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Assumer la douance de ses enfants

Modérateur: Bradeck

Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Virginie » Jeu 25 Fév 2016 15:38

Je me rends compte, plus le temps passe, que j'ai beaucoup de mal avec l'idée, non pas que mon fils (2 ans) puisse être surdoué, mais surtout qu'on puisse le découvrir.

Pour l'instant bien sûr il est trop jeune pour qu'on le sache, mais il montre quelques signes "curieux". Et j'ai souvent des retours, de la crèche, de membres de la famille, etc, sur son langage, sa mémoire, sur sa sensibilité et j'en passe.

Or au lieu d'être contente d'avoir un enfant qui parle bien, qui chante, compte et ne sois pas un bourrin, quand je suis en société j'ai toujours tendance à minimiser ses capacités et ses progrès. En fait, je suis gênée. Pas vis-à-vis de mon garçon, il est formidable et on l'encourage toujours dans ce qu'il fait, mais vis-à-vis des autres.

Je suis terrifiée à l'idée qu'on puisse découvrir à la crèche, ou plus tard à l'école, que peut-être il a des capacités que les autres n'ont pas. Je suis pétrifiée dès qu'on me dit que mon fils est "en avance".

Bref, je n'assume pas du tout le fait qu'il puisse être surdoué.

Aussi je vous pose la question : comment assumez-vous la douance de vos enfants en société? Comment gérez-vous le regard et les réflexions des gens?

Et pour ceux qui ont été testés enfants, comment assumiez-vous cela quand les autres vous faisaient sentir que vous étiez différents?

Merci pour vos réponses!
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Chacoucas » Jeu 25 Fév 2016 17:47

Salut :) Je n'ai pas d'enfant et je ne comprends pas tout à fait ce qui te dérange (surtout que tu dis bien que ce n'est pas la "différence" en elle même qui te fait peur mais qu'on s'en aperçoive...)

Différent on l'est, quoi qu'il en soit, je ne vois pas de question là dessus. Surdoué, ou pas, personne n'est pareil. Et si il y a des enfants qui grandissent plus vite, d'autres qui portent des lunettes, d'autres qui sont rêvasseurs, d'autres qui ont des facilités intellectuelles. Dans tous les cas il est impossible de ne pas être différent. C'est la ressemblance qui est pas possible.

Non?
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar joran » Jeu 25 Fév 2016 19:54

Bonsoir.

Je pense que je comprends l'idée.
En tout cas, de mon côté, ce n'est pas "qu'on s'en aperçoive" qui me posait problème. Parce que de toute façon, entre enfants la différence se voit. Et comme dit Chacoucas, c'est la similitude qui n'est pas possible.

Moi, c'est le mot surdoué que j'évite. Pas à tout pris, mais presque. En "société", j'emploie de préférence les termes d'avance ou de facilité, même si impropres.
La cause, ce sont toutes les idées qui circulent et que nous avons déjà tous entendus sur les surdoués ces génies... C'est plutôt ça qui me gêne, et c'est pour cette raison que j'esquive vocabulairement parlant.

Parce que je ne suis pas toujours disposée à rentrer dans des explications/justifications qui sont plus au moins acceptées en plus.
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Chacoucas » Jeu 25 Fév 2016 20:34

Oui le vocabulaire ça je comprends... le mot en lui même attire des ennuis des fois, il vaut mieux que ça vienne de la personne. Mais y'a beaucoup de synonymes et de périphrases qui passent très bien et me semblent pas plus inexactes.
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar samjna » Jeu 25 Fév 2016 21:19

Virginie a écrit: Et pour ceux qui ont été testés enfants, comment assumiez-vous cela quand les autres vous faisaient sentir que vous étiez différents?


Ben, chaque autre est différent alors que je suis presque pareil à chaque fois. Du coup, ça ne m'a guère semblé surprenant que je sois différent pour d'autres. Ce qui m'a parfois étonné, c'est que certains avaient l'air de découvrir cette grande nouvelle.

Du coup, ils étaient différents en ce qu'ils me disaient que je n'étais pas pareil. Mais avec tout ceux qui sont pareils - qui ne sont pas ces autres -, nous savons bien que nous sommes différents.

Là où c'est plus embêtant, c'est quand ils se présentent en meute souvent adossés à un des grands corps malades de leur triste état... En général, ces gens-là dénoncent ( sous le prétexte d'en référer à...).
( exemple pour rire (mais c'est exact): j'ai eu le recensement qui a menacé de me dénoncer au maire du coin ( ou un truc comme ça ) parce que j'ai refusé de donner mon nom et de faire une déclaration. J'avais précisé par avance qu'il n'avaient qu'à marquer qu'il y avait 15 tsiganes dans le garage et qu'ils pouvaient le dénoncer à leur maitre si ça leur chantait. Eh bien ça ne leur suffisait pas, ils voulaient dénoncer à leur idée. )
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar sandrinef » Jeu 25 Fév 2016 21:35

Je pense qu'il faut surtout ne pas réduire son enfant à sa douance. Il est avant tout un enfant, avec sa personnalité propre. Je n'ai jamais eu de problèmes avec la douance de mon enfant, mais je pense que cela est dû au fait que ni lui, ni moi, ne nous sommes jamais pris la tête avec ça.
Je n'ai pas d'attente envers lui en tant que "surdoué", il n'a aucune pression, je souhaite juste qu'il devienne l'homme qu'il doit être. La douance nous permet certainement cette grande complicité qui est la nôtre et qui nous permet d'être sur la même longueur d'onde.
Le regard des autres a toujours été positif et bienveillant, mon fils étant de tempérament cool, voire flegmatique, il a toujours été facile à vivre.
Hors famille et amis proches, nous n'abordons pas sa douance, pas par gêne, simplement parce que les conversations ne s'y prêtent pas. Ceci dit, ce n'est pas un secret, si on me pose la question, je ne mentirai pas.
Après, je pense que nous avons la chance d'avoir un entourage non jugeant, et aussi de nous contrebalancer de ce que pense les gens... :lol:
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar joran » Jeu 25 Fév 2016 23:41

Je dois bien dire que c'est assez rare que le sujet soit abordé en tant que tel. Mais cela fut tellement chaotique durant le primaire... Je ne le cache pas, mais c'est aussi mon fils, suite à quelques difficultés rencontrées, qui souhaite éviter de trop le dire.

Comme Sandrinef, je n'attends rien de mon fils en tant que surdoué mais en tant que personne. Et je pense aussi que notre mode de fonctionnement "commun" nous offre une grande complicité.
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Virginie » Jeu 25 Fév 2016 23:46

Il y a plein de choses intéressantes dans vos réponses!

Les stéréotypes erronés qui viennent à l'esprit des gens quand on leur parle de douance m'incitent évidemment à limiter le nombre de personnes auxquelles je pourrais en parler. Sauf que dans des structures du type école, on ne choisit pas l'ouverture d'esprit de ses interlocuteurs.

Sandrinef, tu as évoqué un truc essentiel je crois : tu n'es pas dans un environnement qui juge. Ça m'a permis de me rendre compte que moi, oui! Et que le jugement des autres, franchement, c'est pesant.

Non seulement mon entourage juge facilement -j'ai déjà dû lutter contre le classique "tu bourres la tête de ton gamin" - mais en plus, sur le plan de l'environnement familial, on ne tape pas vraiment dans le haut du panier.

Donc c'est clair que j'ai pas envie d'afficher les nouvelles prouesses de mon garçon, si c'est pour avoir droit à des trucs du genre :"non mais pour qui elle se prend, celle-là! Genre son fils est mieux que les autres!".
Et ça peut voler bien plus bas encore. Surtout quand le seul autre enfant de la famille du même âge, à côté, semble plutôt en retard qu'autre chose.

Il y a un troisième critère qui semble prendre une part importante dans mes craintes d'une potentielle douance chez mon fils, c'est mon propre vécu sur le sujet : même si enfant je faisais l'effort d'aller vers les autres, j'étais toujours rejetée, sans savoir pourquoi; s'il y avait quelqu'un à prendre en grippe, c'était moi, y compris dans ma vie d'adulte; on me descendait en flèche à la moindre occasion; je réussissais en cours? J'étais l'intello; je ne réussissais plus? J'étais débile.

Résultat une de mes stratégies pour survivre (parce que c'était ça )? Devenir invisible. Il fallait que rien ne dépasse, que je me fasse la plus petite possible, et dans cette logique je faisais passer les autres avant moi.

Aussi je me rends compte que tout b/connement, je reproduis ce schéma avec mon fils. Sois invisible, car il est dangereux de se montrer tel qu'on est.

Sauf qu'heureusement, il ne vit pas dans le même environnement que moi!
Pourtant ces schémas persistent, et je me demande si j'arriverai à m'en débarrasser un jour...
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar *Za* » Ven 26 Fév 2016 09:04

Même si je ne suis pas maman, ce que tu décris me parle énormément, Virginie, parce que je pense que c'est exactement ce que ressentait ma mère, et j'ai très peur d'en passer par là malgré moi si j'ai des enfants plus tard.

Pour elle ça le diagnostic a vraiment été un choc (pas en positif), c'était un peu la confirmation d'un truc qu'elle craignait depuis toujours : que son enfant soit "anormale".
Pourtant, juste à côté, il y avait mon père, à qui ça en touchait une sans faire bouger l'autre. Lui a toujours su que j'étais plutôt bien pourvue niveau tripailles de la tête, mais il a toujours vu ça comme un avantage dans notre relation parent-enfant, pensait que ça me serait utile dans la vie (notamment pour m'adapter et réussir à l'école), a toujours encouragé ma curiosité (sans forçage). Mais il n'a jamais vanté cela auprès de personne, tout simplement parce que ce n'est pas dans sa nature. Il ne m'a jamais non plus "félicitée" de ça, puisque pour lui c'était juste une chance à la roulette génétique en gros, et m'a au contraire rapidement appris la valeur de l'effort et du dépassement de soi dans tous les domaines - bref à ne pas me reposer sur mes acquis.

Alors pourquoi deux réactions aussi différentes pour un seul et même cas ? J'y vois plusieurs explications possibles, mais je peux déjà affirmer une chose : oui, c'est avant tout une question de point de vue, et, tu t'en doutes, le parti pris de mon père m'a aidé à voir l'intelligence comme un atout (en rien bizarre), mais les craintes de ma mère sont encore bien imprimées dans ma tête. Les données qui ont pu faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre :
-Mon père a un fonctionnement assez proche du mien (enfin l'inverse !). Rien d'exceptionnel pour lui donc, et j'ai toujours ressenti de son côté cette réassurance : "tu es comme moi, tu es donc normale". Peut-être aussi qu'on a valorisé dans sa famille le fait de se distinguer sur le plan scolaire et technique.
-La famille de ma mère a vécu la paranoïa d'une personne vraisemblablement surdouée, ce qui a dû associer chez eux aisance intellectuelle et psychose (gros, gros handicap social pour toute la famille). En prime, en périnatal il y a eu des craintes que je sois handicapée ou autiste. Il y avait donc le poids de l'anormalité qui pesait sur ma petite tête.

Si tu as vécu la douance comme une source de problèmes, c'est normal que tu t'inquiètes pour ton fils. Mais :

- est-ce vraiment la douance qui t'a fait vivre l'exclusion ? Il y a des personnes surdouées qui sont bien intégrées. Il faut, je pense, dissocier les capacités intellectuelles des difficultés qu'on peut rencontrer sur le plan social. Si on arrive à séparer les deux, la douance n'est plus un handicap, au contraire. Mais c'est sûr que c'est plus facile à dire qu'à faire...
Dans ce que tu dis, il y a vraiment la peur que quelqu'un découvre la vérité. Comme si la douance menait forcément à l'exclusion. Je le comprends fort bien, puisque je vis exactement cela pour moi-même, et que je travaille actuellement pour que ça change (première étape : ne plus mentir quand on me pose la question :$ ). As-tu également peur qu'on découvre ta propre douance ? As-tu pensé à tout ce que cela t'apporte ? où en es-tu, en fait, de ta propre douance ? Si ça va mieux de ce côté-là, ça ira pour ton fils aussi, je pense :)

- quant au fait de discuter de ses facilités avec d'autres personnes, si elles abordent le sujet, la solution de joran me semble pleine de bon sens : on peut parler de facilités ou d'aisance sans pour autant rentrer dans le "mon fils est surdoué". Quand quelqu'un te signale le comportement éveillé de ton fils, ça t'inquiète. Mais en fait, la personne qui t'en parle est-elle, elle, inquiète ? réprobatrice ? ou au contraire favorablement impressionnée, surprise ? Si quelqu'un te disait que ton fils est particulièrement beau, ou gentil, ou drôle, le vivrais-tu de la même façon ? et si non, pourquoi diable ? Rien ne t'oblige à chanter les louanges de ton fils, mais tu essayer de prendre les compliments comme... des compliments :lol:

- et comme tu l'as dit, il ne vit pas dans le même environnement que toi. Rien ne laisse présager que ça va être compliqué pour lui avec les autres, si ? Et si des conflits ou des problèmes viennent (il y en a toujours un jour ou l'autre), il est possible aussi de les voir sous un autre angle que celui de la douance.

La jalousie des autres, ou le rejet, par exemple, sont vécus à divers moments par plein d'enfants quelle que soit leur intelligence. Et quand ces sales moments viennent, je pense qu'on peut épauler l'enfant sans pour autant en revenir toujours à ce qu'il a de hors-norme, comme si c'était une malédiction.
Dire que les autres s'en prennent à quelqu'un parce qu'il est intelligent est faux : le groupe s'en prend à un individu par effet de groupe dès qu'il trouve un prétexte pour le faire. Le problème vient du comportement de celui qui agresse, pas de l'agressé. D'ailleurs, ce prétexte, ça peut être n'importe quoi.
Pour ma part, j'ai eu plus de problèmes à cause de ma petite taille, et mon homme qui était aussi un "premier de la classe" était lui moqué à cause de ses "fringues de pauvre". Quand je parle avec mes petits patients, beaucoup sont rejetés à l'école. Parmi ceux-là, aucun n'est HP, a priori.

Pour y faire face, un enfant a avant tout besoin d'avoir confiance en lui-même, de se sentir valorisé par les siens. Pour ça, mieux vaut à mon avis présenter ses facilités comme un atout que comme une caractéristique gênante, voire comme un tabou (c'était le cas de ma mère) - sans pour autant tomber dans la glorification perpétuelle et surtout, l'étiquette, qui est toujours lourde à porter, qu'elle soit positive ou négative. Mais le boulot commence sur nous-même, sans doute.

Pardon pour la tartine, mais ça m'a fait du bien de développer ça :)
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Virginie » Ven 26 Fév 2016 16:04

Merci au contraire pour ta tartine, Za! Elle me renvoie à plein de choses intéressantes, comme les répercussions que mon comportement pourrait avoir sur mon fils. J'y ai déjà pensé et je ne voudrais pas que mon fils se cache parce qu'il sent mon malaise.

Comme vous tous, je ne demande rien de particulier à mon enfant : qu'il soit bien dans ses pompes sera déjà une bonne chose. On l'encourage dans ce qu'il fait, mais on ne le force en rien ; et quand je parle de "prouesses", ce sont évidemment les choses nouvelles que fait mon enfant, et devant lesquelles je m'extasie benoîtement comme toutes les mamans du monde, du genre "il s'est super bien tenu à table à midi", ou "il a enlevé son manteau presque tout seul".

Je pense aussi que je suis dans une situation pas très confortable : j'aurais envie d'évoquer le truc dans ma famille proche mais pour l'instant l'occasion ne s'est pas encore présentée. Et comme pour vous, on n'en parle pas tous les jours non plus. Seule ma mère est au courant, et elle est d'un soutien considérable! L'ennui c'est que c'est la plus ouverte d'esprit de la famille, et que j'ai une bonne idée de ce que seraient les réactions des autres : du mépris et de l'hostilité. En plus, il n'y a absolument rien d'avéré!

On a beau dire qu'on est tous différents, il y a des différences qui passent mieux que d'autres. Et une grosse différence sur le plan intellectuel, mais aussi sur tout ce que la douance peut apporter en termes de sensibilité, ou de vision du monde renvoie souvent les autres à leurs propres capacités intellectuelles, à leur propre sensibilité ou à leur façon de percevoir le monde.

J'aime bien cette petite phrase de Coluche : "L'intelligence, on est toujours persuadé d'en avoir assez, car c'est avec ça qu'on juge". Mais quand on est confronté à quelqu'un qui réfléchit plus loin ou agit différemment, au moins dans le milieu d'où je viens, ça agace, ça jalouse, et le besoin irrépressible de remettre l'autre "à sa place" se fait sentir.

Quand on me dit "ouah, il parle trop bien ton gamin!" sans arrière pensée, évidemment, je prends ça comme un compliment, et c'est agréable. Mais quand on me dit "ouah, il parle drôlement bien!", que la personne se retourne vers son fils du même âge et lui dit "et toi, tu vas parler, oui!" alors que le gamin n'a pas dix mots de vocabulaire, je suis effectivement gênée. Pas pour mon fils, mais parce que je sens à quel point ça pèse sur l'autre mère que son fils ne parle pas et a des comportements... particuliers.

Même chose en groupe : tous les enfants sont différents, on est d'accord, et surtout à cet âge-là. Mais le mien veut lire, compte, a un répertoire de chansons impressionnant, est posé, réfléchi (il faut le voir déambuler sérieusement dans le salon avec les mains dans le dos, comme un professeur qui s'apprête à dicter quelque chose à ses étudiants!), etc. Ça fait beaucoup de différences pas communément admises pour un enfant de deux ans! Et si les autres enfants ne s'en rendent pas forcément compte, les adultes oui. D'où les retours réguliers. Et là je me retrouve dans une situation que je n'aime pas : qu'est-ce que je fais, est-ce que je leur dit que peut-être il va être amené à avoir de plus en plus d'avance? Franchement, à la crèche? On va me demander pourquoi! Mais en même temps, si je ne dis rien, il n'est pas "écouté".

Un exemple : un jour, je me fais violence et j'évoque avec la directrice de la crèche, très ouverte, le fait que mon fils veut "écrire". A cette époque, c'était limite obsessionnel chez lui. Dessiner ne l'intéresse pas, il veut écrire des lettres sur ses feuilles ; et comme il n'a pas la motricité pour, il demande aux adultes de lui en faire pour lui. Il avait dans les 18-20 mois à l'époque. Elle a été très surprise, a bien compris malgré tout qu'on ne lui bourrait pas le crâne, et comme ils sont dans le trip "accepter chaque enfant avec ses particularités", je me suis dit que j'allais retrouver des A, des O et des U sur ses dessins. Eh bien pas du tout! On a été entendus mais ça n'a été suivi de rien du tout. Bref on veut bien accepter les particularités de chaque enfant, mais dans les limites de ce qui est concevable pour un enfant de telle ou telle tranche d'âge.

Du coup j'ai pas envie d'en parler, et c'est clair que je préfèrerais qu'il ne se démarque que dans la "limite du raisonnable" en société.

Heureusement, le fait de discuter avec vous me fait réfléchir, et je me dis qu'effectivement, sans aller jusqu'à clamer ses louanges sur tous les toits, je n'ai pas à être gênée des choses que mon fils peut faire. Si les autres ne font pas les mêmes, je n'y peux rien (ouah, le progrès de malade dans ma tête!! :clap: ).

Après, j'ai aussi du mal avec la notion d'avance chez les enfants. Je n'en ai qu'un, je n'ai pas de point de comparaison, et pour moi ce que fait mon gamin c'est normal. Ok, vouloir lire et écrire c'est un peu extrême, mais je prends ça comme une fantaisie, comme d'autres pourraient vouloir grimper sur tous les meubles ou ne manger que des pâtes!

Par contre, un point revient dans vos réponses : la douance pourrait être un atout. Je veux bien, mais en quoi? Moi j'ai pas eu droit, ou j'ai pas su voir, au choix, le côté fun du truc. Mais peut-être qu'avoir un QI "supérieur à 150", dixit le test, dans un milieu social plutôt défavorisé, ça n'aide pas à prendre l'intelligence et la sensibilité pour des atouts...
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Chacoucas » Ven 26 Fév 2016 21:26

Je vois dans tes réponses 2 ou 3 choses qui reviennent:

- ton enfant est en avance et a des goûts qui suggèrent de l'intelligence. Bien. Du coup tu peux le "nourrir" quand il a faim de curiosité, apprendre à tracer des lettres ou autre. Un jeu reste un jeu, et tous les enfants jouent. Comme tu dis pas la peine de se sentir mal si ses jeux le portent vers l'écriture ou la pratique de la langue. Le système scolaire est ainsi fait qu'il est imparfait et laisse beaucoup de gens derrière. Mais on n'y peut rien à moins de changer le système, à la base tu restes sa maman et le service offert par l'école ne remplace pas ce que toi tu peux apporter, même sur un plan développement et apprentissage intellectuel. A condition de ne rien forcer bien entendu, simplement répondre et être présente.

- tu dis que ton milieu n'est pas ouvert. Ok, peut être. Mais pour l'instant ça n'est pas un problème. Si ça le devient un jour eh bien ça ne sera plus des relations amicales donc plus des relations. Moi j'ai grandi sans voir ma famille au sens "large" et franchement une fois fait le pas de voir qui c'était... Bah ça me manque pas. On n'a pas la même vie. Mais ça a plus à voir avec ce que tu en dis jusqu'ici qu'avec ton enfant, il ne semble pas avoir de problème.

- Tu dis que tu veux aborder le sujet de l'intelligence et de la douance en précisant que ça sera forcément mal pris. Pourquoi? Ton enfant est éveillé et malin, c'est bien, normal quoi. Pourquoi poser des mots qui ne sont pas encore nécessaires ou surtout utiliser des mots avec des gens qui ne les comprennent pas? Suivant les gens avec qui on parle on adapte son vocabulaire, et ça n'empêche pas forcément la communication utile et nécessaire.

- Tu dis être gênée pour les autres... Ce qui se passe dans leur tête est à eux, ça ne t'appartient pas. Surtout si ils ne te posent pas de problème. On ne peut pas changer les idées des gens, même pour sauver la planète, et on a appris à se dire "bah c'est comme ça". Exactement pareil ici. La seule liberté que tu as c'est ce qui se passe dans ta tête et comment tu réagis, et c'est déjà pas mal de boulot. Et ça suffit bien pour illustrer ce que tu penses que devrait être le monde. Avoir peur n'a jamais rien apporté. Ni s'inspirer des choses que tu considères "pas fines".

- Enfin, tu demandes en quoi c'est "cool" d'être surdoué... A ça je ne peux pas te répondre, mais je peux dire que chercher à imiter la bêtise et la considérer normale ne m'a jamais rien apporté de positif. Quand on a cherché à m'expliquer que j'étais "trop" quelque chose ou "pas assez" ça n'a été que des complications de plus pour comprendre ce qu'on attendait de moi, mais pas un pas vers mon propre développement. En gros du temps perdu pour des gens qui n'ont pas compté. Ceux qui comptent sont ceux qui écoutent et avec qui on peut communiquer. Pas ceux qui t'expliquent comment tu es et comment tu dois être.
L'intelligence c'est une notion neutre. On lui fait porter ce qu'on veut. Ca n'est pas plus un "plus" ou un "sur" que le mec qui fait des paniers 3 points les yeux fermés. Ca n'est pas une différence puisqu'il n'y a pas de norme (et pour reprendre l'exemple du basket, la "norme" c'est certainement pas la personne qui n'a jamais joué... "dans le basket" on est tous joueurs, on a tous des jeux différents, et puis il y a un hors basket)...
Ca n'est pas une anormalité. C'est une chose qu'on a, on fait avec, et comme toutes les choses qu'on a, c'est bien pratique parfois. Ce qui est gênant c'est l'idée qu'on pourrait s'en détacher ou ne pas l'avoir. Comme considérer tes mains comme monstrueuses, à cacher, trop petites, pas belles, à tel point que tu finis par ne plus oser sortir ces mains de tes manches ou sans gants. Parce que c'est impossible de les détacher ou de les changer. Cette idée de s'accepter ou d'accepter l'autre c'est surtout ne pas "voir" de différence, ne pas avoir besoin d'en parler. Ne pas regarder ses mains ou lui signifier qu'elles sont différentes. Et l'aider à être ce qu'il est, en l'écoutant. Pas avec nos idées. Les siennes. Même si ses mains sont petites, ça n'a pas grand chose à voir avec la communication et les projets d'un être humain.

:) si ça a pu t'aider
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar samjna » Ven 26 Fév 2016 21:42

Virginie a écrit:Par contre, un point revient dans vos réponses : la douance pourrait être un atout. Je veux bien, mais en quoi? Moi j'ai pas eu droit, ou j'ai pas su voir, au choix, le côté fun du truc. Mais peut-être qu'avoir un QI "supérieur à 150", dixit le test, dans un milieu social plutôt défavorisé, ça n'aide pas à prendre l'intelligence et la sensibilité pour des atouts...


Je trouve que c'est aventureux de poser douance et intelligence comme des concepts bien définis, reliés par le qi.

Mettons plus raisonnablement que le qi mesure certaines capacités intellectuelles. Eh bien ça va servir d'amplificateur: on sera peut-être plus intelligent dans certains domaines qu'on aura pu comprendre, mais aussi plus bête et plus con quand on aura rien compris mais tout retenu ou quand on aura compris de travers.

Ensuite ça dépendra aussi si on désire ou pas s'intégrer dans telle société, sous tel régime politique, etc: c'est vachement bien d'être sensible si on aime pleurer en plein choeur de la liberté d'expression au milieu d'un troupeau de charlies ( en trottinant derrière les représentants de Poutine ou de l'Arabie Saoudite... à l'appel de maitres qui vont voter des lois pour la restreindre et desquel(le)s on sera la caution ).

Là aussi, on sera sensible à n'importe quoi et il se peut que cette sensibilité bousille le raisonnement ou que le raisonnement l'étouffe. C'est pas magique non plus.

Et pour un gamin, je dirais: lui trouver une école où il s'ennuie le plus tard possible et le laisser jouer avec sa tête. Ce genre de truc est pratique quand on trouve un domaine où l'on s'investit pour soi - du moins en tendance - et non uniquement en fonction de papa, maman ou de la société.
Mais c'est clair qu'on va - restons optimistes - vers une société où celui qui ne sera pas dans le mirador risque d'être en-dessous.

Y a un bouquin de Michel Polac: "Le qi ou le roman d'un surdoué" qui est assez drôle et pourrait te donner des idées...
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Laety777 » Mer 2 Mar 2016 22:50

Mon fils a 6 ans, le diagnostic de sa précocité a été posé il y a un mois environ.

Cela ne nous a pas vraiment surpris, nous avions bien vu qu'il était "en avance" si je puis dire.
Le questionnement s'est surtout posé pour mon mari et moi-même...
Je trouve que c'est une chance de le savoir si jeune, car le principal dans l'affaire, c'est d'être épanouie et heureux dans sa différence...

Nous lui avons toujours expliqué que chaque individu avait sa différence et que ça pouvait être une force, un atout.

Pour ce qui concerne l'entourage proche, nous leur expliquons qu'il s'agit là d'une manière différente de percevoir le monde, de comprendre les choses plus rapidement avec une certaine logique...
Nous pouvons aussi expliquer son hyper sensibilité et de ce fait, proposer de faire attention à notre langage et notre comportement pour essayer de lui éviter des émotions inutiles qu'il pourrait avoir du mal à gérer.

En somme, nous débutons avec cette notion, mais ce que nous souhaitons et comme tout bons parents que nous sommes, c'est que notre enfant soit heureux et trouve une place dans ce monde.
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Virginie » Jeu 10 Mar 2016 15:27

Je ne suis pas passée sur le forum autrement qu'en coup de vent ces derniers jours, du coup je n'ai pas eu le temps de vous répondre ; j'espère que vous n'en prendrez pas ombrage... ;)

Samjna, merci pour la référence, j'essaierai de trouver ça à l'occasion.

Chacoucas, ni l'intelligence ni la douance ni rien ne me pose problème dans le cadre privé. C'est en société, confronté à des enfants de son âge, que son comportement sort du lot, si je puis dire. Et je ne compte pas me couper de ma famille parce que certains de ses membres ne pensent pas comme moi et jugent à l'emporte-pièce.

Sauf que les jugements des autres, que je le veuille ou non, je dois y faire face. Je n'aime pas ces jugements parce qu'ils sont faux, d'une part, ils nous font passer pour ce qu'on n'est pas, à savoir des parents qui bourrent la tête de leur enfant (j'y ai encore eu droit hier), et parce que c'est à partir de ces jugements que l'image que les autres ont de nous se construit.

Je sais aussi que je crains la réaction des autres par anticipation. Je sais par exemple que le personnel de la crèche où se trouve mon fils est bienveillant. Je sais aussi que ça ne sera peut-être pas le cas à l'école, qui est très normée aujourd'hui. Ainsi ils ont un "socle commun de connaissances et de compétences", maintenant, c'est-à-dire qu'à la fin de telle année scolaire, les gamins doivent savoir ça, ça mais pas plus, le reste ils le feront l'année suivante.

Aujourd'hui, un gamin de six ans, par exemple, peut être un génie du piano ou un pro du tennis, il a le droit, dans un sens, car ce sont des activités "extra-scolaires" ; par contre il doit apprendre à lire, à compter en même temps que tout le monde, et au même rythme que tout le monde, car l'école s'arroge l'exclusivité en matière d'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul. Je connais des parents qui se sont fait engueuler par l'instit parce qu'ils ont répondu à la demande de leur enfant d'apprendre à lire avant l'heure. :fubar:

Or ce qui intéresse mon gamin, c'est justement ce qui entre dans ces domaines-là, lire, écrire, compter. Et vis-à-vis des gens (et plus tard de l'institution scolaire), ça me met mal à l'aise, parce que quelque part, "il ne devrait pas", "il verra ça plus tard", ou pire "il faut lui laisser vivre sa vie d'enfant"! Sauf que moi, quand j'emmène mon gamin jouer dehors pour qu'il "vive sa vie d'enfant", il court vers le toboggan du square, attrape une pomme de pin comme si c'était un stylo, se pose en bas du jeu et dit "on écrit ceci et cela sur le toboggan!". Quand on est seuls dans le square, ça me fait sourire, mais quand il y a quelqu'un, on nous regarde avec un drôle d'air, et mon sourire se crispe, même si effectivement je m'en fous des gens.

Laety777, tu dis que ton fils a de l'avance. Comment tu as "géré" ça avec l'école, ou vis-à-vis des camarades de classe, par exemple? Parce que moi, quand on me dit "mon gamin de deux ans jette tout par terre, c'est son jeu du moment", j'ai un peu de mal à répondre "moi le mien est content, il maîtrise les chiffres maintenant". Du coup je ne le dis pas, je ne dis juste rien. Pourtant, les chiffres, les lettres, l'écriture et tout ça, c'est vraiment son truc, et quelque part ça me gave de ne pas pouvoir parler de mon gamin simplement, comme le font les autres parents.

Et de manière plus générale, quand vos enfants ont des comportements qui ne sont pas attendus à leur âge, comment en parlez-vous, comment soutenez-vous vos enfants face aux réactions des gens qui ne sont pas toujours bienveillantes?

Comment faites-vous face à ces bons vieux préjugés bien lourdingues, du type "encore un parent qui croit que son fils est un génie", "ils lui bourrent la tête à ce pauvre gosse", le déjà cité "il faut lui laisser vivre sa vie d'enfant" (un must, dans mon classement personnel), ou à n'importe quelle autre imbécillité du genre?
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar lady space » Jeu 10 Mar 2016 17:09

L'éternel problème du regard d'autrui et du jugement... Je ne sais pas si ça peut te rassurer (en plus, ce que je vais dire est bateau), mais les gens trouveront toujours à redire. Si ce n'est pas parce que ton Schtroumpf écrit avec une pomme de pin, ce sera peut-être parce qu'il n'aime pas les spaghetti bolo. Cette problématique n'est pas inhérente à la douance, ton fils devra affronter les mêmes remarques si d'aventure il devait se trouver une passion pour la danse classique au lieu de jouer au foot comme tout le monde. Le problème vient de l'incapacité ou réticence de certaines personnes à imaginer l'existence de choses qui n'entrent pas dans leur cadre. Il est juste impossible de tous les contenter.

Ce qui répond à ta question du "comment vous faites ?" - je les laisse parler. Ils n'ont pas envie d'entendre ma vision des choses, c'est leur droit. Le mien est de faire ce qui me paraît le plus pertinent dans une situation donnée et du moment où je sais que j'ai fait de mon mieux avec les éléments dont je dispose, je n'ai pas besoin d'une approbation extérieure. Ça n'a pas toujours été facile, je suis conditionnée par mon éducation à "faire plaisir à tout le monde" et j'ai dû apprendre assez péniblement que ça ne marche pas. Donc quitte à déplaire, autant faire ce qui me semble juste, au lieu de me contorsionner dans mes convictions pour finalement déplaire quand même.

Je pense que le plus grand service que tu peux rendre à ton fils est de te libérer de ta propre histoire et d'apprendre à t'affirmer tranquillement dans ta personnalité, dans tes particularités, à être au clair avec toi-même.

Parce que je pense que tu vas devoir lui expliquer tôt ou tard qu'il y a une différence, que les autres ne s'intéressent pas forcément aux mêmes choses que lui et qu'ils en ont le droit, tout comme il a le droit d'être comme il est et de s'intéresser à ce qui lui plaît, même si les autres ne le comprennent pas. Et qu'il ne comprend pas forcément les autres.

En répondant aux questions de ton fils et en lui montrant ce qu'il veut savoir, tu fais ce qui est juste et bon pour lui, que ce soit compris par ton entourage ou non. Je comprends que ce soit douloureux à vivre pour toi de ne pas pouvoir partager les petites histoires de "tiens, aujourd'hui il a fait..." avec tout le monde, d'essuyer des regards critiques au lieu de "dis donc ! c'est épatant". Mais il y a des gens qui sont capables de partager ces moments avec toi, seulement il faut les chercher. Tu nous a bien trouvés ici, et je ne crois pas que quelqu'un t'ait déjà dit ici qu'il faut arrêter de vouloir faire un singe savant de ton fiston.

C'est d'ailleurs là que la douance est un atout : on sait comment chercher, se documenter, trouver une stratégie pertinente, comprendre certaines choses pour pouvoir les dépasser ensuite. Tu imagines un peu une maman avec un fils amateur de danse classique qui ne sait pas se documenter, qui reste coincée dans les stéréotypes et qui pousse son fils dans une équipe de foot juste parce que c'est ce que les gens lui disent de faire ? ;)

Courage ! Ce ne sera pas facile tous les jours, mais quelqu'un a dit que "le bonheur n'est pas nécessairement confortable" et je pense qu'il a bien raison : ce n'est pas l'absence d'obstacles qui rend heureux mais le fait de les surmonter.
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Laety777 » Jeu 10 Mar 2016 17:23

En ce qui nous concerne, dès que le diagnostic a été officiel, j'ai été directement prendre RDV avec sa maîtresse.

Depuis quelques années, l'éducation nationale doit prendre en "compte" ces enfants précoces:

http://www.afep-asso.fr/index.php

Du coup, une équipe éducative va être mise en place pour lui, tout comme un enfant qui aurait besoin d'une AVS et un CE1/CE2 est envisagé sur 1 an pour l'année prochaine, à partir de là nous verrons si il s'y sens bien.

Concrètement, j'avais peur que l'on me prenne pour une "prétentieuse", car ces bons vieux clichés font partie "malheureusement" de notre mémoire collective, et puis pas du tout.

Surtout que mon garçon ne "paraît" pas précoce dans le sens où il est plutôt calme et essaie de se fondre dans la masse.

Mais cette année, il a commencé à déprimer et ne plus participer en classe.
Avec ses camarades, des rivalités et jalousies ce sont misent en place et il en souffre beaucoup.

D'après sa maîtresse, il s'est crée un "autre lui" pour être "comme les autres" alors la communication reste la plus saine des solutions.

Nous n'avons rien caché à l'entourage, nous en parlons librement.
En premier lieu, nous leur avons précisé en quoi consiste la précocité et le haut potentiel d'une manière simple et fluide, en précisant qu'il ne sera "doué" que dans ce qui l'intéresse et qu'il ne sera pas forcément "bon" partout. Nous avons également précisé que la précocité n'était pas juste liée aux études mais qu'il en découlé toute une personnalité qui diffère de la norme en donnant des exemples comme la sensibilité, l'effet "éponge" de ses émotions, sa pensée, sa logique...

Pour l'instant, ça n'a pas eu l'air de choquer ou de déranger. Nous l'idéalisons pas pour autant car il reste un enfant qui a besoin de limites et de règles. La précocité ne l'exempte pas d'éducation.

Nous faisons de notre mieux, nous arrivons à parler aux autres parents sans pour autant arrivé à dire "notre enfant est précoce" après, tout dépend de la conversation.

Et puis, il y aura toujours des "jaloux" dans le sens où ils pensent que la notion de "précocité" = "supériorité". Alors ça ne vaut pas la peine de s'attarder sur ce qu'ils pensent ou pas.

J'espère que ce que j'ai dis n'est pas trop en vrac et évidement personne n'est parfait nous faisons de notre mieux pour son bonheur.
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Yniel » Dim 20 Mar 2016 22:23

lady space a écrit:...

Je pense que le plus grand service que tu peux rendre à ton fils est de te libérer de ta propre histoire et d'apprendre à t'affirmer tranquillement dans ta personnalité, dans tes particularités, à être au clair avec toi-même....


C'est dur à faire, mais effectivement c'est le plus important : mon fils va mieux depuis que j'apprends à être moi...

Au départ, avant que l'on me dise la même chose d'une autre manière sur ce forum également (et avant que je fasse les tests !) j'étais comme toi, gênée du regard des autres sur ce petit bonhomme qui me ressemblait tant et qui allait certainement souffrir de ce regard.
Parce que oui, quand à 9 mois sur la table à langer de la crèche, il tendait le pied gauche quand on demandait le gauche, le droit quand on demandait le droit, sans jamais se tromper, et que l'on me regardait avec des yeux ronds, ou que marchant à peine à la sortie de la crèche il disait (12 mois) on va chez papi et mamie et tournait du bon côté, re les yeux ronds plus réflexion sur le langage pour cet âge, et le repérage dans l'espace (je ne m'étais posée aucune question avant, au contraire je me demandais si c'était normal qu'il ne prononce pas bien !), je me sentais honteuse, comme placée devant une odieuse situation de flagrant délit de différence. De suffisance.
Et puis son père a commencé aussi les réflexions, sa famille également, et en moi a résonné l'écho de ma famille maternelle... J'ai commencé à plonger dans la psychose de cette différence, et enrayé la chute par le passage des tests (plus suivi après).

Il m'a fallu du temps pour différencier mon histoire et mes problèmes, des possibilités de futur pour mon fils, ou des remarques que l'on pouvait me faire à son propos.
J'ai eu du mal, encore, à en parler à ses institutrices et j'ai commencé par les laisser parler pour sentir leur attitude face à cette particularité. N'ai jamais prononcé de moi même LE mot. Surdoué. Précoce. Elles l'ont fait. Ce vocabulaire m'est encore non naturel par peur d'indisposer, mais j'ai trouvé des moyens de laisser parler les autres sur mon fils, d'accepter leurs compliments ou de minimiser leurs critiques, d'accompagner le cheminement des maitresses. Pour que mon fils ait sa propre histoire, et développe sa confiance en lui.
Parce qu'entendre ses parents minimiser ses capacités lorsque quelqu'un fait des compliments à cause de la peur de la différence et du jugement des autres, il n'y a pas pire moyen de dévaloriser en face l'enfant, et de lui faire perdre confiance.
(et en perte de confiance, je suis championne, dixit la psy qui n'a jamais vu quelqu'un ayant aussi peu confiance en soi que moi...)

Mais je n'en parlerais jamais de moi même, et je privilégie les explications à mon fils, pour qu'il prenne du recul et accepte les différences de vitesse de travail en classe et apprenne à se trouver des occupations pour ne pas s'ennuyer si la maitresse ne le fait pas. Il développe du coup son imagination, sa patience et son attention au lieu d'être toujours dans l'attente d'une intervention rapide et personnalisée de l'adulte, à zapper d'une occupation à une autre en consommateur boulimique du temps de la maitresse. Qui fini par n'en plus pouvoir et être pour le coup réellement excédée par la différence.
Cela a l'air de marcher pour lui pour l'instant, cette manière de faire.
« La vérité est recherchée pour elle-même. Et ceux qui sont engagés dans une quête du savoir par goût de la vérité ne sont pas intéressés par autre chose. La recherche de la vérité est difficile et la route qui y conduit est ardue... »

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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar Kirigol » Lun 21 Mar 2016 16:14

Le dilemne c'est comment favoriser son développement/épanouissement sans encourir l'exil ?
J'ai bien peur qu'il n'y ai pas de recette miracle.

Il me semble qu'il faille lui donner tous les atouts possibles face à son appétit sans surinvestir ses capacités.
Et surtout ne pas le brider. Il saura bien le faire tout seul =))
Si tu le "protèges" du regard de autres, il se freinera sentant que si protection c'est qu'il y a danger. Ce qui peut aussi exciter sa curiosité et le conduire à expérimenter ces dangers.
Si tu te contrissais pour essayer de cacher la chose, il ressentira sa différence comme un handicap ce qui peut accentuer son décalage. Il ne te sentira pas heureuse, se dira que c'est de sa faute, se "modifiera" pour atténuer ton embarras.
Si tu lâches les chevaux, tu deviens une "prétentieuse", lui qui se sent comme tout le monde sera tiraillé entre être comme il est et faire plaisir pour être reconnu selon d'autres principes que les siens.
Si tu restes en vase clos, tu deviens "hautaine" qui ne se mélange pas avec n'importe qui, fière...

Pas facile d'avoir un "Gifted", alors qu'on a pas de réticence à se faire une bonne moule frite bière...Tsss

Je trouve l'exemple du basket précité bien représentatif, et il sort de l'impasse de la comparaison et du cliché, et apporte un autre angle de vue à ton interlocuteur.

Fais de ton mieux, de toutes façons tu feras plein d'erreurs comme tous les parents =), mais il saura que tu as fais de ton mieux.
Tout le reste n'est pas très important (facile je suis derrière mon ordi).

Offtopic :
De ma petite expérience, il y avait finalement moins de souci il y 30/40 ans, la "pensée unique" n'était pas aussi présente :

J'ai souvenir que mes parents aient été plutôt enthousiastes à l'idée d'avoir un enfant précoce. Le cercle familial proche et un peu moins proche aussi. Les autres gens autour ça ne posait pas de problème non plus à part quelques abrutis, aigris ou jaloux =).
Toutefois le souci principal est le cliché véhiculé, surdoué = génie, le surdoué n'a pas de problème, si j'avais son intelligence j'arnaquerai un paquet de monde pour me faire un max de thunes...
Bon donc force est de constater que ce cliché ne collant pas franchement au gamin, les "autres" crient à l'imposture : et ben il ont du se tromper quelque part, je sais pas comment il ont pu dire qu'il était surdoué, moi mon gamin il fait mieux ceci ou cela que lui, bla bla. Et de fil en aiguille les gens gardent cette image de "surdoué" mais dans le doute, et les gens n'aiment pas le doute, aussi il y a toujours un arrière goût de suspicion ou de rancoeur qui sourd.
Du coup le p'tit gars "prometteur" devient inintéressant, voire suscite une animosité soudaine à son encontre, les parents passent pour des menteurs, affabulateurs ou que sais-je encore.
Ceci les rend malheureux de ne pas savoir par quel bout prendre le "problème".

Alors je ne suis pas heureux de voir à quel point ça a pu les contraindre et de les voir "déchirés", eux qui se disent n'avoir pas fait les bons choix.
De mon point de vue, ils ont fait des choix c'est tout, qu'ils estimaient être les bons, ça me suffit. Mais ils se sont retrouvés malgré eux embourbés dans le cliché et dans le renvoi d'images erronées.

Je n'ai pas eu de souci particulier avec ça au cours de mon existence. C'est plutôt récent et intriqué avec le reste.
Là je m'interroge sur la condition de mes parents et leur capacité de déni, ou de faux self très ancré.

Passons...

Aujourd'hui, j'ai une petite nièce qui, si elle, n'est pas enfant du cosmos, le cosmos n'existe pas ! =)
Comme vos gamins, 2ans et demi, couleurs, peinture, crayon n'est pas stylo n'est pas feutre, animaux, formes, des livres toute la journée, on compte jusqu'à 10, mais les coquillages que jusqu'à 4 =), furète partout, mémoire gigantesque, aborde les choses d'une façon non purement factuelle, veut faire tout toute seule et comme les grands, etc.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu une interlocutrice de cette trempe et elle me "repose beaucoup" (c'est pas vraiment vrai, c'est un peu speed=)

C'est au tour de ses parents de se "tourmenter" au sujet de "comment elle va faire pour se contenter de 250 mots de vocabulaire", au square ou au manège ça la fiche mal parfois au niveau de l'élocution et du rythme d'enchaînement des idées. C'est vrai qu'il faut toujours effectuer une pirouette qu'on juge réductrice, mais ça apaise les tensions et lisse le niveau, il faut juste pas qu'elle écoute trop ou se sente réellement concernée... Impossible la bougresse. Mais on ne fait pas trop d'effort non plus. Et puis elle est souriante, sympa, maligne, partante pour tout (moins si les parents sont trop présents) alors ça passe quand même plutôt bien pour l'instant.
Ensuite l'éventualité d'une école "spécialisée" est dans les tuyaux, un genre de CAT pour gigoteurs du bulbe hihi, ce qui pose aussi la question de la vie en vase clos.

Franchement pas de réponse "cartésienne", c'est une question d'équilibre.
il y a des enseignants sympas ouverts, d'autres cons comme des manches à balai, le gamin il fait comme les autres, il se dépatouille, et les parents aussi.

Je pense que tu ne dois pas avoir peur qu'on "découvre" qu'il a des aptitudes.
En plus ça lui fera gagner un temps précieux de savoir pourquoi on le perçoit, ou il se perçoit différemment. Il pourra aiguiser cet aspect, et même si cela devait s'estomper pour entrer dans le carcan neurotypique, ça reste une "petite fierté" en cas de coup dur plutôt que de se trouver "réellement gros débile pétrit de psychoses orphelines" =)

"Simplifie" ton questionnement : Que fais-je faire avec cette douance ? et non que va t-on faire faire à cette douance.
(c'est un "piège" dans lequel je suis un peu enlisé donc y'a peut-être du miroir dans tout ce que je dis)

Pour la gestion du regard des autres, c'est fluctuant aussi je pense. Comme le dit Lady Space, laisse le vivre son histoire, tu verras il se débrouillera très bien avec des hauts et des bas.
Fait le point avec toi, si tu es sereine, il le sera vis à vis de lui, de toi, des autres... Pour ceux qui ne comprendrait pas, ma foi...
Ni le mettre sur un piédestal, ni en porte à faux, toujours ce fichu équilibre.

Je crois aussi que ce qui est déroutant c'est de passer du mode nourricier, au mode éducatif puis au mode réflexif dans un rythme décalé par rapport à la moyenne.

Et comme t'es sa mère, il ne t'écoutera pas =))
Et toc !
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Re: Assumer la douance de ses enfants

Messagepar *Za* » Mar 22 Mar 2016 09:10

Virginie a écrit:Je sais aussi que je crains la réaction des autres par anticipation. Je sais par exemple que le personnel de la crèche où se trouve mon fils est bienveillant. Je sais aussi que ça ne sera peut-être pas le cas à l'école, qui est très normée aujourd'hui. Ainsi ils ont un "socle commun de connaissances et de compétences", maintenant, c'est-à-dire qu'à la fin de telle année scolaire, les gamins doivent savoir ça, ça mais pas plus, le reste ils le feront l'année suivante.

Pour ça, je pense que tu peux te rassurer... ou plutôt t'inquiéter des excès inverses ;)

S'il est calme et bien intégré dans la classe, en voyant qu'il est en avance les instits seront sans doute contents, au contraire.
Il faut savoir aussi que malgré le "socle commun", ils sont censés s'adapter un minimum aux difficultés/facilités de chaque enfant.
Et franchement, je suis passée dans ma scolarité auprès de quelques enseignants géniaux, pas mal de bons, et quelques personnes atroces, et tous ont été ravis de mes capacités scolaires. En fait, le problème était que je me retrouvais trop souvent chouchoute, point de comparaison, etc. Sur ce point, ma mère a même déjà remis une enseignante à sa place parce qu'en réunion de parents elle se plaignait qu'un gamin de la classe n'arrivait pas à dessiner aussi bien que moi ! La seule instit (à moitié folle) qui m'a injustement traitée, c'était au saut de classe, parce qu'elle pensait (comme ça t'arrive) que c'était mes parents qui l'avait demandé. Après une simple discussion, elle a compris que ce n'était pas le cas, et un mois plus tard j'étais première de la classe (et malheureusement... la chouchoute de la maîtresse). Comme quoi, quand ton comportement de parent est remis en doute, un simple "non" peut suffire...

Les enfants HP pour qui l'école devient "dangereuse", c'est plutôt ceux qui ont des problèmes de comportement. Et dans ce cas, on peut dire que le problème vient plus de leur comportement que de leur capacités...
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