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Le faux-self

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...

Modérateur: W4x

Re: Le faux-self

Messagepar Mlle Rose » Ven 1 Avr 2016 16:27

Offtopic :
LaKlo a écrit:Et j’en reviens à ce FS.
J’ai l’impression que les « ancrages » (je n’ai pas encore trouvé le mot qui serait le bon, peut-être l’auriez-vous ???) du FS
(...)
Si je suis bien (consciente) avec l’idée que le FS...


12048 mots commençant par F
21601 commençant par S

Ça fait un paquet de possibilités ^^
Comme on est pas sur twitter, bonne nouvelle, on n'est pas limité en caractère dans le coin, du coup on peut écrire les mots en entier :P ;)
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:
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Re: Le faux-self

Messagepar LaKlo » Ven 1 Avr 2016 17:10

(juste un petit correctif: « »Ne vois-tu pas que je parle de moi quand je parle de toi ? » V.Hugo)

Effectivement, si je devais délimiter les applications et usages, je suis obligée d’admettre qu’elles sont en ce moment trop floues pour que j’arrive à les définir (sinon je s'rais pas là, je dormirais !).
Pour moi le faux, quelque soit son nombre, est permanent. L’adaptation est instantanée. Je croyais que nous étions « tous pareils » à avoir cette sensation d’être, mais il semblerait que non. Il ne m’était même jamais arriver d’avoir à penser qu’il puisse en être autrement. Ca me semblait juste logique qu'il fallait passer son temps à vivre à "être comme ça".
J’apprends donc j’avance...
Tu parles, comme d’autres ici, de personnages que tu peux sortir d’un chapeau comme un magicien, mais je n’ai jamais eu à enfiler le costume, il était là, tout le temps. L'image caméléon me parle bien. Quand tu attrappes un caméléon et que tu le tiens une dizaine de seconde dans tes doigts, il a la marque de tes doits. C'est rigolo, et hop, en quelques secondes à nouveau, tout disparait pour se réadapter à un autre environnement. C'est le même caméléon, il n'a pas changé de costume, de façon d'être (il n'est pas non plus bi-pôlaire). Je n’ai pas l’impression de « travailler » comme un acteur, je croyais vraiment que c’était comme ça la vie, et qu’il fallait s’adapter (résultat d’un vécu personnel tout à fait logique). Il n'y a aucun effort conscient de ma part, ce qui semble être pour toi un travail pour moi se fait naturellement: je croise quelqu'un que je ne connais pas, et ce n'est que lorsque je regarde la situation sous un autre angle que je me rends compte de tout ce que j'ai déjà mis en oeuvre pour m'adapter alors que nous n'avons pas encore entamé les présentations. Mais je pensais comme je l'ai dit que tout le monde vit comme ça, et que ce moi est le résultat de ce que le monde et la vie en ont fait, comme pour tout le monde. Il n'y avait pas encore de malaise, mais juste cette sentation de pouvoir tout faire (une connaissance m'avait surnommé l'anguille... et régulièrement j'entends "c'est incroyable ce que tu es restée calme, nous on était tous trop énervés".) . Pour ce qui est des petits efforts de tous les jours, un simple filtre social, de la politesse et hop ça dépote, je sais être joviale, avoir l'air de compatir à une perte, faire croire que je m'éclate aux fêtes de familles et même dès que le groupe dépasse trois personnes.
L'adaptation m'ayant fait passer par la découverte de la drogue, j'ai longtemps mis ça sur le compte du cannabis, parce que je ne pensais plus à l'avant, et que je ne savais plus si cette sensation avait déjà été là petite.
Qu’entends-je par la nécessité d’appartenir à un groupe social ? Effectivement la difficulté peut induire un état pathologique, mais l’homme à l’état de nature de Rousseau, à la fin, il meurt… Je crois qu’il est vital pour l’humain de pouvoir régulièrement trouver autour de lui, en relation avec un autre être humain, quelque chose qui lui rappelle qu’il est un être humain, et pas juste des adaptations de soi au moment de la journée et à l'instant. On ne peut être soi que seul, oui, mais peut-on être heureux ? Même si le fait d'être deux humains engendre des notions complexes, je crois qu'il a besoin d'exprimer ses idées et ses pensées, et que dans la plupart des cas, c'est vers son semblable qu'il ira chercher le dialogue.
Tu dis (excusez moi je ne sais pas encore comme faire "citer" mais je vais chercher ça le neurone alerte):
[i]"Le véritable "moi" c'est un peu comme "je", "moi", "surmoi", "ça": ce sont des concepts qui aident à comprendre des mécanismes, mais en tant que tels il ne désignent probablement pas grand chose, c'est leur complexité qui correspond un peu à ce qui existe. Leur "relation" est plus réelle que eux même en temps (tant, temps? ici il me semble que les deux fonctionnent :lol: ) qu'objets."[/i]

Peux-tu m’expliquer ce que tu veux dire là ? J’en profite pour décamper (oh merde, 3 heures... déjà...) ;)
;)
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Re: Le faux-self

Messagepar Chacoucas » Ven 1 Avr 2016 20:18

Oki, je précise, parce que je n'ai pas l'impression qu'on soit en contradiction, mais on surfe sur deux nuances parallèles (le "double up": même vague, mais deux niveaux de déferlement, deux lèvres).

Je vais quand même te demander aussi quelques précisions qui m'échappent (comme celle mentionnée dans le post précédent):

Pour moi le faux, quelque soit son nombre, est permanent. L’adaptation est instantanée.


Et puis sinon, en gros si j'ai bien compris, tu dis que pour toi l'adaptation (mon "changement de rôle) est inconscient, intuitif et tu ne comprends pas pourquoi je le présente comme un "travail" conscient?

Pour moi l'être humain a un outil majeur et majoritaire pour apprendre: le mimétisme. Il est même possible que ça soit l'un des seuls, un "outil principal" disons, et qui évidemment renvoie à ce que tu dis: on a besoin de société, de pairs.
Mais comme tu parles de cannabis, tu as surement observé un effet qu'on voit quelques fois chez des individus qui consomment beaucoup, régulièrement et assez souvent seuls: une sorte de petite paranoïa sociale, pas envie de voir du monde, des symptômes proches de phobie sociale, peur du jugement, des situations d'évaluation/critique, ce qu'on appelle souvent en fait "situation sociale" en jargon psy je crois.
Je l'interprète comme ça: il y a une forme de "conscience" que le "jeu social" comporte un danger (bon l'illégalité de la chose ne doit certainement pas aider...). Donc l'individu se sent mal à l'aise, observé, jugé et veut fuir cette situation désagréable. Je pense que la plante elle-même ne fait que dépolariser (ou hyperpolarisation... j'emploie ce mot à la volée sans trop creuser) des tendances de la psyché, donc on peut faire intervenir l'idée de traumas divers par le passé préparant à cette interprétation du social etc. qui crée cette "tendance", mais ça correspond néanmoins à une forme de réalité: il y a effectivement des mécanismes de jugement, de critique de l'individu à laquelle on peut très bien ne pas avoir envie de faire face.
Là dedans on peut séparer un "moi" et du coup des "rôles sociaux" qui soient différenciés. Quand cet effet, disparait, la sociabilité revient "comme naturelle", il ne tient qu'à l'individu de "penser" ce phénomène et en faire quelque chose de conscient.
De la même manière qu'on peut "penser" ses gestes en faisant la vaisselle ou ne jamais y accorder une quelconque attention: dans tous les cas la vaisselle est faite.

Pour Rousseau, il parle d'une époque où on considère la nature comme dangereuse, agressive, barbare. Et la culture est présentée comme l'essence de l'humanité supérieure à l'animal, qui permette dignité, transcendance, fut elle d'ordre divin ou d'ordre politico social.
Dans ce contexte il me semble qu'il a tout à fait "raison": la nature de l'homme est bonne (ou neutre) et la société le rend aliéné.
Ce qui n'est pas en soi une contradiction avec le "besoin social" pour se développer et s'épanouir, mais une mise en évidence d'un biais anthropocentriste.
Le culte de la manipulation, du mensonge, de la domination, de l'exploitation, (et ce qui s'ensuit: mépris, supériorité etc.) sont fondamentalement des dynamiques liées au groupe il me semble: qui manipuler et à qui mentir, et surtout "pourquoi", si il n'y a pas de groupe ou "d'autre individu" avec qui interragir? Et est ce que la "norme" de la violence, du mensonge, des conceptions entrainant une domination ne nait pas entre deux individus qui en rejettent un troisième? Ou simplement entre deux individus dont l'un "domine" l'autre et lui impose une façon de concevoir le monde?
On peut très bien voir de l'agression et de la violence dans la nature, mais l'interprétation que l'on en fait et la hisser au rang de "vérité" est un processus social. "La loi du plus fort" par exemple que des éthologues se mettent à contredire. Ou la fabuleuse histoire du concept de "barbarie".
Plus simplement et loin de cette dichotomie, en déconstruisant un peu les idées j'ai surtout l'impression qu'il fallait un discours soutenant une "culture" difficilement accessible et inégalement "offerte" pour soutenir des intérêts de domination tout politisés. De la supériorité de l'homme sur l'animal qui en soi permet un peu toute interprétation et toute démesure dans la recherche de contrôle et de domination, à la supériorité sur les autres cultures qui ne s'appelaient pas vraiment "culture" encore à l'époque. Supériorité absolue de l'écriture par exemple dans un empire fondé autour d'un livre et ses lois écrites "par Dieu".
Enfin, on peut voir tout ça de manières très différentes, et pas forcément contradictoires, mais je pense que tu partages cette notion: la culture, ça déforme, détourne, centralise, déshérite, entraine une domination (ne serait ce que par la distribution inégale d'une ressource considérée comme absolue et universelle mais ne l'est pas), non? Par extension ça rend agressif, dominateur, ça aliène: on rejoint Rousseau.

Dit autrement et pour te rejoindre: deux individus communiquent entre eux, se confrontent et s'enrichissent créent cette graine de "culture" si essentielle. Mais deux cultures en soi, ça n'est pas deux individus; c'est des blocs d'idées et d'interprétations du réel qui ne sont pas forcément compatibles, mais surtout: ne se posent pas la question. Elles sont, et perdurent telles qu'elles sont tant que quelqu'un les porte. Tant que quelqu'un ne "rencontre" pas quelqu'un d'autre sur un plan qui invite à un partage. D'ailleurs si les individus ne se rencontrent jamais, tu l'as dit: ils disparaissent. La culture avec.
Or globalement ce que fait souvent nos exemples de culture, c'est convaincre l'individu qu'il est supérieur, a accès à plus en "appartenant" à cette culture, en laissant son "individualité" de côté pour se faire porteur exclusif et absolu des idées données. C'est un peu comme un parasite, vu comme ça: en tout cas, c'est déshumanisant: de fait on n'est plus "humain", encore moins "mammifère" ou "être vivant" (qui vont "sonner" péjorativement du coup), on est "cultivé", "civilisé". On porte le qualificatif d'appartenance au groupe dominant.
Je pense que Rousseau commençait à "sentir" cet aspect et que c'est ce qu'il a exprimé, simplement.

Et enfin, ce que je suggérais à la fin, c'est que le "vrai moi" n'existe pas. Pas par opposition à d'autres "moi". Il est un peu tous les moi, ou la capacité à se vêtir d'apparats adaptatifs. Qu'il se pose ou pas la question pendant qu'il le fait. En revanche il est utile ou nécessaire pour "se penser" comme identité. C'est un "concept" qu'on va définir de manière un peu différente selon ce que l'on veut démontrer (j'en ai fait une chose neutre qui s'habille différemment selon situation, tu en as fait un caméléon à la dynamique intuitive). Mais au fond, ton "moi" reste ton "moi" même quand il a l'impression d 'être faux: cette impression d'être faux est d'autant plus forte je crois quand il y a eu aliénation non consciente en s'adaptant à un milieu qui aurait été pathogène. La question de l'harmonie se pose alors, et seule la "tension" est évidente. On s'interprète alors comme "faux".

Bon après ça reste des idées personnelles hein :)
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Re: Le faux-self

Messagepar marlou761 » Jeu 30 Juin 2016 15:31

Je viens de parcourir ce topic et c'est un véritable régal. Je passe mon temps à parler de ses choses inbitables sans aucun autre interlocuteur que moi-même....
Avant de me renseigner sur le faux self, j'associais ce genre de conduiteà une dissonance cognitive. Je me voyais agir et parler tout en ayant l'impression que c'était quelqu'un d'autre. J'ai pris des disposition pour noyer ce faux self avec une extrême franchise, ou ce que j'imaginai l'être. J'étais convaincue quand ne mettant aucun filtre ni aucune barrière je serai moi-même. Eh bien ça ne fonctionne pas. J'ai une sorte de contrôle parental automatique, tout ce qui sort de ma bouche et même mes attitudes sont en réaction directe aux propos de mes interlocuteurs. Toujours un effet escompté : paraître sympa, rigole, stupide, un peu folle. Jamais de paroles qui n'auraient de valeur qu'intrinsèquement.
Je ne sais plus être naturelle, l'ai je un jour su ?
Mon faux self agit comme un tamis, ce que présente aux autres fait partie de moi mais en quantité homéopathique.

Cependant, je ne pense pas que le masque qu'on porte nous soit complètement étranger, il est notre création après tout. Comme un tableau que l'on aurait peint et que l'on modifierai en fonction des réactions du public. "J'aurais mis plus de rouge !" "C'est joli mais c'est pas mon style...."
On s'adapte à ceux qu'on a en face certes mais le masque que l'on a créée nous ressemble, il est nous.

Je me suis un peu laissée emportée....désolée : ) :doh:
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Re: Le faux-self

Messagepar nemo » Ven 1 Juil 2016 09:41

Chacoucas a écrit: Je vais quand même te demander aussi quelques précisions qui m'échappent (comme celle mentionnée dans le post précédent):

Pour moi le faux, quelque soit son nombre, est permanent. L’adaptation est instantanée.



Après être passé par pas mal d'étapes concernant le faux self, je vais rebondir sur ça pour partager l'évolution de ma réflexion sur le sujet.
La phrase de LaKlo me parle énormément et je crois que le terme "faux self" est la source de beaucoup d'antagonismes dans l'approche du concept. J'ai toujours été dérangé par la notion de masque ou de personnalité fausse (ou personnage). C'est très subjectif, mais pour moi le faux self a comme symptôme l'absence de personnalité plutôt qu'une personnalité marquée qu'on change selon l'époque / le contexte dans le but de masquer un "vrai soi". Je le vois comme une altération de la dynamique d'interaction. Du coup le faux self tel que je me le suis approprié, je l’appellerais plus volontiers le no-self en le rapprochant de la problématique de la validation intérieure.
En l'absence de no-self, il y a donc un self (CQFD...) et dans les interactions sociales, ce self se manifeste en écoutant ce qui vient de lui (émotion, idées etc...), le partage et se nourrit de ce que l'autre lui renvoi pour faire évoluer sa construction intérieure dans un dynamique bidirectionnelle. C'est perpétuel. Chacun évolue grâce à l'autre et à lui même.
En présence d'un no-self cette interaction est biaisée. Le no-self ne donnant pas légitimité à ce qui vient de lui, vise la validation extérieure. Pour cela, un masque n'est pas le meilleur outil puisqu'il serait figé. D'où la nécessité d'une "adaptation instantanée". J'ajouterais systématique. C'est une adaptation à granularité fine. Il ne s'agit pas juste de jouer le fêtard dans un groupe de fêtards. C'est à chaque instant se comporter de manière à éviter les retours négatifs et à maximiser les validations de l'autre. Ça demande de l'anticipation permanente, dans un stress permanent et d'autant plus quand il s'agit de taire ce qui vient de l'intérieur. J'imagine (c'est mon cas) que dans des interactions multiples, le no-self aura tendance à s'éclipser, face à la multiplicité des personnalités différentes à "satisfaire". Plus le groupe grandit plus la demande en ressource est importante pour un résultat qui tend vers zéro.
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Re: Le faux-self

Messagepar Chacoucas » Dim 3 Juil 2016 07:33

Ah ok... intéressant comme notion, je comprends mieux, vu ainsi...
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Re: Le faux-self

Messagepar Miss souris » Dim 3 Juil 2016 18:31

Merci Nemo, c'est ça, une adaptation permanente à l'autre parce que toi tu n'es pas légitime ( pour X raisons).
Du coup (mode vérité universelle validée par me, myself and I ... )tu fais semblant tout le temps, au bout de plusieurs décennies tu ne sais même pas que tu fais semblant. Et quand tu t'en rends compte,c'est le no self : super j'ai évolué, je peux être moi ... sauf qu'avec tout ce temps à faire semblant sans s'en rendre compte, c'est qui, toi ? ... :arag
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Re: Le faux-self

Messagepar O'Rêve » Dim 3 Juil 2016 20:24

Je me reconnais complètement dans les propos de Nemo « Le no-self ne donnant pas légitimité à ce qui vient de lui, vise la validation extérieure. Pour cela, un masque n'est pas le meilleur outil puisqu'il serait figé. D'où la nécessité d'une "adaptation instantanée". J'ajouterai systématique. C'est une adaptation à granularité fine. Il ne s'agit pas juste de jouer le fêtard dans un groupe de fêtard. C'est à chaque instant se comporter de manière à éviter les retours négatifs et à maximiser les validations de l'autre. Ça demande de l'anticipation permanente, dans un stress permanent… »

Je comprends tout à fait cette impression de no-self pour avoir profondément vécu cet ensemble de sensations, et surtout ce besoin de la validation extérieure.

D’ailleurs, je pense que « mon self » s’est mal construit au cours de l’enfance en raison d’un mauvais équilibre entre ces éléments :
-découverte des mouvements, perceptions et sensations internes (qui relient au désir ou de manière plus globale à la capacité à ressentir des élans : élan à aller vers / élan à s’éloigner de ou à éloigner de / élan à rester près de / élan à rester loin de…)
-influence du regard/retours des autres (qui valident ou non les perceptions internes et permettent aux élans d’être écoutés ou non).

J’ai tendance à penser que mes élans et mouvements internes n’ont pas été accueillis et validés positivement, ce qui a eu pour conséquences que j’ai associé que mes sensations internes n’étaient pas justes. Ne sachant pas m’appuyer sur mes perceptions internes, j’ai cherché à me construire par rapport à l’autre (Qu’est ce que l’autre attend de moi ? Comment le satisfaire ? Comment lui plaire ?...)
C’est là que « la mécanique » du faux self a pu se mettre en route.

A l’inverse, on peut penser que pour l’enfant, lorsque les perceptions internes (vécu émotionnel, élans) sont accueillies et accompagnées par l’entourage, l’enfant peut se construire en s’appuyant sur ses perceptions internes en développant ainsi un vrai self. En grandissant il n’a plus besoin de la validation extérieure, car ses repères intérieurs sont fiables.
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Re: Le faux-self

Messagepar diogene » Dim 11 Sep 2016 17:52

Le "faux-self" me paraît une bonne illustration de la manière dont les psys entreprennent de distinguer les bons chasseurs des mauvais chasseurs (clin d'œil au sketch des Inconnus). C'est flagrant à la lecture de La Société des Individus (Norbert Elias, 1939), où sont décrites à la fois la formation du comportement individuel et ses conséquences (dont fait partie le sentiment d'être différent des autres, inadapté, etc.). Tout de suite, ce qui paraissait très grave devient… banal.

En gros, si vous vous en sortez bien, c'est-à-dire si vous faites votre boulot, que vous partez en vacances et que vous avez fait 1,93 enfant, vous êtes un(e) adulte équilibré(e), vous avez su vous adapter tout en restant vous-mêmes (c'est-à-dire que vous aboyez pas trop et que vous faites vos besoins pendant la promenade). Si vous supportez plus votre job, si vous vous disputez avec votre conjoint(e) et si votre enfant est un con, vous avez un faux-self - et un rendez-vous avec le psy.

Quant à la responsabilisation des mères… Je pensais qu'on avait progressé, mais il semblerait que non. Que ceux qui voient un psy fassent le test : sitôt acceptée par le patient, la piste maternelle (ou plus largement familiale) exclut toutes les autres. Ce qui est bien pratique pour fermer les yeux sur ce qu'il peut y avoir de destructeur dans la vie en société elle-même, sans rapport avec maman, papa ou tel traumatisme infantile.
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Re: Le faux-self

Messagepar W4x » Lun 12 Sep 2016 16:44

En gros, oui. A la hache alors... (à la francisque, même).
Pour ce qui est du lien systématique avec le milieu familial et l'enfance, c'est loin d'être ce qui est le plus évoqué ici.
diogene a écrit:sitôt acceptée par le patient, la piste maternelle (ou plus largement familiale) exclut toutes les autres.

C'est donc prêter des intentions manipulatrices aux psys. Ça doit certainement exister, mais de là à extrapoler... ? Ce que tu dis est fondé et a été évoqué à partir d'ici et (), heureusement tous les psys n'ont pas de comptes à régler avec ça.
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Re: Le faux-self

Messagepar diogene » Lun 12 Sep 2016 16:49

W4x a écrit:En gros, oui. A la hache alors... (à la francisque, même).
Pour ce qui est du lien systématique avec le milieu familial et l'enfance, c'est loin d'être ce qui est le plus évoqué ici.
diogene a écrit:sitôt acceptée par le patient, la piste maternelle (ou plus largement familiale) exclut toutes les autres.

C'est donc prêter des intentions manipulatrices aux psys. Ça doit certainement exister, mais de là à extrapoler... ? Ce que tu dis est fondé et a été évoqué à partir d'ici et (), heureusement tous les psys n'ont pas de comptes à régler avec ça.


Inutile d'avoir des intentions manipulatrices. Il suffit de chercher des certitudes plutôt que des vérités.
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Re: Le faux-self

Messagepar Réglisse » Lun 12 Sep 2016 21:41

diogene a écrit:Inutile d'avoir des intentions manipulatrices. Il suffit de chercher des certitudes plutôt que des vérités.

Mais... charité bien ordonnée commence par soi même non? Pardon d'être un peu abrupt mais c'est ce que j'ai l'impression de lire ça et là en ce moment.

Je rejoins ce que disait O'Rêve, quant à cette idée de 'granularité fine' (super formule ;) ), garante pas seulement du paraître mais réellement de l'être. Ça me rappelle cette démonstration d'un prof de fac, qui face à une jarre et à la question "quand cette jarre est-elle pleine?", commençait par la remplir de galets, puis de gravier, puis de sable, puis d'eau sans jamais la faire déborder, illustrait à quel point le sentiment d'accomplissement est une notion qui est loin d'être aussi subjective que l'on croit, tout au contraire. Et c'est à ce moment que le "faux" du "faux-self" me semble justifié, en tous cas pour le profane que je suis (mes seules lectures sur le sujet ayant démarré ici^^).
Ce comportement peut certainement être induit par quelque chose d'inné mais le poids de l'expérience sociétale me semble fondamental. Je ne vais pas redire ce qui a été dit plus haut mais par essence un "faux-self" est quelque chose qui se construit avec et pour les autres, et constitue une "fausse" ligne directrice de vie. Il ne s'agit pas juste de faire semblant au boulot, dans les études, aux repas de famille, auquel cas ça s'appellerait plus un masque, mais réellement de substituer à sa nature réelle un comportement qui n'est pas le sien et dont la totalité des tenants et aboutissants consistent à "être, à hauteur du paraître" (et non pas l'inverse), en dépit de sa nature profonde. Une sorte d'inversion, ou en tous cas substitution des ses propres valeurs, qui revient au final à nier ce que l'on est ou a été au départ.
L'idée de validation de soi à travers celle des autres me parle au plus haut point, parce qu'elle renvoie à quelque chose qui me parle et dont on se fout, mais surtout parce qu'à travers celle-ci on se construit une autre personnalité et surtout on s'auto-convainc de celle-ci, à tel point qu'on finit par ne faire plus qu'un avec.
Personnellement je ne sais pas bien où je me situe là-dedans, je suis loin d'être quelqu'un de très équilibré, mais je suis conscient du phénomène (d'autant plus en le connaissant ;) et je pense pouvoir dire sans trop me tromper qu'aucun psy ne me vendra que c'est un problème avec ma mère, pas plus qu'aucun autre que j'ai rencontré par le passé (pour répondre à ta question). En suis-je d'autant plus fort je ne sais pas, plus vigilant en tous cas j'essaie. Est-on plus fort pour le faire (s'en prémunir ou l'accomplir) quand on est surdoué, ça j'aimerais bien savoir :>
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Re: Le faux-self

Messagepar O'Rêve » Ven 24 Fév 2017 15:56

J’ai envie de partager ici l’analyse personnelle d’un psychologue Gilbert Richer sur la dépendance affective, car j’y fais des liens avec le faux-self. http://www.pouvoir-et-conscience.com/dependance.php

Par rapport aux témoignages précédents, je tenais à préciser que si l’auteur évoque avant tout l’abus/dysfonctionnement familial (parental) dans ses écrits, et si c’est une piste qui me parle (en partie) à titre personnel, je partage aussi l’avis que trop souvent on en fait une piste quasi exclusive (au lieu de prendre également l’influence de l’environnement social dans son ensemble). Car tout individu, enfant, parent, famille est influencé également par la société dans lequel il évolue (et ses dysfonctionnements).
Aussi, je trouve qu’il peut être pertinent d’envisager son analyse en élargissant les dysfonctionnements à d’autres causes que l’unique cause parentale (il fait d’ailleurs allusion, mais brièvement à l’école).
C’est pourquoi, je préfère retirer toutes les allusions à parental/familial dans le résumé et « citations » de son analyse, que je vais proposer.

A vrai dire, ce n’est pas la cause (familiale ou autre) du dysfonctionnement qui m’intéresse dans ses écrits, mais le processus et les perturbations qu’il décrit (crainte de sa propre vie affective/crainte de ressentir)

Sa définition de la dépendance affective :
« On peut dès lors définir cette affection de la façon suivante : elle est une perturbation, parfois pathologique, de la relation avec soi, découlant du maintien à l’âge adulte de comportements de survie développés dans l’enfance sous l’action des peurs acquises et nourrissant un processus décisionnel axé sur les réactions affectives observées, anticipées ou projetées chez d’autrui par crainte d’une relation avec sa propre affectivité. »


Selon l’auteur, la conduite de survie crée un arrêt complet du développement de l’affectivité car la personne (ça débute très souvent pendant l’enfance) agit d’une façon qui lui permet de s’éloigner de sa vie affective dont le contenu n’est plus utilisé dans le processus décisionnel. Plus le temps s’écoule, plus la personne creuse une distance profonde avec elle-même, par peur de ressentir les contenus de son affectivité, et c’est la raison pour laquelle les dépendants affectifs parviennent rarement à identifier leurs besoins.
Son interprétation est que la base dynamique de toute dépendance affective est essentiellement la peur de la relation avec soi.

Gilbert Richer décrit comment s’enracine ce processus (selon sa propre analyse). Il le décrit chez l’enfant. Mais il me semble que devant tout abus de pouvoir, on peut retrouver ce processus à l’œuvre également chez l’adulte.
J'en reprends les grandes lignes.

Devant un abus de pouvoir, l’impuissance et la vulnérabilité de l’enfant le confinent à l’utilisation du seul moyen disponible pour se protéger contre la souffrance émergeante : la négation de sa personne. La négation de soi doit être considérée comme le premier comportement de survie jetant les bases de ce qui deviendra sa dépendance affective.

Cette négation de soi s’accompagne d’un deuxième comportement de survie : le développement d’une centration sur le répertoire verbal et non verbal. Cela signifie que l’enfant quitte la relation avec sa propre vie affective pour se concentrer sur celle des autres, afin d’identifier leur humeur et de prévoir, si possible, leurs réactions pour décider de la conduite à adopter.
Plus il se centrera sur la conduite des autres, plus malheureusement il s’éloignera inexorablement de lui-même pour parvenir finalement à ignorer ses propres besoins, sauf celui de se protéger.

Ce second comportement de survie conduit l’enfant à l’apprentissage d’une autre caractéristique comportementale de sa future dépendance affective : la centration sur les besoins et les réactions affectives d’autrui dans un but d’autoprotection. C’est ainsi que l’enfant se prépare à devenir un spécialiste des besoins de l’autre et, un parfait ignorant des siens.

Il met en place un autre troisième caractéristique comportementale de la dépendance affective : l’assurance de son bien-être par l’induction de changements dans la conduite de l’autre.


Donc, selon Gilbert Richer, le processus de construction de la dépendance affective est le suivant : l’abus de pouvoir génère la présence de peurs acquises dont les actions entraînent l’émergence de comportements de survie qui, à leur tour, entraînent la disparition du pouvoir et de la liberté d’être en faveur de la négation de soi, une centration sur les réactions affectives des autres et l’émergence d’un processus décisionnel axé sur les réactions affectives anticipées de l’entourage. C’est la généralisation de ce processus d’adaptation à l’ensemble des relations qui portera le nom de dépendance affective.
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Re: Le faux-self

Messagepar gabriailes » Mer 22 Mar 2017 20:14

Un petit passage de Mémoire de fille de Annie Ernaux qui me fait penser à ce topic!

"Il y a des êtres qui sont submergés par la réalité des autres, leur façon de parler, de croiser les jambes, d’allumer une cigarette. Englués dans la présence des autres. Un jour, plutôt une nuit, ils sont emportés dans le désir et la volonté d’un seul Autre. Ce qu’ils pensaient être s’évanouit. Ils se dissolvent et regardent leur reflet agir, obéir, emporté dans le cours inconnu des choses. Ils sont toujours en retard sur la volonté de l’Autre. Elle a toujours un temps d’avance. Ils ne la rattrapent jamais.

Ni soumission ni consentement, seulement l’effarement du réel qui fait tout juste se dire « qu’est-ce qui m’arrive » ou « c’est à moi que ça arrive » sauf qu’il n’y a plus de moi en cette circonstance, ou ce n’est plus le même déjà. Il n’y a plus que l’Autre, maître de la situation, des gestes, du moment qui suit, qu’il est seul à connaître."
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Re: Le faux-self

Messagepar shinoune » Mer 10 Mai 2017 20:28

Ci- après, un article de la revue "Le cercle psy" sur le faux self.
Vulgarisation simple mais rigoureuse de la construction d'une personnalité en faux-self ainsi que de celles proches de celui-ci mais à ne pas confondre. Les concepteurs de ces lectures sont cités et le propos fait une bonne synthèse, totalement accessible, en n'allant pas trop loin dans les méandres des concepts.
Un excellent résumé pour qui ne connaît pas ces formes d'adaptation (que nous portons tous en nous à plus ou moins forte densité, allant de la simple protection sociale à une réelle pathologie handicapante) ou pour ceux qui se perdent un peu dans ces notions.
Le faux-self, sources et explications

Je me permets de préciser que si l'on décèle un tel trait en nous et que celui-ci semble nous enfermer ou nous limiter, il est préférable de consulter un psychologue si l'on désire faire la part de nous-même et retrouver plus d'authenticité et d'élan, sous risque de graves décompensations psychiques dues à la déconstruction de nos repères.
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Re: Le faux-self

Messagepar Nelle » Mer 10 Mai 2017 22:15

C'est tout à fait cela : vulgarisation simple, mais précise et efficace.
Merci pour ce lien :)
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Re: Le faux-self

Messagepar -Olivier- » Jeu 11 Mai 2017 08:04

Merci d'avoir partagé cet article shinoune, je le trouve très bien fait. :)
Mes certitudes ne valent que si vous en doutez
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Re: Le faux-self

Messagepar Miss souris » Jeu 11 Mai 2017 12:00

L'article est clair, mais à mon sens il manque Alice Miller ...
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Re: Le faux-self

Messagepar Elisea » Lun 22 Mai 2017 21:39

Offtopic :
Animal a écrit:Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade."
J. Krishnamurti
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Re: Le faux-self

Messagepar shinoune » Lun 22 Mai 2017 22:07

miss souris a écrit:L'article est clair, mais à mon sens il manque Alice Miller ...

Certes, Alice Miller parle beaucoup et fort bien du faux-self mais elle n'est pas à la base du concept. Ce dont elle parle est la notion qu'a élaborée Winnicott, aménagée à sa sauce (elle est philosophe et psychanalyste de formation bien qu'ayant rejeté la manière de pratiquer celle-ci). Néanmoins, la lecture du "Drame de l'enfant doué" son principal livre permet une bonne approche clinique du faux-self.
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Re: Le faux-self

Messagepar Miss souris » Mar 23 Mai 2017 20:06

une bonne approche : Oui, je trouve aussi. Merci pour les précisions, Shinoune !
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De la difficulté de se libérer

Messagepar isabellecomplexe » Sam 3 Juin 2017 09:57

De la difficulté de se libérer de l'idée que l'on est potentiellement dangereux. Mon faux self a passé et passe une bonne partie de son existence à se dévouer à des problèmes qui ne sont pas les siens pour le motif, absolument pas altruiste, qui consiste à prouver la volonté de ne pas nuire. Il s'est construit tardivement dans le même temps que le développement de ma vie sociale vers 18 ans. Avant, mes proches et amis d'enfance me définissaient comme une peste mélancolique et une "attachiante". Maintenant je passe pour une "sainte", c'est l'horreur, et puis surtout comment ne pas se laisser séduire par l'idée que l'on est quelqu'un de bien. Non pas que j'aimerai être odieuse, mais je pense que si j'ai quelques qualités il serait temps que je les nourrisse au lieu de leur substituer un altruisme pas toujours justifié. A l'origine, ce faux self s'est construit à partir de ma curiosité pour toute situation problématique et mon goût de résoudre les problèmes puis il est devenu une posture qui donnait sens à mes facilités (entre autres pour trouver des solutions originales pour autrui et parfois à mon propre service). Le travail entrepris récemment consiste donc à me libérer de cette peur de moi-même qui m'oblige en permanence au contrôle et m'amène souvent à être spectatrice de ma vie. Bref ce faux self qui prend racine dans une peur qui n'a pas lieu d'être, ai-je le droit d'exister si autrui me pense dangereuse, est difficile à ébranler. Je me rends compte que ce commentaire est truffé de jugement de valeurs et pas du tout scientifique mais bon il est peut-être utile à celles et ceux qui vivent la même galère. Aïe! Et voilà juste sur la ligne d'arrivée mon faux self me rattrape. Aaarrrggghhh !!!!
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