Home Sweet Home

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?
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Danie
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Home Sweet Home

Message par Danie » jeu. 6 oct. 2011 10:25

Je poste ici, parce qu'au-delà de la parenthèse perso qui suit, j'ai la prétention de penser que c'est une vraie question ! :geek1: Avis aux expats' et aux déménageurs en serie qui se reconnaîtont :P et à ceux à qui ça parle.


Où vous sentez-vous chez vous? Ou plutôt à quoi reconnaissez vous ce sentiment? Vos amis? Votre attachement à votre ville? Un sentiment de familiarité? La seule présence de votre moitié? De vos enfants? Et surtout, comment le vivez vous quand ce petit équilibre là se trouve contrarié? Comment recréez-vous ce qui vous manque? Quand vos potes semblent s’en aller les uns après les autres, en sortie de diplôme, parce qu’ils ont trouvé du boulot ailleurs, ou quand vous-même vous devez partir alors pile au moment où vous commenciez à prendre vos marques et à vous plaire à cet endroit?

Je me pose cette question parce que j’ai un mode de vie (et sans doute de réflexion à ce sujet) un peu curieux. Depuis plusieurs années maintenant je trimballe mes bagages d’un week-end à l’autre entre Paris et la province (où se trouvent l’essentiel de ma famille et de mes amis). Paris m’est longtemps apparue comme une ville belle mais froide, une sorte de vitrine. D’ailleurs je ne reconnaitrais pas la plupart de mes voisins de palier si je les croisais dans la rue. Puis à force de cours à droite à gauche, d’expériences professionnelles et de rencontres, je me rends compte que j’y ai comme recréé, ce que je rentrais chercher les week-ends.

Seulement, d’ici quelques mois, études obligent, il sera sûrement question pour moi de poser mes valises quelques années dans un autre pays. Je l’ai longtemps souhaité, poussée par une profonde curiosité et un désir de fuite assumé, et la croyance un peu naïve que l’herbe était plus verte ailleurs. Mais bizarrement, depuis quelques mois, la pensée d’avoir à partir me rend triste, parce qu’au bout de plusieurs années, j’ai enfin le sentiment d’être heureuse ici et d’y avoir une vie à moi, je ne m’y attendais pas, j’ai toujours cru que ça se produirait ailleurs...

Mauvais timing peut-être.

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Fabs le vaurien
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Re: Home Sweet Home

Message par Fabs le vaurien » jeu. 6 oct. 2011 10:39

faudrait que j'y songe davantage mais je crois que je ne me sens nulle part chez moi. Par contre, je me sens parfois MOI avec moi...le contexte importe peu dans cette perception équilibrée. Ce qui joue, c'est le sentiment d'être en phase, à la place adéquate.
J'essaye de ne plus trop la chercher, cette place. Je préfère profiter de son exquis arôme lorsqu'elle se présente à moi.
Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus. (Aristote, Ethique à Nicomaque).

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Mlle Rose
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Re: Home Sweet Home

Message par Mlle Rose » jeu. 6 oct. 2011 11:27

Danie a écrit :Je poste ici, parce qu'au-delà de la parenthèse perso qui suit, j'ai la prétention de penser que c'est une vraie question ! :geek1: Avis aux expats' et aux déménageurs en serie qui se reconnaîtont :P et à ceux à qui ça parle.

Où vous sentez-vous chez vous? Ou plutôt à quoi reconnaissez vous ce sentiment? Vos amis? Votre attachement à votre ville? Un sentiment de familiarité? La seule présence de votre moitié? De vos enfants? Et surtout, comment le vivez vous quand ce petit équilibre là se trouve contrarié? Comment recréez-vous ce qui vous manque? Quand vos potes semblent s’en aller les uns après les autres, en sortie de diplôme, parce qu’ils ont trouvé du boulot ailleurs, ou quand vous-même vous devez partir alors pile au moment où vous commenciez à prendre vos marques et à vous plaire à cet endroit?
Je mets un temps infini à me sentir chez moi. Mais cela passe nécessairement et en premier lieu par le choix d'un lieu, qui, lui, est totalement irrationnel. C'est une question d'ambiance. J'ai des critères, comme par exemple l'isolement quand je cherche une maison (pas de voisins, de la nature partout et une route la plus minus possible), mais après entre plusieurs lieux... ben c'est une question de "vibration" qui détermine si je me sens bien ou non. Ensuite, me sentir chez moi dans cet endroit va passer par l'établissement de rituels, par la mise en place de mes petites habitudes, de mes repères (en gros une fois que chaque objet aura trouvé sa juste place, que je m'y serais organisée tant au niveau spatial qu'au niveau temporel, je me sentirai chez moi). En gros ça prend 6 mois à un an....
Quand l'équilibre se trouve contrarié (objets qui changent de place, arrivée d'un voisin, mise en place de moutons dans le pré d'en face, changement des horaires de repas, des jours de ménage....) ben je suis... déboussolée, irritable, angoissée et je tuerais le ou les responsables de cet état de fait (inutile de vous dire que revivre en couple depuis peu a totalement perturbé mon équilibre et que conséquemment je ne vais pas absolument bien).

J'ai besoin de partir, de voir du pays, de rencontrer d'autres gens en d'autres lieux, mais je ne m'y sentirais jamais chez moi réellement (d'ailleurs, c'est lourd et un peu cocasse peut-être pour certains, mais si je vais en camping 15 jours, il y a de fortes chances pour que je n'aille aux toilettes qu'en cas de gastro-entérite). J'ai besoin de savoir que mon refuge existe et qu'il m'attend. Et quand je dois déménager... c'est toujours un drame.
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: Home Sweet Home

Message par Paille à son » jeu. 6 oct. 2011 15:37

Souvent, je m'adapte facilement à un nouvel endroit, ça m'est déjà arrivé qu'au bout d'une semaine quelque part, j'ai l'impression d'y avoir été depuis une éternité. Pas de problème à emménager quelque part non plus, ça se fait souvent assez vite, toute l'excitation de commencer quelque chose de neuf. Enfin souvent, je sais pas, je me sens souvent vite assez à l'aise dans les lieux. Par contre, j'ai énormément de mal à quitter les anciens, j'aime bien savoir que je peux y retourner, et malheureusement, c'est beaucoup plus compliqué. D'ailleurs, j'ai plein d'anciens chez moi dans ma tête. Comme si quelque part, je ne pouvais pas les abandonner, les quitter complètement.

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Danie
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Re: Home Sweet Home

Message par Danie » ven. 7 oct. 2011 08:46

Fabs le vaurien a écrit :faudrait que j'y songe davantage mais je crois que je ne me sens nulle part chez moi. Par contre, je me sens parfois MOI avec moi...le contexte importe peu dans cette perception équilibrée. Ce qui joue, c'est le sentiment d'être en phase, à la place adéquate.
J'essaye de ne plus trop la chercher, cette place. Je préfère profiter de son exquis arôme lorsqu'elle se présente à moi.
C'est curieux. Un peu comme si chez toi, il n'y avait pas de réel lien entre l'intérieur et l'extérieur. J'ai du mal à concevoir que l'environnement je ne joue aucun rôle dans la perception de ce sentiment d'être "en phase" dont tu parles. Ou peut-être que chez toi, ce rôle est moindre. Dans le fond elle est peut-être là la "solution" ne pas faire dépendre son état d'être de quelque chose d'extérieur à soi. Ce qui nous amène à cette autre épineuse question: mais "comment tu fais ??? " :lol:
Mister Paille a écrit :Souvent, je m'adapte facilement à un nouvel endroit, ça m'est déjà arrivé qu'au bout d'une semaine quelque part, j'ai l'impression d'y avoir été depuis une éternité. Pas de problème à emménager quelque part non plus, ça se fait souvent assez vite, toute l'excitation de commencer quelque chose de neuf. Enfin souvent, je sais pas, je me sens souvent vite assez à l'aise dans les lieux. Par contre, j'ai énormément de mal à quitter les anciens, j'aime bien savoir que je peux y retourner, et malheureusement, c'est beaucoup plus compliqué. D'ailleurs, j'ai plein d'anciens chez moi dans ma tête. Comme si quelque part, je ne pouvais pas les abandonner, les quitter complètement.
Je dirais que pour moi c'est un peu pareil. C'est pas tant une question d'endroit qu'une question de "sentiment de chez soi" ou d'aisance quelque part. Petite je partais déjà en colo à huit ans, dans le dortoir tout le monde appelait sa mère sauf moi. Je pleurais juste au moment de repartir à la fin du mois. Pour les séjours à l'étranger ado c'était pareil, en moins de deux jours c'était plié. Mais pour cette "excitation de commencer quelque chose de neuf" y a bien un moment où elle retombe non? Tu sais c'est un peu comme les rentrées scolaires où on se dit "cette année je vais tout déchirer" :lire2: et puis passé les trois premières bonnes notes, la réalité quotidienne reprend le dessus. Ou est-ce que cette excitation tu arrives à l'entretenir?

Quant à Melle Rose, je suis aussi d'avis que la ritualisation joue un rôle. C'est marrant ton post est très axé sur la question de l'environnement "physique", la géographie, les critères de configuration de l'endroit. Ca me fait prendre conscience à quel point, sans m'en rendre compte, je fais consister le "chez soi" en quelque chose de différent. Je crois que je fais primer les rapports humains sur l'endroit. Dans le fond, ça permet sûrement de s'acclimater à n'importe quel endroit pour peu qu'on arrive à y établir des liens. On dirait qu'il y a surtout un besoin de sécurité chez toi (c'est aussi le coup de la sortie de secours en vue dans l'amphi_ lu dans un autre post_ qui me fait dire ça). Tandis que chez moi c'est plus une appréhension dans ma propre capacité à aller "vers l'extérieur"/vers les autres. C'est pour ça que je me retrouve pas mal dans la description de Mister Paille dont e côté "souvenir vivace des anciens". J'ai tendance à penser qu'on a pas tant de pouvoir sur les liens qu'on tisse, à tort j'espère.

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Fabs le vaurien
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Re: Home Sweet Home

Message par Fabs le vaurien » ven. 7 oct. 2011 09:07

Danie a écrit : C'est curieux. Un peu comme si chez toi, il n'y avait pas de réel lien entre l'intérieur et l'extérieur. J'ai du mal à concevoir que l'environnement je ne joue aucun rôle dans la perception de ce sentiment d'être "en phase" dont tu parles. Ou peut-être que chez toi, ce rôle est moindre. Dans le fond elle est peut-être là la "solution" ne pas faire dépendre son état d'être de quelque chose d'extérieur à soi. Ce qui nous amène à cette autre épineuse question: mais "comment tu fais ??? " :lol:
je développe un peu plus mon propos.
Evidemment que l'environnement a sa part de responsabilité dans mon sentiment. Mais ce que je voulais dire, c'est qu'il est très rare que je me sente en phase, c'est pourquoi je perçois clairement lorsque je le suis. Et j'ai remarqué que même chez moi, je ne le suis pas souvent hormis à certains moment comme lorsque je suis tout seul le soir, dans le silence de la nuit et que je m'adonne à mes plaisirs solitaires (n y voir aucune connotations, je parle de mes petites lubies personnelles) ou alors lorsque je prends un bain et que je mets ma tête sous l'eau..
En fait, je me sens constamment étouffé par une foultitude de stimuli sensoriels qui dérangent en permanence ma quiétude (peut être non hasardeux que je sois asthmatique) . Il y'a des moments où je les tolère, d'autres où c'est impossible.
J'investi toutefois mes logements d'un marquage territorial en ritualisant (comme l'explique Miss Rose d'ailleurs) mais je crois que c'est le propre de l'homme non? (une sorte de constitution d'un moi-peau).
Que ce soit en famille, chez moi, entre copains, ou tout ce qu'on veut, des lors que je suis constamment sollicité, je ne me sens jamais vraiment bien. Par contre, je reconnais me sentir en phase lorsque je fais du théatre lors d'un monologue par exemple. En fait, le sentiment d'etre "chez moi" à ma place est tributaire de ce que je "fais" sur le moment. Et si aucune variation environnementale ne me bouscule, c'est la grande jouissance de l'existant pour moi.
Donc, je réitère mon propos, peu importe où je me trouve, ni même avec qui je me trouve, y'est des moments que je saisi parfois qui me font songer un instant que je suis au bon endroit, au bon moment, dans le bon mouvement.
Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus. (Aristote, Ethique à Nicomaque).

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Re: Home Sweet Home

Message par Paille à son » ven. 7 oct. 2011 09:29

Bah sur le "je vais tout déchirer", j'ai assez vite appris à ne pas le dire, surtout si je sens que je ne vais pas être capable de le tenir sur la durée. J'aurais plus tendance à me dire, bon on va tenter puis selon ce que ça donne je verrai. Enfin, ça dépend, j'ai appris à sentir quand je me donnais un objectif réaliste sur la durée, ou juste suite à l'action d'une pulsion. Enfin, en quelque sorte, à sentir l'impact qu'une action peut avoir et à différencier selon qu'elle est plus liée à une humeur du moment, ou à quelque que chose de plus profond, de plus durable.

Après, sinon je ritualise très peu. A moins qu'ils ne se mettent en place tous seuls. Je sais pas tiens. Après pour moi, me sentir chez moi, c'est juste un sentiment d'arriver à être bien quelque part.

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Re: Home Sweet Home

Message par Danie » lun. 17 oct. 2011 12:04

Fabs le vaurien a écrit : En fait, je me sens constamment étouffé par une foultitude de stimuli sensoriels qui dérangent en permanence ma quiétude (peut être non hasardeux que je sois asthmatique) . Il y'a des moments où je les tolère, d'autres où c'est impossible.
(...)
Que ce soit en famille, chez moi, entre copains, ou tout ce qu'on veut, des lors que je suis constamment sollicité, je ne me sens jamais vraiment bien. Par contre, je reconnais me sentir en phase lorsque je fais du théatre lors d'un monologue par exemple. En fait, le sentiment d'etre "chez moi" à ma place est tributaire de ce que je "fais" sur le moment. Et si aucune variation environnementale ne me bouscule, c'est la grande jouissance de l'existant pour moi.
Donc, je réitère mon propos, peu importe où je me trouve, ni même avec qui je me trouve, y'est des moments que je saisi parfois qui me font songer un instant que je suis au bon endroit, au bon moment, dans le bon mouvement.
Je comprends un peu mieux ce dont tu parles. Là où c'est différent pour moi c'est qu'il ne s'agit pas tellement de stimuli sensoriels ou de variations environnementales. Par contre, il est souvent arrivé qu'un interlocuteur me fasse la remarque de donner l'impression de ne pas écouter assez attentivement, je décroche alors même que lui ou moi sommes entrain de parler et cherche jette des regards furtifs furtifs dans des endroits d'où j'ai cru entendre retentir un bruit. J'ai énervé une amie une fois, en étant plus absorbée par le bruit des pas de son chien à l'étage que par ce qu'elle me disait. Mais en général c'est plutôt intérieur, une foultitude de questions en tous genres que je ressasse alors même que je suis occupée à tout autre chose, pourtant censé m'aider à maintenir ma capacité d'attention à un niveau raisonnable. Ce qui m'évoque d'ailleurs un autre de tes posts que je vais lire attentivement et auquel je vais apporter ma contribution sous peu.
Mister Paille a écrit :Bah sur le "je vais tout déchirer", j'ai assez vite appris à ne pas le dire, surtout si je sens que je ne vais pas être capable de le tenir sur la durée. J'aurais plus tendance à me dire, bon on va tenter puis selon ce que ça donne je verrai. Enfin, ça dépend, j'ai appris à sentir quand je me donnais un objectif réaliste sur la durée, ou juste suite à l'action d'une pulsion. Enfin, en quelque sorte, à sentir l'impact qu'une action peut avoir et à différencier selon qu'elle est plus liée à une humeur du moment, ou à quelque que chose de plus profond, de plus durable.
Sinon pour ce qui est d'arriver à distinguer les deux, je t'envie, j'avoue avoir encore du mal, les "pulsions apparemment passagères sont en fait souvent cycliques chez moi. Et j'avoue que même quand je fais la différence, j'en suis encore à tenter le :devil: en sachant tout au fond de moi que ma bonne résolution aura du mal à tenir sur la durée. J'ai encore beaucoup à faire de ce côté.

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