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Re: La Russie

Posté : jeu. 28 déc. 2017 01:22
par Prosper
Roro a écrit :
lun. 23 oct. 2017 12:36

- La politique : La France est un allie historique. Mais elle dépend maintenant de l’Europe, qui dépend elle-même des USA. Autant le nom de Sarkozy existe encore dans les mémoires, autant celui de Hollande est inconnu dans ma région.

Peut-être est-ce dû au fait que Sarkozy a jouer le rôle de médiateur par la voie arbitrale entre la Russie et la Géorgie pendant sa présidence. Je ne connais pas de près la question mais me rappelle de cet élément.
Finalement, j'ai l'impression que les russes ont une mémoire ou plutôt un intérêt ( car l'usage du premier mot est connoté) sélectif : Tout ce qui touche leur pays, ils sont plus ou moins au courant. En revanche le reste... C'est pas illogique avec le patriotisme que tu décris.
Qui plus est, j'apprécie aussi ( pas au sens de juger mais de communiquer une appréciation personnelle qui ne se veut pas forcément partagée) ta mise en relief avec le colonialisme. Ca a le mérite de rappeler que ce n'est pas la création d'un concept qui crée son existence et encore moins son application (j'ai la démocratie en tête).

Sujet intéressant, je suis et je poursuis :). Merci du partage de ton immersion.

Re: La Russie

Posté : jeu. 28 déc. 2017 10:45
par Tamiri
En ce qui concerne les inégalités sociales je me pose aussi la question : n’ayant pratiqué qu’en touriste pour de courts séjours citadins sur Moscou et St Petersbourg, je n’en connais évidemment pas les contours exacts mais comme beaucoup de visiteurs je suppose, j’ai initialement été frappé par les banlieues traversées en arrivant de l’un des aéroports. À première vue, des grands ensembles d’immeubles tristes avec des espaces communs dans un état de déliquescence avancée ; cependant il est difficile de juger à leur seule vision fugitive des conditions de vie à l’intérieur. Dans un contexte un peu différent j’avais eu l’occasion de loger chez l’habitant dans la périphérie de Vilnius en Lituanie, mêmes barres de béton à l’aspect extérieurement délabré avant de découvrir que l’endroit était habité par des gens de la classe moyenne qui y entretenaient de manière « cosy » des logements petits mais agréables. En arrivant vers des zones de la proche banlieue ou des constructions un peu clinquantes étaient en cours, j’ai le souvenir d’avoir vu plusieurs fois des ouvriers faire la queue, on m’avait brièvement expliqué qu’il s’agissait de journaliers du BTP, et d’ailleurs pas des Russes, ce qui en substance est l’équivalent des journaliers agricoles que l’on rencontre chez nous dans le sud, en particulier dans les zones de culture fruitière intensive d’espagne. Ce qui fait que l’indice le plus clair pour le visiteur, plus que cette traversée initiale de la banlieue, c’est peut-être l’hypercentre de Moscou, ses belles voitures (les petites « Jigouli » s’y font rares j’ai l’impression), les prix dans les commerces et l’an nature même des commerces.
Ensuite j’avais été frappé par les petites agglomérations que l’on voit de proche en proche par les fenêtres du train Sapsan entre Moscou et St Petersbourg avec de petites maisons de bois et des chemins de terre, une vision « typique » mais qui donne une impression de contraste quand on est tranquillement assis à se faire servir du thé dans ce qui est un des trains les plus modernes du monde. Or il y a un aspect notoire au moins chez les passionnés de trains (dont je suis), c’est que ledit Sapsan, qui circule à 250 km/h sur une ligne classique, occasionne la fermeture des passages à niveau 20 à 40 minutes avant son passage, d’où des interruptions de la circulation pendant parfois plus d’une heure y compris au beau milieu de certaines petites villes. D’où un conflit et une vision du peu de considération pour les provinciaux au profit de la clientèle plus aisée (ou touristique dans mon cas) qui circule entre l’ancienne et la nouvelle capitale.
Au total, j’ai le sentiment (et pas que sur ce seul point des relations et des inégalités centre/périphérie) de n’avoir, bien évidemment, qu’effleuré un pays au travers des deux villes dans lesquelles il me reste cependant encore pas mal de choses à voir, et du coup, je suis encore loin d’avoir répondu à toute la fascination que j’ai initialement développée à distance au travers de la littérature classique, du cinéma ancien et contemporain... bref je lis les récits, ici, avec délice, je pense à ma prochaine virée et je ne peux pas rester insensible à la photo d’un quai de gare en Russie. Par définition je pense d’ailleurs que mon prochain projet comportera, forcément, une virée en wagon-lit. Quoiqu’il en soit merci de ces partages qui me donnent envie de reprendre des vacances... :cheers: