L’agriculture labelisée "biologique"

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Zyghna
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Re: L’agriculture labelisée "biologique"

Message par Zyghna » lun. 3 nov. 2014 09:46

Merci pour ton témoignage et surtout d'avoir pris le temps de ne pas réagir à chaud, on sent bien que ton expérience est posée sur une conviction profonde et on sent surtout le respect pour la terre et pour ceux qui en vivent, même s'ils n'ont pas (encore?) fait le choix du bio.

Je pense utile de rappeler que si certains abusent du label, comme il y a des personnes qui abusent dans tous les domaines, la majorité silencieuse dans les médias est celle qui agit avec une éthique très forte. L'important pour le consommateur, c'est de sortir le plus possible des circuits de la grande distribution, et particulièrement des circuits longs qui ne sont ni rentables financièrement parlant ni au niveau de l'environnement, et je ne parle même pas de la connaissance de la vie du produit et de ses diverses transformations...

Et du coup, vous avez réussi à mettre en place un accord avec un abattoir local?
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Lilas
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Re: L’agriculture labelisée "biologique"

Message par Lilas » lun. 3 nov. 2014 12:04

Oui en effet il y a de l'abus partout... et des gros groupes (chez certain on en est presque là vu leur taille, enfin toute proportion gardée, je compare par rapport à la moyenne des exploitations agricoles) qui se lancent dans le bio sur une faible proportion de leur surface en respectant le cahier des charges au strict minimum pour surfer sur une soit disant mode (je n'appelle plus une mode ce qui dure dans le temps...) cela évidemment existe mais ils sont une faible proportion et perso je ne les appelle pas ni agriculteur et encore moins paysan tout au plus exploitant agricole... et ceux là on ne les voit pas dans le syndicat car ils ne sont pas engagés... (je pense aux poulets duc bio : ... âge minimal d'abattage de 71 jours (Chez mes collègue on est entre 110 voire 140 jours mini! Car ils privilégient la qualité...) http://www.quechoisir.org/alimentation/ ... des-labels enfin il faudra quand même pour être plus juste que je vérifie si au niveau national le cahier des charges n'a pas contraint au 81 jours minimum depuis l'article.

J'ai aussi de jolis exemples de producteurs qui font un travail de qualité, qui respectent leur métiers, leur environnement, leurs clients,sans être BIO! A quelques km de chez nous un éleveur (passionné!!) de porc en plein air, alimentation produite sur la ferme avec ses céréales, pas d'utilisation d'antibio (ce qu'il dit après tout pourquoi ne le croirais-je pas) transformation et vente à la ferme. (Mes parents se servaient chez lui avant que nous nous lancions). Ici on tend déjà vers un modèle qui privilégie la qualité à la rentabilité maximale.

Choisir le label BIO c'est mettre toutes les chances de son côté pour que le produit soit issue d'une ferme qui respecte un certain nombre de critères environnementaux, de respect des animaux, de la biodiversité, qu'il soit exempt (le plus possible on n’arrête pas ni le vent ni l'eau à bord de nos champs...mais nous on en rajoute pas!) de produits chimiques...
L'idéal étant bien sûr le circuit court voire mieux, la vente directe pour le plus de transparence. Mais je comprends très bien que ce n'est pas évident en terme de temps, de coût aussi. Bref chaque consommateur fait je crois ce qu'il peut avec les informations qu'il a pu obtenir, son budget, le temps qu'il a de disponible etc... tout est bien évidemment également une question de choix. Beaucoup de nos clients n'ont pas beaucoup de moyens (certains mettent de côté un peu chaque mois et viennent prendre un colis de tant d'euro précisément tous les 3/4 mois : j'y suis particulièrement sensible!) mais on fait un vrai choix quant à leur alimentation. Ce choix n'est pas anodin et impacte bien plus que son unique santé.
Bref étant fervente défenseur de la liberté individuelle et du libre arbitre je dirais : chacun son choix!

Pour l'abattoir il n'en reste qu'un dans notre département qui abatte les porcs et il a fait le choix de se faire labelliser bio donc nous avons notre matinée d'abattage bio chaque semaine... il s'agit d'un abattoir municipal.

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Coccinelle
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Re: L’agriculture labelisée "biologique"

Message par Coccinelle » mar. 4 nov. 2014 11:01

merci lilas pour ce témoignage, et d'avoir pris le temps de la pédagogie.

Ton témoignage me rassure profondément, ce que j'ai vu pendant les études m'avait vraiment fait froid dans le dos, alors j'imagine comme partout qu'il y a de tout dans le bio, mais ce que tu viens d'écrire me rassure dans le sens où il y a plus de convaincus que de gens qui profitent de la vague "bio", ce qu'une amie ingénieur agro dans le bio m'avait dit aussi...

Une question me taraude malgré tout: peut-on être réellement bio dans le sens où je l'entend et où visiblement tu l'entend aussi (respect des cahiers des charges, respect de l'animal, respect de l'environnement, circuit aussi court que possible, emballages réduits) et produire pour les grandes surfaces?

Moi ça me parait difficilement possible, c'est pourquoi j'ai créé ce topique pour réfléchir plus loin que la bonne conscience de consommer bio sans se poser la question du réel impact écologique que toute la chaine d'élevage, production distribution a sur l'environnement.

Je pense être une écologique convaincue par moultes petits choix du quotidien mais je ne suis pas convaincue que le "bio" du super marché en soit vraiment un: circuit long, emballages des produits trop nombreux, la quantité produite me parait trop grande mais surement ai-je moi aussi mes propres "idées reçues" sur le bio et je ne demande qu'à les dépasser....

La consommation en circuit court (en connaissant le mode d'élevage, sans même parler de bio), me parait une bonne idée mais ça a l'inconvénient de prendre du temps et pour la plupart des consommateurs ça reste compliqué (loin, manque de connaissances dans l'agriculture, manque de temps), quelle est la solution? Je ne sais pas, tous les citoyens malheureusement n'ont pas de convictions suffisamment fortes pour consommer de cette manière, alors j'imagine que la vague du bio permet d'impliquer plus de citoyens dans cette démarche et c'est bien, sans être suffisant....

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Re: L’agriculture labelisée "biologique"

Message par Mikirabelle » jeu. 14 mars 2019 19:34

Hors-sujet
A celles-ceux que ça pourrait intéresser : Appel à candidature : installation en maraîchage bio (dans la Sarthe)
Allergiques aux CFPPA s’abstenir, il est juste à côté ! :grin:
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Re: L’agriculture labelisée "biologique"

Message par wallcreeper » jeu. 14 mars 2019 20:18

Merci d'avoir déterré ce topic, un bon coup de charrue et le revoilà sur le dessus du tas !

Pas tant hors sujet que ça, et même en plein dedans car bio le maraichage...

8 ième saison de mon coté, j'suis encore en vie (survie plutot en étant objectif !) ! Reconversion pro, BPREA en CFPPA... Puis l'install, cf topic métiers

Et en bio ++ depuis le départ, je songe parfois à abandonner le label, de toute façon pas besoin de l'afficher, vous avez un gueule de bio, reçu dans la gueule un jour... en même temps !) pour des trucs plus cohérents, mais pas le métier, même s'il me fait parfois ch***...

Des échanges, questions voire projets dans ce monde d'AS ? Allons, causons bien, causons bio !

PS : Le bonhomme lui même est pas non plus tout bio, ai-je répondu ce jour...
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages. Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts, Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages. J. Richepin

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Re: L’agriculture labelisée "biologique"

Message par Tipiak » mar. 19 mars 2019 17:49

Super sujet, merci ! Et alors est-ce que c'est vrai que pour éviter les pesticides, en maraîchage bio on utilise en masse la bâche plastique ?
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
Mais ma signature est toujours 20% plus cool, d'ailleurs je retourne sur mon bateau pêcher des colins, signé ton papa le Captain Igloo.

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Re: L’agriculture labelisée "biologique"

Message par wallcreeper » mar. 19 mars 2019 20:26

Bonjour Tipiak
La bâche plastique est utilisée en bio pour différentes choses, et avec différents plastiques...

On distingue les toiles tissées de culture des films de paillage, très fins à usage unique (2 fois grand max pour les rares fois où j'ai tenté). Ces films ne servent qu'à occulter une partie de la planche de culture, évitant ainsi la nécessité de la désherber. Ils apportent aussi un regain thermique en intersaison et favorisent la rétention d'humidité. Ce type de paillage est interdit chez moi, malheureusement généralisé chez mes collègues... Même s'ils se recyclent, la filière est encore balbutiante par chez nous et nécessitent, d'abord de décaper les baches, pas une mince affaire, puis de les trimballer à 100 bornes de là. Bref, incohérent à souhait, bilan carbone honteux !!! Les films de type dégradables voire papier existent, sont hors de prix pour une photosensibilité énorme et se désagrègent rapidement.
Les toiles tissées sont en revanche beaucoup plus intéressantes et éco-responsables. Ce sont ces toiles vertes, marrons ou noires que l'on trouve dans les espaces verts, en fil de plastique tissés, très résistantes aux temps et intempéries. Leur usage est double, on peut les percer et les utiliser comme films de paillage, et ce durant des années. Souvent on les emploie sur des cultures à cycle long (tomates, courgettes, courges... à espacement large), sur des cultures rapides mais distantes (pomme de terre primeurs, en plus, pour la récolte, on enroule la bache et ramasse les tubercules juste en dessous !) ou même sur plusieurs années, petits et gros fruits notamment. Attention, cacher la terre du soleil est bénéfique pour la pédofaune, ... et les campagnols qui s'y déplacent à l'abri de tout prédateur...
L'autre avantage indéniable est qu'on les utilise en occultation, et c'est là pour moi leur plus grand intérêt ! On prépare le jardin, tout prêt à planter, bien arrosé et ... on bache. Une toile tissée laisse passer l'eau, l'air mais pas la lumière. Les graines d'adventices germent, favorisées par la chaleur de la bache et l'humidité, cherchent la lumière puis s'épuisent jusque calancher ! Une occultation de 1 mois 1/2 à 2 mois limite grandement le travail de désherbage sur de nombreuses cultures sensibles, carottes et panais en tête de gondole. Pour ces derniers, on peut même occulter, enlever la bache le temps du semis puis rebacher pendant 2 semaines, les graines semées profiteront des avantages précédemment cités.
Ici je trouve une solution acceptable environnementalement parlant, favorisant de surcroit la faune du sol et son travail, puis la toile en fin de vie (j'ai encore mes premières toiles...) se recycle bien mieux que les films.

L'occultation est une très bonne technique non exclusive des maraichers, un jardinier qui anticipe bien son jardin peut facilement en utiliser les bienfaits !

J'essaierais de mieux détailler la technique de glandeur de pdt sur bache avec salade sur un topic plus adéquat...

Et enfin, en bio, on utilise des pesticides, et pas des moindres des fois... à chacun de faire le choix mais on n'est pas tous des anges ! La Nature sait très bien produire des poisons elle même, telle une jolie Belladone pour belle maman ! :D
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages. Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts, Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages. J. Richepin

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