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Inhibition et sous-évaluation du QI

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Modérateur: Bradeck

Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar TourneLune » Mer 2 Aoû 2017 16:17

Et bien parce qu'il a été répondu plusieurs fois aux questions que tu te poses mais comme les réponses ne semblent pas être celles que tu attends, tu ne les entends pas...

-> les études statistiques peuvent-elles répondre à des questions individuelles: non. Tout au plus elles te renseignent sur une probabilité d’occurrence rien de plus. C'est comme si je cherchais à savoir si je suis plus grande ou plus petite que l'homme de ma vie sans jamais l'avoir vu et en me basant sur les différences sur la taille moyenne des hommes et des femmes. Il y a de grandes chances pour qu'il soit plus grand que moi mais c'est pas sûr. A part ça je ne peux rien en déduire.
Idem si tu rencontres qq un dont tu sais seulement qu'il est né en Afrique. Il sera probablement noir de peau mais peut-être pas du tout.
Accessoirement, les différences entre les QI selon la classe sont si faibles qu'individuellement, ça ne veut absolument rien dire.
Si c'est juste pour savoir si tu aurais eu un meilleur score si tu étais né ailleurs... Peut-être, un peu ... mais y a surement des familles où l'intelligence est mal vue dans les classes sociales supérieures, des cas où les enfants se mettent en opposition par rapport à une trop grande place donnée à l'intelligence, le rejet par rapport au sentiment d'appartenir à une élite, la possibilité de vivre des drames autres qui foutent tout en l'air etc etc.....
Si la confiance en soi dépendait de la classe sociale, ça se saurait aussi.
Peut-être que naitre dans une classe sociale défavorisée a au contraire provoqué chez toi un sentiment de revanche, une envie de t'en sortir ,et qq chose qui fait que tu as largement plus développé ton intellect que d'autres qui sont restés chez papa maman à jouer aux jeux videos ( encore que les jeux videos, ça développe certains trucs :lol:)
Bref, individuellement, ces études, si on en trouve qui te conviennent, ne te renseigneront pas tellement sur toi.


->l'inhibition intellectuelle, c'est diminuer de façon inconsciente des capacités existantes. Ce n'est pas la même chose que ne pas les développer par manque de stimulations. Dans le premier cas, elles existent mais ne sont pas exprimées, la différence entre les 2 est importante et très visible lorsque l'inhibition est levée. Dans le 2ème cas, impossible de savoir ce que ça aurait été avec une autre trajectoire de vie car ces capacités n'existent pas.
Est-ce qu 'il y a plus de personnes présentant une réelle inhibition intellectuelle parmi les personnes des classes sociales défavorisées? Je ne sais pas. Possible mais ce genre de problème semble si rare qu'il est peu probable qu'il ait un réel impact sur le QI moyen ( un peu comme les autistes de haut niveau quoi... bien qu'impressionnants ce sont des phénomènes périphériques).
Pour moi tu mélanges les 2 concepts.


La question que tu poses ne me semble pas du tout marginale, voire très courante mais je remarque que tu en modifies le contour dès qu'un semblant de réponse t'es apportée. Et ce n'est pas une critique, je pense juste que c'est parce que ça doit toucher à un système de valeurs importantes chez toi.

Au fil de ces dernières décennies, on a assisté à l'effet de Flynn, avec une augmentation constante du QI moyen, qui imposaient de réétalonner régulièrement les tests. Je pense que c'est un peu les mêmes raisons qui ont aboutit à la fois à l'augmentation des scores bruts au fur et à mesure que les gens ont accès à une meilleure alimentation, nourriture, système de santé, etc... Ca m'étonnerait que ce soit réductible à un seul élément.
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar dani » Mer 2 Aoû 2017 16:36

mainstete a écrit:L'inhibition intellectuelle c'est bien rabattre de manière consciente ou non ses capacité intellectuelle? Eh bien, il ne me parait pas délirant d'émettre l'hypothèse que la hierarchie sociale et que le pouvoir symbolique des classes "dominantes" empêchent des HPI d'assumer leur don et de moins bien réussir au test de QI qu'une personne qui serait plus en confiance et plus à l'aise avec ses capacité.
Et pour être plus précis, ce qu'il y a en trame de fond, c'est d'expliquer la corrélation qu'il existe en QI et classe sociale. Alors la différence n'est pas élevé, elle existe, c'est un fait, les chiffres le prouvent. La question que je me pose c'est d'où vient ce décalage. C'est à ça que je m'accroche depuis le début. Il existe les mêmes genre de résultats pour les races et je me pose la même question.


C'est normal que tu te poses la question, par contre c'est très hasardeux de parler sur ce sujet tout de même sensible politiquement sans avoir de la documentation scientifique solide pour éviter d'aller dans n'importe quelle direction.

En attendant de trouver qq chose sur l'impact du pouvoir symbolique des classe dominantes, voici le résumé d'une étude sur les configurations familiales des enfants HPI http://www.sciencedirect.com/science/ar ... 8411000379

on y voit que les parents sont plus ou moins investis selon le type de configuration, et que cela pourrait avoir un impact important sur le succès scolaire

J'aimerais beaucoup faire un copié collé de la discussion de l'article, mais il n'est pas possible de le mettre sur un forum public pour des raisons de droit d'auteur. On peut en parler en mp, j'ai l'article si jamais qq'un est intéressé.

jaqi a écrit:Bonjour à tous, mainstete,

Dans cette vidéo, on donne une explication à l'échec scolaire, ça peut t'intéresser:

http://mobile.francetvinfo.fr/sante/sur ... 01653.html


la vidéo est très intéressante, même si il faut rester prudent sur une différenciation trop stricte des HPI complexes et homogènes, à ma connaissance ce sont surtout des pistes de compréhension et il y a encore assez peu d'études sur le sujet (j'ai été voir sur researchgate, leurs derniers travaux n'ont pas encore été publiés, juste soumis si j'ai bien compris). Ce qui est intéressant aussi, c'est la proposition faite l'enfant de type complexe d'apprendre à gérer les émotions, et là c'est clair qu'une structure familiale équilibrée et soutenante va faciliter le processus à contrario d'une famille conflictuelle (je fais le lien avec l'article dont je parle juste avant).
Le pont n’est pas soutenu par telle ou telle pierre, mais par la ligne de l’arc qu’à elles toutes elles forment.
- Pourquoi me parles-tu des pierres? C’est l’arc qui m’intéresse.
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar mainstete » Mer 2 Aoû 2017 21:03

TourneLune a écrit:Et bien parce qu'il a été répondu plusieurs fois aux questions que tu te poses mais comme les réponses ne semblent pas être celles que tu attends, tu ne les entends pas...


je n'attends pas une réponse qui me conviennent, j'attends une réponse qu'on ne me donne pas. On me dit que ma question ne répond à aucun problème.

TourneLune a écrit:-> les études statistiques peuvent-elles répondre à des questions individuelles: non.


Je ne l'ai jamais pensé, je ne l'ai jamais dit, ces études servent à observer des tendances et des influences, et je pense qu'une étude sur linhibition sociale à exprimer son haut potentiel serait une étude intéressante à mener. Je n'attends pas de réponse à mon cas! Pour ça y a des psy...

TourneLune a écrit:Si c'est juste pour savoir si tu aurais eu un meilleur score si tu étais né ailleurs...


Pas du tout... quand je dis que je parle de mon expérience c'est au sens où je perçois des "problèmes" d'une manière particuliers que je tire de mon expérience, comme chacun et chacune ici. Pas plus.
Comme il me semble le répéter depuis le début de ce poste, j'aimerais trouver une explication au décalage de QI entre classes sup et classes sub.


TourneLune a écrit:Bref, individuellement, ces études, si on en trouve qui te conviennent, ne te renseigneront pas tellement sur toi.


Curiosité scientifique principalement, je me répète.


TourneLune a écrit:->l'inhibition intellectuelle, c'est diminuer de façon inconsciente des capacités existantes. Ce n'est pas la même chose que ne pas les développer par manque de stimulations. Dans le premier cas, elles existent mais ne sont pas exprimées, la différence entre les 2 est importante et très visible lorsque l'inhibition est levée. Dans le 2ème cas, impossible de savoir ce que ça aurait été avec une autre trajectoire de vie car ces capacités n'existent pas.


Je ne susi pas là pour me plaindre, mais pour comprendre. Par contre je peux me plaindre qu'on ne me comprenne pas! :lol:

TourneLune a écrit:Est-ce qu 'il y a plus de personnes présentant une réelle inhibition intellectuelle parmi les personnes des classes sociales défavorisées? Je ne sais pas.


Là-dessus tu as raison, mais encore une fois, seule une étude statistique pourrait répondre à cette question...
Mais je faisais un parallèle avec le travail que Bourdieu a fait sur la reproduction des classes sociales par l'école et l'évaluation à l'école qui valorisait la culture bourgeoise au détriment de la culture populaire. D'ailleurs c'est un peu ce qu'on retrouve dans l'étude de Fish sur les inégalités... Voilà mon point de départ. Je me demande si un processus similaire ne pourrait pas être envisagé pour le QI. C'est tout ce que je dis, pas plus, et tant qu'aucune étude n'aura été faite, personne ne pourra répondre.

TourneLune a écrit:je remarque que tu en modifies le contour dès qu'un semblant de réponse t'es apportée.
[/quote]

J'en modifie les contours?! J'aimerais bien que tu m'expliques ça! J'ai pas cessé de rappeler la question. Sans arrêt! j'ai refusé de me laisser entraîner sur le terrain scolaire. Je veux bien croire qu'un meilleur développement cognitif favorise un QI supérieur, et que d'après l'article de Fish, visiblement, les capacités cognitives sont mieux développées dans les écoles bourgeoise, ce qui expliquerait le score de QI plus élevés pour les classes "bourgeoises". Je propose une piste supplémentaire et peut-êre complémentaire d'investigation, pas plus, un peu comme un chercheur en fait! Je ne veux pas de semblant de réponse, je veux une réponse! :)
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar madeleine » Mer 2 Aoû 2017 21:26

mainstete a écrit: C'est tout ce que je dis, pas plus, et tant qu'aucune étude n'aura été faite, personne ne pourra répondre.

mainstete a écrit:Je ne veux pas de semblant de réponse, je veux une réponse!


Voilà.
En gros.
Le tour de la question, non ?
:wasntme: :D
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar mainstete » Mer 2 Aoû 2017 21:29

dani a écrit:C'est normal que tu te poses la question, par contre c'est très hasardeux de parler sur ce sujet tout de même sensible politiquement sans avoir de la documentation scientifique solide pour éviter d'aller dans n'importe quelle direction.


tu as raison, mais j'ai la naïveté militante et questionneuse, c'est ma manière d'apprendre. Je reconnais que mon entourage c'est épuisant, mais c'est ma manière de bousculer mon ignorance...

dani a écrit:En attendant de trouver qq chose sur l'impact du pouvoir symbolique des classe dominantes, voici le résumé d'une étude sur les configurations familiales des enfants HPI http://www.sciencedirect.com/science/ar ... 8411000379


Je veux bien lire l'article, difficile de trouver des articles accessibles librement... notamment l'étude qui porte sur le qI et la classe sociale.... trouvée aussi sur Sciencedirect, mais pas accessible librement.
madeleine a écrit:
mainstete a écrit: C'est tout ce que je dis, pas plus, et tant qu'aucune étude n'aura été faite, personne ne pourra répondre.

mainstete a écrit:Je ne veux pas de semblant de réponse, je veux une réponse!


Voilà.
En gros.
Le tour de la question, non ?
:wasntme: :D



Trois pages de forum pour en arriver là Madeleine...! :sweat: :sweat: :sweat:
En tout cas ça répond beaucoup. A côté, mais beaucoup...

Hormis dany qui m'a donné une source intéressante et proche du thème de ma question. Merci Dani, j'essaie de t'attraper en MP, si j'arrive à comprendre comment ça marche...
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar Judas Bricot » Mer 2 Aoû 2017 21:40

mainstete a écrit:
madeleine a écrit:
mainstete a écrit: C'est tout ce que je dis, pas plus, et tant qu'aucune étude n'aura été faite, personne ne pourra répondre.

mainstete a écrit:Je ne veux pas de semblant de réponse, je veux une réponse!


Voilà.
En gros.
Le tour de la question, non ?
:wasntme: :D



Trois pages de forum pour en arriver là Madeleine...! :sweat: :sweat: :sweat:
En tout cas ça répond beaucoup. A côté, mais beaucoup...

Hormis dany qui m'a donné une source intéressante et proche du thème de ma question. Merci Dani, j'essaie de t'attraper en MP

Les gens répondent comme ils peuvent... Pour avoir parcouru ce sujet, j'ai apprécié un bon nombre d'interventions!
À toi de prolonger la réflexion et les recherches sur d'autres sites ou ... mener toi même cette étude que tu espères tant! ;)
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar mainstete » Mer 2 Aoû 2017 21:46

Me voilà une nouvelle fois dans la solitude du chercheur, moi qui venais trouver ici des frères et de soeurs... Je suis un noob, je découvre la communauté HPI. Enfin, si communauté il y a.

Merci à toi pour ton message sympathique ;)
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar cléo » Jeu 3 Aoû 2017 06:41

mainstete a écrit: Je veux bien m''incliner devant les faits, mais je vois un lien entre l'inhibition et la relation entre QI et classe sociale dans une lecture quasi bourdieusienne. Un capital de confiance en soi et de conscience de ses capacités cognitives dans les classes supérieures permettrait de dérouler tout son potentiel, alors qu'une inhibition et un déficit de confiance en soi dans les couches plus subalterne de l'échelle sociale altérerait cette confiance et briderait des capacités cognitives à haut potentiel.


L'inhibition est un fonctionnement pathologique sur une structure de personnalité névrotique. Si tu évolues dans un milieu sain, il n'y a pas de raison de développer d'inhibition, quelle que soit ton origine sociale.

En revanche, la pression sournoise qu'évoque Fish est réelle et plutôt documentée...


mainstete a écrit: A vrai dire, que les gens les mieux câblés dans leur tête réussissent mieux n'est pas gênant en soi, ce qui me gênerait, et c'était en fait le sens de ma question, c'est s'il y avait un lien entre QI et non pas classe sociale mais origine sociale! Si une étude existait et si la réponse était positive, eh bien cela me gênerait plus encore.



Les études existent.
Le livre QI et intelligence humaine, de NJ Mackintosh, l'étaye assez bien - quelqu'un ici en a parlé, je ne sais plus qui.

J'avais fait un petit résumé de ce bouquin, si ça peut t'intéresser...(fait pour ma pomme et en amateur, donc il y a des zones d'ombre sur les points qui m'intéressaient moins !)
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar mainstete » Jeu 3 Aoû 2017 08:05

Merci Cléo,
Fish m'a donné un lien du livre de Mackintosh.
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar cléo » Jeu 3 Aoû 2017 10:50

mainstete a écrit:Merci Cléo,
Fish m'a donné un lien du livre de Mackintosh.


Je suis désolée, c'est long, un copié-collé de PDF, je ne sais pas mettre une PJ dans un message
Comme je l'ai dit, mon résumé est déséquilibré puisque je me suis focalisée sur les points qui m'intéressaient le plus

QI ET INTELLIGENCE HUMAINE – N.J. Mackintosh https://www.amazon.fr/QI-intelligence-h ... 280414335X

Qu'est-ce que l'intelligence ?

L'objectif de l'investigation scientifique est d'aller au-delà de la compréhension première, qui relève du sens commun pour parvenir à un ensemble solide de théories scientifiques basées sur des preuves empiriques : il faut donc définir rigoureusement les termes.
Les nouvelles définitions de l'intelligence sont l'aboutissement d'une investigation scientifique, et non leur point de départ.
« Le point important n'est pas de savoir si ce que nous mesurons par les tests peut être appelé intelligence, mais nous avons découvert quelque-chose qui peut avoir valeur de mesure. »
Les théories psychométriques de l'intelligence
Les tests de Weschler : la WAIS et la WISC
Le score obtenu n'est pas absolu. Il reflète la position relative d'un individu par rapport aux autres individus du même âge. Avoir un QI de 130 signifie simplement que 2.5% des individus du même âge ont un score supérieur.
Les matrices de Raven
Test papier-crayon, à choix multiple.
Part du principe que l'ingrédient le plus important de l'intelligence est de savoir voir les relations entre des objets.
Les corrélations dans la population générale entre Weschler et Raven sont de l'ordre de 0,40 jusqu'à 0,75, ce qui est significatif.
Les tests de Raven ont été conçus dans l'optique de mesurer la capacité de raisonnement abstrait qui serait à l'origine de l'intelligence générale, ainsi que l'affirmait Spearman.
La corrélation avec Weschler viendrait dire que Spearman avait raison.
Mais les subtests chez Weschler corrèlent aussi entre eux. Ils mesurent donc tous un seul et même facteur général.
L'héritabilité du QI
L'héritabilité est une statistique de population qui réfère à la proportion de la variation totale d'une caractéristique donnée dans une population donnée et pouvant être imputée à des différences

génétiques entre les membres de cette population.
Les expériences avec les jumeaux MZ valident l'hypothèse selon laquelle le QI est doté d'une héritabilité substantielle – mais se rappeler que les expériences naturelles sur lesquelles appuyer ce genre de conclusion sont imparfaites.
Les études en génétique du comportement ont aussi démontré que les facteurs environnementaux ont un impact direct sur les scores de QI des enfants.
Mais la ressemblance entre les QI d'une fratrie diminue en même temps que les enfants grandissent : les influences de l'environnement les plus importantes sur le QI seraient celles qui sont propres à chaque individu, c'est-à-dire celles qui incitent les frères et sœurs à avoir un QI différent.
Les effets de l'environnement sur le QI
L'héritabilité du QI étant inférieure à 1, quels facteurs environnementaux influencent le QI, et comment ?

Classe sociale et QI

Il y a des différences importantes entre les scores moyens de différents groupe de classes sociales différentes, mais elles se traduisent en corrélations faibles : lors d'une méta analyse en 1982, le QI corrélait à 0,22 avec le revenu parental, et à 0,28 avec la profession des parents, avec une corrélation un peu plus élevée pour le QI verbal.
Une partie de la corrélation ente le statut socio économique des parents et les scores de QI des enfants peut être attribué à des causes génétiques.
Des expériences ont eu lieu pour s'assurer que le SSE parental a un impact environnemental sur le QI des enfants, avec des enfants adoptés.
Elles démontrent qu'une part de la différence de classe sociale du QI observée dans les familles naturelles est d'origine environnementale, mais elles n'ont pas fourni d'estimation assez précise. (Les parents adoptifs sont atypiques par rapport à la population d'ensemble, et les parents d'enfants abandonnés sont également non représentatifs de la population générale. Et ces études commencent tout juste à nous dire quels sont les aspects critiques de l'environnement fournis par les familles d'adoption qui sont bénéfiques pour le QI de leurs enfants.)
Environnement physique
La malnutrition sévère et chronique affecte le QI.
Rien ne permet de penser que la nutritionest un facteur significatif dans la plupart des sociétés industrialisées.
La pollution peut jouer un rôle plus important (plomb).
Démographie et ordre des naissances
Il est probable que l'ordre de la famille affecte les scores de QI des enfants, mais l'analyse de fonctionnement mériterait une observation et/ou une analyse expérimentale auxquels ne répondent pas les modèles formels.
Comportement parental et environnement familial
C'est le style des interactions parent-enfant qui affecte les scores de QI de l'enfant, plutôt que des facteurs matériels mesurés dans les enquêtes sociales à grande échelle : incitation à la lecture, jeux

éducatifs....
Dans l'étude de Burks par exemple, la corrélation entre le revenu parental et le QI de l'enfant n'est que de 0,24 alors que deux indices de « culture » du foyer ont corrélé au-dessus de 0,40.
Dans celle de Leahy, le QI de l'enfant corrélait à 0,37 avec un indice économique du foyer, mais la corrélation était au-dessus de 0,50 avec son indice de culture et son statut environnemental.
Les scores aux tests, verbal et non verbal, corrèlent nettement plus avec les attitudes parentales qu'avec le statut parental : corrélation multiple de 0 ,77 entre le QI et des mesures d'environnement du foyer – moyens mis à disposition pour jouer, implication et empathie maternelle – alors qu'elle de de 0,56 ente le QI et le statut parental (niveau d'instruction et profession.)
Mais l'établissement de ces corrélations, aussi élevées soient-elles, ne prouvera jamais pas que l'une est la cause directe de l'autre.
Les parents rehaussent-ils le QI de leur enfant en lui faisant la lecture, ou est-ce l'enfant intelligent qui demande le plus à ses parents de lui faire la lecture ?
Il y a une contribution génétique à admettre de ces corrélations.

Niveau d'instruction et QI

La scolarité influence le développement intellectuel des jeunes enfants – confirmation par l'étude de Cahan et Cohen, 1989 avec des écoliers israëliens, tant sur le verbal que sur le non verbal.
Mais l'effet d'une seule année scolaire supplémentaire décroît à mesure que le nombre total d'années de fréquentation de l'école augmente.
Privés d'école, les enfants voient leur QI diminuer. En grandissant, leur QI chute à des niveaux bas.
Le consensus actuel des généticiens du comportement est de croire que les différences dans le milieu familial n'ont quasiment aucun impact sur les scores de QI des enfants après 18 ans environ. Mais tout porte à croire que la plupart des sources de variation environnementales dans le QI opèrent à l'intérieur des familles, d'où des différences de QI entre les frères et sœurs, plutôt qu'entre les familles, qui les feraient se ressembler.

Les différences de groupe

Classe sociale


La corrélation entre la classe sociale des adultes et leurs scores de QI est autour de 0,50, 0,60. Mais la corrélation entre la classe sociale de ces adultes et les scores du QI de leurs enfants est significativement plus basse (0,30).
Les scores des fils qui corrélaient à 0,30 avec la classe sociale de leurs pères ont corrélé à 0,50 avec leur propre classe sociale en tant qu'adultes.
La différence de classe sociale dans le QI est recréée à chaque génération par la mobilité sociale. Un fils au QI plus élevé que celui de son père a des chances de grimper dans l'échelle sociale, et inversement si son QI est inférieur.
Une fois encore, des études (Capron et Duyme) apportent une preuve solide d'une différence de QI
d'ordre génétique.

Groupes ethniques

Il existe une différence de QI entre les différentes ethnies sans que l'on puisse l'expliquer (-15 points entre les noirs d'Amérique du nord et les blancs).
La différence perdure avec les dernières versions de tests de Wechlser.
En discuter de façon rationnelle n'est pas facile à cause de l'impact politique ou social.
Ces données ont été utilisées aux Etats-Unis contre l'intégration scolaire, en Grande-Bretagne contre l'immigration. Dans les deux pays pour justifier l'impuissance devant la pauvreté ou le crime chez les noirs.
Ces données pouvant avoir des conséquences, on les ignore ou on les réfute.
Trois pistes d'explication sur cette différence de QI : génétique, environnementale, présence de biais dans les tests.
– Hypothèse génétique : il n'existe pas de « races »génétiquement distinctes, les êtres humains forment une seule et même espèce. Cependant, les noirs et les blancs diffèrent dans la distribution et la fréquence de certains gènes.
– Preuves génétiques: l'expérience décisive, avec des échantillons de nouveaux-nés placés dans des foyers d'adoption ou environnements comparables soigneusement appariés, etc. comme dans toute étude, est habituellement difficile mais à celle-ci s'ajouterait l'absurdité à s 'imaginer que les enfants noirs et blancs auraient toujours la possibilité, au sein d'une société raciste, de vivre dans des environnements comparables.
Dans l'hypothèse environnementale, c'est justement le fait d'être noir dans une société infiltrée par le racisme des blancs qui est responsable de l'abaissement du QI.
Mais aucune étude n'est venu la corroborer (difficulté de mener une expérience naturelle)
Trois études ont toutefois approché l'idéal (Eyferth, 1961 ; Tizard, 1974:pas de différence significative de QI entre les enfants noirs, métissés et blancs. Weinberg, 1992 : écart de 12 à 14 points entre enfants noirs et blancs, qui plaident pour l'hypothèse génétique, mais ces résultats ne sont pas sans équivoque . Des facteurs environnementaux, qui n'ont pas été appariés entre les groupes, peuvent être pointés).
Si les conditions environnementales étaient miraculeusement éliminées, il n'y aurait probablement aucune différence de QI entre les blancs et les noirs.
Causes environnementales des différences de QI entre les noirs et les blancs :
Pas de preuves militant en faveur d'une hypothèse génétique, ni d'arguments de preuves.
La différence serait environnementale, ou bien il n'y a pas de différence du tout et celle -ci serait un artefact de tests biaisés.
Selon Jensen, ces deux hypothèses ne sont pas viables et l'hypothèse génétique l'emporte.
Les causes environnementales des noirs et des blancs diffèrent mais les différences de QI demeurent même en tenant compte de ces conditions.
D'autres fois, rien ne permet de dire que les causes environnementales affectent les performances aux tests de QI.
Les arguments de Jensen sont sérieux, mais les critiques témoignent plus d'une détermination pour trouver des explications possibles que d'une volonté d'examiner les preuves attentivement.
Une étude a été menée avec des enfants noirs ou métissés adoptés par des familles de la classe moyenne de race blanche ou noire.
Ceux qui ont été adoptés par des familles noires ont un QI inférieur de 10 ou 15 points par rapport à ceux adoptés par des familles blanches.
Mais l'explication environnementale la plus couramment admise est celle qui invoque des conditions socio-économiques.
Le QI est corrélé avec des conditions socio-économiques dans la population blanche, et des corrélations similaires sont observées chez les noirs. Ces corrélations sont pertinentes mais n'expliquent pas la grandeur de l'écart.
D'une part, les noirs el les blancs appariés pour le statut socio-économique se distinguent encore pas une différence de 12 points de QI minimum, donc au mieux ils ne rendraient compte que de 20% de la différence entre noirs et blancs.
Et la différence tend à s'accroître lorsqu'on passe des classes supérieures aux classes inférieures.
Mais une différence entre le statut socio-économique et le QI ne signifie pas que l'un interfère sur l'autre.
Cette corrélation est selon toute vraisemblance en partie d'ordre génétique. A QI fort, SSE fort. Mais c'est méconnaître les discriminations à l'emploi dont sont victimes les noirs et qui ont été largement prouvées.
Toute amélioration des conditions SSE des noirs devrait garantir un gain de points dans leur QI.
Or des améliorations se sont produites aux EU depuis 1920, mais la différence de QI est restée à un écart type.
Une critique faite aux hypothèses environnementalistes est de dire que leurs auteurs sont incapables de déterminer les variables environnementales susceptibles d'affecter le QI, et encore moins d'e spécifier leur mode d'action.
Mais ne pas identifier les facteurs environnementaux ne permet pas de conclure la la différence doit être génétique.
(On sait que le QI moyen de la population générale a augmenté de 20 points depuis 1945, et tout porte à croire que les causes sont environnementales même si on n'a pas d'idée précise sur la nature de ces facteurs).
Des différences ont aussi été observées avec d'autres groupes ethniques.
Certaines attribuent les différences entre QI des noirs et des blancs à des biais des tests.
La conception de l'intelligence serait celle d'un professeur de psychologie aisé et ses tests reflèteraient ses préjugés.
Or la différence noirs-blancs est visible sur tous les subtests et la plus grande est sur les comme les cubes, qui ne reflètent pas spécialement les valeurs de la classe moyenne blanche....
Que signifie de dire qu'un test est biaisé aux dépens d'un groupe particulier ?
La question contient une prémisse, c'est que les tests mesureraient un potentiel génétique.
Mais la prémisse est fausse. Les tests ne mesurent pas et ne sont pas censés mesurer l'intelligence
génotypique d'un individu, mais son intelligence phénotypique – accomplissements, connaissances, aptitudes et capacités d'une personne.
(Un pèse-personne indiquera un poids faible à un enfant sous-alimenté, car c'est son rôle et de mesurer le poids des gens (poids phénotypique), et non leur génotype).
Les tests étant prédictifs des résultats scolaires – ce pour quoi ils ont été conçus – on aurait la preuve d'un biais dans les tests aux dépens de certains groupes dès lors qu'ils ne parviennent pas à prédire leurs résultats scolaires. Si la réussite scolaire et les performances professionnelles sont les seuls critères possibles face auxquels les tests peuvent être validés, les réponses sont pessimistes.
Mais il y a un autre critère externe à la mise en place des tests, c'est le dépistage de l'arriération mentale.
A 70, on souffre d'une légère arriération.
Sachant qu'un QI de 70 est inférieur à deux écarts types de la moyenne, si la distribution est normale on doit s'attendre à ce que 2,5% de la population se situe dans cette catégorie.
Si les noirs américains ont un QI moyen de 85, 70 n'est plus qu'à un écart type, et on devrait alors s'attendre à ce qu'environ 16% d'entre eux se situent dans cette catégorie.
Pour déterminer l'arriération, un score au QI n'est pas suffisant. On doit y ajouter une échelle des comportements adaptatifs, dont la corrélation avec les tests de QI est faible.
Or, la relation entre le QI et les mesures du comportement adaptatif diffèrent entre les blancs et certains groupes ethniques.
Si le QI seul déterminait une arriération, 10 fois plus de noirs que de blancs répondraient à ce critère.
Si on y ajoute l'Inventaire du comportement adaptatif, cette différence est effacée totalement. Ce qui signifie que les noirs et les blancs, à QI similaires faibles diffèrent quant aux mesures du comportement adaptatif avec de meilleurs scores chez les noirs.
Ce serait la preuve que les tests peuvent être biaisés au dépens des noirs, si l'on estimaient que les mesures du comportement adaptatif fournissent une meilleure mesure de l'intelligence que ne le font les tests de QI.
Selon Jensen, la différence dans les scores de QI entre les noirs et les blancs est une différence de dans le facteur général (cf Spearman) commun à tous les tests de QI, et donc les tests qui corrèlent le plus avec ce facteur g montrent une différence plus prononcée.
Dans ce contexte, les différences entre les noirs et les blancs se situent dans le QI et pas sur un ou deux types d'item, et c'est dans le QI qu'elles s'observent le plus.
Le choc de cette conclusion pourrait être atténué si on parvenait à en savoir plus sur les limites du QI.
Rappel : les mesures ont concerné des groupes ethniques vivant aux Etats-Unis et en Grande- Bretagne, dont beaucoup ont développé des sous-cultures différentes, et se distinguent de la majorité blanche dans leur accès à la culture.
Si l'on veut comparer les blancs d'Amérique du nord et les aborigènes australiens ou les paysans illettrés d'Afrique sub-saharienne, les problèmes sont insurmontables, et ce n'est pas qu'une question de traductions ou d'informations en une autre langue.
Rien ne permet de supposer que les modes de pensée et de raisonnement considérés comme une
preuve d'intelligence ici le seront là-bas.
Le concept d'intelligence est en partie un concept social ou culturel.
Administrer les tests standard de QI à des individus d'autres cultures peut nous dire s'ils partagent les mêmes valeurs, mais on n'en saura pas bien plus sur leur « intelligence ».
Les différences liées au sexe
L'égalité des sexes est une conséquence de la manière dont les tests ont été construit.
Mais on observe une supériorité masculine de près de 3 points à la WAIS.
Les hommes ont des scores plus élevés dans certains types de subests (calcul mental et raisonnement spatial), et le femmes dans d'autres (tests verbaux et vitesse perceptive). Pour d'autres types de subtests, il n'y a pas de différence de sexe (raisonnement verbal et raisonnement non verbal).
Or ce sont ces subtests qui fournissent un bon indice d'intelligence générale.
Mais on ignore pourquoi les garçons ont de meilleurs résultats sur certains types de tests et les filles sur d'autres (ex. Test du niveau de liquide, réussi par deux fois plus de garçons)
Analyse factorielle et structure des aptitudes humaines
Que mesurent les tests de QI ? Mesurent-ils l'intelligence ? Existe t-il une intelligence qui soit mesurable ?
L'intelligence est-elle unitaire, une aptitude unique générale, ou un conglomérat mobile d'aptitudes indépendantes ?
Les réponses ne peuvent être claires car tout dépend de la façon dont on va analyser les preuves empiriques et cette analyse dépendra des préjugés théoriques de chaque auteur.
Approche par l'analyse factorielle
La théorie de Spearman a précédé l'apparition des premiers tests et a eu néanmoins une influence remarquable.
Logique de l'analyse factorielle :
Le principe d'un test de QI est que tous les items corrèlent entre eux, que tous les subtests corrèlent entre eux, et que chaque nouveau test de QI qui est créé corrèle avec les tests standards existants, ainsi qu'avec l'indice habituel de validation des tests de QI, à savoir, la réussite scolaire.
Cette intercorrélation positive de chaque variété d'aptitude mentale se nomme la « diversité positive ».

La technique de l'analyse factorielle est une procédure visant à simplifier une grande matrice de corrélations.
Il faut interpréter ces facteurs pour avoir une explication psychologique à la relation entre des scores différents : 1° Est-ce que le pattern des intercorrélations observées nous autorise à dégager un facteur unique d'intelligence générale, et 2° Comment interpréter les solutions factorielles que suggère n'importe quel pattern d'intercorrélations observé ?
Des aptitudes mentales différentes corrèlent car il est possible que deux ou plusieurs tests, au lieu de reposer sur un processus unique, mettent en jeu un sous-ensemble de processus en très grand nombre – théorie connexionniste (Thurston).
Ou alors, ce serait parce-qu'un test censé mesurer les capacités de raisonnement, par exemple, contiendrait des éléments faisant appel des aptitudes spatiales, ce qui expliquerait la corrélation et il n'y aurait aucun tes factoriellement pur, de ce fait (Thomson).
La psychologie cognitive préconiserait que ce sont des processus exécutifs qui déterminent les opérations à effectuer, choisissent la stratégie à effectuer ou décident de passer d'une stratégie à une autre.
Le facteur g ne peut se réduire à un processus psychologique commun unique.
A la recherche d'une intelligence générale
Quelle est la nature de ces processus psychologiques uniques ou de ces séries d'aptitudes qui se recouvrent ?
Le processus fondamental sous-jacent est la transmission rapide et précise de l'information à travers le système nerveux.
Corrélats neurologiques du QI
Il y a un lien entre certaines mesures de la structure et du fonctionnement du système nerveux et et le QI.
Le cerveau de l'australopithèque pesait 450 g, celui de Sapiens entre 1200 et 1500 g.
Il consomme 20% de notre énergie métabolique.
Il est admis que c'est le cerveau qui nous dote de cette intelligence supérieure.
Les preuves que les cerveaux plus gros ont des scores de QI plus hauts sont probantes.
Recherche d'opérations cognitives qui sous-tendent les composantes spécifiques du QI Aptitudes verbale et spatiale
Les utilisateurs de l'analyse factorielle se rejoignent sur la distinction à faire entre intelligence fluide et intelligence cristallisée (Gc et Gf).
Beaucoup voudraient y ajouter d'autres facteurs de visualisation spatiale et de vitesse perceptive, voire un facteur d'acquisition et de récupération à court terme (Gv, Gs, Gm), et un facteur de perception auditive (Ga).
L'aptitude cristallisée
L'intelligence cristallisée (Gc) est le produit de l'intelligence fluide (Gf).
Gf est le potentiel biologique, manifeste dans Gc.
Il est probable qu'un enfant entouré de livres sérieux depuis le plus jeune âge, dans un environnement intellectuel stimulant, aura plus de compétences verbales.
Mais sans intelligence fluide, son appétence pour la lecture sera moindre.
Gc est autant une conséquence qu'une cause de Gf dans la différence constatée dans les mesures.
On a plusieurs faisceaux de preuves qui attestent que GC est étroitement liée à la vitesse d'accès et à l'efficacité du traitement et de récupération en mémoire.
Mais la vitesse d'accès n'est pas le seul processus cognitif impliqué.
La stratégie d'apprentissage du vocabulaire, qui mobilise plusieurs aptitudes, est aussi en cause, tout comme la mémoire de travail.
L'aptitude verbale est la résultante d'un ensemble d'habiletés plus ou moins corrélées, qui peuvent être considérées comme des propriétés du cerveau mais aussi, pour certaines, apprises et fortement liées à la culture.
On acquiert du vocabulaire par un processus de raisonnement inférentiel, pas par une mémorisation mécanique de définitions du dictionnaire.
L'aptitude spatiale
C'est une aptitude à former ou construire des représentations de patterns visuels, formes ou figures relativement complexes, qu'on peut décomposer en parties constitutives, les recombiner en un nouveau pattern, en ajouter ou en enlever divers composants.
Les tests d'aptitude spatiale nécessitent d'établir des représentations d'objet et de scènes qui préservent l'information spatiale, et de les maintenir en mémoire afin d'effectuer sur elles certaines opérations.
Il existe suffisamment de preuves qui montrent l'indépendance partielle de la mémoire de travail verbale et spatiale.
Intelligence fluide, raisonnement, et résolution de problèmes
Les tests de raisonnement non-verbal sont des tests de raisonnement analogique ou inductif plutôt que de raisonnement déductif.
La mémoire de travail est sollicitée mais sur un problème de raisonnement qui requiert un grand nombre d'étapes, des « métacomposantes » de planification entrent en ligne de compte.
Les théories de l'intelligence
Aptitude et réussite

‣QI vs réussite scolaire
On doit distinguer ce que les enfants apprennent directement à l'école, et ce qu'ils peuvent parrendre en parallèle durant leur scolarité.
Clairement, l'école n'apprend pas, par exemple, à résoudre les matrices de Raven.
L'environnement familial n'exerce pas un effet plus grand sur le niveau d'instruction que sur le QI. La corrélation entre le QI et le niveau d'instruction est en partie clairement génétiquement déterminée.
‣Éminence et génie
Le QI est plus important dans certaines professions que dans d'autres. Mais le génie s'appuie t-il sur un score inhabituellement élevé de QI ?
Au-dessus d'un certain niveau, les tests de QI cessent d'être valides ou fidèles, pour ce qui est des adultes. Normaliser des tests pour des QI supérieurs à 140 est quasi impossible.
‣Autres prédicteurs de la réussite professionnelle
La complexité cognitive.
L'enthousiasme et l'implication, qui ne sont pas mesurés par les tests.
Intelligence générale ou expertise dans un domaine spécifique ?
La connaissance tacite sous-tend l'expertise, elle est procédurale et implicite et s'acquiert sans apprentissage explicite formel. C'est l'intelligence « pratique ».
Les mesures de connaissance tacite corrèlent avec la quantité d'expérience dans un domaine donné, et avec diverses mesures de compétences et de réussite.
Elle prédit la compétence des individus dans un travail donné indépendamment de leur QI.
Les corrélations entre la connaissance tacite et les scores de QI sont porches de zéro.
L'addition du score de QI à la connaissance tacite prédit un surcroît de 30% de la variance
dans les mesures de compétence au travail.
Indépendance du QI et de l'expertise dans un domaine spécifique
En dehors du travail, beaucoup de personnes concentrent leur énergie sur des objectifs bien spécifiques, de la collection de timbres à la lecture d'Agatha Christie, et chacun deviendra expert en son domaine.
Le QI n'est en aucun cas en rapport avec ce type de performance.
Il est même clairement démontré qu'une aptitude hors du commun dans un domaine particulier est compatible avec un QI anormalement faible.
C'est le cas des autistes.
La spécificité par domaine a laissé pensé qu'il existait une modularité de l'esprit. Nous serions dotés de modules propres à un domaine plutôt que d'un seul module de résolution de problèmes à visée générale. Mais les deux spécificités ne s'excluent pas mutuellement.
L'expertise (calcul mental, échecs, jeux videos....) repose sur une pratique de longue haleine et ne peut être le résultat de moules innés.
Nous sommes dotés de systèmes cognitifs à visée générale qu'on utilise pour la résolution de problèmes particuliers.
Nous sommes capables de généraliser ces solutions et de les appliquer à d'autres problèmes mais ce n'est pas obligatoire et nous pouvons rester confinés dans le domaine dans lequel nous
sommes investis.
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar lady space » Jeu 3 Aoû 2017 11:27

Je suis ce sujet depuis le début et je voudrais présenter quelques réflexions en vrac parce que les aspects abordés sont tellement nombreux et pas forcément reliés entre eux.

Pour commencer, les inhibitions sont en effet définies comme problème psychologique - ce terme ne convient donc pas pour un questionnement d'ordre sociologique (bien que la sociologie puisse être amenée à étudier des phénomènes psychologiques). Puis, les inhibitions peuvent se rencontrer dans toutes les couches de la société. Peut-être pas forcément pour les mêmes raisons, mais avec des effets similaires. Et, du coup, l'injustice sociale résulte d'un autre point : on peut facilement imaginer que les couches sociales plus instruites et/ou plus à l'aise financièrement consultent plus facilement et ont ainsi plus de chances de lever ces inhibitions. Mais, encore une fois, il s'agit d'un phénomène relativement rare dont l'effet sur le chiffre de QI moyen de telle ou telle catégorie socio-professionnelle reste à prouver.

Après, il faut être attentif aux notions utilisées : si j'ai bien compris, il y a des études qui ont trouvé des corrélations entre catégories socio-professionnelles et un chiffre de QI moyen qui monte en même temps que ladite catégorie. Mais ça ne nous dit pas la proportion de HPI qu'il y a dans ces lots.

Ensuite, il y a effectivement une corrélation entre le niveau d'études et le niveau moyen de QI et les tests de QI sur les enfants permettent de prédire en partie la réussite scolaire future. Mais un des soucis majeurs de ces tests, et qui a suscité pas mal d'études, est que la valeur de prédiction des tests de QI n'est pas très élevée. Goleman a démontré dans "L'intelligence émotionnelle" que la valeur de prédiction en termes de réussite scolaire du test du bonbon (en gros : tu reçois un bonbon tout de suite, mais si tu attends un petit peu, tu en auras deux) est nettement plus élevée que celle des tests de QI. Donc un enfant capable de différer la satisfaction d'une envie a plus de chances de réussir à l'école.

Et là, je ne vois vraiment pas comment relier aux origines sociales ce qui me semble relever plutôt d'un trait de caractère.

Petite parenthèse perso, donc représentative de rien du tout : je viens moi-même d'un milieu très modeste et absolument pas instruit (agriculteurs, sans qualification professionnelle du côté de ma mère et une famille qui fabriquait des cigares et des paniers et balais en osier du côté de mon père), ce qui a fait que j'avais accès à aucune culture, ni stimulation à part celle fournie par l'école. Et j'ai eu droit aux mêmes remarques méprisantes quant aux "intellos avec leurs 2 mains gauches qui ne servent à rien si ce n'est mettre la pagaille et énerver tout le monde avec leurs remises en question permanentes" et aux lubies intellectuelles "qui ne font pas bouillir la marmite".
Avec pour effet pervers que mes parents étaient fiers d'avoir en moi le premier membre de la famille qui a passé son bac et ils étaient fiers de pouvoir me payer des études, tout en méprisant lesdites études. Ça aurait sûrement été différent si j'avais eu un penchant pour le génie mécanique ou une autre discipline "palpable" mais, manque de bol, je suis une littéraire et du coup il m'ont bien fait sentir que c'est inutile (et moi avec dans la foulée).
Et ça, ça a fait des dégâts. Mais je n'ai pas l'impression que ça a diminué ou inhibé mon potentiel intellectuel en soi, donc mon chiffre de QI. Parce que le jour où j'ai passé mon test, j'ai eu accès à ce potentiel ; le chiffre est là pour l'attester malgré le manque de stimulation tout au long de ma vie, malgré le fait que je n'ai pas exploité ce potentiel à des fins universitaires ou professionnels. Bien sûr, je peux toujours me poser la question de ce qu'aurait été ce chiffre si j'avais eu une enfance plus stimulante et surtout plus bienveillante, mais elle restera sans réponse parce que je ne peux pas changer mon passé.
En revanche, mon auto-analyse montre clairement que mes origines, et surtout la constitution psychologique de mes parents, ont eu des conséquences sur ce que j'ai fait de mon potentiel. À savoir pas grand chose en termes de réussite socio-professionnelle car mes carences affectives ont fait que mes priorités au niveau de la survie psychique étaient ailleurs. En gros, je me suis servie de mon potentiel pour survivre psychiquement au départ, puis pour acquérir un équilibre.

Mais comme dit, mon cas personnel n'est pas représentatif et ne sert que de témoignage d'un autre vécu d'une situation similaire à celle que tu évoques, mainstete.

Par contre, je me demande à quel point les origines sociales peuvent encore jouer aujourd'hui sur le résultat à la WAIS d'une personne qui passe le test et qui a suivi un parcours scolaire standard, donc en passant par le collège unique.

Parce que, de mémoire, même pour les items à forte sensibilité culturelle, il suffit d'avoir retenu et d'avoir accès à ce qui est enseigné au collège. Nous avons sur ce forum de nombreux témoignages de gens parlant d'une impression de "C'est tout ?! Mais tout le monde est capable de répondre à ça ?!" après avoir passé le test.

Ensuite il convient à mon avis de distinguer entre le QI moyen constaté pour une catégorie socio-professionnelle et le nombre de personnes HPI présentes dans la même catégorie.

Parce qu'il y a bien des études qui pointent les professions où les HPI sont sur-représentés (ici entre autres http://adulte-surdoue.fr/livres-article ... -t223.html) : il s'agit notamment de toutes les professions médicales et paramédicales et pas forcément les mieux payées ou les plus prestigieuses ; puis tout ce qui touche au social et au juridique. On y trouve donc comme point commun un besoin authentique d'aider, de réparer et de rétablir une justice. On a ensuite les enseignants à tous les niveaux, donc un besoin de transmission de savoir. Et, point curieux, une sur-représentation des HPI parmi les traducteurs. Enfin pas si curieux que ça, étant donné qu'il s'agit d'une profession non réglementée qu'il est possible d'exercer sans diplôme spécifique, donc un bon plan B ouvert à tous ceux qui ont un talent pour les langues étrangères, talent assez répandu parmi les HPI il semblerait.

Encore une fois : s'il y a bien un rapport entre QI moyen et études supérieures, qui fait qu'il doit y avoir statistiquement plus de surdoués dans les catégories professionnelles nécessitant des études longues, il n'est à mon avis pas nécessaire d'être surdoué pour réussir ces études longues, il suffit d'avoir un QI dans la fourchette haute de la norme étant donné que le système entier est conçu par et pour la norme.

Puis, pour accéder aux catégories socio-professionnelles supérieures, et surtout celles qui sont bien payées, il ne suffit pas d'être intelligent, qu'il s'agisse d'intelligence dans la norme ou hors norme - il faut rentrer dans le moule, savoir appliquer des consignes parfois assez confidentielles, il vaut mieux disposer d'un réseau, connaître les subtilités des parcours scolaires (ce qui fait que les enfants des enseignants sont sur-représentés dans le secondaire : les enseignants connaissent le système et ses ficelles de l'intérieur et ils savent aiguiller leur progéniture, leur expliquer comment il faut répondre et quelles options choisir pour s'ouvrir les portes de tel ou tel concours) et il vaut mieux être issu d'une famille aisée capable de financer une école prestigieuse ou une école payante tout court.

À mon avis c'est là que se situe la véritable injustice, à savoir dans le fait que les personnes issues des milieux socio-professionnels défavorisés n'ont ni le réseau, ni les connaissances, ni les finances leur permettant de faire les études qu'elles auraient les moyens intellectuels de réussir.

Et, encore une fois à mon avis personnel, ça vaut aussi pour la "classe laborieuse" parce que nombreux sont les parents qui voudraient bien éviter à leurs enfants de vivre les mêmes galères qu'eux, qui aimeraient bien que leurs enfants aient un métier qui ne les abîme pas physiquement et moralement et qui, de par leur propre situation matérielle, ne peuvent pas leur ouvrir l'accès à ces professions.
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar mainstete » Jeu 3 Aoû 2017 14:57

jaqi a écrit:Bonjour à tous, mainstete,

Dans cette vidéo, on donne une explication à l'échec scolaire de certains enfants surdoués, ça peut t'intéresser:

http://mobile.francetvinfo.fr/sante/sur ... 01653.html



Jaqi, je n'ai pas encore eu le temps de regarder ta vidéo, mais merci pour la source en tout cas :)
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Re: inhibition et sous évaluation du QI

Messagepar Bradeck » Ven 4 Aoû 2017 11:04

lady space a écrit:il n'est à mon avis pas nécessaire d'être surdoué pour réussir ces études longues, il suffit d'avoir un QI dans la fourchette haute de la norme étant donné que le système entier est conçu par et pour la norme.


Tout à fait, de mémoire je crois qu'il est dit environ 120 pour un bac+5 (et je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'avoir plus pour les études plus longues de type médecine / post doc).
Reste aussi qu'il ne faut pas oublier que pas mal de ces cursus ont des concours, ce qui ajoute un éléments par rapport à la capacité de réussir un examen, à savoir la gestion du stress dans un environnement hautement compétitif. Et là on est loin de tester le QI.
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