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Témoignage de thérapie AVANT le test :)

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Modérateur: Bradeck

Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Dune » Jeu 4 Fév 2016 16:34

Bonjour,

Je voulais juste témoigner ici de mon petit parcours, peut être pour démystifier certaines choses...les thérapies : psychanalyses, psychothérapies, sophrologie, thérapies comportementales...et j'en passe.

Je lis souvent : "et après le test, quelle thérapie choisir, faut-il en choisir une?" etc.

Je n'ai pas de réponse à ceux qui se posent des questions à ce sujet. Je pense que chacun a son propre parcours, fait ses propres choix du mieux qu'il peut avec ce qu'il a. Certain seront en parti rassuré par le test de QI, d'autres n'en voient pas l'utilité, d'autres encore n'y penseront même jamais.

J'ai commencé une thérapie il y a presque 11 ans. Et j'ai passé le test fin 2015.

J'ai toujours eu la certitude que mon mal-être ne venait pas de nul part. Qu'il y avait une/des raison(s). J'ai cherché longtemps. Et mes parents aussi. A 14 ans j'ai fait une thérapie selon la Méthode du Docteur Tomatis. Une thérapie utilisant la distorsion des sons. Je ne l'ai pas très bien vécu, j'en parlerais peut être dans un autre topic. J'ai vu une psychologue à 16 ans. Je l'ai vu un an. J'en suis partie furieuse parce qu'elle avait eu une réflexion hors sujet. Je n'en avais jamais été convaincue. Je n'avais pas confiance en la psy.

A 20 ans un événement très dur dans ma vie a accentué mon tempérament dépressif à l'époque et déclenché une longue dépression. J'ai alors cherché à nouveau le pourquoi de mon très grand mal-être. J'ai fini par trouvé un grand spécialiste des bipolaires. Qui a déduit très (trop?) rapidement que je l'étais. S'en est suivi 10 ans de médication. Et depuis le début de cette prise en charge médicamenteuse, j'ai toujours senti...que ça allait aider mais que ça n'était pas suffisant. Sans encore savoir exactement quoi faire. Mais je continuais à chercher.

A 26 ans, un événement familial grave a fini d'engloutir le peu que je maintenais à la surface. Une amie d'alors faisait une thérapie en psychosynthèse, thérapie humaniste, la façon dont elle m'en parlait, dont je la voyais "progresser" et aller mieux...m'a donné l'envie de chercher dans ce domaine.

Et j'ai trouvé la psy avec laquelle je travaille depuis. Qui ne fait absolument pas de psychosynthèse ^^ j'ignore comment je suis tombée sur elle. Elle qui est art-thérapeute et psychothérapeute avant tout. Je n'ai pas eu de RDV tout de suite. J'ai du attendre 1 mois. J'en avais appelé 2 autres. Dont une que je n'ai pas réussi à joindre. Mais celle-ci a eu des mots rassurant, m'invitant à aller vers moi, à prendre soin de moi que personne d'autre n'avait eu jusqu'alors. Elle m'a remis les clés de ma propre vie entre mes mains en quelque mot. J'ai su qu'elle n'allait pas être une béquille, mais un outils de travail. Un vrai. Pour aller vers moi. Pour m'apprivoiser, me comprendre, me soigner. Je me suis sentie entendue. Pour la première fois vraiment de toute ma vie.

Au début je ne parlais pas. ça a duré plusieurs mois. Je ne disais rien. Pas un mot. Je ne la regardais même pas dans les yeux. J'avais honte. Honte d'être là, honte de "déranger" par ma présence. Honte de ne jamais avoir réussi à dépasser mon mal-être par mes propres moyens, honte de devoir demander de l'aide...et puis comment avoir confiance en l'autre quand on a pas confiance en soi? C'était mon dernier espoir de m'en sortir.

Puis j'ai commencé à parler. A m'ouvrir. A la regarder "un peu" dans les yeux. La thérapie au bout de quelques années s'est transformée en psychanalyse. j'avais besoin de défaire les nœuds, dans les nœuds, dans les nœuds, dans les nœuds...ma pelote de laine semblait infinie. C'était long...en même temps j'avais la sensation d'être une aventurière parcourant mon propre monde. C'était fascinant, exaltant, effrayant et terrorisant à la fois. Il m'a littéralement fallu détruire les fondements de ma maison qui s'effritait, pour la reconstruire petit à petit. Doucement. Lentement. Avec amour.

La psychothérapeute avec laquelle je travaille n'utilise pas l'outils de test WAIS. Elle a d'autres outils, une autre façon de travailler. Je lui en ai très souvent parlé. Lui ai expliqué que je sentais que je pensais différemment, que j'avais besoin de savoir pourquoi. Elle m'en a dissuadé gentiment pendant longtemps.

Et puis un jour, lors d'une énième visite chez mon médecin, il me lâche:

- ...blablabla...haut potentiel
- ...de quoi?...
- Vous pourrez aller voir L, elle est spécialiste en *je ne me souviens plus du nom*, vous pouvez aller la voir si ça vous intéresse et parlez-lui de "haut potentiel"
- ...heu...ok...

J'ai attendu quelques mois. J'ai appelé, je suis allée la voir chez elle. On a fait des exercices, on a surtout parlé. Elle-même est HPI, ses enfants aussi. Elle m'a dit qu'elle pensait que je l'étais. Evidemment je lui ai dit ne pas être d'accord. Etc. S'en est suivi encore quelques semaines de réflexions...puis j'ai eu envie de savoir. De comprendre une bonne fois pour toute. Je l'ai rappelé, ai demandé si elle connaissait quelqu'un. j'ai pris RDV...pour 4 mois plus tard! Et j'ai rongé mon frein en attendant. En continuant de travailler avec ma psy. Et petit à petit en commençant à comprendre pourquoi je n'aurais pas pu le passer avant.

En décembre dernier, j'ai été à mon RDV, j'ai passé le test. Une semaine plus tard j'avais les résultats avec une petite explication. Emballé c'est pesé, hop-là! Ok...alors oui...alors ok. C'était ça? Ok...Perplexité absolue. Colère aussi.

J'ai réalisé que je l'avais toujours su. Que j'avais cherché à le faire valider par un "professionnel" par convenance, pour moi. Parce que je fonctionne comme ça, que c'est ce dont j'avais besoin à ce moment là. Je ne comprenais pas pourquoi ce test, pourquoi il était fait comme ça, on ne m'avait rien expliqué. Pas assez en fait. Trop rapidement. Depuis j'ai cherché, j'ai questionné, j'ai lu, j'ai posé des questions à ma psy. Et j'ai compris. Ce test, réalisé juste "comme ça" pour savoir...n'a aucune valeur. Il doit être encadré, utilisé dans le cadre d'autre chose, une thérapie, un soin...SI il doit être utilisé. Autrement, il n'est pas utile. Parce que toutes les plaies que j'avais, je ne les ai jamais soigné avec ça. Je voulais comprendre ce système qui quantifie, qui cloisonne, qui sectorise...boucler une boucle. Une petite obsession qui datait de longtemps. Comme me l'ont expliqué des psychologues depuis, ce teste s'inscrit dans une démarche thérapeutique. Il est là pour évaluer les fonctions cognitives. Il n'évalue pas l'intelligence qui est bien plus vaste, plus riche et plus diversifiée qu'on ne pourra jamais l'imaginer.

Ce que je suis venue chercher dans ce test, je ne sais toujours pas vraiment pour l'instant, peut être jamais.

Je souhaite juste témoigner que pour moi, ça n'est qu'un tout petit outils, utilisé à un moment "T" de ma vie. ça ne me définit pas. ça ne dit pas que je suis plus intelligente ou moins intelligente que...mais en passant le test et après, j'ai compris que mon fonctionnement lié à mon vécu, à mes expériences, avait créé des angoisses et des "nœuds" plus profonds que chez d'autres personnes.

Et puis nous sommes tous différents. Nous avons donc tous besoin d'outils différents pour avancer dans notre vie.

L'important c'est de ne pas devenir juste un "objet" à travers les résultats de ce test. Mais de réellement s'en servir comme outil. Et...il est à mon sens très important de prendre le temps de soigner ses plaies AVANT de le passer. Afin qu'il ne devienne pas une source supplémentaire d'angoisses et de questionnements ou un miroir destiné à s'admirer et faire plus de mal que de bien. Le test N'EST PAS une thérapie. Il y a plein d'autres outils pour apprendre à se connaître, à s'aimer et s'accepter. Je pense que concrètement le mec au fin fond de l'Amazonie il en a rien à carrer de ce test ^^ Et qu'il vit très bien sans.

Tous les propos échangés dans ce topic n'engagent que moi :) Merci.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar ziboulette » Jeu 4 Fév 2016 17:09

Je ne suis pas tellement d'accord...

Deja le mec au fin fond de l'Amazonie, il n'en a rien à carrer du WAIS, certes, mais de même que la psychanalyse, les troubles bipolaires et autres "problèmes de riches"... Le mec au fin fond de l'Amazonie ne se pose tous simplement pas les mêmes questions que nous autres, occidentaux.

Ensuite, je pense simplement que passer le test n'est pas une fin en soi, qu'un chiffre ne veut rien dire seul, mais que de savoir où on se situe et mieux se connaître peut être un véritable point de départ piur aller mieux, s'améliorer et guérir des plaies qui ne trouvaient pas de justifications particulières.

Bon en même temps, je pense ainsi peut être aussi parce que j'ai eu un parcours moins douloureux semble-t-il (ou mieux vécu en tout cas).
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Miss souris » Jeu 4 Fév 2016 17:54

Je rejoins Dune il me semble ... Quand il y a un mois j'ai poussé la porte du psy qu'on m'a recommandé ici même, je lui ai dit en substance ce que je ressentais etc en terme d'énorme mal etre, en lui disant où j'avais eu ses coordonnées, donc sans lui dissimuler la piste que je suivais. Le fonctionnement particulier de mon cerveau, je le constate, l'expérimente... Et en souffre tous les jours. Question sans doute d'histoire personnelle. Quant à savoir si ça doit s'appeler douance ...

Ce qui m'intéresse c'est d'aller mieux, et en comprenant mes réactions si possible. Une supposition que j'aie passé ce test et qu'il ait été positif, je ne suis pas sûre ( doux euphémisme) que ça m'aurait aidée à vivre mieux.

NB : Et en plus je suis sûre que pour cause d'émotivité à fleur de peau c'est clairement pas le moment de tester quoique ce soit...

Donc oui, je suis pour les gros travaux et le déblayage ( déblaiement ?) des gravats avant le coup de peinture du test ... Mais ce n'est que mon avis.

Et quoiqu'il en soit, et pour citer Pierre Mortez, qu'on fasse la démarche d'un accompagnement avant ou après le test, < parfois, le chemin est dur ...>
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar albireo » Jeu 4 Fév 2016 19:21

J'ai suivi une thérapie durant 3 ans (terminée depuis un an et demi environ).

Mon enfance et mon adolescence ont été plutôt apaisées et heureuses, puis il y a eu 2 années d'études supérieures à Paris (déménagement de ma campagne natale), une année à l'étranger, et à mon retour à Paris pour un master, tout qui s'écroule. Un mal-être que je ne comprend pas mais qui m'écrase toute entière.

Je finis par pousser la porte d'une psy. Aujourd'hui, j'ai l'impression de m'être reconstruite durant la thérapie, de ne plus être la même personne que lorsque je suis arrivée chez elle. Mieux dans ma vie, apaisée, je gère mes émotions, les conflits, les moments de mal-être très différemment (je les gère tout court...). Mais parfois ces derniers mois, j'ai eu la sensation de réminiscences d'émotions négatives, de passages à vide, sans explication, un peu comme si je n'étais pas allée au bout du travail.

Et depuis que j'ai commencé à me renseigner sur la "douance", je relis ma thérapie avec un regard neuf.
La majeure partie du travail d'analyse a porté sur ma relation avec ma mère, le fait de m'être conformée à ses attentes pendant toute mon enfance et adolescence. Comprendre et exprimer le fait que le fonctionnement et les valeurs qu'elle m'a inculqués ne me correspondaient pas m'a énormément soulagée. Aujourd'hui, je le relis avec des pistes différentes.
Idem avec la gestion des émotions, la sensation de décalage, l'impression d'être perdue. Idem, aussi, avec le déroulement de mes séances : durant trois ans, j'ai été quasiment la seule à parler. Je faisais l'analyse toute seule, ma psy me laissait dérouler les choses. Pas que je monopolise l'espace, il y avait beaucoup de blancs, mais elle ne disait rien... et je trouvais ses rares relances assez inintéressantes (et je me trouvais un peu prétentieuse de penser ça et je culpabilisais un peu).
J'ai également été gênée de ne pas pouvoir mettre des mots sur des choses. J'aurais bien voulu comprendre davantage ce qui débloquait. Un jour, j'ai prononcé le mot "hypersensibilité" (enfin, j'ai dû vaguement le marmonner. J'avais lu quelques trucs là-dessus, et ça avait fait tilt. J'aurais voulu le vérifier avec elle, tout en étant un peu honteuse d'oser utiliser une notion de psy que je ne maîtrisais probablement pas du tout. Elle n'a pas relevé, a fait une moue un peu dubitative, du moins je l'ai perçue comme ça. J'ai pensé "bon, ce n'est pas moi", mais la question est revenue avec d'autant plus de force : "alors si c'est pas ça, c'est quoi ?").

Attention, je n'ai pas (encore) passé le test. Ce témoignage doit donc être pris avec des pincettes par rapport au topic.
Aujourd'hui, j'ai l'impression que si l'hypothèse de la douance était vérifiée, ça me permettrait d'avoir un point de vue plus globale sur tout ça. Comme si avec ma psy j'avais travaillé sur des "symptômes" et que là je pourrais adopter une démarche un peu plus holistique.
Et dans le même temps, comme Dune et Miss souris, je pense aussi qu'avoir travaillé sur moi avant m'aiderait à mieux accepter que le QI n'est qu'un chiffre et ne définit pas ce que l'on est (ok, par rapport à ce que j'ai dit avant, c'est paradoxal mais dans ma tête ça marche).

(Et j'avais une autre idée dans la tête qui me paraissait intéressante mais elle s'est tirée entre-temps, donc je vais essayer de lui courir après, je reviens si je la retrouve.)
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Dune » Jeu 4 Fév 2016 23:17

Deja le mec au fin fond de l'Amazonie, il n'en a rien à carrer du WAIS, certes, mais de même que la psychanalyse, les troubles bipolaires et autres "problèmes de riches"... Le mec au fin fond de l'Amazonie ne se pose tous simplement pas les mêmes questions que nous autres, occidentaux.


Oui...c'est ce que je disais :) sauf que pas sûr que ce soit lié aux "problèmes de riches et d'occidentaux"...je rapprochais cela d'un individu à un autre. Quand il s'agit de mal-être ou bien-être c'est très intime. Ensuite pour les questions existencielles et personnelles, dans toute culture on retrouve le système de parole et d'écoute, de partage de connaissances. Moines tibétains, shaman, druides, griots...donc la paroles est liée au fonctionnement interne d'un individu. Nous sommes des êtres qui avons besoin d'échange et d'écoute.

Quand au test...je l'ai passé hein, donc je vais pas craché dessus. J'ai mes interrogations qui sont ce qu'elles sont aujourd'hui. Demain ce sera peut être différent. Rien est figé tant qu'on est vivant. On se rejoint dans nos propos il me semble, je pense aussi que chacun fait ses choix et que certain s'en servent comme outils, comme point d'attache. Mais il me semble simplement que sans encadrement ça peut être risqué...c'est tout. Chacun est libre, encore heureux :)

Et aussi pour moi il n'y a pas de parcours plus ou moins douloureux, la souffrance n'est pas quantifiable ni qualifiable. On ne peut pas comparer. ;)

Il vaut peut être et avant tout s'écouter? Faire ce qui nous semble juste pour soi-même. C'est juste un témoignage, pas un conseil. ^^

Et dans le même temps, comme Dune et Miss souris, je pense aussi qu'avoir travaillé sur moi avant m'aiderait à mieux accepter que le QI n'est qu'un chiffre et ne définit pas ce que l'on est (ok, par rapport à ce que j'ai dit avant, c'est paradoxal mais dans ma tête ça marche).


Je comprends tout à fait, c'est ce que j'ai ressenti et le pourquoi de ma démarche personnelle. Question de confiance. Si je n'avais pas eu assez confiance en moi à la base, ce test aurait pu me démolir. Surtout vu le peu d'accompagnement face aux résultats. C'est moi et ma sensibilité, peut être que d'autres auraient été plus "fort" plus sereins.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar pairlapinpin » Ven 5 Fév 2016 00:16

Je ne comprends pas bien. Tu insistes sur le fait que le test n'est pas une thérapie, et je ne pense pas que quiconque (et ses amis) soutienne cette thèse.
Tu ajoutes qu'il ne faut pas le passer avant une thérapie car il pourrait devenir source d'angoisse. Là, tu parles de toi, non (colère, recherche, rejet) ? Or tu as été en thérapie avant, donc...

Je te rejoins sur un po(i)nt : le rejet de l'étiquetage et c'est pas facile car dans le bateau, l'étiquette c'est le tic de l'équipage.

Offtopic :
La peur est la petite mort. Pas facile, parfois, de se rendre compte qu'on ne l'affronte pas.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Traum » Ven 5 Fév 2016 00:40

Effectivement, on a eu plus souvent ici (j'ai l'impression, mais je peux me tromper, je n'ai peut-être pas lu le forum avec assez d'attention) de retours de gens ayant entamé un travail (ou repris un travail) sur eux après le test plutôt qu'avant, et souvent en recherche de quelqu'un d'informé sur la douance (et pourquoi pas).

J'ai commencé à consulter des psys à 16 ans et, grosso modo, jusqu'à la veille de mes 20 ans, j'en voyais un par an pendant quelques mois, maximum un an (parfois juste quelques séances). J'ai eu une enfance et une adolescence très douloureuses, dans un milieu pas facile, marécage dans lequel il est difficile de dire en quoi la douance a pu s'avérer une chance autant qu'une malchance (elle a été indiscutablement les deux, mais je lui dois : sans elle, je ne m'en serais pas sortie, ne serait-ce que je n'aurais pas pu partir du domicile familial, par la grande et noble porte de la classe préparatoire une fois le bac en poche, et je ne m'en serais pas sortie ensuite).

Forcer son enfant à consulter des psys alors qu'il n'en a pas envie, c'est une mauvaise idée. Forcer son enfant à consulter un psy parce qu'on pense que la situation qu'il vit peut être douloureuse (ma famille connaissait de graves bouleversements à l'époque), alors que ce dernier n'en éprouve pas le besoin, c'est aussi une erreur. Et m'avoir poussée encore et encore à re-consulter après un deuil, aussi.
J'ai donc accumulé. J'ai aussi fait des mauvaises rencontres, dont une auprès d'une psychologue qui a successivement voulu rencontrer mon père (je m'étais arrangée pour consulter sans qu'il le sache), tâcher de me persuader pour un soin études (à maints égards, mauvaise idée), voulu me renvoyer vers un psychiatre pour un traitement (erreur fatale : je n'y suis jamais retournée, je ne voulais pas être « psychiatrisée », j'avais peur de ne plus jamais en sortir).
Cette psy d'ailleurs n'avait pas pu entendre quand je lui avais dit que « je me sentais différente » de mes camarades… quand j'avais exprimé ce sentiment qui m'habitait depuis longtemps. Pour elle, ça faisait (je suppose) partie de ma dépression. Je ne pouvais pas lui dire, parce que je ne savais pas encore mettre de mots dessus à l'époque (c'était compliqué, pour moi, de mettre des mots sur moi, pour moi, à ce moment-là de ma vie), qu'intellectuellement, je me sentais bien plus mûre que mes camarades (et je l'étais) mais émotionnellement, c'était tout le contraire… (Cette psy est d'ailleurs la seule que je voudrais revoir, pour un peu mieux comprendre pour « quoi » elle me prenait.)

Et puis la veille de mes vingt ans, dépressive, après une très mauvaise expérience chez un psychanalyste dans la ville où j'avais commencé ma prépa, j'ai fini par pousser la porte d'un autre psychanalyste une fois de retour dans ma région natale et un petit travail assuré.
Mon analyste (qui est aussi psychiatre), que je vois toujours, ne connaît pas grand-chose à la douance, il n'aurait jamais pu m'en parler, mais il m'a aidée à me construire (je ne sais même pas s'il s'agissait de reconstruire quoi que ce soit tellement j'allais mal et tellement les fondations étaient pourries), mais il m'a laissée faire (je ne lui ai pas toujours laissé le choix, je l'avoue, je suis un peu du genre à faire les choses parfois dans mon coin et à en parler ensuite).
Il m'a vue changer x fois de cursus, chaque fois un peu plus loin dans moi-même, il m'a vue obtenir mon diplôme de psychologue, enchaîner sur médecine. Je suis solide comme jamais, mais toujours un peu fragile et carrément hypersensible. Avant je n'étais que fragile. Il n'a pas essayé, comme d'autres que j'avais pu rencontrer, de me « normaliser ». Sans le savoir, il a (presque — parce que nul n'est parfait) toujours su m'accompagner, même si je n'ai jamais été conventionnelle.
Et si on dit qu'une thérapie pour le sujet surdoué est de l'amener notamment à l'aider à se réaliser, lui et son potentiel (comme il le souhaite, sans placer comme absolu la « réalisation » dudit potentiel), eh bien, malgré lui, ou peut-être est-ce juste parce qu'il est analyste et qu'il a toujours su éviter les écueils de la psychanalyse qui peut être d'enfermer, malgré elle (car ce n'est pas ce à quoi elle vise), les gens dans un « divan de Procuste », il a su. Il a su m'accompagner moi.

La douance, c'est une question que j'ai travaillée essentiellement seule.
Je lui en avais parlé un peu il y a un an, il n'avait pas tiqué (d'autres analystes auraient bondi au plafond). Je crois que, pour lui, il a toujours été évident que j'étais intelligente, cependant, et il me l'a parfois fait savoir. Je ne sais pas si ça l'a surpris que j'ai finalement passé le test (je n'ai pas souhaité lui en parler avant, comme d'habitude) ; en revanche, le résultat un peu quand même.
Et je compte continuer à travailler dessus avec lui. Tout simplement. Je ne vois pas pourquoi je devrais changer. On a réussi à composer sans le savoir avec la douance. On peut certainement aussi faire avec. Et je pense même que ce test m'aidera aussi dans ma démarche analytique. Pour terminer de rassembler les dernières pièces de mon puzzle.
C'est bien que ça tombe maintenant, que je suis en train de tout revoir. Peut-être le dernier tour de travail, d'ailleurs, et ensuite on s'en ira…

Il n'est pas impossible qu'un jour, de manière plus ponctuelle, je me tourne vers les TCC quant à une difficulté qui m'entrave particulièrement dans mes études médicales : je ne tiens pas le stress lié aux études, à la performance… pas du tout. À voir. Sur conseil de la psychiatre de la fac que j'ai rencontrée parce que j'ai du mal à m'adapter aux études médicales… (En sus de mes difficultés à m'adapter à un système scolaire quel qu'il soit… ce qui ne m'a pas empêchée de réussir, mais dans la douleur.)
Et si d'aventure je devais me lancer (ça m'ennuie d'avance…), je ne sais pas si je m'arrangerais pour que le psy en question connaisse quelque chose en douance ou pas. Est-ce que cela pourrait avoir une importance ou non en TCC, je l'ignore…

J'aurais pu écrire tes mots, Dune, sur la honte, sur la difficulté à regarder dans les yeux… J'ai mis… des années à le regarder dans les yeux et encore, même aujourd'hui, je ne suis pas sûre de savoir quelle couleur ont ses yeux. (Pendant les six ou sept premières années, les fois où j'avais « osé » le regarder dans les yeux devaient ses compter sur… les doigts de la main, peut-être même une.)
Par contre, j'ai parlé. Assez vite. Ce que l'on peut écrire sur la difficulté des surdoués à faire confiance, je l'ai vécu — et ça, c'était une « caractéristique » qui m'avait beaucoup parlée. Même s'il y avait d'autres choses, traumatiques, qui m'empêchait aussi. Ça n'a pas toujours été facile, mais c'est même effrayant quand même de constater à quel point j'ai changé. Et puis, je n'avais plus que ça, des mots.

Aujourd'hui, c'est un peu moi qui me retrouve à évoquer l'hypothèse de douance pour une de mes patientes… Je dois avouer que ça me fait bizarre. Mais je la sens tellement en souffrance… Ça fait longtemps que j'ai cette hypothèse en tête, bien avant d'apprendre que ma petite personne se trouvait aussi concernée… Mais là, je n'entends plus tout à fait de la même façon son discours… l'effet sur moi peut-être aussi de l'annonce de ma propre douance et de ce que cela vient retravailler…
Et pourtant je sais que, quoi qu'il advienne, elle aura déjà bien travaillé. Et que je ne l'évoque là que parce que je sens qu'elle pourrait vraiment bien buter dessus et s'entraver avec.

Je ne sais pas si, pour ma part, passer le test plus tôt aurait pu m'aider… Sans doute. Mais pas si sûr… Nombreux sont aussi ceux ici qui ont été diagnostiqués enfant et qui l'ignoraient ou qui n'ont pas pu en « profiter ». Jeune adulte, il n'est pas dit que j'en aurais mieux fait quelque chose que ce que j'ai pu faire sans le savoir.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Dune » Ven 5 Fév 2016 10:37

Traum, c'est tout à fait cela. Ma psy n'utilise pas ces outils de tests, cependant c'était avec elle que je voulais travailler. Et nous avons réussi à tisser un lien de travail en accord avec mes particularités. Comme je le suppose, avec tout un chacun. Chaque patient étant différent, le travail se fera différemment.

Je ne pense pas qu'un psy "spécialisé" dans les surdoués soit LA réponse. Je pense que la réponse est celle que va construire chacun. Concrètement, je ne pense pas qu'on aille chercher un psy spécialisé en surdoué, mais un psy tout court. Un avec qui ça "match" tout de suite. C'est juste un chemin. Une piste.

Je me retrouve beaucoup à travers tes mots et je l'avoue, ça fait du bien. Je sais que chaque fois que je parle de ce que je vis en thérapie, c'est difficilement compris. Et ça me rend triste. Parce que quand je découvre quelque chose de super (pour moi) j'ai envie de le partager pour que d'autres éprouvent la même chose.

J'essaie de partager quelque chose, par de convaincre que ce que je fais est LA chose à faire.

pairlapinpin a écrit:Je ne comprends pas bien. Tu insistes sur le fait que le test n'est pas une thérapie, et je ne pense pas que quiconque (et ses amis) soutienne cette thèse.

Je n'ai jamais dit que quiconque la soutenait ^^ je donnais juste mon point de vue...

Tu ajoutes qu'il ne faut pas le passer avant une thérapie car il pourrait devenir source d'angoisse. Là, tu parles de toi, non (colère, recherche, rejet) ? Or tu as été en thérapie avant, donc...

Oui justement, si alors que je suis en thérapie j'en éprouve de la colère etc...(qui n'est pas forcément liée au test d'ailleurs, la colère est venue se mettre ici c'est tout)...alors imagine ce que ça aurait pu être sans. Je n'ai pas dit que de faire une thérapie avant protégeait des effets possibles du test...juste que ça posait un cadre pour ne pas être seul face aux résultats :)
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar ziboulette » Ven 5 Fév 2016 10:55

Rassure-toi Dune, je pense que tu n'as heurté aucune sensibilité :)
Nous avons bien compris que tu souhaitais partager ton expérience et non pas imposer ta vison des choses.
Chaque expérience est différente et les besoins de chacun aussi.

Ceci dit, j'ai réfléchis encore après avoir répondu hier, et effectivement je dois admettre que si j'en suis là où j'en suis aujourd'hui (c'est à dire à passer ce fameux test dans un mois ^^) c'est peut-être qu'effectivement je suis dans une période de ma vie où j'ai réglé certains problèmes avec moi-même (et aussi avec des personnes très chères trop tôt disparues...). Mais pas tous mes problèmes. Là je suis devant une impasse (professionnelle et comportementale) et j'essaie de démêler des noeuds très serrés.
Le fait que depuis toute petite la question d'être surdouée (ou non) s'est posée sans qu'aucune réponse n'ait été donnée, je ne l'avais pas trop intégré, enfin pas vraiment creusé. Etant donné que mes parents n'ont pas jugé important de le savoir, je l'ai surement occulté. Aujourd'hui, maintenant que j'en sais plus sur le sujet, cela me parait tout d'un coup essentiel à la compréhension de...ben de tout un ensemble de choses en fait.

Voilà, donc dans mon cas c'est loin d'être la conclusion à ma recherche de sens et de mieux-être. C'est plutôt une nouvelle étape. Comme une clé qui ouvre une porte que je n'avais jusqu'ici encore jamais eu l'idée d'ouvrir (même si je savais que cette porte existait). :)
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Traum » Ven 5 Fév 2016 11:38

Je n'ai pas eu le sentiment non plus, Dune, que tu cherchais à imposer quoi que ce soit…

Une thérapie peut donner un cadre au résultat… mais pour peu aussi que le psy qui nous reçoive soit a minima d'accord avec la notion de douance — ce qui est loin d'être le cas de tous ! Plus particulièrement dans le milieu analytique, j'ai l'impression, mais pas seulement.
De même, pour certains, consulter un psy qui connaît la douance peut être une réponse. Ce n'est pas celle que tu as donné, ni moi d'ailleurs. Même si je dois avouer que je suis dans une période où je lis encore plus d'ouvrages sur la douance durant mon temps libre, que je m'informe comme jamais je ne l'ai fait auparavant sur « ce que je suis censée être ». Ça a en soi un côté parfaitement débile, débilitant et restrictif, mais j'en ai aussi un peu bien besoin parce qu'il y a des choses dont je me rends compte qu'elles ont été toujours là et que ça me permet de les revisiter.
J'ai eu besoin de faire le test avec une psychologue dont je savais que la douance était son domaine, en revanche. Pour être sûre de ne pas me tromper. Et je me suis vraiment accrochée pour passer ce test avec elle, envers et contre ses délais (elle est très demandée).
Pour certains, ça sera l'inverse.

Ziboulette, je te souhaite vraiment que le test puisse t'aider dans ton cheminement. J'ai l'impression que tu sembles plutôt bien au clair, au moins en amont, sur ce que tu attends de ce test : qu'il puisse t'aider à avancer dans ton questionnement.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Bradeck » Ven 5 Fév 2016 12:14

Il me semble qu'aller passer le test WAIS est toujours inscrit dans une démarche visant à mieux se comprendre, soi-même, son passé, parce que quelque chose nous préoccupe, nous grattouille.

Même si parfois ce n'est que "J'aimerai vraiment comprendre d'où vient ce ressenti de YYY (par exemple : décalage)", suivi de recherches qui ammènent sur cette hypothèse, que l'on vérifie grâce à ce test. On pense alors que si le test dit "Oui", nous aurons la réponse, et cela sera finit, et que si le test dit "Non", tout s'écroulera car nos questionnements n'auraient alors pas de "réponse".

Ceci est dû à notre fonctionnement habituel, on cherche une "solution", une "explication". Et le fait d'être surdoué nous paraît être "la solution" à ce qui nous préoccupe. Donc l'on va droit au but, et l'on cherche à savoir si oui ou non l'on est surdoué, dans l'espoir de pouvoir se dire "C'était donc cela !", en s'imaginant que cela explique tout, et que le lendemain, cela ira tout de suite mieux, que ce gratouillement sera envolé. (J'en profite pour vous placer le topic Le mythe de l'expert)

Une autre réponse aurait pu être non pas de chercher à passer un test, mais d'aller voir un professionnel du ciboulot, de l'identité, de nos moi-intérieurs, et au lieu de lui dire "Bon, voilà, je pense que je suis surdoué" (ou le plus classique : Voilà, il me semble qu'il pourrait y avoir une chance assez négligeable, mais néanmoins non nulle, que je sois éventuellement surdoué, et j'aimerai savoir ^^)., de lui parler de ce qui fait que l'on se pose cette question, qu'on lui expose ce qui nous préoccupe, et qu'il nous aide à explorer.
Donc, de ne pas être orienté solution, mais exposition du problème. Ce n'est pas facile, il n'est pas évident de dire "Humm... voilà, en fait, je pense être différent. J'ai l'impression que je ne fonctionne pas comme les autres". Après cet énoncé, il faudra du temps pour arriver à "vous êtes peut-être surdoué au fond, cela vous dis qu'on teste l'hypothèse ? Cela nous permettra d'avancer sur la bonne route."

Car au fond, une fois le test passé, ce qui nous préoccupait est toujours là. Ors si l'on a été jusqu'à passer le test, c'est que cela nous travaille de manière plus ou moins forte. Ainsi une fois les résultats du test en mains, nous nous trouvons devant un choix: Soit l'on veut agir sur ce qui nous a poussé à aller passer le test, soit on se dit que cela va, que ce n'est vraiment pas la priorité du moment, car déjà le fait de savoir qu'il y a une raison derrière nos ressentis nous suffit à moins focaliser dessus, à se sentir plus légitime.

S'il se trouve que l'on a passé le test au cours d'un travail avec un professionnel, alors pourquoi ne pas continuer avec lui. Sinon, si l'on souhaite se faire accompagner un peu, pour mieux cerner ce que la douance a eu, a, et aura comme impact sur nous, il peut être utile de se faire accompagner. Le fait que tant demandent des "spécialistes de la douance", il me semble que cela est lié à deux choses: Déjà, lorsque l'on en est à se poser la question, il y a un petit caractère obsessionnel pendant quelques temps. Ensuite, il me semble qu'il y aune peur de devoir se mettre à nu devant une personne inconnue qui ne "pourra pas nous comprendre", ceci lié une projection par rapport au vécu antérieur, à ce mur d'incompréhension qu'ils ont eu le sentiment de rencontrer tant de fois dans leur vie. (NB: Je sais, je généralise et c'est pÔ bien :P )

En terme de capacité à affronter le résultat, personnellement, je pense que le résultat de la WAIS est plus simple à absorber que ceux des tests de personnalité parfois associés. Si je parle de mon parcours, j'ai malgré tout été pas mal chamboulé par les résultat du WAIS, puis une fois digérés par mes propres moyens, ce qui à pris du temps, je me suis dit qu'il m'avait manqué quelque chose: Les tests de personnalité. J'ai attrapé des noms de psy spécialisés dans la douance, qui faisaient passer les tests. J'ai téléphoné, j'ai eu les tarifs, les méthodes, et une qui me réponds: "Oui, je fais passer certains tests de personnalité, mais pas comme cela, c'est toujours dans une démarche. En effet, ces tests pourraient révéler des choses que vous n'êtes pas près à entendre, et il faut bien comprendre qu'il ne s'agit que d'outils, pas de fin en soi. Le test seul ne sers à rien".
J'étais tombé dans le piège de "la solution".

Tout cela pour dire que bien évidement, ces tests sont toujours inscrits dans une démarche, personnelle, que parfois l'on fait seul, mais ne représentent jamais une solution, une fin en soi. Et selon ce que nous sommes, il vaut parfois mieux les passer dans le cadre d'une démarche accompagnée.
Il n'y a qu'à lire les topics suivants :
- tests-psys/quelle-ete-votre-evolution-apres-confirmation-votre-douance-par-wisc-wais-t577.html
- tests-psys/diagnostique-apres-t456.html
Et d'autres dans le forum, pour se dire que quoiqu'il arrive, cela s'inscrit, qu'on le veuille ou non, dans une démarche...
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Dune » Ven 5 Fév 2016 12:46

Et d'autres dans le forum, pour se dire que quoiqu'il arrive, cela s'inscrit, qu'on le veuille ou non, dans une démarche...


Exactement ;) Si on va vers telle ou telle chose c'est qu'il y a une raison qui nous est propre.

Une thérapie peut donner un cadre au résultat… mais pour peu aussi que le psy qui nous reçoive soit a minima d'accord avec la notion de douance — ce qui est loin d'être le cas de tous ! Plus particulièrement dans le milieu analytique, j'ai l'impression, mais pas seulement.


Je suis d'accord pour dire clairement qu'il y a beaucoup d'incompétences dans le milieu psy en général. C'est tellement vaste. Après forcément prendre un psy qui s'y connait en "douance"...pas sûr. Car au delà de ça, il me semble que si on souhaite faire une thérapie ou une analyse, il faut trouver la bonne personne avec laquelle travailler, peu importe ses outils de travail. C'est une relation très particulière qui ne se retrouve nul part ailleurs. C'est un autre être humain et si on se s'entend pas avec alors ne pas hésiter à aller ailleurs rapidement.

Quand au cheminement pour aller vers ce psy, il est propre à chacun.

Ziboulette, je te souhaite de trouver ce que tu cherches :)
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar ziboulette » Ven 5 Fév 2016 12:59

Traum et Dune, merci pour vos gentils mots ^^
Effectivement aujourd'hui je suis au clair avec ce que j'attends de ce test. Mais j'essaie de ne pas trop penser à l'après.
Quelque soit la réponse, je ne sais pas comment je vais réagir et agir.

En fait, en toute honnêteté j'espère être surdouée, car c'est plus valorisant que d'être à côté de la plaque :P
Mais finalement, que le test me dise que je le suis ou non, cela ne me changera pas, puisque je le suis ou non déjà :D
Donc, tout est déjà joué, seul la réponse m'est invisible.

Par contre, ce que je vais faire de la réponse, ça c'est un autre chapitre de l'histoire...
P'têtre bien qu'à ce moment là, j'aurai besoin d'une tierce personne pour m'aider à digérer le fait que non, ce n'est pas ça, ou si c'est bien ça, à mieux comprendre comment optimiser mon potentiel :)

Affaire à suivre donc...

[EDIT : je dis "j'essaie de ne pas trop penser à l'après"... mais en fait c'est faux! Ça cogite pas mal là-dedans, je dois bien l'admettre :lol:
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Korrigan » Ven 5 Fév 2016 15:53

Offtopic :
ziboulette a écrit:
[EDIT : je dis "j'essaie de ne pas trop penser à l'après"... mais en fait c'est faux! Ça cogite pas mal là-dedans, je dois bien l'admettre :lol:


Décidément, c'est amusant cette manie que nous sommes nombreux à partager sur ce forum à dire ou plutôt écrire ce qui semble devoir être "politiquement" correcte ou tout du moins la réponse ou la notion que l'on pense que les autres attendent... Et en plus de toutes façons pour la plupart si nous sommes ici c'est que pour le moins nous pensons tout le temps à quelque chose donc d'autant plus si c'est un sujet aussi prégnant que celui -ci ;)
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar ziboulette » Ven 5 Fév 2016 17:52

Ahah oui Franck j'avoue que c'est exactement ça, je suis démasquée :tmi: :D
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Traum » Sam 6 Fév 2016 11:59

J'aime bien ce que tu écris Bradeck.

Je ne peux pas parler pour les autres, je ne peux parler que pour moi…
Je ne cherchais pas dans le test absolument à trouver dans la douance une « solution ». J'avais bien des raisons légitimes d'aller mal par ailleurs et elles ne sont pas moins légitimes maintenant que je sais aussi que je suis surdouée. La douance n'était, n'est qu'une possible petite pièce du puzzle, une toute petite. Du moins je la croyais plus petite qu'elle n'est en réalité, malgré tout.
Mais je n'ai jamais cru que la douance (hypothèse que je rejetais à vingt ans) pourrait expliquer (toutes) mes souffrances.

Quand j'ai, à vingt-huit ans, poussé la porte d'une psychologue spécialisée en douance pour lui parler de cette hypothèse, alors que j'avais un suivi à côté, je ne recherchais pas une solution. Je voulais seulement continuer un cheminement, à aller jusqu'au bout d'un questionnement, et la douance faisait partie de mes questionnements et je savais qu'elle ne pourrait au mieux que s'intriquer dans une toile bien plus grande. Je savais aussi que ce questionnement en lui-même ne se satisferait pas de la seule réponse d'un test, et qu'il risquait de m'ouvrir encore d'autres perspectives, que le test s'avère concluant ou non.
J'ignorais cependant que le test aurait cet effet sur moi. (Ou je ne voulais pas le sa-voir.)
J'avais plus l'impression à la fin de tester une hypothèse que de chercher des réponses à des questions… Et d'ailleurs, je cherchais plutôt à infirmer cette hypothèse parce que je n'osais, ne voulais pas du tout y croire. Je ne pensais même plus tellement au sentiment de décalage que j'avais pu éprouver : pour moi, il était aussi imputable au milieu dans lequel j'avais grandi et à l'éducation que j'avais pu recevoir ; maintenant, je sais que je peux imputer ce sentiment toujours à cela, mais aussi à la douance.
Je savais que le test ne m'offrirait pas un mieux (enfin, si : je sais de façon un peu plus sûre que j'ai quand même des « capacités »). Et je savais aussi qu'il ne changerait que peu de choses concrètement à ma vie.

Je ne peux pas répondre pour les tests de personnalité. J'en ai eu un pendant mon bilan, le TAT, mais je n'en ressentais pas non plus un besoin fou et, au fond, les informations qu'il a délivrées ne m'ont pas du tout surprise.
À l'heure actuelle, le résultat de la WAIS est, lui, bien plus difficile à « digérer » alors que j'avais finalement certainement déjà bien travaillé sur le reste auparavant.
J'aurais fait l'inverse : j'aurais passé un bilan avant de me faire suivre, je me serais certainement fourvoyée davantage. (En plus, j'étais dépressive. Ça aurait probablement faussé les résultats.) Et je me serais perdue dans la recherche de la solution et j'aurais peut-être risqué d'occulter tout le reste sur lequel il était pourtant impératif de travailler parce que ça me détruisait.

Encore une fois, certainement une question d'histoire de vie et de cheminement.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Dune » Sam 6 Fév 2016 15:18

Décidément Traum ce qui tu écris me parle beaucoup :)

Un plaisir de te lire. Très similaire à mon approche des choses et de mes conclusions personnelles à l'heure actuelle.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar soazic » Sam 6 Fév 2016 16:42

Savoir de mon côté est le point d'orgue d'un parcours qui a duré plus de quinze ans. Suivie par un psychiatre puis une avec laquelle j'ai fait une Thérapie Comportementale assez longue en parallèle d'une psychanalyse (avec une de ses consoeurs), j'ai aussi fait une thérapie psychocorporelle. Le test a été fait dans ces années là mais je n'ai pris conscience du résultat que quinze ans plus tard (déni, cela ne faisait pas sens à cette époque).
Tout cela pour dire que le résultat finalement fait suite à un cheminement, une recherche personnelle, un parcours dans lequel cette pièce du puzzle peut se perdre et finalement resurgir au moment adéquat, lorsque le puzzle sera presque achevé. La pièce manquante n'est pas forcément celle ci, elle peut être ailleurs dans notre histoire, et fera que l'on est identitairement bancal et à côté de soi.
Après le parcours fait la richesse, me sentant depuis toujours inadaptée, je le suis encore, mais je ne cotoie guère que des bancals par mon travail, pas boiteux pour les mêmes raisons. Là est mon élément.
Et je vois toujours une psychologue-hypnothérapeute pour m'aider à gérer les "travers" de ce quotidien bancal.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Dune » Dim 7 Fév 2016 15:10

le résultat finalement fait suite à un cheminement, une recherche personnelle[...]La pièce manquante n'est pas forcément celle ci, elle peut être ailleurs dans notre histoire, et fera que l'on est identitairement bancal et à côté de soi.[...]


C'est très juste ce que tu dis, très beau aussi. Une pièce d'un puzzle inachevé que représente notre identité. Au fond c'est ce qu'on cherche peut-être tous à compléter.

Une chose est sûre, ça n'est pas facile d'être "soi" de nos jours. La société dans laquelle on existe étant aseptisée au niveau des émotions et des échanges humains, la compétition, le rejet de la différence... Dire ce qu'on a sur le cœur, partager pour s'entre-aider...ça commence à venir doucement. De plus en plus de personnes se posent des questions et s'éveillent. Ressentant profondément que "quelque chose ne va pas" dans le schéma quotidien.

J'ai envie de croire en l'avenir :) et en l'être humain.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Ethel » Jeu 11 Fév 2016 17:43

Dune a écrit:
Et d'autres dans le forum, pour se dire que quoiqu'il arrive, cela s'inscrit, qu'on le veuille ou non, dans une démarche...


Exactement ;) Si on va vers telle ou telle chose c'est qu'il y a une raison qui nous est propre.

Une thérapie peut donner un cadre au résultat… mais pour peu aussi que le psy qui nous reçoive soit a minima d'accord avec la notion de douance — ce qui est loin d'être le cas de tous ! Plus particulièrement dans le milieu analytique, j'ai l'impression, mais pas seulement.


Je suis d'accord pour dire clairement qu'il y a beaucoup d'incompétences dans le milieu psy en général. C'est tellement vaste. Après forcément prendre un psy qui s'y connait en "douance"...pas sûr. Car au delà de ça, il me semble que si on souhaite faire une thérapie ou une analyse, il faut trouver la bonne personne avec laquelle travailler, peu importe ses outils de travail. C'est une relation très particulière qui ne se retrouve nul part ailleurs. C'est un autre être humain et si on se s'entend pas avec alors ne pas hésiter à aller ailleurs rapidement.

Quand au cheminement pour aller vers ce psy, il est propre à chacun.

Ziboulette, je te souhaite de trouver ce que tu cherches :)


Perso, je ne suis toujours pas décidée à passer le test, mais je sais que si je le fais, j'entreprendrai une thérapie en même temps, et avec un ou une psy capable d'intégrer les interrogations sur la douance (ou la non-douance) dans son approche, parce que je suis à un moment de ma vie où j'ai besoin d'en parler, et que je n'ose pas ! Bien sûr, j'ai accepté que j'étais intelligente, au moins un peu. Bien sûr, mes divers thérapeutes ont, un jour ou l'autre, évoqué mon intelligence ("Sers toi de ton intelligence" m'a dit ma première gestalt-thérapeute, il y a bien longtemps, et de temps en temps cette injonction me "sauve la vie"), mais de là à déclarer : "je veux tester mon QI parce que j'ai l'impression qu'il est assez élevé et que ça me joue des problèmes d'adaptation !", il y a un monde. C'est pour ça que je suis ici, pour pouvoir évoquer cette hypothèse sans rougir de honte. Et pour ça que j'aurai besoin d'accompagnement si je me décide à passer le test. Je me rends compte que cette éventualité secoue tout l'édifice d'un relatif équilibre difficilement atteint au prix de pas mal d'efforts (psychanalyse, psychothérapies diverses et variées, travail personnel à partir de livres... Tout, même quelques anxiolytiques et quelques anti-dépresseurs, il y a bien longtemps) et se présente plutôt comme un mur à abattre. Pour savoir s'il y a quelque chose derrière. Un petit mot sur mon passé de thérapisée (euh !). Ma mère m'a envoyée voir une psy quand j'avais 14 ou 15 ans. Je l'ai haïe ! Elle était trop belle, trop froide, trop parfaite. Je ne pouvais en aucun cas lui parler de moi. Elle a fait une ordonnance de librium et de valium, si je me souviens bien. Je n'y suis pas retournée. Je crois que j'ai pris les gélules pendant quelques temps. A 19 ou 20, j'ai choisi un psychanalyste classique, divan et tout. Le pied ! Je ne le voyais pas. Je parlais quand je voulais. Bon, je n'ai jamais réussi à en tomber amoureuse ou à accorder vraiment de l'importance à ce qu'il racontait, d'autant qu'il avait commencé en me donnant des barbituriques (ou était-ce des anxiolytiques ?), enfin des machins que je ne voulais pas prendre. Mais c'est un bon souvenir. J'ai avancé un peu, j'ai cessé de perdre continuellement mes clés de voiture et d'appartement. Ça m'arrive encore, mais relativement rarement ! La naissance de ma fille a interrompu mes séances et je n'ai pas repris. Il me semblait que je n'avais plus rien à dire. J'ai recommencé à me "soigner" cinq ou six ans plus tard, tirée par ma sœur dans un groupe de gestalt-thérapie. Ma vie en a été bouleversée. Depuis, diverses thérapies m'ont aidé à surmonter mes moments de dérive et je les en remercie. J'ai commis plus tard l'erreur d'envoyer ma fille de 16 ans chez un psy à la suite d'une tentative de viol assez traumatisante, sans l'y accompagner et en acceptant pour argent comptant ses propos rassurants (les propos de ma fille). Je m'en mords les doigts. J'aurais dû l'accompagner à la première rencontre et vérifier qu'il y avait rencontre. Je lui aurais sans doute évité des séances nuisibles et des années de galère. Il y a de mauvais psy !
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar soazic » Jeu 11 Fév 2016 18:21

Je crois aussi comme tu le dis que la rencontre est très importante. La psy qui m'a le plus aidée, il n'y a pas une journée sans que je ne pense à elle alors que je ne l'ai pas vue depuis 13ans. Elle est aussi une source d'inspiration professionnelle importante, maintenant que je suis aussi côté thérapeute.
La Gestalt thérapie est ce qui a commencé à me réconcilier avec moi même. Je suis partie une semaine en formation cet été et cela ma fait faire un énorme bond en avant, j'y ai découvert que j'étais probablement gauchère, ce qui explique ma légère dyspraxie et surtout j'ai pu être avec l'Autres. Le chemin n'est pas terminé...
Ce post fait écho à un questionnement récurrent chez moi: mais comment font "les gens" pour vivre sans avoir un espace de thérapie??
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Esca » Mar 23 Fév 2016 19:36

Bonjour,

je me permets d'apporter une pierre à l'édifice avec mon témoignage.

Les histoires de psy et moi, ça remonte à très longtemps, à plus longtemps que je me souvienne, en fait. Ma mère m'a expliqué il y a quelques temps qu'en maternelle, j'avais passé un trimestre chez la psychologue scolaire parce que "je ne voulais pas dessiner". Je ne m'en souviens même pas.
Le nouveau contact avec une psychologue a eu lieu il y a 10 mois. Je vivais depuis presque toujours avec une anxiété et un mal-être diffus et quasiment permanent, et j'ai décidé d'aller consulter. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, je pensais peut-être que ça allait être magique et résoudre mes problèmes, et il n'en a rien été.
La thérapeute m'a laissé une impression de compétence, mais quelque chose manquait, ce quelque chose qui doit sûrement faire la force du lien (je n'ai compris ça que très récemment). Je crois que ça s'est concrétisé très vite, dès la première ou la deuxième séance, quand j'ai dit qu'il me manquait une passion dans laquelle je pourrais m'investir et m'exprimer (je pensais sûrement à exprimer ma sensibilité, bien que j'ai un mal fou à verbaliser ça correctement). Elle m'a répondu qu'une passion pouvait aussi être source de problèmes, qu'on pouvait s'y perdre. Fermez le ban. A ce moment précis, quelque chose en moi a fait clic, et je me suis dit qu'elle ne comprenait pas vraiment mon fonctionnement. Et pour une raison que je ne comprends pas, j'ai quand même continué la thérapie, jusqu'à ce que ce soit elle qui dise stop il y a deux semaines car je ne faisais que m'enfoncer.
Paradoxalement, elle a abordé assez vite le sujet de la précocité, ce qui m'a décidé à passer le test alors que j'avais lu le livre de Kermadec un an auparavant avec beaucoup d'émotion mais aucune "action".

Que retenir, au final, de cette thérapie ? Je pense avoir eu en face de moi quelqu'un de compétent, mais qui paradoxalement m'a dit ne pas comprendre tout de mon fonctionnement, et avec qui le lien n'a pas pu se créer.

Me voilà donc au milieu du gué, je n'y crois plus trop, je me mets même à refuser mon diag+ (alors que j'ai passé le test dans le centre de JSF, donc autant dire que niveau crédibilité c'est pas vraiment le problème malgré des résultats hétérogènes). Que m'a apporté cette thérapie et cette thérapeute ? Dur à dire, je n'y vois goutte pour le moment. J'ai écumé beaucoup de livres de psychologie donc je connais un peu mieux le sujet maintenant, c'est certain, par contre mes doutes et angoisses ont cristallisé.

Petite lumière dans cette noirceur du moment, un post de soazic un peu plus haut m'a beaucoup parlé : le résultat du test comme une pièce de puzzle. Tout le monde m'a toujours dit que j'étais intelligent, un test réalisé sérieusement le confirme après une hypothèse d'une psychologue qui elle-même parait compétente, et pourtant je refuse le diag. Je n'arrive pas à voir comment il entre dans le "tableau" de mes problèmes. Je vais donc garder cette pièce et continuer à avancer dans le puzzle, avec une étrange certitude de pouvoir la recaler quelque part, plus tard.
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Traum » Mer 24 Fév 2016 16:03

Esca a écrit:Petite lumière dans cette noirceur du moment, un post de soazic un peu plus haut m'a beaucoup parlé : le résultat du test comme une pièce de puzzle. Tout le monde m'a toujours dit que j'étais intelligent, un test réalisé sérieusement le confirme après une hypothèse d'une psychologue qui elle-même parait compétente, et pourtant je refuse le diag. Je n'arrive pas à voir comment il entre dans le "tableau" de mes problèmes. Je vais donc garder cette pièce et continuer à avancer dans le puzzle, avec une étrange certitude de pouvoir la recaler quelque part, plus tard.

Quelques mots… qui seront peut-être à côté de la plaque : ce n'est pas toujours facile, effectivement, de trouver le bon psy auprès de qui pouvoir travailler…
Certains psys ne peuvent pas accueillir la douance, spécialisés ou pas, d'autres si. Question d'affinités. Question de tact au moment où. Ce hiatus entre elle et toi est survenu très vite, dès la deuxième rencontre, sans doute peut-être trop vite… C'est une rencontre qui ne s'est en tout cas pas faite. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne peut pas se faire…

Et même si le fil parle de « thérapie avant le test », je vais parler aussi un peu d' « après le test ».
J'ai commencé mon suivi avant le test, je le poursuis après le test. Après quatre semaines jour pour jour d'annonce du « diagnostic » de la douance, j'ai eu un peu de temps pour reparler de cela à mon psy. Comme il est psychanalyste, je craignais qu'il ne se « braque » (la douance n'est pas toujours une entité très bien considérée dans le milieu analytique pour x, y et z raisons…) et… non. Il est celui qui, à l'heure actuelle, m'aide le plus à intégrer cette pièce imprévue dans mon puzzle mental.

Rencontrer un psy spécialisé en douance n'est une condition ni suffisante, ni nécessaire pour pouvoir intégrer sa douance. Le principal est sans doute d'établir un lien fort.

Ensuite, il est vrai que chacun ne peut qu'avancer à son propre rythme… et que ton cheminement fait que, pour le moment, la place de cette pièce ne t'est pas encore visible.
De ce que l'on retire, il n'est pas sûr non plus que tu aies pu tomber sur la bonne personne pour toi (au-delà de la compétence de cette psy).

Bien sûr, je peux être à côté de la plaque…
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Esca » Mer 24 Fév 2016 21:49

Je n'ai pas l'impression que tu sois à côté de la plaque. Il est clair pour moi à ce stade que la douance n'est qu'une pièce, que j'ai d'autres problématiques à côté, bien réelles, peut-être impactées par la douance, peut être pas. Le tout va être de trouver quelqu'un qui soit à l'aise en puzzle quelles que soient les pièces, pas quelqu'un qui soit bon avec un certain type de pièces de puzzle, comme tu l'évoques lorsque tu parles de ton psy. Cela me parle bien :)

En tout cas c'est très intéressant de voir que dans ton cas il n'y a pas de "rupture" avant/après, contrairement à l'impression générale que j'ai après lecture partielle du forum qui est plutôt l'inverse. Le lien a vraiment une importance capitale dans cette histoire...
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Re: Témoignage de thérapie AVANT le test :)

Messagepar Traum » Jeu 25 Fév 2016 22:43

Je n'ai jamais trop su en quoi mon psy était bon, mais en tout cas, même s'il a pu commettre quelques erreurs, même si, de rares fois, c'est allé très mal, même si, parfois, je l'ai traité de « con » ou lui ai signifié qu' « il me faisait chier »… (oui, je suis une patiente gentille, toujours polie, toujours posée…), eh bien… je ne peux pas nier qu'indéniablement, mon travail avec lui a transformé ma vie et qu'il est le seul à avoir pu tenir tous les changements que j'ai subi, impulsé ou qui ont bouleversé ma vie.
Comme d'autres choses avant, j'ai craint que l'annonce de ma passation de WAIS et de ce qu'il en est ressortie n'entraîne une forme de rupture. Et pourtant, non. Et pourtant, selon moi (mais je peux me tromper, cela peut être seulement le reflet de mes angoisses à moi) : il y en a eu, des risques de rupture du lien…
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