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Quand le "fake" entrave la thérapie

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...

Modérateur: W4x

Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar detrash » Dim 2 Oct 2016 09:46

Bonjour à tous

J'ouvre cette discussion car il ne me semble pas l'avoir vu, traité de cette manière, sur le forum.

Je crois que j'ai dévéloppé, depuis un moment (je ne sais pas trop combien de temps exactement), une fause personnalité qui m'empêche d'avoir un véritable échange avec la psychiatre.

Pour résumer, lorsque je suis devant la psychiatre, la fille insomniaque qui pleure quasiment toutes les nuits disparait, comme par magie, laissant place à une autre personne qui a l'air bien dans ses baskets. Lorsqu'elle me demande de quoi je veux parler, je commence par ma petite enfance, pensant que c'est "la procédure" à suivre.
La dernière fois qu'on s'est vu, elle m'a quand même demander si je voulais revenir...Je crois qu'elle pense que j'ai juste un besoin de reconnaissance (de mes parents?) qui ne constitue, en soi, pas quelque chose de grave.

Je voudrais lui paraître "vrai" au moins pendant une minute pour pouvoir espérer une thérapie, mais comment faire si elle s'est déjà faite une opinion?
L'un de vous a-t-il déjà été confronté à la frustration de ne pas pouvoir demander de l'aide à cause d'un faux-self? Comment vous en êtes vous sortis?

J'ai pensé à changer de psy, mais je crois vraiment que c'est à moi de persévérer car je me rend compte que le problème s'est posé avec tous les psychologues que j'ai vu jusque-là.
Je renvoie une image fausse qui provoque des réactions négatives qui elles-mêmes "enferment" mon vrai "moi" de plus belle.

Cette situation me rend encore plus mal et j'aimerais avoir vos avis, expériences, ou même suggestions car je suis très affaiblie psychologiquement et physiquement. Je veux m'en sortir, mais pour la première fois de ma vie, j'avoue avoir besoin d'aide.

J'espère que ce topic n'est pas de trop et merci d'avance pour vos réactions.
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar galou » Dim 2 Oct 2016 09:58

Salut !

Dans un premier temps, il faudrait peut-être que tu lui dises ça, non ? Et après, voir sa réaction et aviser... Je crois aussi qu'il faut tomber sur la bonne personne.

Mon expérience: j'ai vu 2 psychologues dans ma vie. La première, faux-self aidant, je ne l'ai vue que 2 fois et je suis repartie, croyant moi-même que j'allais bien (je n'avais pas conscience de mon faux-self, je sais, c'est bizarre).
La seconde a été parfaite avec moi et a creusé (c'est elle qui m'a parlé de mon faux-self). Par exemple, après 2 mois de thérapie, j'avais l'impression que tout allait bien, et elle m'a fait faire un exercice (celui de la petite fille). J'ai fondu en larmes... Donc elle m'avait bien repérée et ma thérapie a été un succès (enfin, je crois :P ). Par contre, elle est spécialisée dans les surdoués (je ne le savais pas à l'époque), donc ça a dû l'aider vis-à-vis des mécanismes de défense, le faux-self semble assez répandu chez les extra-terrestres :1cache:

Mais je pense vraiment qu'il faut que tu en parles avec elle, c'est comme cela, et selon sa réaction, que tu pourras avoir une relation de confiance. Pour le moment, tu te protèges d'elle comme des autres.
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar soazic » Dim 2 Oct 2016 11:12

Je pense également que ce serait aidant de lui dire, est ce que tu te sens pleinement en confiance avec elle?
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar Bodji » Dim 2 Oct 2016 11:26

Bon .... moi une psy qui n'a as compris d'elle-même qu''il fallait creuser , euh.... comment dire ...

il te faudrait une Psy à qui on ne la lui raconte pas et qui tienne vraiment la route, qui sache toucher là où il faut ...une qui sache y faire avec les surdoués, non ?

Mon expérience : un psy qui allait chaque fois toucher là où j'avais pas envie d'aller, trois grains de sel et une pointe de poivre bien sentis... j'avais pas besoin de le voir souvent car j'en avais pour 6 semaines à digérer ... mais j'ai avancé vite et bien. Mais spécialisé dans la thérapie des surdoués ... il en est un lui même et connaissait toutes nos stratégies pour le rouler dans la farine :-) , impossible de tricher avec lui
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar detrash » Dim 2 Oct 2016 13:23

"(je n'avais pas conscience de mon faux-self, je sais, c'est bizarre)."

Je ne trouve pas ça bizarre, au contraire...
C'est pareil pour moi, je viens de le comprendre et si je suis inquiète c'est plus pour anticiper le prochain entretien.
En effet je ne sais pas si j'arriverai à le lui dire sans que justement, ça ne sonne "trop faux", la première impression ayant été faussée à cause de cette attitude "calculée".
je ne l'ai vu que deux fois et c'est en partie lorsqu'elle a évoqué "la crise d'identité" que ça a fait "tilt" en moi sans que je ne puisse, dans un premier temps, comprendre pourquoi.
Ce n'est qu'une fois chez moi, que j'ai réanalyser la discussion, en essayant de faire abstraction du malaise que j'ai ressentie lorsqu'elle m'a donné l'impression de ne pas me prendre au sérieux...

Finalement c'est elle qui m'a amené (peut-être sans le vouloir) sur ce chemin. C'est pour ça que je veux encore essayer et voir si j'en trouve un autre ou pas.

Ce sera mon défi de la semaine prochaine, on verra bien.

Merci Galou
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar Petite ourse » Dim 2 Oct 2016 13:26

J'ai rencontré ce même problème il y a quelques années.
Tout comme Galou, j'ai vu plusieurs psychologues sans avoir conscience de ce faux-self, et achevais donc systématiquement les thérapies en un temps court, en me disant, qu'après tout, je ne devais pas aller si mal que ça, et même peut-être bien après tout.

A force d'introspection, j'en suis venue à réaliser qu'il y avait ce que j’appelais - ne connaissant pas le terme - une sorte de dualité, une "Petite ourse" et une "Petite ourse face à..." qui me poussait a mettre le masque social du "tout va bien, je suis équilibrée, pas névrosée pour un sous youpitralalavivelavie ".
J'ai dans la foulée recommencé une thérapie, en espérant pouvoir moi-même, en réalisant ce phénomène, passer outre. Et ce fût un échec cuisant.

Mon faux-self s'est mis en place comme une protection (entre autre), pour ne pas être vulnérable aux yeux des autres, même de ces autres qui étaient là pour m'aider. Il me collait à la peau, se fondait dans ma personnalité au point où la limite entre les deux était ténue.
Par rapport à ce que tu disais, Bodji, peut-importe qui était en face de moi. J'ai rencontré toute une ribambelle de psy(-chologue-chanalyste-chiatre), certains me croyant sur parole, d'autres plus incisifs, essayant de gratter à droite à gauche... Mais je ne lâchais rien face à eux et savais me montrer convaincante. Même si c'était contre-productif, je n'arrivais pas à faire autrement, j'étais blindée.
J'ai donc, comme il a été conseillé plus haut, fini par en parler directement à la personne qui me suivait. Lui expliquant, que, malgré ma volonté d'être plus transparente sur les difficultés que je rencontrais, je n'arrivais pas à abattre les murs que j'avais scrupuleusement et solidement construits au fil des années. J'ai mis tout ça sur papier, et je lui ai lu en séance. Il a fallu que je réitère plusieurs fois le passage à l'écrit avant d'arriver à lâcher petit à petit le faux-self, mais ça a fini par arriver...

Je ne peux donc qu'aller dans le sens de Galou et Soazic... Si tu te sens bien avec elle, en confiance, il serait sans doute bon de verbaliser cette difficulté.
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar detrash » Dim 2 Oct 2016 13:29

"
soazic a écrit:Je pense également que ce serait aidant de lui dire, est ce que tu te sens pleinement en confiance avec elle?
"


Soazic
J'avoue ne pas être très à l'aise avec elle. Je ressens la même chose avec la plupart des psy que j'ai vu, car j'avoue les trouver assez froids la plupart du temps...
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar detrash » Dim 2 Oct 2016 13:52

[quote="Petite ourse"]

"Mon faux-self s'est mis en place comme une protection, pour ne pas être vulnérable aux yeux des autres, même de ces autres qui étaient là pour m'aider. Il me collait à la peau, se fondait dans ma personnalité au point où la limite entre les deux était ténue.
Par rapport à ce que tu disais, Bodji, peut-importe qui était en face de moi. "


J'ai grand mal à faire confiance, car la dernière fois que j'ai "réellement" essayé de demander de l'aide à un médecin (c'était mon médecin généraliste...), j'ai été "traitée" de névrosée, de manière très froide, alors je crois que ma confiance ne pourra éventuellement venir qu'avec le temps et les réactions du psy face à ce que je dirai.

"J'ai mis tout ça sur papier, et je lui ai lu en séance. Il a fallu que je réitère plusieurs fois le passage à l'écrit avant d'arriver à lâcher petit à petit le faux-self, mais ça a fini par arriver..."


Moi aussi je pensais à faire une lecture, pour m'obliger à aborder clairement le sujet...
Je trouvais ça un peu bizarre, mais je vais le prendre en plan B.

"Je ne peux donc qu'aller dans le sens de Galou et Soazic... Si tu te sens bien avec elle, en confiance, il serait sans doute bon de verbaliser cette difficulté"


Je vais essayer de lui parler, si ça ne passe pas, je chercherai un autre psy.
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar Ayame » Dim 2 Oct 2016 16:05

detrash a écrit:"
soazic a écrit:Je pense également que ce serait aidant de lui dire, est ce que tu te sens pleinement en confiance avec elle?
"


Soazic
J'avoue ne pas être très à l'aise avec elle. Je ressens la même chose avec la plupart des psy que j'ai vu, car j'avoue les trouver assez froids la plupart du temps...


Salut,

Le problème, dans ce genre de situation, je crois, c'est qu'il faut savoir pourquoi tu ressens ce malaise. Est-ce le psy qui pose problème, parce que tu n'as pas rencontré pour l'instant la bonne personne? Ou est-ce ton faux-self qui empêche le professionnel de bien te connaitre, et d'être plus "chaleureux"? Dans le sens où tu mettrais sans le vouloir une distance entre tes émotions/ton intériorité et le psychologue. Si c'est le cas, forcément, il t'apparaitra comme froid.

Je vis la même situation que toi, alors je me permets de mettre un peu de mon vécu.
Je trouve tout comme toi que les consultations avec ma psy sont froides, qu'elles ne conduisent à pas grand chose de productif. Alors comme toi, j'ai un faux-self, et je me rends compte que je produits des réponses très rationnelles, c'est-à-dire que j'analyse mon comportement, que j'essaie d'expliquer avec des liens logiques, causes/conséquences toussa, et que finalement peu d'émotions ressortent. Et quand je sens qu'on rentre dans la sphère des émotions, et bien cela bloque, "je me protège" (c'est quelque chose que la psy a bien souligné d'ailleurs, je reconnais :) ).

Tout ça pour dire que si tu as une gêne avec tes émotions (et chaque personne qui porte un faux-self la possède), ce n'est pas étonnant que tu aies ce malaise. D'autant plus que c'est la plupart des psys que tu as rencontrés qui te font cet effet (du coup, tu n'as pas ressenti ça avec certains d'entre eux?).

Alors effectivement, la meilleure solution, et je rejoins les autres, et de parler de ton malaise, de ton sentiment de ne pas être naturelle, et de voir au fil des séances s'il y a une évolution.

En sachant qu'elle n'arrive pas forcément, et qu'il ne faut donc pas se culpabiliser. J'ai introduit le concept de faux-self avec ma psy (qui finalement n'aime pas qu'on parle en termes psycho, mais davantage avec des mots "de tous les jours" pour s'exprimer), et je n'ai pas l'impression que cela ait changé grand-chose. Ça ne me "débloque" pas, et je reste très "rationnelle" dans les échanges...
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar Bodji » Dim 2 Oct 2016 19:44

Je pense que cela prend du temps pour oser se livrer vraiment, ce n'est pas forcément du "faux self".... le temps de voir si en face la personne est solide, a du doigté, montre qu'elle est digne de confiance pour oser lever ses barrières, toucher aux émotions .. c'est un peu inquiétant d'arriver sur ce terrain, on se contrôle moins bien donc on veut qu'en face le répondant soit à la hauteur. Pour moi, c'est un peu comme "tester le psy", pour voir comment il réagit face à notre rationnalité, notre bonne humeur.. on sait bien que l'on triche alors qu'il me semble qu'avec un faux self on en est moins conscient.... après, la discussion peut porter sur "pourquoi je garde autant de barrières" et là je pense que les réactions du psy sont révélatrices de si on peut vraiment lui faire confiance ou non et se livrer vraiment. Et si la réponse est négative, chercher jusqu'à ce que l'on trouve le bon psy.

Mais je suis peut-être à côté avec ma réponse, ce serait cool qu'un psy expérimenté donne son avis, il y en a sur le forum non ?
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar Boby » Dim 9 Oct 2016 13:50

Désolé pour l'orthographe, je suis sur tablette en mousse... :1cache:

J ai vu beaucoup de psy egalement et j'ai vécu cela quelques fois.
Je pense qu'en effet, a un certain moment, si le psy n'arrive pas a se rendre compte que tu le mène en bateau (pardon pour l'image) il faut aller en voir un autre.
Un personne qui te conviendra mieux reussira à se douter de quelque chose, derriere le masque, et creuser aura pour effet de lever ces barrières.
Ca fait très "elitiste" comme façon de faire, mais pour moi, ca n'a jamais marché autrement, meme lorsque j'ai donné le meilleur pour jouer franc jeu. :nesaitpas:
Nous verrons cela... Destinée ... ou PAS !
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar detrash » Mar 18 Oct 2016 12:44

Je suis désolée de cette réaction tardive à certaines réactions à mon sujet.
J'avais besoin de prendre du recul car très bouleversée par les récentes découvertes sur moi. De plus j'ai quelques problèmes de vue qui m'obligent à limiter l'utilisations des écrans...

J'ai finalement arrêté de consulter cette psy qui ne réussissait qu'à réveiller mes peurs et angoisses sans toutefois comprendre/proposer comment y remedier.

À vrai dire je ne consulte plus personne car je préfère prendre le temps d'en trouver un qui me convienne, après l'obtention des résultats de tous les tests qui se sont avérés nécessaires à la suite des incohérences révélés par le WAIS (je complèterai tout ça dans ma présentation).

Quand à mon faux-self, j'ai cherché et réussi à en trouver quelques raisons :

- La peur de décevoir
Ayant grandit dans une atmosphère qui ne tolérait pas la moindre "bêtise" , j'ai constamment peur de décevoir. La preuve, avec certaines personnes (amis/es par exemple) ne faisant pas figure d'autorité, je sais "contrôler" (parfois) ce faux-self.

- Les émotions (pour faire court)
Plus j'accumule les émotions, par exemple en procratinant trop (chez moi ça se termine toujours par de l'euphorie ou, au contraire, la déprime), plus je "perd le contrôle".

Je conçois avoir besoin de l'aide d'un professionnel, mais en attendant, je me calme en méditant et j'avoue qu'en ce moment j'évite les sorties en groupe. Ce n'est que temporaire mais ça me fait du bien. J'ai lu plus haut une méthode avec un bracelet que j'ai rendue plus pacifiste. Au lieu de me "taper" avec, je "joue" avec pendant que je discute. Ça a bien marché avec les orthophonistes et l'orthoptiste. Cet aprem je tente avec la neuro...

Je vais m'arrêter là pour ne pas laisser un propos trop confus.

PS: J'ai, dû à un trouble visuel, du mal à traiter trop d'informations à la fois. Je vais donc m'excuser également de ne fournir qu'une seule réponse (j'alimenterai ma présentation afin de mieux expliquer ma situation).

Merci pour vos réactions
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar TerryTate » Mer 19 Oct 2016 13:46

Je comprends tellement ce que vous ressentez (pour ceux qui n'arrivent pas à se défaire de leur faux self devant un psy).

Je pense néanmoins qu'une thérapie quelle qu'elle soit n'est viable/utile que si le patient se montre à nu et ce à 100% , est ce qu'il y a des gens ici qui l'ont déjà fait ? (vraiment 100% hein)

J'ai pour ma part ce sentiment que si quelqu'un un jour découvrait mon vrai self à 100%, on me jetterai sur une ile déserte.
Quand j'ai passé mon test de QI en octobre 2015, c'était la première fois de ma vie que je faisais face à une psy. Mon test de personnalité est je pense biaisé par mon faux self, j'ai vendu une image de moi qui était celle que j'avais envie de lui donné et je crois qu'elle n'y a vu que du feu...

Même écrire ce message est extrêmement difficile (peur d'être démasqué), j'hésite en ce moment même à le supprimer mais je vais me faire violence et appuyer sur "envoyer".
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar detrash » Mer 19 Oct 2016 14:02

Je comprends tout à fait. Me dévoiler à 100% me parait inenvisageable.
Les gens me trouveraient complètement dingue mais aussi méchante car en moi, je me permet tellement de pensées et de réflexions que les montrer au grand jour serait trop dangereux...Direct à l'asile!
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar Pascalita » Mer 19 Oct 2016 14:26

Juste une question sur la définition du concept, parce que je me demande si nous entendons tous la même chose par "faux-self" : le faux-self n'est-il pas inconscient ?

Et ce dont vous parlez, Detrash et Terry Tate, ne correspond-il pas plus à ce que j'appellerais une personnalité d'emprunt, à savoir qu'on se montre consciemment sous l'aspect qui semble le plus acceptable par les autres, et qu'on cache tout aussi consciemment les aspects de notre personnalité qui ne correspondent pas à ce que nous désirons être et/ou nous vaudraient un jugement négatif ?

Si le faux-self est une personnalité construite inconsciemment (dès la petite enfance), je ne crois pas que nous puissions nous-même le "démasquer". Il est nous. Et inaccessible à la volonté de se mettre à nu. Il serait alors plutôt question de se découvrir à un moment donné totalement différents de ce que nous croyions être (au cours d'une thérapie ou parce qu'il nous a conduits à un tel abîme intérieur que nous nous effondrons).
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar sandrinef » Mer 19 Oct 2016 15:37

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar detrash » Mer 19 Oct 2016 15:40

En ce qui me concerne, je dois admettre ne pas connaitre tous les paramètres du concept de "faux-self".

Cependant, je dois également admettre ne pas connaitre mon "moi" véritable. De plus, ce qui se passe avec les psys, n'est pas une simple "carapace" car je ne me rends même pas compte de ce que je renvoie comme image sauf lorsque je rentre chez moi et que j'analyse l'entretien (je fais toujours une analyse de mes échanges avec les gens, surtout en ce moment car souffrant d'un problème d'estime de soi)...

Mais, Pascale 68, je trouve ton analyse pertinente. À creuser...
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Messagepar Pimprenelle » Sam 5 Aoû 2017 11:55

Ce sujet date un peu et je ne sais pas s'il est encore suivi.
Cette question m'intéressant, j'y ajoute quand même mon témoignage et les infos que j'ai à ce sujet suite à mon expérience ainsi que celles de proches autour de moi.

J'ai rencontré plusieurs psy (-chiatre, -chologue, -thérapeute, etc...).
Pour quasiment tous, très peu de consultations, voire même une seule (ado, ce n'était pas une démarche totalement autonome, et par là suite certains m'ont fait fuir).
J'ai consulté de façon plus fréquentes 2 psychiatres-psychothérapeutes, en thérapie (c à d en face à face et en interactions), pas sur le divan (ce qui est une analyse).
La première je l'ai beaucoup vu, à des périodes différentes de ma vie, et fait un travail considérable avec elle. Je la vois encore aujourd’hui.
La deuxième ce fut à un moment où je ne pouvais pas voir la première car trop loin et pas le temps de m'y rendre (études, travail, enfant en bas âge).
Entre les 2 la différence était énorme. J'ai consulté cette deuxième, par dépit, faute de mieux mais cela a eu quand même le mérite d'être une soupape ponctuelle, à un moment où la cocotte minute aurait pu explosée.

Pour le choix du thérapeute :
Effectivement cela peut être très long de trouver le professionnel qui nous correspond.
Déjà entre psychiatre-psychothérapeute ou psychiatre-psychanalyste (analyse ou thérapie, thérapie analytique, ou comportementale, ou...etc), psychologue, ou psychothérapeute (qui eux n'ont pas de diplôme), leurs compétences et leurs démarches peuvent être très différentes.
Selon où l'on en est, ce que l'on recherche, c'est important de se renseigner, en théorie, en pratique le temps d'une consultation de "rencontre" pour connaître la façon de travailler du professionnel qui est en face et savoir si cela correspond à nos attentes.
Bien sur, quand on fait la démarche de consulter si l'on est dans un moment de grande fragilité c'est difficile d'avoir les idées claires à ce sujet et la patience de "tester" plusieurs psy.
Et aussi : serait-on plus à l'aise face à un homme ou une femme ?, est aussi une question à se poser.

La question financière :
Seuls des psychiatres seront remboursés, au moins en partie.
Certains psychothérapeutes (les pas psychiatres, non diplômés) théorisent et donc justifient le prix financier comme étant le prix à payer, à donner de soi, comme gage d'investissement dans la démarche thérapeutique. Et on pourrait penser qu'une partie en profite pour demander des prix de consultations exorbitants, à la tête du client, sans tenir compte de leurs revenus...
J'ai même entendu parler de cas où la consultation était moins chère (en solde ?) si réglée en espèces... (ce serait intéressant de savoir comment ils le justifient...du moins officiellement !).
De mon côté j'ai toujours soigneusement évité les psychothérapeutes non diplômés et demandé dès la prise de rdv par téléphone, prix et partie remboursée sécu. J'ai des proches, pas richissimes, qui se sont engagés dans des thérapies très coûteuses financièrement parlant et cela ne les a pas vraiment aidés... Car une fois la thérapie démarrée c'est difficile de changer.
J'en connais d'autres qui se sont engagés auprès de psychothérapeutes, non remboursés mais pratiquant des tarifs honnêtes, et dont ils semblent très satisfaits.

Fréquence et durée des séances
Pour la fréquence, deux grandes pratiques distinctes : les psy qui imposent une fréquence de séances (plusieurs fois par semaine, une fois par mois, etc) et ceux qui s'adaptent, plus ou moins selon, à la demande du patient.
Pour la durée aussi c'est très variable. Certains fixent un temps limite mais arrêtent dès qu'ils le souhaitent la séance, même au bout de 5 minutes (au moment où ils estiment qu'un "point" important vient d'être abordé et qu'il convient de continuer seul la réflexion sur ce "point").
Avec celle que je consulte les séances sont de durée fixe (45 min) à l'exception de ce qui se passe les dernières minutes : si à ce moment là j'en viens à être déstabilisée par une révélation ou quoi que ce soit, elle ne me laisse pas repartir comme ça, elle m'amène à trouver ce que je peux mettre en balance pour éviter tout déséquilibre. C'est une pratique que je trouve très rassurante.

Le positionnement du "psy", "thérapeute"
Est-ce de la froideur ? De la neutralité ?
Difficile de répondre, c'est dépendant de chaque professionnel et de la subjectivité de chaque patient. Celle que je consulte, je la sens neutre mais avec certaines variations, elle reste humaine aussi.
De rares variations allant du soupçon de compassion au soupçon de ... ???? je ne saurais dire quoi. Quelque chose de moins agréable en tout cas.
"Vous n'avez pas le monopole de la souffrance." : et bim, dans ta face Pimprenelle... recadrage légitime, même si au moins en partie injustifié, mais j'ai pu lui faire part de ce que je pensais de sa remarque, reformuler mes propos...
Une autre fois, elle m'a questionnée d'une façon qui m'a été très brutale, j'y sentais plein de sous entendus ("est-ce-que vous vous en donnez tous les moyens ?"), ça tombait mal, cette question m'avait déjà été formulée maintes fois par l'environnement familial, comme jugement, reproche, critique, mal déguisés... cette fois aussi j'ai pu lui faire part de mon ressenti.
Des moments assez rares, mais qui montrent qu'il est possible aussi d'intervenir, remettre en question le professionnel, ou du moins l'interroger, si cette personne est capable de l'accepter et il y en a.

Pour ce qui est du "faux-self", "fake", "personnalité d'emprunt" :
(je ne suis vraiment pas experte en la matière et au clair sur ces termes, désolée...), processus conscient ou inconscient.
Il me semble que c'est justement l'enjeu principal de la thérapie, découvrir qui l'on est vraiment, comment l'on fonctionne, quelles en sont les origines, la part d'inné, d'acquis, et dans tout ça qu'est ce qui nous convient et qu'est ce qui nous fait souffrir.
C'est un travail sur soi passionnant et éprouvant, tout n'est pas très flatteur à admettre, et surtout de reconnaître notre part de responsabilité dans tout ça.

Qui doit lever le(s) masque(s) ?
Dans mon cas, les "psys/thérapeutes" etc, qui sont allés au devant de mes propos m'ont mis très mal à l'aise, je l'ai vécu comme une intrusion et d'ailleurs je ne les trouvais pas pertinents du tout, voire même carrément à côté de la plaque par rapport à ce qui me préoccupait vraiment. Je n'arrivais pas à formuler ce qui me préoccupait vraiment et cela m'avait choquée que le pro en face puisse s'imaginer le savoir, le comprendre, le formuler à ma place... Et j'ai rapidement fuit...
C'était avant que je rencontre la psychiatre que je consulte (et non pas qui me suis ! La différence n'est pas anecdotique...).
La démarche thérapeutique vient du patient qui consulte. Rien, personne ne l'y oblige. Lever le(s) masque(s) est l'objectif du patient, au moins un parmi d'autres.
Je trouve ça particulier un psy qui aurait cette démarche consistant à affirmer à son patient qu'il n'est pas "vrai". Que peux-t'il bien en savoir ? Le professionnel ne peut se baser que sur ce que le patient veut bien lui dire. Il me semble que c'est au patient d'être honnête avec lui-même, attitude indispensable pour mettre à profit une démarche thérapeutique.
Aucune radio ou échographie ne peut sonder l'âme du patient, et ce sondage intérieur ne peut arriver comme ça d'un coup. Ça prend du temps. Le thérapeute n'est là que pour guider, aider à se trouver soi-même, relever des mots prononcés qui peuvent être révélateur.
La thérapie que je suis est assez interactive, et cela m'arrive régulièrement d’intervenir sur ce que dis la psy (sur un terme que je ne comprends pas ou qui ne semble pas correspondre à mon ressenti, ma problématique, etc).
C'est un moment pendant lequel il faut arriver peu à peu à ne plus se regarder de l'extérieur, faire tomber l'individu "social", en représentation, et se chercher à l'intérieur. Arrêter de se juger.
Le regard du professionnel est dérangeant, mais il est possible peu à peu de s'y faire.

Se montrer à nu à 100 % ?
Je ne sais pas si c'est mon cas... mais j'ai vécu des séances terribles, mémorables, 40 min sans décrocher un mot, des litres de larmes qui coulaient jusqu'à mes pieds, ma conscience totalement brouillée, cryptée, mais sentant bien que quelque chose avait besoin de s'exprimer et luttant pour que ça sorte enfin, les 5 dernières minutes, comme un vomi de sanglots, et une révélation qui s'en échappe défaisant, d'un coup d'un seul, beaucoup de nœuds...
Cette lutte avec soi même c'est sûr que c'est dur, ça fait mal, mais on l'accepte si l'on croit vraiment à l'intérêt de le faire.
(sentir à un moment donné que c'est "ça" le problème, ce "ça" je ne le définis pas bien encore, il me fait peur, honte, me dégoûte mais je veux le voir pour pouvoir le comprendre).

Disgressions personnelles
Dans ma famille personne n'a suivi de thérapie, du moins à ma connaissance, et je n'en ai quasiment jamais parlé avec eux (comme des autres sujets importants d'ailleurs !) mais je sens qu'ils voient ça comme un espace/temps dans lequel on se plaint... Je considère la thérapie vraiment différemment. C'est plus pour moi une façon d'assumer qui l'on est, en prendre aussi sa part de responsabilités et donc sa vie en main. De façon très constructive, positive et optimiste ! Tout est possible, pas de déterminisme, on peut changer le cours de sa vie, ne plus subir, rien n'est écrit d'avance !
Je crois vraiment à l'intérêt de le faire, en pratique la thérapie m'a sauvée la vie.
(Intérêt d'être mieux avec soi même et par contre coup avec les autres, tout ça se propageant par ondes positives !)
Donc je suis croyante et pratiquante ! La psy est pour moi comme une religion !
Avec sa copine, l'éducation, elles pourraient même sauver le monde !
Les sciences humaines devraient faire partie du cursus scolaire obligatoire, inscrites dans ce projet de construction d'un monde meilleur !
Et aller se rendre chez le psy devrait être aussi banal que chez le dentiste. Soigner, s'occuper de son âme autant que du reste. Psy et thérapie souffrent encore malheureusement de beaucoup de préjugés, de jugements archaïques auprès de l'opinion publique.

J'espère que ce témoignage et les quelques infos qui vont avec pourront aider certain-es d'entre vous.
Et au plaisir d'échanger à ce sujet !
ça dépend, ça dépasse... et c'est tant mieux :P !
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