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Désintégration positive - Dabrowski-

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...

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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Omar_Regios » Jeu 21 Fév 2013 23:00

Tournesol,

Effectivement, l'article de Silverman et Maxwell est traduit dans le site. En fait, c'est là où j'ai trouvé l'information, mais j'ai cherché et consulté l'article en anglais aussi. L'article de Webb (très intéressant par ailleurs) est aussi traduit en français dans le site Talent-different.

Désolé pour la rédondance... :$, mais je reste fidèle à ma signature (à l'exception que je ne me considère pas savant.)
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar TourneLune » Jeu 21 Fév 2013 23:02

Ah mais c'était pas une critique ;)
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Zyghna » Ven 22 Fév 2013 11:06

Maluna a écrit:
Zyghna a écrit:De fait, la désintégration ne peut pas prendre plusieurs années, ce ne serait pas soutenable. Par contre oui, elle peut traîner sur plusieurs mois, le temps que les changements se fassent petit à petit, que chaque valeur en remplace une autre (enfin c'est comme ça que je l'ai comprise, mais je ne suis pas non plus spécialiste de Dabrowski).


Moi j'avais compris au contraire que cela pouvait prendre des annees et que l'on pouvait stagner dans les niveaux intermediaires assez longtemps...


Des individus peuvent stagner toute leur vie, ou une grande partie, dans des niveaux intermédiaires, Mais il s'agit dans ce cas d'intégration, une adéquation avec les valeurs du niveau.
Il existe 3 sortes de désintégrations:
La désintégration positive: perte des repères de fonctionnement mental habituel, construction de modèles référentiels plus élevés moralement pour remplacer les anciens.
La désintégration négative: l'individu n'expérimente qu'une part de la désintégration, à savoir la dissolution. Les individus sont piégés dans un état de dissolution, expérimentant les conflits intérieurs et émotions négatives, sans aucune résolution en vue, incapable de retourner à leur état d'intégration antérieur. Maladies psychotiques chroniques et suicides constituent des réactions communes de désintégration négative.
La désintégration partielle: pas de sortie aussi dramatique que la précédente. Ce type de désintégration résulte de plusieurs conséquences: un retour à un niveau de fonctionnement inférieur, une réintégration partielle à un niveau plus élevé, ou une transformation vers une désintégration globale.

De plus, la désintégration n'aboutit pas au même résultat suivant que l'individu parte d'une intégration primaire ou d'une intégration secondaire. Se rajoute là-dessus 3 facteurs de développement qui conditionneront l'individu et son évolution au sein des intégration/désintégration. Je reviendrai là-dessus quand j'aurai fini mon bouquin, mais je voulais juste donner une idée de la complexité de la théorie de la personnalité de Dabrowski.
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Callie » Sam 18 Mai 2013 23:27

Monsieur Noir a écrit:Ouais, sauf que là, tu exploses tout, et tu repars from scratch pour la totalité. En fait, oui, c'est ça, elles étranglent et te font souffrir pour rien (dépression). Ce qui change, ce n'est pas tellement une idée, mais la réponse émotionnelle à une idée.

Par exemple, pour moi :
Avant (il y'a 4 ans): j'étais incapable de sortir avec une nana, j'entrais en panique totale, et ça me faisait faire n'importe quoi.
Maintenant : le stress est ramené à un niveau plus normal, donc je peux passer outre sans trop de problèmes. :D
Le tout sans entraînement, ni rien. Simplement, j'avais un conflit entre ce que je savais qu'il fallait faire (parce qu'on m'avait un peu raconté quand même), et des croyances (et la réponse émotionnelle qui allait avec) complètement fausses sur les relations homme/femme. D'où conflit bloquant. Le jour où les croyances ont sauté, le conflit a disparu.

Mais "savoir" que c'est pas comme ça que ça se passe ne suffit pas. Il faut le croire. Et si on a appris autrement, il faut désapprendre, sur le plan du ressenti, avant.

Le truc, c'est qu'au début, tu ne comprends pas bien ce qui se passe, ça se fait tout seul, sans toi. Et au fur et à mesure, (parce que ça prend du temps : exploser, ça va vite, reconstruire beaucoup moins), ça ne devient "consciemment dirigé" qu'à partir d'un certain moment (le niveau 4 de Dabrowski).

Dabrowski pensait que la névroses et la dépression sont les premières étapes de ce changement de "valeurs émotionnelles".


Waw, c'est incroyable comme ça me parle. Chez moi, c'est comme si je vivais une crise permanente sur certains aspects en toile de fond (et pas du tout sur d'autres) provoquée par des évènements, une sorte de questionnement identitaire sur mes croyances personnelles, que je laisse à moitié entre mon conscient et mon inconscient. Un peu comme si ça travaillait tout seul puis s'éclairait au fil du temps (mais alors combien de temps... parfois des années...) Au fil du temps je commence à y voir clair dans mes croyances, dans mes valeurs et mes attentes... Très abstrait donc dur à expliquer. Ce sont des choses dont je ne parle jamais habituellement car je perçois à quel point c'est incompréhensible de l'extérieur et pourtant, ça fait totalement sens pour moi.
Et je pratique depuis des années l'auto-psychothérapie exactement pour les raisons citées par Dab. Ca marche assez bien, en fait. Mais peut être qu'un jour j'aurai qd même recours à un psychothérapeute pour aller plus loin.

Par contre, je ne pense pas qu'on puisse forcément se localiser de manière uniforme aux stades de Dab. On peut par exemple être dans certains aspects de nos croyances au stade 2 puis au stade 4 dans d'autres (sur lesquels on n'est plus avancé).
:emo:
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Zyghna » Dim 19 Mai 2013 13:25

Callie a écrit:Par contre, je ne pense pas qu'on puisse forcément se localiser de manière uniforme aux stades de Dab. On peut par exemple être dans certains aspects de nos croyances au stade 2 puis au stade 4 dans d'autres (sur lesquels on n'est plus avancé).


Dabrowski explique clairement que les individus peuvent être à cheval sur 1 ou 2 niveaux, avoir des résurgences dans un niveau inférieur, mais il y a clairement un niveau dominant. Il mentionne également qu'il est impossible de passer du niveau 1 au niveau 5 dans une vie: nous naissons avec un potentiel qui détermine le niveau de départ. La dotation génétique est très importante dans sa vision de la personnalité. L'environnement vient en second plan.
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Joebar » Mer 9 Oct 2013 10:12

Après avoir lu l'autre sujet sur la TDP et sur le THQI (notamment la partie du message de Kid sur son ressenti) j'arrive à mettre des mots sur ce que je ressens, pratique depuis toujours, et mettre un peu plus d'ordre dans la confusion qui me sert de conscience de moi.

J'étais dans le niveau IV en quête du V.

"J'étais" parce que je crois être tombé d'un niveau, voir oscillant entre le III et le IV. En effet, le facteur de développement "le dynamisme" requiert
la conscience de soi implique la conscience de son propre fonctionnement mental

Hors depuis que je me suis posé la question de la douance, ma conscience de moi a pris un bon coup.

"oscillant" parce que l'impression d'un manque de quelque chose dans la compréhension de mon fonctionnement perdure (d'où le sujet sur la tentative de compréhension du thqi mais j'y reviendrai sur un autre sujet initié par kid : l'évolution après confirmation par le test)

"je crois" parce que même si je tente de comprendre mon fonctionnement mental par comparaison à une population, entrant dans un écart type, j'en ai quand même conscience depuis tout le temps (à contrario de la différence avec les autres) et donc mon dynamisme serait intact et donc je serais toujours en niveau IV mais en cours de désintégration positive :P

Voilà ma petite participation qui je l'avoue sont rare :ugeek:
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar mlle socrate » Mer 30 Oct 2013 22:41

A posterio, je crois avoir traversé des crises existentielles tous les 10 ans, soit 3 en tout à ce jour, et au bout d'un moment on se lasse... alors se connaître un peu mieux, et éventuellement avoir l'impression d'être un peu aux commandes, ça m'a paru une bonne idée, finalement... Donc j'ai passé une WAIS, j'ai entamé une psychothérapie, et je vous ai trouvés. Grâce à vous, j'ai rapidement entendu parler de Monsieur Dabrowski (reconnaissance éternelle à Mlle Rose pour ça, ça a changé ma vie).

Bon l'avantage de ces crises existentielles, c'est que je tombe en amour à chaque fois...
L'inconvénient c'est que je ne fais pas des crisounettes mignonettes... (bon celle des 25 ans était quand même assez géniale même si cataclysmique aussi).



Durant la première crise, à l'adolescence, je dirais que j'ai cherché à m'affirmer, à me différencier, à me détacher. Mais j'étais encore pétrie de peurs, d'inhibitions, de complexes paralysants.
Je n'existais pas encore en tant qu'individu, j'étais un simple prolongement de ma mère. Et il a fallu couper le lien, revendiquer mes différences. Cesser d'être la petite fille parfaite, conforme, docile.

Être détachée, c'était aussi être seule. Et le sentiment de solitude me vrillait de l'intérieur. J'en avais une conscience aigue, douloureuse. J'ai aussi commencé à sentir que j'avais envie de plus, que je dégageais plus d'énergie, que j'étais plus rapide... et j'ai commencé à essayer d'appréhender le vide et l'ennui, chroniques et rongeurs chez moi. Avec pas mal d'échecs et de souffrance. Je me suis heurtée aussi à mon énergie excessive non canalisée: insomnies, troubles alimentaires.

J'ai eu des amitiés très intenses, de nouveaux liens. Et j'ai commencé avec parcimonie et une peur quasi panique les relations amoureuses, sans résultats très probants, jusqu'à mon premier amour, très intellectualisé (oui il semble que ce soit une défense à l'oeuvre, chez moi!).

Pour finir, j'ai fait des choix désapprouvés par mes parents, par pure opposition, pas vraiment par réelle envie (notamment le choix de médecine, qui a consterné mes parents). Je suis partie de la maison sitôt le bac en poche.





Durant la deuxième crise, aux alentours des 25 ans, je dirais que j'ai cessé de me conformer au désir de l'autre, j'ai cessé de faire ce qu'on attendait de moi, ce qui était mon mode de fonctionnement depuis toujours, par recherche de reconnaissance, et d'amour.

J'ai commencé à savoir ce que je voulais (un peu), et surtout ce que je ne voulais pas.
J'ai enfin pu exprimer mon énergie, qui me faisait tourner en rond avant: socialisation intense, pratique du théâtre, lecture intense... J'ai refusé la télé. J'ai refusé l'ennui. J'ai refusé la médiocrité.

J'ai mis fin à des amitiés.
J'ai cessé d'être exemplaire. (J'avais échoué à l'adolescence sur ce point!).
Je suis tombée amoureuse à de multiples reprises en quelques mois, j'ai vécu des histoires fondatrices pour moi, qui font encore référence. Comme je ne savais pas encore amener les hommes à m'offrir tout ce que je désirais, j'ai fait des patchworks... mais j'ai cessé de me dire que mes désirs étaient excessifs, j'ai envisagé que c'était peut-être ces hommes-là qui étaient insuffisants.

A l'issue de cette crise, j'ai choisi de devenir psychiatre, par choix, quitte à décevoir mes parents, mais pas dans ce but.
Et j'ai accepté de prendre le risque de l'amour partagé et de l'engagement.




Reste la 3ème crise, celle de la quasi quarantaine, du milieu du guet, celle qui a failli me tuer, et qui m'a menée à vous...
Elle a permis de prendre en considération mes zones de contradiction et d'ambivalence.
Le problème n'est donc plus de répondre au désir d'autrui, mais de connaitre le sien, dans sa complexité.
Elle m'a permis des prises de conscience de certaines capacités, notamment relationnelles et affectives. Donc la prise de conscience d'un certain pouvoir. Dont j'abuse peut-être un chouïa actuellement, je reconnais.
Elle m'a permis aussi de mieux connaitre mes fragilités, mes zones de faiblesse, réelles. Et que je croyais guéries et consolidées, à tort.
Elle a confirmé mon intolérance à l'ennui.
Elle m'a fait découvrir que je n'avais pas les moyens psychiques de mes ambitions romanesques, avec le fiasco total d'une passion amoureuse qui a explosé en plein vol.

Aujourd'hui, un an après la déflagration, je vis une période de réflexion intense... mon chéri me faisait remarquer hier que je me socialisais peu en ce moment... et la conclusion a été que mes pensées m'intéressent actuellement plus que voir mes ami(e)s!!!! Bref, je deviens asociale, ourse, mais heureuse, je ressens une sorte d'apaisement, de plénitude.
Je crois que des "choses" sont en train de se mettre en place dans mon cerveau, des idées en train de s'ordonner... je réfléchis intensément à l'écriture, à ce que je veux raconter, comment, etc... J'ai l'impression de perpétuellement manquer de temps pour la lecture, l'écriture, la réflexion...
Mais je me sens intensément vivante. Et c'est très agréable.



Bref, en les décrivant, je me rends bien compte qu'il a un mouvement de balancier... que mes pieds sont sur plusieurs étages selon Monsieur Dabrowski. Je ressens vraiment le côté dynamique de ce qu'il a décrit, ce mouvement, ce changement qui s'opère à plusieurs niveaux, plusieurs vitesses.
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar uzu » Sam 2 Nov 2013 16:12

Offtopic :
mlle socrate a écrit:....
J'ai mis fin à des amitiés.
......


Tu peux t'exprimer si tu veux.
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Heartfilia » Mer 19 Fév 2014 02:15

Merci à Lady Space pour l'article qui a tout mis en lumière pour moi! J'aurais dû commencer par là... Cependant, je reste sceptique... Je me méfie des cases, autant pour moi-même que pour les autres... Je ne pense pas qu'un parcours de vie puisse être intégré aussi simplement à un schéma préétabli. Ce n'est pas parce quelqu'un a vécu une dépression sévère dans son passé qu'il est immunisé à vie et qu'il va nécessairement cheminer vers un état de grâce... J'exagère mes mots, mais bon...
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar *Za* » Mer 19 Fév 2014 06:44

PurpleMonk a écrit:Je me méfie des cases, autant pour moi-même que pour les autres... Je ne pense pas qu'un parcours de vie puisse être intégré aussi simplement à un schéma préétabli. Ce n'est pas parce quelqu'un a vécu une dépression sévère dans son passé qu'il est immunisé à vie et qu'il va nécessairement cheminer vers un état de grâce... J'exagère mes mots, mais bon...
Ce n'est pas vraiment l'idée, tu t'en doutes. Je te suggère de faire un tour ici : psychologie-sante/theorie-desintegration-positive-dabrowski-t3973.html?hilit=dabrowski
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar O'Rêve » Jeu 12 Fév 2015 22:10

Je parcours les différents sujets du forum relatifs à la théorie de la désintégration positive depuis quelques jours et ce que j'ai pu lire a fait écho ( à différents niveaux). Ce qui m'a donné envie de partager mes expériences, de ce que je pense avoir vécu et être en train de vivre (processus de désintégration), mais également ce qui me séduit dans cette approche.

Mes expériences de désintégration
Il me semble que je suis passée par des processus de désintégrations partielles à différentes reprises :

Grand trou noir à 22 ans, suite à une rupture amoureuse qui a été suivi par un redoublement au cours de mes études supérieures. Toutes mes valeurs se sont effondrées : j’en ai reconstruit une partie, mais je ne suis pas allée au bout de ce cheminement. C’est une période au cours de laquelle les questions existentielles étaient très présentes, une période où j’ai débuté des activités créatives, une période de remise en question quant au choix de ma voie professionnelle. Je me suis construit de nouvelles valeurs (sur la vie, en général), mais je n’ai pas été au bout du processus (en particuliers quant au choix de ma vie professionnelle) : la peur de décevoir un parent, le regard de l’autre, le sentiment de honte : je n’ai pas réussi à aller au bout de mes remises en question.

Quelques années plus tard, j’ai à nouveau eu une période intense de remises en questions (au niveau travail, amitiés, le choix de la parentalité). Les remises en question ont été positives dans certains domaines (parentalité, amitiés), mais se sont cristallisées dans le domaine professionnel.
J’ai fait une tentative de changement de voie professionnelle (démission, nouvelle formation, passage par un travail associatif) avec un retour à la case départ (après une expérience difficile au contact d’une femme perverse narcissique). Je suis revenue vers mon ancien travail. Au niveau professionnel, ma remise en question s’est cristallisée pour quelques temps…
Au cours de la même période, j’ai mis fin à un certain nombre de relations (essentiellement amitiés) : j’ai fait des choix en fonction des nouvelles valeurs dont j’ai pris conscience.
Mes remises en question se sont ensuite portés vers l’expérience de la parentalité avec l’épreuve des manquements (et la culpabilité), le constat de ne pas toujours réussir à ajuster mes valeurs morales au quotidien. Cette expérience a été intense en émotions, mais aujourd’hui, je me sens épanouie, car je me suis autorisée à explorer toutes les voies qui me parlaient et à être accompagnée quand j’en ai eu besoin. Pour le développement de mes propres enfants, j’ai osé remettre en question les valeurs avec lesquelles j’ai grandi. J’ai le sentiment d’avoir rejeté des valeurs (qui ne m’appartenaient pas) et d’avoir choisi les miennes et je construis avec ces nouvelles valeurs.
En revanche, jusqu’à maintenant dans ma vie sociale et professionnelle, je ne me suis pas permis d’aller au bout de l’exploration intime des valeurs qui me sont le plus chères. C’est ce que j’espère m’autoriser maintenant : aller au bout de ce cheminement. Les questionnements professionnels ont ressurgi, il y a 4 ans, lors de rencontres professionnelles. Un regard (au cours de ces rencontres) associé à un immense trouble puis une sensation de manque, de vide une fois les journées passées et le processus s’est réamorcé. C’est comme si le croisement d’un regard m’avait redonné l’envie de grandir dans ma propre vie. J’ai recroisé cette personne à deux autres reprises. A chaque fois, j’ai ressenti le même mouvement : l’envie de me connecter à ma nature profonde, de trouver la place la plus juste, celle qui me correspond
Parallèlement, j’ai fui la rencontre. Trop d’émotions, une panique incontrôlable. J’ai l’impression qu’il me serait impossible d’exister à coté de lui, hors du champ de son désir. Je sens que pour le moment, cette connexion (contact visuel) m’a redynamisé, m’a redonné un élan à chercher ma juste place et paradoxalement je sens que j’ai besoin de trouver mon désir, ce qui m’anime en faisant mon chemin à distance de cette personne. Tout cela est très troublant et des conflits internes sont très forts.
Pour le moment je suis en recherche, j’avance doucement dans ma quête : je n’ai pas encore trouvé ma juste place mais je sens que j’avance sur le chemin : je découvre intérieurement que certaines pistes ne sont pas en adéquation avec qui je suis : je me découvre la capacité de restreindre petit à petit le champ des possibles, ce qui me semble déjà pas si mal.

« La santé mentale n’est pas un état mais un processus. »
L’idée du processus me séduit. J’ai suivi un accompagnent thérapeutique pendant 2 ans avec une thérapeute formée à la psychothérapie centrée sur la personne (Carl Rogers) et dans cette approche, je trouve qu’il y a quelques éléments qui peuvent faire écho (dans la philosophie et pratique) :

Une certaine conception de la Personne.
"Nous pouvons dire qu'il y a, dans tout organisme, à quelque niveau que ce soit, un courant inné qui entraîne celui-ci vers la réalisation positive de ses propres possibilités.
Il y a chez l'homme une tendance naturelle vers un développement complet"
Le terme qui a souvent été utilisé pour cela est celui de tendance à la réalisation de soi, ou Tendance Actualisante, et elle existe dans tous les organismes vivants".
La Tendance Actualisante suit le tracé d'un Processus Directionnel, propre à chaque individu.

Le thérapeute ne traite pas une maladie, mais il rencontre une personne.
Le client n'est pas identifié à une pathologie. Il est écouté et aidé sans passer par le prisme de la normalité.
http://www.afpacp.fr/valeurs.php



Les émotions négatives constituent la clé permettant d’évoluer entre intégration et désintégration, de cheminer intérieurement.

J’ai toujours pensé que les émotions avaient un sens, une utilité. Pour moi si l’émotion est présente, c’est qu’elle nous offre une information précieuse sur ce qui se passe.
C’est pour cela également que j’apprécie la méditation (pour ma part, je ne me suis penchée pour l’instant que sur la médiation dite de pleine conscience), car cela m’aide à voir passer les émotions, à les accueillir au moment où elles surviennent, à sentir comment elles se présentent et se manifestent corporellement…

Les surexcitabilités
C'est sûr que ça me parle : les surexcitabilités émotives, sensuelles, imaginatives...
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar O'Rêve » Sam 14 Fév 2015 18:47

Je n'ai pas réussi à fusionner ce message avec le précédent, mais pas de problème si vous pensez que ce sera plus clair pour le forum.

Je continue de partager l'évolution de ces derniers jours sur un plan personnel suite à la lecture de la théorie de la désintégration positive : le cheminement vers un déblocage…
Une série d’associations se sont faites depuis que j’ai commencé à lire la théorie. En connectant cette dernière à mes ressentis, mes souvenirs, j’ai eu quelques prises de conscience et je l’espère à la clé des déblocages.
Je vais essayer d’expliquer le cheminement de ma pensée…si ça peut faire écho à certains...
En lisant la théorie sur les surexcitablités, j’ai commencé à faire des parallèles avec mon vécu, avec des ressentis.
Par exemple, en ce qui concerne la surexcitabilité sensuelle, je me suis rappelée mon intolérance, à certaines matières (collants, matières que je trouve froides sur la peau ou qui grattent), ma fatigue assez rapide dans les réunions de familles, mon intolérance au vacarme, mon émerveillement et les larmes qui me montent aux yeux devant la beauté (quand j’écoute certains morceaux de musique ou regarde certains éléments de la nature)…Puis le retour vers la théorie où je lis " Ceux qui ont une surexcitabilité sensuelle ont une forte conscience sensorielle et, souvent, un sens de l’esthétique plus marqué. "
Puis je reviens vers mes souvenirs : je me rappelle enfant alors qu’on refaisait ma chambre des phrases de ma mère par rapport à mes goûts : TROP EXIGEANTES, GOUT DE LUXE…idem quelques années plus tard lorsque je prends ma première chambre d’étudiante et que je cherche à créer une harmonie visuelle (dans les couleurs, l’agencement, la thématique) pour me sentir bien dans ce nouvel environnement.
Ce qui me renvoie vers la théorie de Dabrowski sur les sentiments négatifs :
"L’individu doit apprendre à considérer ces sentiments et émotions dits négatifs avec bienveillance dans la mesure où ils lui indiquent un décalage entre son comportement actuel et son idéal à atteindre, même s’il n’a pas encore conscience de ses valeurs personnelles. C’est le non-respect des valeurs morales de l’individu qui le génère. L’individu se sent responsable de ses manquements".
Et voila on y est : à un moment, j’ai été bloquée dans l’appréciation de la valeur « sens de l’esthétique » suite à des paroles blessantes. Honte d’avoir apprécié le beau. Et ce sentiment a perduré chaque fois que j’ai ressenti une attirance vers ce qui est beau. Une sorte d’illégitimité à accueillir cette valeur. Or, en lisant la théorie de Dabrowski, en faisant les associations, et bien là il s’est produit un inversement de perception. Bon sang mais c’est bien sûr! La honte m’indiquait le décalage entre l’importance de la valeur sens esthétique dans ma perception intime, depuis ma toute jeune enfance et la place que je m’autorisais à lui accorder pleinement. Ainsi donc, le sens de l’esthétisme serait une valeur que je peux m’autoriser à vivre pleinement, puisqu’elle est quasiment innée, liée à ma surexcitabilité sensorielle. C’est ma nature ! Ce sont les jugements qui m’ont éloignée de ma nature. La honte, elle, m’indiquait le décalage…
Aucune thérapie jusqu’à maintenant n’avait pu lever ce brouillard. Et là en quelques jours de lecture d’une théorie qui me parle, je vis soudainement une adhésion, « en toute conscience, à des valeurs morales élevées, correspondant à ma personnalité idéale ».
L’horizon s’éclaircit peut être…
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Clem » Lun 6 Avr 2015 10:20

Cyrano a écrit:Bon, devant l'engouement que suscite ce topic, je vais poser quelques questions comme on lancerait une bouteille à la mer.

Y a-t-il un âge privilégié pour remettre en question sa vision du monde ?

Quelle est la véritable corrélation entre douance et désintégration positive ?

Vivre selon ses propres vérités ne mène-t-il pas à la marge ?

Merci pour vos réponses.



Pour autant que j'aie bien compris la théorie, résumée ici, et pour m'être retrouvée dans les différentes descriptions des 5 niveaux, voici ce que je pense:

- pas d'âge privilégié, et puis on peut vivre toute sa vie au 1er niveau. Mézigues, j'ai commencé le niveau 3 à 20 ans, parce que j'avais eu la super bonne idée de me lancer dans une formation qui me mettait d'entrée de jeu en conflit intra-psychique maousse-costaud, tellement le stéréotype de l'infirmière me gonflait les bananes. J'ai trouvé que fréquenter les psychologues était aidant pourvu qu'on sache quitter ceux qui ne nous conviennent pas, et qu'on trouve ceux qui nous conviennent, mais faut dire que j'y ai mis une énergie de survie... :@ Et puis je suis devenue capable de voir certaines choses toute seule - je vois la coach de moins en moins souvent.

- le lien entre douance et désintégration positive est peut-être la forme d'intelligence, parmi celles répertoriées par Gardner Théorie des intelligences multiples , qui s'appelle l'intelligence intra-psychique (la capacité à s'explorer soi-même). Mais l'avoir n'est pas une garantie... faut vouloir changer, ce qui fait souvent très mal. Et pas nécessairement besoin de douance, à mon avis. :smiledansboite:

- vivre selon ses propres vérités ne conduit pas forcément à la marginalité. Le niveau 5 décrit bien comment l'individu qui dépasse ses conflits intérieurs devient capable de vivre avec autrui, en offrant actes et présence de manière inconditionnelle. C'est la pensée, l'acceptation des valeurs d'autrui qui devient marginale.

Justement, j'ai remarqué que les débats d'idées ne peuvent se faire en tous temps et partout, surtout si l'interlocuteur est même un chouya dans un mode de pensée et d'interaction "si tu n'es pas avec moi, alors tu es contre moi". Quand les valeurs sont trop décalées avec la morale ambiante, même si l'éthique derrière les nouvelles valeurs est très poussée, là, des fois, pas moyen de causer, et alors là... courage, fuyons. :lunettes9:

Exemple: quand Dieudonné a écrit "Je suis Charlie Coulibaly", j'ai trouvé qu'il avait une certaine capacité d'empathie universelle, derrière ses provocs multiples.

Venez me péter la gueule, hi hi! :rofl:
Clem
 

Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Clem » Lun 6 Avr 2015 10:52

Heartfilia a écrit:Merci à Lady Space pour l'article qui a tout mis en lumière pour moi! J'aurais dû commencer par là... Cependant, je reste sceptique... Je me méfie des cases, autant pour moi-même que pour les autres... Je ne pense pas qu'un parcours de vie puisse être intégré aussi simplement à un schéma préétabli. Ce n'est pas parce quelqu'un a vécu une dépression sévère dans son passé qu'il est immunisé à vie et qu'il va nécessairement cheminer vers un état de grâce... J'exagère mes mots, mais bon...



C'est comme le processus de deuil: c'est pas parce qu'on est arrivé à la dernière phase (paix, acceptation) qu'on n'aura pas des bouffées de révolte ou de marchandage.

On est comme des ludions: en haut, en bas, je remonte, je replonge... mais c'est pas perdu pour l'ensemble du processus: si on arrive à accepter que l'on va voyager comme ça d'un niveau à l'autre, alors on est déjà en train de pacifier ce conflit interne-là.
Clem
 

Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Zyghna » Lun 6 Avr 2015 11:10

Si tu veux en savoir plus sur la théorie, y'a de quoi faire par ici où l'on trouve la plupart des réponses aux questions posées sur ce topic et surtout ce que l'on peut tirer de la théorie par rapport à la douance.
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Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Clem » Lun 6 Avr 2015 13:15

OK, merci.

Il y a pas mal d'échanges sur l'ajustement des visions personnelles, par exemple la nuance entre stade et niveau; ou la rareté des parcours-éclairs, ou encore la part de l'ADN... enfin, plein de questions épineuses sur ce qui touche, il me semble, le sentiment d'étrangeté du HP vu son hyperexcitabilité.

Sur ce dernier point d'ailleurs, le lien web par lequel je suis arrivée ici traite précisément de l'hypersensibilité, qui n'est pas forcément un cadeau, wouaïe.
Mais quand un tableau ou un air vous met un uppercut cérébral, que les larmes coulent de bonheur et de plénitude, ça vaut pas mal de moments où l'on a décidé de quitter des personnes, des groupes ou des choses que l'on aimait faire parce que tout-à-coup le prix paraît trop lourd à payer pour rester dans certains environnements (tiens, il y avait aussi cette notion d'environnement... il me semble que c'était sous-entendu que l'on cheminait vers sa personnalité en se confrontant aux rencontres, aux hasards... donc aux gens...)

Pour finir sur une note positive je vous livre deux expériences "live" qui m'ont estomaquée, de véritables orgasmes cérébraux

- la première: entendre le Boléro de Ravel joué par un orchestre symphonique, j'étais dans la salle. J'ai chialé.

- la deuxième: découvrir ce tableau de Nicolas de Staël http://www.passion-estampes.com/npe/dec/destael2.jpg. Un direct au foie, des heures devant avant de pouvoir m'en détacher.
Clem
 

Re: Désintégration positive - Dabrowski-

Messagepar Elisea » Sam 3 Juin 2017 17:35

Bonjour,
Je viens de vivre une expérience qui me semble être celle d'une désintégration positive mais je ne vois pas comment la dissocier du concept de résilience.
Pour le détail, je souffrais depuis 20 ans d'anxiété, qui s'était généralisée au fil des divers évènements de ma vie.
Il y a quelques temps, je suis arrivée à un stade de non retour et j'ai démarré une auto-analyse qui m'a pris 8 mois avec comme point de départ la découverte de mon potentiel. Je suis remontée plus de 60 ans en arrière dans les méandres d'un secret de famille qui a détruit un de mes parent et complètement conditionné la mienne.
Bon an mal an, j'ai recoupé les informations, mes symptômes actuels et les émotions de mon enfance pour me libérer de ce que je définis comme des tensions psychiques dévastatrices. En tous cas le procédé a été bon, cela fait 1 mois que mes symptômes ont disparus. Voilà pour l'aspect résilience.
Mais ce qui m'est arrivé est allé plus loin qu'une simple guérison. J'ai été saisie, à l'issue de mes recoupements, d'une clairvoyance sur les évènements de mon passé qui m'a fait comprendre tout ce que j'avais jusqu'alors vécue de manière inconsciente : mes motivations profondes, la raison des choix que j'avais faits, les mécanismes de défense que j'avais mis en place, l'origine des sentiments que j'ai porté à certaines personnes... Et c'est cette clairvoyance qui me permets de réaliser que ces schémas n'ont plus lieu d'être et d'essayer de me positionner par rapport à ce qu'il me semble être essentiel.
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