Le paradoxe de la societe actuelle

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?
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Dova Miku 7
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Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Dova Miku 7 » jeu. 25 janv. 2018 10:57

Je me rend compte, depuis quelques années, et de plus en plus ces derniers temps, que nous vivons dans une société paradoxale : Nous sommes poussés à des consommations, que nous savons nocives. Je donne quelques exemples :

- Des études prouves que l'usage abusif des smartphones par les ados leur est nocive, mais ils restent la cible privilégiée des concepteurs, qui en sortent plusieurs de chaque marque par an ;
- L'alcool et le tabac sont nocifs, on continu a en vendre en masse, tout en culpabilisant les fumeurs/buveurs et en les aidants à arrêter
- la pollution provoque des soucis à l’échelle planétaire, mais on ne combat la pollution qu'en créant d'autres pollutions.
- On se plaint du manque de niveau dans les écoles, mais on simplifie toujours plus les cours et les cursus ;
- On hurle au désespoir de ne plus savoir écrire, mais on privilégie systématiquement les claviers ;
- ect...

Je me suis donc posé la question du pourquoi. Pourquoi L'Homme fait il ça ? Bien sur on me répondra que c'est pour l'argent, le capitalisme, la survie de l’espèce tout ça, mais au fond, pourquoi ?
Comment peut on accuser quelque chose, mais le préconiser, l'encourager en même temps ?

Je suis donc à la recherche de toute info, toute lecture pouvant faire avancer ma réflexion à ce sujet.
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Lyra
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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Lyra » jeu. 25 janv. 2018 11:28

Large sujet, j'imagine qu'il y a beaucoup à en dire sous plein d'axes différents.

Ca me fait penser à un livre que j'avais acheté, mais toujours pas lu : Le Capitalisme de la séduction par Michel Clouscard. Pas sûre qu'il réponde aux pourquoi du comment, mais son contenu semble concerner les sujets que tu pointes. Tu peux également te tourner vers La Société du spectacle de Guy Debord, pas fini de le lire non plus. C'est un classique et je pense que ça pourrait permettre de cibler un peu plus tes questionnements et déjà t'apporter quelques pistes.

Après, personnellement je n'ai pas assez de connaissances en sociologie, histoire, géopolitique ou économie (ou quoi que ce soit d'autre) pour vraiment te répondre quelque chose de construit ou d'intelligent. J'ai bien quelques idées, mais je ne saurais pas trop par où commencer... Et je risquerais de dire de grosses bêtises. Ceci dit, je suis sûre qu'il y a des personnes ici qui ont tout un tas de choses à dire sur le sujet !

Sinon les paradoxes, de base, ça rend fou. Pratique pour dominer et reigner, non ? :lol:
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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Dova Miku 7 » jeu. 25 janv. 2018 11:36

Merci Lyra, je vais déjà voir pour lire ces livre là, ou du moins en trouver une synthèse.
J'ai conscience du vague de ma question, et du nombre de réponse que je vais trouver. Mais c'est un questionnement de longue date, je m’interroge sur l'intelligence supposée de l'Homme. D'un point de vue extraterrestre, on passerai pour des branquignoles ^^
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Miss souris
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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Miss souris » jeu. 25 janv. 2018 11:42

Côté paradoxe, je viens de lire Hillbilly Elogy, de JD Vance, un redneck/white trash (c'est lui qui le dit pas moi) passé par Yale à la suite de diverses bifurcations assez intéressantes. Décrivant la petite ville où il a grandi, sa thèse est que le problème n'est pas tellement le marasme économique (il vient de la rust belt) que le fait que les gens acceptent (mais c'est quand même lié il me semble) de ne plus avoir de prise sur leur vie, comme si, tout se décidant en dehors d'eux, ils n'avaient plus de responsabilité sur ce qu'ils font. Ca les amène à continuer à avoir un discours disant qu'il faut travailler pour réussir, que "les autres " sont des fainéants, ... alors qu'ils refusent l'effort et pour beaucoup ne survivent qu'avec des aides. Cela dit, l'auteur, vous l'aurez compris, est plutôt républicain. Mais j'ai quand même trouvé son témoignage intéressant. J'y vois un lien avec ce que tu disais : (hypothèse perso probablement très discutable) : internet nous donne accès à une vision d'ensemble tellement vaste et intriquée que les gens se sentent impuissants à agir. Mais ça ne marche pas dans les Appalaches, puisque une partie du constat dit qu'ils sont coupés aussi d'internet ...
Zut alors. J'aimais bien ma théorie !

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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Chacoucas » jeu. 25 janv. 2018 17:05

Dova Mikku, c'est un sujet qui me fascine depuis tout gamin, et je trouve des réponses (et me construis une réponse globale et des pistes de solutions) qu'après avoir croisé vraiment masse de domaines et ça ajoute sans cesse à la complexité d'une "solution".

Déjà à ce jour si tu poses la question en termes d'intelligence, c'est je pense un énorme biais. L'intelligence en langage courant ça désignerait une sorte de mix entre -une accessibilité à l'objectivité (en tant qu'individu dans un monde pluriel et en constante évolution c'est mal barré, pour peu qu'un tel concept puisse être accessible à un cerveau et ses limites de mémoire consciente: ce qui semble ne pas être le cas et de loin)
- un sens critique (permettant recul sur les informations et sélection appropriée et rapide selon le type de question et réponse désiré: les biais heuristiques et cognitifs comme le manque de connaissances sont des limites costauds)
- le QI ( qui n'est pas corrélé aux deux précédents)
- surement plein d 'autres choses.

Là déjà on peut estimer raisonnablement que l'intelligence est une construction sociale (au sens ça n'existe probablement pas mais c'est un concept culturel partagé par tous en tant que fantasme ou image).


Ensuite, il y a la question du rationnel (la science, la méthode empirique, la logique, plusieurs concepts épistémologiques plus ou moins complexes sur les notions de "vrai" ou "réfutable", "vérifiable" etc.). C'est disons un apprentissage dense qui y mène ainsi que des prédispositions (notamment au doute et à la vérification systématique de... tout même nos valeurs et croyances/raisonnements). Et malheureusement rien n'indique que ça soit accessible sur "tout" à la fois (on est spécialistes de domaines, et éventuellement très crédules sur d'autres).

Et celle du social (pour différencier 2 grands points ici conflictuels): la psychologie sociale montre clairement que les dynamiques de groupe et les affects partagés ne sont pas du tout dans une dynamique de "rationalisme, logique" mais ont leur propre logique à considérer à part.

Ce qui par exemple explique très bien la construction d'une culture, et le fait que cette culture soit irrationnelle même si elle développe "science" à un haut niveau.





Ensuite si tu prends la sociologie et l'économie, tu découvres encore d'autres dynamiques: notamment que "le marché" tout puissant si on recherche échanges (et ça fait partie de nos comportements, le commerce et l'échange) ben ça n'a rien de moral et ça constitue une logique en soi (qui fait que tout se vend si y'a une demande... ou qu'on la crée).


On peut complexifier cet aspect culturel et politico-économique avec l'opposition virtuelle entre collectif et individuel, par exemple.

Pour filer quelques grandes lignes :) A voir ce que tu veux creuser en premier.

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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Dova Miku 7 » jeu. 25 janv. 2018 17:22

Je vais creuser la partie intellectuelle. Je pense que l'intelligence, quoique comme parfaitement défini par tes soins comme étant une construction sociale, dois avoir en commun dans toutes les cultures et société de faire avancer les choses, et notamment la survie de l’espèce.
On perçois dans les comportements anthropologiques que sur les plans survie/pérennisation/logique on est de plus en plus à la ramasse.
Les paradoxes que l'on crée, au lieu de forcer une solution, nous freinent dans notre développement.
On veux la paix, alors on s'arme. Si bis pacem para bellum tout ca tout ca. Mais si, intelligemment, on dessaisissait TOUTES les armes, la paix viendrai d'elle même, puisque plus peur de personne, plus de moyens de pression. il en va de même pour les autres problèmes, ce n'est ici qu'un exemple.
L'Homme, n’est plus une espèce intelligente.
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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Za » ven. 26 janv. 2018 06:06

Je rejoins malheureusement ce que dit Lyra :
Sinon les paradoxes, de base, ça rend fou. Pratique pour dominer et régner, non ? :lol:
Et ça semble bien rejoindre l'idée du bouquin de Miss Souris...
C'est certain qu'un paradoxe n'a jamais sorti personne du bourbier, bien au contraire.

Bon, bien sûr, c'est caricatural : personne ne "fomente" volontairement ces paradoxes pour enchaîner la population. Par contre ils sont sans doute bien pratiques car ils maintiennent une forme de statu quo. Et de privilèges. D'ailleurs je pense que pour l'immense majorité des membres de ce forum nous nous y complaisons très largement. La consommation, ça veut dire avoir tout à portée de main, partout, en un temps record : c'est la fête de la dopamine. Est-ce que, vraiment, on est prêts à se passer de ça, même en sachant qu'on court à notre perte ? On est en quelque sorte "accro". L'intelligence n'est pas forcément d'une grande aide quand il s'agit de dépendance.

Comme Chacoucas, je doute que d'approcher le problème par cette porte de l'"intelligence" te fournissent des solutions. D'abord on a l'épineux problème de la définition du terme (parce que si on prend juste le QI, ben les humains sont de plus en plus intelligents, c'est un fait : leurs capacités cognitives augmentent régulièrement), ensuite rien ne permet de dire que l'intelligence protège des paradoxes : ils ont toujours existé, de tout temps, dans toutes les sociétés, et également à l'intérieur des groupes plus petits comme la famille.
Aujourd'hui nous vivons, entre autres, cet énorme paradoxe de la consommation, mais les siècles précédents en ont connu d'autres, tout aussi énormes sans doute. Pense au poids de la religion à certaines époques, par exemple...

On imagine de plus en plus de solutions, on crée plein de choses incroyablement utiles. Mais même si on était plus intelligents, est-ce que ça suffirait à nous affranchir de nos schémas toxiques ? Ce serait comme prétendre que les personnes plus intelligentes n'ont pas de problèmes de dépendance ou réussissent mieux leur vie de couple.
Cf donc, la question soulevée ici :
Chacoucas a écrit :la psychologie sociale montre clairement que les dynamiques de groupe et les affects partagés ne sont pas du tout dans une dynamique de "rationalisme, logique" mais ont leur propre logique à considérer à part.
Ce qui par exemple explique très bien la construction d'une culture, et le fait que cette culture soit irrationnelle même si elle développe "science" à un haut niveau.
qui est centrale à mon avis.

Dova Miku 7 a écrit : On veux la paix, alors on s'arme. Si bis pacem para bellum tout ca tout ca. Mais si, intelligemment, on dessaisissait TOUTES les armes, la paix viendrait d'elle même, puisque plus peur de personne, plus de moyens de pression. il en va de même pour les autres problèmes, ce n'est ici qu'un exemple.
C'est peut-être un peu simpliste là, non ?
Rien ne permet d'affirmer ça. D'abord à peu près n'importe quoi (objets, caractéristiques personnelles, situations) peut être considéré comme une arme, du moment que ça te permet un ascendant sur ton voisin, et il me semble un peu abusif de désigner les armes comme l'origine des conflits.
Et puis, dessaisir toutes les armes, tu fais comment ? Par définition, si tu veux interdire quelque chose, il faut bien un moyen de pression pour faire respecter l'interdiction. Donc des armes. Tu parles ici d'une solution d'autorité, mais l'autorité suppose justement une forme de coercition.
(dit le piaf au mec qui porte un espadon grand comme lui sur son épaule :huhu: )
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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par sandrinef » ven. 26 janv. 2018 07:19

Je voudrais tout de même ajouter une petite pointe de positivisme : il existe de plus en plus de personnes qui prennent conscience que la société de consommation est délétère. Je vois se développer autour de moi des réseaux, notamment pour ce qui concerne l’alimentation, que ce soit pour le bio ou ce nouveau concept de « locavores ».
Les paradoxes sont multiples. Celui concernant l’usage du tabac dépend à la fois de l’état et du consommateur. Celui de l’alimentation dépend davantage du consommateur. Mais il préfère le plus souvent payer moins cher de la nourriture industrielle par manque de moyen ( enfin c’est ce qu’il pense), ou manque d’information, ou manque de réflexion, ou je m’en foutisme.
"Le Monde ne te doit rien. Il était là avant toi" M.Twain

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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par VictorMenard » ven. 26 janv. 2018 08:01

Il me semble que ce que décrit le post original, c'est ce qu'on appelle une injonction contradictoire, non ? Un double bind, comme on dit d'nos jours.

C'est une structure qu'on retrouve partout dans notre merveilleuse société :

- réfléchis par toi-même mais vote comme on te dit
- le monde est riche et varié mais il n'y a qu'une seule bonne façon de le gérer
- sois inventif mais bosse de telle heure à telle heure et ne questionne pas ton chef
- prends soin de ta santé mais vis comme un con
- réinvente-toi chaque jour mais achète Yves Rocher

Etc.

Et effectivement, c'est bien fait pour paralyser les gens, façon lapin dans les phares de la bagnole. Je laisse aux fans de neurosciences le soin de retrouver les études où a été démontré le pouvoir inhibiteur de ce genre de fonctionnements.

Et ça me paraît un peu facile, pour le coup, de renvoyer chacun et tout le monde à son impuissance "irrationnelle", ce qui n'est jamais qu'une version cultivée du célèbre "Ah la la mais on n'y peut rien ma pauv'dame".

Qu'on ne puisse pas compter sur l'intelligence pour résoudre à elle seule le problème, d'accord, mais ça ne veut pas dire qu'il est totalement inintelligible. Debord et Clouscard ont déjà été très pertinemment cités, j'ajouterais bien Castoriadis, Marcuse, et pourquoi pas Christopher Lasch et Michéa.

En gros, tous ceux qui tentent de créer/retrouver du sens sans sombrer dans les abysses de la déconstruction indéfiniment continuée.

Et si on a envie d'enfoncer une bonne fois le clou du pessimisme incurable, L'abîme se repeuple de Jaime Semprun devrait faire l'affaire.

Et pardon pour le name dropping, mais à cette heure-là faut pas trop m'en demander.
Autrefois j'étais indécis, mais à présent je n'en suis plus aussi sûr.

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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Za » ven. 26 janv. 2018 08:26

Ah mais tout à fait ! A vrai dire j'avais dans mes tiroirs une ébauche de topic sur la double contrainte/injonction paradoxale/double-bind :huhu: où je me disais qu'on pourrait essayer de pointer et de réfléchir à ce genre de situations qu'on rencontre partout.
Effectivement, dans bien des cas, s'en rendre compte et verbaliser la contradiction permet déjà d'avancer vers une résolution. Les exemples de sandrinef le montrent bien : on voit qu'on est dans un fonctionnement contradictoire, on se demande comment on pourrait faire pour qu'il redevienne un peu plus cohérent. A priori, ça permet d'avancer vers un mieux.
Simplement, je pense que ce n'est absolument pas une question d'intelligence.

Après pour la consommation en général, je pense qu'a priori, ici, on est du bon côté de la barrière, et que si on recherchait, en toute logique, la préservation de notre environnement et une juste répartition des richesses, il faudrait accepter de réduire pas mal notre niveau de vie. C'est un grand pas à sauter.
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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Dova Miku 7 » ven. 26 janv. 2018 10:07

*Za* a écrit :
ven. 26 janv. 2018 06:06
C'est peut-être un peu simpliste là, non ?
Rien ne permet d'affirmer ça. D'abord à peu près n'importe quoi (objets, caractéristiques personnelles, situations) peut être considéré comme une arme, du moment que ça te permet un ascendant sur ton voisin, et il me semble un peu abusif de désigner les armes comme l'origine des conflits.
Et puis, dessaisir toutes les armes, tu fais comment ? Par définition, si tu veux interdire quelque chose, il faut bien un moyen de pression pour faire respecter l'interdiction. Donc des armes. Tu parles ici d'une solution d'autorité, mais l'autorité suppose justement une forme de coercition.
(dit le piaf au mec qui porte un espadon grand comme lui sur son épaule :huhu: )
Je me suis volontairement montré simpliste, pour l'exemple. Pour ne pas me lancer dans une argumentation anti-arme, mais bien sur le fait de se poser la question de la possession en vue de la paix. Mon correcteur à écrit dessaisir, mais je voulais écrire détruire.
Pour ce qui est de l'autorité nécessaire à la suppression, je pensais plutôt à l'utopie où tous les Hommes se lèverai un matin en se disant "hey, mais plus besoin d'arme en fait si on veux la paix".
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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par dani » ven. 26 janv. 2018 10:54

La société actuelle est certainement paradoxale, mais l'est-elle plus qu'avant ?

Encore un livre à m'acheter (déjà 4 sur la liste et on n'est qu'en janvier :think: )

Selon un essai qui paraît bien documenté "La part d’ange en nous. histoire de la violence et de son déclin", le psychologue Steven Pinker montre le «processus de civilisation» de l’humanité au fil des siècles. Et pour lui, malgré les innombrables conflits dans le monde, la violence régresse incontestablement.

Alors oui, ce fil ne parle pas particulièrement de la violence, mais cet auteur démontre tout de même que de manière générale, même coincée parfois dans ses limites et paradoxes, l'humanité "avance" (je note tout de même que vu les dégâts écologiques actuels, c'est peut-être trop tard. Mais c'est un autre sujet).

Article ici http://www.liberation.fr/debats/2017/09 ... te_1597469

Comme il est en accès libre je me permets de le spoiler pour en faciliter la lecture

Ceci était ma minute d'optimisme ;-)
► Afficher le texte
Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better. Samuel Beckett

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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par landemoisan » dim. 28 janv. 2018 10:50

Bonjour,

Il m'est bien difficile de donner ici une référence de bouquin ou des références sur ce sujet. En fait ce serait, ce sera celle de ta bibliothèque durant toute ta vie pour chercher à te faire ta vérité.

Je peux te donner la mienne sur les thèmes que tu questionnes :
- D'abord l'influence de l'argent. Oui l'avidité vers l'argent et le pouvoir qu'il confère. Le premier risque serait de faire un exposé sur l'idée de l'argent sale et du chemin inverse à rechercher pour rester libre et "pur". On peut réfléchir sur le thème de la liberté et sur celui de la pureté, celui du pouvoir. C'est déjà un rayonnage de ta bibliothèque.
Pour moi l'argent n'est pas à dédaigner pas plus qu'à rechercher avec avidité, pas plus que l'eau ou le pain ou la viande. On se rend malade à trop en consommer.
- Ensuite la "pollution" dis-tu. Certes il faut partager, consommer assez pour se nourrir, se vêtir, se procréer, se déplacer, se cultiver, se côtoyer... et puis ne pas y laisser trop de traces, pas plus que les arbres qui se décomposent, si possible.
- L'alcool et le tabac. Comme les anciens, le "Soma" (liqueur sacrée), il en faut assez pour la fête, pour les religions, pour l'échappatoire, pour les rites dionysiaques et leurs mystères, pour la poésie et la pensée, mais attention voici la mort prématurée si tu ne sais comprendre assez tôt.
Mais là ! Où vais-je ? Trois lignes pour deux rayonnages de ta future bibliothèque
- L'instruction , l'éducation, ce sont les dits des anciens, des plus vieux, ceux qui transmettent, des livres, des arts. Mais il faut trier. Il y a des experts ici sur ce forum, je préfère leur laisser la parole. Mais tout même un mot sur le poison médiatique... Trop long peut-être?
S'il y a des interlocuteurs pour ce bavardage où faut-il aller ?

- <"intello" est devenu une insulte > Il faudra t'y habituer, ce chemin est un chemin qui conduit à solitude. Cependant sur cette voie il y a des rencontres suffisantes pour bien vivre.

Sur l'injonction contradictoire , paradoxale, Bergson insiste sar l'importance de la contradiction dans la formation de l'esprit, de l'intelligence...

Bien cordialement

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Armie
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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Armie » dim. 28 janv. 2018 11:46

Vu qu'on parle de paradoxes, allons-y franchement et ajoutons encore une référence à la pile qui a déjà été citée, histoire qu'on soit tous bientôt paralysés par la quantité d'informations à maîtriser pour pouvoir continuer à bavarder :grin:

Paul Watzlawick te dirait que l'on est habitués à faire "toujours plus de la même chose". C'est-à-dire, continuer à appliquer une solution qui ne fonctionne pas à une situation problématique. Il est célèbre pour sa formule : "le problème, c'est la solution !" (= la solution qui ne résout pas le le problème et dans laquelle on s'entête)
C'est l'histoire du type qui cherche sa clé sous le lampadaire au lieu de la chercher à l'endroit où il l'a faite tomber, parce que sous le lampadaire, au moins, il y voit clair...
Bon, lui et ses collègues de l'Ecole de Palo Alto en ont déduit tout un tas de stratégies pour aider les gens à changer, basées sur le paradoxe. En général, il s'agit de faire l'inverse de ce que l'on s'évertue à faire pour régler notre problème... Je me souviens notamment de l'histoire de la mère de famille qui bataille avec son ado pour qu'il range sa chambre: plus elle insiste, plus il résiste, et plus il résiste, plus elle insiste, et plus la relation se crispe autour de ce problème.
Voilà le conseil qui lui est donné : arrêter tout conflit autour de l'ordre et la propreté, et de se contenter de manger un sandwich sur le lit de son fils pendant qu'il est au lycée... Oups, des miettes dans les draps dis donc! L'ado dort mal, se plaint, et la mère doit lui répondre: "je suis déééésolée chéri, je rangeais ta chambre, j'ai pris une pause sur ton lit défait, et puis j'ai fait ton lit sans voir que j'avais laissé des miettes... Que je suis étourdie! Je ferai plus attention la prochaine fois !.. "
Le lendemain l'ado fait son lit, range sa chambre (et met probablement un panneau "défense d'entrer" sur sa porte) :huhu:

Certains problèmes sociétaux dont tu parles Dova Miku me paraissent toutefois plus globaux. Là encore, les systémiciens de Palo Alto diraient: c'est parce qu'on a besoin d'un changement de type 2, et qu'on continue à appliquer des changements de type 1.
Le changement de type 1, c'est changer tout en restant dans la même logique de système. En voiture, c'est par exemple appuyer sur l'accélérateur.
Le changement de type 2, c'est celui qui modifie le système lui même. C'est sortir du cadre, et passer à autre chose. C'est changer de vitesse... (ou, pour prendre un exemple plus poétique, c'est la métamorphose de la chenille en papillon)

Pour un changement de type 2, il faut une crise systémique. (il me semble qu'on en est pas loin, en tout cas en ce qui concerne la gestion de la nature, c'est sûr.) Sinon, homéostasie oblige, le système cherche toujours à revenir à l'équilibre et à préserver sa structure-même, et ainsi les actions entreprises sont contrebalancées par des actions en sens inverses (des boucles de rétroaction, en somme).

Voilà pour une vision systémique de la question!

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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Valdemort » mer. 31 janv. 2018 13:24

Mais n'est-il pas réducteur de considérer la Société, l'Humanité ou l'Homme comme un ensemble homogène dont les expressions seraient paradoxales ou schizophréniques? Ce ne sont que des systèmes ultra complexes, composés à leur tour de systèmes complexes dont l'unité de base est l'individu (lui-même étant un système complexe pétri de paradoxes ^^). Chaque individu voit et interprète le monde à travers ses propres filtres, ses lunettes faites d'hérédité, d'environnement, d'expériences, de valeurs, etc., et agit en conséquence. Ceux qui vendent des armes ne sont pas ceux qui militent pour le pacifisme, ceux qui produisent des vêtements au Bangladesh ne sont pas ceux qui claquent leur salaire en shopping, ceux qui produisent de la viande industrielle ne sont pas ceux qui se disent vegan ou antispécistes, etc. Chacun ses lunettes donc, et voir le monde à travers les lunettes des autres est super difficile (impossible?).

On a beau faire le constat de ces problématiques, ou paradoxes, à un niveau macro, on est tous conscient que le changement ne peut démarrer qu'au niveau individuel. Or si l'on part du principe que la majeure partie des individus fonctionnent en fonction de leurs intérêts propres (cf. par exemple l'approche de Dabrowski, largement évoquée sur ce forum), force est de constater que là où il y a moyen d'obtenir du profit ou du pouvoir, il y aura toujours du monde au portillon...

Bien sûr j'ai envie de croire qu'il y a une réelle prise de conscience par rapport à l'environnement, l'alimentation, les ressources, etc., mais si je tiens compte du biais de confirmation, du fait que je m'entoure de personnes qui partagent mes valeurs, sans compter ces jolis algorithmes qui ne font que renforcer ma vision des choses, est-ce que je peux toujours en être convaincue? Si j'essaie de mettre quelques instants les lunettes du trafiquant d'armes russe, du chrétien intégriste étasunien, du baron de la drogue mexicain, ou, pour l'autre versant de la caricature, celles de la mère de famille afghane, du réfugié rohingya ou du paysan nigérian, je m'expose à des visions bien différentes de la mienne. Et je prends conscience que je ne peux pas changer le Monde, je peux juste essayer d'évoluer vers un changement de niveau 2 (cf. Armie et Watzlawick) ou une désintégration positive (cf. Dabrowski).
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Obsidian
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Re: Le paradoxe de la societe actuelle

Message par Obsidian » mer. 31 janv. 2018 19:56

Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus, et je suis désolé d'être crevé au point de ne développer ma réponse qu'un minimum.

Je pense que les paradoxes mis en lumière par Dova sont en partie dû à une préférence que l'humain a pour la récompense immédiate. Il est moins coûteux pour lui de se satisfaire d'un plaisir qu'il trouvera dans le moment, que de chercher à changer son mode de vie, même si celui dans lequel il vit est néfaste pour lui. La société de consommation joue un max là-dessus. Elle touche directement des fonctionnements qui nous sont basiques, instinctifs et qui demandent une grande quantité d'énergie pour être mis de côté. L'humain a du mal à se projeter dans le futur. Il n'y a qu'à voir l'état dans lequel se trouve notre planète et l'époque à laquelle les sonnettes d'alarme ont été tirées (1988. 30 ans que nous savons que le climat se réchauffe, et pourtant, nous ne commençons à agir que maintenant, alors que plus rien ne peut être rattrapé).

En plus de ça, il y a aussi une notion d'accoutumance à prendre en compte. Nous vivons de cette manière depuis notre naissance. Lorsque nous sommes habitués à un certain niveau de vie, il est très difficile de régresser vers un niveau plus bas. Demande à un patron ou un politicien de baisser son salaire : il aura du mal. Pour lui, la moindre perte devient démesurée : il verra la plupart de ses privilèges disparaître, et ça lui semblera insupportable. Ici, l'analogie peut-être faite avec la plupart des addictions que notre société induit.

Ces deux premiers postulats regroupent, d'une part, une certaine fainéantise que je qualifierais de "naturelle" : l'humain (et pas seulement : dans le règne animal, on retrouve ce comportement assez souvent) a toujours cherché à se simplifier la vie. Il a créé des outils, des machines, des machines qui créent des outils, etc. Ainsi, même si, comme tu dis, " on hurle au désespoir de ne plus savoir écrire", on fera toujours passer l'utilité, l'économie d'énergie, en premier. Le clavier permet un rendement bien plus conséquent que l'écriture manuscrite. Ok, il a des effets négatifs sur nos capacités de rédaction, mais... c'est quand même vachement moins fatiguant et plus rapide ! Vous avez déjà écrit des pages et des pages à la seule force de votre poignet ? Ça peut être douloureux hein ? :grin:

D'autre part, il y a toute une sphère cognitive et neurologique derrière tous ces comportements. Le circuit qui a un rôle certain (entre autre) est très probablement le circuit de la récompense. On aime le plaisir, on veut vivre plaisir, on veut éviter déplaisir. Sauf qu'à force de vouloir éviter déplaisir, on fini par plonger en plein dedans. Bon, c'est ultra-grossièrement-résumé-parce-que-j'ai-déjà-gaspillé-beaucoup-d'énergie-pour-rédiger-ça, mais l'idée est là.

Je laisse aux autres le soin de me corriger/compléter. Ces postulats ne sont que ma propre interprétation du monde qui nous entoure, je ne prétend en aucun cas qu'ils soient la seule et unique vérité (ni même qu'ils soient totalement vrais :glasses: ).
Sinon, Armie a rédigé quelque chose de très intéressant et basé sur de vraies recherches, chapeau l'artiste !

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