L'évaluation du travail

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?
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Fu
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L'évaluation du travail

Message par Fu » mer. 11 avr. 2018 10:07

Bonjour,

Je vais bientôt avoir droit à une nouvelle évaluation annuelle au travail. Ça n'existait pas quand j'ai commencé, il y a une vingtaine d'années. C'était fait au doigt mouillé, dans une boîte encore très familiale, et je suppose qu'il y avait des injustices. N'empêche, on ne m'embêtait pas avec ça, on me chopait cinq minutes dans un coin pour me faire savoir que mon travail était apprécié, c'était suivi d'augmentations visibles à l'œil nu, et ça pouvait arriver plusieurs fois par an. Quand je voulais rejoindre un nouveau projet, je proposais ma candidature aux membres de cette équipe et ils m'accueillaient à bras ouverts. Et comme je sais faire plein de choses, on me laissait faire plein de choses. J'étais même crédité pour la plupart d'entre elles. La vie était simple. Des personnes spécialisées dans les ressources humaines ont trouvé que ça marchait trop bien et décidé que ça ne pouvait pas continuer comme ça.

Bon, je taquine. En réalité, la compagnie a grossi, la gestion au pif n'était plus trop possible. Mais les choses n'ont pas évolué en bien. Pour changer de projet, je dois à présent passer par les RH afin qu'ils m'expliquent pourquoi ce n'est pas possible.

Ces mêmes personnes ont aussi mis en place des outils d'évaluation, tous plus abstraits et conceptuels les uns que les autres. Là où, avant, l'évaluation était une mesure certes approximative mais humaine, il y a maintenant des critères fumeux comme « Challenge yourself » ou « Bring a leadership mindset » avec un système de notation édulcoré à souhait pour ne surtout plus appeler un chat un chat. Les modèles changent tous les deux ou trois ans, les appellations sont revues quand quelqu'un a été vexé, il y a des formations aux nouvelles méthodes, des formulaires à remplir en long, en large et en travers. L'évaluation est un exercice idiot au possible, dans lequel l'évalué est adapté à l'outil d'évaluation et non le contraire. Ce processus laborieux prend beaucoup de temps est n'est donc fait qu'une seule fois par an.

Oh, et il y a aussi les job descriptions, et les grilles de salaire pour chaque métier. Ce serait bien que j'arrête de faire plein de choses différentes, parce qu'il faut absolument que j'aie un nom de poste, avec la grille (de salaire et d'évaluation) qui va avec, et un seul manager (ils sont répartis par métier). Et je ne suis crédité que pour ce poste, parce que tu comprends, on ne peut pas mettre ton nom partout dans les crédits. Il y a maintenant des formules pour calculer les augmentations, et il faut un microscope électronique pour voir les changements sur la feuille de salaire.

Bref, je vais bientôt avoir une nouvelle évaluation, exercice de futilité s'il en est, que j'aimerais simplement esquiver mais non !, pas possib', c'est pour mon bien. Comme tous les ans je vais m'entendre dire que je fais un super boulot, que tout le monde est super content. Comme tous les ans, on va me demander mes souhaits d'avenir, de formations. Comme tous les ans je vais me morfondre pendant une demi-heure, avec un sentiment d'imposture gros comme ça parce qu'en réalité je ne bosse qu'une demi-journée par semaine pour remplir cette job desc à la noix, parce qu'on a méthodiquement annihilé mon envie d'en faire plus.

Le surdoué représente un cas particulier en entreprise, mais ces systèmes d'évaluation au travail sont une calamité pour presque tout le monde, surdoué ou non. Je tacle les RH mais soyons honnête, c'est sans doute parti d'une volonté des employés eux-mêmes (peut-être des moins doués d'entre eux ?), voulant une égalité des salaires et donc des grilles, voulant des critères d'évaluation précis pour pouvoir argumenter, des formules pour pouvoir jouer avec. Remplacer la spontanéité et le plaisir de faire son travail par des stratégies d'évolution. Les RH sont juste les créatures sans imagination qui ont essayé d'apporter des solutions à ces fantasmes égalitaires, solutions qui privilégient le carriérisme et la médiocrité.

Pour ceux d'entre vous qui vivent ces évaluations annuelles, d'un côté ou de l'autre, comment cela se passe-t-il ? Trouvez-vous que ce système fonctionne ? Que penser d'un culte contre-performant de la performance ? Comment la pluridisciplinarité peut-elle être à la fois portée aux nues et écrasée ?

fu

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baptiste
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Re: L'évaluation du travail

Message par baptiste » mer. 11 avr. 2018 12:58

Personnellement les rares fois où j'ai eu à subir ce genre de chose c'était le signe qu'il était temps de changer de travail.
Déjà parce que je vois pas sous quel critères quelqu'un qui ne m'a jamais vu bosser pourrait évaluer mon travail. D'une part parce que je fais souvent mon boulot chez moi, parfois tard le soir. Et d'autre part parce que j'aide souvent les autres et que je n'apparait pas dans leur travail.

Les organisations trop rigides comme celles qui ont besoin de ce genre d'évaluations ne me correspondent pas.

J'ai en tête un exemple d'une boîte ou j'étais rentré comme ouvrier agricole, je suis rapidement passé chef d'équipe, puis technicien d'expérimentation, puis responsable expérimentation/contrôle qualité. Je m'eclatais bien et ça s'est gâté quand ils m'ont demandé de devenir commercial, déjà parce que du coup j'étais devenu cadre, donc dépendant du siège et du coup assujetti aux entretiens, objectifs justification du temps de travail par client... et d'autre part parce que le poste que j'occupais précédemment étant vacant on me demandais de combler le vide ce qui n'était pas reconnu par le siège.

C'est la que ça à commencé à coincé car je m'en foutais d'occuper deux postes à moi seul, je gerais parfaitement le truc mais je ne rentrais pas dans les cases. Le coup classique de la guerre entre deux entités (filiale/siège) de la même entreprise. Le genre de choses qui n'existe que dans la tête des managers et des comptables.

Alors quand j'en ai eu marre de passer plus de temps à calculer le ratio heures de travail/chiffre d'affaire par client, de devoir justifier le fait que j'ai pris ma voiture de commercial pour aller filer un coup de main sur une experimentation qui n'entrais pas dans mes attributions. Alors à ce moment la j'ai viré les mocassins, j'ai chaussé mes bottes et je suis retourné bosser dans les champs avec mes potes, en attendant de me faire virer.
A cause de mon mode de vie mon accès internet est sporadique donc pas de panique

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Re: L'évaluation du travail

Message par Dark Vadrouille » jeu. 12 avr. 2018 18:55

C'est juste une horreur, mais je n'ai jusqu'à présent que travailler pour des grands groupes et c'est toujours la même chose.
Le moment d'échange entre deux humains est enterré au profit du remplissage de formulaire...

Sinon Fu, j'ai eu comme toi des évaluations avec sur 3 années consécutives les mêmes objectifs pour l'année suivante (qui par ailleurs n'étaient même pas en rapport avec mon poste). C'est le problème quand on a pour responsable une personne à l'esprit étriqué et qui n'a rien d'un manager.

Mais des fois, ça se passe bien !

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Re: L'évaluation du travail

Message par Fu » jeu. 12 avr. 2018 19:15

Je n'ai aucun reproche à faire à mes derniers managers, ce sont des gens sympas et intelligents que je respecte (c'est un critère majeur de choix, quand plusieurs affectations sont possibles). Ils sont juste condamnés à utiliser des outils idiots, évaluateurs tout aussi embêtés que l'évalué. Certains se plient plus à l'exercice que moi, qui suis un vieux ronchon. :p

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Re: L'évaluation du travail

Message par Dark Vadrouille » jeu. 12 avr. 2018 19:47

Heureusement qu'il existe de bons managers.

Et que penses tu de cette approche : et si l'échange se faisait et se concluait puis qu'ensuite la partie paperasse arrive ?

Jusqu'à présent, je n'ai jamais vu de responsable préparer un entretien annuel. (bon j'avoue certains ont quelques dizaines de personnes sous leur responsabilité, grosse charge de boulot...) Quoi que ma mère le faisait bien pour tout son service (80 personnes).

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Re: L'évaluation du travail

Message par Fu » jeu. 12 avr. 2018 20:00

Nous n'attendons jamais l'évaluation pour faire nos retours l'un sur l'autre, de ce point de vue l'évaluation officielle est encore plus inutile. On se contente de confirmer ce que l'on sait déjà, puis celui des deux qui est le plus motivé — indice : ce n'est pas moi — fait la paperasse.

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Re: L'évaluation du travail

Message par Dark Vadrouille » jeu. 12 avr. 2018 20:15

Il y a de l'échange tout au long de l'année c'est cool ça c'est loin d'être le cas partout.

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Re: L'évaluation du travail

Message par landemoisan » dim. 15 avr. 2018 12:23

Bonjour,
Comme je suis retraité je peux regarder tout ça de loin en loin.
Tout d'abord "en ce temps là", il y avait un directeur du personnel et sa secrétaire pour une Entreprise disons moyenne. Et puis le "progrès" exigeant il y eu un service de "Ressources humaines", normal déjà à ce moment là il fallait "optimiser les ressources", c'est-à-dire moins de ressources pour faire plus, moins d'électricité, moins de fer, moins de bois, moins de colle, moins de locaux, moins de "main-d’œuvre", ça coûte cher la main-d’œuvre. Ensuite il y eu 'l'informatique", progrès essentiel pour optimiser les économies, ça permet de tout compter de tout surveiller, car il y a des paresseux et avec l'informatique on peut les débusquer et leur prouver qu'ils sont paresseux et même s'ils ne sont pas paresseux, ils peuvent s'améliorer.
Voyez-vous, " il faut rationaliser, autrement c'est le bordel", imaginer des pots de colle partout sans rangement, sans couvercle, qui se répandent dans les couloirs, imaginer une ressources humaines qui fait n'importe quoi comme Mr. Fu, c'est le bordel.

C'était mieux avant... mais oui, mais oui.
En tout cas je suis bien heureux de lire les Fu les Baptiste et les autres et tous ceux qui ne comprennent pas ce "progrès".

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Re: L'évaluation du travail

Message par Khaleesi2711 » lun. 16 avr. 2018 18:38

Je bosse pour l'état...

En gros, le chef se prend la tête une fois par an à déterminer des objectifs "type" (qui entrent dans les cases du programme d'évaluation qu'il doit utiliser), et fait des copier-coller pour tous les gens du service.
A la fin de l'année, il t'envoie ton évaluation avec "répond aux attentes" à tous les objectifs, te dis "t'as pas besoin d'un entretien en présentiel hein?" (quoique je suis mauvaise langue, j'ai des collègues d'autres services dont le chef fait toujours des entretiens avec feedback, reconnaissance des compétences et gratitude éternelle, comment ça ça se voit que je suis jalouse?), tu peux ajouter des commentaires à ses commentaires et on signe le tout électroniquement...

S'il trouve que tu ne réponds pas aux attentes, il ne le met quand même pas parce qu'il doit le justifier d'une manière tellement complexe qu'il ne la comprend pas. S'il te trouve "exceptionnel", il ne le met quand même pas parce que... vous avez compris.

ô joie...

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Re: L'évaluation du travail

Message par Chacoucas » mar. 17 avr. 2018 08:59

A priori il s'agit d'une évolution tendant à renforcer la légitimité et la justification, se protéger d'un chaos, d'éléments incontrôlables ou de la remise en question.
C'est observable à un peu toute échelle, et c'est sécurisant. En psychologie sociale une enquête avait été faite sur les administrations, sur 3 niveaux: employés, chef de service, et enfin la direction générale. Les employés se plaignant de telle et telle injustice ou incohérence réclament un meilleur encadrement des actions et opérations, pour se protéger soit du public, soit des abus ou méconnaissances de supérieurs. Le chef de service entend les requêtes, et quand la direction lui demande des comptes, il ne peut pas présenter une image problématique du service, et euphémise, tout en proposant des points particuliers d'amélioration. La direction légifère pour les employés, tout en ayant un statut lui permettant de ne pas être autant limité que ceux ci. Les employés se plaignent encore, mais perdent en légitimité et pertinence. Le chef de service temporise d'autant plus. La direction gère. Le travail est fait plus ou moins bien, mais légitimé et encadré. Tout le monde est happy. Ou pas. Mais c'est légitime d'être happy; "on vous écoute, on a fait pour vous, tout est sous contrôle" "A vous de faire des efforts, maintenant, vous avez les outils". C'est une vague synthèse des dynamiques.


Ca me rappelle aussi ceci, dans une interview de Boltanski, sociologie, "le pouvoir est de plus en plus savant":
Dans ce genre de contexte politique, les grands cadres de gouvernance sont des cadres techniques, comptables, bien sûr, économiques, mais comptables encore plus qu’économiques. Ces cadres comptables font jurisprudence. Ils permettent de faire des opérations, que l’on peut comparer à une microchirurgie, de faire de la micro administration, d’opérer sur des fragments de dispositifs, qui ont été bien identifiés, de façon à modifier de manière technique des grands ensembles de domaines en prenant pour justification la nécessité. Albert Ogien a été un des premiers à décrire ce mode de gouvernance qu’il a appelé le mode de gouvernance gestionnaire [6]. Cette façon d’opérer ne laisse pas beaucoup de place à la critique, notamment parce qu’elle tend à résorber cette distinction dont je parlais tout à l’heure entre la réalité et le monde. Elle prend surtout appui sur des légitimités scientifiques ou techniques. La science est précisément le dispositif institutionnel qui se tient à la limite de la réalité et du monde. La science est une institution puisqu’elle dit bien ce qu’il en est de ce qui est et qu’elle empêche ceux qui ne disposent pas d’une autorité institutionnelle de contester ce qu’elle affirme, tout en se réservant la possibilité de modifier ses énoncés. Un pouvoir qui prend appui sur la science, ne serait-ce que la science économique, comme principale base de justification politique, tend à résorber, d’une certaine façon, l’une des bases sur lesquelles la critique pouvait prendre appui.

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Re: L'évaluation du travail

Message par Néoplume » dim. 13 mai 2018 22:02

Alors, je suis évaluée et j'évalue puisque je suis maintenant manager...

Je travaille dans la Fonction Publique Hospitalière... oui je suis dans un mammouth et un mammouth qui va très mal... et pour alléger le tout, je suis responsable d'un EHPAD...

L'évaluation des collaborateurs m'a permis de mieux les connaitre mais 80 personnes à évoluer en deux mois... en plus du travail... pas simple... et comme je ne peux faire le truc bêtement et qu'il nous a fallu du temps tout de même pour comprendre la fumeuse grille à remplir... Dans cet établissement : 5 pages et oui, dans lesquelles il faut recopier deux ou trois fois la même chose.
On demande aux collaborateurs ceux qu'ils aimeraient pouvoir développer... mais il n'y a déjà pas assez de monde pour réaliser le travail de base (8 Aides-soignants pour 130 résidents, non je ne me trompe et c'est le luxe du matin... l'après-midi, ils ne sont que 6). Alors allez demander à des personnes ce qu'ils vivent, ce qu'ils espèrent, ce dans quoi ils aimeraient s'investir, les idées qu'ils souhaiteraient mettre en place, le matériel auquel ils ont réfléchi... ah oui j'oubliais il n'y a pas de sous... etc...

Donc c'est du gros n'importe quoi...

En plus, comme j'ai tendance à donner la parole eh bien impossible de tenir dans les 30 min de l'exercice mais l'avantage est que nous avons pu parler, et surtout que j'ai pu entendre individuellement leur souffrance, leurs espoirs et les reconnaitre et remonter en quelque sorte le moral des troupes.
Ce travail de reconnaissance a permis au moins d'améliorer un peu la qualité de vie au travail, ils ont compris qu'ils pouvaient être reconnus par leur cadre, ce fut des moments d'authenticité et au fil du temps nous sommes passés de 20 % d'absentéisme à 10% en moins de 18 mois... Ceci explique peut être cela.

Ces temps nous ont permis de nous connaitre, de comprendre que nous avions des valeurs communes...

Pour ce qui est de mes évaluations... alors du temps où j'étais orthophoniste, j'étais évaluée par des Infirmiers donc des personnes qui ne connaissaient rien à mon travail. Comme j'ai toujours de bon contact avec mon N+1 cela s'est toujours bien passé... Le cadre discute avec moi de ses problèmes avec son N+1 pendant une heure, je l'écoute, reprend ce qui me semble important... et les 5 dernières minutes... "Ben Néoplume, alors met quoi pour ton appréciation... ? " Donc généralement nous réfléchissions à une phrase simple et voilà...

Donc perte de temps certes... mais temps privilégié où l'on peut écouter ses collaborateurs, reconnaitre leur travail, partager leurs envies, réfléchir aux possibles formations... mais ça c'est ma sauce à moi...


Ma dernière évaluation j'ai eu droit aux 5 pages.. pour m'entendre dire que j'avais été très rapide à assimiler mes nouvelles fonctions, que j'avais acquis une légitimité mais que je travaillais trop et que j'étais trop exigeante avec moi-même et que j'avais fait énormément mais que le système (c'est-à-dire les services support ne supportaient pas qu'on puisse leur demander de travailler...).


Sinon, en épilogue, j'ajouterais que ces temps m'ont permis de découvrir des personnes, que la plupart sont investies mais désespérées par leurs conditions de travail... et cela a donné de l'eau au moulin de mon épuisement... cela fera bientôt un an que je suis en longue maladie pour "brown out" qui s'est transformé en "burn out" et tout idée de ce travail entraîne chez moi des crises de paniques et de désespoir après un an, je fais toujours des cauchemars, je ne peux plus passer à proximité de la ville où je travaillais ce qui augmente mes trajets... Cela n'a peut-être rien à voir... mais je pense que si j'avais une cadre à la con peut-être que j'aurais pu continuer.

Pour info, un de mes collègues cadre avec le même type d'investissement et d'éthique que moi s'est suicidé le soir de sa dernière évaluation par notre N+1.
"Par la parole, l'homme est une métaphore de lui-même", Octavio PAZ

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