressens à propos de tes écrits...
J'ai l'impression qu'il y a comme une espèce de contradiction à d'une part vouloir absolument voir des résultats interprétés comme négatifs à l'époque et que tu ne pourras sans doute pas retrouver et d'autre part à avoir peur d'une nouvelle certitude après avoir repassé un test...
C'est vrai qu'il y là comme un équilibre de la terreur entre la certitude du non et le doute... Qu'est-ce qui est le pire ?
Pour moi, repasser un test dans ta situation ne peux que réserver une "bonne" surprise, à savoir qu'il est soit positif (donc construire avec HP+) , soit négatif (mais çà, tu l'as déjà), ce qui te donnerait une certitude pour construire "sans HP".
Dans les deux cas, tu m'as l'air parfaitement "normale", le truc c'est que tu galères avec toi-même. en fait, le test ne te donnera qu'un caractéristique de plus. Pas sûr qu'à lui seul il te permette d'aller mieux avec toi, les autres elle monde... Inversement même sans être certaine pour lettes, un travail sur toi même te permettrait sans doute d'avancer. Le truc serait peut-être d'abord de savoir pourquoi ce résultat est si important pour toi... non ? car si c'est la seule branche à laquelle te raccrocher, c'est qu'il en manque plein d'autres et c'est peut-être sur celles-là qu'il faut travailler... non ? ptêt ?
Tu as parfaitement raison.
Mais disons qu'émotionnellement je m'y suis tellement pété les dents que remettre totalement les pieds dans le plat me fait peur, mais en soi oui mon discours est parfaitement ambivalent (c'est l'histoire de ma vie !)

En fait pour apporter quelques précisions, j'ai été voir un psy récemment pour faire un travail profond sur moi même et "tout mettre à plat" parce qu'il apparait clairement que je suis dépressive (entre autres) et que bon pour résumer je pense que mon fonctionnement présent n'est pas "bon" 'fin bref y'a pleins de trucs qui vont pas.
Je n'y ai pas du tout été pour rouvrir la question de savoir si j'étais HP ou non, j'ai mentionné le WISC en passant pis j'ai parlé d'autres choses. Mais c'est vrai que dans le fond la question est pas réglée que la psy a du le sentir chez moi et veut probablement me mettre face à mes contradictions, je ne sais pas (je ne l'ai vu qu'une fois !).
Tout ce que je sais c'est que le bouquin de Cécile Bost qu'elle m'a filé, m'a retournée.

lomox

et le test a dit non

Message par lomox » jeu. 7 mai 2015 14:14

Je vous livre mon témoignage en espérant que ça m'aide à y voir plus clair, en espérant que ça puisse également aider certains d’entre vous.

J'ai été orientée vers la douance par ma psy. Elle m'a informée sur le sujet, pensant que je pouvais être concernée. J'ai donc commencé à creuser le sujet.
J'ai mis longtemps à oser passer le cap de me dire "peut-être", "et si". Ce que je lisais me rassurait, me soulageait, je trouvais enfin des réponses. J'avais tellement peur de me tromper, encore, que je n'osais pas franchir le pas.
J'ai finalement décidé de passer le WAIS IV.

J'ai eu un bon premier contact avec la psy, plutôt sympa et souriante.
Elle m'a très rapidement expliqué comment allaient se dérouler les tests à savoir des petits exercices sur deux séances d'1h. Elle a essayé de me mettre à l'aise et de me détendre.

Toutefois, je suis ressortie de premier entretien plutôt frustrée : en effet, je me suis présentée très rapidement en lui expliquant qu'une psy m'avait orientée sur cette piste et que mes lectures m'avaient vraiment convaincues de passer le test pour en avoir le cœur net. Sans pouvoir développer plus que ça.
Elle m'a posé beaucoup de questions sur ma petite enfance et ma relation à ma mère, elle cherchait les pistes qui pouvaient, ou pas, montrer que j'avais été enfant précoce (à quel âge j'ai marché, appris à lire, parlé, ai-je eu des difficultés scolaires, me suis-je ennuyée en classe, etc...). Comme je n'ai vraiment que très peu de souvenirs de mon enfance et également assez peu de relations avec mes parents, je n'ai pas pu lui fournir les réponses attendues.

Je ressors donc un peu frustrée et légèrement inquiète de ne pas avoir pu aborder mon ressenti, les raisons pour lesquelles je souhaite passer ce test : la façon dont les émotions me submergent, me bouffent, mon hyper-tout, ma façon de raisonner différente, l'intensité, sens hyper-développés, la mauvaise image de moi, et par-dessus tout mon sentiment de décalage, le sentiment d'être mal câblée, pas adaptée, ma façon de penser et de voir les choses différente, l’incompréhension réciproque et mon irritation face aux petits-pas, etc….
Tout est-il à changer chez moi ou dois-je accepter ces caractéristiques comme faisant partie de moi afin d'arriver à vivre bien avec au lieu de lutter contre comme je le fais depuis tant d'années ?

Pendant cette séance j’ai cherché à comprendre le lien entre QI et comportement HP, ce qui faisait le surdoué, scientifiquement, tangiblement.
J'ai également voulu savoir comment ça allait se passer après, que le résultat soit positif ou non.
Je n’ai pas pu obtenir de réponse, elle s'est contentée d'un sourire énigmatique.

Il est vrai qu'elle est spécialisée dans les enfants et pas les adultes, ce qui explique sûrement le choix de ses questions. Mais du coup, un résultat d'entretien plutôt mitigé en ce qui me concerne.

La passation s'est plutôt bien passée, même si la psy s'est un peu perdue dans ses notes pour les consignes.
Elle a réussi à me détendre (enfin, à ne pas finir de me bloquer complètement :rofl: ).
C'était plutôt agréable.

J'ai ensuite dû attendre deux semaines pour avoir le résultat, deux très très longues semaines.

Résultat négatif : "Vous avez un QI homogène mais vous n'êtes pas une adulte à haut potentiel."
patatra, tout s'effondre.

Bien sûr, je me suis décomposée, totalement abasourdie, écrasée par le flux d'émotions : honte, incompréhension, angoisse.
"Mais alors c'est bien que je suis tarée !"
"Mon dieu, mais comment vais-je m'en sortir ? "
"Comment ai-je pu être assez prétentieuse pour même seulement pouvoir envisager de me croire HP !!! "
"Et pourtant, je colle bel et bien au "profil", ça me ressemble tellement, pas en termes de niveau d'intelligence mais en termes de comportement, de type de personnalité, je ne comprends pas !!!! "
"Ca a été un tel soulagement de lire tous ces textes, toutes ces études sur le HP, je m'y suis tellement retrouvée. J'avais enfin trouvé des réponses, une certaine sérénité de pouvoir me dire, OK, je suis comme ça, ce n'est pas que j'ai un problème. "
"Me revoilà au point de départ."
Bref, l'horreur.
La psy m'a demandé d'une petite voix timide "j'espère que mon rapport ne vous déstabilise pas trop"..... (euhhhh SI QUAND MEME !!! et désolée mais je n'ai pas assez de ressources là maintenant pour te rassurer)
Je lui ai dit que j'étais incapable de comprendre comment on pouvait à ce point coller à un profil et ne pas en être.
Et là j'ai enfin pu exprimer la raison de ma venue, lui dire en quoi je souffrais, quelles étaient mes différences, j'ai pu décrire, parler de mon fonctionnement.
Elle m'a alors dit qu'effectivement je semblais bien avoir la pensée en arborescence, que le test de QI n'est qu'un test avec ses limites et qui ne remet pas en question ma personnalité.
Là j'avoue qu'elle a fini de me noyer dans la confusion. Je ne savais plus où j'en étais.
J'ai à nouveau essayé, sans succès, de me faire expliquer quel était le lien entre QI et comportement HP, qu’est-ce qui fait qu’à 130 on l’est mais pas à 129, j’ai également essayé de me faire expliquer ce que je pouvais bien être alors, pour pouvoir comprendre et alors seulement, pouvoir accepter.
Entendons-nous bien, je me fiche totalement d'avoir 110 ou 140 de QI, ce qui m'intéresse c'est de rentrer dans une case, pour une fois dans ma vie, la case des pas fous.
Le client d'après ayant sonné, j'ai fini par lui demander ce qui se passait après. Qu'est-ce qu'elle pouvait me conseiller. Une nouvelle réponse énigmatique "euh, vous pouvez suivre une thérapie, euhh....peut-être une thérapie brève ? "

J'ai mis plusieurs jours à me remettre de cette nouvelle, à essayer de démêler mes sentiments, à tenter d'accepter et surtout de comprendre.
Je me qualifie aujourd'hui de surdouée sous-douée.
Je le répète, le QI ne m'importe pas. Castor ou ###Charcutier-zingueur en reprise d’études ###, ce qui m’importe c’est de savoir si mon fonctionnement est normal, ce qui, pour moi qui ai lutté toute ma vie, serait un vrai soulagement, même s’il me resterait alors un énorme chantier, à savoir apprendre à vivre avec ; ou au contraire, si je ne fonctionne pas normalement ce qui signifierait alors que je dois continuer le combat et lutter pour faire cesser/limiter la déviance.
La deuxième hypothèse donc….
Alors peut-être que je ne suis qu’une tarée, une maniaque du contrôle, une paranoïaque affublée de sens et d’une sensibilité hypertrophiés, une inadaptée sociale, une handicapée de la vie totalement dépourvue de la moindre confiance en soi.
C’est ce que le résultat de ce test semble dire.

Pourtant, malgré tout, indépendamment des résultats de ce test, des listes de caractéristiques qu’on connait et de mes lectures sur le sujet, j’ai toujours su au plus profond de moi que je suis différente.
Cet état de fait me plait mais me fait également grandement souffrir.
Cela me plaît car je me sens libre, tout est possible ; ça me plait car ma vie est plus intense, car je ressens tout plus fortement, car je ne suis pas dans l’acceptation passive, parce que je change ce qui peut être changé, parce que ma conception de la vie, ma façon de voir les choses est semble-t-il plus large, parce que je vais plus vite, parce que j’ai plein de passions, tout m’intéresse, parce que j’ai besoin d’apprendre, de découvrir, d’aller de l’avant, parce que je déborde d’énergie, parce que je sais rebondir et trouver des solutions de derrière les fagots, parce que je sais pouvoir me reconvertir (j’en suis à la 6ème profession différente), parce qu’aussi je ne perds pas mon temps en faux semblants, en discours et attitudes convenues.
Mais ça me fait également souffrir parce que je ne peux pas être libre, j’ai des chaines, des freins qui me brident, me frustrent, m’empêchent d’être pleinement, parce que justement, je ressens tout plus fortement, parce que mes sens et ma sensibilité saturés me font souffrir, parce que l’empathie telle que je la connais est bien loin d’être un cadeau, parce que les déferlements d’émotions sont puissants, incontrôlables et dévastateurs, parce que je m’use à tout vouloir contrôler, anticiper, prévoir, parce que je doute de tout, tout le temps et surtout de moi, parce que je me remets en question, toujours, parce que je ne fais jamais assez bien parce que je voudrais toujours aller plus loin, plus haut, mieux. Parce que je ne me sens jamais à ma place, parce que je désespère d’un jour pouvoir me dire « je suis bien là, tout ira bien », parce que j’ai du mal à comprendre le fonctionnement des autres qui voient ce que je ne vois pas et ne comprennent pas ce qui me semble tellement évident et tant d’autres raisons.

Mais j’en ai assez de lutter, d’essayer de comprendre ce qui ne va pas chez moi, d’essayer de changer, j’en ai assez de me battre contre moi-même pour essayer, en vain, de rentrer dans le moule, je ne fais qu’accentuer ma souffrance, mon incompréhension et ma mauvaise image de moi.
Alors oui, je me suis crue surdouée, j’ai osé ! (quelle honte)
Pas seulement à cause des caractéristiques dont les listes fleurissent partout (je sais très bien qu’on peut tout à fait avoir de la fièvre sans que ce soit forcément du à une septicémie mais que cette fièvre peut avoir plein de causes diverses), mais bien parce que je me suis toujours sentie différente et que ce que je lisais (ces fameuses caractéristiques donc, mais aussi les études, les conférences, les forums, les témoignages) résonnait profondément en moi. Ca me sautait à la figure comme une évidence. C’était, et c’est toujours juste.

Bref, c’est la merde :nesaitpas:


PS : je me suis beaucoup livrée dans ce témoignage, siouplait, tapez pas trop fort

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Re: Et quand le test dit non!

Message par NaHte » jeu. 7 mai 2015 14:47

Vu que je n'ai pas passé le test, j'ai l'impression en te lisant qu'un jour, après avoir eu le courage de pousser la porte d'un psychologue, de prononcer le mot "surdouance" devant lui et le mot "test", je pourrai très bien me retrouver dans la même situation que toi, avec les mêmes doutes et les questions semblant condamnés aux non-réponses après que le couperet du test soit tombé.

Merci donc d'apporter une pierre pas si facile à gérer à l'édifice de ce forum. Je n'ai pas du tout envie de te taper, je te serrerai dans mes bras si je pouvais et pourtant, je ne hugge pas facilement ^^"

Pour la suite, ce n'est pas du tout un diagnostic mais j'aimerais poser par écrit la manière dont je vois qui tu es:
Aimant bien la neurobiologie, le cerveau, la conscience, j'ai lu pas mal d'articles sur Wikipedia ou dans des journaux scientifiques. Un jour, je suis tombée sur un article annonçant que les US reconnaissaient le borderline. En gros, de ce que j'ai compris, c'était un terme permettant de désigner des individus dont les troubles étaient à ceux d'une maladie mais qu'ils n'étaient pas non plus malades. J'ai trouvé ça formidable dans le sens où je trouve que ce concept est très vrai par rapport au fonctionnement que je vois du cerveau. Le cerveau n'est pas noir ou blanc, il y a des nuances de gris où l'étude permet de poser des mots dessus. Bien entendu, le borderline s'appliquait apparemment à des maladies, or, la surdouance n'en est pas une, cependant, rien ne m'empêche de l'utiliser comme je veux :p
Au vu de ce post détaillé, j'ai envie de te dire: soit, tu n'es peut-être pas HP, mais t'es Borderline-HP
Tu n'es pas seul(e). Tu as juste besoin d'un câlin Image

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Re: et le test a dit non

Message par Pier Kirool » jeu. 7 mai 2015 16:02

lomox a écrit :ce qui m’importe c’est de savoir si mon fonctionnement est normal, ce qui, pour moi qui ai lutté toute ma vie, serait un vrai soulagement, même s’il me resterait alors un énorme chantier, à savoir apprendre à vivre avec ; ou au contraire, si je ne fonctionne pas normalement ce qui signifierait alors que je dois continuer le combat et lutter pour faire cesser/limiter la déviance.
Mais en fait le souci d'être normal c'est de savoir ce qu'est être normal. Quand le test dit non, il ne dit pas tu n'es pas normale ni que tu n'es
lomox a écrit :qu’une tarée, une maniaque du contrôle, une paranoïaque affublée de sens et d’une sensibilité hypertrophiés, une inadaptée sociale, une handicapée de la vie totalement dépourvue de la moindre confiance en soi. C’est ce que le résultat de ce test semble dire.
Pas du tout.
Comme tu le dis très bien, ce qui doit être amélioré c'est la grande souffrance d'être toi-même.
C'est peut-être bien aussi que tout ne soit pas possible, que la vie soit moins intense, de ressentir quelques trucs moins fortement, d'être dans l'acceptation active (de soi par exemple), de ne pas toujours changer, d'aller moins vite, d'être dépassionné, pas intéressé, de ne pas vouloir savoir, ni aller toujours plus loin, plus haut et mieux, d'être juste là, d'avoir juste assez d'énergie, d'être sans solution, d'être, seulement...pas forcément bien ni être sûr que tout ira bien, mais être... Bref, ce que tu es est sans doute tout à fait normal, mais tes chaines, tes freins, tes sens, ta sensibilité, ton empathie tes déferlements aussi sont peut-être normaux. C'est pas une étiquette qui te fera aller mieux. Si tu souffres de toi, c'est toi qui te fera aller mieux, ou un autre regard sur toi, un travail comme on dit...
On ne peut pas avoir besoin d'apprendre et d'aller de l'avant et ressentir "je suis bien là". Peut-être faut-il apprendre à ressentir "je suis bien quand je ne suis déjà plus là ou j'étais en commençant cette phrase" (ce qui est juste l'exacte réalité du monde)... C'est peut-être le mouvement qui te va ?
Euh, et si les autres ne comprennent pas ce qui te semble tellement évident, tu te trompes peut-être, ou alors expliques leur encore...
Oui, et alors essayer de rentrer dans quel moule ? Respecter la loi me paraît déjà bien, et à l'intérieur, y a pleins de variantes... T'as pas un peu le choix du moule ?
Bises, et mets ton énergie au service de toi.
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Re: Et quand le test dit non!

Message par madeleine » jeu. 7 mai 2015 16:43

Ton témoignage me touche beaucoup, lomox, et je te remercie d'avoir eu le courage de le poster. Sa lecture vient pour moi juste après l'écoute du dernier épisode de l'émission "sur les épaules de Darwin" et y fait écho par la description de tes états émotionnels intenses jusqu'à la douleur. C'est pourquoi je poste ici le lien

http://www.franceinter.fr/emission-sur- ... de-vivre-3

avec l'espoir qu'il te donne une piste pour continuer sur le chemin qui va vers toi, avec toutes tes ombres qui ne sont projetées que par tes lumières
"l'obscur est un chemin , la lumière est un lieu." Dylan Thomas
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: Et quand le test dit non!

Message par Romaine » ven. 8 mai 2015 10:00

Et maintenant que faire…

Je ne me suis intéressée à la douance qu’il y a peu de temps.
Suite à un rencontre avec l’assistante sociale qui m’a dit ta fille est précoce… renseigne toi…

J’ai lu le livre de Monique de Kermadec l’adulte surdoué. Je voulais savoir quel genre d’adulte devenait un enfant précoce, en tout cas à quoi pouvait-il être confronté.

J’ai pleuré et peu dormi ensuite durant quelques jours. Je ne trouvais pas de réponse aux questions que je me posais pour ma fille. Mais c’était moi, dans ce livre : mes traits, mes angoisses, ma culpabilité, ma détresse, mes joies aussi. 80% des caractéristiques d’une personne surdouée s’appliquaient à moi. Une possible réponse à tout ce qui tourne toujours dans ma tête comme une ronde sans fin, un serpent qui se mord la queue.

Un espoir de pouvoir, peut-être, déculpabiliser de ma différence, de ma vision douloureuse et écœurée du monde qui m’entoure. De mon incapacité à travailler en entreprise. De mon impossibilité à travailler en libéral ; ce n’est jamais assez bien ce que je fais pour les autres. Je suis incapable de me vendre. Une explication donnée à ma suractivité, à mon trop d’émotion, trop de réflexion, trop de tergiversations, trop d’anxiété… trop trop trop disent-ils tous autour de moi (Mari, enfants, mére, amis…). Trouver une explication au fait qu’il y a trois ans j’ai planté mon boulot (j’ai dû démissionner 3 fois avant qu’ils me laissent partir). J’ai imposé la vente de notre maison à mon mari, pris mes enfants et suis partie vivre en "brousse" en disant à mon mari, je pars, fais ce que tu veux (en gros qui m’aime me suive)... J’ai une chance inestimable, il m’a suivi et fait tous les jours 150 km pour aller travailler. J’ai deux chevaux, un cochon de compagnie de 160 kg, trois chats, trois chiens. J’ai comblé mon besoin d’affect. J’ai choisi de louer une bicoque pourrie et de la retaper et de l’agrandir toute seule.

Je vais mieux certes, mais je n’ai pas répondu à mes questions. Et ce fameux livre m’a replacé devant mes fameuses questions.

A toujours douter de moi, ce fameux livre, j’ai demandé à mon mari de le lire, à ma mère aussi. "Qu’en pensez vous ? Est-ce que ça peut-être ça, la réponse ? Est-ce que je suis surdoué ?"
Mon mari m’a dit fonce, c’est effectivement troublant. Il est d’accord sur les 80 % de traits communs. Ma mère m’a dit oui tu avais 2 ans d’avance en CM2, tu as lu vite et très tôt. Mais ça ne prouve rien. C’est sûr nous ne sommes pas des moutons dans la famille. Vas-y, si tu as besoin de réponses.
Alors j’y suis allée…

Et j’en reviens, encore plus seule, avec encore plus de culpabilité, encore plus perdue qu’avant…
Je suis assise seule, sur le bord de la route. J’ai les mains ballantes et le regard baissé.


Les résultats du test m’ont été rendus : non ce n’est pas de la précocité.
ICV Rang percentile : 95 intervalle de confiance à 95% :116-129
IRP Rang percentile : 70 intervalle de confiance à 95% :101-114
IMT Rang percentile : 34 intervalle de confiance à 95% :87-102
IVT Rang percentile : 82 intervalle de confiance à 95% :103-121

Alors que faire maintenant. Continuer à me dire que c’est moi qui me fais des nœuds dans la tête. De continuer à chercher des réponses au fait que je n’arrive pas à trouver de cohérence entre ce que je suis et ce qu’on me demande d’être. Les autres, on souffre de ne pas vivre avec eux, malheureusement…

La psychologue m’a laissée quelque peu seule face à tout ça.
Peut-être ne me suis-je pas exprimé clairement ceci dit. Mais n’est-ce pas sa partie du travail cela, de comprendre ou de m’aider à exprimer ce que je n’arrive pas à dire ?

Elle m’a dit au revoir, à dans 15 jours. Relis le bilan et si quelque chose remonte par rapport à l’analyse, on en parlera...
L’analyse parle principalement du fait que je ne gère pas mes émotions et qu’elles m’envahissent au point de parasiter ma pensée. Oui ben cela je le savais déjà ! Et que je réponds trop vite, oui ce n’est pas nouveau non plus…

Me voilà donc revenue au point de départ, déçue de ne pas avoir une réponse physiologique à cette différence qui me fait souffrir, déçue d’avoir eu l’espoir de me sentir moins seule au monde.

Je me recentre donc autour de mon soleil : mon mari et mes enfants, en attendant de réussir à reprendre le fil décousu de ma vie après toutes ces aventures psychoémotives.

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Re: Et quand le test dit non!

Message par Zyghna » ven. 8 mai 2015 21:42

Peut être que ce chemin n'a pas été inutile non plus, même si tu sais que cette différence n'a pas pour nom douance. C'est dans ce cheminement intérieur que l'on peut trouver les clés pour avancer, pour oser se construire différemment, reconnaitre autant ses forces que ses faiblesses.
Pour certains, le diagnostic positif ne les aide en rien, voire renforce leur mal-être intérieur. C'est ce que l'on fait de cette connaissance de soi qui importe, ce que l'on décide d'en faire avec les autres, pour les autres et surtout pour soi-même.

Prend le temps de souffler, parce qu'un diagnostic négatif doit autant se digérer qu'un diagnostic positif. C'est un deuil qu'il faut faire, et ce n'est pas toujours simple.
"Il est inutile d'être parfait, il faut seulement s'engager et mettre ses actions en cohérence avec ses valeurs" Brené Brown

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Re: Et quand le test dit non!

Message par PointBlanc » sam. 9 mai 2015 07:53

Le test a dit non pour l'un des élèves que je suis en tutorat et que je soupçonnais fortement d'être à haut potentiel. Il ne le sait pas encore, moi si.

Tout y était pourtant en apparence : les stages, les livres, les articles... tout ce que j'avais lu ou entendu paraissait me donner raison. Il devait l'être. Autrement à quoi ces articles, ces formations auraient-ils servi ? Si l'on pouvait être tout cela sans être surdoué, à quoi bon ces listes de caractéristiques ? Je savais bien que sans la confirmation apportée par le test il était impossible de rien affirmer. Mais tout correspondait. L'élève en question est même à certains égards plus étonnant que beaucoup de ses camarades diagnostiqués, intégrés au dispositif et qui empêchent leur intelligence comme le font tant d'autres gosses de leur âge.

Quand j'en discutais avec lui, je gardais mes certitudes pour moi : je l'ai incité à passer le test parce qu'il était persuadé d'être idiot, et sur ce point du moins il sera rassuré, autant en tout cas qu'un test a ce pouvoir. La digestion du "non" ne devrait pas être trop douloureuse pour lui.

De mon côté j'en ressors avec sur les bras un profil du surdoué dont je ne sais plus que faire. La lecture des témoignages de Romaine et Iomox ne fait qu'écorner encore un peu plus ma confiance en la validité de cette liste de spécificités qui n'ont au fond rien de bien spécifique. J'ai lu Gauvrit pourtant : je sais qu'il y a amplement matière à relativiser dans l'image d'Epinal du z3bre ; mais c'est pourtant bien celle que l'on persiste à nous servir en stage, et sans la nuancer beaucoup. Je ne doute pas que ces caractéristiques s'appliquent tout ou partie aux HPI : mais si elles s'appliquent aussi très largement à tout autre élève, quel est l'intérêt ? Et de quelle différence au juste le test est-il révélateur ? Il y a une réalité neurologique au haut potentiel, une réalité statistique également : mais pour le reste ?

Je sais que ces questions sont débattues en long et en large sur ce forum depuis sa création. J'ai de quoi lire. Je suis aussi conscient de ce que ma réaction doit à l'amour-propre froissé et à la projection ; mais pas seulement. Je ne suis évidemment pas en colère après ce forum, ni après la douance, quoi que ce puisse être.
Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?

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Re: Et quand le test dit non!

Message par Caligula » sam. 9 mai 2015 10:38

Je m'apprête sans doute à écrire des grosses âneries, donc je préviens d'avance qu'il s'agit de mon opinion (donc d'un truc complètement contestable, bourré de failles,etc..).

Comme tu n'as pas détaillé le profil du surdoué, je n'ai pas trop de quoi m'appuyer (et tant mieux ça me rendra moins convaincant). Je resterai donc très vague.

Si on prend la douance comme une "pathologie du fonctionnement cérébral", le profil correspondrait à une liste de "symptômes". Le truc avec les symptômes c'est qu'il collent toujours avec plusieurs maladies, parfois la liste qu'on voit fait plutôt penser à l'une ou à l'autre, mais ça pourrait aussi être une combinaison d'autres maladies, ou bien un cas un peu différent d'une autre pathologie. C'est tout l'intérêt d'avoir des tests, ce sont eux qui tranchent parce qu'en se basant uniquement sur les symptômes ont prend le risque de se planter, c'est comme ça. Tout ça pour dire que les erreurs arrivent. C'est comme ça, il faut l'accepter.

Si ce profil t'as permis de détecter d'autres surdoués, c'est qu'il n'est probablement pas bon à jeter. Donc il faut le conserver tout en sachant qu'il n'est pas parfait, et peut-être essayer de l'améliorer. Je vais reprendre un exemple médical, mais en général quand un médecin voit arriver un patient qui a touts les symptômes (sans exception d'une maladie), il va chercher le symptôme caché (qui fait la différence entre la tumeur et la gastroentérite par exemple). Peut-être qu'il serait intéressant de rechercher le symptôme manquant , ou les "faux symptômes" chez ton élève. Et c'est sans doute le plus dur, parce que le cerveau c'est une vraie éponge à être modifiée par l'environnement. Il y a tellement de choses qui jouent depuis le milieu social, jusqu'au contenu de la bibliothèque du coin.

En résumé, je pense qu'il faut garder ton profil du surdoué, ne pas avoir peur de faire des erreurs, parce que c'est comme ça que tu le compléteras (peut-être même que tu trouveras des profils de surdoué).
"Les gens aiment bien inventer des monstres et des monstruosités. ça leur donne l'impression d'être moins monstrueux eux-mêmes." Andrzej Sapkowski

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Re: Et quand le test dit non!

Message par madeleine » sam. 9 mai 2015 11:13

Je dirais comme Caligula, et j'ajouterais que si cet élève t'a tiré l'oeil, tu peux être sûr qu'il présente une différence d'avec la moyenne, même si ce n'est pas celle à laquelle tu pensais. Le Wais ne mesure pas tout, on en est loin, mais des compétences intellectuelles ; quid des compétences du modèle de Gardner ? D'un potentiel créatif qui n'attend qu'un peu de confiance par exemple ? Ce serait dommage de jeter le bébé avec l'eau du bain -mais ça m'étonnerais que tu le fasses :D
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: Et quand le test dit non!

Message par PointBlanc » sam. 9 mai 2015 13:06

Peu de risques : c'est un grand bébé :D

Plus sérieusement, je vous rejoins tous les deux, en particulier sur le fait que le WAIS mesure des facultés intellectuelles, parmi d'autres dont le nombre et la nature sont toujours à déterminer, je crois.

Caligula : le profil en question est celui qui produit chez ceux qui le découvrent cette identification qui les pousse si fréquemment à s'interroger sur leur propre douance - ce profil qui les amène entre autres à s'inscrire ici, à envisager le passage du test, à le passer finalement avec des résultats qui ne valident pas toujours cette hypothèse. Ce que je veux dire, c'est que même si les surdoués présentent les caractéristiques en question (mais pas toujours) beaucoup de ceux qui ne le sont pas les présentent tout autant, ou pensent les présenter, ou donnent l'impression qu'ils les présentent, en particulier quand on tient compte de la possibilité que certaines d'entre elles soient dormantes, du fait d'une inhibition d'une sorte ou d'une autre.

Pour reprendre ton exemple, c'est exactement comme s'il s'agissait de poser le diagnostic d'une maladie rare à partir d'une liste de symptômes si communs que même pris ensemble ils ne peuvent être considérés comme révélateurs de quoi que ce soit. Un généraliste éliminera d'abord les pistes les plus probables avant de penser à tester spécifiquement le patient pour cette pathologie, même s'il peut y songer dès le départ. Parce qu'il n'y a pas forcément de symptôme caché qui lui permettrait de trancher sans le secours dudit test.

Or, concernant la douance, les choses se passeraient plutôt à l'inverse : c'est la piste qu'on envisage d'abord, quitte à l'invalider ensuite, parce que c'est la seule qu'un test permette facilement de valider. Les autres paraissent autrement plus confuses. C'est un peu comme si elle constituait une hypothèse par défaut face à tous ces "signes cliniques" ; du moins c'est ainsi que la vulgarisation, y compris au sein de l'EN, tend à la faire apparaître. Donc, oui, ce profil a pu nous aider à détecter des surdoués. Mais si je faisais le compte des élèves que je côtoie et qui présentent un certain nombre de ces signes, ou manifestent des talents ou des difficultés qu'on peut très bien mettre sur le compte de la douance, le chiffre en serait considérable, en tout cas très largement supérieur aux 2% à l'extrême droite de la courbe de Gauss. Pourquoi ai-je choisi de faire passer le test à l'élève en question plutôt qu'à tous ces autres pour lesquels je ne l'ai pas fait ? La raison en est à creuser. Peut-être ma lecture de cette liste de traits caractéristiques est-elle plus biaisée que je ne le suppose. Peut-être existe-t-il un "symptôme caché" que je ne perçois pas consciemment. Mais ce symptôme, comme tous les autres, serait-il exempt de toute appréciation subjective (ce qui dans le cas de la médecine est un peu plus fréquent) ? Je crois qu'effectivement je suis condamné à me tromper encore souvent. Et c'est cet inévitable tâtonnement que je vis mal, que ce soit professionnellement ou humainement.

Mais là le problème est davantage de mon côté que de celui de la douance, une fois encore : j'en fais sûrement une affaire personnelle, pour des raisons que j'ai déjà mentionnées plus haut.

C'est bon de pouvoir réfléchir à tout ça sur ce forum, en tout cas.
Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?

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