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Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Modérateur: Zyghna

Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Tails » Lun 29 Juil 2013 18:24

J'ai eu aujourd'hui une discussion bien trop courte, mais qui aurait pu s'avérer intéressante, avec une collègue de travail qui se destine à l'enseignement. Le sujet portait sur la possibilité ou non pour un enfant surdoué de "sauter" une classe. À ma grande surprise j'apprenais de sa part que, dans notre région, cela n'était plus possible car considéré comme nocif pour l'enfant.

Ni une ni deux je monte aux barricades ! "Nocif ? Le passage de classe ? Mais je suis un exemple vivant que non !!! Tant qu'il y a un accompagnement responsable cela peut très bien se passer." Mon interlocutrice de me répondre que les "dernières études" auraient "prouvé" que cela était mauvais pour l'enfant. Bien sûr toujours le même problème : on évoque d'éventuelles "études" pour souligner son argumentation. Enfin je ne dis pas que de telles études avec de tels résultats n'existent pas, le fait est que l'argument était nul et non avenu (à mon sens) dans une telle discussion car elle ne citait pas explicitement les études auxquelles elle se référait.

Bref, il serait donc considéré nocif pour un enfant surdoué de sauter une classe car il doit, je cite, "apprendre à aller au même rythme que les autres". Mon sang n'a fait qu'un tour. Depuis que je lis des sujets sur la douance il me semble qu'au contraire il est recommandé de prendre en compte le rythme de l'enfant afin qu'il puisse s'épanouir pleinement et développer tout son potentiel.

De plus je considère qu'une directive aussi générale et catégorique "on ne fait plus sauter de classe aux enfants surdoué" est d'une violence inouïe et d'une irresponsabilité flagrante : un sujet aussi délicat ne devrait-il pas être traité au cas par cas ? Il est clair que toutes les expériences d'enfant ayant sauté une classe ne se sont pas avérées les plus heureuses, mais il me semble en être de même pour les enfants auxquels on ne permet justement pas de faire cette expérience peut-être bénéfique pour leur développement.

J'aimerais donc connaître votre avis sur la question. J'ai lu des présentations et divers messages parlant du malêtre ressenti par certains à l'école (diagnostiqués durant l'enfance ou non). L'idée n'est ici bien sûr pas de dire une bonne fois pour toute s'il est bon ou pas pour l'enfant de pouvoir recourir à cette solution mais bien entendu de voir les arguments pour, les arguments contre et bien entendu vos expériences personnelles vis-à-vis du sujet et vos ressenti par rapport à cela. Bien entendu si quelqu'un est au courant d'études confirmant la thèse de l'interlocutrice que je citais plus haut, je serais plus qu'intéressés de les lire !

J'ai aussi vu que certains profs se baladaient sur le forum. À vous qui voyez des deux côtés de la "barrière" que pensez-vous de la question ? J'imagine que vous y avez sûrement longuement réfléchi, discuté avec des collègues ou même suivit des cours de formation complémentaire sur le sujet ! Votre avis me serait extrêmement précieux, me destinant moi aussi à cette noble profession que celle d'enseignant.

Merci à tous et au plaisir de voir ce fil s'animer. :mrgreen:
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar maxmomo » Lun 29 Juil 2013 18:58

Je vais faire une réponse rapide pour ce qui est du système français :
- On continue à faire sauter des classes à certains élèves, surdoués ou non ;
- Il n'y a pas à ma connaissance d'étude sur l'impact de ce saut de classe ;
- Un saut de classe est toujours positif quand il est bien mené;
- Tous les surdoués ne sautent pas de classe.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Keegane » Lun 29 Juil 2013 19:51

Je fais partie des enfants heureux d'avoir sauté une classe ! Une de plus n'aurait pas été plus mal non plus :D
Et je rejoins ce que momo dit. Il n'y a pas de raison qu'un saut de classe se passe mal. Il y a une question de soutien de la part des équipes pédagogiques et de l'entourage.

La question de la maturité revient souvent sur le tapis. Peut être que toutes les classes ne sont pas faites pour être sautées et qu'il faut s'y prendre de bonne heure.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Tails » Lun 29 Juil 2013 20:21

Je pense comme toi Kee, sauter une classe peut-être sacrément bénéfique (et je pense aussi que j'en aurai volontiers sauté une de plus). Le problème dans cette histoire c'est qu'on puisse à ce point écarter la particularité de l'enfant : "il doit apprendre à avoir le même rythme que les autres" mais où va-t-on ? Oo

J'ai fait une recherche rapide sur internet et je suis tombé sur ce billet d'un enseignant sur le blog du Monde consacré à l'enseignement, personnellement moi ça me fait peur : http://ecole.blog.lemonde.fr/2007/01/19 ... ne-classe/

Ce qui me taraude c'est : pourquoi être aussi catégorique ? Ca fait peur un enfant surdoué ? J'ai vraiment de la peine à comprendre et comment on peut vouloir à ce point faire rentrer les enfants dans un moule carré alors que certains sont ronds, d'autres triangulaires etc...
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Aïnoa » Lun 29 Juil 2013 21:55

Ce n'est pas spécialement l'enfant surdoué qui fait peur, mais la différence. Quelle qu'elle soit...
C'est ce que me répète ma psy. Mais j'ai aussi beaucoup de mal à comprendre...
Que les gens soient "dérangés", "gênés", ok, c'est leur problème, mais pourquoi ne sont-ils pas capables juste d'accepter que certaines personnes sont différentes?
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Tails » Lun 29 Juil 2013 22:30

Ben l'argument qui est ressortit quand j'ai posé la même question, Aï, est que les enfants handicapés sont intégrés aux classes normales et il n'y a plus de classes spécialisées et que du coup ça doit être pareil pour tous les enfants.
En gros si j'ai bien compris, par chez moi si un enfant surdoué se sent mal dans sa peau et dans sa classe il a deux choix : soit continuer à s 'emmerder grave et ça peut aller très loin (dépressions et tutti quanti), soit alors il va dans une école spécialisée (et donc privée) ce que tout le monde ne peut pas se permettre...Je trouve vraiment qu'il y a régression, et tout ça au prétexte que sauter une classe serait mauvais pour l'enfant...Ce qui apparemment n'est pas prouvé Oo
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Keegane » Mar 30 Juil 2013 08:49

Hum on m'a pas demandé d'avoir le même rythme et jusqu'en 5ème, ça m'a pas posé de souci ... Par contre, après, on m'a clairement fait comprendre que je voulais aller trop loin et qu'il fallait que je me taise.

Après, je pense qu'en faisant sauter une classe, on a tendance à stigmatiser l'enfant et à attendre de lui encore plus qu'il ne devrait (dans la plupart des cas). Effectivement, comme le dit Aï, la différence gêne ! Mais au lieu de passer outre, on la stigmatise encore plus en se faisant passer pour charitable. Perso, j'ai pas vu beaucoup de différences entre moi et les autres au primaire. On faisait les mêmes exercices, avançait pareil, etc ... ce sont les adultes qui prennent le temps de te rappeler à quel point tu es différent(e). On veut regrouper tout le monde dans le même moule, avec le même mot d'ordre : tu n'as pas le droit de dépasser ! Et après ça, on te dit à quel point chacun est unique et fonctionne différemment ...

Et oui, un enfant en demande d'apprentissage constant fait peur à l'équipe pédagogique parfois. Ça, on ne sait pas le gérer chez nous (en France j'entends, je sais pas pour la Suisse ;) ). Mais ça me choque ce billet de cet enseignant ... Ces critères pour sauter une classe me perturbe grandement et je remercierai jamais assez ma maîtresse de mater' d'avoir été plus clairvoyante que lui. Mais de la même façon, on fait redoubler une classe pour cause de "manque de maturité". Ça aussi j'ai du mal à le comprendre.

Contrairement à cet "enseignant", je n'ai rencontré que des enfants qui avaient envie d'apprendre et d'en savoir plus, jusqu'au jour où on a voulu les brider ... Et il n'y a pas besoin d'être surdoué ou autre pour avoir envie d'apprendre...
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Zyghna » Mar 30 Juil 2013 09:12

Je suis dans un secteur dans lequel l'AFEP est très impliquée, avec des enseignants parents de surdoués et sans doute eux-mêmes surdoués. Au début du mois, j'ai rencontré les mères de 2 gamines qui ont réussi à faire 3 classes en 1 an. L'une des gamines vient d'avoir son bac à 15 ans avec mention très bien, et l'autre est enfin épanouie à l'école. Pour les 2, la décision du saut de classe venait du corps enseignant.

Perso je n'ai pas eu à sauter de classe parce que j'étais dans une école à classe unique et que ça ouvrait de vraies opportunités et que l'enseignant faisait en fonction de chaque enfant. Avoir un moule c'est utile pour les grandes lignes, mais il faut savoir en sortir si l'enfant ne s'y plait pas.

C'est assez impressionnant de constater les disparités régionales au niveau de l'Education Nationale et ça montre encore le chemin qui reste à faire.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Tails » Mar 30 Juil 2013 11:11

Kee en Suisse le sujet semble quasi inexistant, en tout cas dans ma région je connais peu de personnes ayant sauté une classe ou plus précisément ayant eu un accompagnement adéquat quant à leur douance.
Personnellement j'étais loin d'être un cancre mais je m'emmerdais ferme en classe, du coup chaque fois que l'enseignant posait une question à la classe je levais la main pour répondre moi, au moins ça me faisait faire quelque chose. Je te laisse imaginer la frustration lorsque l'enseignant disait : "Quelqu'un d'autre que Loïc svp ?". Je sais maintenant que c'était pour que les autres participent aussi mais moi je le prenais clairement comme un : tais-toi tu m'ennuie à toujours vouloir répondre. Alors du coup je décrochais et je m'emmerdais sec. Donc ouais un gamin qui manifeste sa soif d'apprendre par des réponses et surtout par des questions me semble surtout vu comme un petit prétentieux par chez moi et on se pose pas vraiment beaucoup de questions. La seule fois où l'on parle de douance par chez moi c'est quand les parents parlent entre eux de leur gosse. Le pire c'est quand ledit gosse est en échec : "Mais en fait il est trop intelligent et incompris" alors du coup je zappe assez vite parce que c'est tellement galvaudé que ça me gonfle. Je dis pas que c'est pas possible mais leur manière de le dire m'énerve.

Zyghna : J'espérais vivement que tu réponde à ce sujet ! :) Ton exemple montre qu'en tout cas quelques membres du corps professoral français ne sont pas réticents à l'idée d'enfants (surdoués ou non) qui ont un rythme différent. Mais aurais-tu des exemples opposés ? Je veux dire des membres du corps enseignant farouchement opposés à cette idée ? Et si oui quels seraient leurs arguments ??
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar marmotte » Mar 30 Juil 2013 11:42

Il y a du pour pour le saut de classe mais aussi du contre.
Faire sauter 2 classes ou plus a un gamin pour qu'il explose en plein vol arrivé au lycée n'est pas non plus une solution.
Arrivée en seconde avec un an d'avance, il y avait dans ma classe une fille souffre douleur avec 2 grosses années d'avance (née en novembre). Parcours brillant jusque là mais décrochage dès le début de la seconde. Elle m'a invitée a son anniversaire comme j'étais la seule de la classe a lui parler un peu. J'ai monté le coup pour que ma mère vienne me chercher vite..... on a joué à la poupée avec d'autres gamines de son age.... Elle a disparu du lycée après une année qu'elle n'aurait pas du subir.
Une copine, 2 ans d'avance, fugue sur fugue en terminale bac raté puis rattrapé études bof. Pas facile au moment de l'adolescence d'être toujours le bébé.
Je pense qu'une année ne change pas grand chose, mais 2 ou 3 au niveau socialisation de l'ado c'est énorme.
Un autre 2 ans d'avance (de janvier) qui a bien réussi étude vie familiale etc... refuse que ses enfants sautent des classes, il doit bien y avoir eu de la souffrance la dessous.
Pour ma génération il était super bien vu de pousser les enfants et de leur faire sauter une classe, il y a eu des sauts de classe pas justifiés. Je pense juste qu'il faut voir que c'est une solution possible a certains problèmes mais que cela peut aussi en engendrer d'autres. Je pense aussi que le mois de naissance est important. Un saut de classe si on est né en janvier ne représente pas grand chose, pour ceux nés en décembre c'est déjà une autre histoire.
Je dirais sauter une classe opportunité ET danger
Y aurait-il des 2/3 ans d'avance parmi nous pour nous raconter???
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Keegane » Mar 30 Juil 2013 15:29

Je compatis Tails pour le levage de main et le "tais-toi" ou "tu es exclue de la participation" ... Mais c'est pas dû au saut de classe ça ! C'est pas compliqué de comprendre que tu vas plus vite et que tu en veux plus... M'enfin je suis pas maman ni prof, j'ai rien le droit de dire à ce qu'il paraît. J'imagine que tu as eu aussi droit au "mais ce n'est pas au programme de cette année ! tu verras ça plus tard ..."

Rassurant de voir que des choses bougent au moins dans ta région Zyghna ! Et oui, les disparités sont énormes entre les régions. Je pensais que le programme se voulait nationale :P Heureusement tout le corps professoral n'est pas mauvais et je te remercie de nous le prouver ici :)

Marmotte, ma cousine (un an de plus que moi) a sauté deux classes et je me rappelle pas qu'elle ait eu ce type de problème socialement parlant. En même temps, elle est très réservée et peu expansive. Elle ne sait absolument pas explosé en plein vol et aujourd'hui, a un poste des plus confortables.
Perso, je suis du mois de juillet et on pense souvent que j'ai sauté deux classes. Je suis rentrée au lycée à 14 ans et à la faculté à 17. Aucun problème social, bien au contraire ! Pour les études, c'est une autre histoire mais pas dû à mon saut de classe.
Mais je pense que sur ce point, ça diffère du caractère de chacun plus qu'autre chose. Sans compter que l'on grandit à l'école alors qu'à la maison, on garde le même âge d'une certaine façon. Ça a créé de gros problèmes de compréhension et de sérieux conflits avec l'autorité parentale durant mon enfance/adolescence, refusant d'être considérée pour l'âge de mes veines et plutôt pour celui de mon crâne.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Doonarrala » Mar 30 Juil 2013 15:38

Voici ce que dit Françoys Gagné, Professeur de Psychologie, à propos de l'accélération scolaire: Un joyau méconnu: l'accélération scolaire

Et l'étude américaine à laquelle il fait référence (qui est disponible en français): A Nation deceived

L'accélération scolaire est plus facilement acceptée par les enseignants et la direction au niveau du primaire, mais cela devient nettement plus difficile au niveau du collège (le travail par cycle, ou en classe double, dans l'enseignement primaire permet plus de flexibilité et facilite la possibilité de passage au niveau supérieur). Certains enseignants y sont farouchement opposés (sans forcément donner leurs raisons), et d'autres estiment que l'élève doit être excellent dans toutes les disciplines pour pouvoir y prétendre. Un bilan WISC est alors en général demandé (soit par la famille, soit par les enseignants, avec l'accord de la famille) et une décision est prise en commission pédagogique en fonction des recommandations du Co-Psy.

Voici ce que l’Éducation Nationale, au niveau académique (ici Montpellier), en dit: "Accélération du cursus : elle est possible mais elle doit rester une exception validée par des spécialistes. En effet, elle va augmenter les difficultés dans les domaines peu investis ou mal maîtrisés et elle risque d’aggraver, dans certains cas, les difficultés de socialisation de l’élève." (Source: EIP: pistes de réponses pédagogiques pertinentes)

Je n'ai pour ma part pas d'opinion tranchée. Mais je constate.

J'ai eu dans mes classes cette année une élève brillante dans tous les domaines, avec en outre une très grande créativité et maturité, qui apprend avec une rapidité et une précision extraordinaire (c'est la meilleure élève que j'ai eu en 13 ans de carrière), mais qui n'a jamais demandé de saut de classe, malgré des 19-20 dans toutes les disciplines (je dis bien toutes). J'ai d'ailleurs demandé en conseil de classe pourquoi il n'avait jamais été proposé de saut de classe à cette élève. Il m'a été répondu que la famille ne l'avait jamais demandé, et que de toutes façons c'était trop tard au niveau du collège pour le faire. Cette élève n'a jamais montré de signes d’ennui en classe et ne s'est jamais plainte du rythme imposé. J'ai eu la chance de l'avoir en classe pendant 2 années consécutives, et je suis très admirative de sa grande intelligence interpersonnelle (plus encore que les autres formes qu'elle manifeste), car elle laisse leur place aux autres, et intervient en classe uniquement si ses camarades n'ont pas trouvé la réponse. Elle est jalousée pour ses résultats, mais son calme, sa maîtrise de soi, sa douceur et sa réserve ont fait qu'elle parvient à désamorcer l'agressivité (latente ou pas) des autres. Elle force le respect de tous.

Une autre de mes élèves, arrivée cette année en 6e, a par contre demandé un saut de classe dès la rentrée scolaire. Les collègues et la chef d'établissement se sont montrés très réticents et défavorables, arguant que les résultats de l'élève n'était pas suffisamment homogènes et assez élevés (elle tournait dans les 15-16 dans certaines disciplines mais avait 13 dans d'autres). Il a en outre été dit à la famille que le saut de classe ne pouvait se faire au niveau de la 6e. La procédure a néanmoins été suivie, et l'élève a passé un bilan WISC auprès de la Co-Psy. Le bilan ayant montré une forte hétérogénéité, il a été dit à la famille que le saut de classe ne pourrait pas se faire.
De mon côté, j'ai vu une élève, très mûre pour son âge (tant physiquement que mentalement), très motivée par les apprentissages en premier trimestre, qui posait beaucoup de questions pertinentes et s'intéressait aux cours, progressivement s'éteindre en cours d'année. En math, elle est passée de 14 de moyenne à 07 (ou 05, je ne me souviens plus exactement) en fin d'année scolaire.

Et enfin, pour clôturer ce retour d'expérience, j'avais un autre élève de 6e cette année- un garçon cette fois- qui avait 2 ans d'avance. Son jeune âge passe d'abord inaperçu car il est très grand, mais sa façon de bouger, sa motricité (il peut être très maladroit), son comportement lorsqu'il est hors classe, montraient qu'il était plus jeune. Sur le plan scolaire, il a obtenu de brillants résultats (homogènes) toute l'année, et ce sans travailler à la maison (source: ses parents). Il a eu la malchance de tomber dans une classe avec des élèves particulièrement perturbateurs, ce qui a ralenti considérablement le rythme de travail du groupe classe. En janvier, cet élève a commencé à se renfermer sur lui même. Ses parents, très attentifs, se sont rendus compte du malaise de leur fils et ont contacté le professeur principal. Le problème était principalement l'ennui en classe (et aussi l'effarement face à des comportements en classe inacceptables de la part de certains camarades).
Un autre saut de classe ne pouvant être envisagé, les parents ont décidé de se rendre avec leur fils à une journée portes ouvertes d'un établissement privé qui accueille des EIP en classe spécifique. Leur fil a tellement été emballé par ce qu'il y a vu qu'il leur a demandé de l'y inscrire à la rentrée suivante, malgré le fait que cela l'obligerait à être en internat la semaine. Cette visite, et l'acceptation de ses parents, a eu pour effet de dynamiser à nouveau cet élève, qui a retrouvé tout son allant jusqu'à la fin de l'année scolaire. Pour la petite histoire, il a fait un bilan WISC, car demandé par l'établissement privé, et il a été accepté (il semblerait qu'il y ait une liste d'attente; un autre de mes élèves, surdoué lui aussi, a demandé a intégrer cet établissement mais n'a pas été pris).

Je trouve que mes observations rejoignent assez bien ce que dit Zyghna :
Avoir un moule, c'est utile pour les grandes lignes, mais il faut savoir en sortir si l'enfant ne s'y plait pas.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar marmotte » Mar 30 Juil 2013 16:35

Keegane a écrit:Mais je pense que sur ce point, ça diffère du caractère de chacun plus qu'autre chose. Sans compter que l'on grandit à l'école alors qu'à la maison, on garde le même âge d'une certaine façon. Ça a créé de gros problèmes de compréhension et de sérieux conflits avec l'autorité parentale durant mon enfance/adolescence, refusant d'être considérée pour l'âge de mes veines et plutôt pour celui de mon crâne.


Tout a fait d'accord avec toi, je n'ai pas été assez précise dans ma description, je ne pensais pas maturité dans le sens age du crane mais plutôt dans le sens âge des gonades... qui doit être encore plus un pb chez les garçons qui ont une puberté plus tardive. Pour reprendre l'exemple de l'enfant qui en seconde jouait à la poupée alors que les autres filles de la classe se posaient plus des problèmes de petits copains et de pilule pour les plus précoces. Quelle ado prendra un bébé de 2 ans de moins comme meilleure copine/confidente pour ses peines de coeur? Comment grandir quand on n'a pas de meilleure copine? Le problème d’intégration est là on peut se situer correctement dans le groupe mais on est forcément différent, considéré comme le bébé le surdoué le..... Difficile (mais pas impossible) de s’intégrer pour des raisons purement physiologique. Je parle là des grosses différence d'âge, plusieurs années d'avance.

De même l'adolescence est caractérisé par des modifications importante de fonctionnement du cerveau, menant entre autre à des prises de risque plus importantes, la crise d'ado a une vraie base biologique. Un non ado dans un tas d'ado ne pense pas pareil (bon aucune idée de l'age de ces modif de fonctionnement sur les HP mais je ne vois pas de raison pour que cela soit plus précoce). Pas facile de s'adapter (même si c'est possible on est bien d'accord), les parents d'ado comprendront....

Au niveau sportif, ben 2 ans de moins, on court moins vite et on est moins bon, personne de veut de toi dans les équipes de sport. Je me souvient d'une étude (genre une vraie) qui montraient que les grands joueurs de foot ont un mois de naissance biaisé vers janvier et février. L'étude concluait que les plus vieux d'une classe d'âge "gagnent" plus dans les jeux car ils sont en moyenne plus compétents physiquement, ils y acquièrent une plus grande confiance en eux, d'où de meilleurs résultats en sport.

Ces 3 facteurs créent des difficultés d’intégration dans le groupe social représenté par la classe. 2 ans d'avance et on est forcément stigmatisé. Après bien sur et heureusement que certains 2 ans ou 3 ans d'avance s'en sortent bien, mais pas tous... il faut aussi penser à ceux pour qui ces difficultés se changeront en gros problème.
Ensuite qu'apporte vraiment plusieurs classes sautées en l’absence de problème dans la classe normale?? Le bac a 12 ans j'ai envie de dire les pauvres, comme quand je vois des petits sportifs de haut niveau qui passent leur vie à s'entrainer en passant à coté de leur enfance.

Le fait d'être HP rend différent du groupe, si sauter une classe rend les choses plus facile à l'enfant il ne faut pas hésiter mais ce n'est pas toujours plus facile pour lui, c'est bien expliqué par le lien sur François Gagné.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Tails » Mar 30 Juil 2013 20:59

Keegane a écrit:Je compatis Tails pour le levage de main et le "tais-toi" ou "tu es exclue de la participation" ... Mais c'est pas dû au saut de classe ça ! C'est pas compliqué de comprendre que tu vas plus vite et que tu en veux plus... M'enfin je suis pas maman ni prof, j'ai rien le droit de dire à ce qu'il paraît. J'imagine que tu as eu aussi droit au "mais ce n'est pas au programme de cette année ! tu verras ça plus tard ..."


Oui je sais Kee que ça n'a rien à voir, mais c'était juste pour illustrer le propos de : "On voit mal la soif d'apprentissage par chez moi." Enfin, je généralise par des expériences personnelles donc c'est très subjectif forcément. J'espère sincèrement me tromper. Pour ce qui est de "ce n'est pas au programme", oui alors ça j'ai eu pas mal de fois lorsque j'étais dans des classes à deux degrés et que j'écoutais le programme de l'autre classe pendant qu'on devait faire nos exercices. Mais la dernière fois que ça m'est arrivé c'était en première à l'uni : "Monsieur, je ne répondrait pas à cette question car vous avez quatre cours d'avance." Bref, le schéma se répète à tous les stades il faut croire (une des grosses désillusions de l'uni d'ailleurs.)

Doonarrala a écrit:Voici ce que dit Françoys Gagné, Professeur de Psychologie, à propos de l'accélération scolaire: Un joyau méconnu: l'accélération scolaire

Et l'étude américaine à laquelle il fait référence (qui est disponible en français): A Nation deceived

L'accélération scolaire est plus facilement acceptée par les enseignants et la direction au niveau du primaire, mais cela devient nettement plus difficile au niveau du collège (le travail par cycle, ou en classe double, dans l'enseignement primaire permet plus de flexibilité et facilite la possibilité de passage au niveau supérieur). Certains enseignants y sont farouchement opposés (sans forcément donner leurs raisons), et d'autres estiment que l'élève doit être excellent dans toutes les disciplines pour pouvoir y prétendre. Un bilan WISC est alors en général demandé (soit par la famille, soit par les enseignants, avec l'accord de la famille) et une décision est prise en commission pédagogique en fonction des recommandations du Co-Psy.

Voici ce que l’Éducation Nationale, au niveau académique (ici Montpellier), en dit: "Accélération du cursus : elle est possible mais elle doit rester une exception validée par des spécialistes. En effet, elle va augmenter les difficultés dans les domaines peu investis ou mal maîtrisés et elle risque d’aggraver, dans certains cas, les difficultés de socialisation de l’élève." (Source: EIP: pistes de réponses pédagogiques pertinentes)


Merci pour cet article et pour l'étude associée ! Je vais aller la lire plus précisément, je n'avais jamais pensé à toutes ces possibilités là ! Et d'ailleurs je suis entrain de me dire que c'est bien dommage que ces possibilités n'aient pas été évoquées à l'époque où la question se posait pour moi. =)

Doonarrala a écrit:Je trouve que mes observations rejoignent assez bien ce que dit Zyghna :
Avoir un moule, c'est utile pour les grandes lignes, mais il faut savoir en sortir si l'enfant ne s'y plait pas.


Merci pour ces témoignages d'ailleurs ! Je suis assez d'accord sur ce que dit Zyghna (et ce que tu dis toi aussi vu que tu semble abonder dans son sens). Le problème que je vois pourtant c'est que le moule semble bien trop rigide et cela confirme ce que je disais au début : une directive du type "on ne laisse pas les élèves sauter une classe" est barbare et irréfléchie (bon d'accord j'y vais peut-être un peu fort dans les termes, je grossis le trait pour qu'on comprenne bien mon opinion). La décision doit se faire au cas par cas et avec le conseil d'un ou d'une professionnel(le) en dialogue avec les enseignants, les parents et l'enfant concerné.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar jade16 » Mer 7 Aoû 2013 22:56

Tails a écrit:La décision doit se faire au cas par cas et avec le conseil d'un ou d'une professionnel(le) en dialogue avec les enseignants, les parents et l'enfant concerné.

Je suis instit et pour ma part, c'est toujours comme cela que ça se passe. C'est une proposition du conseil des maîtres, sur avis du psychologue scolaire ou un psy libéral, et avec accord, discussions préalables avec la famille. C'est à la famille qu'incombe la décision finale.
J'ai assisté à une intervention de l'inspecteur d'académie de la Charente en 2007 qui demandait explicitement que les raccourcissements de cycles soient encouragée et se multiplient. L'inspecteur de circonscription, lui, est je crois plus méfiant sur la question mais des sauts de classes se font tous les ans dans sa circonscription et il ne s'y oppose pas.
Le billet de l'enseignant que tu cites est aussi pour moi très choquant et je pense que cet enseignant est mal informé, il fait de la vulgarisation-choc et semble méconnaître totalement le fonctionnement des HQI. Il milite contre les parents qui veulent faire de leur enfant un chien savant (en tout cas c'est comme cela que je le vois), ce qui peut sans doute se comprendre (?) mais ne prend pas en compte la souffrance et le manque de nourriture intellectuelle de ces enfants qui ont faim, c'est sûr !

marmotte a écrit:Quelle ado prendra un bébé de 2 ans de moins comme meilleure copine/confidente pour ses peines de coeur?

Sur ce point, j'avoue que c'est sans doute une difficulté à surmonter d'être dans une classe où les autres sont tous bien plus vieux mais pour ma part, j'avais un an d'avance et n'ai jamais rien ressenti de tel. J'ai d'ailleurs toujours eu des petits amis bien plus vieux que moi. Avec le recul, je me demandais ce qu'ils cherchaient avec leurs 7, 6, 5 ans de plus que moi.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar LiF » Ven 9 Aoû 2013 06:31

Hello, j'ai d'abord sauté au plafond en lisant que des académies pouvaient refuser le saut de classe, nanmého, z'ont jamais entendu parler de textes réglementaires, ça ne ferait ni une ni deux devant un tribunal administratif, etc, etc. Mais en fait c'est en Suisse c'est ça ?? Je suis super étonnée parce que la Suisse faisait figure, à mes yeux, de précurseur dans le domaine de la scolarité des enfants précoces... Est-ce que ta collègue a une directive précise, quelque chose à nous mettre sous la dent ??

Quant à mon avis sur le saut de classe : on ne sait jamais (comme pour ce qui concerne l'ensemble des décisions prises pour nos enfants) si c'est le bon choix ou pas, on le fait quand on pense que c'est la meilleure voie au moment M, et on ne saura jamais si l'autre choix aurait été ou pas pire ou meilleur. Quoi qu'il en soit, c'est la seule piste qui existe à l'heure actuelle en France pour apporter un souffle d'oxygène à certains enfants. Mais je constate que l'effet est en général d'assez courte durée, surtout pour les enfants qui sont en mal de faire tourner le moteur à 20000 tours minutes : pendant un trimestre, c'est de la balle, et puis après, finalement on se re ennuie. Mais ce trimestre trop de la balle peut permettre, si on le met à profit, de désamorcer les conflits avec l'école, de s'y re plaire, et donc de travailler sur d'autres questions qui permettront par la suite à l'enfant de mieux s'adapter dans le groupe classe (méthodo, relations aux autres, acceptation des autres, place de l'élève, etc).
Ah et aussi, le saut de classe peut être salvateur, j'ai un exemple sur un de mes enfants qui a dépéri on ne savait pourquoi, maux de ventre, pas de copines, avec des notes moyennes voire des difficultés importantes, jusqu'à un saut de classe. Maintenant, meilleure confiance, joie de vivre et copines sont au RV. Et résultats aussi même si ce n'est pas parfait, mais l'essentiel est quand même d'être bien pour pouvoir apprendre correctement à mon avis. (d'ailleurs c'est ce que disent les textes : la décision doit être prise pour le bienêtre de l'enfant et même s'il existe des lacunes...)
Tous les cas sont donc dans la nature et il me semble dangereux de systématiser des décisions quand on parle d'humain.

Bref, j'ai sauté une classe, mes enfants ont tous sauté au moins une classe, mon grand deux, on l'a désco l'an dernier parce qu'on avait toujours pas réussi à lui faire imprimer son rôle d'élève (notre connaissance de la précocité étant plus récente que son avance scolaire, nous n'avons rien fait de particulier pour l'accompagner lorsque l'occasion nous a été donnée), et je vous dirai comment se passe l'entrée au lycée cette année puisque c'est la seconde qui l'attend.
Il a quelques potes, une amoureuse épistolaire qui était dans sa classe il y a deux ans, mais je sens bien que si ce groupe d'âge l'attire plus que d'autres, il ne se sent pas à l'aise dans un groupe tout simplement. Ni longtemps avec le même enfant quelque soit l'âge. Donc je ne sais pas comment ça va se passer.
Personnellement, n'ayant jamais été bien dans des groupes, toujours maintenant, je ne vois pas comment on peut s'entendre avec "une bande" de gens, je le comprends et j'ai plus l'impression que c'est son caractère qu'une question de saut de classe.

C'était donc mon avis ;)
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar sourizeante » Ven 9 Aoû 2013 15:44

marmotte a écrit: J'ai monté le coup pour que ma mère vienne me chercher vite..... on a joué à la poupée avec d'autres gamines de son age.... Elle a disparu du lycée après une année qu'elle n'aurait pas du subir.
Une copine, 2 ans d'avance, fugue sur fugue en terminale bac raté puis rattrapé études bof. Pas facile au moment de l'adolescence d'être toujours le bébé.

Bonjour marmotte

J'avoue que ton témoignage m'a fait frémir. Parce que cela ressemble à ce qu'on a pu me dire quand j'étais plus jeune.
Pour le coup, une seule année d'avance, mais scolarité dans des collèges où la proportion d'elèves ayant 1, 2 voir 3 ans de retard était non négligeable.
Ce qui signifiait pas loin de 4 ans d'écart avec certains élèves. J'étais très souvent seule et souvent l'objet de quolibets.

Avec le recul, je me rends compte que j'avais des centre d'interet plus "adultes" que certains d'entre eux.
Je pense qu'ils avaient besoin de me traiter en "bébé" pour se sentir mieux dans leurs propres baskets d'adolescent en pleine mutation ... Enfin, bref... that's life :-)

Ci dessous mon propre parcours avec saut de classe. Mais c'est à la limite du hors sujet
Au final, ma mère n'a pas voulu me faire sauter une deuxieme classe, j'ai survolé collège et lycee. Seule.
Je fais mes disserts de français dans le bus, ne révise jamais rien... Et j'ai mon bac avec mention, en foirant les 2 seules matières où j'avais eu l'idée saugrenue de bachoter.
J'ai ramé un peu en début de fac, et pris une année blanche en licence car pas habituée à bosser.J'avais jamais ouvert un bouquin, je me contentais d'écouter en cours, et du coup, c'était pas naturel pour moi d'approffondir et de m'entrainer à faire des exercices. Et comme j'avais enfin des amis, j'avais envie d'en profiter. :rock:

J'ai décroché un DEA en physicochimie des matériaux avec tout plein de Schrodinger et de Einstein dedans. :ugeek:
C'était donc pas totalement raté cette affaire. Je pense que sans ce saut de classe, cela aurait été pire. Je me serai vraiment ennuyée comme un rat mort.


Pour ce qui est du saut de classe, je vous livre également l'expérience de ma fille.
Entrée au CP en sachant lire, mais émotionnellement fragile et en recherche d'identité, notamment par rapport aux copines.
Le saut de classe lui faisait peur, même si elle s'ennuyait et commençait à perdre le gout de l'effort.
J'ai vu la maitresse. Mon cahier des charges s'était "je veux que ma fille ne s'ennuie pas, et garde l'habitude de devoir faire quelques efforts, après je m'en fiche qu'elle saute une classe ou pas".
Le saut de classe a été écarté à ce moment là car la classe de CE1 était très chargée, avec des enfants très durs.
La maitresse m'a proposé un truc génial : faire en un an le programme de CP et de CE1, en binome avec une autre petite qui était dans le meme cas, en restant dans la classe de CP.

Cette année, ma fille a intégré le CE2, dans une classe CP/CE2. Du coup, elle n'était pas la plus petite... Là encore, nickel.
Elle se retrouve donc avec un an d'avance, mais sans avoir le sentiment d'avoir sauté une classe. Elle a été deuxième de la classe toute l'année, mais a été obligée de fournir un minimum de travail, sans toutefois que la pression soit trop importante.
Elle a pris gout à l'effort, à l'apprentissage, elle a compris qu'une note moins bonne ,c'est une opportunité d'amélioration...

Je suis assez sereine pour la suite.
Et paradoxalement, elle a beaucoup plus de copines cette année que l'année précédente, alors qu'il y a cette année d'écart. Là elle est en colonie de vacances, et visiblement elle a sympathysé avec des fillettes plus agées... Je considère donc qu'elle est à sa place... :)

J'ai conscience d'avoir de la chance, l'équipe pédagogique de cette école est au top.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar sandrinef » Sam 10 Aoû 2013 07:47

En effet, Sourizeante, je trouve que ce qu'a fait l'instit de ta fille est vraiment bien :-) .
Concernant mon fils, je me suis rendue compte qu'il savait lire: il était en grande section de maternelle. Son instit m'a proposé un saut de classe et un passage direct en CE1. Tout s'est bien passé, sa scolarité est excellente, bien vêcue malgré un certain ennui parfois...Mais l'ennui est un sujet dont on parle ensemble et j'essaie de l'aider à accepter qu'il faille pour les autres enfants 3h de cours de math sur un même sujet quand lui se contenterait de vingt minutes...
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Thibaud » Sam 10 Aoû 2013 18:58

Suite à la conversation sur le chat que l'on a eut avec Lif, Il semblerai opportun Tails, que tu précises les particularités du système scolaire Suisse, qui diverge énormément du système Francais, et qui pourrait apporter pas mal de réponses au débat que tu as eu.
Le monde est sinistré, et moi j'écris ma sinistrose;
un lyriciste nait à chaque fois que le sinistre ose...
J'étais seul dans ma chambre, j'avais des rêves qui m'allaient trop grand; je le voyais dans les yeux des gens mais au fond c'était pas méchant. .
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Garrett » Dim 11 Aoû 2013 23:39

Hello tous !
Je ne suis ni enseignant, ni psy-quelque chose. Mais certains propos lus ici m'ont fait frémir. J'aimerais donc juste apporter mon humble témoignage... Suite au WISC (passé avant l'âge prévu du test), on a conseillé à mes parents de me faire entrer avec un d'avance en primaires (CP). Ils n'avaient aucune idée de ce que la douance signifiait. Ils ont donc suivi les conseils des pros. Deux problèmes en ont découlé:
1/ Il n'y a eu aucune explication et aucun suivi. "Il est juste en avance"... sous-entendu "il est plus intelligent, il doit performer". J'ai donc passé ma scolarité à me demander pourquoi j'étais différent, qu'est-ce qui ne tournais pas rond chez moi, et comment faire pour "m'adapter"... c'est-à-dire être ce que je ne suis pas.
2/ ... ça ne m'a pas empêché de m'ennuyer en classe toute ma scolarité !

Beaucoup ont parlé du fait de s'ennuyer en classe. Je crois que pour un enfant, ce qui se passe hors de la classe (récrés, voyages scolaires, activités sportives, etc) est encore probablement plus important que ce qui peut se passer en classe. "Intellectuellement", j'étais probablement prêt au sauter même deux ou trois classes. Mais niveau émotionnel ou relationnel, certainement pas. En fait, j'étais comme un poisson dans l'eau en maternelle: je m'ennuyais peut-être un peu, mais j'avais des copains et ça se passait bien avec les autres enfants. Après le saut de classe, je m'ennuyais toujours autant, mais tout seul.

Au vu de vos commentaires, je suis sans doute un des rares à regretter ce saut de classe. Mais je me goure peut-être, cela aurait peut-être été pire sans cela ?

En tous cas, ce qui me parait clair, c'est que:
- il est absolument essentiel de bien expliquer ce que la douance signifie, aussi bien aux parents qu'à l'enfant. Qu'il ne s'agit pas simplement d'une "avance", ou d'une intelligence quantitativement plus grande, mais bien d'un mode de fonctionnement différent. Et que les aspects émotionnels et relationnels peuvent aussi être "affectés", il s'agit d'en tenir compte.
- L'aspect "ennui en classe" relatif à la matière et la vitesse d'apprentissage n'est certainement pas la seule donné à prendre en compte !!! Mais bien sûr, il est plus facile de déterminer un QI que de prédire si l'enfant s'épanouira ou pas avec des enfants plus âgés. L'âge du saut de classe pourrait peut-être être pris en compte dans la réflexion. Le chiffre absolu, par exemple "deux ans d'avance", est, me semble-t-il, une donnée incomplète... Je crois, sur les plans relationnel et émotionnel, il est plus facile de s'adapter à 14 ans à une classe de 16, que à 5 ans à une classe de 7... Mais je me trompe peut-être...? Serait-il stupide de demander l'avis de l'enfant ? De lui dire "Si jamais, un jour, tu estimes que tu t'ennuies trop, on peut te faire passer à la classe suivante" ?
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar LiF » Lun 12 Aoû 2013 12:11

Il est possible que tu te gourres, et que ça aurait été pire sans le saut.
Personne ne pourra jamais te répondre.
En tout cas c'est mon avis pour une grande majorité des cas. Et plus je lis sur le sujet, moins je trouve de contre indication. J'aimerais, si vous avez, trouver une seule étude, pas un avis comme ça, une étude, montrant que le saut de classe est une mauvaise chose. Pour l'instant je n'ai trouvé que le contraire. Les seuls éléments avancés pour le refus étant des convictions personnelles ou la mise en avant de cas qui ont posé problème (quelle part, à côté de ceux qui n'en ont pas posé ? Quand ça va, personne ne vient faire de réclamation, c'est ça le hic, ça fausse l'image des choses).

Pour ce qui concerne le "demander aux enfants" c'est ce qui se fait je crois. En tout cas c'est ce qu'on a fait nous et c'est ce que je vois autour de moi.

Ceci étant je connais des cas, surtout de filles, qui ont refusé de sauter une classe pour être avec les copines ou pour lesquels les parents ont refusé pour éviter les décalages, et quelques années après les regrets ont été grands parce que les copines c'était fini et le décalage était là, voire la démotivation, l'exclusion, ou pire (dépression, phobie scolaire...). Mais peut être qu'un saut n'aurait rien changé, c'est toujours pareil, on ne peut pas comparer...
Je me demande si dans le refus du saut de classe il n'y a pas l'illusion d'une normalité (pour l'enfant, pour les parents : nononon je suis/il est normal) ? Et quand la désillusion arrive, ça fait plus mal ?

Pour l'ennui, ça dépend comment l'enfant le gère : est-ce qu'il pète un plomb ? Est-ce qu'il déconnecte ? Est-ce qu'il se désintéresse ? Ou est-ce qu'il met à profit les temps d'ennui (ou est-ce que l'enseignant met à profit...) ? Il faut faire attention aux conséquences de l'ennui (à la durée de l'ennui aussi), et notamment la démotivation extrême, le déni(/grement) de soi, la perte de repères. L'ennui en soi, ce ne serait pas une catastrophe en effet.

Pour en revenir au système suisse, il semble en effet que ce soit assez différent de la France : pour le collège les enfants avancent en fonction de leur besoin dans les matières principales, ce qui expliquerait des réticences à faire sauter des classes en primaire puisque les enseignants sont sensés faire de la péda différenciée puis par la suite au collège cela n'a plus de sens car les enfants sont orientés en fonction des compétences acquises. Par ailleurs, pas de trace de texte officiel "interdisant" le saut de classe pour l'instant.
Enfin j'imagine que le refus total et sans condition est quand même un peu trop restrictif quel que soit le système d'enseignement.

A mon avis, on crée nous même le problème de l'avance scolaire en intégrant des notions qui ne devraient rien y faire, ce qui fait que demander un saut de classe est un problème en soi, du coup, l'intégration de l'enfant devient un problème puisqu'il fait qqchose de pas normal. Personne ne s'interroge pour savoir si un redoublant va s'intégrer dans la classe d'âge en dessous, là on pense aux acquis, aux besoins... mais peut être que la réalité des choses c'est l'image que le redoublant renvoie par rapport au gosse en avance : le redoublant, déjà il valorise les autres (ouuuh le nul), ça les rassure, ils peuvent avoir pitié. Et puis ça conforte le système : il faut insister, lui faire refaire etc. Alors que le gosse en avance c'est un constat d'échec voire dévalorisant pour les autres : celui là n'a pas besoin de moi enseignant, il fout le bordel/n'écoute rien/est différent, et la récompense c'est sauter une classe, il avance alors que mon gosse galère, etc.
Bref.
Si on stigmatisait moins le saut de classe et qu'on accepte que chacun est différent, ce serait plus simple pour ces enfants de s'adapter.

D'ailleurs, en Suisse, dans les différents niveaux au collège, puisqu'ils avancent selon leurs acquis, je suppose qu'il y a des différences d'âge non ?

(punaise, j'ai fait un roman, pardon...)
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar LiF » Lun 12 Aoû 2013 12:36

Je trouve que cela rejoint le débat sur la supériorité/égalité - faux débat alors je me permets de vous renvoyer vers le post de blabla :
BlaBla a écrit:Je me place dans cette réflexion, pour ma part, sous l'angle des approches sociocognitives, un courant récent (fin du XX° s.) de la psychologie sociale. Pour les psychologues sociaux, la connaissance que les gens ont des objets sociaux (= les gens) n'est pas une connaissance descriptive (au sens de la description scientifique, c'est à dire objective, liées aux caractéristiques intrinsèques de l'objet), mais une connaissance évaluative. Ce que nous savons des autres n'est finalement rien d'autres que la valeur que ces autres ont pour nous dans un contexte social donné. Un exemple : si je décrit Sophie d'un point de vue purement scientifique, je la considérerais comme une femelle d'homo-sapiens et ne verrais que ses caractéristiques intrinsèques (taille, poids, couleur de peau, des yeux, etc...). Alors que si je décrit Sophie dans en tenant compte du rapport social dans lequel elle est placée au moment où je l'observe ou au moment où j'interagis avec elle, j'en obtiendrai une connaissance de sa valeur dans ce rapport social précis. Par exemple, je pourrais définir si Sophie est pour moi une bonne mère, une bonne épouse, une bonne collègue, une bonne amie etc...

De nombreuses études (voir théories de l'attribution) ont montré que les individus ont besoin de comprendre ce qui leur arrive et, dans cette perspective-là, cherchent des explications, des causes, aux évênements psychologiques (= comportements des autres et aux leurs).

L'approche sociocognitive dont je parle a démontré que, dans nos sociétés libérales et capitalistes, des normes sociales (appelées normes sociales de jugement) régulent les comportements sociaux, c'est à dire des individus en tant que membre d'un ou plusieurs groupes. Les gens internalisent les valeurs véhiculées par la société, c'est à dire qu'ils se les approprient tellement qu'ils ne se rendent pas compte que ces valeurs font l'objet d'un apprentissage, d'une transmission sociale (par le biais des instances socio-psycho-éducatives de notre société). Ainsi, nous "apprenons" qu'un bon élève est un enfant qui, au-delà de ses capacités d'apprentissage ou cognitives, se comporte conformément à ces normes sociales de jugement (il adopte le comportement attendu par ses enseignants : participe, écoute, aide les autres etc...). Cette internalisation des valeurs sociales est socialement utile, dans le sens où elle permet le maintient de l'ordre sociale existant. Les "bons" (élèves, salariés, employés, agents de la société) gravissent les échelons hiérarchiques de la sociétés et finissent pas occuper des positions de pouvoir dans notre société (les évaluateurs, les décideurs, les recruteurs, les enseignants, les juges... quels qu'ils soient), et ainsi perpétuent l'ordre social existant (c'est la théorie de la Norme d'internalité, Dubois et Beauvois pour les principaux auteurs).
Les "mauvais" élèves, qualifiés ainsi non par leurs performances scolaires réelles, mais par leur attitude à l'égard du respect des normes sociale de jugement (le fait de s'y conformer ou non), se voient quant à eux "rejeter" du système hiérarchique car ils représentent un danger pour l'ordre social existant, ils risqueraient de le remettre en cause. Ils n'atteignent pas les postes de pouvoir dans la société.

Internaliser les valeurs sociales c'est attribuer préférentiellement les causes des évênements psychologiques aux personnes elles-même, au détriment des aspects situationnels (le contexte). Prendre en compte le contexte nous amènerait à le remettre en cause. A l'échelle d'une société, ce serait remettre en cause les choses telles qu'elles existent et donc l'ordre social tel qu'il est établi. Donc, dans nos sociétés libérales, nous sommes l'objet d'une soumission librement consentie. Libres sans l'être réellement (Beauvois, Joule).

Les gens ont besoin de savoir à qui ils ont affaire dans leur vie quotidienne, car ils doivent très rapidement et constamment faire des choix. D'où le besoin de "cataloguer" les individus en "bons" ou "mauvais". C'est par principe d'économie cognitive qu'on fonctionne comme cela. On fonctionne tous avec des stéréotypes et des préjugés (même les plus avertis d'entre-nous). Cela ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire, au contraire. En avoir conscience nous permet d'aller outre la première impression et d'aller rechercher d'autres éléments plus "objectifs" pour se faire une idée de la valeur que l'on va accordée à une autre personne.

Tout ça pour dire que la notion de valeur n'a, selon cette approche-là de la psycho sociale, de sens que placée dans un contexte sociale bien défini. Ce n'est pas une valeur universelle ou absolue. Elle est relative et change donc en fonction de l'environnement social dans lequel est défini cette valeur (c'est le schéma ternaire de la connaissance, qui lie le sujet de la connaissance, l'objet de la connaissance, et le rapport social dans lequel ils sont placés).
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Garrett » Lun 12 Aoû 2013 12:50

LiF a écrit:J'aimerais, si vous avez, trouver une seule étude, pas un avis comme ça, une étude, montrant que le saut de classe est une mauvaise chose. Pour l'instant je n'ai trouvé que le contraire.


A partir du moment où il y a étude, ça veut probablement dire qu'il y a au minimum information (des parents et de l'enfant/ado) de ce qu'est la douance. Information, voire suivi. Dans ce cas, je suis d'accord avec toi, je veux bien croire que ça se passe généralement bien. Je crois que c'est quand il n'y a ni info, ni suivi, que ça peut poser problème.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar LiF » Lun 12 Aoû 2013 13:06

Oui je ne suis pas revenue sur ce point parce que je suis d'ac avec toi, il faut savoir quoi faire de la chose pour que ce soit vraiment utile (optimisé, utile sur le long terme).
Je ne comprends pas ceci dit ce que tu veux dire par s'il y a étude ça veut dire qu'il y a information ? On peut faire une étude sur la réussite ou non des enfants ayant sauté une classe, ça ne dit pas s'il y a eu ou non information de la famille.
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Messagepar Garrett » Lun 12 Aoû 2013 13:36

Aïe, aïe... là, non, je ne te suis pas. Comment définis-tu "la réussite" ? C'est glissant, non ? :^)
A mon avis, ce n'est certainement pas parce qu'il y a réussite scolaire que le saut de classe a été bénéfique. Les études dont tu parlais... je voyais ça comme une évaluation du l'impact du saut de classe sur... disons l'épanouissement général de l'enfant, ce qui implique probablement au moins une discussion, un questionnaire, que sais-je... (et donc information). Mais juste un chiffre, une mention au bac ou une "bonne" profession, je crois que c'est insuffisant pour juger du bénéfice du saut de classe.
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