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La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?

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La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Saul » Mer 23 Fév 2011 23:03

Constitutif de la réflexion et de la quête philosophique, la vérité, a priori, n'est ni un fait, ni une donnée, elle est plutôt considérée comme une exigence ou une valeur (bien que l'on puisse parler de vérité de fait et de vérité matérielle).
On la définit comme un absolu car permanente et universelle. Cependant, j'ai l'impression qu'on confond la quête de la vérité et ce qu'est la vérité. J'entends par là que ce n'est pas la quête de vérité qui doit être absolu, mais la vérité dans sa définition. Après tout, elle relève aussi de la perception (effet placebo), d'une propriété du langage et parfois l'esprit s'en protège (névrose, psychose).
Quand on aborde la question religieuse, on se heurte souvent à cette quête d'absolue où les uns essaient d'imposer leur athéisme ou leur croyance aux autres, là où la vérité n'est, à mon avis, finalement qu'une question de choix.
Pour ma part et pour répondre à ma propre question, je pense qu'on est libre de choisir la vérité, l'illusion ou le mensonge à partir du moment ou cela a un effet bénéfique sur soi. Et je pense également que cette quête de vérité peut-etre nuisible si elle est absolue.

Qu'en est-il pour vous? Qu'est-ce que cette question vous inspire?
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Fabs le vaurien » Mer 23 Fév 2011 23:33

je crois qu'effectivement , la quête de vérité absolue est nuisible...Pour la simple raison qu'elle n'existe pas vraiment..On se heurterait vite à un puits sans fond...le risque est de s'enfermer dedans et, en définitive se retrouver face au douloureux constat que toute vérité est relative et passer peut être a coté de sa propre existence...
toutefois, vivre dans le mensonge, l'illusion ou l'ignorance est autant risqué dans la mesure où , si on y puise sur le moment certains bénéfices, nul ne peut présager de ce qu'il en sera à terme..et parfois, la chute fait mal.

d'un sens comme d'un autre, toute quête est moteur mais aucun choix n'est vraiment le bon...
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar elnumaem » Dim 27 Fév 2011 00:36

La vérité, comme la raison gâchent toutes nos visions positives, tous nos rêves, nos espoirs, nos convictions positives, le fait que le monde ait un sens. Car pour le moment, ce sont les inventions qui ont permis aux hommes de s'affirmer une valeur, une morale, une vie sensée, une vie cernée. J'ai la curieuse impression, que ce sont les naïfs les plus aptes à être heureux, ceux qui s'émerveillent devant un rien, ceux qui gobent les plus ahurissantes histoires, ceux qui mystifient leur vie par leur vision candide de toute chose, ceux qui accèdent au bonheur sans rechercher la vérité. Nécessairement, la vérité scientifique démystifie le monde, les choses, la modération de l'homme raisonné ne le rend pas plus apte à acquérir le bonheur; les sceptiques ont plus de mal que les convaincus à être heureux. Alors, la quête d'une vérité absolue... Bref, mais je suis fatigué, j'ai du mal à expliciter et à prouver mes dires par quelque exemple évident.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Colonel Moutarde » Dim 27 Fév 2011 07:15

La science n'a jamais proclamé que le beau ou l'amour n'existaient pas et qu'il fallait les interdire. Certains s'émerveillent devant ce que révèle la science. Les histoires vraies sont parfois plus ahurissantes que les fausses. La vérité scientifique n'est qu'une part de la vérité.
On peut s'émerveiller devant la beauté de la nature, sans croire à aucun créateur ni envisager d'autre sens que le jeu du hasard et de l'évolution. On peut s'émerveiller devant l'audace d'une voûte gothique ou l'harmonie d'un chevet roman, ou la survivance à travers les siècles d'une charpente en châtaignier en ne pensant qu'à l'adresse des maîtres d'oeuvre. Un "scientifique" qui viendrait dire "taisez-vous, oubliez tout ça, démystifiez tout ça : la science parle : ce n'est qu'un tas de pierres avec du mortier, et un peu de bois sec, que vous devez regarder avec dédain et sans émotion" ne ferait pas qu'outrepasser totalement les limites élémentaires de la rigueur dont il se réclame, ce serait un menteur.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar elnumaem » Dim 27 Fév 2011 08:27

Je suis entièrement d'accord avec toi, on pourrait avoir un esprit scientifique et s'émerveiller, mais d'un raisonnement plus empirique, c'est une de mes observations, les naïfs ont souvent la qualité d'avoir des sentiments extrêmes (la joie, l'amour, etc... en faisant partie) alors que les raisonnés ont du mal à avoir cette attitude innée. Moi même je m'émerveille lorsque je lis, lorsque vois une voûte en pierre du moyen-âge, mais d'un autre côté je n'arrive plus à me convaincre de quoi que ce soit. J'ai regardé ces gens que l'ont dit avoir un bonheur absolu, les illuminés, ces fervents de Dieu ayant la foi nous disant qu'ils ont le sentiment que tout les aime, et qu'ils aiment tout, qu'ils disent changer leurs yeux et voir réellement, ils sont pleins... Eh bien me dire que c'est d'origine psychologique, que c'est même chimique, et que cela peut être activé, d'un coup c'est bien moins magique... Et j'ai tellement du mal à me détacher de cette relative vérité, que tout est pris justement plus ou moins avec dédain, mais je ne peux pas me forcer à mystifier et à sacraliser, ce serait aller contre le gré de mon esprit, et donc aussi me former un mensonge destructeur. C'est une sorte de piège. Etre conscient est aussi bien pénible, il est difficile de s'en détacher, pendre conscience qu'en marchant de telle façon sur un trottoir trop étroit, ou qu'en mangeant trop de sucre, ou qu'en se disant que le type louche qui est derrière soi est ivre et armé c'est risqué, et que même si la vie a sa part de risque, cette semi-paranoïa raisonné pompe l'air... La recherche de la vérité est finalement neutre, si ce n'est que l'on prend le risque de ne pas réussir à transcender la vision fade que l'on pourrait se faire du monde, et bien évidemment elle demande de l'effort, un effort inconsidéré sur une vérité inatteignable est sûrement nocif... La science n'est pas fautive, c'est plus ou moins notre perception qui change, et l'on passe d'un monde inexpliqué où tout est magique à un monde miraculeusement parfaitement structuré où tout est logique...
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Tournesol » Dim 27 Fév 2011 09:59

La raison et la conscience te donnent à voir plus de choses, mais elles ne te donnent pas à voir plus de choses moches et désagréables. Si tel est le cas, c'est que le problème est ailleurs en toi.

J'ai l'impression que le problème, là, c'est plus un trop grand recul, une difficulté à vivre les choses de l'intérieur, ce qui n'a rien à voir avec la science, la raison et la recherche de la vérité. C'est juste un défaut qu'on peut acquérir à trop vouloir relativiser les choses, mais ce n'est pas ni plus juste ni plus vrai qu'autre chose.

Le sentiment que les gens plus "bêtes" vivent les choses plus intensément, y croient plus, etc??? Encore une fois, j'ai l'impression qu'on parle du recul sur les choses. Même si certaines personnes n'ont effectivement pas ce recul, je peux t'assurer que ça ne les rend pas forcément heureuses. Il n'y a qu'à voir le nombre d'aigris qui passent leur temps à voir ce qui va mal, à jalouser et à médire... Rien à voir avec la vérité mais avec la façon dont on "oriente" je-sais-pas-trop-quoi, à vrai dire. Je ne sais même pas si on choisit cette orientation... Mais si les choses leur semble plus intense, je ne suis pas sûre qu'elles le soient vraiment, si tant est qu'on puisse comparer. Ils n'ont juste pas de retour sur eux-mêmes, dans le positif comme dans le négatif.

Pour ma part, je trouve le monde fade si on le regarde en grand, si on regarde les grande lignes, les manipulations de masse, les guerres etc...
Mais quand on regarde si et là les détails, il est magnifique, on voit tous les jours des actes simples et pourtant extraordinaires.
Et il n'y a pas besoin de religion pour ça.

Je croise assez souvent ce que j'appelle des "belles personnes", des gens qui dégagent quelque chose de plus. Parfois des religieux, parfois pas, ça n'a pas grand chose à voir à vrai dire. Mais tous croient en l'Homme je crois....

Pour en revenir au sujet initial, je rejoindrai ce qui a été dit. La quête de la vérité en tant que telle est un leurre, tout peut être relativisé au final. Nous sommes bien obligé pour vivre avec notre esprit limité et fini d'évoluer dans un monde plutôt constant et donc de "figer" certaines choses, même si nous savons qu'elles peuvent être considérées autrement.
Par ex, mon corps est-il vraiment moi et le mien, a t'il vraiment ces limites-là ou est-ce qu'au final, je ne suis pas quelque chose qui se fond et se mélange en permanence dans son environnement, est-ce que je ne suis pas une simple vibration, etc...
D'ailleurs quelle est cette drôle d'idée qui me fait dire "mon corps" alors qu'il s'agit de moi...
Bref, il est possible d'avoir tout un tas de considérations qui donnent le vertige et après? On va où? Est-on plus avancé?

Bref, nous sommes obligé pour vivre de considérer certaines choses comme absolues même si elles ne le sont pas, donc vouloir sans arrêt remettre en cause cet absolu, c'est peine perdue, c'est peut-être même du gâchis, je sais pas...

Vouloir en savoir plus, de façon raisonnable, c'est au contraire faire preuve de curiosité. Il ne s'agit plus alors de chercher THE Vérité mais agrandir notre zone de connaissances, repousser nos limites et ça, ça peut clairement rendre heureux... ou pas, mais on en revient à l'orientation personnelle dont on parlait plus haut.

Au final, c'est une question d'équilibre, comme un cheval fou qui lutte contre son cavalier pour aller plus vite, voire s'emballe ou celui qui est en équilibre, avance avec confiance en son cavalier, quelle que soit l'allure....
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar elnumaem » Dim 27 Fév 2011 10:59

Je te reprends juste sur un point, à mes yeux, les naïfs ne sont pas nécessairement bêtes.

Je ne sais pas sincèrement quoi répondre... Ce que je vois n'est pas non plus moche et désagréable, je vois tel que ma formation me l'a imposée, j'ai appris que la matière était formée de molécules, maintenant quand je me baigne, je me dis que je suis dans un piscine de petites billes : Ca m'a légèrement coupé mon ancienne imagination à ce sujet. Rechercher la vérité, est en effet vain, on pourrait se former une vérité propre à nous qui nous correspond pleinement quoi qu'elle fut fausse au niveau de la science. Sinon, pour ma vision du monde, autrefois je voyais les adultes comme des dieux, je voyais la société comme la structure paradisiaque de ces mêmes divinités, et à l'arrivée de la primaire, puis du collège, j'en ai vu suffisamment pour être déçu. Je ne me soucie guère des évènements sordides aux quatre coins du globe, car pour moi, qui a eu suffisamment de temps pour analyser mes semblables, c'est une normalité logique. Si je vais à la messe, aumônerie ou autre lieu religieux, si je m'amuse à sympathiser avec quelques voisins, amis et suivre quelques jours leur Ramadan, c 'est justement pour partager cette lumière; même si je suis un sceptique fini, un athée logique mais espérant qu'il y ait autre chose, quelque chose d'autre qui ne sert à rien d'être recherché, et j'essaie de me conforter dans mon petit monde, et dans cette idée... Je suis heureux de vivre, mais quoi que je fasse je n'ai pas la sensation d'être comblé. Je joue au foot c'est délivrant que de se mettre en mode "animal instinctif". Lorsque je suis confronté au monde, j'adapte mon caractère, je fais attention, je calcule, je cherche à optimiser l'échange avec les autres, au détriment de moi même, de ce que je suis. Mais si je suis moi, je suis coupé. Je divague, je sais que je m'éloigne de la question de la vérité. Mais finalement, de savoir ce que telle chose est comme cela et pas comme ceci ne m'apporte pas autre chose qu'une adaptation conventionnelle assurée. Ce que je veux dire, c'est que la vérité n'est pas nécessaire au bonheur, d'autant plus qu'elle est relative, et l'absolue inexistante. C'est la paradigme actuel qui me conditionne. La quête de la vérité en elle même est une souffrance, une lutte entre ce que l'on voit, ce que l'on comprend, ce que l'on nous apprend, ce que l'on nous livre, ce que l'on aimerait, ce que l'on croit, ce que l'on doute, une quête infinie. Je ne vois pas en quoi le mensonge diffère de la vérité, même si les deux termes opposés s'incluent l'un de l'autre. Je l'assimilerais à la notion de beau et de moche. Que l'un s'émerveille devant un excrément de lapin, et l'autre s'émerveille de la symétrie architecturale d'un temple grec et de ses piliers taillés au marteau et au burin, le plus méritant est le premier, il lui en faut peu, et il arrive à ne pas se limiter aux choses faites pour être belles pour les trouver belles. Je suis émerveillé par une formule mathématique, et quand j'en recherche l'utilité je retombe toujours sur le progrès, c'est dans la nature de l'homme de progresser, mais je ne sais pas si les gens étaient bien plus malheureux au moyen-âge qu'aujourd'hui. Constatons, même si ce que je vais dire peut être contesté, un africain que l'on dit malheureux se fait amputer des deux jambes, et ne semblerait pas plus atteint qu'un européen perdant son travail à cause d'une incarcération (en prison) d'une semaine...

Ensuite, Tournesol, j'imagine aussi que mon problème doit provenir d'autre part, que mon problème est ailleurs, ça je le verrai plus tard, mais pour mon cas, j'ai eu la sensation que de rechercher la vérité ne pas rendu plus heureux, et m'empêcherait même de ma libérer, cette logique raison est pour mon cas une sorte de prison, j'irai donc chercher une solution qui m'est propre du côté psy (ce que je fais déjà depuis deux trois ans..)...
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Tournesol » Dim 27 Fév 2011 11:16

Cette morosité de fond et absence de sens font plus penser à un fond dépressif ( pas forcément une dépression non plus).
L'adolescence, c'est la prise de conscience de beaucoup de choses et la pilule est parfois dure à avaler ( enfin, il en reste quand même pour après, des pilules...) Il y a des choses qui sont faites pour être avalées puis digérées et enfin évacuées. Alors on grandit et on les dépasse. Le tout c'est d'éviter la crise de foi ou la constipation... ;)

Ton exemple est un peu fort, mais oui, la notion de bonheur/malheur est relative et il est relativement vain de vouloir comparer.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Colonel Moutarde » Dim 27 Fév 2011 13:30

Je pense qu'un des problèmes est que tu confonds vérité et réalité, ce qui t'amène à assimiler le subjectif au mensonge et le sentiment ou l'émotion à l'illusion.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar elnumaem » Dim 27 Fév 2011 14:00

Je pense que c'est le raisonnement inverse, c'est parce que j'assimile le subjectif au mensonge et le ressenti à l'illusion, que je confonds la réalité avec la vérité; et parallèlement je ne crois point à l'objectif absolu... Bien que mon idée de la réalité est simple, c'est ce que l'on perçoit, rien de plus, à mes yeux. Et bien que pour moi toute vérité n'est qu'un jugement direct ou indirect de l'humain, et que comme objectivité il n'y a pas, la vérité dépend de la subjectivité, ce qui amène à la vérité relative et à la vérité confondue au mensonge.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Colonel Moutarde » Dim 27 Fév 2011 16:43

elnumaem a écrit:Bien que mon idée de la réalité est simple, c'est ce que l'on perçoit, rien de plus, à mes yeux.


Et pourtant, dans tes exemples, pas "ce que l'on perçoit" mais une partie, rien qu'une partie seulement.
Reprenons l'exemple de l'eau où tu te baignes, la réduire à un tas de billes, ce n'est qu'une fraction de la réalité. De même, si tu étais en présence d'un tableau, tu y verrais probablement un plâtras de substances chimiques. Or, c'est tout autant, au même plan de réalité, l'oeuvre d'un homme, la projection de sa vision du monde, un objet qu'une proportion inconnue de la population mondiale juge beau, etc.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar lady space » Dim 27 Fév 2011 17:26

Je pense que ce que l'on perçoit est une part de la réalité, et relatif en plus. Imagine à quoi ressemblerait ton monde si tu le voyais avec des yeux à facettes comme une mouche. Une autre part de la/ta réalité sont le ressenti, les émotions... ça n'a rien à voir avec des illusions bien que scientifiquement pas très tangible, on n'a pas (encore?) les instruments pour mesurer ce genre de données subjectives mais réelles. Ensuite, il y a ce que j'appellerais la réalité collective, basée sur des données quantifiables, vérifiables et consensuelles, c'est là qu'intervient la science. On en a besoin pour arriver à vivre ensemble aussi. A ce niveau-là, il y a une part de vérité scientifique dans la mesure qu'on a trouvé quelques principes scientifiques que - pour l'instant - on n'est pas obligé à remettre en cause.
Mais la vérité est autre chose, toute aussi individuelle. Cela dépend déjà de la direction dans laquelle on cherche, en fait, pour moi, il y aurait plutôt DES vérités. L'idée d'une vérité universelle valable pour 10 milliards d'individus me parait peu convaincante. Et si ça existe: une fois la vérité trouvée, on ferait quoi? ça serait la fin, l'immobilité. Je n'imagine pas que ça peut être des règles de vie à suivre pour vivre dans le bonheur éternel, ça serait trop proche des principes de fonctionnement des religions. Et rien que le fait que ce sont DES religions prouve qu'il n'y en a pas une qui est plus près de la vérité que les autres.
Pour revenir au bonheur: l'idée que Kant se fait du paradis me plaît assez. Pour lui, le paradis est un état (d'esprit, de l'âme si on veut, pas un lieu) qui permettrait à tout individu d'avancer sans entrave dans sa quête personnelle. (Le pied, pouvoir lire H 24 sans avoir faim ou être fatigué... :smile: Mais pour un musicien, ça serait autre chose, pour un Rugbyman aussi.)
Ajoutons à cela Lao Tse "Le chemin, c'est le but",
la relation d'incertitude de Heisenberg
et les lois de la thermodynamique

j'y trouve un équilibre pour moi qui me permet de saisir tout ce que j'ai compris du monde qui m'entoure jusqu'à présent, quitte à revoir ma théorie si de nouveaux éléments se présentent. Le mot clé est d'ailleurs "équilibre", ce qui n'a rien à voir avec immobilité. C'est une amplitude de mouvement qui évite juste de tomber, dur à expliquer, un peu comme une bille en mouvement dans une coupelle: l'équilibre réside dans le fait qu'elle ne passe pas par-dessus bord.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar elnumaem » Dim 27 Fév 2011 20:13

Je ne vois pas l'eau seulement que comme un entassement de billes, mais c'est vrai que je me suis trompé dans ma définition de ce qui forme ma réalité. Mais c'est ma réalité, la réalité est en tout cas pour moi, subjective. Je me fonde ma réalité bien souvent sur une non-vérité, c'est en quoi je ne les confonds pas tellement non plus. Pour reprendre le tableau, celui-ci me semble être le reflet de l'état d'âme, d'esprit de son créateur au moment où il finit son oeuvre; et pourtant, je dois bien souvent me tromper, c'est ma réalité. Que l'on me dise la vérité sur l'artiste au moment où il fait son oeuvre ne me rend pas nécessairement plus heureux.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Monsieur Noir » Mer 2 Mar 2011 01:00

lady spatiale a écrit:Le mot clé est d'ailleurs "équilibre", ce qui n'a rien à voir avec immobilité.
J'ai le même mot clef.

Je vois la réalité comme multidimensionnelle. On en perçoit une projection sur au moins 4 dimensions (espace et temps) dont le centre est nous-même, à partir de laquelle on se forme une idée de ce qu'elle est, ce que je crois que Lady Space veut dire par "les vérités".

La science nous permet d'observer indirectement (donc imparfaitement) un peu plus loin, dans l'espace et dans le temps. On arrive même à rajouter quelques dimensions et à changer de référentiel, mais ça devient compliqué à appréhender pour notre cerveau, sans le recours à des outils mathématiques.

Je pense, pour en revenir à la question initiale, que le problème des questions existentielles, et par extensions de pas mal de surdoués, c'est d'avoir une vision trop globale dont le centre n'est plus nous-même, mais la collectivité, voire l'humanité, ou pire, l'humanité à long terme. Or, à la base, on n'est pas trop prévu pour autre chose que s'occuper de survivre dans notre environnement immédiat, et on se retrouve en décalage par rapport à nos besoins individuels propres, parfois en contradiction avec ceux des niveaux du dessus. L'expression se recentrer sur soi prend ici tout son sens. Voir le monde à partir de soi (une vision égocentrée, donc) est nécessaire pour se sentir bien dans ses baskets, et si une vision plus large est parfois nécessaire pour vivre ensemble, il ne faut pas se perdre dedans, et toujours revenir à soi. Garder l'équilibre.

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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Tournesol » Mer 2 Mar 2011 01:04

Si déjà tu en as conscience... ;)
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Monsieur Noir » Mer 2 Mar 2011 01:18

Ouais, mais remettre en cause des années de fonctionnement, c'est pas évident. J'y arrive de plus en plus, mais ça me demande trop de temps, que je ne peux pas me payer. Monrde.

Ça m'a valu un beau burn out (je viens de le mesurer aujourd'hui même), et j'en suis pas sorti, encore. (Pendant que j'y suis, avis aux procrastinateurs : si vous passez du report des tâches à l'incapacité de faire, il y a un problème.)
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar elnumaem » Mer 2 Mar 2011 14:11

Je crois qu'en effet, mon problème est d'en avoir conscience, et surtout d'y remédier. Je suis très conscient, et surtout conscient que je ne me préoccupe assez peu de moi. Mais le problème est maintenant de savoir s'occuper de soi, et surtout de quitter cette chimère d'altruiste, que de rendre heureux son entourage nous rend heureux. C'est un sacrifice de valeurs assez difficile à dépasser par le principe même de Nietzsche, que l'homme corrompu choisit ce qui lui est désavantageux. Et moi, j'ai de pauvres yeux braqués en mode court terme, et je ne vois pas l'avantage du sacrifice à long terme. Je stagne donc dans une position neutre et morne, celle du non-choix, celle qui fait moisir l'esprit... C'est en tout cas mon avis, je suis donc dans la catégorie des incapables, à moi de me donner les capacités et la volonté.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Monsieur Noir » Mer 2 Mar 2011 14:16

Mais le problème est maintenant de savoir s'occuper de soi, et surtout de quitter cette chimère d'altruiste, que de rendre heureux son entourage nous rend heureux.
Ce n'est pas vraiment une chimère, mais il manque la recette pour rendre heureux son entourage : il être heureux soit même. ^^

C'est un cercle vertueux. Si tu es heureux, ton entourage le ressent et ça le ragaillardi, ce qui ajoute à ton bonheur par ricochet. Mais on ne peut pas commencer par les autres.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Tournesol » Mer 2 Mar 2011 18:53

Monsieur Noir a écrit:
Mais le problème est maintenant de savoir s'occuper de soi, et surtout de quitter cette chimère d'altruiste, que de rendre heureux son entourage nous rend heureux.
Ce n'est pas vraiment une chimère, mais il manque la recette pour rendre heureux son entourage : il être heureux soit même. ^^

C'est un cercle vertueux. Si tu es heureux, ton entourage le ressent et ça le ragaillardi, ce qui ajoute à ton bonheur par ricochet. Mais on ne peut pas commencer par les autres.

Tout est dit. On ne peut pas vraiment rendre heureux son entourage par le sacrifice permanent de soi, on crée une dette.
Ceux qui s'en fichent ne la méritent pas, les autres n'ont si ça se trouve rien demandé et de toutes façons, c'est lameilleure façon d'être déçu parce que quelque part, on attend toujours qq chose en retour.
La solution n'est pas l'égoïsme non plus, mais un certain équilibre.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Colonel Moutarde » Mer 2 Mar 2011 21:04

C'est marrant, il y a un paradoxe. Etre heureux rend les autres heureux, mais dire que les rendre heureux nous rend heureux nous-même est une chimère - ça ne va pas.
Ne rien attendre en retour et libérer l'autre de cette dette est extrêmement difficile, mais c'est bien là l'objectif qui nous est proposé. C'est un idéal. N'est-ce pas une solution de facilité que de décréter que c'est impossible et donc qu'il faut éviter cette voie ?
Que faire quand on est, comme tant de gens, malheureux de voir les autres malheureux ("la misère du monde", proche ou lointaine) et qu'on ne peut pas avoir la conscience tranquille tant que cette misère existe ?
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Tournesol » Mer 2 Mar 2011 21:20

ton raisonnement n'est pas juste.
Libérer l'autre de la dette, ce n'est pas seulement ne rien attendre en retour.
Etre heureux est un peu contagieux, ça ne suffit pas en soi à rendre les autres heureux.
Ta vision est biaisée par ce qu'on t'a inculqué je crois.....

Cette misère durera toujours... tu ne peux rien y faire ou si peu ( ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas faire un peu)
Donc soit tu acceptes tes limites, soit effectivement, tu n'auras jamais la conscience tranquille....
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Colonel Moutarde » Mer 2 Mar 2011 22:06

Oh, je ne pensais pas à moi. Mais à des personnes de mon entourage qui, certainement, contribuent au modèle inculqué par ailleurs... des personnes qu'on rencontre investies jusqu'au cou pendant des années dans des tas d'associations et de structures au service de l'autre. Sont-ils heureux, bien modérément car ils savent que, s'ils font du bien à des personnes données, d'autres les remplacent et c'est un tonneau des Danaïdes. Mais je les connais assez pour savoir qu'ils seraient malheureux s'ils cessaient de s'oublier pour les autres : ils ne tiendraient pas en place, ils seraient immédiatement remis en mouvement par un sentiment, même pas de culpabilité, mais d'injustice : "comment puis-je rester, fût-ce une heure, dans mon canapé quand, pendant cette heure, N enfants vont mourir de faim ?"
Non pas qu'ils s'imaginent sauver ces enfants...
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar lady space » Mer 2 Mar 2011 23:51

l'histoire du donner est assez complexe et paradoxal aussi.
En tout cas quelqu'un qui est bien centré en lui-même (et pas sur lui) est capable de donner plus et mieux parce qu'il est déjà entier que quelqu'un qui n'est pas en accord avec soi-même.
Les dons de la deuxième personne seront toujours un peu biaisés par la raison qui motive ce don, à savoir remplir un vide quel que ce soit (besoin de reconnaissance, savoir qu'on fait quelque chose...).
Le bien-être s'amplifie en effet si on arrive à donner, c'est à dire "contaminer" son entourage par son bien-être, par simple plaisir de partager. En revanche, si en donnant, on cherche à obtenir quelque chose, ne serait-ce que la conscience d'avoir fait son possible contre les misères du monde, on va se vider de plus en plus.
C'est très difficile à distinguer en plus car notre culture glorifie le sacrifice, l'abnégation etc. Elle en vit en partie d'où ce conditionnement difficile à casser.

(excuse si ce n'est pas clair, je ferais mieux de me coucher :saoul: )
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Colonel Moutarde » Jeu 3 Mar 2011 13:17

On s'est un peu éloignés du topic, sauf si on considère que ce qu'on a dit pour la quête de la vérité peut s'étendre à toute quête d'absolu.
La quête d'absolu dans un monde qui prône le relativisme total, voilà une drôle d'affaire.
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Re: La quête de vérité est-elle une entrave au bonheur?

Messagepar Mlle Rose » Jeu 3 Mar 2011 13:45

Je crois que la seule quête qui vaille la peine c'est celle de la vérité en Soi. C'est là où les illusions sont les plus douloureuses, parce qu'elles touchent à notre être profond. Quand on se ment, quand on se maquille, et qu'on oublie que ce n'est qu'un masque, quand on se rend compte qu'on s'est trahi... quoi de pire ?
Je ne peux pas dire que le bonheur (je ne sais pas le sens réel de ce mot) y est obligatoirement soumis (on peut se mentir mais ne jamais s'en rendre compte, auquel cas peu importe...), mais en tous cas, sans cela, je crois qu'on passe au moins à côté de sa vie...
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