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Ceux qui ont été testés enfants

Ici vous pourrez échanger au sujet du diagnostic et de l'accompagnement

Modérateur: Bradeck

Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar *Za* » Mer 17 Juil 2013 14:58

Offtopic :
Tails a écrit:Mais bon je me souviens pas vraiment du test, à part UNE partie ! UNE seule. Pourquoi ? Parce que je m'étais planté à ce subtest, vous imaginez pas la rage. Le subtest en question c'était simplement des cubes en bois avec un chalet enneigé dessus, à la lisière d'une forêt de sapin, le chalet était rouge dans mon souvenir (si si je vous jure je m'en rappelle, je pourrais même les dessiner ces cubes si j'étais bon en dessin). Les cubes semblaient être tous les même, à ceci près que la psy m'a demandé de les mettre dans l'ordre. "Dans l'ordre ? Pourquoi dans l'ordre ? Ce sont tous les mêmes"....résultat : foirage ! LA petite astuce était de suivre les ombres sur les cubes pour voir qu'il y avait un ordre chronologique : matin, midi, soir..."
haha ! trop marrant, je me souviens de ce chalet aussi, j'avais été hyper vexée car dans ma remise en ordre, le soleil allait de droite à gauche (donc d'ouest en est). Comme je tannais tout du long la psy pour savoir si c'était bien ça qu'il fallait faire, elle m'explique que non, parce que le soleil doit se lever à gauche, l'est, et se coucher à droite, l'ouest. Moi, hyper-vexée, je commence à lui dire que oui, mais si on se place "de l'autre côté du soleil", ben ça fera de droite à gauche, donc c'est possible madame !!!... refus catégorique de mon explication, je suis absolument mortifiée qu'on me dise que j'ai tort !!...

... l'année dernière, je débarque dans l'hémisphère Sud, et là ce souvenir me revient d'un coup, parce que sous mes yeux ébahis, le soleil se lève à droite et se couche à gauche de son zénith... il suffisait de passer de l'autre côté de l'équateur...
Rhhaaaa mais quelle tête de mule je fais !!!!
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et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête... J. Prévert
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar totop » Jeu 18 Juil 2013 10:08

Sujet vraiment émouvant... Vos témoignages m'ont donné envie de rajouter ma modeste contribution.

J'ai été diagnostiqué vers les 12-13 ans. C'est un souvenir un peu vague car c'est à cette époque que je suis passé de l'enfant un peu bizarre au paria bon à tabasser, racketter et humilier ; ma naïveté enfantine, ma foi en la gentillesse universelle (un peu en baisse depuis :D1 ) faisaient le bonheur de mes tortionnaires. Pas vraiment la période de la vie dont j'ai envie d'avoir des souvenirs clairs :D1
C'était dans un CIO, suite à un effondrement brutal de mes notes à l'école, inexplicable puisque j'avais jusque là été dans la moyenne haute (dite "intello" au collège...) à ce niveau là.

Je ne peux pas vraiment dire que le résultat m'a soulagé ni aidé en quoi que ce soit, au contraire même. Je n'ai AUCUN souvenir des explications qui ont été données, peut-être parce que je n'avais pas envie de les entendre, j'en sais rien. Toujours est-il que mes parents ont, eux, interprété le résultat sous un regard uniquement "scolaire". Ouf, j'étais surdoué, donc mes notes (et accessoirement, mon mal-être, mais ça, ils n'ont jamais pu le voir) étaient dues à un mauvais environnement scolaire. Ils m'ont changé de collège, et ma vie a repris un cours normal. Sur le plan scolaire. Moi, j'ai continué à souffrir d'être incompris, seul, rejeté...

Comme j'étais surdoué, j'étais fortement promis à un grand avenir ( :roll: ). J'ai du porter ce poids toute ma scolarité, poids qui m'étais mis sur les épaules par ma famille et par effet de bord, par moi-même. Quelque part, je comprends leur confusion, j'ai eu la chance d'avoir eu les bonnes conditions aux bons moments pour réussir, et au final j'ai fait des études qui me convenaient à peu-près, même si j'ai failli péter un plomb sur la fin à cause de l'ennui accumulé.

Après mes études (finies il y a un an), j'ai commencé à traverser une grave crise identitaire. J'avais "réussi" ce qu'on attendait de moi, et j'ai pu constater que cet objectif à atteindre n'avait été qu'une illusion qui n'avait fait que retarder l'échéance, et qu'aucun de mes problèmes n'était réglé, au contraire, ils me sont revenus en pleine tête sans prévenir.

D'abord furieux contre moi-même d'avoir été aussi aveugle, j'ai commencé à chercher des réponses. Un jour, j'ai vu un documentaire sur le syndrome d'Asperger, dans lequel je ne me suis pas spécialement reconnu (quelques traits mais très mineurs), mais qui m'a énormément touché. Je ressentais moi aussi cette mise à l'écart, cette "non appartenance" à l'humanité. Peu de temps après, au gré de mes recherches, je suis tombé sur un article parlant des différences entre les surdoués et les gens "normaux". Toute ma vie s'est effondrée en quelques minutes. J'ai pleuré à chaudes larmes, pour la première fois depuis 10 ans...

Et maintenant je suis là, avec encore beaucoup plus de questions que de réponses, mais avec enfin le sentiment d'avoir la possibilité de me connaitre :cheers:
totop
 

(déplacé)

Messagepar Melvill » Mer 4 Déc 2013 18:36

Est-ce que certains d'entre vous auraient quelques lumière à m'apporter sur les différents tests et leurs caractéristiques ?

Je me pose beaucoup de questions sur la manière dont j'ai été testée enfant, j'aimerai trouver quelques informations avant que de commencer à retourner l'académie de Grenoble.

Test passé il y a 27 ans (ah oui quand même :roll: ) avec une psychologue scolaire.
Apparemment le score à ce test se calculait par âge intellectuel/âge réel X 100 (en tout cas c'est ainsi qu'elle l'a restitué, qui plus est en ne donnant qu'un score global sans détailler les subtests).
Savez vous quel type de test fonctionne ainsi ? Je me souviens seulement de mots qu'il fallait définir et de figures à reproduire à partir de cubes (chaque côté du cube est d'une couleur différente : blanc, rouge ou bicolore).
Question subsidiaire, savez vous quel est l'écart maximal âge réel - "âge intellectuel" mesuré par le test ?

J'espère que certains auront des réponses parce que le peu d'information que j'ai pu avoir sur mes résultats, eh bien c'est très peu d'info et carrément incohérentes :saoul:

Offtopic :
A la question "pourquoi rechercher de vieux résultats plutôt que de refaire un test" : j'ai pris rendez-vous avec une psy pour nouveau un bilan (merci Mlle rose !), simplement je n'aime pas rester avec ces choses que l'on m'a dites et qui me semblent aujourd'hui invraisemblables. Bref, quoi qu'il en soit, je m'offre une WAIS avec mes sous, et on me fera le compte rendu à moi cette fois :coleredefeu:


 ! Mlle Rose a écrit:
post déplacé, j'y ai inséré les réponses qui ont été faites


alicesmartise a écrit:On peut faire le quotient âge mental/âge réel x 100 avec les scores du WISC — mais ça doit être possible avec d'autres tests, les subtests cubes et vocabulaire correspondent à ta description en tout cas.

Sinon, le WISC-III ne va pas au-dessus de 160 ; tu peux trouver les plafonds et écarts-types de plusieurs tests sur le deuxième tableau de cette page.


Melvill a écrit:
alicesmartise a écrit:On peut faire le quotient âge mental/âge réel x 100 avec les scores du WISC — mais ça doit être possible avec d'autres tests, les subtests cubes et vocabulaire correspondent à ta description en tout cas.

Sinon, le WISC-III ne va pas au-dessus de 160 ; tu peux trouver les plafonds et écarts-types de plusieurs tests sur le deuxième tableau de cette page.


Merci beaucoup pour tes infos.
Au moins il est clair qu'il est impossible de reconstituer un bilan cohérent en confrontant mes infos à la réalité des tests.
Dons je tourne la page et je repasse une WAIS. :roll:


W4x a écrit:
Offtopic :
On s'éloigne un peu du sujet... il existe d'autres fils sur les tests pour adultes, notamment ici à propos du WAIS IV
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar TourneLune » Jeu 5 Déc 2013 18:06

Je remonte ce topic de façon un peu HS mais je me posais une question en lien avec le titre, alors....

Ce forum a été créé par des personnes ayant été diagnostiquées adultes, après un questionnement souvent un peu douloureux qui a amené une prise de conscience. Du coup, ça se ressent dans la structure-même du forum et notamment dans les sujets qui ont été particulièrement en avant ( attention aux pièges, choisir un psy, effet barnum, etc..)

Je me demandais du coup si les personnes ayant été testées enfants se retrouvaient dans tout ça, comment elles pouvaient se l'approprier ou pas, si elles auraient mis en avant d'autres points importants, si elles auraient un autre point de vue sur bon nombre de choses qui nous semblent importantes?

Nous avons 29 pages de témoignages sur le vécu du test ( donc, dans l'essentiel, plutôt des personnes ayant découvert récemment leur potentielle douance) et 3 pages dans ce sujet dont pas mal de témoignages de personnes pas concernées par le titre ( dont moi ;) ) Comment se fait-ce? Le forum semble-t-il n'être attractif que pour ceux qui sont en recherche, perdant un peu son objectif d'échange et partage entre personnes surdouées?
Ceux ayant été diagnostiqués enfants sont-ils fâchés avec la douance ou l'ont-ils assimilé et donc ne cherchent pas à échanger autour de cette notion ou avec leur "semblable"?

A vrai dire, j'ai appris récemment qu'une amie que j'appréciais beaucoup avait été diagnostiquée enfant. On a un peu parlé du forum mais je n'ai pas trop su lui dire ce que celui-ci pourrait lui apporter...
Des idées?
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Tails » Jeu 5 Déc 2013 18:39

Question intéressante à vrai dire Tournesol, le forum en lui-même - je pense - apporte beaucoup à tous ceux qui cherchent plus d'infos sur la douance, qu'ils soient en recherche, avec un bilan indécis, diag - ou diag +, testé enfants ou adultes.

La question de la douance en rapport avec le fait d'avoir été testé enfant est apparu dans de nombreuses discussions hors fofo que j'ai eu ces derniers temps. Pour moi ce qui en est ressorti (ayant été testé enfant) c'est l'immense problème - suivant l'âge - de se souvenir du test en lui-même. Pour ma part je suis fortement entrain de réfléchir à la possibilité de re-passer le test (si quelqu'un a des chemises, je fais aussi moyennant une bière ou deux)...enfin trève de plaisanteries. L'idée est donc revenue de passer le test pour plusieurs raison (et je parle de ma propre expérience, je ne sais pas du tout comment ça peut se passer pour les autres) :

1. Manque de souvenirs quant à la passation même du test : Je me rappelle d'un seul et unique subtest pour la simple et bonne raison que je l'ai foiré. J'ai vaguement le souvenir d'avoir répondu à des questions de culture générale mais c'est tout.

2. Pas de bilan écrit ! À mon grand désespoir d'ailleurs, j'ai contacté ma psychologue de l'époque, elle partait à la retraite de lendemain (ô ironie) et n'avait plus rien du tout sur moi hormis un dessin que j'avais fait et les résultats numériques du test.

3. Et le plus important selon moi, le fait d'être "dépossédé" de quelque chose. Pour ma part on ne m'a jamais expliqué ce que "surdoué" voulait dire, ou alors vaguement, ou alors on me l'a expliqué et j'ai écarté ça de ma mémoire pour je ne sais quelle raison. Le fait d'avoir passé le test étant enfant fait que - et c'est une amie qui m'a fait penser à ça - ce n'est pas une démarche "personnelle", ce sont les parents qui décident et l'enfant fait juste son test, sans avoir tout le processus de questionnement derrière que peuvent avoir les adultes.

Donc je dirais que - pour ma part - je ne suis pas "fâché" avec le sujet de la douance et je ne pourrais pas dire non plus que je l'ai intégré. Au contraire si je suis venu sur ce forum c'est que beaucoup de questions sont restées sans réponse ! Pour ma part je suis, je pense, autant en recherche que n'importe quel adulte qui n'aurait pas passé le test et qui se pose des questions sur le sujet.

Par contre, quelque chose qui pourrait aller dans cette direction de "l'assimilation" et le fait que toutes ces personnes ayant été testées enfant savent depuis plusieurs années que quelque chose est différent et ces personnes savent QU'EST-CE qui est différent même si certains - comme moi - n'arrivent pas tout à fait à mettre le doigt dessus, ces personnes savent que quelque chose "là-haut" est "plus", est "autre" que chez "les autres". Donc du coup il y a tout un vécu là derrière. Ce que je veux dire par là c'est que le fait de savoir qu'on a ce "truc" change beaucoup de choses, notamment dans la famille, le comportement des proches vis-à-vis de vous durant l'enfance (ça a été un sacré sujet chez moi à l'époque, on m'a même appelé (mes cousins) pendant quelques temps simplement par mon score de Q.I...voyez la chose quoi). De plus certains parents peuvent avoir des attentes quant à tout cela, ou peuvent voir leur enfant différemment. J'ai personnellement eu l'impression d'être vu comme un petit bonhomme différent, dont on riait un peu des questions incessantes qu'il avait dans la tête et pour lequel on était un peu désolé de ne pouvoir l'aider, mais qu'on a foncièrement poussé vers l'avant pour qu'il assouvisse son besoin de réponse. Le fait est que mettre un "nom" sur quelque chose change tout et cela je pense est le point commun avec les personnes diagnostiquées adultes. Ce qui change, dans cette optique, c'est la durée. On sait depuis des années maintenant ce qui change, alors on cherche les réponses à nos questions....mais certaines ont les a peut être déjà, ou certains schémas on les a déjà vécu. Personnellement même si la question me taraude encore parce que je ne SAIS toujours PAS comment tout ce bordel fonctionne, je remarque que parler et reparler des mêmes sujets devient très vite "énervant". Le problème, souvent, que j'ai avec les personnes récemment testées est qu'elles se basent sur des livres tels que JSF ou autres et qui ont tendance à se définir par les mots mêmes du livre et c'est très frustrant parfois parce qu'on a l'impression de tourner en rond.

Voilà, c'est partiel et surtout partial et je ne sais même pas si ça répond vraiment à ta question, j'ai essayé du moins...mais merci pour les questions car je pense qu'elles sont pertinentes. J'espère que d'autres y répondront car ce début de débat m'intéresse fortement. :lire2: (a et désolé pour le nombrilocentrisme, c'était juste pour exemplifier ^^'')
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Servix » Dim 15 Déc 2013 21:17

Ma petite pierre à l'édifice. Après avoir tourné dix huit fois ma langue dans ma bouche, et bien vérifié qu'il était précisément 10h, j'ai appelé ma mère sous un prétexte totalement fallacieux, alors que j'étais entrain de passer le Wais. N'y ayant jamais véritablement pensé, le fait que j'ai sauté la grande section et le CE1, était naturel. Donc pas de question(s). La vie a fait son chemin et les question sont venues. Et je l'ai posée la question. La réponse était prévisible. A la demande de la Directice de la maternelle, nous avons consulté un psy pour savoir si tu étais apte à rentrer au cp. Et il disait quoi le psy. Eh bien vois-tu je ne m'en souviens guère..., sinon que ce n'était pas un problème
Tout cela pour dire que j'ai entendu matin midi et soir que j'étais "doué" sans vraiment comprendre d'ou cela venait d'autant que, ces tests , je ne m'en souviens guère.
Au total, une certaine amertume aujourd'hui... que de temps perdu!
Mais toute ombre, en dernier lieu, est pourtant aussi fille de la lumière et seul celui qui a connu la clarté et les ténèbres, la guerre et la paix, la grandeur et la décadence a vraiment vécu. S.Zweig
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar SelAli » Jeu 26 Juin 2014 13:18

Bonjour,
J'ai moi-même passé le test WISC à l'âge de 8 ans. Je souffrais alors d'un désintérêt terrible pour l'école, et ce sont les conseils de ma prof de théâtre qui ont poussé mes parents à me faire passer un test.

Ils m'ont expliqué que j'allais voir une psy, qui allait tenter de comprendre ma façon de réfléchir. A l'époque, je ne pensais pas être surdoué, mais il est vrai qu'avec le recul, je me rends compte que certains comportements étaient alarmants. Je ne fréquentais que des gens plus âgés, par le biais de mes cours de théâtre.

Le test en lui-même était un superbe moment. J'ai adoré être confronté à des cas qui me semblaient alors bien plus intéressants que l'école. Ma rencontre avec cette psy a été un instant déterminant.
Lors de la restitution des résultats, j'étais stressé. J'ai eu peur de décevoir mes parents, sans comprendre qu'ils n'y apportaient que peu d'importance. Pour moi, c'était déterminant.
Je me rappelle de ce jour comme si c'était hier. Mes parents sont entrés dans la salle de consultation, pendant que je lisais un magazine de science dans la salle d'attente. Le temps m'a paru extrêmement long. Puis, la psy m'a reçu dans son bureau. Elle m'a expliqué les résultats de mon test, et ce que ça impliquait.

Près de 10 ans plus tard, je pense que mes parents se souviennent encore de la façon dont je les ai assailli de questions dans la voiture, au retour. Je suis ravi qu'ils aient pris cette initiative, qui m'a permis de saisir alors comment je fonctionnais, comment je suis "câblé", comme dirais l'autre :D

Le test peut être traumatisant pour un enfant, si il voit ça comme une évaluation. Il aura peur de mal faire, loin de la perfection. Cependant, si comme moi, il y prend plaisir, alors jamais il ne le regrettera. L'important, à mes yeux, est de lui faire comprendre son intérêt à le passer. Il doit comprendre que c'est une opportunité pour lui, et qu'il ne le passe pas comme une "bête de foire" (si vous voyez ce que je veux dire).
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Tipiak » Lun 21 Juil 2014 10:25

Bien que n'ayant pas été testé enfant (ou alors on me l'a bien caché, ce qui n'est pas impossible) ; je prends la liberté de participer à la discussion pour faire part d'une réflexion qui m'est venue à la lecture de tous ces témoignages :
Il me semble qu'il est aussi déterminant de se voir annoncer qu'on est surdoué lorsqu'on est jeune, que de se voir expliquer ce que ça implique en termes de fonctionnement psychique : on voit bien dans les témoignages précédents que lorsqu'une de ces deux parties n'a pas été assurée, un manque a été ressenti. Ca c'est de l'enfonçage de porte ouverte, et l'injustice que représente le fait d'avoir été testé "malgré soi", de ne pas avoir été considéré comme le premier destinataire des résultats et explications, me met parfaitement hors de moi. La réflexion dont je voulais faire part est qu'au delà de ces deux parties (résultat - explication), la connaissance du fonctionnement des autres, des 98% paraît être encore plus déterminante.
En gros, annoncer le résultat et l'expliquer c'est bien, donner les clés de comment font les autres, comment les comprendre et s'en faire comprendre, c'est mieux. Personnellement, c'est vraiment ce qui m'a manqué. Et ça influence certainement ma vision des choses.
Nous ne te lècherons pas car tu es toxique!
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Bakou » Mar 29 Juil 2014 23:09

C'est étonnant que ce sujet ne soit pas très fourni, je trouve ça vraiment intéressant pourtant. Je me permets donc d'apporter mon expérience de "testé étant enfant".

En fait pour commencer l'histoire dès le début, dès l'âge de 3 ans, on m'a fait passer des petits tests pendant l'heure de la sieste à l'école, qui se sont soldés par un passage direct chez les plus grands. En primaire je continuais d'avoir des résultats excellents, et une avance toujours considérable malgré mon saut de classe, si bien que mes parents décidèrent de m'amener chez une psy. J'ai retrouvé le papier du diagnostic complet il n'y a pas si longtemps, avec ses commentaires. Elle décrit un enfant "surdoué", qui ne présente "aucun signe de stress pendant le test", et qui "cherche à avoir le dessus sur l'adulte". J'étais extrêmement surpris de lire ce que j'appellerais simplement les délires d'une psy qui ne m'avait visiblement pas compris. J'étais terrorisé pendant le test si bien que je n'osais jamais répondre, j'avais tellement peur de décevoir mes parents, de ne pas être "ce que les gens attendaient". Bref je suis quand même ressorti de là avec mon étiquette de surdoué.

Comme je l'ai précisé dans ma présentation j'ai grandi avec un demi frère de 4 ans mon aîné, pas surdoué. A partir de là (du diagnostique), je suis devenu le "surdoué, celui qu'on peut laisser se débrouiller tout seul, qui n'a pas besoin d'aide, et qui doit tout réussir". A l'école, les profs avaient été mis au courant, ce qui quand j'essayais de participer me valait souvent "on sait que tu sais, laisse participer les autres". A la maison, j'aimais faire les devoirs de mon frère avec lui puisque j'avais fini les miens tout de suite, ce qui me valait aussi souvent le même genre de commentaires, pas toujours dits d'une manière très douce. Tout ça (je pense que c'est ça) a fait que je suis devenu extrêmement difficile à vivre, avec pas mal de traits autistiques qui se sont amplifiés dans mon comportement au quotidien (mes parents m'ont d'ailleurs fait faire un petit séjour dans un service de détection de l'autisme, détection dont je n'ai jamais eu vent après). A force de tout intérioriser , prendre sur moi, mon décalage avec les autres n'a fait que se renforcer.

A la suite de ça, je n'ai plus jamais osé participer à l'école, ni même "participer" en général, de peur qu'on me qualifie encore de "monsieur je sais tout et qui empêche les autres de progresser". Je pense que c'est resté gravé dans mon inconscient quelque part.

En bref voilà ce que le fait d'avoir été diagnostiqué enfant, sans avoir de véritable soutien dans ma douance (je ne remets pas en cause le soutien général de mes parents, qui ont toujours été là pour moi, mais pas dans la douance justement EDIT: en fait je me souviens qu'ils m'avaient proposé d'aller dans un collège spécialisé (pas pour surdoués spécifiquement, mais avec plus de trucs, plus d'accompagnement, d'activités etc), ce que bien sûr j'ai refusé ne voulant pas être mis à l'écart, surtout de mes "amis" normaux. Comment voulez-vous savoir à l'époque ce que ça peut impliquer? Bien sûr maintenant si je pouvais revenir en arrière je choisirais 1000 fois le collège spécialisé).

Du coup je l'ai vraiment mal vécu, mais aujourd'hui j'ai appris à l'accepter et à vivre "en parallèle", plus ou moins. Comme le disait Tipiak je pense que savoir enfant que l'on est surdoué est une chose, peut-être même nécessaire, mais que quand on a pas "les clés", surtout étant enfant, c'est extrêmement difficile.
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Zyghna » Mer 30 Juil 2014 06:53

Le collège spécialisé peut tout autant être stimulant qu'enfermer encore plus l'enfant dans la souffrance. Parce que si les projections qu'il se fait de ce type d'établissement ne correspondent pas du tout, ou que la douance n'est pas réellement comprise et prise en compte par l'équipe enseignante, l'enfant perd tout espoir de pouvoir s'adapter quelque part un jour : même les lieux spécialement faits pour lui, en théorie, ne vont pas.

On en revient toujours au même: l'enfant surdoué ne doit pas non plus être enfermé dans une case, mais être perçu comme un adulte en devenir, et on doit lui fournir des outils pour qu'il puisse se débrouiller une fois adulte. Ostraciser un enfant en le laissant à lui même parce qu'il s'en sort mieux que les autres, ou l'empêcher de faire comme les autres parce qu'il est plus rapide, plus intelligent, ne permet pas à l'enfant de se construire dans un monde social.

Comme tu dis, l'important c'est de prendre conscience que tes parents ont fait ce qu'ils pensaient être le mieux pour toi. À chacun une fois devenu adulte de construire ce qu'il souhaite être. Et quand on a fait le deuil des parents idéaux (tout comme les parents doivent faire celui de l'enfant idéal), c'est plus simple.
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Bakou » Mer 30 Juil 2014 13:37

Je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'un collège de ce type peut être à double tranchant. Mais ayant passé ma scolarité dans un collège assez mal tenu, d'un niveau vraiment pas top et fréquenté par pas mal de cas sociaux en plus de gens "normaux", j'aurais été (c'est ce que je me dis aujourd'hui car effectivement à l'époque je ne l'étais pas) prêt à faire le pari.

Je suis curieux de savoir si il y en a ici qui ont été diagnostiqués enfant et qui ont reçu un suivi adapté, et comment ils s'en sont sortis par la suite. Personnellement du fait de ce manque de soutien, j'ai petit à petit perdu cette soif d'apprendre infinie qui m'habitait. Aujourd'hui je me lasse extrêmement vite de tout, j'apprends des trucs par ci par là, mais ma motivation est assez basse. Je ne peux m'empêcher de me dire que le "social" est ce qui importe le plus, trouver des gens avec qui passer du temps, avec qui on se sent bien, avec qui on peut partager sur tout. Mais comme c'est difficile à trouver j'ai bien du mal à me défaire de cette constante recherche (pas forcément active) qui m'empêche de me focaliser sur autre chose.
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar not careful » Mar 30 Sep 2014 12:19

Bonjour
Que c'est bon de vous lire, une vraie bouffée d'oxygène ... Merci a tous
J'ai été dépistée enfant précoce en maternelle en petite section , ensuite saut de classe . Je me rappelle que des adultes étaient venus spécialement pour moi a l'école , mais sans plus , y a t il eu test je ne saurais vous dire ...
Je n'ai jamais pensé être surdouée , ma mère me disait : tu es rentrée jeune car TROP précoce , mais pour elle c'était une avance a rattraper sans plus (je suis sûre qu'elle était convaincue de cela par manque d'information) ...et donc jamais de ma vie je n'ai pensé être surdouée , au contraire , j'étais toujours la petite pas très forte en maths , et la première réaction de mes parents c'était : peut être est elle trop jeune pour le niveau scolaire demandé ... Et pourtant autant que je m'en souvienne , tout mes profs ont toujours estimé que j'avais des capacités d'eloctution et d'imagination exceptionnelles , mais bon ça sert pas trop a grand chose ça hein?
Enfin bref , bac a 16ans ,brillantes études, grosse pression pour "mûrir" enfin et "devenir comme les filles de mon âge" = c'était la grosse peur de ma mère, la pauvre.
De ma vie je n'ai jamais réussi a être normale au sens conventionnel du terme , j'ai fini par me dire que j'étais comme ça , et qu'heureusement j'avais fait des études , Oulalala que serais je devenue sinon ?
trop spontanée , pas la moindre peur de choquer(en fait je réalisais pas que ce que je disais pouvait choquer) ... Sensation d'être incomprise , avec cependant toute ma jeunesse passée a essayer de rentrer dans le moule . J'y arrivais pas , il me manquait des cases ou des codes ou je ne sais quoi, qu'est ce que ça pouvait être d'autre ...
Il y a une année a peu près , Grace a des lectures par ci par la , je commence a réaliser que la précocité avait une cause , que ce n'était pas un choix en elle même , un choix qu'auraient fait mes parents pour moi , mais surtout que ça ne disparaissait jamais ...et de toute évidence était la source des mes problèmes existentiels que j'ai trainé comme un fardeau toute ma vie .. J'ai compris aussi que précoce ça voulait dire surdoué , et ça !!! ... Le choc de ma vie !!
En ce moment je suis en thérapie avec un psy clinicien , mais j'ai de gros doutes sur ses capacités a m'aider ... Comment savoir ce qu'on attend d'un psy quand on a tellement de choses a régler , telle est la question .
Merci de m'avoir lue
not careful
 
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Rhonin.k » Mer 1 Oct 2014 14:43

Salut tout le monde. :hai:

Intro...

Bon, hier, j'ai pris le temps de rédiger un grand texte pour ce topic, que j'ai ensuite balancé directement à la corbeille avant d'éteindre le PC. Au début, je me disais que ça intéresserait forcément du monde, puisque je dispose d'un certain retour d'expérience sur le sujet, puis je me suis auto-convaincu à la relecture que tout ça ne vallait finalement que quelques misérables clopinettes. Bref, pas de quoi rendre le contenu inovant.

Et puis, ce matin, seul devant la tasse de café, noyé dans le silence, je me suis dit que j'avais sûrement commis une belle boulette. Finalement, à entendre encore certaines de mes tournures de phrases en tête, il fallait peut-être bien que ce texte naisse, sorte de moi, et se dépose ici, quelque soit l'approche définitive que tout à chacun en ferait...

Alors voilà, quitte à remettre une dernière fois l'ouvrage sur le métier, je vais bien faire les choses...
;)


Page 1 du topic :

Fabs le vaurien a écrit:Depuis que je sais que je suis surdoué, je me demande souvent si ma vie, mon vécu des choses aurait été différent si je l'avais su plus tôt. Parfois même, je nourris une espèce de vieux sentiment pourri que je suis en partie passé à coté de la première partie de ma vie.


Je ne peux évidemment répondre qu'en prenant mon cheminement comme élément comparatif. Et donc, je peux potentiellement dire que Fabs ne semble pas avoir une vision des choses trop en décalage avec la réalité. Image

Oui, disposer assez tôt de " l’identification " de sa nature permet de gagner de précieuses années sur les doutes et les troubles ( notamment à la phase critique de l'adolescence ). Personnellement, j'ai déjà songé de nombreuses fois à cette perspective uchronique de me demander ce que je serais si je n'avais pas eu à disposition ces quelques paramètres fondamentaux. Et je sais aujourd'hui que je ne serais pas du tout le même au quotidien si tel avait été le cas.

Déjà par l'apparence, je serais tout autre. Je n'aurais donc, par exemple, pas orienté mes choix vestimentaires ( qui sont aussi des choix idéologiques profonds ) et mes moyens de transports ( 2 roues et 4 roues ) selon les mêmes buts, car j'aurais surement pris bien trop de temps à tourner autour du pot avant que de m'installer résolument dans une voie bien précise. Le tout aurait été de satisfaire à des normes sociales qui auraient alors parasité la manière de me déterminer et d'être perçu comme tel.

Enfin, pour la dimension mentale ( la plus importante des deux vis à vis de l'apparence, évidemment ^^ ), je pense sincèrement que j'aurais longuement peiné à l'édification de bases stables, ce qui aurait aussi épuisé dans le temps mes ressources et mes envies de contact humain. En quelque sorte, je me serais très vite aigri. Car oui, certes je vis mal ma relation quotidienne avec tous ceux qui ont choisi le carré restreint de la norme et de l'ennui, mais paradoxalement, je me sens tout à fait confortablement installé dans mon tempérament, avec tous les accès de virulence et autres instants de paix intérieure que cela comporte en alternance.

Page 3 du topic :

Tournesol a écrit:Je remonte ce topic de façon un peu HS mais je me posais une question en lien avec le titre, alors....

Ce forum a été créé par des personnes ayant été diagnostiquées adultes, après un questionnement souvent un peu douloureux qui a amené une prise de conscience. Du coup, ça se ressent dans la structure-même du forum et notamment dans les sujets qui ont été particulièrement en avant ( attention aux pièges, choisir un psy, effet barnum, etc..)

Je me demandais du coup si les personnes ayant été testées enfants se retrouvaient dans tout ça, comment elles pouvaient se l'approprier ou pas, si elles auraient mis en avant d'autres points importants, si elles auraient un autre point de vue sur bon nombre de choses qui nous semblent importantes?


Personnellement, je vais être très clair là dessus, je me suis inscrit sur ce forum pour échanger avec des personnes ayant la capacité de soutenir durablement quelques discussions sur des sujets parfois forts complexes, et non pas pour parler sans discontinuer de la douance. Cependant, comme je l'ai déjà dit ailleurs sur le forum, et connaissant la thématique première d'AS, la politesse minimale est aussi de s’intéresser aux motivations des autres membres qui, eux, se sont parfois inscrits justement dans le but précis de trouver des réponses à leur surdouement inexplicite.

La seule chose au final que je constate, c'est que je manque souvent du temps nécessaire pour toucher justement à tous les topics qui m'intéressent, et qu'ainsi, pour débattre de tout, il me faudra ici surement un bon siècle tout entier :whew: ...

Tournesol a écrit:Ceux ayant été diagnostiqués enfants sont-ils fâchés avec la douance ou l'ont-ils assimilé et donc ne cherchent pas à échanger autour de cette notion ou avec leur "semblable"?


Pour ma part, le sujet de la douance est assimilé depuis fort longtemps et ne m'intéresse que de manière modérée. :think: Seulement voilà, l'inclinaison particulièrement empathique de ma personnalité ( attention, paramètre intime et émotionnel dont je me défends au quotidien autant que parfois je l'utilise, mais ça, je l'expliquerais une autre fois... ) me dit souvent de ne pas laissé quiconque chercher sa clé dans l'obscurité lorsque, de mon azimut à moi, il est alors si aisé de la remarquer.

Après, le tout est de savoir rester intelligemment dans la proposition pour ne jamais dévier vers la doctrine, ce à quoi, durant le moi dernier, j'ai semble-t-il été un peu moins adroit... ^^'




Sinon, à part ça...
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar superreeduc » Sam 15 Nov 2014 13:52

Je vais profiter de ce thème pour recycler un peu...
attention, je vous parle d'un temps que les moins de 15 ans ne peuvent pas connaaiiiiitreuuuuuh !

"Au royaume des aveugles les borgnes sont rois" : élevé dans le respect du pape et de notre sainte mère l'église, je fus nourri aux citations bibliques aux messages subtils et encourageants...

"Au royaume des aveugles les borgnes sont rois"... celle là me fut servie et resservie régulièrement quand on pensait que ma tête menaçait d'imploser...

"Au royaume des aveugles les borgnes sont rois"... j'avais appris à lire trop tôt, sans que Mère y fut pour grand chose, énorme avantage des cours multiples j'écoutais les leçons de "grands" et comme ils étaient "aveugles" les leçons étaient sans cesse répétées lentement et en articulant bien... Je pris donc l'habitude de répondre à leur place et fut vite convaincu de précocité, en bon "borgne", on me fit "sauter" quelques classes.

A l'époque où les surdoués n'étaient pas encore des enfants "différents avec des problématiques pouvant entraîner un échec scolaire", mais juste des bons élèves qui faisaient chier le monde parce qu'eux-mêmes s'emmerdaient royalement, je me retrouvais immature au possible et haut comme un prépuce devant le portail vert vomi du collège.

J'étais petit, vêtu exclusivement de bleu marine en l'honneur de la vierge Marie et du souvenir maternel et ému des fiers militaires aux pompons rouges..., pas fâché de découvrir le monde moi qui n'avais connu que le giron familial, l'école se trouvant dans la cour de notre maison ou la maison dans la cour de notre école.

Les autres élèves m'appelaient "Racho", et même si j'en craignais certains, j'arrivais vite à monnayer une virile protection contre des services rendus en maths et français... Ma lâcheté s'accommodant fort bien de la présence rassurante de brutes épaisses et faciles à soudoyer.

Très vite, je pris conscience de la différence entre le collège et ma précédente situation : alors que mes parents entretenaient un semblant de protocole en demandant que je les vouvoie, je savais bien qui ils étaient et les respectaient comme monsieur curé me l'avait appris afin de ne pas faire pleurer le petit Jésus dans sa crèche.
Les profs par contre n'avaient pas cette aura imposée par l'usage et les bonnes manières, et tout de suite je les détestais.

Tous.

Même le prof d'art plastique, même la gentille et fofole prof de français, même le sévère prof d'histoire...

Je compris alors qu'il y avait deux clans : les grands cons qui savaient, et les petits cons qui ne savaient pas encore.
Je me trompais : certains grands cons ne savaient pas grand chose, certains petits cons ne sauraient jamais rien.

Je pensais le jour de la rentrée de sixième pénétrer un temple du savoir et de la connaissance, j'aurais été l'élève rêvé des cours de pédagogie : celui qui se pose des questions et recherche la transmission, qui demande à ce qu'on le nourrisse aux mamelles des sciences et de la littérature réunie.

Je découvris très vite que la bibliothèque du collège était aussi peu fournie que le bibliobus qui sillonnait la campagne et surtout qu'apprendre et réfléchir était rarement compatible avec scolarité au sein de la grande famille de l'éducation nationale.

Je m'aperçus également que certains profs ne m'aimaient pas, j'étais petit, aimable, le premier à lever le doigt, je n'avais que des bonnes notes et pourtant ils ne m'aimaient pas.

Les cuistres.

Une telle inconséquence était, vous en conviendrez, une terrible faute de goût.

Non qu'à l'époque je demandasse qu'on me bâtit une basilique, mais j'eusse aimé un tant soi plus de considération, ou à la rigueur une chapelle et encore, même pas Sixtine.

Mais non, ces rustres préféraient les enfants moyens, ceux qui profitaient bien gentiment de la pédagogie de haute volée, la mécanique de précision : celle qui ajuste le neurone au profil rêvé du pédaguigui pédagogo, ceux qui comprenaient doucement.

Je m'emmerdais...

Un an.

Poliment.

Puis je testais l'insolence et cessais définitivement :

de m'ennuyer...

d'aimer mon prochain comme moi même : je me mis à me préférer...

La misanthropie me tandis ses bras doux et lisses comme le crane du cancéreux après sa chimio, je m'éloignais du monde et me mis à léviter.

C'était décidé, je serais moine tibétain où rien.

On m'envoya revoir le mossieur des tests qui me parlait comme à un être doué de raison, ce qui me rassura un instant sur les adultes, plutôt que l'internement souhaité il proposa que je saute encore une classe, au grand désespoir de l'équipe enseignante ! :D

Presque 40 ans plus tard, je reçois souvent des gamins étranges, je leur parle comme à des êtres doués de raison, et je continue à désespérer l'équipe enseignante... :angel:
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Mei Run » Lun 24 Nov 2014 17:34

Bon beh aller, j'essaye de répondre à ça...

Comme déjà dit, test passé en maternelle, en Petite ou Moyenne section, vers 4 ans.
Je me rappelle d'une grande pièce, d'une petit table ronde, d'un panier avec des jouets, d'une dame avec une blouse blanche qui me faisait faire des dessins, en me posant des questions bêtes, mais bêtes. Alors je lui expliquais un peu les choses quand elle me demandait.

Elle était gentille, et très intéressée par ce que je faisais. Mais je ne me rappelle pas de son visage ou de sa voix. Ni de combien de temps ça a duré ou des épreuves. J'ai juste cette scène-là dans la tête, et la sensation que je trouvais ses questions bêtes.
Je ne me rappelle pas qu'on m'ait expliqué pourquoi j'allais là-bas. Ni que ça m'ait perturbé plus que ça.

Il n'y a jamais eu de compte-rendu, et s'il y a eu retour, jamais en ma présence, ou alors j'ai dû juste l'omettre mentalement/pas saisir la portée.
Je n'en sais que ce que ma mère a bien voulu en dire régulièrement quand je me faisais gronder : "de toute façon elle l'avait bien dit la Psy, que soit t'étais un génie, soit tu es complètement débile. Je crois que c'est plutôt la seconde option là !".
Pi moi quand on me disait "génie" je voyais Aladdin, Lampe magique, 3 vœux "s'il vous plaît, est-ce que je pourrais être normale ? et arrêter d'être complètement débile ?"


Je n'ai jamais sauté de classe malgré les demandes répétées de l'école et leur tentative de gruger (qui font que j'ai un peu l'impression d'avoir au contraire redoublé le CE2 et le CM2). Jamais personne n'a prononcé le mot "surdoué/précoce" en ma présence.
Juste ma tante et ma mère arrivaient souvent sur mon sujet en repas de famille quand elles comparaient les capacités de mon cousin (qui lui avait sauté le CP) avec les miennes, dans ce qui me semble être maintenant avec le recul une espèce de petite bataille d'ego de "kikavait l'enfant le plus intelligent".

Je me rappelle juste des ptites phrases auxquelles j'avais droit par moment, et des quelques "injustices" qui m'ont marqué en rapport à ça, plutôt chez moi qu'à l'école (vu qu'a priori ils ne savaient rien), en comparaison avec mes sœurs, qui elles étaient plutôt en difficulté d'apprentissages.

Du coup, j'avais l'impression de me faire limite gronder par moment parce qu'étant passée avant, les profs avaient de hautes attentes des suivantes et avaient tendance à la comparaison peu glorieuse avec elles...
De même, moi si j'avais moins de 15, comme notes ou en moyenne, je me faisais "gronder" (Franchement, avec les capacités que tu as, tu pourrais faire un effort franchement, yen a marre maintenant, jvais te mettre au boulot moi tu vas voir !), alors que mes sœurs à plus de 10-12, avaient droit à un petit cadeau pour les motiver.
Quand j'étais fière de certaines réussites, bonnes notes etc, et que j'en parlais en présence de mes sœurs, on m'opposait que "c'était pas l'intelligence qui compte, t'es peut-être intelligente mais tes sœurs elles, elles ont une intelligence émotionnelle que tu n'as pas" et que "en même temps pour toi c'est facile, ya pas de quoi la ramener" ou "ça serait bien mieux si tu avais travaillé réellement pour l'obtenir"... Et paradoxalement, on vantait mes mérites à qui voulait l'entendre en repas de famille "Et bien nous, Mei Run est encore 1ère de sa classe, et puis elle a tant de moyenne...Ah non, on ne lui fera pas sauter de classe, on ne veut pas faire porter une telle pression sur ses épaules. Et puis, elle n'est pas assez mature socialement. Tant qu'elle n'aura pas d'amis de son âge, ça ne sera pas envisageable !"

Des petites phrases quoi, un peu en l'air, sans vraiment de méchanceté derrière, qui n'étaient peut-être pas censées toucher autant dans l'esprit de ceux qui les prononçaient (d'autant plus quand ce sont les parents)... Mais qui entre 8 et 18 ans ont contribué à me faire juste me sentir comme une odieuse tricheuse, une infâme imposteuse-trice, archi nulle en réalité, bête même, complètement illégitime dans mes sentiments et ma "réussite" académique... Sentiment encore renforcé en passant au collège quand la méchanceté et la bêtise pré-adolescente se sont emparées des camarades et qu'eux aussi sont passés experts dans l'art de taper où ça fait mal...

Voilà pour ma petite expérience du test enfant... Pas très utile j'en conviens...




Ah vi pi tenez, comme ça ne s'arrête jamais, la dernière "petite phrase" de mon pôpa, quand j'avais 24 ans et toutes mes dents et que j'allais avoir mon diplôme : "ma fille, avec tes capacités, tu aurais pu faire de grandes choses ! Des études supérieures !"

mmh. Hum... *Tousse* :roll: :x


M'Brayf...
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Bakou » Lun 24 Nov 2014 23:27

Je vois Mei Run que nos expériences de "testés enfants" sont assez similaires, et je me dis de plus en plus que tout ce que ça peut apporter, c'est un bon gros complexe de l'imposteur et une opinion complètement faussée, teintée d'incompréhension, aux gens qui nous entourent et qui sont au courant. Et tout ça induit donc ce sentiment d'éducation "injuste" que l'on a pu subir, notamment en grandissant avec un ou des frères et soeurs "en difficulté".
Personnellement je n'ai toujours pas trouvé, ou réussi à appliquer de solution miracle pour changer tout ça chez moi (ainsi que mon image chez les autres) aujourd'hui.
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar lobo » Jeu 27 Nov 2014 21:26

Tournesol a écrit:Ceux ayant été diagnostiqués enfants sont-ils fâchés avec la douance ou l'ont-ils assimilé et donc ne cherchent pas à échanger autour de cette notion ou avec leur "semblable"?


Les deux mon Général ? :rofl:

Il semblerait que souvent on se fasse tester enfant mais qu'on n'aie pas les clés pour comprendre ce que ça veut dire, et comment utiliser cette donnée.

Ce fut mon cas. Je me suis rendu compte récemment que j'avais certainement été testé en cinquième. Le résultat, passé par le filtre parentalo-enseignant, fut que j'avais "la maturité d'un enfant de 4e, voire de 3e". Ce qui m'a bien sûr rempli d'orgueil, mais aussi révolté : "comment pouvait-on confondre maturité et intelligence logique", dans le sens où je savais très bien que sur le plan social et affectif je n'était pas plus mûr que Tartempion, voire même moins parfois. C'est à ce moment-là que j'aurais pu vraiment profiter à fond du truc, si quelqu'un m'avait expliqué les avantages et inconvénients de la douance, et comment mieux gérer les effets pervers, comment comprendre et surmonter certains points faibles probablement liés à ça.

Il avait aussi la famille où on me disait très mûr, très doué, mais pas surdoué, ah non quand même

D'où l'inutilité totale du truc pendant ma scolarité. C'est d'ailleurs le récit que mon fait d'autres hp rencontrés : un test passé à un moment, un résultat brut mal compris et aussitôt enterré jusqu'à une prise de conscience plus tardive et une réappropriation de cette info. Personnellement c'est une émission télé qui m'a permis de recoller les morceaux et d'enfin m'autoriser à me sentir concerné par le sujet.
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar PascaleB » Dim 21 Déc 2014 10:42

Je suis nouvelle sur le site et je me permets de mettre un petit mot sur ce topic.

Je suis une "vieille" testée (52 ans, testée à 9). Je me suis souvent posé la question de l'impact de cette nouvelle sur ma vie.

Je dirais que le fait d'être testé enfant et du coup "prévenu", et ce, quelle que soit l'époque (les connaissances sont meilleures certes, mais la différence reste, sans oublier l'impact culturel qui n'a finalement pas tant diminué que ça), ajoute un poids social dont éventuellement, on pourrait se passer : l'obligation de réussite, scolaire dans un premier temps. C'est une charge que l'on s'inflige soi-même en premier lieu (c'est là toute l'absurdité de la chose), or cette charge n'est pas si légère que ça, puisque si la réussite semble une évidence (au-delà de toute raison et de toute théorie), elle est, bien sûr loin, d'être systématiquement au rendez-vous. Le problème est complexe de toute façon et malgré toute l'attention bienveillante, objective et constructive que l'on puisse porter à un enfant précoce, il n'est jamais certain qu'il grandisse heureux et serein. Il n'y a pas de situation idéale car, chacun est différent et aucune recette miracle du bonheur n'existe, et cela reste vrai quelle que soit la population à laquelle on appartient.

Pour parler brièvement de mon expérience personnelle, j'ai bien davantage souffert de mes errances scolaires (en désaccord avec ce qu'on aurait pu attendre) et de leurs conséquences que de ma différence que j'avais constatée et admise facilement depuis le plus jeune âge sans traumatisme particulier, un simple constat. J'ai d'ailleurs vécu une enfance sociale plutôt heureuse. Je dirais que cette "différence" est un peu plus complexe à gérer depuis quelques années, mais on s'applique, on s'applique. :-)

Peut-être l'altruisme est une qualité naturelle à renforcer, car elle apporte du bien-être à celui qui reçoit, mais aussi à celui qui donne, pas tant pour le retour qu'il en obtient (encore que), mais simplement parce que l'égocentrisme s'atténue au profit de l'autre et du même coup la souffrance éventuelle qu'on peut ressentir à être différent.

Il n'y pas de case où se ranger, avec une jolie petite étiquette mode d'emploi, ça serait peut-être pratique, mais tellement restrictif. A bas la rumination toujours délétère et vive la curiosité et l'imagination constructive tournée vers l'extérieur. Notre imagination est notre force !

Bonne journée à tous :-)
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Catwoman » Sam 31 Jan 2015 11:10

Bonjour tout le monde!

J'ai eu envie d'y mettre ma contribution à ce sujet...

J'ai été testée quand j'avais 4 ans ( WPPSI ) Ma soeur agée de 14 mois de plus que moi, était déjà à l'école et je voulais moi aussi prendre l'autobus le matin. Mes parents m'ont toujours trouvée très intelligente et dégourdie, mais ne se sont jamais inquiété d'avoir des enfants "trop" intelligent.

Du test, je me souvient d'un jeux, ou l'on devait dire ce qu'il manquait sur l'image. Un vélo avec une seule roue par exemple. Et il y avait le dessin d'un homme auquel il devait manquer autre chose, mais pour moi c'était évident, il lui manquait des cheveux sur la tête :D la psychologue a bien rit. Je l'ai vu une fois par semaine pendant 4 semaines.

Un rapport complet à été donné à mes parents, qui focus sur mes capacités à entrer à l'école. Je sais lacer mes chaussures et fermer les fermetures éclaires. N'empêche, une phrase dans le dernier paragraphe dit que "l'évaluation intellectuelle montre une intelligence très supérieur ( >130 )"
On a discuter de ce rapport, mes parents et moi, 23 ans plus tard. Quand je leur ai dit que ma psy pensait que je pourrais être surdouée, ma mère avait le sourire jusqu'aux oreilles, la fierté d'avoir deux enfants intelligent. Ma mère s'est toujours trouvée lente. Et mon père rapide.

Pour faire court, le lien entre mes divers problèmes, surtout sociaux, durant mon enfance, n'ont jamais étés connectés à une "précocité" pourtant diagnostiquée. Je crois que mes parents n'ont jamais été sensibilisés, et que d’ailleurs les test de QI ont été menés dans une autre optique que celle d'expliquer un comportement différent.

N'empêche, je me suis vraiment demandée quelle différence il y aurait eu dans ma vie si on avait expliqué à mes parents, si on m'avait expliqué à moi aussi. Peut-être que....

Maintenant que j'en ai parlé avec eux, je crois qu'ils vont eux aussi poursuivre les lectures, et peut-être revisiter eux aussi des souvenirs difficiles, et peut-être les voir différemment.
_________________

Il est impossible de savoir si ma vie avait été plus facile, si j'avais été plus en paix ou si je m'avais construit complètement différemment. La vie est un très long plan-séquence, et jouée en improvisation libre en plus!

J'étais perplexe quand j'ai lu le compte-rendu de mes tests. Je me suis dis, ils savaient? il n'ont rien fait? on ne m'en a jamais parlé?

Et de savoir le pourquoi m'a beaucoup apaisée ; en fin de compte, en 1992, en campagne, on ne parlait jamais d'enfant surdoué.

et pour la suite... action!
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar cololz » Mer 4 Mar 2015 22:42

Après avoir un peu parcouru les anciennes réponses, j'ajoute ma pierre à l'édifice.

Déjà évoqué dans ma présentation, j'ai été testé au collège, en 3eme ou 4eme.

Comment en est-on arrivé là ?

Primaire
En primaire, j'étais plutôt "au taquet" comme on dit, toujours des bonnes notes, sans avoir eu le moindre souvenir de travailler. (il me reste encore en mémoire le bon point que j'ai raté en CP à cause de l'oubli du A dans "fromage")
J'étais déjà très curieux sur n'importe quel sujet.
Accessoirement, j'aimais bien les amis de mon frère qui a 3 ans de plus que moi.
Accessoirement aussi, je récitais ses leçons à sa place pendant que je jouais.
Accessoirement, il parait que je connaissais tous les drapeaux du monde et toutes les espèces de baleine (très peu de souvenir la dessus)

J'avais quand même des amis de mon age également, tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Collège
Au collège, ça a commencé à glisser dès la 6eme. Je m'ennuyais un peu.
Je m'ennuyais de plus en plus, mes notes baissaient de plus en plus, j'avais de plus en plus mal au ventre quand je devais aller à l'école.
J'ai commencé à voir une psychologue à cette période. Pour ma part, ça n'allais pas trop mal, j'avais des amis, quelques graines de voyous et je me suis décoloré les cheveux faute d'avoir pu les teindre en bleu ou en rouge.
Rien de bien fous à mes yeux.

J'ai été voir une autre psychologue (apparemment connue à l'époque, il faudrait que je retrouve son nom).
Je n'ai pas de souvenirs sur le pourquoi du test.
Juste un peu sur le déroulé et le résultat.
Ok je suis surdoué et je suis en 3eme ou 4eme.

Accessoirement je me met au violon, 1 fois sur 2 j'ai droit tantôt "très bien, tu sera reçu largement" ou "tu n'as rien fichu, faut travailler"
Accessoirement, je joue à un jeu de société et de temps en temps rarement je bas l'équivalent du champion de France (il n'y a pas non plus des dizaines de milliers de joueurs, mais quand même)

Lycée
Je change d'établissement pour la rentrée, pas pour un établissement spécialisé ou autre, non juste un établissement qui propose des secondes d'adaptation, une sorte de mix entre le redoublement et l'année normale.
Si je réussi des stages d'été en math et en langue, je vais en seconde normale, sinon en seconde d'adaptation.
Je truande habilement le compte rendu du centre pour l'anglais, je réussis les math et hop en seconde "normale."

Aucune révélation ni rien, au contraire je suis en retenu toute les 2 semaines pour des motifs divers, essentiellement autour du comportement. Apparemment on ne peut pas demander à sa professeur de français à quoi sert sa matière.

Je prend une première fois conscience de mes capacités en parlant avec un très bon ami rencontré au lycée. On se doute chacun que l'autre est un surdoué. "non tu ne peux pas avoir autant, tu te rends compte qu'il n'y a que 0,00...% de gens comme ça ?" Pourtant c'est bien moi.
Ça ne me fait pas plus d'effet que ça, cela confirme juste un fait mais n'y apporte pas de réflexions. J'ai beaucoup d'estime pour cette personne, je me dis juste "en fait il n'est pas si malin alors" car je pensais qu'il avait plus.

Je réussis le bac avec 361 points sur les 360 nécessaires pour être reçu sans rattrapage.

L'université foiré en 2 ans, un BTS obtenu brillamment et une école d'ingénieur informatique réussi dans la douleur (mais pas dans l'effort) ne sont pas très riches de révélations ou de faits marquants sur les aspects qui nous intéressent.

Lorsque je commence à travailler, je rencontre une fille très intelligente qui voit en moi des choses que je ne vois pas et qui me dira une phrase que je m'efforce de ne jamais oublier "l'intelligence ne règle pas tous les problèmes".

Ce récit est plus long que j'avais prévu car au final il y a plus d'éléments du passé à décrire. J'espère que personne ne se sera endormi !

Savoir que j'étais surdoué sans plus d'explications alors que j'étais en pleine crise d'adolescence ne m'a pas beaucoup aidé. J'ai toujours eu cette petite pression intérieure "tu ne dois pas échouer avec tes capacités".
C'est seulement jusqu'à 26 ans environ que je me suis efforcé de ne plus me contenter du minimum. Je n'ai pas souvenir d'un déclic particulier mais avec le recul je sais qu'il y a un interrupteur qui s'est allumé. Je mise sur une meilleure assurance/résultats avec les filles.

J'aurai aimé être plus guidé dans cette traversée. Mais j'étais en crise d'adolescence et j'étais assez en opposition très facilement avec mes parents. Au final, j'ai plutôt eu de la chance d'en arriver où je suis. Mais c'est une autre histoire ! Je suis probablement un peu hors sujets sur tout ce que j'ai dis !
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Corylus » Mer 20 Mai 2015 22:13

Peut-on résumer en disant que le vécu dépend de l'âge et du contexte dans lequel le test est passé?
De même qu'un commentaire des 'résultats' à l'enfant et de ce que cela implique sont des points non négligeables pour que le test ait un impact éclairant voire positif sur la psychologie de ce dernier.
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Re: Ceux qui ont été testés enfants

Messagepar Mustaine » Dim 13 Déc 2015 22:55

Je suis venue jeter un œil ici sur les conseils de Cyrielle, j'ai pu lire beaucoup de témoignages très intéressants et touchants, ce qui revenait chez les personnes diagnostiquées enfants ou adultes, et bien c'était qu'elles ne savaient pas comment gérer leur différence... je vais donc apporter ma pierre à l'édifice.

J'ai fait le test de QI à 5 ou 6 ans, car mon instit de grande section de maternelle me pensait attardée (je ne respectait pas les consignes des exercices), et j'avais beaucoup de problèmes avec les autres élèves (mon souvenir de la maternelle c'est qu'on me crache dessus, qu'on m'arrache les cheveux et que je n'ai pas le droit de toucher aux jouets). Donc la psy m'annonce que je suis surdouée, et je continue à le voir en séances de temps en temps. Dès cette époque j'avais conscience d'être en décalage avec les autres enfants de mon âge, j'étais très curieuse, très imaginative, j'avais beaucoup de vocabulaire pour un enfant, une très bonne mémoire...
J'ai eu beaucoup de problèmes de harcèlement scolaire (que je n'ai pas digérés encore aujourd'hui, j'ai 20 ans maintenant). Mes parents allaient en discuter avec les profs, le résultat du test de QI revenait sur la table, mais c'était à moi de m'adapter et de m'intégrer, ce n'était pas la faute de ceux qui me frappaient, mais la mienne d'être différente. Les profs n'ont soit rien fait pour m'aider, soit ils m’enfonçaient. J'avais conscience de mes capacités, et j'avais des bonnes notes (pas sans travailler tout de même), c'était ma revanche, si les autres pouvaient m'insulter en toute impunité, jamais ils n'auraient de meilleurs résultats que moi. J'aimais les cours, même s'ils me laissaient sur ma faim et qu'ils me frustraient (je n'apprenais jamais assez, je n'avais jamais le temps d'expliquer tout ce que je savais des les contrôles, les profs qui ne voulaient pas m'interroger par ce qu'il fallait laisser parler les autres...).
Au collège et au lycée j'ai continué à avoir de bons résultats même si j'étais toujours à part.
Même en ayant fait le test de QI jeune, il n'y a qu'aujourd'hui que je me demande s'il y a un lien entre mes angoisses (je ne parle pas de petites peurs de temps en temps, mais de véritables manifestations physiques face à certaines situations, par exemple j'ai vraiment du mal à respirer pendant les crises), mon hypersensibilité et ma douance. Pour résumer, je ne me demande s'il n'y a pas un lien douance/hypersensibilité/angoisses/traumatismes de l'enfance (qui découlent de l'incompréhension de ma douance par le système scolaire). Car oui, même si j'ai toujours eu de très bons résultats jusqu'au bac (les études c'est une autre histoire), l'école m'a traumatisée et je dirais même broyée en un sens. Je suis incapable d'avoir une relation et même simplement une conversation normale avec qui que ce soit en dehors de ma famille... (je pense que l'école m'a rendue phobique sociale mais c'est un auto diagnostic).
Comme beaucoup sur ce post, mon résultat au test de QI était livré sans le mode d'emploi...
J'ai oublié cette histoire de QI pendant longtemps, me disant que la psy devait s'être trompée, "je ne dois pas être si intelligente que ça vu que je suis une incapable qui sais rien faire et qui a quand même besoin de pas mal bosser pour avoir de bonnes notes".
J'y ai repensé il y a quelques temps, car je fait une dépression et crise d'angoisses sur crises d'angoisses, donc je vais voir un psychiatre et ça m'a fait réfléchir à tout ça. J'ai l’impression d'avoir perdu toute ma curiosité, toutes mes facultés, et je fait des études depuis trois ans dans un domaine qui ne me plait pas (j'ai eu la chance de pouvoir choisir, mais apparemment je me suis bien trompée).

Mais, petite particularité de mon cas, ma "douance" à interféré avec un autre diagnostic et l'a rendu plus compliqué. Certains surdoués sont dits maladroits, avec la dyssinchronie, et le fait que sans vrais amis je ne puisse pas me comparer vraiment aux autres, je ne comprends pas ce qui cloche chez moi en plus de la douance (je suis très très maladroite et imprécise dans mes gestes, et à 20 ans je ne connais pas ma droite de ma gauche, je suis incapable de faire du vélo :$ ). On pensait que c'était par ce que j'étais surdouée que j'étais maladroite. La fatigue chronique? C'est mon cerveau qui bouffe trop d'énergie... il y a quelques mois je relie ce problème de maladresse et de fatigue avec mes nombreuses douleurs chroniques invalidantes et bim, je découvre la maladie de laquelle j'étais atteinte depuis plusieurs années sans le savoir. Je ne donnerais pas le nom de cette maladie içi, vous m'en excuserez, j'espère. :x

Voilà un petit bout de mon histoire, mais avoir mon QI jeune m'a beaucoup aidée, car sans ça cette institutrice m'aurait envoyé dans une école pour atardés (je ne dis pas ça en méprisant les personnes avec un QI faible, c'est juste que ça n'aurait pas été bien pour moi).
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