Nécessité d'un psy hpi lui aussi

Ici vous pourrez échanger au sujet du diagnostic et de l'accompagnement
valérie
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Bonsoir
J'ai fini le livre de Carlos Tinoco "les surdoués et les autres". Un livre plutôt ardu à lire mais qui donne des points de vue très intéressants et inédits.
Enfin bref du coup la question que je me pose: est-ce que pour être bien suivi, aidé, épaulé par un psychologue, ne faut-il pas qu'il soit nécessairement lui-même HP?

Voilà pensée du soir pour les psy du forum et ceux qui ont affaire à un psy autrement que pour le test wais.

Merci de vos avis, commentaires.

Valérie
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yokainoshima
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bonsoir,

je n'ai jamais demandé le statu des psychologues que j'ai pu consulter. Je les ai plutôt choisie sur leurs compétences et de me sentir accueillie avec bienveillance.

La seule psychologue que je savais hpi s'est comportée comme une grosse "bip" et je ne l'ai vu qu'une seule fois, après j'ai fui.

Pour moi, focaliser et tout lire de sa vie, de ses tracas au travers du prisme du hqi, c'est le risque de passer à côté d'autres difficultées, traumas.
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Napirisha
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En ce qui me concerne, ça ne me semble pas nécessaire. Mes problèmes sont peut-être colorés par le haut potentiel, mais ils sont plus larges, et finalement assez banals je crois. Globalement je suis anxieuse et stressée et pas à l'aise avec ma famille/mon histoire/ma hiérarchie/ la société/etc, ça n'a rien d'extraordinaire, et je n'ai pas besoin d'outils spécifiques "130+" pour avancer. C'est bien que ma psy en ait connaissance et en tienne compte, qu'elle soit assez réactive pour suivre ce que je dis, mais qu'elle soit elle-même surdouée, je n'en sais rien et je n'en ai pas besoin.
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valérie a écrit :
mar. 10 mars 2020 22:53
Bonsoir
J'ai fini le livre de Carlos Tinoco "les surdoués et les autres". Un livre plutôt ardu à lire mais qui donne des points de vue très intéressants et inédits.
Enfin bref du coup la question que je me pose: est-ce que pour être bien suivi, aidé, épaulé par un psychologue, ne faut-il pas qu'il soit nécessairement lui-même HP?

Voilà pensée du soir pour les psy du forum et ceux qui ont affaire à un psy autrement que pour le test wais.

Merci de vos avis, commentaires.

Valérie
Raisonnons à l'extrémité.
Comment devrait être le psy idéal pour accompagner des déficients intellectuels?
Voilà,c est ma réponse.
Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus. (Aristote, Ethique à Nicomaque).
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Fabs :lol:

Psy HPI ou pas, de toutes façons, une fois qu'ils font passer les tests, ils ne peuvent plus le passer eux-mêmes ( s'ils ont un peu de déontologie), sans parler de ceux qui le gardnt pour eux et ne l'affichent pas . Donc ce n'est à mon sens pas trop la peine de chercher un psy diagnostiqué.

Je pensais pour ma part qu'il fallait un psy qui soit a minima au courant de la douance sous peine de se retrouver souvent dans une impasse. Mais il y a tellement de bullshit autours de la douance maintenant que je rajouterais qu'il en faut un qui ait réussi à se tenir à l'écart des conneries à la mode parce que, quand même, d'autres voix s'élèvent... Mais qu'il faut surtout surtout quelqu'un qui te convienne sur tous les autres points normaux parce que les problèmes, ils seront vraisemblablement "normaux", même si teinté par la douance...

Bon courage.
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Ça soulève une question intéressante pour le monde du soin, voire plus généralement de l'accompagnement de personnes dans leur parcours de vie : Faut-il nécessairement avoir connu ce que l'autre connaît ou va connaître pour bien l'aider à le traverser ?

C'était une question qui se posait dans l'enseignement : nos formateurs nous disaient "si vous êtes là c'est que vous avez réussi, vous êtes probablement brillants, en tout cas travailleurs, certainement intelligents et forcément habitués et à l'aise avec le milieu scolaire. Vous allez pas comprendre ceux qui n'y arrivent pas." Dans le sens où, puisqu'on n'a pas vécu la difficulté scolaire, on ne pourra plus jamais y être sensible. Puisqu'on est intelligents, on ne peut pas se représenter ce qui se passe dans la tête de quelqu'un qui ne comprend pas ce qui pourtant nous parait si simple.

Avec le temps, j'ai modéré mon adhésion à cette vision des choses. Pour en revenir à la douance et à l'accompagnement d'un psy, pour ma part je ne connaissais pas la vie privée des psys qui m'ont suivi et je m'en fichais pas mal du moment qu'ils m'aidaient suffisamment bien. Quant à leurs connaissances sur la douance, comme le dit justement Tourne... Il faudrait passer du temps à savoir où en est le bonhomme / la bonne femme dans sa compréhension de la chose, s'il n'est pas "à fond" dans les "conneries à la mode" et s'il ne va pas te faire payer une sorte de séance de développement personnel que tu aurais eue dans un livre emprunté en bibliothèque municipale, dans le rayon du même nom.

Je continue sur une phrase qui m'agace à titre personnel : "Tant que tu l'as pas vécu tu peux pas comprendre."
Et si on la renversait ? "Tant que tu ne l'as pas compris, tu ne peux pas le vivre."
Laquelle est la plus absurde ?
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blue hedgehog
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Dans certains domaines, je comprends le besoin de trouver un /une spécialiste concerné /e par la spécialité. Par exemple je ne vais pas porter à réparer mon pc à quelqu'un dont je sais qu'il /elle utilise exclusivement un mac.
Mais, pour avoir en 1 an et demi consulté 3 psychologues et 1 psychiatre, avec des profils variés en ce qui concerne la connexion avec la douance, je pense qu'il faut "juste" trouver quelqu'un avec qui parler n'est pas une torture, et qui n'est soit aucunement au courant du hpi, pour ne pas fausser avec les niaiseries trop souvent racontées , ou comme l'a dit Tournelune quelqu'un qui est au courant du hpi et (in-) formé pour la chose mais au delà des clichés. Ce qui me semble assez compliqué à trouver.

Mais bon ce n'est que mon avis.
Une bougie offre sa lumière aux alentours, pendant qu'elle se consume. (Proverbe chinois)
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Léo
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Hors-sujet
... Si c'est Raymonde Hazan :lol: (si vous ne la connaissez pas... ne vous infligez pas cela)
Le psy avec qui j'ai passé le test et qui me suivait pour autre chose à la base avait répondu qu'il ne pouvait de toute façon pas savoir pour lui-même étant donné qu'il faisait passer des tests (par contre, il était/est, sans que je le sache au départ, "spécialisé" dans ce domaine auprès des enfants et ados).
La question soulevée par Inmedio est intéressante... Penser qu'on sera compris(e) de la sorte est pure projection et reste subjectif quoi qu'ait vécu la personne en face de soi... d'autant plus que l’espace thérapeutique demande une certaine neutralité (bienveillante) sans laquelle ...la relation serait tout autre... Et si un psy te dit que tout s'explique "à cause" de ton hp ou au contraire le nie complètement ... tu peux te dire que c'est louche.
A toi de voir et d'évaluer les points que tu souhaites aborder, d'où tu veux démarrer aussi...
"Soudain, la jeune fille, le plus tranquillement du monde, entreprit de se curer le nez avec les doigts." Witold Gombrowicz
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yokainoshima
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Une réflexion en passant, le psychologue non hqi peut être aussi intéressant car il nous confronte au regard des non hqi, qui sont quand même sacrément nombreux, pour ne pas dire majoritaire ;).

J'apprécie dans les suivis que j'ai eu de ne pas m'être trouvée enfermée dans cette étiquette et d'avoir été accompagnée comme "tout". Deux des psychologues qui m'ont accompagnée sur des temps un peu long étaient au courant, comme d'un élément à avoir en tête mais au même titre que mo genre, mon âge, ma culture...

@valérie je suis curieuse de comprendre ce qui te fait t'interroger plus précisément. Peux tu en dire plus, stp ?
valérie
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Bonsoir à tous
merci pour vos retours enrichissants
@yokainoshima : Le livre de Carlos Tinoco m'a fait m'interroger et revoir le rapport HPi avec ceux qu'il appelle les typiques. Mon questionnement ne porte pas sur les compétences "techniques" du psy qui pourraient meilleures ou moins bonnes selon son QI mais sur sa capacité à "ressentir" l'écart aux autres.
Effectivement @InMedio a touché du doigt le sujet, est-ce que quelqu'un non hpi pourra comprendre ce mal-être lié à ce sentiment récurrent de "sidération" vis à vis du "récit collectif" versus le "récit singulier", dixit Carlos. Ou dit autrement aura-t'il la capacité suffisante pour douter et sortir hors de sentiers battus
@blue hedgehog oui sans doute que la meilleure solution serait de trouver quelqu'un avec qui on se sent à l'aise qui nous permettrait de faire un travail finalement seul mais grâce au miroir qu'il nous tend.

J'étais aussi curieuse de savoir si quelqu'un avait trouvé un psy avec lequel une espèce de connexion intellectuelle s'était faite, et toujours d'après Carlos cette connexion entre hpi était particulièrement bénéfique du moins un temps.

Du coup en écrivant ,je me dis que ce que je devrais faire c'est plutôt me trouver un ami HP lol. Etant donné le plaisir que j'ai à lire et à échanger sur ce forum.

Et puis ce que le test WAIS m'a montré c'est que je rentre en totale panique quand les épreuves sont chronométrées, et après presque 1 an où je vis à travers ces infos, j'en ai conclu que je cherche toujours à "linéariser" mon raisonnement pour m'obliger à structurer et à vérifier mon intuition ce qui me fait perdre du temps.

Peut-être qu'un neuropsy pourrait m'aider à déprogrammer cela?

voilà voilà
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yokainoshima
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@valérie je pense que ma psychologue actuelle l'est probablement et surtout qu'elle est bien d'avantage encore. Je la sens extrêmement apaisée et c'est ce dernier aspect qui m'a fait lui faire confiance. Justement parce que la sphère intellectuelle, pour bien des raisons, est trop tempétueuse chez moi. La sentir calme et pourtant douée d'une très forte sensibilité et la voir pétiller intellectuellement me montre qu'il y a une voie possible également pour moi.

Après j'ai la chance de cotoyer d'autre hqi via le boulot et de pouvoir m'éclater intellectuellement avec eux, voir de partager une certaine vision de la vie avec l'un d'eux, qui nous fait du bien à l'un et à l'autre.

Je n'ai jamais tenté le neuropsy.
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Judith
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valérie a écrit :
ven. 13 mars 2020 22:15
J'étais aussi curieuse de savoir si quelqu'un avait trouvé un psy avec lequel une espèce de connexion intellectuelle s'était faite, et toujours d'après Carlos cette connexion entre hpi était particulièrement bénéfique du moins un temps.
Oui, c'est mon cas. Je ne me suis jamais interrogée sur le QI de ma psy (cela pourrait faire l'objet d'une séance intéressante, maintenant que j'y pense) mais c'est une femme très intelligente, d'une grande finesse et d'une grande hauteur de vue, et pour ce qui est de la connexion intellectuelle entre nous, elle est excellente ; c'est la principale raison pour laquelle j'ai toujours recours à elle dans les moments difficiles de ma vie. Nos discussions me sont alors très précieuses.
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yokainoshima
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En relisant, je crois surtout que sans connexion intellectuelle minimale, il y a de forte chance qu'on ne choisisse/continue pas avec ce psy ;)
Différente
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valérie a écrit :
mar. 10 mars 2020 22:53
Enfin bref du coup la question que je me pose: est-ce que pour être bien suivi, aidé, épaulé par un psychologue, ne faut-il pas qu'il soit nécessairement lui-même HP ?
Nécessaire non mais pertinent oui, dans le sens "mon cas/mes besoins/mes attentes" parce que de mon avis très personnel, tant qu'on ne vit pas les choses on peut les connaitre mais pas réellement les comprendre. Sachant qu'il m'est en plus souvent difficile de mettre des mots sur mes ressentis, c'était aussi synonyme d'échanges simplifiés. Je ne regrette pas mon choix, le bilan s'est très bien passé.
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« Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu'un épouvantable doute m'étreint : suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu'eux sont d'ailleurs ? » - Pierre Desproges
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Quelques propositions, plus qu'une réponse…
J'avais entamé un accompagnement psychique bien avant de me découvrir HPI. J'ignore si mon psy l'est, ce n'est pas lui qui m'a mis sur la piste, mais il a bien accueilli la chose, ni plus, ni moins. Était-ce son écoute, son ouverture, son a-dogmatisme théorico-clinique… je n'en sais rien, mais il est celui qui m'a le plus aidée dans ma vie. Je partais d'assez loin. Il m'a aidée à me reconstruire pierre par pierre. Très honnêtement, qu'il fût HPI ou non n'a eu pour moi aucune importance.
J'ai parfois pensé, plus tard, bien plus tard, que j'aurais bien aimé me trouver face à un psy HPI, sans doute pour soigner certaines souffrances que j'estimais liée (à tort ou non) à mon enfance d'enfant surdouée non détectée, souffrant d'un manque de légitimité et cherchant réparation. J'ignore si me trouver face à un psy que je savais être HPI n'aurait pas aussi pu défavorablement jouer, par la mise en jeu des mécanismes transféro-contre-transférentiels… (Mais c'est comme tout : travailler sur ce genre de représentations n'est pas impossible, si on le veut bien, et s'il est possible d'y toucher.)
Dans ma première vie professionnelle, je suis moi-même psy et reçois des gens identifiés comme HPI et qui pensent que seuls un psy qualifié en HPI pourra les aider (première possible erreur), et qui, pour certains, me demandent même si je suis HPI (et la moitié s'en défend en disant que c'est… juste pour savoir… :^) )
InMedio a écrit :
mer. 11 mars 2020 08:30
Ça soulève une question intéressante pour le monde du soin, voire plus généralement de l'accompagnement de personnes dans leur parcours de vie : Faut-il nécessairement avoir connu ce que l'autre connaît ou va connaître pour bien l'aider à le traverser ?
Grande question, en effet.
Jeune étudiante en psychologie versée alors en périnatalité, j'aurais dit : non. Toute jeune maman (même si je reste une jeune mère), j'aurais dit : oui, absolument. Avec un peu plus de recul, il me paraît plus sage de dire que ce qui compte n'est pas le vécu, mais la posture et, quand on a connu ce que l'autre a vécu / va connaître, il y a un gros travail à faire sur soi pour se dégager de ses propres représentations / projections / blessures (le cas échéant). (Bien sûr, il y a aussi un travail à faire quand on n'a pas connu la même chose que son patient : travail sur ses représentations, fantasmes et préjugés, travail sur le langage…)
« Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. » Mark Twain
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Je suis suivi par une psy / hypno depuis 2017 que je vois plus ou moins régulièrement et qui m'a accomagné quand je me suis découvert HPI et que j'ai passé le bilan cognitif. J'ignore si elle l'est, même si elle m'a glissé avoir fait tester ses enfants dans le même cabinet, j'en ai pas demandé plus à son sujet, même si je connais les prédispositions héréditaires.

Dois-t'on être impérativement suivi par un psy souffrant lui-même de troubles anxieux, bipolarité ou d'anorexie quand on en est soi-même atteint, pour qu'il "nous comprenne"? Ca parait absurde. Ca l'est out autant pour le HPI, et j'y vois une arrogance et un esprit de caste (déso pour ma franchise), qui me gène beaucoup. Non on est pas trop intelligent pour que de vulgaires neurotypiques puisse nous comprendre et nous aider. Pour dire le choses de façon simple. Avoir un psy compétent au claire sur la question du HPI et comprenant vos difficultés c'est tout ce qu'il faut. Et ne pas oublier que la qualité de l'alliance thérapeutique est presque toujours le principal facteur de réussite d'un accompagnement psy quelqu'il soit.
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Il est bien dommage d’y voir de l’arrogance dans ce sujet. Tout le monde n’associe pas douance avec intelligence, et encore moins ne se croit supérieur à quiconque.
HQI-Asperger

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Mais alors pourquoi partir du principe qu'un psy non-HPI sera moins compétent... C'est leur taff (si tant est qu'ils le fassent bien), de s'adapter au fonctionnement de leur patient quel que soit leur atypie ou trouble... Comme je le disais, et comme d'autres l'ont dit plus haut, se poseraient-t'on seulement la question pour n'importe quel autre "profil"... Alors en quoi sommes-nous si spéciaux?

Par ailleurs, statistiquement parlant, quelle chance de trouver un Psy lui-même HPI et avec qui le courant passerait bien? D'autant que si j'étais psy, je me garderait bien de le dire... Aucun intéret à brandir une étiquette.

En revanche, je m'interroge sur les types d'accompagnement qui pourraient être le plus adaptés, pour moi l'hypnose serait dans le peloton de tête. Ca repose sur l'imagination et la créativité et passe au dela de la surintelectualisation qui peut être un gros frein au mieux-être.
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Pascalita
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Je m'insurge gentiment : l'intellectualisation peut tout autant être un accélérateur au mieux-être, et un atout pour le bien-être. J'évite exprès "surintellectualisation" parce le mot exprime justement cette notion d'excès qui me semble non-pertinente. En ce qui me concerne, les mots m'aident à cerner ce que je ressens, et du coup me permettent de le ressentir encore plus fort. Réfléchir et conceptualiser m'aide aussi à analyser les situations, à les comprendre. Dans les deux cas, c'est à la fois une force et un facteur de difficultés.

Je pense donc que n'importe quelle méthode (psychothérapeutique) peut être ou non efficace, aidante, en fonction de la situation de la personne, de sa personnalité, de ses convictions sur le bien-fondé de la méthode en question, de ses différentes expériences, bref, en fonction de tout un tas de choses qui ne tiennent pas à cette supposée tendance à intellectualiser.
Mais si intellectualisation il y a, alors elle peut être un atout autant qu'un frein, et plutôt que de passer par dessus, il me semble qu'il serait profitable de l'intégrer dans la recherche du mieux-être.

Parce que, pour aller plus loin, il me semble que ce qu'on appelle "surintellectualisation", c'est un mode de ressenti, un mode à part, un tout, qui allie l'émotion à l'intellect, ou qui les allie apparemment chez certains plus que chez d'autres. Et donc je ne vois pas de bénéfice à essayer de court-circuiter un système global.

Mais il faudrait aussi se poser deux questions, au sujet de cette prétendue surintellectualisation chez les surdoués : intellectualisent-ils tous ?
Et est-ce propre aux surdoués, cela ne concerne-t-il qu'eux ?
Je ne sais pas si on peut répondre avec certitude.


Autre point : je ne pense pas que le point autour duquel on tourne dans la discussion soit la compétence du psy, mais le fait qu'il soit plus facilement sur la même longueur d'ondes que le patient, ce qui est supposé par la communauté de diagnostic.
Pour ma part, je dirais que ça peut être un plus si le contact se fait sur la base d'un ressenti commun, mais que ce n'est nullement nécessaire, et que ça soulève probablement des problématiques différentes (comme le disait Traum en parlant des mécanismes de transfert et de contre-transfert).
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Judas Bricot
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Lire ce sujet me fait revenir quelques années en arrière, quand je suis arrivé sur le forum avec mes interrogations.
J'ai cherché comme beaucoup la personne la plus à même de me faire passer le test et m'accompagner.
Au fur et à mesure du travail qui a suivi, je me suis tout de même posé la question: "est-elle aussi hpi?" Nos échanges m'y faisaient penser, bien qu'elle ne fasse aucunement mention de cette donnée quand elle évoquait son parcours personnel.
Et puis je suis passé à autre chose.
A leur manière, Fabs ( :D ) et Traum ont une analyse dont je me sens proche. Rien ne dit qu'un professionnel Hpi saura nous protéger de ses propres projections et à l'inverse, rien ne prouve qu'un psy non hpi ne saura pas nous rejoindre dans ce qui nous touche, nous fait souffrir.
Que la psy qui m'a accompagné soit elle-même hpi ou non, ce n'est finalement pas important. Ce qui l'est, en revanche, rejoint l'attente principale de tout un chacun, je crois, quand on commence un travail sur soi: être accueilli, compris... Bref, faire une rencontre qui nous permette d'avancer.
Le Styx
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Pascalita a écrit :
lun. 18 mai 2020 06:34
Je m'insurge gentiment : l'intellectualisation peut tout autant être un accélérateur au mieux-être, et un atout pour le bien-être. J'évite exprès "surintellectualisation" parce le mot exprime justement cette notion d'excès qui me semble non-pertinente. En ce qui me concerne, les mots m'aident à cerner ce que je ressens, et du coup me permettent de le ressentir encore plus fort. Réfléchir et conceptualiser m'aide aussi à analyser les situations, à les comprendre. Dans les deux cas, c'est à la fois une force et un facteur de difficultés.
J'emploie volontairement le terme de surintellectualisation,et sa notion d'excès. Car dans mon cas et celui de tant d'autres ici semble t'il, c'est un frein et un problème qui me pose de sérieuses difficultés, précisément sur ce qui m'ammène chez un psy : Vie émotive et sentimentale, ce qui échappe à la logique pure et à l'intellectualisable. Cette surintellectualisation qui de toute façon tourne à vide, en essayant de mettre de l'ordre et de la rationnalité dans ce qui par définition est irrationnel et désordonné, à savoir nos émotions.

Vivre mal une situation (ex. un rateau, une dispute, etc.) est une chose, que chacun a connu, mais c'est bien la surintellectualisation qui cherche à mettre de la logique à tout prix, expliquer, interpréter, trouver des coupables etc. qui provoque selon moi les ruminations, culpabilités, logiques biasées qui mutiplient le problème par 10... Serpent de mer de mes échanges avec ma psy.

Quant aux notions de transfert et contre-transfert, ce sont des concepts psychanalytiques, autant dire du flan. (bon en réalité, je devrai donner deux-trois précisions et relativiser car cette notion peut s'appliquer hors context psychanalitique mais avec un tout autre sens. mais c'est anecdotique.). Perso, le bouquin de De Kermadec "L'adulte surdoué à la conquète du bonheur", a achevé définitivement de me convaincre que la psychanalyse n'était -aujourd'hui plus que jamais -qu'une blague de mauvais goût qui n'avait rien à apporter à qui que ce soit.

Vous l'aurez saisi j'ai mon parti pris, et pour moi le salut est bien dans ce qui courcircuite mon bel esprit cartésien dont je me targue tant. En matière de ressenti émotionnel et sentimental du moins.
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Pascalita
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Le Styx a écrit :
lun. 18 mai 2020 16:06
J'emploie volontairement le terme de surintellectualisation,et sa notion d'excès. Car dans mon cas et celui de tant d'autres ici semble t'il, c'est un frein et un problème qui me pose de sérieuses difficultés
Oui, j'ai bien compris, et c'est délibérément que j'essaie d'amener un autre regard.
Cette intellectualisation peut être un frein comme elle peut être un accélérateur ; ce n'est pas elle, le problème, selon moi. Et elle peut être chez la même personne à la fois un frein et un accélérateur, peut-être à des périodes différentes, peut-être dans des domaines différents, peut-être avec des personnes différentes.

Le Styx a écrit :
lun. 18 mai 2020 16:06
Vie émotive et sentimentale, ce qui échappe à la logique pure et à l'intellectualisable. Cette surintellectualisation qui de toute façon tourne à vide, en essayant de mettre de l'ordre et de la rationnalité dans ce qui par définition est irrationnel et désordonné, à savoir nos émotions
Mais justement, je ne vois pas pourquoi la vie émotive et sentimentale devrait échapper par principe et de toute façon à l'intellectualisable et la logique. Pourquoi ne pas postuler que chez certaines personnes (hp ou autres, c'est encore une autre question que je laisse de côté), l'émotion et le sentiment sont aussi intellectualisés ? Que c'est comme ça, et puis c'est tout ? Que c'est un mode de fonctionnement et qu'il est préférable de l'accepter, de le reconnaître pour ne pas se couper de soi-même ?

Et par conséquent,
Le Styx a écrit :
lun. 18 mai 2020 16:06
Vivre mal une situation (ex. un rateau, une dispute, etc.) est une chose, que chacun a connu, mais c'est bien la surintellectualisation qui cherche à mettre de la logique à tout prix, expliquer, interpréter, trouver des coupables etc. qui provoque selon moi les ruminations, culpabilités, logiques biasées qui mutiplient le problème par 10...
je ne suis pas d'accord. Chercher à interpréter, expliquer, rationaliser, ce n'est pas pour moi de la surintellectualisation, c'est une façon de ressentir et de réagir. Ce n'est ni bien ni mal, c'est comme ça. Et donc le "sur-" est de trop. (Et une logique, il y en a toujours une, non ? Sauf que ce n'est pas la même ! :clin: )

Il me semblait que le transfert et le contre-transfert pouvaient s'utiliser hors du cadre de la psychanalyse, pour désigner respectivement les sentiments que le patient peut éprouver à l'égard du thérapeute et ceux que le thérapeute peut éprouver pour le patient. Je laisse les spécialistes préciser.

Enfin, en ce qui concerne les partis pris... nous ne sommes pas de la même chapelle, je crois!
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Bulle d'o
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J'ai beaucoup mal avec ces notions d'être suivi par des personnes qui auraient spontanément les mêmes types de caractéristiques.

Des exemples concrets :
Je ne pense pas qu'il faille être noire pour comprendre la douleur d'un racisme récurrent, mais empathique et soutenant. (et bien des discussions avec des personnes ayant vécu le racisme m'amène à des confrontations compliquées quand je dis cela).
Je ne pense pas qu'il faille être femme pour être le meilleur gynéco voire je préfère la non-projection des gynécos hommes....
Je ne pense pas qu'il faille être femme pour lutter sur des causes féministes..... et se les approprier.

Donc ben, je crois qu'il n'est pas nécessaire d'être HQI pour effectuer un bon test et un bon suivi de ceux ci, par contre faut accepter de se désaxer de soi.... Pour tout ça, c'est sur.
"Je ne communique pas mes jugements, je ne suis pas un donneur de leçons, l'observation du monde ne suscite chez moi qu'un dialogue intérieur, un interminable dialogue avec moi-même."

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yokainoshima
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Le transfert et le contre transfert me semble exister avec les psychologues et pas que dans la mouvance psychanalytique. Et je me demande si ça n'existe pas dans beaucoup de relation humaines.

L'intellectualisation me sert pas mal sur la thérapie actuelle. Je bosse beaucoup entre les séances: lectures, temps de réflexion, recherche d'informations et de publications, essais de "déprogrammation" d'habitudes ancrées etc.

Je pose aussi beaucoup de questions à ma psy, surtout en séance, pour comprendre ce qu'elle me dit, creuser, décortiquer. Effectivement je me prends énormémement la tête, mais je vois aussi que sur cette thérapie les lignes bougent vraiment. Je deviens consciente de pleins de mécanismes, je comprends aussi plein de situations qui m'étaient totalement obscures auparavant.

Il est fort probable que la question du TSA intervienne et donne une approche différente à ce travail de thérapie.

Coté "sur intellectualisation", c'est plutôt l'éclairage nouveau que peut me donner la psy qui me fait voir que parfois j'interprète trop et surtout complètement à côté de la plaque.

@Différente je ne vois aucune arrogance :).

Il est probable aussi que m'étant toujours vécu comme barjot, je ne cherche surtout pas un psy qui me ressemble, mais plutôt quelqu'un de sain et ouvert d'esprit :D.
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Kliban
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Hello ! Deux témoignages et une impression.

Une psychologue d’obédience analytique (pas une psychanalyste) que j’avais consultée tenait absolument à ce que mon fonctionnement mental complexe soit un symptôme et que j’en éprouve de la douleur - cette vulgate imbécile de certains milieux où la psychanalyse, tenant lieu de dogme, veut que le surdoué soit un ordinateur triste surinvesti par un s’fe ses deux parents. Elle n’avait pas complètement tort, je suis bel et bien intellectuellement surinvesti, mais sa recherche compulsive du symptôme - et sa protection, je pense, contre un comportement qui la débordait - lui cachait l’autre moitié, sereine et heureuse, celle-là. « Les surdoués, je pense que ça n’existe pas » - une demi-vérité qui de ne pas se savoir telle versait dans l’erreur.

Mon psy(chanalyste) actuel est plus que très vraisemblablement hpi. Ça m’a permis très vite de fonctionner avec lui au plus spontané de mes capacités sans qu’il se sente en danger et en me sentant entendu (chose pour moi essentielle). En ceci un avantage, pour ce qui me concerne, donc. Mais le plus important, je sens, qu’il soit hpi ou pas, c’est la qualité de son écoute et sa façon de me renvoyer ici ou là une image de ce que je n’entends pas de ce que je dis. La qualité de notre relation fait le reste, je n’ai jamais avancé aussi vite en analyse (Note : je ne me considère pas en psychothérapie : je ne vais pas réellement le voir pour me débarrasser d’un symptôme, même si je l’ai contacté initialement pour répondre à un mal-être persistent et difficile à bien définir ; je m’y rend désormais pour explorer ce que je découvre dans le type de relation extrêmement étrange qui se noue entre analysant et analyste - et accessoirement en plus ça me libère :D).

D’où mon impression. En matière de psychothérapie (et de psychanalyse), les choses qui me paraissent nécessaires sont d’ordre très personnel : est-ce que le travail effectué libère ? Est-ce que ça fait progresser ? C’est le seul critère que j’aurais désormais, je crois. Si trait essentiel du psy il y a, il me semble plutôt du côté de son écoute, et, on l’a dit plein de fois plus haut, de son ouverture aux fonctionnements divers, de sa plasticité a l’égard, donc, de ses propres théories et méthodes. Sans doute pas besoin d’être hpi pour ça :)
De main gauche à main droite, le flux des savoirs - en mes nuits, le règne du sans-sommeil - en mon coeur, ah, if only!, le sans-pourquoi des roses.
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