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Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...

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Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Dromadaire » Mar 17 Jan 2017 15:37

Bonjour à tous,

Je n'avais pas l'impression que le sujet collait à quelque chose de déjà posté, donc j'ai fini par sortir le clavier.

Mes excuses, c'est un peu long.

Etant actuellement en train de tourner en boucle, je suppose que ce "phénomène" a déjà été vécu par plusieurs d'entre vous et voudrait savoir comment vous "gérez" ça.

Je place un peu le contexte histoire d'illustrer :
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Désolée pour la longue pose du contexte, mais je pense que si j'avais essayer de synthétiser ça n'aurait pas été très clair.

Depuis ce matin tout ça continue à occuper une partie de mon esprit et je me rends compte que ce genre d'épisode est récurrent dans ma vie : à chaque fois que je me fais "attaquer", que quelqu'un se comporte avec moi d'une façon que je perçois comme agressive, j'ai beaucoup de mal à le recevoir. Ca me fait l'effet d'un coup de poing dans le ventre.


Je me rends compte que :
1) Je ne sais pas me défendre et me protéger moi-même, je suis trop surprise et déstabilisée face à l'agressivité pour avoir une autre réponse que l'écrasement honteux.
2) Ca a un impact très fort sur mon moral, ça me fait l'effet d'une blessure béante qui va me faire mal à chaque fois que je repenserai à cet épisode pendant des mois...
3) Ca "tourne en boucle", chaque petit détail de ma journée me refait penser à la scène que je n'arrive pas à me sortir de la tête.
4) Ca a un impact sur mes projections dans le futur : par exemple, ce soir, je reviens aux écuries et j'appréhende de retourner dans le manège avec d'autres personnes, de retrouver mes deux amies qui ont assisté à la scène hier soir, et, surtout, de recroiser cette dame...


Quand je cherche un peu, je me rends compte que j'ai une espèce de stratégie d'évitement interne pour me protéger : lorsque je suis à la pensée "juste avant" celle qui me ramène à l'épisode, je me dis "n'y pense pas, tu vas te faire mal" et je la cache derrière un mur. Ca me protège pour un temps, mais ça ne l'empêche pas de revenir.
C'est comme si je refusais d'y "faire face".

Je n'aime pas les conflits, et face à une attaque, j'ai souvent tendance à m'écraser parce que j'ai l'intime conviction que si je réponds, j'envenime la situation et je la prolonge. Comme je veux que ça soit vite terminé : je m'écrase et je "fuis".

Concrètement, je pense que si ce soir ça se passe mieux, je me sentirais déjà mieux en rentrant chez moi. Mais je vais continuer à appréhender comme une idiote de croiser cette personne, et continuer à me crisper à chaque fois que j'y repense...



Cela vous arrive-t-il ?

Concrètement, quand tout notre corps et notre mental se fige face à une attaque, quel est le mécanisme à déclencher pour réussir à se défendre ? (j'aurais aimé, pas forcément l'apostropher avec autant d'agressivité qu'elle, mais au moins lui expliquer la tête haute et sereinement qu'elle aurait aussi bien pu me le demander gentiment...)

Parvenez-vous à "ranger une scène à sa place" dans la mémoire pour éviter qu'elle ne revienne sur le devant de la scène encore et encore ? A "redevenir de bonne humeur" juste après un épisode contrariant, de manière à ne pas pourrir votre soirée, votre nuit... ?

J'avais déjà rapidement abordé ce type de sujet avec ma psy, notamment pour lui dire que j'étais sujette aux variations d'humeur : je peux être euphorique de bonheur, si un évènement contrariant survient, il peut parfois m'envoyer au trente-sixième dessous en quelques secondes. Et j'y reste au moins jusqu'à mon coucher, sans parvenir à me "relever".
Elle m'avait répondu que c'était caractéristique des HP, bon, admettons. Mais sur le coup je n'ai pas pensé à lui demander "comment je fais pour m'en sortir dans ces cas là ? Je me résigne à finir la journée sur une mauvaise touche et voilà ?"

Merci d'avance pour vos réponses.
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar dani » Mar 17 Jan 2017 16:52

Je te comprends tellement bien Dromadaire ... ça m'arrive moins souvent, mais j'ai fait un gros travail perso à ce propos

Pour moi il n'y a pas de recette miracle, et le problème, pour le résoudre est d'abord à comprendre je pense sous différents aspects. Et pardonne-moi si mes propos font un peu simplistes, genre "café du commerce", prends ce qui t'es utile et laisse le reste. Je ne suis pas psy et c'est juste mon expérience personnelle.


1. Ce qui est admissible ou non

Elle n'a pas à avoir un comportement pareil. Celui-ci parle d'elle, et non de toi et de ce que tu as ou aurais fait de faux. ça c'est un fait. Tu n'as donc pas à baisser la tête ou à te comporter comme une coupable. Même si tu es dans ton tort, personne n'a le droit de te traiter ainsi.

Après, elle a ses propres raisons d'agir ainsi (son histoire perso, son éducation, sa personnalité..) et ne va probablement pas changer. La seule chose que tu puisses faire c'est réagir de manière à ce que tu te sentes au moins respectée par toi-même

Comme démarche, je te suggère d'appliquer la démarche de communication non violente :
1.reconnaître ses émotions et ses besoins à elle (ça va la désarmer et la calmer), puis 2. lui dire tes émotions et besoins à toi, mais selon un processus qui ne l'attaque pas. Moi j'aime beaucoup cette approche et cet ouvrage fondateur https://www.amazon.fr/gp/product/276194 ... XZTBDDFBKB

Ici aussi quelques principes de base, et le processus à suivre en CNV. Il y a certainement de meilleurs documents sur internet mais c'est pour te faire une idée http://local.attac.org/attac38/tele/nv/cnv-pratique.pdf

ce sont des principes théoriquement simples, mais un peu difficiles au début à mettre en place spontanément. J'ai suivi un cours de 4 soirées sur la communication non violente, cela m'a bien aidée à la pratiquer :) . Et ça marche bien. Au fond, la plupart des gens ont juste le besoin qu'on leur quittance leurs émotions (et on n'a pas besoin d'être d'accord.. juste renvoyer en miroir ce que l'on perçoit) en décrivant le besoin que l'on perçoit derrière, même si elles sont très vives. La personne peut alors valider le besoin que tu lui reconnais, ou alors corriger ta perception. Mais ça désamorce bien l'escalade de l'agression et ça ouvre le dialogue.

Pour tourner la page tu pourrais retourner vers elle et lui parler rétrospectivement de tes émotions et besoins. Je ne sais pas comment elle va réagir mais ça n 'a pas d'importance. En faisant cela tu retrouverais ta dignité à tes propres yeux. Je l'ai fait parfois au début, quand je ne pouvais pas réagir comme je le voulais sur le moment. Les personnes étaient parfois étonnées, mais sans plus. Et moi je retrouvais ma dignité (de moi à moi) et la suite se passait ensuite mieux avec ces personnes. Si elle réagit mal c'est qu'elle est vraiment inadéquate. C'est parfois bon à connaître aussi, donc rien à perdre.

2. Ta réaction à toi dans ces situations

J'imagine que tu as déjà fait un peu d'introspection qui te permet de comprendre pourquoi tu réagis ainsi. Personnellement je sais que pour moi c'était en rapport avec ma relation avec mon père et ses réactions excessives quand il n'était pas satisfait de mes réactions ou comportements Toi, ça t'appartient, mais tu vois l'idée. Mais le comprendre n'est pas encore suffisant pour vraiment changer. Je pense que la réactivité aux situations de stress est tellement "automatique" que cela nécessite du temps pour modifier ces réactions quasi biologiques. Je dis ça, mais je projette bien sûr, c'était le cas pour moi et ta situation me parle. Pour toi, à toi de voir.

Mais c'est ce que je ressens quand je lis

Dromadaire a écrit:Quand je cherche un peu, je me rends compte que j'ai une espèce de stratégie d'évitement interne pour me protéger : lorsque je suis à la pensée "juste avant" celle qui me ramène à l'épisode, je me dis "n'y pense pas, tu vas te faire mal" et je la cache derrière un mur. Ca me protège pour un temps, mais ça ne l'empêche pas de revenir.
C'est comme si je refusais d'y "faire face".


Alors oui, en effet, se cacher protège, mais on se rend compte que cela ne résoud rien et que la fuite rend les situations suivantes encore plus difficilescar on sait par avance que l'on va retraverser tout ce processus pénible avec des émotions de plus en plus fortes (surtout pour une HP comme toi, car tu fais je pense cette analyse à toute vitesse et tu dois faire face à "l'impasse" de la situation et tu reçois alors tes émotions en pleine face... (analyse perso à prendre avec des pinçettes)). Donc forcément tu fuis cela. Il faut donc avoir vraiment envie de changer, alors que cela semble quasi impossible... émotionnellement c'est très fort, ce qui peut expliquer la fuite.
Ma solution a été de trouver des techniques qui diminuent les effets émotionnels de certaines situations. Il y a des techniques psy de TCC qui peuvent bien aider, l'EMDR est efficace aussi. Comme j'aime bien être autonome et avancer seule, j'ai utilisé l'EFT. Mais les bases scientifiques de l'EFT sont encore peu développées même si des études cliniques montrent son efficacité. Je t'envoie les liens en mp si tu veux en savoir plus (il y a des guides gratuits pour apprendre à le faire seul). Ces différentes approches aident à modifier et diminuer le très fort ressenti émotionnel. L'émotion en moins, il est bien sûr plus facile de voir la situation différemment et donc de réagir en conséquence. Il y a des voies de sorties de l'impasse je t'assure !!

3. Le contexte de la situation

Il y a des situations imprévisibles qui vont déclencher en nous de grosses peurs pouvant engendrer des comportements assez agressifs. C'est peut-être son cas, j'en sais rien. Mais une fois la peur passée elle aurait pu s'excuser. Est-elle trop fière pour le faire ? ne voit-elle pas l'impact de son comportement sur toi ? Autres explications ? Je me souviens avoir hurlé sur mes enfants juste après qu'ils aient traversé la route sans regarder.. je me suis toujours excusée, mais je vois des parents qui ne le font pas, ne se rendant pas compte des effets de leur colère sur leurs enfants. Elle ne sait peut-être juste pas qu'elle ne doit pas réagir ainsi. Il y a des gens parfois juste mal éduqués :nesaitpas:

et finalement, je te propose ce fil qui est éclairant aussi pour modifier peu à peu ses propres schémas psychologie-sante/modifier-ses-schemas-t7760.html
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Aurore » Mer 18 Jan 2017 19:03

Ah... Forte résonnance de ce sujet pour moi!
Encore la semaine dernière je relatais une anecdote de près de 18 mois sur un voisin énervé...
J'appelle ça "la disproportion de la réaction de l'autre par rapport à ma perception des faits". C'est proprement insupportable sur le moment.

Je plussoie complètement ce qui a été dit plus haut: la CNV est un excellent outil pour ré-équilibrer le dialogue et diminuer la confusion entre le fait (il y a un cheval libre), l'émotion qu'il génère, la réaction offerte (une agressivité verbale).

Donc: compassion et t'inquète, pas de fatalité!
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar carine » Mer 18 Jan 2017 21:36

merci pour l'ouverture du sujet!

Malheureusement, aucune réponse à apporter...
cela m'est arrivée récemment avec une collègue, depuis, le pire, c'est que je prends mal tout ce qu'elle me dit! et quand on me demande pourquoi, je suis incapable de l'expliquer!! Elle passe pour la gentille aux yeux de tout le monde et j'ai l'impression qu'elle me lance des pics à chaque fois qu'elle me parle...


Peut-être qu'en parler avec la personne serait une solution (si tu la revois) mais, perso, je ne m'en sens pas le courage de peur d'affronter de la moquerie de sa part ou au mieux une incompréhension, bref de ne pas être entendue...

Sinon.... je n'ai pas encore trouvé!
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Choupinne » Mer 18 Jan 2017 22:22

Rahlala, ca me parle tellement...

Je suis quelqu'un de super flegmatique, cool, tranquille, etc... Bref je m’énerve quasiment jamais. Sauf justement dans ces cas la, un conflit un peu agressif qui m'est dirigé. Et la c'est la merde sur le coup bah je dis rien je suis tout con, et après je mouline je mouline, pendant des jours, des semaines et des mois, en me faisant tout les scénarios possibles ou je recroise la personne dans ma tête en lui balançant ses 4 vérités etc... Bref, un peu ridicule :(

Et non, je n'ai pas de solutions T_T Je vais creuser les pistes de dani :)

Ma dernière expérience c'était il y a déja un moment et je commence seulement à me calmer (genre depuis quelques jours). 3 mois pour digérer le truc, j'ai p'tet quelques progrès a faire...
"Il me fallait une bonne citation à mettre en signature, mais j'ai rien trouvé de sympa..."
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Dromadaire » Ven 20 Jan 2017 18:29

Bonsoir,

Merci à vous quatre !

Il s'est passé un truc étrange : je suis convaincue d'avoir répondu aux deux premières réponses mardi soir. :nesaitpas:
Je ne comprends pas ce qui s'est passé.

Bon.
Dommage, en plus j'avais vraiment pris le temps de développer.


Sur la CNV : j'ai suivi une formation en communication il y a quelques mois où c'était la méthode utilisée. J'ai vite compris les principes, j'ai très bien réussi les mises en pratique, y compris dans des situations que j'avais connues... Une véritable élève modèle !
Par contre, dans la "réalité", avec l'émotion, j'ai beaucoup plus de mal !

@dani : je suis une TCC avec ma psy. Je suis intéressée par toute autre méthode complémentaire...
Je devrais faire cette introspection, j'ai une petite idée mais ca me parait trop évident, c'est probablement à creuser davantage...


Je ne me sens pas le courage d'aller la voir pour l'instant. Je préfère passer un trait sur l'épisode.


Je suis contente de voir que ca résonne en vous ! (enfin, "contente"... C'est pas non plus un truc génial)
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar dani » Dim 22 Jan 2017 18:35

Dromadaire a écrit:
Il s'est passé un truc étrange : je suis convaincue d'avoir répondu aux deux premières réponses mardi soir. :nesaitpas:
Je ne comprends pas ce qui s'est passé.


ça m'est déjà arrivé aussi, quand quelqu'un d'autre poste en même temps, pas de soucis !

Dromadaire a écrit:Sur la CNV : j'ai suivi une formation en communication il y a quelques mois où c'était la méthode utilisée. J'ai vite compris les principes, j'ai très bien réussi les mises en pratique, y compris dans des situations que j'avais connues... Une véritable élève modèle !
Par contre, dans la "réalité", avec l'émotion, j'ai beaucoup plus de mal !


tu m'étonnes :D !! c'est en effet de longue haleine, je n'y arrive pas toujours !! mais les situations de conflits sont de plus en plus rares, je désamorce avant que cela escalade trop. Et parler très franchement de ce que l'on ressent, de ses besoins, de ceux que l'on a interprété chez l'autre ça humanise la situation et l 'on revient vite fait aux simples faits. Mais si je suis en état de gros stress je n'y arrive pas c'est clair. J'essaie de revenir dessus plus tard (mais ce n'est pas toujours nécessaire..si j'ai compris les enjeux je laisse parfois couler)

Dromadaire a écrit:@dani : je suis une TCC avec ma psy. Je suis intéressée par toute autre méthode complémentaire...
Je devrais faire cette introspection, j'ai une petite idée mais ca me parait trop évident, c'est probablement à creuser davantage...


Ben moi ça me paraissait évident aussi... mais c'était bien "ça" quand même. Mais le fait que je me sois suradaptée, que j'aie évacué mes besoins etc... a fait remonter énormément de colère et d'émotions quand j'ai pris conscience du mal que je me suis laissée faire, que j'ai dû peu à peu libérer.. puis j'ai peu à peu changé de comportements aussi pour me faire respecter....et ça n'a pas été simple, énormément d'émotions car ça s'est mal passé. Mais ça valait l'effort, je me suis libérée de tout cela (ou disons.. à peu près ;) )

Sinon, pour l'EMDR j'ai vu ce site http://www.emdr-france.org/
Il y a je crois des infos à ce sujet sur ce forum

Et pour l'EFT celui-ci est pas mal. Il y a des qualités de site vraiment variable, je te laisse découvrir celui-ci. https://www.eftunivers.com/apprendre-en-ligne/
EDIT : tu peux visionner la vidéo et charger les pdf gratuits, mais je vois que les onglets à gauche ne sont plus fonctionnels, c'et dommage car l'info était synthétique et bien faite. Si je trouve un autre bon site je te redis

Au début, ça vaut la peine de faire quelques séances avec un thérapeute agréé , mais ensuite on est vite autonome. Et ça permet de prendre peu à peu les différents fils de la pelote complexe de nos anxiétés et angoisses :)

Si je me permets de t'en parler c'est que j'utilise cela depuis des années.....c'est donc des expériences personnelles. Pas encore énormément de littérature scientifique, mais ça avance et c'est plutôt encourageant. Moi ça m'a permis de sortir de situations de gros stress en quelques minutes (effet placebo peut-être.. mais finalement du moment que ça marche :lol: ) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26894319

Et surtout, prends ton temps : tu as eu ta dose d'émotions ..digère déjà cela....
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar carine » Lun 23 Jan 2017 20:26

Merci Dani pour ta réponse et pour les infos sur l'EFT!

J'ai également fait une formation de kinesiologie qui utilise également des points d'acupressure (acupuncture). Je vais me renseigner davantage sur l'EFT.

De mon côté, si j'analyse mon dernier excès de rancoeur avec quelqu'un, je crois que finalement ça venait surtout de ma remise en question (encore et tjs!). je m'explique : je m'en voulais de prendre mal ce que me disait cette personne, je pensais que c'était moi qui réagissais mal, ou tout au moins trop excessivement ou que je jugeais cette personne à tort.. Depuis qu'une amie m'a donné le même point de vue sur cette personne, je ne ressens plus du tout de rancoeur/colère... Comme si mes émotions étaient validées et que je n'avais pas à me remettre en cause...
Bilan : chercher ce que ça provoque chez nous et les raisons profondes de ces émotions (ici, non pas les paroles prononcées, mais la peur de me tromper sur mon jugement...).

Si ça peut en aider....
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Dromadaire » Mar 24 Jan 2017 19:34

Vos réponses sont toujours enrichissantes.

Je regarde tout ca. Mais en effet j'ai déjà beaucoup à faire en ce moment, j'essaie de ne pas m'en rajouter trop. Gare à la surchauffe !


Si je me demande... Bon, j'ai un manque profond de sécurité affective, qui résulte du fait que je sois encore au niveau "enfant" du développement affectif, parental-enfant. Je pense.
Donc quand je me fais engueuler, je redeviens la petite fille honteuse d'avoir fait une bêtise qui se fait engueuler par un adulte, donc je reprends l'attitude qui va avec : baisser la tête et attendre la fin de la tempête.

En plus de ca, j'ai envie que les gens m'aiment, donc je fuis le conflit, tous les conflits !

Il faut ajouter le fait que j'ai l'impression que souvent, les discussions conflictuelles sont fatigantes, pour n'y rien gagner. Ca me fatigue d'avance, je trouve que c'est une perte de temps et d'énergie. Donc je préfère "laisser couler", parce que j'ai l'impression d'avoir moins de temps et d'énergie à perdre avec cette méthode... Pas envie de me "fatiguer" pour en plus passer un moment désagréable.


Offtopic :
Voilà voilà, mes participations sont très égocentrées, mais j'avoue que j'ai du mal à être bien constructive : je n'ai pas encore assez creusé !
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Pimprenelle » Ven 11 Aoû 2017 00:47

Des situations similaires, j'en ai connues un certain lot, avec des inconnu-es ou proches.
Et cela provoquait les mêmes réactions : fuite et ressassement. Et aussi une impression que quand même cela m'arrivait un peu trop fréquemment, ce qui pouvait accréditer la thèse : le problème vient de moi.
Alors je parle de tout ça au passé sans être sûre que la question soit définitivement réglée !
Mais j'ai quand même pu bien avancer sur ce point avec l'aide de la thérapie et une meilleure connaissance de mon fonctionnement.

A ce jour, j'en fais cette analyse, assez simpliste, sans référence, mais qui aura le mérite d'être comprise par le plus grand nombre et pourrait peut être servir à quelqu'un (?). Je précise "à ce jour" car cela évolue et se peaufine toute la vie. De plus ce n'est qu'une piste possible parmi tant d'autres. Chaque piste n'en excluant pas d'autres.

Pour moi cela rejoint le sentiment de responsabilité et les capacités de remise en question qui sont très variables selon les individus.
Prenons A comme étant quelqu'un nourrissant un fort sentiment de responsabilité et des capacités (volonté) de remise en question.
Et B : tout l'opposé. (pour caricaturer car bien évidemment il y a beaucoup de nuances et de degrés).

Dans une situation de la vie courante qui pose un problème, si mineur soit-il, les protagonistes réagissent en fonction de ce sentiment de responsabilité et capacités de remise en question.
Entre 2 personnes de type A, le problème va se régler facilement, cordialement, tout le monde s'excuse et se confond en politesse (non mais je vous en prie, après vous, y a pas de quoi, non c'est de ma faute aussi, non c'est moi aurait pu faire autrement, non c'est moi qui vous remercie, etc...).
Entre 2 personnes de type B, là c'est le clash assuré (comment un simple petit incident bénin et ridicule de conduite, peut se transformer en violence, insultes, coups...).
Et quand A et B se rencontrent ça peut donner ce que vous décrivez dans vos témoignages.

Et B, on peut se demander s'il ne prend pas un malin plaisir à trouver tout ce qui cloche chez A (votre cheval est en liberté !) comme ça cela lui donne tout le loisir de se défouler, lui qui n'est jamais en tort, jamais responsable de rien. C'est d'autant plus simple face à A qui bafouille des excuses, cherche à se rattraper mais ne peut pas car B ne lui en donne pas l'occasion : son seul objectif est de se défouler. Plus les autres sont responsables moins B le sera donc ça le conforte.

Il me semble que quand on est comme A, on a du mal à imaginer qu'il existe des gens comme B, et pourtant on en croise tout le temps, on les subit, mais on ne les voit pas tels qu'ils sont parce qu’on se remet toujours en question soi.

Ça m'a pris des dizaines d'années à admettre qu'il existe des gens B et qu'ils ne changeraient pas, à priori, ou du moins que ce n'était pas mon problème mais le leur.

Alors me sont venus en tête ces mots : observer et ne plus absorber
Observer car même s'il s'agit d'un-e inconnu-e, on peut garder les yeux, les oreilles, le cerveau attentifs à ce phénomène qui se déroule sous nos yeux mais qui reste en dehors de nous.
Ce qui peut permettre du coup sans fuir, de ne pas absorber, ne pas s'en sentir responsable.
Bon ce n'est que ma petite théorie mais qui jusque là m'a bien aidée, fait progresser, alors si ça peut parler à d'autres (! ?). (Et merci pour vos témoignages car ça aide de lire les autres !)
ça dépend, ça dépasse... et c'est tant mieux :P !
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Opening » Lun 14 Aoû 2017 23:16

Récemment je me suis retrouvée dans une situation similaire. J'ai pris un peu de liberté dans mes propos sur un réseau social et j'ai eu l'impression de recevoir des réactions très agressives qui visaient à m'humilier pour dénigrer ma personne et me coller une mauvaise étiquette. J'ai montré les messages aux membres de ma famille et personne ne s'est alarmé, au contraire. L'agressivité était perçue comme quelque chose de peu important dans les messages, ils ont même trouvé que par rapport à la situation elle pouvait être justifiée par le sentiment que mon message pouvait provoquer sur les récepteurs. Il ne fallait pas le prendre pour moi dans tous les cas car les personnes avaient raison de me montrer ce que mon acte leur provoquait.
Tout cela reprend le point numéro 3 de Dani. Je pense que l'agressivité est aussi quelque chose qu'on pourrait considérer de "culturel" et ne vise pas la personne forcément mais plutôt l'acte. Je pense que l'agressivité est quelque chose de commun à un grand nombre de personne, sexes confondus. Quand j'ai relu les messages du réseau social en repensant que l'agressivité pouvait être en quelque sorte "culturelle" j'ai pu reconsidérer ce que me disait les personnes et récupérer mes capacités mentales pour répondre au lieu de me fermer. L'agressivité perverse qui vise à détruire une personne existe aussi je n'en doute pas, et je pense qu'il est préférable de la reconnaître et de s'en protéger. Les messages que j'ai reçu en réponse n'étaient pas de cette ordre-là, à ce qu'on m'a dit.
ça ne veut pas dire que l'agressivité est à minimiser à mon avis mais plutôt que d'autres personnes ne considèrent pas avoir eu l'intention d'humilier ou de mettre la personne à l'écart, au contraire, elles ont bien considéré la présence de la personne, elles font un effort pour s'exprimer à cette personne, et tout effort coûte. Dans mon cas, on dirait que l'effort a été effectué plutôt parce que j'étais inclut et pas pour m'exclure. ça m'a donné plus de confiance et m'a permis de me reposer pour réussir à mettre fin à la conversation qui allait trop loin avec accord de mes interlocuteurs. ça montre aussi peut-être plutôt que la personne qui s'exprime agressivement a, ou se donne, un caractère de "gros dur" dans certains cas.
Je ne sais pas vraiment faire face moi non plus à ce genre de situation, mais pour ce qui est de la soirée gâchée à se sentir mal entre quatre murs la tête baissée, je me serais demandée si ça en valait bien la peine de me hurler comme ça dessus, si oui d'une certaine façon, même si c'était exagéré, alors je me dirais qu'il faut que je fasse attention à ce qu'on m'a fait remarqué et cette personne a une façon bien étrange de me le faire comprendre. Si ce n'était pas justifié, elle a un comportement agressif et alors je me demanderais si cela est lié à son humeur ou bien si en effet elle cherche seulement à m'humilier. L'avant-dernière fois où je me suis sentie agressée l'agressivité verbale était bien liée à l'humeur de la personne et non à une intention de me nuire. J'ai revu plusieurs fois cette personne de mauvaise humeur et elle a continué jusqu'à ce que je me mette aussi de la même mauvaise humeur mais le résultat n'a pas été bien concluant, un mutisme partagé. Je songe à ouvrir un livre de PNL.
En somme, c'est un peu commun de rabaisser les personnes.
Dans la situation du message sur le forum, si la personne a insisté, je ne sais pas si elle s'en est rendue compte elle-même (?) ça lui est peut-être venu sur le moment, comme ça.
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Pimprenelle » Mar 15 Aoû 2017 00:33

Par rapport à ton expérience Opening, c'est sur que la communication écrite peut être encore plus sujette à interprétation (il manque le son : le ton de la voix qui adoucit ou accentue, et les expressions du visage, du corps, qui délivrent eux aussi des informations).

Je m'interroge sur ce terme "humilier" et de savoir si une personne cherche vraiment consciemment à en humilier une autre ?
J'utilisais le terme de "se défouler" dans le sens de se libérer d'une tension, la faire sortir et du coup la projeter sur l'autre en face. Et je voyais ça comme une façon de faire porter à l'autre une faute ou responsabilité, un problème dont on veut se débarrasser.

Si celui sur qui est projeté cette tension ne la reçoit pas ? Je veux dire par là que si cela ne le déstabilise pas, qu'il ne s'en sent pas responsable, est-ce qu'il y aura humiliation ?

(c'est une question sincère, et je serais très intéressée d'avoir des avis à ce sujet !)
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Riffifi » Mar 15 Aoû 2017 02:43

Merci Opening d'avoir partagé ton analyse et ton cheminement, c'est intéressant.
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(merci Friedrich)
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Opening » Mar 15 Aoû 2017 22:57

Pour répondre à Pimprenelle, la théorie du "tout effort coûte" dans le message précédent prête à confusion.
Je ne suis pas certaine que l'agresseur ait senti une tension ou qu'Elle se soit débarrassé de quoique ce soit. Je n'étais pas sur place, mais ça me paraît possible qu'une personne qui s'est bien réveillée le matin, arrive avec plein d'énergie et assez pour se sentir fort au point d'humilier une autre personne. C'est un peu un privilège de roi non ? Aussi ce genre d'évènement m'est déjà arrivé quand une personne me trouve trop secrète, quand je suis l'inconnue qui inquiète. Je me souviens aussi avoir lu que ne pas parler est facilement associé à de la débilité mentale. Je ne suis pas sûre que la personne se défoule forcément, elle peut être simplement contente d'elle-même à ce moment ? C'est jouissif de jouer le rôle du gros dur, qu'on ait un manque de confiance en soi ou non. Certaines personnes dans une situation donnée réagissent comme ça de manière naturelle et systématique ?
Je ne sais pas si on pense à autre chose qu'à soi quand on humilie quelqu'un d'autre. On pense à sa haine envers l'autre quand c'est pervers, et sinon on se focalise sur la gêne que la situation (et pas forcément la personne) nous provoque ? La personne est peut-être obsédée par le contrôle, elle a ses propres problèmes, je n'en ai aucune idée. Insulter quelqu'un et le rabaisser ça peut être un moyen de se re-concentrer sur soi pourquoi pas afin de regagner sa concentration. Je ne serai pas expliquer pourquoi. Dans ce cas se défouler sur une autre personne à une utilité (la concentration). Une utilité double : les spectateurs sont aussi sous contrôle à ce moment-là, le monde s'arrête sur une seule personne qui peut influencer l'environnement et imposer son énergie.
L'analyse est limitée puisque c'est de la psychologie de comptoir. J'ai déjà croisé des personnes qui semblaient avoir de sérieux problèmes mentaux.
Enfin je ne pense pas, à partir de la description de la situation, que la personne a voulu faire porter une faute ou responsabilité sur l'autre qui lui appartienne.
Je n'ai toujours pas ouvert de livre de PNL mais je pense qu'il n'y a pas une seule solution à toutes les situations d'agression et d'humiliation. Je ne suis pas celle qui donnera des conseils pour désamorcer ce genre de comportement.
Ignorer le Roi ... ou le professeur ? Le "j'ai bien entendu" pourrait suffire à rappeler que la personne agressée à des capacités mentales et n'est pas une bête de foire dont on oublie la sensibilité ? (Oui mon bon Roi je m'exécute ...)
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Pimprenelle » Mer 16 Aoû 2017 16:48

Oui, c'est sur qu'il n'y a pas qu'une explication, interprétation ou solution à chaque situation.
et peut être que ces différentes pistes ne se contredisent pas mais se complètent.

Évidemment c'est souvent plus simple d'avoir l'impression de pouvoir comprendre quelque chose sur ce genre de situations d'agression en étant seulement observateur et pas impliqué.
Cela m'est arrivé de voir des proches se faire agresser (insulter) et j'ai été assez surprise par leur réaction. En m'imaginant à leur place je sais que je n'aurai pas réussi à rester, au moins en apparence, si solide. Et après coup, en discutant avec eux, il semblait que ça leur avait glissé dessus...
Mais bon, une observation est aussi subjective. Impossible de savoir ce que ressente vraiment les uns et les autres.

Edit :(et désolée si mes messages précédents ont été pris comme une recette toute simple, du genre "y a qu'à", "faut se donner les moyens" ou autre, ce n'était vraiment pas mon intention... :pale: )
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Opening » Mer 16 Aoû 2017 22:39

Je pensais aussi que le harcèlement n'existerait pas s'il suffisait que l'agression ne déstabilise pas la victime pour que ça ne soit pas une humiliation. L'observateur selon moi est tout aussi impliqué. Vous vous êtes sentie plus impliquée que vos proches dans l'agression ? Dans ce genre de situation je ne pense pas à la victime mais à l'agresseur alors peu m'importe si elle est solide ou si l'agresseur réussit ou non à déstabiliser la personne. La victime ne devrait rien avoir à se reprocher parce que les agressions sont souvent injustes ... ça ne l'affecte pas parce c'est incompréhensible ? C'est peut-être plus compréhensible pour les observateurs que pour la victime si c'est mis en scène pour eux (humiliation).
Je ne souhaitais pas déformer l'intention de vos messages. Le topic est "se protéger" alors ça ne me parait pas anormal de réfléchir "de qui" et "dans l'ordre de quel abus". Mais je pense qu'il existe des professionnels qui ont de vraies réponses pour ça :)
Note : ne doutez pas que j'avais compris que le topic ici était aussi de savoir comment gérer une émotion négative qui nous affecte quand elle vient de l'extérieur, même si on est quelqu'un de réfléchi en temps normal (donc on s'intéresse à l'effet de l'agression sur la personne)
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Re: Répondre à l'aggressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar 256Cecile » Lun 18 Sep 2017 17:11

Merci Pimprenelle pour ton raisonnement par "A+B" puisqu'effectivement il ne s'agit pas d'une somme entre A et B, mais d'une interaction, dans un environnement donné, donc d'un système d'équations et d'inéquations.

Ajoutons l'exposant "mémoire eidétique", à A par exemple.

Si A tente d'instaurer le dialogue avec B, soit B accepte, soit B refuse. Si B refuse, A n'a plus qu'à se débrouiller?

Si A dit à B "je suis hyper-mnésique", et que B lui répond "Tout le monde a une grosse mémoire", que fait A, à part mémoriser la phrase (mouvement réflexif)?

Si A dit "les mandarines sont oranges"( = les faits réels) face à B qui lui répond "non, les mandarines sont bleues" (= situation de déni du réel), là, quelle est la solution, à part "ensemble vide" ou "pas de solution"?

En fonction des situations et des personnes, j'ai souvent développé des stratégies d'évitement, de contournement, de fuite, parfois de repli ou d'isolement volontaire le temps de "cicatriser", parfois de spectatrice, parfois de combattante, estimant n'être ni une poubelle ou un défouloir pour autrui, ni une sainte-victime-bien-à-plaindre!

Quelque chose me fait pourtant dire aujourd'hui que le déni de la réalité - celle de l'autre, celle d'une situation- est devenu une pathologie du siècle. Qu'en pensez-vous?
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Re: Répondre à l'agressivité - se protéger - ne pas ressasser

Messagepar Livingstone » Mar 19 Sep 2017 00:11

(déni de la réalité... disons de la diversité de ses perceptions, notre siècle y est peut-être tout de même le moins exposé en regard de tous les précédents, non ?)

Les deux cas que tu proposes sont deux cas de dénis où l'un rejette le contenu, l'autre l'interaction même. Dans le premier cas l'agression est perçue, souvent des deux vis-à-vis d'ailleurs (comme reçue), dans le second cas, l'agression est voulue.
Je résiste à la tentation de répondre en le prenant au pied de la lettre à ton deuxième cas de figure, par des suggestions de réponses : il reste que B sait que les mandarines ne sont pas bleues et que le sens de l'interaction porte donc sur autre chose ; la solution de l'interaction se centrera sur l'interaction et non sur le contenu superficiel de l'échange : c'est l'attitude oppositionnelle qui d'abord est l'enjeu et le propos de la réaction, et non le thème abordé. Il s'agit d'identifier que le sujet n'est pas celui qu'on prétend, et de désamorcer d'abord l'idée d'être en opposition. C'est beaucoup plus difficile à établir quand il ne s'agit pas de mandarines bleues.
Si B par contre a un problème de vue, on se retrouve dans le cas n°1 avec option refus.

Pour le premier cas, on peut opter pour l'alternative "ensemble vide" ou "pas de solution", mais je me demande si la question n'est pas en amont autre : est-ce un déni ou une illusion d'optique classique, i.e. le fait de se représenter nécessairement l'autre à partir de soi ? De la même façon on se dit souvent "ce n'est pas possible, il/elle fait exprès ! " sur cette base.
Et on traite en cas n°2, choc frontal, ce qui est en fait incapacité se représenter ce qu'on ne perçoit pas, le cas n°1 donc.

Prenons des exemples basiques aussi en restant dans les sens ; ce médecin auquel je signale qu'on entend tout depuis la salle d'attente. "Oh, mais il faut avoir l'oreille vraiment très fine"(+sourire bienveillant)... que répondre, il a 130 ans mais reste coquet ? Les générations d'humains qui pensent que le chien "devine que le maître arrive" (sauf que la voiture s'entend à 8 km dans certaines fréquences). Qui rient parce que parfois leur chat commence par "miauler en silence" pour demander de l'attention (le chat ne se représente pas que l'humain est sourd... pas tout de suite ^^, puis il oublie la fois suivante et doit reprendre la gamme, c'est si bizarre ces humains). Les copains qui oublient constamment que tel d'entre eux est anosmique. Changer de représentation, même quand c'est faisable, a un coût mental important qui n'est pas toujours dans les moyens disponibles.
De la même façon on a pu dire que les nourrissons n'avaient pas mal en étant opérés à vif... que les émotions des animaux ne comptent pas car ils ne sont pas intelligents : mais quand l'autre semble similaire, il est paradoxalement encore plus difficile d'accepter que les basses du chauffage central ou les notes les plus aigües du frigo en continu lui vrillent les nerfs. De la même façon encore, (j'insiste sur "même" pour ces cas délibérément très différents par leurs angles), on s'habitue fort bien à la douleur... d'autrui, dès lors qu'elle est routinière (connu pour les femmes, la médecine, les douleurs menstruelles non soulagées, mais observable aussi avec le copain profondément dépressif... bah...il est dépressif depuis le temps on sait : la souffrance n'est plus qu'une information refroidie).
Autrement dit, même comprendre n'est pas sentir, n'accède même pas à la vérité du direct.
Alors quand on ne peut pas même se représenter...
Or, par besoin, automatisme, on se représente toujours les choses ; sans le savoir, former une image "complète" avec uniquement ce que l'on sait, illusion parfaite.
Sinon cela implique l'inconfort du peut-être, ne pas juger, et de là, l'inconfort plus grand encore de l'illégitimité assumée de décider, l'impossibilité en somme d'ordonner le monde.

Il me semble que chaque fois que je me rends compte que je n'avais pas les moyens de comprendre, ou que l'autre n'a pas les moyens de comprendre (...dépassés), ce n'est pas du déni, c'est de la cécité, ça change la faute en simple "défaut de" et qu'il y a alors (un peu) moins de choses à cicatriser.
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