Le regard psychanalytique

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Tipiak
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Le regard psychanalytique

Message par Tipiak » lun. 31 mars 2014 16:52

Avant toute chose :

Ce sujet a un potentiel de 3 sur l'échelle du troll (allant de 0 à 3). Il va donc s'agir de prendre du recul, et d'expédier nos différents points de vue sur la lune pour les observer les pieds sur terre, sans s'enflammer comme mon ex lorsque j'enlevais mes sous-vêtements.


La raison d'être de ce sujet : Le tipiak, à son boulot, a détecté un individu à probabilité élevée de douancétude du zébrage, et a conseillé de passer un bilan psychométrique. Problème : l'individu en question est suivi par un psychanalyste qui, dixit le patient "trouvait que l'individu était trop jeune pour passer des tests". Il a dont été demandé au tipiak de téléphoner au psychanalyste, et résultat des courses : "en fait la question de la précocité intellectuelle n'est pas ce qui est central [pour ce patient]" "en psychanalyse on s'occupe de la cause pour traiter le symptome, on ne s'attaque pas directement au symptome". (j'ai alors demandé si le HQI était un symptôme, on m'a répondu que non.)


....Et là le tipiak s'interroge : comment peut-on penser une chose pareille ? Comment savoir ce qu'on est peut ne pas "être central" ? Comment ne pas prendre en compte les particularités d'un HPI du quotient dans une psychothérapie, quelle qu'elle fusse?

Est-il vraiment indispensable finalement que ces tests soient faits, ou bien vaut-il mieux tout mettre sur le compte d'une problématique de [insert something here] ?
Le fait de considérer l'accès à un diagnostic psychométrique est-il généralement fondamental, ou bien reflète-t-il simplement les préoccupations personnelles du tipiak ?


En clair, j'ai besoin de comprendre le raisonnement psychanalytique sus-mentionné pour me faire un avis sur celui de la psychanalyste : le patient est-il entre de bonnes mains compétentes, ou entre les griffes d'un obscur gourou analphabète?


Donc là l'idée, si vous avez suivi, ça serait de retrouver les arguments justifiant que savoir qu'on est surdoué n'est pas indispensable si c'est autre chose qui nous rend malheureux.

D'avance, mesure et merci :)
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Re: Le regard psychanalytique

Message par amalia » lun. 31 mars 2014 22:14

Afin de faire redescendre le risque à 2 sur l'échelle du troll, je répondrai juste à la question : un test est il indispensable (pas dans le cas du copain du tipiak puisque je ne connais ni ledit copain ni le sieur tipiak) en général ?


Et encore, je ne ferai part que de ma modeste pratique qui ne prétend rien et surtout pas être la vérité révélée.

Quand j'ai dans mon fauteuil qqn qui vient car il a de bonnes raisons de penser et blabla et blabla, après vérifications d'usage et anamnese, en général, je fais le test.

Si la personne vient pour autre chose mais que j'ai de bonnes raisons de penser que blabla. ..2 cas de figure : soit le hp n'a effectivement pas grand incidence (ie le gars sait qu il a de bonnes capacités, il les a exploitées au max ) : dans ce cas, je pointe éventuellement des trais de caractère liés à la douance qui peuvent poser pbme (ex : le gars qui trouve que les autres rament : non monsieur, vous êtes juste plus rapide).
soit la personne est en quête identitaire, en difficulté professionnelle ou universitaire (genre: je n'ai pas le niveau) là, j'incite fortement au test ; en général, on y revient plusieurs fois au cours de la thérapie car les personnes ont la trouille de rater. ..mais ça, on le sait !

en tous cas, sauf si ton collègue à moins de 2 ans, il n'est pas trop jeune pour un test. Il faut juste que ça réponde à sa problématique.
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Re: Le regard psychanalytique

Message par lobo » mar. 1 avr. 2014 13:06

Salut Tipiak,

La réaction du psychanalyste ne m' étonne pas du tout. La plupart ne s'intéresse pas trop à la douance.

J'ai deux questions :
1) Est-ce que le collègue du Tipiak est lui-même vraiment intéressé par le sujet ? A t-il lu des bouquins et s'est-il reconnu dans les descriptions ?
2) En quoi est-il nécessaire d'avoir l' aval de son psy pour aller faire le test ?


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Re: Le regard psychanalytique

Message par Curry » mer. 2 avr. 2014 17:07

Psychanalyste ou pas, on dirait que tu poses simplement la question: le test est-il utile ou pas? Et là ben la réponse est celle donnée par amalia: ça dépend. Mais je connais quelques surdoués, certains ont eu des aménagements de scolarité, d'autres pas et les premiers me semblent beaucoup plus équilibrés que les seconds. On pourrait dire moins de problèmes d'ego, car les enfants ont un ego fragile. Donc a priori ça ne pourrait pas faire de mal de tester le bestiau. Je trouve étrange l'argument du psy, en ce moment je lis Winicott, Conversations Ordinaires, et il est régulièrement fait référence aux facultés mentales des patients, plus ou moins importantes, et l'auteur en tient compte: dans sa théorie, un QI élevé favorise "l'élaboration des fantasmes" et permet de garder "intact le souvenir de l'image la mère plus longtemps", ce que je comprends très superficiellement mais me semble avoir trait aux traumatismes infantiles, qui seraient ainsi mieux surmontés, mais joue en tout cas un rôle important dans la construction de la personnalité de l'analysé.
Je terminerai en ajoutant qu'un travail sur soi, de nature psychanalytique ou autre, est un processus qui demande énormément de maturité et de conscience de soi, alors que passer un test de QI est bien plus simple et peut avoir des conséquences visiblement bénéfiques sur le comportement de l'enfant d'après cette étude

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Re: Le regard psychanalytique

Message par amalia » jeu. 3 avr. 2014 13:18

à ceci près qu'un test n'est pas un coup de baguette magique : il permet juste d'objectiver des faits : capacités intellectuelles or not ? difficultés émotionnelles or not ?

de dresser des hypothèses de fonctionnement : la personne rencontre tel souci dont l'origine pourrait etre ... (ce qui est rarement aussi simple) ;

et de proposer des pistes de prise en charge : ouvrir la voie vers ;

mais cela dispense rarement d'un travail sur soi si les problématiques sont complexes.

Concernant les enfants, un test qui n'est pas repris ensuite (au plan éducatif, au plan émotionnel, au plan psychoéducatif...) ne sert pas à grand chose ; je reçois beaucoup d'adultes qui ont été testés enfants mais pour qui le test n'a pas été exploité.
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Re: Le regard psychanalytique

Message par amalia » jeu. 3 avr. 2014 13:20

au fait, merci pour le lien, je vais le lire !
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Re: Le regard psychanalytique

Message par Léo » jeu. 3 avr. 2014 16:59

Je rejoins Amalia :-)

Pour le reste, je ne peux que parler de mon cas... alors, aucune généralité, je vous jure :$

J'ai été testée à l'adolescence mais sans explications. Test bizarre qui plus est mais peu importe. La douance devait faire partie du processus psy sauf que non. J'ai traîné mes savates chez un, deux, trois psy... pas soleils... La douance ne fut quasiment voire pas du tout mentionnée. Ou balayée d'un geste, ou contredite ou que sais-je... Je pense que ce fut la grosse erreur dans le parcours. Un mauvais bilan, un diagnostic forcément douteux, un suivi qui n'a pas pu aboutir. J'allais pas très bien, c'est sûr, et, bilan ou pas bilan, il semblait nécessaire que je soies suivie sérieusement. Je pense que si tout s'était mieux goupillé, les deux facteurs (psychologie+cognitif) se seraient rencontrés et auraient évité un parcours psy inutile. Je me suis montée le bourrichon toute seule aussi... forcément, j'avais rien compris... et j'ai cru bon penser que j'étais un cas d'école ès névroses... bref. Pas malin.

J'étais jeune et c'est du passé et aujourd'hui c'est différent et c'est différent parce que le bilan a été proposé dans un cadre adéquat. Un bon suivi et un psy au fait des choses, qui ne cherche pas à cataloguer un patient en maladies ou névroses. Je pense que le danger de la psychanalyse dépend du.... psy... Je ne peux rien dire d'extrêmement pertinent à ce sujet. L'apport du bilan peut être une façon, selon le patient, de "relativiser" la part psychologique voire psychiatrique. Si le patient se traîne un boulet sans être atteint de maladie mentale (et même si il en est atteint) , un bilan servira à trier certaines choses. C'est ce que j'ai, personnellement vécu suite aux nouveaux résultats. Cela m'a permis d'évacuer la piste du "tout psychanalyse". On garde à l'esprit que, surdoué ou pas, il y a des failles venues du passé, des schémas de construction etc etc et en même temps on sait que tout ne vient pas de là. C'est tout de même un soulagement, partiel certes, mais important.
amalia a écrit :
mais cela dispense rarement d'un travail sur soi si les problématiques sont complexes.
:nod:
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Re: Le regard psychanalytique

Message par lobo » jeu. 3 avr. 2014 17:49

Je vais raconter aussi mon expérience par rapport à ça, ça ressemble à ce que raconte Léo . Ce n'est bien sûr que mon expérience personnelle, ça n'a rien d'un exemple. C'est encore moins une critique de la psychanalyse qui me paraît très intéressante par ailleurs...

Je suivais une psychanalyse courte au moment où je suis allé passé le test. Je n'en ai pas parlé au psy, de toute façon j'étais décidé et il était hors de question que qui que ce soit me détourne de cet objectif. Les séances de psychanalyse étaient assez intéressantes, et il m'aidait à dégager des thèmes et des questionnements importants pour moi. Cependant, j'avais parfois l'impression de tomber sur des vérité tautologiques, des évidences que j'aurais pû trouver tout seul. :nesaitpas:

Quand le test a été positif, je l'ai dit au psy qui m'a posé une ou deux questions là-dessus mais sans plus.
Après ça, j'ai fini mes séances mais sans très grande conviction. Je sentais que quelque choses de plus concret pour moi était en train de se mettre en branle. Quelque mois plus tard, même si je suis loin d'avoir trouvé les solutions, j'ai l'impression d'avoir dégagé plus d' énergie grâce à ce diagnostic et à toutes les recherches qui ont suivi que grâce à la psychanalyse.
La psychologue des tests m'avait dit que ce résultat équivalait à 10 ans de thérapie et franchement, je ne trouve pas ça exagéré.

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Re: Le regard psychanalytique

Message par Tipiak » ven. 11 avr. 2014 13:29

Merci à tous d'avoir pris le temps de répondre :)

Amalia a bien confirmé ce que je pensais pour l'âge plancher de passation du test : argument invalide de la part de la psy de mon patient.
Idem pour la nécessité de le passer, le point de vue de s'adapter au besoin du sujet sans le déterminer arbitrairement à sa place me paraît assez censé.

lobo a écrit :1) Est-ce que le collègue du Tipiak est lui-même vraiment intéressé par le sujet ? A t-il lu des bouquins et s'est-il reconnu dans les descriptions ?
2) En quoi est-il nécessaire d'avoir l' aval de son psy pour aller faire le test ?
1) non, cette psy ne m'a pas parut disposée à se renseigner davantage, ni même à remettre en question ses pratiques.
2) effectivement, je dirais cela à ma patiente.

Curry a écrit :Psychanalyste ou pas, on dirait que tu poses simplement la question: le test est-il utile ou pas?
Disons que j'ai essayé de formuler ma demande objectivement en mettant à distance mon point de vue qui est : quand on est surdoué, il est indispensable de le savoir, donc de passer des tests.

Sinon merci pour le reste de l'éclairage, je suis assez d'accord avec toi, et avec Amalia quand elle dit que se savoir surdoué ne dispense pas d'un travail sur soi. Or comment mener un tel travail sans prendre en compte la douance et les particularités de fonctionnement qu'elle implique ? C'est bien le fait que la psychanalyste de mon patient semble considérer cette donnée comme négligeable qui m'interroge sur sa capacité à s'occuper correctement de mon patient.
Et je suis également plus que d'accord avec le fait qu'il est primordial d'expliquer sa douance au patient.

Le dernier message de lobo illustre une de mes craintes : celle de voir mon patient s'enliser sur une fausse piste thérapeutique, alors qu'il pourrait trouver plus performant, plus adapté, plus rapide.

je pense que l'approche psychanalytique peut être constructive à certains moments, pour atteindre certains objectifs ; mais je trouve dommage que la fermeture d'esprit que j'ai pu rencontrer chez certains professionnels se réclamant de cette approche puisse constituer une entrave à l'évolution d'une personne surdouée, en l'empêchant d'accéder au diagnostic.
Certains m'ont donné l'impression de vouloir cloisonner le patient à leur propre champ de compétence, afin de ne surtout pas avoir à remettre en question leur approche ou le bien fondé de leur intervention.
Néanmoins, je connais également au moins 2 bons psychanalystes qui ne tomberaient pas dans de tels travers....
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Re: Le regard psychanalytique

Message par amalia » ven. 11 avr. 2014 19:58

autre exemple cette semaine : un patient qui sait qu'il est surdoué, études faciles, ne se foule pas pour réussir dans son boulot, etc... mais lui, je lui ai quand meme proposé le test pour lui permettre de réaliser comment il fonctionne face à une situation stressante/d'évaluation ; je lui ai expliqué mon raisonnement et ma démarche et il adhère ;
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Re: Le regard psychanalytique

Message par Tipiak » ven. 11 avr. 2014 21:28

Oui, un cas encore où le patient fait un choix en son âme et conscience, éclairé par les tenants et les aboutissants que tu lui as présentés.

Or dans le cas de mon patient, personne n'a eu le choix, et en plus il y a eu de l'enfumage avec assertion de fausses affirmations (trop jeune pour passer le test). C'est pas cool je trouve.

Merci de partager ton expérience en tout cas :)
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Re: Le regard psychanalytique

Message par Loubel » dim. 13 avr. 2014 14:32

Bonjour Tipiak,

mon histoire est la même que celle de Léo. Je l'ai déjà expliqué ailleurs...mais à l'époque où j'ai passé mon test, j'étais "malade" et j'ai été invité à réaliser le test de QI dans une démarche de connaître mon "profil psychotique" afin de déterminer si un traitement/analyse psychologique de mon "état" devrait se faire et de quelle manière ce dernier devrait se faire.

Le jour où mes parents et moi même sont allés chez le "docteur" (=oracle de mon existence future^^) pour commencer cette investigation (pour quel type de traitement psychologique), je n'ai pas été au courant de l'agenda et des to do's de cette visite. Après une entretien "très général" avec le docteur, on m'a annoncé que je devais faire quelque exercices et tests qui faisaient partie de cette investigation (nul info qu'il s'agissait d'un test QI). Les tests ont duré une avant midi entière et ont suivi d'exercices physiques, psychomotrices, prise de mesures, examen médicales, prise de sang. L'évaluation de mon test était annoncé pour le jour même (fin d'après midi). Je n'ai pas eu le droit de participer à l'explication détaillée du diagnostique qu'avait fait le docteur. J'ai n'ai pu les joindre après une heure afin qu'on me dise ce qui a été "décidé" comme parcours de traitement pour mon cas et mon "profil de maladie".

Je dis maladie, c'est ce qu'on a retenu...que je suis maladivement perturbée dans mes comportements et que j'ai des troubles de personnalités qui s'extériorisaient d'une manière spécifique (et plus que nocive pour mon bien être): le point de départ pour les premières recherches psychanalytiques. En sortant du rendez vous chez le docteur, j'ai demandé ce que que le docteur leur avait expliqué...et pourquoi j'ai du faire tous ces choses et tests. A ce moment mes parents m'ont révélé le résultat du test et ont dit que c'est pas mal, même très bien. Ceci étant un point très "favorable" à la bonne suite et réalisation de mon traitement/thérapie. Pour moi, c'était acceptable comme info - n'ayant jamais entendu parler de la SD. Et parce que dans ma tête, le problème à résoudre était bien celui qu'on avait "constaté" de manière visible.

Ce n'est qu'à ma découverte de la HP, il y a environ un an (28 ans), que j'ai pu découvrir ce qui était mon vrai profil/diagnostique et ceci grâce à un pur hasard qui a enclenché une suite de recherches et de révélations permettant d'expliquer ce que j'ai essayé avec tous les moyens possibles durant les 14 années qui précédaient cette découverte. Oui..j'étais ardue et voulais savoir ce qui ne fonctionnait pas avec moi...mais aucune "hypothèse et diagnostique associé" ne me convenait ou correspondait. Je ne me suis senti souvent comme si je correspondait à certaines traits caractéristiques mais que je ne pouvais pas dire, au contraire que je me reconnaisse dans le profil psychologique dans sa globalité (cad de la maladie, que j'e suis ...). La douane, m'a directement paru tellement "comme moi" et "révélateur" ..."pertinent"..."évident (en termes de traits/caractéristiques, profils, conséquences etc)" et m'a permis de trouver des réponses "acceptables" par rapport à ce qui m'arrivait et ce qui m'a conçu telle j'étais l'heure actuelle avec mes 28 ans.

Ces nouvelles infos m'ont même donné une réponse et des explications en ce qui concernait mon problème de santé mentale dont je souffrait à mes 14 ans...j'ose donc dire, qu'il est la base, le point de départ auquel il faut ajouter et intégrer d'autres extériorisations de troubles présents, afin de créer un tout propre à la personne qui est analyse. Prétendre qu'un QI élevé favorise une guérison vite et efficace est pour moi juste "de la bêtise" et constitue un raisonnement très basique et réducteur et irréfléchi : La personne est intelligente - elle peut donc faire en sorte d'accomplir son parcours de guérison de manière plus vite et/efficace).

Oui...bof j'ai envie de dire...j'ai eu besoin de beaucoup d'années pour tomber sur les éléments qui m'ont permis de commencer mon vrai travail, l'étude de moi même et de ma présence, personnalité, passé et réalité actuelle - éléments de base pour déterminer mon plan d'action pour mon futur.
Mon intelligence a peut être fait naître et alimenté une persévérance inébranlable, me permettant d'assembler les pièces du puzzel (étape par étape)- pour avoir à la fin "le savoir" cad les connaissances nécessaires pour réaliser mon projet moi.

Ceci dit, les nombreuses thérapies/analyses que j'ai suivi durant ces années de ma recherche de moi même, n'ont pas été inutiles, au contraire. J'ai pu découvrir beaucoup de choses sur mon fonctionnement et ma personne - tous essentielles pour former une image complète de ce "profil de moi-même".

J'ose donc conseiller, de faire le test (si possible) et de travailler avec un psychanalyste favorable et d'accord avec l'idée que la SD est un aspect à concevoir lors de la réalisation du diagnostique (et selon qu'elle s'avère diagnostiqué comme positive/ négative/ et autres).
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Re: Le regard psychanalytique

Message par soazic » dim. 13 avr. 2014 19:29

j'ai ce type de parcours,j'ai passé les tests mais n' ai pas été en état d'entendre le résultat, ça n'avait aucun sens pour moi à cette époque tant je trainais mes boulets depuis longtemps, quand j'ai entamé une analyse je n'ai aucunement fait le lien entre mes pbs et la douance, c'est quand ma fille a été testée que le lien s'est fait.
Pour moi savoir fait partie de la thérapie, après je ne regrette pas d'avoir perdu ce temps vu qu'il m'a surtout enrichie, l'analyse m'a énormément servie, ma psy était extra, le parcours a été douloureux mais cela en valait la peine. Après, prendre le test en compte aurait complété le puzzle et donné un éclairage plus complet.
Alors, pour autrui: savoir prendre en compte la douance, mille fois oui. C'est le message que je tente de faire passer auprès des collègues...

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Re: Le regard psychanalytique

Message par Tipiak » lun. 14 avr. 2014 14:56

Merci Loubel et Soazic :

Ca éclaire ma lanterne : j'ai la confirmation que ce n'est pas la peine de jeter la psychanalyse au feu sans discernement, mais qu'il est primordial de trouver un thérapeute éclairé et ouvert sur la question de la douance.

Par contre je ne comprends toujours pas pourquoi une partie des psychanalystes veut à tout prix considérer la douance comme un symptôme d'un truc qui va mal, et non comme une donnée caractéristique de l'individu au même titre que la langue maternelle ou la couleur de peau.


(Dans le cas de mon patient, la psychanalyste ne considère pas du tout la douance, mais c'est davantage par manque de compétence sur la question je pense : elle préfère rester dans sa zone de confort et y bloquer le patient avec elle.)
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Re: Le regard psychanalytique

Message par amalia » lun. 14 avr. 2014 20:33

parce que cela reflète le modèle théorique de la psychanalyse : tout se passe dans l'inconscient, entre le patient et le patient ; fi de l'environnement, des autres, et de la biologie ...

admettre ça revient à mettre en doute un modèle, accepter qu'il puisse y en avoir un autre ou plutot des autres, qui ont des points de vue différents ; admettre que ses certitudes et toute sa vie professionnelle (sinon personnelle) ne reposent sur rien...

j'en parlais avec un collègue psycho d'orientation psychanalytique, qui était très dépité voire déstabilisé quand je lui ai expliqué la théorie tcc, que pour nous, l'inconcscient existe mais sous la forme de processus mentaux, pas de topiques ou choses assez incompréhensibles ; dépité quand je lui ai parlé des différences interpersonnelles par ex. la sensibilité à l'anxiété, ou à la dépression; il semblait assez déstabilisé.

mais il existe des psychanalystes qui sont capables d'entendre qu'il existe plusieurs modèles théoriques, que ce ne sont que des approximations de la réalité, qui permettent de modéliser, de comprendre, forcément par des simplifications et des approximations.
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Re: Le regard psychanalytique

Message par lobo » lun. 14 avr. 2014 22:14

Loubel a écrit : Ces nouvelles infos m'ont même donné une réponse et des explications en ce qui concernait mon problème de santé mentale dont je souffrait à mes 14 ans...j'ose donc dire, qu'il est la base, le point de départ auquel il faut ajouter et intégrer d'autres extériorisations de troubles présents, afin de créer un tout propre à la personne qui est analyse. Prétendre qu'un QI élevé favorise une guérison vite et efficace est pour moi juste "de la bêtise" et constitue un raisonnement très basique et réducteur et irréfléchi : La personne est intelligente - elle peut donc faire en sorte d'accomplir son parcours de guérison de manière plus vite et/efficace).
Loubel, ton récit m'a donné froid dans le dos. Qu' un professionnel de la santé mentale mette de côté une info comme celle-là pour cause de fixation sur sa propre spécialité, je trouve ça désolant.
En tout cas, grâce à ta pugnacité tu as fini par retrouver cette clé et l'utiliser enfin, ça c'est génial :rock:

Tipiak, dans le cas de ton patient, si c'est quelqu'un d' assez jeune, qu'en disent les parents ?

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Re: Le regard psychanalytique

Message par Tipiak » mar. 15 avr. 2014 21:10

Le patient est mineur, et les parents... entendent mon discours et celui de leur praticienne, donc il va s'agir pour eux de naviguer entre ce qu'on leur dit et de faire leur propre choix... Espérons que celui qu'ils feront sera celui qui est le mieux pour leur enfant.
De mon côté je leur ai donné mon point de vue en essayant de pas casser celui de leur thérapeute, car je vois pas en quoi ça leur rendrait service, même si je pense que cette praticienne usurpe son titre.
je leur ai dit que mon objectif était de leur fournir des éléments de réflexion les laissant libre de faire leur propre choix de façon éclairée.
Après, mon rôle atteint ses limites je pense...
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
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Re: Le regard psychanalytique

Message par soazic » mar. 15 avr. 2014 21:42

Position délicate
Avoir une clef n'empêchera pas l'introspection, c'est juste regarder un problème avec du 100watts plutôt que du 60. Il est légitime de rendre à quelqu'un une clef qui lui appartient. Puissent un jour ces thérapeutes cesser d'avoir peur.

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Re: Le regard psychanalytique

Message par amalia » mar. 15 avr. 2014 21:43

Situation pas facile mais tu as semé la graine... à suivre.

tu fais quoi comme boulot si c'est pas indiscret ?
Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.''Rebecca West

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Re: Le regard psychanalytique

Message par Tipiak » mer. 16 avr. 2014 12:00

Ben mes outils de travail sont des jouets, des livres, du papier et des crayons, et je suis payé pour embêter des enfants toute la journée :D je suis orthophoniste :)
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Re: Le regard psychanalytique

Message par marmotte » mer. 16 avr. 2014 12:07

Tipiak a écrit : Donc là l'idée, si vous avez suivi, ça serait de retrouver les arguments justifiant que savoir qu'on est surdoué n'est pas indispensable si c'est autre chose qui nous rend malheureux.
[/align]

Pour revenir à ta question de départ, je dirais que
La douance ne rend pas malheureux
La douance fait réagir différemment (cela inclut le cas ou est malheureux)
Savoir qu'on est surdoué permet de comprendre pourquoi on réagit différemment, et donc de repasser dans la pensée "je suis normal(e)" qui celle la fait du bien même si on est malheureux pour autre chose.
On pourrait dire
Connais toi toi même et fait ton test!!!

Lio_

Re: Le regard psychanalytique

Message par Lio_ » lun. 12 mai 2014 13:19

Juste une petite réponse sur ce sujet qui me tient à cœur.
Je suis ceinture noire de psy.
Dès l'age de 13 ans, l'institution scolaire (pas plus capable de dépister les enfants dits "doués" que de se remettre en cause) a "incité" mes parents à m'envoyer chez un psy pour effacer ce que mon directeur d'établissement appelait un "vilain complexe de supériorité". J'en ai aujourd'hui 43 et vois toujours des psys. ça fait 30 ans, qui dit mieux ?

Lorsque j'ai passé les tests et que l'on m'a donné les résultats (cogito'z paris) en 2010, j'ai versé ma petite larme... c'était, à 39 ans, la première explication plausible (et plutôt positive) à tout ce qui m'arrivait depuis tout petit. C'était la première fois que l'on me disait "compte tenu de ce que vous êtes, le décalage permanent que vous vivez est explicable".
Les "structures établies", (école, monde du travail,...) avait pourtant réussi à me convaincre... Je me vivais de l'intérieur comme un individu qui avait "quelque chose en moins" par rapport aux autres. Les psys que j'ai vu avant les tests, c'est à dire depuis tout jeune, (pour en revenir au thème du post) ne m'ont pas convaincu du contraire. J'ai longuement recherché pendant des années les traumatismes potentiels et autres œdipes irrésolus qui auraient pu faire de moi ce que j'étais. En vain.
Ce qui est intéressant, c'est la réaction des psys que je voyais à l'annonce du diagnostic AHP (pour info, l'idée d'aller passer des tests est venue de moi après avoir eu entre mes mains le livre "trop intelligent pour être heureux", ouvrage dans lequel je me suis reconnu...).
Je suis donc revenu de Paris avec mes tests et je me suis empressé d'annoncer le résultat à mon psy (lacanien). Avec un peu d'enthousiasme puisque pour la première fois de ma vie, je pouvais m'identifier à un groupe d'humain concernés par les mêmes problématiques que moi, et que surtout "je n'étais ni fou, ni seul". Est-ce mon enthousiasme qui l'à étonné ? (c'est vrai que ça n'est pas ce qui me caractérise...) Sa réponse a été : "que voulez vous que je vous dise ? apparemment, vous avez trouvé dieu..." Je ne veux pas le blâmer, c'était un bon praticien. Juste, il était ... lacanien ! Et l'explication rationnelle avec laquelle j'arrivai à sonné à ses oreilles comme une remise en cause de l'édifice sur lequel il avait construit sa carrière : LANCAN.
ça tombait bien, il devait prendre sa retraite peu après. J'ai donc cherché sur internet et de l'avis quais unanime les psys dits "comportementalistes" semblaient les mieux formés pour aider les personnes comme moi.
J'en ai donc choisi un a échirolles (banlieue grenobloise). Première séance, je lui fait un petit topo sur mon parcours de vie (douloureux) et l'informe de la particularité de mon QI et des résultats des tests fraichement tombés. Réponse : "Ne vous inquiétez pas, j'ai plein de patient comme vous. En plus, vous avez de la chance. J'aurai bien aimé être surdoué moi. Etre bon aux échec, fort en math, tout ça.. "
Je ne lui ai pas dis bien sur mais j'ai pensé "tu veux qu'on échange connard ? tu veux mes heures de colles ? mes punitions scolaires ? tu veux mon incapacité à m'adapter au monde ? tu veux mes années de chomage ? tu veux mon compte en banque vide ? tu veux mes factures que je n'arrive pas à payer ? tu veux ma tristesse ? tu veux ma lucidité sur le monde qui m'entoure et la désespérance qu'elle entraine ? tu veux une sensibilité irrationnelle ? tu veux pleurer systématiquement quand tu vois un chat écrasé au bord d'une route ?". Bien sûr je lui ai souri payé mes 45 euros je suis parti et jamais revenu (j'ai été en cela bien aidé par une bible (oui... une bible) posée bien en évidence dans sa salle d'attente, ainsi que d'autres ouvrage sur la foi. Je n'ai rien contre, mais si les réponses sont dans les églises pourquoi devenir psy et pas curé ?
Donc changement de psy, un nouveau rdv à Grenoble cette fois ci. Re-belotte, j'explique... Réponse : "J'ai l'habitude des cas comme le votre. Je suis d'accord pour vous "m'occuper de vous". Je vous donne un premier conseil : il y a un monastère boudhiste dans les montagnes, je vous conseille de vous rapprocher des moines et d'échanger avec eux. ça vous fera du bien. Moi j'ai été malade et cette démarche m'a sauvé !"
Un coup d'oeil circulaire dans la pièce : des statues de boudha partout et une déco "zhen" très improbable...
45 euros plus tard, je suis parti et pas revenu.

Moralité :
1 - si vous cherchez une psy comportementaliste dans la région grenobloise, faites TRES attention au vous mettez les pieds. Le troisième a été le bon (moins farfelu et beaucoup plus mesuré et rationnel dans ses propos).
2 - je commence a penser (au bout de 30 ans, il était temps...) que les psys ne peuvent pas grand chose pour nous. Pourtant, je continue à "consulter" pour aller chercher mon ordonance... et aborder des problèmes ponctuels pendant 20 minutes, alors que j'aurai de quoi analyser chacun d'entre eux une journée entière... frustrant.

Pour revenir au theme du post : j'aurai aimé avoir conscience de ma particularité d'AHP beaucoup plus tôt dans ma vie. Etre diagnostiqué à jeté un éclairage nouveau sur mon histoire et mon parcours. En revanche, je n'ai à ce jour trouvé aucune solution pour apprendre a fonctionner avec le monde qui m'entoure et aucun psy n'a axé son travail avec moi sur la "douance" (j'ai toujours du mal avec ce mot...) comme élément central du travail d'analyse. Donc, je suis toujours autant en difficulté, juste, je sais désormais pourquoi...

Pardon pour ce pavé indigeste et impudique, mais il fallait que ça sorte

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Re: Le regard psychanalytique

Message par Mlle Rose » lun. 12 mai 2014 15:29

Si on part du principe que les surdoués n'ont pas tout le même parcours douloureux (y'a plein d'exemples), que les gens qui ont des parcours douloureux ne sont pas nécessairement surdoués (y'a plein d'exemples aussi), peut-être que simplement la douance n'est pas à mettre au niveau central et que, si c'est un paramètre à prendre en compte, ce n'est pas forcément LA solution....
On le répète un peu souvent ici.
Peut-être aussi as-tu cherché simplement chez les psys ce qu'ils ne pouvaient t'apporter, peut-être est-ce une question d'attentes inappropriées ?
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Re: Le regard psychanalytique

Message par Tipiak » lun. 12 mai 2014 19:09

Tout à fait d'accord avec le fait que la douance n'est pas systématiquement à placer au niveau central, et tout autant d'accord sur l'idée qu'il paraît difficile d'aider un douancé sans tenir compte de sa douance.

Par contre en ce qui concerne Lio_, ça illustre ma crainte de voir mon patient objet de soin et non sujet : De ce que je comprends de son récit, il semble que Lio_ ait cherché de l'aide, simplement, en lieu et place de quoi il s'est vu coller des étiquettes sur le frontal à grand renfort de petit bout de lorgnette par chaque représentant de paroisse.

Des diverses expériences que j'ai pu entendre ou lire, il semble que certains "psy" soient davantage enclins à ne considérer le patient que par ce qui le ramène dans leur champ de compétence, ce qui a l'avantage d'être confortable pour eux, mais incohérent pour le patient. Et ce alors que naïvement, tout individu devrait être en droit d'attendre d'un praticien l'honnêteté de reconnaître que son modèle théorique / son champ de compétence n'est pas approprié pour un cas donné.

Quand donc sera généralisée l'idée que reconnaître les limites d'un modèle n'est pas en contester la validité ?

je crois que les attentes de Lio_ n'étaient pas forcément inappropriées, mais que plus probablement, ce sont les réponses qui lui ont été faites qui ont été, pour certaines, malhonnêtes.
Lio_ a écrit :Je suis donc revenu de Paris avec mes tests et je me suis empressé d'annoncer le résultat à mon psy (lacanien). Avec un peu d'enthousiasme puisque pour la première fois de ma vie, je pouvais m'identifier à un groupe d'humain concernés par les mêmes problématiques que moi, et que surtout "je n'étais ni fou, ni seul". Est-ce mon enthousiasme qui l'à étonné ? (c'est vrai que ça n'est pas ce qui me caractérise...) Sa réponse a été : "que voulez vous que je vous dise ? apparemment, vous avez trouvé dieu..." Je ne veux pas le blâmer, c'était un bon praticien. Juste, il était ... lacanien ! Et l'explication rationnelle avec laquelle j'arrivai à sonné à ses oreilles comme une remise en cause de l'édifice sur lequel il avait construit sa carrière : LANCAN.

Et vu que tu es ceinture noire de psy, y'a moyen d'avoir un cours de rattrapage de Lacan pour les nuls qui expliquerait en quoi dire à un lacanien revient à dynamiter son Lady Fice (édifice théorique) ?
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
Mais ma signature est toujours 20% plus cool, d'ailleurs je retourne sur mon bateau pêcher des colins, signé ton papa le Captain Igloo.

Lio_

Re: Le regard psychanalytique

Message par Lio_ » lun. 12 mai 2014 20:45

Lady fist ? ça devient bizarre ce forum...

Plus sérieusement, qu'il fut lacanien, freudien, boudhiste ou supporter de l'Olympique Lyonnais n'est pas véritablement, à mes yeux, le centre de ma déception.
C'est, comme tu le dis avec beaucoup de justesse et de finesse, un automatisme de lecture des situations au prisme d'un modus operandi systématisé par l'appartenance à une école , un enseignement , bref un "cadre strict". (le cadre, mon pire ennemi...).
Je tiens quand même à dire que je ne blâme pas les psys susmentionnés. Ils étaient je pense de bonne foi et investi du desir d'aider l'autre. C'est à mettre à leur crédit. J'ai juste voulu dire que malgré toute leur bonne volonté ils ne cernent pas de quoi il est question. Ils peuvent imaginer ce qui se passe dans la tete d'un schizo, d'un dépressif, d'un bipolaire, mais visiblement pas d'un AHP.
Je suis d'accord aussi pour dire que cette particularité est une composante parmi d'autres.
Quand au positionnement du patient comme objet et non comme sujet, ta remarque me parait fondée et elle est pour moi une vraie source de réflexion. Je t'en remercie. Je crois que la souffrance répétée "objetise" l'individu, et qu'à un certain niveau de douleur on attend beaucoup du savoir et de l'action de l'autre. Surtout quand il y a marqué PSY sur la porte. Mea culpa à ce sujet et merci de ce distingo que les psys devraient marteler a leurs patients

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