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Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Ici vous pourrez échanger au sujet du diagnostic et de l'accompagnement

Modérateur: Zyghna

Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Mlle Rose » Jeu 31 Jan 2013 16:27

Je voudrais revenir ici, en condensé, et avec un autre regard, sur des questionnements présents un peu partout sur le forum au sujet du diagnostic et des professionnels.

Tout d'abord je veux rappeler quelques postulats simples :
  • Si le diagnostic de haut potentiel ne peut être posé que par un professionnel ayant réalisé un bilan comprenant des tests de QI, le bilan et les tests de QI peuvent ne pas apporter de diagnostic certain, et cela sans que la compétence du professionnel ne soit mise en cause.
  • Un test de QI, comme tous les tests standardisés touchant à des éléments de l'humain, n'est pas une radio pouvant vérifier la présence d'une fracture. Un test de QI n'est pas une prise de sang pouvant vous dire avec certitude que vous avez, par exemple, une hypercholestérolémie. Un test de QI vous situe par rapport à une courbe de Gauss à un instant donné et sur divers domaines de votre fonctionnement cognitif.


Je vous propose ici de prendre le problème du diagnostic et de ses implications en me plaçant du côté du professionnel.

Recevoir un patient, c'est avant tout et en général recevoir une personne avec une plainte :

Le diagnostic final n'est pas la première chose que nous avons en tête. Le premier de nos soucis est : la demande. Que vient nous demander cette personne ? Pourquoi ?
Comment allons-nous pouvoir comprendre d'où cela peut venir ? = quels bilans, quels tests pratiquer ?
Avec pour finalité : comment allons-nous pouvoir l'aider ?

Notez que comprendre immédiatement d'où cela peut venir est un plus pour proposer une prise en charge adaptée et donc efficace, mais ce n'est pas non plus une condition sine qua non à la mise en place d'une aide quelle qu'elle soit, d'autant que fréquemment ceci se précise à l'évolution.

L'anamnèse permet de balayer la demande dans son ensemble (la plainte), de faire ressortir les premières hypothèses étiologiques (choix des tests). Il n'y en a jamais qu'un seul facteur étiologique, il ne faut pas rêver, ainsi la douance n'échappe pas à la règle, elle n'est pas L'Explication avec un grand E, à tout ce pour quoi vous consultez.

> Ainsi, posez-vous cette question avant de consulter : quelle est ma plainte ?
Et tâchez de réfléchir à la manière de la poser au mieux afin que le professionnel puisse bien cerner votre demande.


Le patient qui arrive avec ses propres hypothèses

Recevoir un patient qui propose déjà son diagnostic et nous demande de bien vouloir le vérifier ou l'infirmer est devenu courant avec internet (les gens se renseignent, croient trouver eux-mêmes LA solution) et nous savons que nous provoquons des déceptions lorsque nous n'avons pas pour finir un OUI ou un NON clair sur cette proposition précise.
Nous savons que les gens se sont raccrochés à cela, pour poser des mots sur quelque chose qui les ennuie ou les entrave.

Le problème est que cette hypothèse diagnostique masque la plainte initiale, celle qui vous a conduit à rechercher des réponses.

Nous proposons des pistes, nous proposons notre propre explication, et souvent, les patients les plus accrochés à leur idée initiale n'entendent pas vraiment... Ce sont généralement ceux-là qui naviguent de cabinet en cabinet (ou de forum en forum) à la recherche de la validation de leur idée, DU professionnel le plus compétent du coin... jusqu'à ce qu'ils comprennent que les solutions sont à côté, là où ils ne regardent pas. C'est souvent beaucoup de temps de perdu et la plainte perdure, cachée derrière l'hypothèse.

Recevoir un patient qui propose déjà son diagnostic, c'est donc être placé dans une position délicate où notre rôle initial d'aidant est court-circuité.
Recevoir un patient qui propose déjà son diagnostic enferme et nous condamne en quelque sorte à répondre d'abord par oui ou non (ou peut-être), avant même de cerner la plainte dans sa globalité.

Pour le patient, c'est aussi réducteur, et nos réponses lui laissent parfois un goût d'inachevé.

> Ainsi posez-vous cette question avant de consulter : et si le test de QI n'était pas le test le plus adapté à mon cas personnel ? Et si j'occultais d'autres pistes ? Et si le professionnel propose autre chose, suis-je capable de lui faire suffisamment confiance pour entendre voire écouter ce qu'il a à me dire ?


Tests et interprétations

Il n'y a pas d'interprétation universelle, de même qu'il n'y a pas de catégorisation absolue des humains possible.
Dans la vraie vie, nous, professionnels, que nous soyons psychologues, orthophonistes, psychomotriciens, que sais-je encore, ne rencontrons pas tous les jours ces "cas d'école" qui entrent dans tous les tableaux sans qu'un cheveux ne dépasse.
Nous rencontrons des gens, des vrais gens, qui, outre leurs troubles potentiels, traînent des vécus multiples qui sont autant d'éléments venant interférer dans la démarche diagnostique et qu'il est impossible de mettre de côté en tranchant de manière absolue sur ce qui est en lien avec la plainte initiale du patient, ou ce qui ne l'est pas.
Grand expert ou pas, chaque professionnel est confronté à cela.

Oui, parfois nous ne savons pas. Parfois les choses sont tellement imbriquées les unes dans les autres qu'il n'est pas possible de poser un diagnostic sûr. Pour personne, même pour le pro le plus doué de sa catégorie.

C'est ce que je ressens souvent lorsque je reçois des enfants; pour un adulte c'est encore pire : la durée du vécu et la multiplicité des expériences rend le ou les troubles tout à fait multiformes et parfois tous les bilans complémentaires du monde ne peuvent fournir d'explication satisfaisante. C'est ainsi. Il faut l'accepter.

Les QI hétérogènes qui ne permettent pas de trancher peuvent s'expliquer par l'existence de troubles associés, ou pas. Et particulièrement chez un adulte il faut bien se dire que l'hétérogénéité serait plutôt la règle que l'inverse.
Cela tient au vécu, aux chemins que nous avons pris, à la manière dont a été géré le potentiel de départ, dont on a été éduqué, dont nous avons appris, ce que nous avons naturellement privilégié...
Autrement dit l'image que les tests donnent du potentiel n'est pas pure, mais elle est entremêlée avec nos constructions psychiques, nos travers, nos angoisses, et tout ce qui agit sur nos performances. Ils donnent une très bonne indication, mais parfois ils ne sont juste pas concluants.

Il faut bien comprendre tout cela avant même d'entamer une démarche auprès d'un professionnel. Il faut aussi bien cerner vos motivations, savoir ce que vous allez chercher, et vous rappeler des raisons qui vous ont conduit à rechercher, déjà, un "diagnostic". Il faut avoir à l'idée que vous trouverez des pistes mais sans doute pas toutes les réponses.

Quelques liens de sujets où ceci a été évoqué :
tests-psys/quand-test-permet-pas-conclure-t335.html
tests-psys/les-psys-qui-veulent-pas-vous-tester-t2654.html
tests-psys/haut-potentiel-heterogene-t389.html
tests-psys/quand-test-dit-non-t2697.html

Je sais qu'il y a ici quelques professionnels à qui ceci va parler, n'hésitez pas à apporter des compléments.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar RDK » Jeu 31 Jan 2013 23:30

Post très intéressant, toujours bien de voir de l'autre côté de la barrière. Merci à toi!

Cela dit, il me semble qu'il s'adresse plus à des personnes qui ont déjà un peu de recul sur tout ça. Difficile, quand tu vas voir pour la première fois un pro, parce que tu as un problème important qui te prend la tête, d'avoir le détachement nécessaire pour expliquer quel est ta plainte exacte, ta motivation et tes attentes précises.

Faisant un peu parti du public visé, aka non-testé-qui-envisage-de-le-faire, je comprends très bien ce que tu veux dire. Mais c'est vachement trop à vif pour que j'ai ce regard complètement lucide sur moi-même. Et en y réfléchissant, je vois pas bien ce que je vais dire au psy à part "ben je sais pas, ça va pas saypacool vous savez gnéhéhéhé", avec un petit sourire idiot :cool:

Bon, je dirai peut-être pas "gnéhéhéhé". C'est dommage, c'est bien "gnéhéhéhé".
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Hoppy » Ven 1 Fév 2013 09:53

Je pense que c'est un topic qui a sa grande place ici, il devrait même être étiqueter "à lire absolument" à toutes les nouvelles personnes qui arrivent ici et surtout celles qui n'ont pas été testé ou qui viennent tout juste de l'être.
Cela les aiderait certainement (et j'en fait partie) à prendre ce petit recul qui leur manque, mais qui est normal je pense.

Du coup il s'adresse au contraire, à mes yeux, à tous les autres qui n'ont pas ce recul sur tout ça, à contrario de ce que tu dis RDK.

Après, je pense que tous les adultes ici qui ont passé la Wais, sont très certainement passés un peu par cette case d'auto-diagnostic "et si c'était cette piste là qu'il faille creuser". Sans certitude certes, avec tous les bémols que ça mérite aussi, mais on passe forcément par là sinon je ne vois pas comment on se dit "demain je passe la WAIS" si ce n'est pour affirmer ou infirmer ce murmure que l'on ressent en nous-même.

Je sais pas si je m'exprime au mieux, mais en tout cas, post à lire c'est certain :-)
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Mlle Rose » Ven 1 Fév 2013 12:41

L'idée, RDK, avec la création de ce topic, c'est de permettre aux nouveaux de démarrer une démarche vers un professionnel si toutefois ils la souhaitent dans les meilleures conditions possibles :
- avec une meilleure conscience de leurs motivations et du sens que cela a pour eux.
- avec des attentes adéquates vis à vis du test ou du bilan en général, et non des attentes démesurées qui pourraient être source de déception par la suite.

C'est aussi l'occasion de rappeler qu'il ne s'agit pas sur ce forum de pousser au testing absolument tout le monde et n'importe qui et à n'importe quel moment, et que, quoi que l'on en dise, ou quelle que soit la description dans laquelle on se retrouve, c'est toujours le professionnel qui est le plus à même de décider si et quand et quels tests doivent être passés.

En gros : lorsque l'on se sent dans l'inconfort, voire la souffrance, entamer une démarche de consultation n'est pas idiot. On peut tout à fait faire état de ses suppositions quant à la douance, mais demander un test comme on demande à son médecin une prescription d'Efferalgan n'est peut-être pas la meilleure chose à faire ;)
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar sanders » Ven 1 Fév 2013 13:35

RDK a écrit: Difficile, quand tu vas voir pour la première fois un pro, parce que tu as un problème important qui te prend la tête, d'avoir le détachement nécessaire pour expliquer quel est ta plainte exacte, ta motivation et tes attentes précises.

...
Et en y réfléchissant, je vois pas bien ce que je vais dire au psy à part "ben je sais pas, ça va pas saypacool vous savez gnéhéhéhé", avec un petit sourire idiot :cool:


Je crois que même si on n'a pas la réponse, les réponses, à donner au professionnel quant aux raisons qui nous font consulter ( si consultation il y a ) il me semble que le simple fait de se poser les questions ouvre un espace.
Cet espace peut être inconfortable parce que les questions sans réponse ça peut faire peur, agacer, énerver, donner un sentiment de malaise, paraître inutile ...
Cet espace peut se remplir un peu, beaucoup ... parfois juste parce que le temps de réflexion a permis à la pensée de s'élaborer un peu, parce qu'elle a eu un peu de place à côté des émotions et de l'agir ( je me sens pas bien, je consulte).
Cet espace il me semble qu'il coupe l'automatisme, qu'il crée une faille dans "sensation/réaction" ... un truc comme ça ...


Et je suis d'accord que ce topic est à placer dans les recommandations de choses à lire quand on "débute" sur le sujet de la douance.
Je trouve qu'il résume bien une partie importante du processus de mise au clair des interrogations qui font cliquer sur inscription un certain nombre de nouveaux membres (j'espère ne pas faire de généralisation).
Soit on s'en sort et on invente nous-mêmes un destin, soit on continue dans la spirale du déclin.Thanh Nghiem

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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar amalia » Ven 1 Fév 2013 18:31

RDK a écrit:Post très intéressant, toujours bien de voir de l'autre côté de la barrière. Merci à toi!

Cela dit, il me semble qu'il s'adresse plus à des personnes qui ont déjà un peu de recul sur tout ça. Difficile, quand tu vas voir pour la première fois un pro, parce que tu as un problème important qui te prend la tête, d'avoir le détachement nécessaire pour expliquer quel est ta plainte exacte, ta motivation et tes attentes précises.


Bon, je dirai peut-être pas "gnéhéhéhé". C'est dommage, c'est bien "gnéhéhéhé".



en même temps, c'est le job du prof. de s'y retrouver avec les éléments apportés par le patient, et par un questionnement/accompagnement approprié, de récolter les infos pertinentes puis de les partager avec le patient ;

bcp de mes patients arrivent au cabinet "ça va pas, bcp de choses se bousculent dans ma tete..."
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar RDK » Sam 2 Fév 2013 21:46

Justement, c'est bien ce que je dis ;)
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Ailleursetdemain » Mer 27 Fév 2013 22:31

Bonsoir
En fait je viens de m inscrire et vais me faire tester
Pourquoi ?
Rechercher celles et ceux qui ont souffert et trouvé des solutions au moins partielles
Vérifier si je suis réellement surdoué ou si je dois rester dans le circuit de la psychiatrie que je côtoie depuis trop longtemps pour tenter de trouver un minimum d équilibre
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Aïnoa » Ven 1 Mar 2013 01:21

AED, bravo pour ta démarche de passer la WAIS, ce n'est pas facile!
En revanche il me semble que ce topic a pour but, non pas de dire pourquoi on veut se faire tester et quelles sont nos interrogations, mais plutôt d'y aller dans une démarche la plus saine possible.

Merci beaucoup Rose pour ce topic, qui, je crois, comme Hoppy et Sanders, devrait être mis en post-it. En tous cas mis en valeur.

Je me permettrai de rajouter un petit quelque chose.
J'aimerais parler des diagnostics psychiatriques et surtout de la difficulté de les poser. Car il me semble que pas mal de personnes arrivant ici ont soit déjà eu à faire à la Psychiatrie (je parle toujours des pathologies psychiatriques), soit se posent des questions sur certaines maladies...

Pour être tout à fait honnête et que les lecteurs prennent ce que j'écris comme ils le veulent, je ne suis pas psy mais médecin (interne pour être exacte). Je n'ai donc que quelques notions de psychiatrie de base, mais j'ai eu la chance de faire mon stage de psy dans un service fermé, c'est-à-dire où la plupart des patients sont hospitalisés sous contrainte, contre leur volonté (sous-entendu les cas les plus sérieux). J'ai beaucoup discuté avec les patients, avec mes chefs aussi.

Venons-en au vif du sujet.

Poser un diagnostic psychiatrique est très difficile et très délicat.
En effet, comme Rose l'a dit, on n'a pas d'examen complémentaire pour infirmier/confirmer les hypothèses. Comme elle l'a dit aussi, on ne voit, dans la vraie vie, que très rarement des cas typiques "comme dans les livres". Il est donc facilement compréhensible qu'au milieu de symptômes, de plaintes, ... on ait du mal à faire la part des choses. Pour reprendre une nouvelle fois MissPink, on a à faire à des Humains complexes, et non à des "tableaux cliniques". Que ce serait facile!
Souvent les arguments, les signes cliniques qui permettent d'avancer dans le diagnostic (car oui, en psychiatrie ça prend du temps!) peuvent apparaitre progressivement. Dans beaucoup de pathologies psy on doit suivre l'évolution, la réaction au(x) traitement(s), ... il faut parfois plusieurs mois voire plusieurs années.

C'est également très délicat pour le professionnel.
En effet, imaginez-vous la responsabilité qu'il a sur les épaules!
Diagnostiquer à tord un patient schizophrène par exemple et le traiter par neuroleptiques puissants, ce que ça peut entrainer comme contraintes, comme retentissement, éventuellement comme effets indésirables EI sur la vie de cette personne (EI, perte d'emploi, rejet par la famille/amis/société, ...) ; ou à l'inverse, ne pas diagnostiquer un psychotique par exemple, qui va brutalement décompenser un jour et se suicider, faire un massacre au fusil, tuer quelqu'un, ou que sais-je encore...

C'est pour ces raisons que les psy mettent du temps à diagnostiquer les pathologies psy, que parfois ils ne peuvent pas conclure non plus. Ca ne veut pas dire qu'ils sont incompétents.
Laissons les professionnels faire leur travail (je n'apprends pas au boucher comment couper la viande...).
:wink:

J'espère que c'est compréhensible :wink:
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar cléo » Lun 11 Mar 2013 09:17

Aïnoa, je suis tout à fait d'accord avec ce que tu as écrit.
J'ajoute mon témoignage:ma psychiatre a toujours refusé de me diagnostiquer, elle le faisait avec mauvaise volonté pour la paperasse(cotorep mdph sécu etc.) mais ça la mettait en colère.
A part anorexie et état-limite, elle ne m'a jamais rien dit, elle n'a jamais voulu, elle disait que c'était plus compliqué que ça, que J'ÉTAIS plus complexe qu'un diagnostic.
Avec elle, j'ai avancé.20 ans de suivi.
Avec les autres, j'ai reculé, ils m'ont donné une étiquette vite fait, à mon sens.

Elle, elle m'a vu vivre, à l'hôpital notamment.Elle a pris du temps.Même si je crois avoir tout fait pour l'embrouiller, elle s'en est bien tirée;)

La vie c'est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar FelixBox » Dim 18 Aoû 2013 12:08

@ Mlle Rose
En effet, ce message est très bon rappel de ce qu'il faut garder en tête lorsque l'on entame une démarche auprès d'un psychologue et que l'on aurait des raisons de suspecter une éventuelle douance.

J'ajouterai que, en ce qui me concerne, je ne viens pas avec des hypothèses à confirmer ou à infirmer mais avec un questionnement sur l'identité. Ce qui m'a troublé n'est pas tant d'avoir perçu des indices évoquant la surdouance. C'est plutôt le nombre impressionnant d'éléments de ma vie que j'avais minimisés ou mis de côté jusqu'à présent sans me rendre compte de l'importance qu'ils ont (probablement) eu dans la construction de mon identité.

Il se trouve que ces indices évoquent pour un certain nombre la douance, mais c'est tout. Il s'agit avant tout de questionnements de fond auxquels je n'ai jamais réellement cherché à répondre jusqu'à ce que je m'aperçoive, il y a quelques semaines, que ça ne tenait plus la route.

Je suis bien trop conscient du manque de recul qu'il y a à s'observer soi-même pour oublier que le but est avant tout d'ouvrir des pistes plausibles pour apprendre à se connaître soi-même et se donner des chances de se retrouver.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Hérøn » Mar 1 Oct 2013 19:23

Hum j'aurai voulu avoir lu ce topic avant mon RV de ce matin. J'aurai sans doute été mieux accueilli et j'aurai pris le temps d'avoir une argumentation construite concernant ma démarche.
Pour moi, le test, s'il débouche sur un diagnostique positif, me permettrait d'avoir un éclairage nouveau sur mon passé et mon identité actuelle. Mais le psy lui a voulu rejeter l'idée du test pour juste s'occuper de la souffrance. Mais je n'ai pas aimé sa façon de faire, son air supérieur pour me dire que non, contrairement à ce que je pense, je ne suis pas capable de m'analyser. Alors que je me questionne et essaie de me déchiffrer depuis des années, mettant à jour des mécanismes qui ont régi ou régissent encore ma vie aujourd'hui.
Je peux comprendre le point de vue du professionnel, agacé par le patient qui vient avec son idée du diagnostic, mais de là à la rejeter en bloc, sans même essayer de comprendre pourquoi on en est arrivé à se questionner sur la chose, je ne vois pas en quoi ça peut aider ou jeter les bases d'une prise en charge psychologique qui ne passe pas par un test.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Mlle Rose » Mar 1 Oct 2013 19:52

Cela n'aide en rien, très probablement ne peut-il y avoir après ça aucune forme de confiance qui s'établit et donc aucune relation thérapeutique efficiente.
Les professionnels sont aussi des humains, et comme dans toute interaction, parfois ça foire...
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Mikapaan » Mar 24 Déc 2013 01:55

Bonjour Mlle rose,
Tu as parle de neuropsy. Que font ils de plus ? Quels genres de tests ?
Ces neuro psy traitent aussi les "dys" mais que les psy non neuro proposent des solutions efficaces aussi ?
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Mlle Rose » Mar 24 Déc 2013 10:47

Techniquement les neuropsys peuvent faire les mêmes tests que les psychologues cliniciens (ce qu'ils sont avant tout), c'est juste l'approche qui est différente. Ils ont une formation en neurosciences et abordent souvent plus le côté cognitif que le côté psychique.
Dans les faits ils sont si peu nombreux (+ coût/non remboursé) qu'ils ne font que rarement des prises en charges et se chargent plutôt des bilans.
Quant aux "dys", tout dépend du trouble, mais ce sont plutôt les orthophonistes, les ergothérapeutes et les psychomotriciens qui s'en occupent. Les neuropsys peuvent intervenir en remédiation cognitive sur l'attention et la mémoire par exemple, mais sur le langage écrit, oral, ou sur la motricité, la conception de l'espace etc etc ils ne sont pas aussi bien formés que les autres professionnels sus-cités qui sont spécialistes de ces domaines.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Mat hieu » Sam 4 Jan 2014 16:11

Merci Rose pour ces explications. Elles m'aident à y voir plus clair. La vision que tu proposes en tant que professionnelle, permet à sa lecture de prendre plus de recul sur le sujet. De bien prendre conscience de l'importance des questions à se poser et de ne surtout pas y aller dans l'espoir d'entendre quelque chose de précis.
Tout cela me fait dire de plus en plus que j'aimerai bien savoir où j'en suis pour avoir l'avis objectif d'un professionnel. Mais n'est-ce pas une question trop vague? .. il y a peut-être (et surement une attente de réponse derrière ça).
Il n'y a qu'une seule chose qui me donne encore envie de savoir, c'est le sentiment de me savoir penser et celui de penser que mon savoir est infiniment plus petit que la somme de tous les savoirs accessibles par l'homme.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar jambrozade » Dim 24 Aoû 2014 17:58

votre sujet est très intéressant, et malgré la peur et les doutes qui me taraudent, j'aimerai me faire tester. Juste pour me comprendre moi-même et je ne sais pas si là où je vis il y aura des personnes compétentes pour m'aider. je vous dirai mes expressions. J'ai parcouru certains sujets aussi intéressants. Je crois que ce site m'aidera. :-)
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar rozenkreutz » Sam 13 Déc 2014 00:34

Pour ma part je reviens de rencontrer la psychologue qui devait me tester et je dois avouer que j'ai été surpris par sa perspicacité : au regard de mon état et de mon vécu, elle m'a convaincu de remettre le test à plus tard... le temps de régler certaine choses. Je crois que c'est assez juducieux...
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Lmh » Sam 17 Jan 2015 06:12

j'ai lu avec attention tout le post. Merci pour toutes les informations données par Melle Rose. Je suis venue au sujet de la Douance sans chercher ce sujet précis. Je cherchais surtout au départ pourquoi je n'avais jamais confiance en moi et pourquoi je me sentais seule même entourée . De questionnements en questionnements puis travail avec une thérapeute, j'ai compris que passer des test pour chercher si je suis adulte surdouée ou non n'est pas important pour moi. Mais je suis sûre que si ces questionnements étaient apparus lorsque j'avais 30 ans, j'aurais voulu le faire.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Chevreuil » Mar 20 Jan 2015 21:15

Voilà je ne sais pas si c'est ici que je dois poster ceci, mais j'y vais :1cache:
Tout d'abord excusez moi, car je suis tout nouveau, et le premier post que je commente est centré sur moi (vous allez comprendre plus tard), j'ai compris que vous en avez marre des nouveaux qui débarquent pour parler de leurs nombrils, et le premier truc que je fais c'est ça, mais je pense que j'en ai besoin pour avancer et évoluer, encore désolé.
Voilà j'ai passé le wais 4 chez un très, très, vieux monsieur, qui je pense n'avais peu être plus ses facultés :), il ma fait passé trois fois les tests mémoires des chiffres (à chaque fois il oublié de noter les résultats). j'ai du l'aider à la fin et lui dire mes résultats pour remplir la grille, j'ai même écris moi même ma note car à la fin sa main trembler trop, je l'ai aidé à débloquer son téléphone, puis à descendre les escaliers. Enfin vous voyez le genre, j'ai eu l'impression de m'occuper d'un petit vieux, plus que de passer un test.
Du coup maintenant, je doutes de la réelle valeur du test, je ne sais même pas qu'elle est mon résultat, entre note composite et note standard. Voilà mon souci, je suis sur le contre coup du diagnostic et je doutes sur la réel valeur de celui-ci.
Voilà encore mille excuses :angel: pour ce post égocentrique et dites moi si je dois le redirigé ;)
Chevreuil
 
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Pier Kirool » Mer 21 Jan 2015 08:44

Bonjour Chevreuil,
Sur la forme,je te conseillerais www.scribens.fr pour l'orthographe voir plus précisément peut-être la grammaire.
Sur le fond, ce n'est pas la valeur du test qui est en question là mais celui qui te l'a fait passer, donc plutôt le résultat n'est-ce pas ? Que t'a-t-il dit ? écrit ? C'est quoi la conclusion ?
Quelques idées de solutions : soit aller faire ré-interpréter tes résultats par un·e autre spécialiste, soit le refaire dans deux trois ans, soit on s'en fout parce que finalement ça va pas si mal (désolé, je n'ai pas relu tous tes posts avant de faire cette hypothèse qui du coup est peut-être sauvagement inappropriée) et on voit comment ça tourne...
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