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Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Ici vous pourrez échanger au sujet du diagnostic et de l'accompagnement

Modérateur: Zyghna

Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Grabote » Mer 21 Jan 2015 09:04

Pier Kirool a écrit:soit aller faire ré-interpréter tes résultats par un·e autre spécialiste


Je me suis retrouvée dans le même genre de situation, un peu inversée:
la psy avec qui j'ai passé le Wais 4 était très jeune (pas tant que ça mais comme je me vois pas vieillir ;) )
et surtout son compte rendu était tellement baclé que je n'arrivais pas à lui faire confiance.
Donc, j'ai demandé à Melle Rose une adresse dans mon coin, j'y suis allée avec les résultats et le compte rendu, cette fois la psy m'a paru compétente et elle n'a eu aucun problème pour analyser tout ça.

Chevreuil, en ce qui concerne ton "égocentrisme" éventuel, te stresse pas, on est beaucoup à être passé par là à ce moment là. N'hésite pas à partager tes questionnements, doutes et cie ! :ensoleillé:
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Chevreuil » Mer 21 Jan 2015 11:09

Merci pour ta réponse, oui je sais pour mes problèmes de grammaire et d'orthographe, j'essaye de faire attention et de me corriger mais je commence un peu tard, enfin c'est déjà mieux que c'était je peux te le dire ;), merci pour le site j'essaye en ce moment.
Pour le test, il ne m'a pas fait de conclusion écrite, d’ailleurs je ne vois pas comment il pourrait, il n'a rien noté, j'ai juste une grille avec les notes brutes notes standard notes composites ect..
En revanche à l'oral il m'a clairement parlé de douance, il ma lu le poème de l'albatros, puis on a parlé de mon parcours scolaire et du pourquoi de cet échec.
Après, tu as raison, je vais bien, je n'ai pas de réels soucis, à part celui de l'orientation professionnelle, mais ça me bloque quand même, l'impression de mettre inventer des symptômes et un diagnostic, me gêne. Après faire réinterpréter ces résultats ne me servirait à rien car même si je ne sais qu'elle note compte vraiment, elles sont toutes au-dessus de 130 , mais oui pourquoi pas attendre pour repasser un test , enfin je ne sais pas. Apres tu dois avoir raison, ça n'as pas de réelle importance, faut juste que j'arrive à me mettre ça en tête.
Merci à toi
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar prince2phore » Lun 9 Mar 2015 11:00

Un billet très intéressant mais qui me renforce encore plus dans mon idée de ne pas vouloir faire passer de tests à mon fils pour l'instant.
Je pense que je développerai un peu plus les autres raisons au fur et à mesure que je découvre les fils existants les plus pertinents pour le faire, mais disons rapidement ici qu'il vit très bien son état, pareil pour moi en fait et même si c'est vraiment beaucoup grâce à la présence de ma femme et de mes enfants (sinon je pense que j'aurai quelques problèmes...). En fait la démarche m'a toujours semblé étrange si on a pas de problème particulier (ou alors si on a le temps et l'argent mais ce n'est pas mon cas pour le moment :( ).
En fait c'est surtout les autres que j'aimerai faire tester, tous les autres, pour savoir si ce ne sont pas des BP (ça se dit?) :D
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Sphax » Lun 9 Mar 2015 15:15

Si le test est assez évident quand on a "des problèmes", il me semble loin d'être inutile quand on en a pas (encore?). Après tout, ces problèmes qui pourraient pousser à passer le test viennent possiblement du fait qu'on a pas su anticiper et faire ce qu'il fallait avant, entrainant de mauvaises conséquences après. Or sans test, que faut-il faire? Qu'es-tu censé anticiper? Faire comme si ton fils était surdoué alors que tu ne sais pas si c'est pertinent pour son bien ou ne rien faire en attendant de voir si n'avoir rien fait va lui poser des soucis?

Je crois que parfois prévenir vaut mieux que guérir et donc un test fait avant de possibles problèmes visibles est probablement la meilleure manière d'éviter qu'ils apparaissent ou au moins d'être prêt à réagir correctement s'ils pointent le bout de leur nez. D'autant qu'un enfant qui va mal n'est pas toujours dans le meilleur état pour une passation complètement fiable.

Pour rester dans le cadre de ce sujet et revenir à ce que Melle Rose a dit, elle parle de plainte mais surtout de demande et vouloir éclaircir un doute, vouloir anticiper et faire du dépistage préventif est je pense une demande parfaitement recevable par un professionnel.

Enfin tout ca est simplement ma vision et je ne crois pas que ce soit une vérité. Je me dis juste en tant que diagnostiqué tardif suite à une période difficile, que si j'avais pu être diagnostiqué plus tôt donc à un moment où le besoin ne s'en faisait pas sentir, j'aurais probablement eu plus de clés pour éviter de passer par cette période difficile.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar prince2phore » Mer 11 Mar 2015 04:56

Je comprends bien ton avis Sphax, c'est juste que pour le moment, malgré l'écart entre mon fils et ses amis, il arrive très bien à, comment dire, jouer sur les deux tableaux ? Je veux dire par là que même si par ses intérêts et ses résultats scolaires il est très différent de ses amis, il arrive à... hum je n'aime pas trop le dire comme ça mais je ne trouve rien de mieux, à se mettre à leur niveau, ou plutôt à apprécier le coté social et moins mature. Je pense que sa petite soeur l'aide aussi pour ça, il passe beaucoup de temps avec et sait cultiver son coté enfant même si ce coté est en décalage complet avec ses questionnements et autres centres d'intérêt. Enfin nous (sa mère et moi) faisons très attention à tout ça, on en parle, on le suit, le conseille etc.
Je pense que HP ou pas, il doit apprendre à s'intégrer dans le monde tel qu'il est. c'est une des questions qui me taraude en général sur les HP, à savoir que si on a pas de problème et qu'on est HP, il est en fait assez facile de comprendre les règles du jeu social et de ne pas souffrir "trop" du décalage. Bref, si faire passer le test n'est pas hors de question, je me demande bien ce que ça changerait en fait dans notre manière d'accompagner mon fils. Positif ou pas, il me semble pour le moment avoir les clefs pour aider mon fils à surmonter les problèmes que ma femme et moi avons connu.
c'est sûrement un peu prétentieux, mais tant que mon fils est heureux et qu'on arrive à gérer...
bref on reste vigilent, je partagerai plus dans un fil approprié pour avoir d'autres retour et conseils dès que j'ai le temps.
Pour ce qui est de mon cas personnel maintenant, je n'attends vraiment pas grand chose d'un test, pour les même raisons. Positif ou pas, c'est mon ressenti et mon vécu qui compte le plus, et comment je vis avec. Je crois que je suis plus intéressé personnellement par l'aspect sociologique de la condition des HP (qui le vivent mal) qu'autre chose. Je connais quelques HP qui le vivent très bien, d'autres pour qui cela pose problème, et les deux cas de figure m'interpellent en fait (pour des raisons différentes).
De même pour revenir sur le test lui même, que ce soit le WAIS ou un autre, c'est la construction et les attendus du test qui m’intéressent, plus que mon propre résultat ou celui de mes enfants. Bon je suis trop long et c'est un peu HS, je vais trouver le bon fil pour continuer et lire plus d'avis d'abord :)
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Daysofwonder » Jeu 19 Mar 2015 09:13

Sphax a écrit:Si le test est assez évident quand on a "des problèmes", il me semble loin d'être inutile quand on en a pas (encore?).


Je me sens toujours illégitime de répondre à ce genre de topic sans appui scientifique, mais j'aimerais quand même exposer ce que 2 personnes de mon entourage m'ont dit à propos du fait d'être testé enfant. Etant dans la recherche dans le cadre de mon travail, j'avoue que j'ai parfois de la peine à faire de la recherche dans le cadre de mes loisirs aussi, du coup je m'appuie peut-être trop sur le sens commun et j'en suis désolée mais voilà:

Premièrement, une de mes proches m'a raconté que lorsqu'elle était enfant, elle avait des facilités incroyables à l'école, finissait tout avant les autres élèves, comprenait du premier coup. Sa maîtresse avait proposé à ses parents qu'elle passe un test de Q.I. pour éventuellement lui faire sauter une classe, mais ma copine était bien dans sa peau, n'avait aucun problème de comportement (à part qu'elle parlait légèrement trop en classe, mais bon ^^) et ses parents ont décidé de ne pas lui faire passer le test car ils craignaient de lui coller une étiquette et qu'ensuite elle se croie "supérieure" aux autres. Alors oui, en tant qu'adultes, on est capables (normalement...) de comprendre que QI > 130 ne signifie pas "être supérieur aux autres", mais un enfant? Comment arrive-t-il à prendre de la distance?
Aujourd'hui, elle n'a toujours pas passé de test, et sa vie se déroule totalement sans difficultés. Bien sûr, on ne peut pas savoir si elle est réellement surdouée ou pas, mais en tout cas au jour d'aujourd'hui elle admire beaucoup ses parents pour avoir refusé de lui faire passer le test. Elle a étudié les sciences sociales et sait très bien à quel point l'étiquetage peut être néfaste, surtout sur des enfants... De plus, elle est toujours en contact avec les camarades de cette époque et ça l'aurait déchirée d'avoir dû changer de classe!

Deuxièmement, un autre de mes proches est enseignant. Il m'a raconté que dans sa classe, il y avait une petite fille qui après avoir été diagnostiquée HP, est devenue insupportable (ce sont ses termes). Elle perturbe beaucoup la classe et mon ami a vraiment de la peine à savoir comment agir avec elle. Il me dit que d'un autre côté, il y a 2 autres enfants qui selon lui sont surdoués (ça lui saute aux yeux, selon ses termes toujours...) et qu'ils n'ont aucun problème de comportement et n'ont pas été testés...Quand il m'a raconté cela, j'ai été dubitative. On ne sait pas où est vraiment la cause. Peut-être que l'enfant était déjà en souffrance AVANT le test et c'est pour cela qu'il a été réalisé. Du coup ok ce n'est pas un exemple très pertinent mais lui aussi est d'avis qu'il ne faudrait pas poser d'étiquettes à de jeunes enfants (ils ont 9-10 ans dans sa classe).

Pour le "saut de classe" (voir topic dans la catégorie enfant), il semblerait que le fait que ça se passe bien dépend de l'enfant, de sa famille, et de l'institution scolaire. Il en va peut-être de même pour le passage du test.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Zyghna » Jeu 19 Mar 2015 09:38

Ayant été responsable AFEP, je peux te dire que le bilan soulage beaucoup plus qu'il ne cause de soucis, parce que l'enfant peut mettre des mots sur sa différence et peut être pris en charge de manière plus efficace à l'école. L'étiquetage n'est un soucis que si on construit entièrement la personnalité de l'enfant (ou de l'adulte) dessus. Et c'est ce qui arrive souvent lorsque les parents sont mal informés de la douance ou attendent trop de leur enfant du fait qu'il soit surdoué.
Ce n'est pas l'étiquette qui pose soucis, c'est la manière dont on gère l'être humain, de ce que l'on fait ou non de ce savoir.

Passer et faire passer le test doit répondre à un besoin précis.
Si ton enfant va bien, et que tu ne vois pas l'intérêt de le tester, cela ne sert pas à grand chose de le faire. Le plus important, c'est de rester à son écoute. Une fois que tu maîtriseras bien le sujet, tu pourras éventuellement en parler à ton fils et il pourra décider ou non de passer le test, en fonction de ce qu'il éprouve.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Daysofwonder » Jeu 19 Mar 2015 18:54

Merci Zyghna pour ta réponse, qui va au-delà du simple sens commun que j'ai évoqué. Finalement ça rejoint ce que j'ai mentionné vers la fin avec quelques réticences car je n'en étais pas sûre: cela dépend de l'encadrement de l'enfant ("Et c'est ce qui arrive souvent lorsque les parents sont mal informés de la douance ou attendent trop de leur enfant du fait qu'il soit surdoué.").
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar prince2phore » Ven 20 Mar 2015 08:30

Merci pour vos avis, j'ai pris un premier rendez-vous avec la psychologue de l'école pour mon fils pour commencer.
Ces derniers temps ça évolue pas mal, je viens d'apprendre que ma femme avait été "testée positive" jeune enfant et on en parle plus (comprendre ++++). Et je commence à me dire qu'un diagnostic pourrait en effet aider mon fils sur certain points (sensibilité, socialisation, saut de classe...).
Quand à moi, ce sera pour plus tard, je ne sais toujours pas ce qui augmenterait le plus mon ego entre un résultat négatif ou positif :)
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Mlle Rose » Lun 23 Mar 2015 23:16

Mlle Rose a écrit:
Je sais qu'il y a ici quelques professionnels à qui ceci va parler, n'hésitez pas à apporter des compléments.


Ouais je m'auto-cite parfois ;)

Vos développement ne sont pas en eux-mêmes exempts d'intérêt, seulement ce n'est pas vraiment l'orientation que j'aurais voulu donner au topic. Si on pouvait du coup reprendre en restant dans le sujet, sans rebondir sur des cas personnels, mais en allant vers des réflexions plus généralistes sur le problème que peut poser cette demande de diagnostic à un professionnel ou sur d'autres points du post initial par exemple ce serait coul :-)
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Clairedelune » Lun 8 Juin 2015 13:47

Bonjour à tous,
j'espère que mon message sera posté au bon endroit ici, en tout cas je n'ai pas trouvé plus approprié. Si ce n'est pas le cas, je demande pardon à Mlle Rose !

Je pars, certes, d'un cas personnel (le mien) mais pour en arriver à une question plus générale. Je vous demande juste un peu de patience, le temps de lire mon histoire pour comprendre mon interrogation.

J'ai commencé à voir un psy par "obligation" et bien que non convaincue, j'ai joué le jeu pendant un an. Une démarche stérile puisque non motivée, que j'ai laissé tomber dès que j'ai pu, malgré des échanges parfois constructifs, car j'avais l'impression de tourner en rond.
Devenue maman, je suis retournée le voir. Cette fois, la démarche était différente, personne ne m'avait contrainte. Je venais de moi-même, car pleine de peurs et de questions, je ne voulais pas les transmettre à mon fils. Mais malgré une demande différente, les choses ont été reprises telles quelles là où je les avais laissées et j'ai encore abandonné. Je ne me retrouvais pas dans son discours, trop linéaire à mon goût.
La troisième demande est venue récemment, dans une démarche encore différente des deux autres car cette fois je ne venais pour personne d'autre que pour moi-même, en pleine crise identitaire. J'avais envie (besoin) de comprendre qui j'étais, pour mieux avancer ensuite. Mais le psy est parti dans une démarche qui n'était pas celle que j'attendais et cela s'est terminé par un clash... et un troisième abandon. Ses derniers mots : "vous n'arrivez simplement pas à entendre un avis qui ne suit pas le chemin que vous, vous avez décidé d'emprunter."

Bref... voilà comment (laborieusement), j'en arrive à vouloir inclure mon discours dans ce topique. En lisant le premier post, celui de Mlle Rose, j'ai reconnu la réflexion de mon psy avec cette idée du patient accroché à son idée initiale et qui n'entend rien d'autre. Sauf que je ne venais pas avec un autodiagnostic précis, à affirmer ou infirmer. J'avais, il me semble, une demande beaucoup plus globale. Et je me suis rappelée que malgré trois demandes de soutien totalement différentes, du moins à mon sens, le discours de mon psy n'avait jamais changé.
Je me suis alors demandé : comment savoir, dans un tel problème (de communication, plus que relationnel), lequel du psy ou du patient (ou des deux !), s'enferme dans un mode de pensée contre-productif ?
Doit-on faire aveuglément confiance au professionnel, en acceptant de ne pas avoir le recul nécessaire pour aborder le problème dans sa globalité et voir où cela va mener ? Admettre que changer soit nécessaire, quitte à renier une partie de soi-même dans l'opération ? (Exemple : mon psy me dit que la seule chose curative pour moi, c'est d'être moi-même sans me poser de question ni chercher à tout expliquer... D'accord... Mais si me poser des questions et chercher à tout expliquer, c'est être moi-même ? Comment puis-je trouver un sens à cette démarche ?)
Autre alternative : s'écouter soi-même (avec tous les risques que cela comporte) ? Et se rappeler que les professionnels ne sont pas tous compétents ou tout simplement que certaines personnalités ou modes de fonctionnement nous seront plus profitables ? Cela impliquant, cependant, de tout reprendre de zéro alors que faire la démarche une première fois a déjà été long et difficile...

Je comprends donc l'importance de bien cerner sa demande, et ses motivations. Mais lorsque l'on arrive avec ses doutes et qu'on n'arrive pas à formuler correctement, avec des mots, une perception pourtant très précise dans notre tête, que le professionnel en face nous place sur un chemin dans lequel on ne se retrouve pas, avec un discours qui ne nous parle pas, quand certaines interrogations sont tout simplement laissées de côté parce qu'elles ne concernent soi-disant pas le problème de fond, lorsqu'on ressort de consultation avec bien plus de questions et moins de réponses qu'on n'en avait en entrant, qu'on a la sensation que ce professionnel ne nous comprend pas, et qu'on s'entend répondre que c'est nous qui ne comprenons pas, parce que nous refusons d'écouter...

Dans ce cas, que faire, qui croire, où mettre sa confiance ?

Puisqu'apparemment, des professionnels sillonnent le forum, je serais très intéressée d'avoir un avis sur la question. En tout cas désolée pour ce post bien long (il va falloir que j'apprenne à être concise), désolée d'avoir dû raconter ma vie, et je serai d'autant plus désolée si je suis HS et que mon intervention n'avait rien à faire ici !!!
Merci à tous ceux qui me liront, vous avez bien du courage ! :)
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar arizona » Ven 12 Juin 2015 22:16

Bon je ne suis professionnelle de rien du tout, mais j'ai tout de même une question pour toi. Sans agressivité, hein, c'est une vraie question.
Clairedelune a écrit: Admettre que changer soit nécessaire, quitte à renier une partie de soi-même dans l'opération ? (Exemple : mon psy me dit que la seule chose curative pour moi, c'est d'être moi-même sans me poser de question ni chercher à tout expliquer... D'accord... Mais si me poser des questions et chercher à tout expliquer, c'est être moi-même ? Comment puis-je trouver un sens à cette démarche ?)

Pourquoi va-t-on voir un psy ? Si tout va bien, ou suffisamment bien, pas besoin de lui... Il y a donc un truc qui ne va pas. Surtout quand cela dure des années, ce qui semble être ton cas.
Si il y a un truc qui ne va pas, c'est qu'il y a un truc à changer. Enfin il me semble, c'est un raisonnement logique pour moi.
Donc pourquoi refuser ce changement, ou tout au moins, essayer pour voir, ou tout au moins, l'envisager ?
Je crois que la réponse est dans la suite de ta phrase, à savoir : renier une partie de soi-même.
Mais pourquoi pas ? Pourquoi ne pas se débarrasser de ce qui nous encombre ? Et est-ce vraiment toi-même ? Comment le sait-on, que c'est soi-même ? Pourquoi ne pas essayer, juste pour voir ce que cela donne ? Et puis renier, c'est peut-être un terme un peu fort ?
Et pour la dernière phrase : peut-être que ne pas te poser de questions, et ne pas chercher à tout expliquer, c'est aussi toi-même, seulement tu ne le sais pas encore....
Le sens, parfois, on le voit qu'après. Comme dans les films d'arts martiaux où l'élève passe des mois à balayer la cour, ou à monter des seaux d'eau dans des escaliers de 5000 marches. Il ne voit pas trop le sens non plus, et prend le maître pour un débile.
Après, les psys, je n'en ai pas d'expérience, donc mon avis reste juste un avis :)
Si nous n'étions pas d'ici, nous serions l'infini.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Clairedelune » Dim 14 Juin 2015 22:44

Merci Arizona pour ton message (dans lequel je n'ai ressenti aucune agressivité, au demeurant !^^) et ta question très pertinente. Je ne vais pas répondre tout de suite car en parallèle j'ai lu la discussion sur le faux-self et la réflexion de Maîtresse Rita m'a profondément chamboulée... Je vais donc prendre le temps de (re)construire ma réflexion avec ces nouvelles données qui s'entrecroisent.
Il n'en reste pas moins, je pense, une interrogation sur le degré de confiance que l'on peut accorder à un professionnel en tenant compte du fait qu'il est aussi (et avant tout) un être humain, avec toutes les déviances potentielles que cela peut impliquer.
Mais ce sont deux réflexions totalement différentes et je ne voudrais pas partir en hors sujet, donc je n'épiloguerai pas trop là-dessus pour le moment.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar emma » Lun 15 Juin 2015 14:47

Bonjour Clairedelune,

Je trouve la démarche d'aller voir un psy déjà très courageuse et c'est déjà un pas vers l'envie d'avancer et d'évoluer. A moins que tu aies déjà ton diagnostic et que tu veuilles juste quelqu'un pour le confirmer?

Personnellement je pense que si le psy semble ne pas t'avoir comprise c'est que tu as été mal expliquée ou mal comprise, il y a quelque chose dans l'explication du problème qui coince, non?

Peut-être faudrait-il essayer d'exprimer des émotions de la manière la plus claire possible et bien comprendre si la personne en face a compris la même chose, ce n'est pas évident.
Et si jamais tu avais tort et que le psy avait réussi à mettre le doigt sur le vrai problème? Est-ce si grave d'essayer de lui donner raison? Au moins le temps d'essayer et de prouver que ce n'était pas là le problème?
Ce ne sont que des hypothèses, personne ne sait mieux que toi c'est sûr mais moi qui suis une remise en question permanente de qui je suis, j'essaierai d'écouter le psy, même si je suis convaincue du contraire, je me dis qu'au moins j'aurai essayé et je pourrai dire que ce n'était pas ça.
Qu'en penses-tu?
:nesaitpas:
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Clairedelune » Lun 15 Juin 2015 17:04

Bonjour Emma,

emma a écrit:Je trouve la démarche d'aller voir un psy déjà très courageuse et c'est déjà un pas vers l'envie d'avancer et d'évoluer. A moins que tu aies déjà ton diagnostic et que tu veuilles juste quelqu'un pour le confirmer?


Non du tout, je n'ai jamais eu aucun "diagnostic" pour aucune de mes trois demandes... Concernant la douance, c'est le psy qui m'en a parlé avant de refuser systématiquement de réaborder le sujet, en me laissant penser qu'il avait commis une erreur, délivré un message involontaire, et que ce n'était pas là qu'il voulait m'emmener (d'où ma légère rancœur à son égard parce que bon, il aurait pu faire attention à ce qu'il dit, ça cause des dégâts derrière ^^).
emma a écrit:Personnellement je pense que si le psy semble ne pas t'avoir comprise c'est que tu as été mal expliquée ou mal comprise, il y a quelque chose dans l'explication du problème qui coince, non?


Oui je pense aussi, mais je me dis que mon cas n'est peut-être pas unique ? Et que ce problème de communication peut toucher beaucoup de duos "psy/patient" dans le sens où la raison pour laquelle on va voir le psy peut être claire dans sa tête, sans pour autant réussir à l'exprimer comme on voudrait. Et à titre personnel c'est là où j'attends d'un pro qu'il ait plus de clairvoyance que monsieur ou madame tout-le-monde, dans l'interprétation du message qui lui est délivré. Mais comme je disais au-dessus, il reste humain, donc faillible.
emma a écrit:Et si jamais tu avais tort et que le psy avait réussi à mettre le doigt sur le vrai problème? Est-ce si grave d'essayer de lui donner raison? Au moins le temps d'essayer et de prouver que ce n'était pas là le problème?
Ce ne sont que des hypothèses, personne ne sait mieux que toi c'est sûr mais moi qui suis une remise en question permanente de qui je suis, j'essaierai d'écouter le psy, même si je suis convaincue du contraire, je me dis qu'au moins j'aurai essayé et je pourrai dire que ce n'était pas ça.
Qu'en penses-tu?


Arizona et toi avez probablement raison. Mais il est extrêmement difficile de remettre en question tout un mode de pensée, de fonctionnement, ainsi que la légitimité même de ce qu'on est. C'est un travail qui prend un temps phénoménal (toute une vie peut-elle y suffire ?) et si c'est ce dans quoi je dois me lancer, j'ai besoin de plus de certitudes sur ce que cela va m'amener. Ce n'est pas que je ne veux pas changer. J'ai juste peur de l'amplitude de la remise en question, et la personne qui me l'a suggérée ne parvient pas à m'apporter ni réconfort, ni certitudes à ce sujet. Donc, je bloque.

Mais tout cela ne concerne que moi. La question plus générale que je voulais amener avec mon premier post (et qui est peut-être la seule qui ait sa place dans ce topic), est de savoir à quel point placer sa confiance dans le professionnel, et quels sont les signes qui nous permettent de dire que ce psy est "bon" ou pas lorsqu'un litige survient. Car manquer de confiance en soi, se remettre perpétuellement en question, c'est une chose ; mais est-ce que cela signifie qu'il faille aveuglément donner du crédit à tout le reste ?
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Mlle Rose » Lun 15 Juin 2015 17:38

Je ne sais pas si on peut dire qu'un psy est "bon" ou pas "dans l'absolu".
Hormis gros taré, qu'on retrouve d'ailleurs dans chaque profession et qui sont facilement détectables (mode alarme, poils dressés, sentiment rouge clignotant, etc).
Un psy est "bon" pour soi à un instant T pour une demande D ou il ne l'est pas.
Enfin il me semble.

Il faut déjà cerner quel type de psy on va voir en fonction de la demande qu'on a. Aller voir un freudien si on veux parler de douance c'est ouvrir la porte à la déception. Aller voir un neuropsy si on a besoin d'analyser en profondeur ses ressentis psychiques, bof, pareil.
Avoir une idée des "spécialités" du psy en question est également une bonne chose avant la première consultation, et ce sont des choses qui se demandent tout à fait au téléphone. Personne n'est "bon" dans tous les domaines et chacun a un peu ses marottes (souvent affichées dans les pages jaunes d'ailleurs).
Et puis il faut que le courant passe vraiment, parce que la relation thérapeutique n'est efficace qu'à ce prix.

Si toutes les conditions sont réunies, qu'on a choisi un psy dont le domaine de prédilection et les méthodes sont en adéquation avec notre demande, si la relation s'établit bien, il y a de fortes chances pour que la thérapie soit fructueuse.

Tout en gardant son esprit critique évidemment.
Si un désaccord survient, le psy doit être à mon sens capable d'entendre ça, et de se réadapter ou d'expliquer pour quelles raisons il choisit d'explorer telle voie plutôt qu'une autre. Tout discours qui serait de l'ordre du "faites moi confiance et suivez-moi les yeux fermés" me paraît rédhibitoire, car loin de toute éthique (là on est plutôt sur le versant gourou). Suivre aveuglément non donc. Le dialogue doit rester permanent.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar madeleine » Lun 15 Juin 2015 18:08

Clairedelune a écrit: Ses derniers mots : "vous n'arrivez simplement pas à entendre un avis qui ne suit pas le chemin que vous, vous avez décidé d'emprunter."


Et ça, ce sont des choses qui arrivent :) . Ceci ne remet en question ni les compétences et l'intérêt de la démarche thérapeutique proposée par ton psychologue, ni ton droit imprescriptible à ne pas souhaiter le suivre, momentanément ou définitivement. Et le problème n'est donc pas réellement celui de la relation de confiance, qui est généralement considérée comme le deuxième facteur décisif dans un processus thérapeutique.

Clairedelune a écrit: la raison pour laquelle on va voir le psy peut être claire dans sa tête, sans pour autant réussir à l'exprimer comme on voudrait. Et à titre personnel c'est là où j'attends d'un pro qu'il ait plus de clairvoyance que monsieur ou madame tout-le-monde, dans l'interprétation du message qui lui est délivré.


:) douce illusion ... en bon professionnel, un psychologue se gardera comme de la peste (dixit celui qui nous supervise) de toute illusion de clairvoyance et plus encore d'interprétation. Ce n'est pas son job. Comme tout un chacun, il n'a que ce que tu lui donnes à voir. Mais ce qu'il peut te renvoyer à partir de là n'est pas négligeable ; tu peux l'engranger et le laisser faire son chemin en toi, même si tu ne retournes pas le voir.

Clairedelune a écrit: La question plus générale que je voulais amener avec mon premier post (et qui est peut-être la seule qui ait sa place dans ce topic), est de savoir à quel point placer sa confiance dans le professionnel, et quels sont les signes qui nous permettent de dire que ce psy est "bon" ou pas lorsqu'un litige survient.


La confiance n'est pas dépendante directement de l'estimation objective des compétences du psy, celle-ci fût-elle possible (où est l'échelle universelle de référence ? La psychologie serait une science exacte ?) ; la confiance est un sentiment, positif, qui agit comme un moteur dans une relation de personne à personne ; elle n'a donc de critères que subjectifs. Il n'y a, je crois, aucun "signes" qui garantissent qu'on l'a bien placée, aucune façon rationnelle d'enclencher la confiance.
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar emma » Lun 15 Juin 2015 19:10

Cairedelune,

ton cas particulier a de général que tu n'es pas seule au monde comme toi, je pense que d'autres personnes peuvent peut-être se retrouver dans tes questions et tes doutes donc c'est assez constructif parfois de préciser son cas particulier même si ce n'est pas évident de s'étaler et de ne pas trop en dire :)

On est très différente l'une de l'autre mais je comprend quand même ta peur de la remise en question.

Le conseil que je pourrai avoir, à prendre ou à laisser (je ne suis ni psy ni quoi que ce soit d'autre qui justifie que j'ai raison en quoi que ce soit ici), pose toi 5min (voire plus si possible) et imagine la vie que tu aimerais avoir, en restant tout à fait réaliste (parce gagner au loto j'ai bien visualisé mais ça fait plus de mal qu'autre chose le retour à la réalité). Ca fait un peu secte, non?!
Bon ce que je veux dire c'est que le psy est là pour te guider mais si il n'est pas lui même sur la bonne route (ça ne remet pas en cause ses compétence juste la vision que tu voulais qu'il ait de toi), il ne peut pas y arriver. Tu vas devoir essayer d'avancer toute seule mais ne perds pas courage.

Et la confiance aveugle n'existe pas chez moi.
Même moi je ne me fait pas toujours confiance!
Mais ça ne m'empêche pas de faire confiance, sinon on n'avance pas.
Et quand j'ai du mal, je me dit que peut-être que oui peut-être que non, qu'est-ce que ça me coûte si oui ou si non? Est-ce si grave? J'ai au moins 5millions de questions et décisions à prendre par jour (ça commence comme tout le monde : est-ce que je me lève?) mais c'est un bonheur d'explorer toutes les possibilités offertes (si je ne vais pas bosser, qu'est-ce que je dis? Que je vais voir mon médecin? Oh zut je préfère aller bosser que de voir mon médecin ;)) je pars à la dérive mais j'ai l'impression que tu avance quand même, non? (oui je suis voyante aussi :ensoleillé: / il faut dire quand on déconne ou pas?)
:nesaitpas:
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Clairedelune » Lun 15 Juin 2015 22:08

Un grand merci pour vos réponses, qui m'éclairent chacune d'une façon à la fois différente et complémentaire. Cela m'aide à aller au-delà de mon blocage et peut-être à mieux cerner où se situe le problème. Je crois qu'en fait je suis trop exigeante dans mes attentes. Je voulais des réponses précises, construites, et j'ai été déçue de constater que cela n'avançait pas comme je le voulais, ni aussi vite que je le voulais. Je n'ai sans doute pas suffisamment pris le temps de mûrir mon projet, de chercher le professionnel adéquat, ni de creuser la question de ce que peut apporter un psy, et de ce qu'il ne peut pas. (Par exemple, j'étais convaincue que le psy était là pour lire dans les silences et... interpréter ! Merci de m'avoir remise à ma place, madeleine, je me coucherai moins bête ce soir) :D
Pour la suite, je vais essayer de voir si le courant passe mieux avec quelqu'un d'autre (merci Mlle Rose pour les adresses), ce qui n'enlève bien sûr en rien le chemin parcouru avec le premier psy... et je vais prendre aussi un temps de réflexion sur mon rapport à la confiance ;)

PS : Emma, concernant ton premier paragraphe, oui j'ai toujours du mal à me dire que mon cas peut intéresser d'autres personnes ^^ merci pour tes conseils en tout cas.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar shinoune » Sam 25 Juil 2015 23:18

Bonjour Claire,
Je viens de lire ta présentation qui m'a renvoyée à ton questionnement dans ce sujet. Je ne sais s'il est toujours d'actualité (en un mois et demi, tu as dû faire du chemin) mais je vais essayer de te répondre d'une position pro, bien que dans ton cas particulier, je ne puis prendre position ne connaissant pas la situation et n'ayant pas à le faire.

D'un point de vue général, il me semble que ce que te dit ton psy n'est sans doute ni juste ni faux, tu n'es simplement pas prête à l'entendre et ça, lui, il devrait l'entendre.
Par contre, un psy n'est ni médium, ni devin, si tu ne lui exprimes pas ce qui t'amène, il ne va pas le deviner. Un psy n'est pas tout puissant.
Ce à quoi il peut t'aider, dans son accompagnement, c'est à ce que tu puisses formuler ce qui est encore retenu ou immergé en toi, par son empathie, son écoute, sa capacité à te suivre dans TON cheminement. Ceci se fait à petits pas pour te permettre d’élaborer ce qui vit au fond de toi, pour t’amener à réussir à l’exprimer, pour accueillir ce que tu découvres ainsi de toi, il te permettra ensuite à mettre tout cela en place, selon ta perception et ta réalité.
Cela peut être plus ou moins long selon ta demande ou ta problématique, selon qu’il y ait ou pas une deuxième, voire une troisième couche derrière la première, selon ton désir ou ta capacité momentannée d’aller voir en profondeur. Selon également l’approche téorique à laquelle ton psy est formé.
Mais il n’a pas à déterminer pour toi ce qui te convient, il n’a pas à te conseiller.
Il peut parfois, lorsque l’alliance thérapeuthique (la confiance réciproque et la volonté d’avancer ensemble) est bien établie, te confronter avec des interprétations ou des suppositions qui te provoquent (ce qu’il a peut-être tenté sans réussir) mais si tu ne peux pas les entendre pour rebondir, il lui faut lâcher cette piste et surtout ne pas te culpabiliser.

En conclusion, je crois que ce psy-là n’est sans doute pas celui qui te convient (ceci indépendamment de ses compétences), pour diverses raisons possibles.
Dans ces cas-là, il ne faut pas insister et chercher quelqu’un d’autre avec qui tu auras plus d’affinités et qui entrera dans ton questionnement. Et Melle Rose a très bien expliqué, dans son post ci-dessus, les aspects auxquels il faut être attentifs lorsque l’on choisit un psy.
Et si on se trompe, on va voir ailleurs.

Quant au psy qui va répondre à tes questions avec assurance et objectivité, j’espère qu’il n’existe pas, ce serait un mauvais psy. Personne n’a de réponses pour toi, même un psy, si ce n’est toi-même (là, je ne parle pas de passer un test ou un bilan de personnalité, la finalité n’en est pas la même). Par contre, son rôle est de t’accompagner dans ta recherche de réponses sans cependant rien induire de sa réponse à lui.

Dernier point, je suis étonnée que tu sois retournée trois fois chez lui pour te retrouver à chaque fois devant la même sorte d’impasse. La troisième fois me semble de trop. T’es-tu posée la question de ce choix ?

J’espère qu’aujourd’hui tu as trouvé le bon chemin vers toi-même.
Donne-nous des nouvelles.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Clairedelune » Dim 26 Juil 2015 15:18

Shinoune,
Merci beaucoup pour ta réponse. Même si effectivement, les choses ont bien évolué depuis mon dernier post, ton point de vue confirme le cheminement que mon échange préalable avec d’autres membres du forum m’a permis d’accomplir.

En quelques lignes :
- j'ai d'abord réalisé à quel point mes attentes étaient mauvaises, et donc mon parcours improductif. Car forcément, quand on attend le Saint-Psy (celui qui sait lire dans les têtes comme dans une boule de cristal) et qu’on prend tous les autres pour des charlatans incapables de voir en soi aussi bien que soi-même, on ne peut qu’être déçu.

- ensuite, j'ai également pris conscience que persister dans un suivi qui a d’ores et déjà mal démarré, c’est une perte de temps et d’énergie pour les deux parties. Le psy était gentil, là n’était pas le problème. Mais ayant été le voir pour la première fois contre mon gré, je crois que je n’ai eu de cesse ensuite, plus ou moins inconsciemment, de le mettre en échec pour pouvoir dire après : « vous voyez, il est nul, il ne me sert à rien. D’ailleurs, je n’ai pas besoin d’un psy. »

- et enfin, je pense quand même que ce psy a « raté » certaines choses avec moi, dans le sens où il n’a pas su s’adapter à mon rythme et à mes demandes. Parfois il allait trop lentement pour moi, croyant m’annoncer des choses que j’avais déjà comprises depuis longtemps, parfois il allait trop vite, ne voyant pas que j’étais restée bloquée sur un point de détail qui, à lui, ne lui paraissait pas important. D’où le sentiment d’incompréhension et de frustration, je pense.

Au final, je me suis posé la question que tu viens toi-même de me poser, à savoir : mais pourquoi est-ce que je continue à aller le voir ?
La première réponse qui m’est venue était très terre-à-terre : c’est le seul que je connais, il m’a été conseillé par quelqu’un, et il n’est pas cher.
Puis, en creusant un peu, j’ai vu qu’en fait, derrière ce côté très « pratique », se cachait la peur de devoir reprendre le processus de zéro (alors qu’il m’avait déjà été difficile de le démarrer une première fois), d’être de nouveau déçue, et de recommencer encore et encore, sans jamais vraiment avancer.
Et enfin, en creusant beaucoup, j’ai réalisé que ce qui me faisait surtout peur, c’était de me rendre compte, d’échec en échec, que si je n’avançais pas ce n’était pas à cause du(des) psy(s), mais à cause de moi-même.

Finalement, vos réponses auront été un formidable moteur pour me faire réfléchir et m’aider à admettre que « avoir peur d'être soi, de n'être après tout que soi, seule, c'est une porte qu'il faut passer » (La personne qui m’a écrit cela se reconnaîtra ^^). Une fois la remise en question passée et le recul pris, trouver le bon interlocuteur ne s'est finalement pas révélé si difficile que ça... (coup de pouce de Mlle Rose aidant !)

Merci à tous
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar shinoune » Dim 26 Juil 2015 16:00

Tant mieux si l'on a pu t'être utiles.

Comcernant ton psy, tu dis :
- et enfin, je pense quand même que ce psy a « raté » certaines choses avec moi, dans le sens où il n’a pas su s’adapter à mon rythme et à mes demandes. Parfois il allait trop lentement pour moi, croyant m’annoncer des choses que j’avais déjà comprises depuis longtemps, parfois il allait trop vite, ne voyant pas que j’étais restée bloquée sur un point de détail qui, à lui, ne lui paraissait pas important. D’où le sentiment d’incompréhension et de frustration, je pense.

Tu n'as pas encore ton bilan mais .... je vais tout de même te dire que cet eccueil est fréquent entre psy et surdoués. Le psy est pris en otage par la pensée du patient, il n'arrive pas à suivre et à comprendre son rythme et il est presque toujours à contre-pied, perturbant ainsi tout le processus. Ca arrive ...
Et tu y est retournée. Et c'est ainsi que nous penchons tous, un jour ou l'autre, vers l'inertie, la facilité. Et que nous perdons du temps. Du temps qui nous est peut-être nécessaire pour mûrir au fond de nous quelque chose qui serait prioritaire. A toi de voir quelles ont été tes compréhensions pendant ce temps "perdu". :) :)
Et tu es contente de celui (ou celle) que ta conseillé Melle Rose ? Désires-tu continuer avec elle pour un soutien après la restitution de ton test '
Tiens-nous au courant ... si tu le veux bien.
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Clairedelune » Lun 27 Juil 2015 21:40

Ton constat : "cet écueil est fréquent entre psy et surdoués. Le psy est pris en otage par la pensée du patient, il n'arrive pas à suivre et à comprendre son rythme et il est presque toujours à contre-pied, perturbant ainsi tout le processus" a un côté rassurant, et déculpabilisant quant à l'échec du suivi, même s'il n'enlève rien à ma part de responsabilités. Il fait pour cela du bien à entendre ! (Enfin, à lire...)
Cependant, malgré mon impression d'avoir "gâché" des mois, voire des années, dans cette thérapie... je mets beaucoup de guillemets autour de la notion de "temps perdu" car c'est tout de même ce psy qui le premier, m'a suggéré l'idée que non seulement je n'étais pas bête mais que je pouvais au contraire être surdouée. Il a été le point de départ du chemin, donc difficile de considérer cela comme du temps perdu. Peut-être était-ce simplement le temps qui m'était nécessaire pour entendre (accepter, pas encore ! ^^) cette supposition.
Concernant la psy que m'a conseillée Mlle Rose : j'en suis très contente, oui ! Son approche me parle plus, et la douance est un sujet qu'elle maîtrise. J'ai bien l'intention de continuer à la voir après la restitution, pour apprendre à accepter le diagnostic cette fois, et si tout va bien, peut-être creuser ce que ma première thérapie n'a pas résolu !
Si tu veux discuter plus longtemps du sujet, n'hésite pas à me contacter en MP. :)
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar Mlle Rose » Mar 28 Juil 2015 07:54

Clairedelune a écrit:Si tu veux discuter plus longtemps du sujet, n'hésite pas à me contacter en MP. :)


Vi c'est mieux ;)
C'est bien d'avoir quelques exemples "pratiques" pour illustrer le sujet mais ce sujet ne peut pas devenir non plus seulement un lieu de témoignages perso ;)
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Re: Tests, incertitudes, mythe de l'expert

Messagepar shinoune » Mar 28 Juil 2015 17:21

Offtopic :
@ Melle Rose : Je me suis adressée à Clairedelune vu sa question mais ma réponse peut concerner tous ceux qui se retrouvent devant ce genre de situation. Et je pense qu'ils sont nombreux, j'en ai même fait partie. C'est donc bon à savoir. De plus, nous sommes bien dans le sujet ... Mais je pense avoir tout dit, sauf si questions de la part de Claire, alors oui en MP

Nota Bene
Shinoune a écrit:"cet écueil est fréquent entre psy et surdoués. Le psy est pris en otage par la pensée du patient, il n'arrive pas à suivre et à comprendre son rythme et il est presque toujours à contre-pied, perturbant ainsi tout le processus"

Je ne sais si c'est un fait reconnu concernant les HP et leur psy mais cela a été fréquemment observé. Je précise que cela a lieu lorsque le psy n'est pas au fait de la douance (pas formé à ce fonctionnement) et/ou pas concerné lui-même. D'où malentendus.
Alors informez-vous avant de choisir un psy, soit au premier contact (mail ou tel) ou lors de la première séance, demandez-lui son cursus de formation.
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