Nation et Immigration

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?
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landemoisan
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Nation et Immigration

Message par landemoisan » dim. 26 août 2018 18:08

Au-delà des slogans médiatiques il me semble légitime de s'interroger sur ces thèmes: la Nation, l'Immigration, la Démographie, l'Accueil de l'étranger, la Xénophobie, le Populisme. On ne peut se contententer, me semble-t-il des miroirs déformants, des slogans, des mots et par là des mensonges médiatiques.

A partir de ce livre "les trois monothéismes", de Daniel Sibony, je me propose d'évoquer ce qu'est toujours une Nation et en quoi ce concept concerne l'immigration. M. Sibony écrit : dans "les trois monothéismes" :
Dans tous les pays du monde l'homme est de là, (du pays) où il naît...
Un peuple, depuis trois mille ans affirme que l'homme est de là, où il est appelé à être.

Je me demande si le drame des Juifs n'est pas ainsi résumé dans cette belle phrases écrite par un Juif. Pour en parler il faut vraiment avoir dépassé les passions, il faut essayer de regarder l'Histoire sans préjugés d'appartenance ou non. Essayons.
Pour Sibony les drames des trois monothéismes sont attachés aux origines, dans une sorte de traumatisme qui prend la forme de disputes, de revendications sur la primauté de la relation entre un peuple et Dieu. Mais laissons ce livre difficile à lire, si on est pas familier du jargon psychanalytique.

Cependant retenons seulement cette phrase qui dit que l'homme Juif est de tous les pays où il serait appelé, à être. Il serait apatride ou sa patrie, son territoire, serait partout où il pourrait être, où il pourrait , lui, s'épanouir. Dans cette conception il ne serait pas attaché à un territoire à l'existence d'une terre faite du sol même de la terre d'Israël, car son territoire, depuis trois mille ans est mythique, c'est le territoire de la parole, du verbe. Depuis trois mille ans le territoire, la terre d'Israël est mythique, il est le territoire de l'immigré. N'oublions pas que, dans le texte d'origine, la bible, l'existence vient du verbe, seul le verbe est créateur. Ainsi le Judaîsme apparaît comme l'idéologie du migrant, du voyageur et aussi du "passeur", de ceux qui offrent la "parole", de ceux qui interprètent.
Mais, dit aussi la maxime : dans tous les pays du monde, l'homme est du pays où il naît. Pourtant l'acte de naissance serait bien rapide, quelques minutes, quelques heures, c'est bien court pour déterminer un être. Il me semble que la durée d'ouverture au monde, au pays, à une culture, est bien plus déterminante, elle s'épanouit sur les vingt premières années, celles qui orientent le plus, le devenir d'un être. C'est cette situation qui familiarise les proches qui les fait construire des couleurs communes, une culture commune et partout des cultures différentes et communes dans les proximités. C'est ce que Renan appelle la Nation: une idée pour bien vivre ensemble.
Le mot fait vite hérisser les réactions, il faut préciser:
La Nation n'est pas le nationalisme, l'Histoire est passée par là. Pas plus que la rationalité n'est une psychose. Dans les premières constitutions françaises, la Nation est accueillantes aux étrangers, c'est écrit dans les textes constitutionnels. Plus tard au XX siècle, émerge les nationalismes comme des cancers de la pensée, on connaît l'Histoire afférente.
Rappelons l'acception la plus admise. La nation est une communauté qui rassemble de nombreux éléments, où tout n'est pas commun, où tout n'est pas identique dans lesquels il n'y a, ni supériorité, ni infériorité, il n'y a que des affinités. La Nation s'appuie sur la langue, elle suppose une langue dominante, une langue d'expression historique donc une littérature. La Nation partage des valeurs, lesquelles permettent de se comprendre, d'échanger, de se faire confiance. Il en résulte un Droit, des conventions communes, des mythes communs, des arts partagés. Souvent la Nation accepte une religion ou un héritage religieux, ou des valeurs héritières de religions communes ou apparentées. Le temps de vivre, au sens de la durée, a fait que les Nations se sont formées sur des territoires sur des lieux, "Dans tous les pays du monde, l'homme est du pays où il naît" dit M. Sibony. Il faudrait ajouter que la Nation est inscrite dans une géographie, géographie aux frontières mouvantes.
Les différences des Nations, les différences des cultures sont les richesses de l'humanité, gardons-les. La diversité, de mon point de vue, est une richesse pour la pensée. L'héritage que confère les nations offre les diversités et ces héritages racinent puis construisent les structures des cultures.
Mais les Nations sont mortelles, les Civilisations sont mortelles dit le poète, c'est à ne pas reconnaître l'existence des Nations, à ne pas respecter les communautés humaines et à méconnaître la "personne" humaine comme entités complètes, que se sont déchainées les ethnocides, les génocides et la disparition des civilisations.
L'étranger, le migrant traverse toutes les Histoires de l'humanité, il sillonne nos trois monothéismes et prend une place au fond des valeurs occidentales. Pour les Juifs la migration est aussi naturelle que la vie elle-même, elle implique l'accueil, ils sont du pays où ils sont "appelés" à "être". Pour les musulmans l'accueil de l'étranger constitue le cinquième pilier de leurs devoirs, les quatre autres sont pour la soumission. Pour les chrétiens l'amour universel est le premier commandement.

Aujourd'hui le mot "Nation" est un cours de démonisation dans les médias, on entend "extrême droite", "sulfureux", "diabolique", "fasciste" etc. tout ce qui évite de réfléchir !
Lorsque la Nation se heurte à l'invasion, lorsque la personne avec sa culture se heurte à l'autre, différent, il y a évidemment lieu de réfléchir à l'organisation des accueils, faute de quoi l'immigrant et les accueillants vont s'affronter. Toute l'Histoire humaine est faite de cet invariant.

landemoisan
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Re: Nation et Immigration

Message par landemoisan » dim. 21 oct. 2018 09:11

Bonjour,
Puisque personne ne veut "disputer" avec moi, je m'en vais vous conter une historiette avec ma petite fille ( j'en ai deux, des petites filles et deux garçons ), voilà :


- Papi, t'es vieux!
- Heu , oui
Ses petits yeux me scrutent, inquiets peut-être.
- Tu sais Papi t'es juste un petit peu vieux.
- Oui, mais je trouve que c'est bien d'être un petit peu vieux, même bien vieux ça a beaucoup de charmes.
- C'est quoi charmes ?
- C'est quand on est content.
- Oui on peut raconter des histoires. Dis papi bientôt tu seras mort ?
- Oui mais je ne suis pas pressé.
- Je n'aurais plus d'histoires.
- Mais si ! Il y en a plein dans les livres et dans ta tête.
- Oui, tu sais l'histoire du loup, celui de la soupe de loup, je l'ai racontée à Florence.
- Tu as bien fait parce que , elle ne la connaissait sûrement pas.
- Non
- Tu pourras raconter d'autres histoires à d'autres amis.
- Oui, je les raconterai à mes petits enfants.
- Ah bon ! Tu auras des petits enfants ?
- Ben oui forcément, des enfants et des petits enfants, pour raconter les histoires.

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